African American History Month Challenge 2019 : ça commence demain!

Pour plus de détails, cliquez sur le logo

L’an dernier, je vous expliquais que la cause des Afro-Américains, leur histoire, leur place dans la société américaine et dans la littérature est un sujet qui me tient à coeur.

Dans les années 1920, l’historien Carter G. Woodson a fait en sorte que le  « Negro History Week » soit instauré aux Etats-Unis : une semaine pour mettre à l’honneur les Afro-Américains qui n’étaient pas assez reconnus dans l’histoire du pays. En 1976, le président Ford a transformé la semaine en un mois et en 1986, le Congrès a déclaré que le mois de février serait « National Black History Month ».

Cette année encore, je vous propose c’est de profiter du mois de février pour parler des Afro-Américains dans l’histoire ou dans la fiction. Nous pourrons parler de romans écrits par des Afro-Américains ou parlant d’Afro-Américains, qui traitent de l’histoire des Noirs aux Etats-Unis, que ce soit dans l’histoire ancienne avec l’esclavage ou plus récente avec la ségrégation ou de nos jours. Des romans qui mettent en avant la complexité de la vie des Noirs aux Etats-Unis, leurs réussites, leurs combats, leurs difficultés à faire accepter leur place. Ce sera aussi l’occasion de parler de personnalités Noires Américaines, que ce soit dans les arts, dans la politique ou autre.

Si vous souhaitez participer avec moi, vous pouvez vous inscrire ici et il suffit d’écrire un ou plusieurs billets à votre guise avec le logo.

Voici des idées qui correspondent à ce mois et qui peuvent vous donner des idées :

Archives sur le sujet sur Ennalit (cliquez)
Des découvertes à faire avec le recap’ de l’African American History Month Challenge 2018 (cliquez)

Des idées compilées par Kathel et d’autres blogueurs :

Conseils de lecture (16) La lutte pour les droits civiques (cliquez)

Si vous voulez des idées de personnalités Afro-Américaines à découvrir voici un lien (en anglais) :

44 personnalités noires qui ont eu un impact sur la société américaines et mondiale dans divers domaines (cliquez)
Le recap de cette année : Des découvertes à faire chez moi et les participants à l’African American History Month Challenge 2019 (cliquez)
EDIT du 6 février : il y a un groupe Facebook!

Cette année, je ne fixe pas de ligne directrice par jour mais n’hésitez pas à proposer vos idées pour des titres, des auteurs, des thèmes et des lectures communes qui pourraient intéresser d’autres participants!

Voici ce dont j’ai prévu de vous parler (presque tout est lu 😉 :

Lundi 4 :  « Mille petits riens »de Jodie Picoult

Mercredi 6 : une BD « Reporter -Alabama 1965- Bloody Sunday, Une marche pour la liberté » de  Garreta / Granier/ Toussaint

Vendredi 8 : une recette de Southern Tea Cakes

Dimanche 10 : Trois albums jeunesse sur des personnalités importantes dans l’histoire des droits civiques  : « Ruby tête haute » de Irène Cohen-Janca et Marc Daniau, « Le bus de Rosa » de  Fabrizio Silei et Maurizio Quarello,  « I have a dream : Martin Luther King » (Illustré par Kadir Neslon) (LC avec Blandine). 

Mardi 12 : « Their Eyes Were Watching God » (« Une femme noire » / « Mais leurs yeux dardaient sur Dieu ») de Zora Neale Hurston (LC avec Anne)

Jeudi 14 : Deux témoignages :  « Confessions » de Nat Turner et « I am not your Negro » de James Baldwin

Samedi 16 : Deux livres audio « Léon » de Walter Tillage (lu par Christophe Reymond) et « Sur les hauteurs du Mont Crève-Coeur » de Thomas H. Cook (lu par Guy Moign) (EC avec Sylire)

Mercredi 20 : Des BD biographies autour de la musique : « Billie Holiday » de Munoz / Sampayo (BD) et « Josephine Baker »de Catel et Boquet (BD) et donc aussi des infos sur les artistes et de la musique!

Vendredi 22 : Des textes jeunesse : un roman jeunesse : « Bluebird » de Tristan Koëgel (peut-être une LC avec Saxaoul et Nath Sci) et un album jeunesse « Cours ! » de Davide Cali et Maurizio Quarello 

Dimanche 24 : Thématique autour de l’esclavage : La saison 1 de la série de 1977 « Racines » et l’album jeunesse « Henry et la liberté : Une Histoire vraie » de Ellen Levine (Illustré par Kadir Neslon)  (LC avec Blandine)

Mardi 26 :  Une thématique « grandir Afro-Américain » : Une autobiographie poétique : « Brown girl dreaming » de Jacqueline Woodson et « Moonlight », un film de 2016.

Jeudi 28 : « The hate U give » de Angie Thomas (LC avec Blandine)

Je vous conseille aussi la revue America n°8  car la thématique est parfaite pour ce challenge!

Voici le sommaire sur la partie thématique « De la race en Amérique » : 

Je n’ai pas tout lu mais certains textes correspondaient parfaitement à mes lectures pour ce mois : « Une histoire de l’esclavage » pour accompagner ma lecture des « Confessions de Nat Turner », « La dernière traversée » de Zora Neale Husrton dont j’ai lu un roman, « Les usages du blues » de James Baldwin, dont j’ai lu le texte en rapport avec le film « I am not your Negro », et un entretien avec Chimamanda Ngozi Adichie dont le roman « Americanah » va parfaitement dans le mois.

Enfin, il y a une page qui évoque « La question raciale en 10 grandes oeuvres » qui peut nous inspirer pour cette année ou pour plus tard :

Deux films qui rentrent bien dans ce challenge sont sortis en janvier 2019. Je ne les ai pas vus mais j’espère les voir un jour!

Green Book : Sur les routes du Sud

Si Beale Street pouvait parler

Voici les personnes qui se sont inscrites :

  1. Alexielle
  2. Anne
  3. Bidib
  4. Blandine
  5. Didingc
  6. Enna
  7. Five O’Clock Teach
  8. Kathel
  9. Makuahine
  10. Marion
  11. Nahe
  12. Nath Sci
  13. Saxaoul
  14. Sylire
  15. Valentyne
  16. Valou

Mais si vous vous rendez-compte que, par hasard, vous avez lu un livre qui correspondait à ce challenge pendant le mois de février : n’hésitez pas à venir me donner votre lien même si vous n’êtes pas inscrits : l’important c’est le partage!

Un autre regard (T1 et T2) : Emma

J’ai repéré cette BD chez Soukee mais je connaissais déjà la dessinatrice Emma qui a été très médiatisée avec sa BD sur la « charge mentale ». Vous pouvez la retrouver sur son blog et sur sa page FB.

Je vais commencer par dire que je n’apprécie pas particulièrement ses dessins mais je pense que ceux-ci sont surtout un support pour illustrer ses propos et ne sont pas l’intérêt principal.

Je ne vais pas vous parler en détails des deux tomes mais plus en parler comme un ensemble de façon assez générale. Tout d’abord j’ai trouvé qu’ils étaient assez inégaux ou plutôt un peu fouillis. J’ai trouvé que ça partait un peu dans tous les sens. Les albums sont constitués de différentes BD indépendantes qui se suivent et ce qui passe plutôt bien dans un blog ou sur une page FB, que l’on lit par-ci par-là et non pas à la suite les uns des autres, passe, à mon avis, moins bien que dans un album papier. Mais ce n’est évidemment que mon impression personnelle.

Elle parle principalement de féminisme et d’injustices faites aux femmes, que ce soit à la maternité avec les violences obstétriques ou le congé maternité considéré comme des vacances, au travail avec le sexisme ordinaire dans le milieu professionnel ou au sein du couple avec la célèbre BD sur la charge mentale « Fallait demander » (personnellement, chez moi, la charge mentale est un peu inversée, c’est mon homme qui la porte mais cette BD m’a fait en prendre conscience et j’essaie de me corriger après avoir lu cette BD!)

Certaines planches m’ont aussi intéressé comme celle sur la liberté de s’habiller comme on le souhaite en adressant le problème de l’interdiction du burkini en inversant la situation avec un pays imaginaire où on imposerait à toutes les femmes de se promener seins nus : « Montrez moi ces seins que je ne saurais pas ne pas voir« . Mais j’ai aussi trouvé la BD « Travaille! », qui est plus économique, plutôt intéressante, même si elle aussi très utopiste et irréaliste.

Les propos de Emma sont très politiques et très tranchés et ne laissent pas beaucoup de place à des opinions opposées. Il y a peut-être un côté un peu moralisateur et curieusement, pour certaines BD, j’étais tout à fait d’accord avec elle et pour d’autres je me sentais un peu « agressée » par ses propos. Encore une fois, c’est très personnel et tout le monde ne réagira pas comme moi. En tout cas, cette dessinatrice a des opinions fortes et elle les défend. Et elle aussi le mérite de questionner notre société et de mettre en avant un féminisme concret.

  chez Noukette

 chez Stephie (De nombreux sujets entrent dans ce rendez-vous : l’égalité homme-femme et toutes sortes d’injustices et d’inégalités que l’on croise tous les jours dans notre société)

My Absolute Darling : Gabriel Tallent (lu par Marie Bouvet)

J’avais repéré ce titre chez The Autist Reading en décembre 2017 et il m’avait donné envie et puis après j’ai eu un petit peu peur de le lire mais Amandine m’a rassurée et encouragée à le lire quand on en a parlé au Festival America. Et je dois dire que j’ai été cueillie par ce roman qui m’a fait traverser tant de sentiments et d’émotions que je vais avoir beaucoup de mal à écrire ce billet… Chez Sylire, j’avais commenté en plein dans ma lecture  : « Je tremble, je suis horrifiée, je souris et j’ai de l’espoir : ce roman est plein d’émotions fortes! » Et pour une fois (et c’est vraiment très rare pendant une lecture audio) j’ai pris quelques notes pour retenir ces impressions. J’ai délibérément évité de relire les billets qui m’avaient donné envie ou d’autres billets de blogueurs amis avant d’écrire mon billet pour ne pas être influencée. Et avant même de commencer je sens que ce billet sera incomplet et ne rendra pas justice à ce roman qui a été un coup de coeur et un coup de poing qui n’est peut-être pas à mettre entre toutes les mains.

Le résumé de l’éditeur me parait suffisant pour planter le décor : « À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie. »

Turtle vit donc avec son père de façon très isolée en pleine nature. Elle fréquente aussi son grand-père et va à l’école mais ne s’y sent pas à sa place et fait tout pour se faire oublier.

Elle vit dans une manipulation mentale de la part de son père qui exerce sur elle une destruction psychologique mais aussi physique par le viol et autres violences. Turtle est à la fois encore une enfant (qui parle de son père comme « mon papa ») et une adulte aguerrie aux armes à feu toujours prête à se défendre contre le monde extérieur que son père lui présente comme le vrai danger. Mais la menace est à l’intérieur du foyer et pourtant, elle est partagée entre son amour pour son père, un amour protecteur et la peur qu’il lui transmet. Il y a aussi de la haine qu’elle retourne contre elle, une haine qui se traduit par une violence verbale envers elle-même dans ses monologues intérieurs et envers ceux qui cherchent à se dresser entre elle et son père.

Le père a un rapport malsain de toute puissance envers sa fille. Il cherche soit-disant à la protéger du monde mais il l’abuse et cherche surtout garder la main mise sur elle, disant même à un moment « Tu es à moi » et préférant la voir morte que de la voir le quitter…

Quand un jour elle fait la connaissance de deux adolescents d’un monde complètement différent du sien, deux jeunes un peu décalés, qui ont beaucoup d’humour, qui ne la jugent pas, au contraire qui l’apprécient beaucoup pour ce qu’elle est, elle commence à réaliser qu’une autre voie est possible et c’est comme si ses yeux s’ouvraient et qu’elle entrevoyait enfin une vie « normale ». Malheureusement, la normalité n’est pas au programme de son père et sa vie va prendre une brusque acceleration dans la violence…

Il y a aussi un autre aspect dans ce roman, c’est le rapport organique, presque primitif, à la nature. Turtle connait chaque plante, chaque élément de la nature comme si elle vivait dans un monde physiquement complètement à part, comme si elle devait se rattacher à cet aspect naturel de son environnement pour survivre.

Au niveau de l’atmosphère, ce roman rassemble donc des éléments très intenses de maltraitance : le climat est souvent extrêmement tendu avec des moments particulièrement violents mais à partir de la rencontre avec les deux garçons, il y a des moments plus légers et même drôles (oui, j’ai ri en lisant ce roman!), comme des respirations dans la tension, ce qui met d’ailleurs en contraste la vie de Turtle avec celle des autres adolescents, comme si ces parenthèses auprès d’eux lui faisaient réaliser qu’elle pourrait vivre avec plus de légèreté en permanence.

Et puis, j’ai aussi trouvé qu’il y avait beaucoup de poésie dans ce roman. D’abord dans les passages sur la nature qui sont vraiment très beaux. Mais aussi dans le style qui est très rythmé. Il y a beaucoup de répétition de l’amorce de phrase « Elle pense,… » (je sais que ça a gêné une de mes amies) qui à mon avis apportait une poésie au texte, comme si elle psalmodiait, comme un chant rituel… Certains n’ont pas aimé la vulgarité mais le vocabulaire utilisé participe et est causé par la violence générale qui entoure Turtle et ce n’est donc jamais gratuit, c’est un système de défense et d’assimilation en quelque sorte.

Bref, j’ai adoré même si j’ai été souvent bousculée par cette relation toxique entre un père et sa fille, bousculée par cet amour de cette fille pour ce père qui la violente de toutes les façons possibles. J’ai d’ailleurs relevé cette phrase où elle parle de son père : « Il ne veut pas me faire de mal. Il m’aime plus que la vie elle-même. Il n’est pas toujours parfait. Parfois, il n’est pas vraiment l’homme qu’il voudrait être. Mais il m’aime comme personne n’a jamais été aimé. Je pense que ça compte plus que tout. »

J’ai été fascinée par la force du personnage de Turtle qui est à la fois âpre et touchant. Elle est comme un cactus avec ses aiguilles qui empêchent quiconque de l’approcher mais avec aussi une fleur délicate en son coeur qui commence à s’épanouir. C’est un personnage fort que je ne suis pas prête d’oublier!

Quant à la version audio, je dois dire qu’elle m’a beaucoup plu. La lectrice est devenue Turtle pour moi! Bravo à elle d’avoir lu ce roman si fort avec beaucoup de justesse!

 Chez Sylire

Merci à 

catégorie « adjectif » de ma ligne audio

La daronne : Hannelore Cayre (lu par Isabelle de Botton)

Patience Portefeux, la cinquantaine, veuve, a deux filles adultes et sa mère vit en EPHAD. Elle est traductrice-interprète judiciaire et son petit ami est un policier aux stups. Elle peine à joindre les deux bouts et vit une vie plutôt ordinaire.

Sauf qu’elle n’a pas toujours eu cette vie! Au contraire, elle vient d’une famille quasi mafieuse, avec blanchiment d’argent, meurtres et autres trafics…

Et puis un jour, deux parties de sa vie se télescopent : dans le cadre de son travail, elle traduit les conversations téléphoniques en arabe de bandes de dealers et elle découvre par hasard que la mère de l’un de ceux qu’elle « suit » par communications interposées travaille dans la maison de retraite où végète sa propre mère…

Cette coïncidence, ajoutée à sa connaissance du milieu de la drogue glanée au fil de nombreuses années à écouter tous les trafics par son travail de traductrice et au sang froid qu’elle a acquis auprès de son père, lui-même malfrat, ainsi sans doute que sa lassitude de vivre de peu depuis si longtemps après la perte du niveau de vie qu’elle avait connu enfant et du sentiment d’injustice d’être payée au noir par l’administration judiciaire vont lui permettre de se lancer toute seule dans un discret traffic de drogue d’assez grande ampleur.

Son nom de code sera « la Daronne » (la mère en arabe) et elle réussira plutôt bien à mener sa nouvelle vie sur tous les fronts.

Ce roman est à la fois un polar un peu noir qui montre aussi certains aspects sociétaux mais qui ne manque pas d’humour et c’est un savant mélange qu’il ne faut pas bouder! J’ai aimé la façon dont la lectrice a donné corps au personnage de Patience / la Daronne, elle sert bien le personnage de femme de bonne « origine » qui fricote avec les bas-fonds. Tout sonne juste dans le texte comme dans la façon de le lire.

Un bon moment de lecture.

 Chez Sylire

catégorie gros mot de ma ligne audio

Petit Piment : Alain Mabanckou (lu par l’auteur)

Dans ce roman, Alain Mabanckou raconte l’histoire d’un petit garçon puis d’un jeune homme, orphelin, déposé bébé dans une institution. Le prêtre s’occupant de l’orphelinat, Papa Moupelo, lui a donné son nom -à rallonge- (je dois avouer que j’ai été le rechercher sur internet car en audio, je n’aurai jamais pu le retenir!) Tokumisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami namboka ya Bakoko mais il est généralement appelé « Moïse ».

La première partie du roman raconte l’enfance de Moïse à l’orphelinat, avec son meilleur ami, avec beaucoup de truculence et de scènes amusantes. Et puis, la révolution socialiste arrive jusqu’à l’orphelinat et le directeur, un homme corrompu et opportuniste, se sert de cette nouvelle donne et les jeunes vont subir cela. Pour défendre son ami, un peu innocent et harcelé, il va d’abord se venger de jumeaux violents puis devenir un peu leur protégé.

Puis, il fuit avec les jumeaux et rejoint Pointe Noire avec eux, laissant son meilleur ami. Dans la grande ville, ils forment une bande de voyous et il sera alors surnommé « Petit Piment ». C’est dans le cadre de ses activités illicites qu’il fera la connaissance de Maman Fiat 500, une mère maquerelle assez maternelle avec lui et ses dix filles.

Après une période heureuse, Petit Piment perd la tête, et sera alors en quête de son identité.

Ce roman a une voix très africaine, dans les thématiques et la manière de raconter les histoires, les liens familiaux et les légendes. C’est un vrai voyage! Mais la version audio, lu par l’auteur, est encore plus vivante car il fait plus que lire, il nous raconte cette histoire avec son accent et ses intonations qui correspondent si bien à l’histoire.

 avec Rachel : Allons voir son avis sur la version papier!

 Chez Sylire

catégorie végétale de ma ligne audio

Le loup en slip : Paul Cauuet, Wilfrid Lupano et Mayana Itoïz (Billet avec Bastien)

Après avoir beaucoup aimé « Les vieux fourneaux », j’ai été très tentée par « Le loup en slip » qui est en quelque sorte un « spin-off » comme on dirait dans les séries, pour les enfants (mais aussi les adultes ;-)).D’ailleurs, je l’ai lu avec Bastien et quand je m’étonnais qu’il ne rigole pas quand moi ça me faisait rire, il m’a répondu « ça m’a fait rire quand je l’ai lu tout seul mais là, tu rigoles pour des trucs qui ne me font pas rire! » C’est donc le gage d’une lecture multi-générationnelle!

Dans la forêt, tous les animaux vivent dans la terreur du loup qui vit juste au-dessus d’eux … Il y a même toute une organisation autour de cette peur du loup. C’est même une peur qui est entretenue : toutes les unes des journaux ne parlent que de cela, on lit des histoires de loups, on y tient des conférences autour de cette peur… Et puis surtout, il y a toute une économie qui s’est développée en rapport avec le loup :  il y a des marchands de clotures anti-loup, des vendeurs de pièges à loups, des milices anti-loup et même un vendeur de douceurs aux noisettes pour se réconforter de sa peur du loup….

Mais un jour, tout bascule… Le loup descend dans la forêt et… personne ne le reconnait et il ne fait plus peur à personne car il porte un slip… Un slip un peu ridicule qui fait de lui un animal tout à fait placide…

Tout le monde devrait être content : il n’y a plus de loup féroce donc plus de peur du loup… Mais ce n’est pas si simple… Cela perturbe terriblement la forêt : que vont devenir tous ceux qui exploitaient cette peur du loup?

Les dessins sont vraiment charmants et drôles, les couleurs très agréables et les situations vraiment bien pensées et amusantes! Et puis on finit avec un petit clin d’oeil aux Vieux Fourneaux car pour ceux qui ne connaissent pas la série : « le loup en slip » est le spectacle de marionnettes que l’un des personnages présente!

Cliquez pour voir les premières pages !

Pour les adultes : Les vieux fourneaux -Tome1- Ceux qui restent / Les vieux fourneaux -Tome 2- Bonny and Pierrot / Les vieux fourneaux -Tome 3- Celui qui part / Les vieux fourneaux -Tome 4- La magicienne / Les vieux fourneaux -Tome 5- Bons pour l’asile

Voici l’avis de Bastien (9 ans) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

Ca parle d’un pays où les animaux parlent, portent des vêtements, ont des métiers etc… La plupart de ces métiers servent à faire la sécurité contre LE LOUP! (Bastien m’a expressément demandé d’écrire ce mot en majuscule 😉

Ce loup est féroce, il a le pelage hirsute, un regard sanguinaire et des crocs comme des pioches. Mais dans la forêt, les animaux croisent LE loup… en slip et les animaux n’ont pas peur du tout de ce loup en slip! Il n’a pas de pelage hirsute, pas de regard sanguinaire (mais il a quand même d’assez bons crocs) et il explique de façon très drôle que ce slip a changé sa vie.

Finalement les habitants du village dans la forêt n’ont pas du tout peur de ce loup mais ils sont en pleine crise car ils ont perdu tous leurs métiers sur la protection contre le loup!

Mais certains animaux se demandent où sont les soit-disant victimes du loup qu’on a annoncé dans les journaux? Suspense…

C’était très rigolo et à la fin on se rend compte que c’est la marionnettiste des « Vieux fourneaux » (une BD que lit maman) qui raconte l’histoire!

catégorie « objet » de ma ligne jeunesse

Les vieux fourneaux -Tome 5- Bons pour l’asile : Lupano et Cauuet

J’ai une petite tradition : depuis quelques temps, à chaque noël j’offre le nouveau tome des Vieux Fourneaux à mon frère et bien entendu, je le lis avant de lui donner 😉

Ma première impression est que ce 5e tome renoue avec les premiers tomes, j’y ai retrouvé le souffle et le rythme qui m’avait un peu manqué dans le 4e.

Antoine et Mimile vont à Paris avec Juliette, l’arrière petite-fille d’Antoine, pour déposer la fillette chez sa mère avant d’aller au  Stade de France pour assister au match de rugby France-Australie. Mais c’était sans compter sur le fait que Sophie ait monté un petit stratagème pour que son père et son grand-père se retrouve pour enfin se reparler (et éventuellement se réconcilier) en les obligeant à s’accorder pour garder Juliette. Ce qui ne sera pas une mince affaire!

Mimile se retrouve tout seul et part à la recherche de Pierrot dans l’immeuble où logent les membres de « Ni yeux ni maître » mais ce dernier est en « mission » avec sa bande de révolutionnaires du 3e âge! D’ailleurs, c’est en garde à vue qu’on apprend son passé d’éducateur pour jeunes de quartier quand une des agents de police se trouve être une de ses anciennes protégées.

Quant à l’immeuble, il a bien changé car « Ni Yeux ni Maître » a décidé de prendre en main le problème des migrants qui  ne sont pas le bienvenus en France en utilisant une ruse très bien pensée (je ne vous dévoile rien! C’est très malin!)

Mimile se retrouve seul pour aller à son match car Pierrot estime ne pas pouvoir soutenir la France, qui refuse d’accueillir les migrants, ou l’Australie, qui ne respecte pas les droits de l’homme en matière d’immigration… Mais il va surprendre tout le monde, influencé par l’état d’esprit de son ami.

Alors, ils ne sont pas encore bon pour l’asile nos vieux fourneaux mais ils se livrent tous un peu plus et on a envie de les suivre encore longtemps!

Les vieux fourneaux -Tome1- Ceux qui restent
Les vieux fourneaux -Tome 2- Bonny and Pierrot 
Les vieux fourneaux -Tome 3- Celui qui part
Les vieux fourneaux -Tome 4- La magicienne

catégorie « Gros mot » (« bons pour l’asile ») pour ma ligne BD

Marx et la poupée : Maryam Madjidi (lu par l’auteure)

L’Iran a une place particulière dans mon coeur depuis que j’y suis allée en 2007.

Maryam, le personnage central, alter-ego de l’auteur, se raconte et raconte sa famille mais il n’est pas simple de résumer ce livre (peut-on réellement parler de roman, tant ce texte semble autobiographique?) car ce n’est pas linéaire. On passe d’une époque à une autre, d’un âge à un autre, d’un pays à un autre et pourtant, cela ne m’a pas paru décousu du tout. Tout tombe en place naturellement. L’écriture s’adapte aux différentes parties.

Concernant la trame, Maryam est née en Iran de parents communistes qui se battent pour libérer leur pays lors de la révolution iranienne. Elle raconte la vie de sa famille dans l’Iran des imams dans des conditions difficiles de militants politiques. Puis elle raconte aussi l’exil quand avec sa mère, elle rejoint son père à Paris et c’est l’histoire du déracinement et de l’appropriation d’une nouvelle identité. Une culture qui a du mal à cohabiter avec l’autre.

Au-delà des faits, cette histoire est celle de la langue : celle de la famille, du passé de l’histoire et celle qui devient sienne au risque de devoir rejeter le passé. Et puis l’identité se forge de toutes ces parcelles de vies. C’est aussi un livre qui apporte un éclairage sur ce qui peut passer dans la tête des enfants réfugiés qui suivent leurs parents en exil.

C’est passionnant, c’est bien écrit, c’est émouvant et j’ai beaucoup aimé ce texte même si je ne sais pas du tout comment vous en parler.

La version audio est lue par l’auteure et au début j’ai eu un peu de mal à me faire à sa façon de lire puis c’est devenu évident, elle racontait cette histoire avec sincérité et le rythme de sa lecture collait bien au texte.

Pour la petite histoire, je ne l’avais même pas terminé que j’ai décidé d’acheter la version papier pour ma belle-soeur qui est enseignante auprès des enfants migrants car il y a tout une réflexion sur l’intégration, sur la langue et l’identité que j’ai trouvé très touchante et qui ne peut que plaire aux gens ouverts sur les autres.

A lire!

 Chez Sylire

catégorie « objet » de ma ligne audio

Merci à 

La vérité sort de la bouche de Bastien

Bastien a 9 ans et 3 mois et la vérité sort toujours de sa bouche 😉

Il me parle d’un film de « djeuns » nul (je ne me souviens plus du titre) dont ses copains lui ont parlé :
« Tu sais Bastien, ce n’est pas avoir moi que tu iras voir ce genre de film…
Ben quoi? J’ai le droit d’être instruit!« 
 
A Noël, en parlant de ma mère qui essayait de se faire entendre  : « On écoute la maîtresse de famille! » (au lieu de « maîtresse de maison »)
 
Il a découvert un jeu chez un ami mais il ne se souvient plus du nom. Il me dit « C’est une boule avec parcours chelou et une petite bille en métal »(croyez-le ou non mais Google a trouvé que ce jeu était « Peplexus »! Et apparemment, c’est « trop génial » et c’est déjà sur sa liste de cadeaux d’anniversaire pour octobre 2019!)
 
Il a écrit une chanson sur les chats sur le modèle de « Je veux un chien » de Alexis HK (dont il avait demandé le CD à Noël) : « Je veux un chat » où il critique les chiens mais après avoir revu le chien d’amis, il dit « Je pense que je vais retirer la phrase qui dit « un chien sale et puant » parce que c’est pas très gentil pour Noxi, elle est trop mignonne!« 
 
Le jour de Noël, nous avions un petit peu bu et l’Homme dansait et quand Bastien l’a vu et il a regardé son père en disant : « Papa? Tu danses?! Toi?!« 
 
On mange un plat un peu trop citronné mais on le force un peu en lui disant que ce n’est pas SI citronné : « Oui, mais les papilles, ça va avec l’âge! Moi je suis jeune et mes papilles sont très sensibles par rapport aux vôtres! »
 
Un grand cadre qui était dans les escaliers depuis toujours est tombé et s’est cassé. Après ça, quand Bastien descendait, il disait : « Il faut absolument mettre un autre cadre! Ça me dépayse trop ce mur vide!« 
 
Bastien nous raconte une blague de son invention : « C’est un rat plombier qui rencontre un rat citoyen… » (« citoyen » pour Bastien étant « quelqu’un qui vit dans la ville, qui n’a rien d’autre de particulier que d’être normal »!)
 
Je regarde les évaluations de Bastien et je vois que dans son contrôle d’histoire, il s’est permis un petit commentaire… je lui demande pour quoi il a écrit «malheureusement» après la victoire de Jules César et il répond : «Ben! Parce qu’il a gagné contre les Gaulois et les Gaulois c’est NOUS!» 
Bonne année!
Vive le roi et la reine!

Bergères Guerrières (Tome 2) La menace : Jonathan Garnier et Amélie Flechais (Billet avec Bastien)

Après avoir lu le premier tome de Bergères guerrières, avec Bastien, je savais que nous lirions la suite car on avait tous les deux aimé et il l’a d’ailleurs eu pour son anniversaire!

Ce deuxième tome commence sur un flash-back sur l’enfance de Molly, l’une des apprenties bergères guerrières, puis on retourne au coeur du combat dans lequel le premier tome nous avait laissé. Les jeunes bergères guerrières ainsi que leur compagnon Liam sont en effet attaqués par une sorte de monstre géant indomptable car composé d’une nuée de rats qui semblent faits de fumée étrange… C’est Molly, qui une fois sortie de sa torpeur, comprend que le feu est leur seule arme et les sauve mais malheureusement, Erin est blessée par la magie noire de la « malbête »…

De retour au village, tous sont pris de stupeur : Molly s’en veut de son incompétence, Jane, leur cheffe, s’en veut de ne pas avoir pu protéger ses apprentis et les bergères guerrières confirmées décident que la seule solution pour sauver Erin est d’aller sur l’île des sorciers chercher des plantes et les enfants iront avec elles pour qu’ils se préparent aussi à savoir se défendre et défendre le village plus vite que prévu.

Une fois sur l’île, ils rencontrent les sorciers (il y a certains moments plutôt amusants ce qui contrebalance un peu des moments plus noirs dans cet album). Ils retrouvent aussi la jeune fille aux oiseaux dans les cheveux : ses pouvoirs, qu’elle ne domine pas vraiment, leur permettent de se rentre compte que le village est en danger…

La fin nous laisse sur un gros cliffhanger : on veut la suite car on craint le pire!

Très bonne série qui mélange plusieurs univers (fantastique, aventure, mythologique) avec des dessins toujours aussi agréables même si les thématiques sont plus noires que dans le premier tome.

Voici l’avis de Bastien (9 ans) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

A la suite du premier tome où ils avaient laissé beaucoup de suspense, on les redécouvre face au monstre. Après beaucoup d’efforts, ils tentent de lui lancer une flèche enflammée, ce qui le fait fuir. Malheureusement ce combat sera la cause de la blessure extrêmement grave de Barbe Noire (le bouc de Molly) et de la morsure au bras de Erin.

Après, ils rentrent au village, ils sont tous tristes. Ensuite, ils se disent que cette créature doit être le produit de la magie noire, ils vont donc aller voir les sorciers sur leur île pour savoir s’ils peuvent leur en dire un petit peu plus.

Ainsi commence un voyage pour aller sur l’île des sorciers. Après, sur l’île, ils croisent Urty qui est le père de Jane. Ensuite, il se passe quelque chose d’assez mystérieux que je vous laisse découvrir. Après ils découvrent la « fille aux corbeaux » que Molly avait déjà vu sur la Tourbière des Pieds Sales (tome 1). A ce moment-là, plein d’oiseaux lui sortent des cheveux, il parait que c’est un pouvoir qu’elle a.

La cloche de relais sonne : le village serait-il attaqué? Il se passera un autre événement assez tragique que je ne vous dévoile pas pour vous laisser du suspense.

J’ai aimé parce qu’il y a de l’action et du suspense. J’ai bien aimé les dessins.

catégorie « métier » de ma ligne BD

  chez Stephie