Linea nigra : Sophie Adriansen

Ce billet va être compliqué à écrire et très personnel car comme pour « Le syndrome de la vitre étoilée » dont je vous ai parlé avant hier, ce roman m’a vraiment bousculé, m’a beaucoup parlé…

Ce roman est la suite du « syndrome de la vitre étoilée » et parle de la grossesse : avant et pendant et aussi de l’accouchement : avant, pendant et après. Au niveau de la construction du roman, cela suit le même schéma que le roman précédant : des souvenirs, le moment présent, des articles, des témoignages, des brèves remarques de l’entourage. C’est très varié et cela dit beaucoup de choses entre généralités et réflexions personnelles du personnage principal.

Alors, j’ai mis un coup de coeur mais j’aurais pu mettre un coup de poing aussi… Maintenant, je vais parler de mon expérience, cela ne vous intéresse peut-être pas, je peux le comprendre mais ce roman appelle ce genre de témoignage… Il est pour moi nécessaire après la lecture et pendant la lecture, beaucoup de choses sont remontées pour moi.

Ma grossesse s’est très bien passée mais quand je suis arrivée à la maternité, le jour du terme, pour un contrôle, il a été décidé par mon gynéco (de garde ce weekend là) que j’allais rester le soir et être déclenchée le lendemain matin (car soit disant, j’avais eu un peu de tension et peu de liquide amniotique…) Le lendemain, après le déclenchement chimique, il ne se passe pas grand chose sauf que j’ai perdu les eaux -à cause du déclenchement (et la sage femme me dit « Pour quelqu’un qui n’était pas sensé avoir beaucoup de liquide, ça coule longtemps… »)… Il est donc décidé que le lendemain, on me déclencherait à nouveau… Deuxième déclenchement, puis péridurale, puis détresse de mon bébé (grosse angoisse pour moi quand je vois toute l’équipe médicale qui cherche les battements du coeur de mon bébé). Et puis en fin de journée, on m’annonce que comme mon col n’est pas du tout dilaté (pas plus de 4-5 cm … après deux déclenchements…), on me ferait une césarienne… Ma seule consolation fut que L’Homme ait eu le droit de rester avec moi et après la naissance, ait pu mettre Bastien en peau à peau en attendant que je sois prête…

Après la naissance, Bastien dormait tout le temps, ne tétait pas bien et l’allaitement a été très difficile. Je suis intiment persuadée que mon bébé est né fatigué de ces deux jours de contractions inutiles liées aux déclenchements… Il a d’abord perdu du poids… La césarienne n’a pas non plus été une partie de plaisir car en plus de me clouer au lit deux jours, je suis aussi sortie de la maternité avec un problème avec ma cicatrice (je vous épargne le film d’horreur quand lors de la douche du jour du départ, j’ai eu l’impression qu’elle avait explosé…) .

Au retour à la maison, l’allaitement difficile et le grand sommeil de Bastien a fait qu’il a encore perdu du poids… Il n’a retrouvé son poids de naissance qu’au bout d’un mois… J’ai aussi connu des moments d’incompréhension face aux pleurs de Bastien dans les premières semaines, je pleurais aussi beaucoup et je me revois encore arriver à la PMI, comme une bouée de secours, les yeux rouges avec mon bébé, et normalement il n’y aurait du avoir personne pour me recevoir mais je pense que la fille de l’accueil a senti que ça n’allait pas et a demandé à une infirmière de me recevoir. Cette personne m’a rassurée en me disant que Bastien faisait peut-être du reflux et m’a conseillé de prendre un rendez-vous avec un médecin… Personne ne m’avait dit que je pouvais aller chez le médecin pour les pleurs de mon bébé… Je n’ai pas le souvenir d’avoir vu qui que ce soit pour m’aider…

Bref… Rien de dramatique, rien de grave, mais j’ai quand même l’impression d’avoir été volée de mon accouchement, j’ai l’impression qu’on a gâché mes premiers moments avec mon bébé car d’une part, il était fatigué de sa naissance et moi, j’étais totalement démunie… Je dois dire que je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir accouché « pour de vrai »… Et ça c’est resté au fond de moi encore aujourd’hui…

Ce roman m’a fait comprendre que ce que j’avais ressenti était légitime. J’ai souvent eu l’impression que ce roman parlait de moi ou mettait des mots sur des choses que j’ai ressenties…

Je finis avec de nombreux extraits du livres qui m’ont touchés. Merci à l’auteur d’avoir su trouver ces mots qui m’ont fait du bien, quelque part, qui m’ont permis de faire la paix avec mon expérience.

Je vous recommande ce roman si vous avez accouché, si vous allez accoucher, si vous pensez accoucher un jour ou si vous avez des femmes autour de vous qui vont un jour accoucher et même si vous êtes un homme, car la maternité n’est pas qu’une affaire de femmes!

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 avec Petite NoisetteAllons voir son avis!

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