American born Chinese : Gene Luen Yang

 

Un Bookface 😉

Cette BD est très particulière car elle alterne trois histoires qui ne semblent à priori n’avoir pas beaucoup de rapport que ce soit dans l’histoire, dans le style ou les univers et pourtant, quand on referme le livre on voit bien le lien.

Le premier univers que l’on rencontre (et c’est déstabilisant car après avoir lu le résumé je m’attendais à lire l’histoire d’un petit garçon de notre époque) est celui de la légende du Roi Singe (il y a une thématique sur l’intégration, l’envie de ressembler à un groupe auquel on n’appartient pas) qui se déroule dans un passé asiatique avec toute l’imagerie des dieux.

Il y a donc aussi l’histoire de Jin Wang qui vit aux Etats-Unis avec ses parents qui sont nés en Chine et sa vie à l’école dans laquelle il est presque le seul enfant d’origine étrangère, jusqu’à ce qu’il devienne ami avec un nouveau qui vient d’arriver de Taïwan. Ils ont en commun de parler chinois (même si au début, Jin, ne veut pas le faire) et surtout d’être tous les deux isolés parmi les élèves de l’école. En grandissant, Jin a un réel désir de ressembler aux américains de souche, de se fondre dans le décors, qu’on oublie qu’il est d’origine chinoise, au point de se brouiller avec ses amis.

Et puis, il y a également une autre histoire un peu parodique, qui ressemble à une sitcom avec le personnage central qui est un adolescent très « américain », blond et bien intégré et qui doit accueillir son cousin « Shing-tok », qui est une caricature grossière d’un Chinois (costume traditionnel, visage jaune et dents de lapin ainsi qu’un accent à couper au couteau). Il doit l’emmener avec lui au lycée et ce cousin est bien embarrassant pour Danny…

Mais je vais être franche je n’ai pas été super emballée par la forme (mais je pense que le côté métaphorique et les dessins à la fois naïfs et décalés, répondant sans doute plus au codes du comics pourront plaire à certains). Mais j’ai quand même trouvé le fond intéressant car il s’agit de la difficulté à s’intégrer quand on a plusieurs cultures et que comme Jin Wang, on est « un américain d’origine chinoise » ou « un chinois né aux Etats-Unis ».

Donc c’est un sujet vraiment intéressant sur la double culture, particulièrement eux Etats-Unis où effectivement les différentes origines se côtoient mais ne se mélangent pas forcément.

 chez Titine

Lillian the Legend : Kerry Byrne

Lillian quitte la pauvreté en Russie dans les années 20 mais la vie qu’elle découvre aux Etats-Unis n’a rien de réjouissant. Elle vit une vie plutôt misérable, travaille dans une usine de couture comme une fourmi parmi tant d’autres immigrants et quand l’usine prend feu et qu’elle en réchappe de peu, elle décide de rentrer chez elle en Russie.

Financièrement, elle ne peut pas reprendre le bateau et elle décide alors de rentrer à pied en traversant l’Amérique du Nord en suivant la ligne du télégraphe. Son voyage est une vraie aventure humaine que ce soit par les rencontres ou les paysages.

Les dessins en noir et blanc au style très graphique et foisonnant de détails sont vraiment riches et contribuent à rendre l’histoire réaliste et souvent touchante.

Cette histoire nous fait vraiment voyager géographiquement et historiquement et aussi dans l’esprit d’une femme déterminée!

Pour voir des planches, cliquez sur la couverture.

 chez Titine