Chanson douce : Leïla Slimani (lu par Clotilde Courau)

Voici un roman qui me faisait à la fois envie et peur (et pour être honnête, je ne le recommande PAS du TOUT aux parents de jeunes enfants qui sont encore gardés par une nounou mais comme Bastien a 8 ans et demi, ça allait, je ne me suis pas trop projetée dans le drame).

Je ne dévoile rien car très vite on connait le dénouement de cette histoire : une nounou tue les deux enfants qu’elle garde et le roman raconte les relations entre cette femme et la famille dont elle avait la charge mais aussi les histoires personnelles de la nounou et du couple.

Le couple, c’est Myriam et Paul, deux parisiens, jeunes cadres dynamiques. Myriam était restée à la maison après la naissance de ses deux enfants mais quand le deuxième est né elle a réalisé qu’elle voulait reprendre le chemin de la voie professionnelle dans un cabinet d’avocats et pour cela, ils décident de prendre un nounou qui gardera les enfants à domicile.

Ils rencontrent alors Louise qui leur parait parfaite… qui EST parfaite! Louise devient plus que la nounou des enfants, elle devient presque une gouvernante dans la maison. En effet, non seulement elle est une perle avec les enfants avec qui elle joue et dont elle s’occupe à merveille mais elle cuisine aussi des petits plats pour les parents et même leurs amis quand ils font des dîners, et va jusqu’à changer leurs draps… Elle devient même une personne qui prend une place centrale dans la famille, pas vraiment une amie mais plus vraiment une employée…

Pourtant, Louise n’a pas été embauchée pour cela, elle a pris d’elle-même l’initiative de cet investissement. Et Myriam et Paul s’accommodent très bien de cette situation… sans prendre conscience qu’ils deviennent dépendants et très « petits-bourgeois » avec leur « personnel » mais surtout sans prendre conscience que Louise aussi devient dépendante de cette famille…

Louise, on le découvre aussi dans le roman, n’est pas très stable et quand elle sent qu’elle risque de perdre sa place tant aimée, de perdre « ses » enfants, « sa » famille, elle perd complètement pied…

Ce roman met assez mal à l’aise car on sent bien que les torts sont partagés (enfin… attention, je ne dis pas que la mort des enfants était méritée car il est clair que le personnage de Louise tombe peu à peu dans la folie) mais il y a un déséquilibre des relations entre ce couple de « jeunes bobos parisiens » assez immatures, partagés entre le plaisir d’avoir quelqu’un qui s’occupe d’eux comme une mère pourrait le faire et le fait d’être des employeurs assez aisés qui ne se sont en réalité jamais souciés de la vie de leur « bonne »  (oups… je voulais dire « nounou ») et une femme qui semble s’être toujours tenue à distance de sa vie et qui se raccroche à la vie de cette famille.

J’ai aimé ce roman, j’ai aimé la façon dont cela est raconté, presque comme un reportage par moment et plus introspectif à d’autres même si on découvre l’ensemble de la situation par petites touches.

J’ai trouvé que la version audio servait bien le texte en apportant une certaine distance, une certaine neutralité qui allait bien avec le style.

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