Le garçon qui courait plus vite que ses rêves : Elizabeth Laird

Aujourd’hui que je cours encore un marathon, j’ai envie de vous parler de ce roman jeunesse dans lequel la course à pied est un élément important.

Solomon est un jeune garçon qui vit dans un village éthiopien avec sa famille et son grand père. Il va à l’école à pied et souvent en courant et courir est ce qu’il aime le plus. Un jour, son grand-père, une homme pas très loquace, lui demande de l’accompagner à Addis Abeba, la capitale, qui se trouve à quelques heures de chez eux.
Arrivés en ville, ils retrouvent un neveu et Solomon accompagne son grand-père chez un homme qui va lui faire découvrir que le vieil homme avait été une figure marquante de la course à pieds éthiopienne.
Malheureusement, le grand-père fait un malaise et Solomon est envoyé au village en urgence pour chercher son père… mais une panne du bus le pousse à courir presque toute la route qui le sépare de son village. Sa réussite sera révélatrice de ce que le grand-père voulait pour son petit fils  qui voyait en lui le futur athlète.
Ce roman jeunesse est un roman initiatique où la course à pied est le point central entre le désir secret de Solomon, le passé glorieux mais caché du grand-père, le passage dans Addis Abeba des médaillés olympiques éthiopiens qui font leur retour au pays juste au moment où Solomon est là.
C’est une belle histoire de famille qui parle des rêves mais qui présente aussi un mode de vie très différents pour les petits lecteurs occidentaux qui vont découvrir la vie d’un jeune éthiopien mais c’est aussi l’occasion d’évoquer aussi l’histoire du pays.
« Dans mes rêves, je cours, encore et toujours. Parfois mes pieds se détachent du sol et je suis sûr que si je pouvais aller un peu plus vite, je décollerais et m’envolerais comme un aigle.« 

Ce n’est pas non plus un hasard si je parle de ce roman aujourd’hui car au-delà de la course, le marathon que je cours aujourd’hui, le marathon vert de Rennes a pour objectif de planter des arbres, notamment en Ethiopie : chaque kilomètre parcouru = un arbre!

Petit éloge du running : Cécile Coulon

Aujourd’hui, alors que vous lisez ce billet, il y a des chances que je sois encore en train de courir encore un marathon après  Paris en 2012La Rochelle en 2013 (avec abandon au bout de 21 km pour cause de blessure), le Mont Saint Michel en 2014le marathon vert de Rennes en 2015, le Mont Saint Michel en 2016, et mon abandon à Paris en 2017

Alors vous pensez bien que quand je suis tombée par hasard sur ce petit livre, en plein dans ma 7ème préparation de marathon, peu de temps avant de courir le 5ème, je me suis dit qu’il n’y avait pas de hasard et je l’ai acheté! (Bon… le fait que ce soit Cécile Coulon qui l’ait écrit et dont j’avais adoré « Le coeur du pélican » n’y était pas pour rien non plus!)

Cécile Coulon est une grande coureuse et c’est donc un sujet qu’elle maîtrise vraiment. Elle écrit son essai en suivant le rythme et le découpage d’un marathon et elle en profite pour mêler des informations historiques, littéraires et sportives sur la course à pied. Elle y ajoute des touches très personnelles de coureuse mais aussi d’écrivain car elle ne pourrait pas écrire si elle ne courait pas! Et son essai est aussi très sociologique : elle parle des coureurs, que ce soit les coureurs « du dimanche » ou les marathoniens et comme je me situe entre les deux (je me considère un peu comme une « marathonienne du dimanche » … vu mes temps 😉 ) je m’identifiais bien!

Je pense que c’est un essai qui parlera fortement aux personnes qui courent, et pas seulement des marathons, et aussi à ceux qui aimeraient courir et ceux qui ne comprennent pas pourquoi on peut avoir envie de courir 😉

Forcément, je n’ai pu que penser à Autoportrait de l’auteur en coureur de fond : Haruki Murakami !

Voici ce que Cécile Coulon dit sur les départs de courses et ça sonne très juste :

Et puis, ça c’est ce qu’elle dit sur le fameux « mur » du marathon… Celui qui m’a achevée ou presque plus d’une fois et que je crains pour aujourd’hui :

« Si vous avez lu Harry Potter, vous avez forcément frissonné à partir du tome 3, quand apparaissent les Détraqueurs, ces gardes de la prison d’Azkaban, infâmes, fantomatiques, qui aspirent l’âme et les forces de ceux qu’ils choisissent d’affaiblir. Eh bien, au marathon, le mur, c’est un Détraqueur invisible mais gigantesque, présent à la fois dans les jambes et dans la tête de celui qui doit lui faire face. »