Dans ce roman, Joachim, la quarantaine, doit revenir à Rouen après la mort de son père alors qu’il n’y est pas retourné depuis 20 ans. C’est un photographe de guerre et dans le trajet en train qui le ramène à Rouen sur les pas de sa jeunesse, son esprit va voyager dans le temps et dans l’espace. Il va revisiter ses drames, les détricoter…

On remonte dans le passé pour comprendre l’histoire très complexe de sa famille. On devine, on comprend, le drame intime d’une famille où les parents meurtris -détruits- par un événement tragique n’ont plus su s’aimer, ni vraiment aimer leurs enfants … et la conséquence qui a été la destruction de leur fille adolescente qui a fini par se défenestrer… Moment particulièrement terrible pour Joachim, alors étudiant, qui était présent dans l’appartement familial quand cela s’est produit et qui a ensuite subi le silence pesant de ses parents.

Le deuxième drame qui revient à l’esprit de Joachim pendant ce voyage, c’est son passage par Sarajvo, au début des années 90,  peu de temps après la mort de sa soeur. En plein dans la guerre des Balkans, conflit terrible où les habitants de Sarajevo risquent leur vie -littéralement- à chaque coin de rue… Il est hébergé par une femme et sa fille. Le fils qui est dans l’armée les rejoint parfois. La jeune fille n’a pas mis les pieds hors de l’appartement depuis un an avant de participer à un improbable concours de « Miss Sarajevo ». Pendant ces deux mois, en deuil de sa soeur, il est confronté à la mort qui plane et entouré de gens qui vivent…

Il n’y pas de lien apparent entre les deux pans de vie de Joachim mais pourtant il les tisse dans ses souvenirs avec cette mort qui plane autour de lui. J’ai l’impression que ses parents se sont toute leur vie retranchés eux aussi dans le silence des secrets et de la culpabilité comme cette famille de Sarajevo pour se « protéger » de quelque chose. J’ai trouvé intéressant que dans son métier de photographe de guerre, Joachim semble avoir ce besoin d’aller au devant du danger et ce besoin aussi de tout fixer en images (et pourtant à Sarajevo, il prenait des « photos » sans pellicule, comme s’il se libérait de quelque chose)…

Finalement, mon impression est étrange car je ne suis ni vraiment emballée ni mitigée mais plutôt partagée. J’ai aimé beaucoup de choses dans ce roman : l’histoire, l’entremêlement des faits et le style que j’ai trouvé très beau et pourtant ma lecture n’a pas été aussi enthousiaste qu’elle aurait pu l’être… C’est curieux, je suis un peu déçue… et je ne sais pas pointer ce qui m’a manqué. Peut-être un peu de rythme ou un peu plus de lien entre les deux histoires?

#MRL18 #Rakuten

Merci à ma « marraine » des Matchs de la Rentrée Littéraire : Antigone (cliquez sur son nom pour voir son billet sur ce roman)

Pour en savoir plus sur le concours « Miss Sarajavo » qui a vraiment existé, cliquez sur la photo :

catégorie « art » car c’est le titre d’une chanson de U2

15 commentaires sur « Miss Sarajevo : Ingrid Thobois »

  1. Certains lecteurs sont du même avis que toi… sans doute cette sorte de rêverie un peu nébuleuse qui règne à la fin et qui ne séduit pas tout le monde. Cela dit ton billet m’a presque donné envie de relire ce roman. 😉

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  2. J’ai été un peu déçue aussi… trop de drames accumulés à mon goût, notamment celui qui plane sur la famille depuis l’enfance de Joachim. Les parents qui sont un peu caricaturaux aussi… Sinon, on ne croirait pas, mais j’ai aimé tout ce qui se passe à Sarajevo, très fort.

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    1. j’ai aussi trouvé ce qui se passe à Sarajevo très fort mais j’ai aussi trouvé le silence des parents réaliste (peut-être le manque de rébellion du fils, un peu moins) en fait, j’ai aimé sans adorer. Je n’ai pas trouvé de billet chez toi?

      Aimé par 1 personne

    1. Je ne sais pas trop si je dois t’encourager à le lire quand même car il y a de belles choses mais j’aurais vraiment pu avoir un coup de coeur et je suis passée à côté alors je suis un peu déçue 😉

      Aimé par 1 personne

  3. Mon avis sur ce roman est assez mitigé. Je crois que c’est clairement l’écriture à la troisième personne qui m’a empêchée d’apprécier pleinement le personnage de Joachim.

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