Mots rumeurs, mots cutter : Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

J’ai souvent vu ce titre passer sur les blogs et quand je suis allée à Rennes au festival Rue des Livres et j’ai eu la chance de croiser Charlotte Bousquet sur un stand et j’ai craqué!

Cette BD commence comme une tranche de vie de collège avec et son côté très réaliste de relations entre les copines, les copains, les cours, la futilité de ces petits moments. Et pourtant, au-delà des histoires de drague, de rivalité entre copines et de fêtes, on bascule un jour dans le harcèlement.

Léa rencontre Mattéo en cours, il est redoublant et ses copines craquent sur lui et quand il commence à l’intéresser à Léa, cela ne plait pas du tout aux autres filles de la classe. Un soir lors d’une fête, alors que la bande de copines a trop bu et a joué à « action ou vérité », une photo compromettante de Léa a été prise et diffusée à tout le collège sans qu’elle soit au courant…

Son copain la quitte, et la vie devient un cauchemar pour la jeune fille car non seulement tout le monde la traite comme une pestiférée mais en plus elle subit des violence verbales, physiques et des brimades anonymes… C’est un enfer pour Léa qui ne sait pas vers qui se tourner…

Ce sujet du harcèlement est toujours très important à évoquer avec et pour les jeunes et le format BD me parait vraiment une bonne idée car c’est très abordable.

J’ai aussi aimé le fait que Léa soit une ado « cool » avec des copines et des amours, pas forcément la caricature de la fille effacée qui se fait harceler. Elle se montre même parfois pas toujours super sympa avec les autres, elle se permet quelques jugements hâtifs mais pourtant, son monde apparemment facile et normal va s’écrouler par cette violence. Et cela montre bien aux jeunes lecteurs que tout le monde peut être concerné. Et enfin, j’ai apprécié que la résolution de cette affaire passe par l’intervention d’une autre élève qui en tenant tête aux harceleurs permet à Léa de comprendre que ce qu’elle subit est inacceptable et elle arrive enfin à en parler à des adultes. Et cela aussi c’est important car c’est un message que j’essaie de faire passer à mes élèves : « Si vous voyez quelqu’un qui est malheureux à cause d’autres personnes, il faut d’abord dire à ces personnes d’arrêter et si ça ne marche pas, il faut encourager la victime à parler à quelqu’un. »

C’est une BD qui devrait être dans tous les CDI et j’ai conseillé à ma documentaliste de l’acheter!

 

Intimité : Hanif Kureishi

Ce livre m’a été offert en janvier par mon collègue A qui m’a prévenu en me le donnant que c’était un roman « spécial »… La lecture commune prévue avec Rachel m’a motivée pour le lire mais je dois dire que s’il n’avait pas été très court je l’aurais sans doute abandonné (j’ai d’ailleurs lu la fin en diagonale…) car même s’il était court, il m’a paru interminable!

Avant de vous dégoûter (mais ne comptez pas sur moi pour vous donner envie, peut-être que Rachel y parviendra ;-)) je vais vous dire de quoi il s’agit… En fait, le résumé sera bref … L’histoire est sensée se dérouler pendant une nuit, la dernière soirée qu’il compte passer dans sa maison de famille car après 6 ans de mariage, il va quitter sa femme et ses deux enfants. Il s’ennuie à mourir avec sa femme même s’il adore ses fils et il profite de cette nuit de réflexion pour revenir sur sa vie de couple…

Cela aurait pu être intéressant, il y a des choses qui m’ont parlées, je n’ai pas forcément eu une vie affective très linéaire et j’ai connu ces moments d’ennui et j’ai certainement été à la place de Susan mais j’ai trouvé que le personnage  de l’homme (je ne me souviens même plus de son nom) était d’une hypocrisie terrible et assez odieux car il brosse un portrait très négatif de sa femme, elle semble être la cause de l’échec de leur couple (mais il ne lui en parle pas, il le subit) mais il admet aussi l’avoir régulièrement trompée et même avoir aimé quelqu’un d’autre pendant leur mariage… alors qu’ils n’ont été marié que 6 ans… Et puis, au lieu de parler à sa femme et préparer ses enfants, il va partir comme un voleur dans sans rien dire à personne et il se tracasse de savoir quels livres et quels vêtements il va emporter avec lui…

Bref j’ai détesté ce personnage cynique et désagréable au possible et au niveau du style je me suis beaucoup ennuyée car il y a beaucoup d’aller et retour dans le temps et beaucoup de tergiversations… Un échec de lecture pour moi.

 mon collègue A.

 avec Rachel : Allons voir son avis!

chez Titine