La vérité sort de la bouche de Bastien

Bastien a 9 ans et 4 mois et la vérité sort toujours de sa bouche 😉

  • On rend deux gros sacs de livres à la médiathèque…Et quand je me plaignais que c’était lourd, Bastien me répond :
«Ben quand on a un fils qui aime lire, il faut savoir se dévouer!» 😉
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  • «Normalement quand on est myope on voit bien de près et pas de loin moi je suis aussi astigmate et c’est l’inverse alors je vois nulle part!
-Et c’est pour ça que tu portes des lunettes!»
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  • Dans la voiture, la radio est en route et un monsieur parle de la lecture chez les jeunes et demande «Comment faire pour que les enfants s’intéressent à la lecture?» et Bastien répond tout de go (alors que je ne pensais même pas qu’il écoutait) :
«Il faut qu’ils aient une mère qui lise beaucoup!»
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  • On écoute des chansons du groupe «La femme» et Bastien dit :
«Pourquoi ils ont appelé ça «La femme» alors que c’est un homme qui chante?
-C’est pas seulement un homme, c’est un groupe, il y a aussi des femmes…
Mais c’est un peu misogyne contre les hommes d’appeler ça «La femme» alors qu’il y a pas que des femmes!» (Mais comment connais-tu le mot misogyne à 9 ans mon fils???)
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  • «C’est dilemmique!
-Dilemmique?
Oui! C’est une situation de dilemme!»
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  • Bastien est sorti de la piscine perturbé car il nous explique que «dans dans la cabine d’un côté il y avait des parents qui maltraitaient leur enfant et lui donnaient des tapes, on entendait le bruit sur la peau! Et quand il a glissé par terre sur son manteau, ses parents lui ont dit que c’était bien fait pour lui! Je voyais pas ce qui se passait mais ça claquait fort. Si je les avais vu, j’aurai dit «Arrêtez de maltraiter votre enfant!» Quand même, j’ai de la chance de vous avoir comme parents!»
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  • «Ah bon? Le champagne c’est pas fait avec des pommes? 9 ans de croyance qui s’écroulent! Mais le champomy, c’est bien fait avec des pommes pourtant?»
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  • Il entend son père qui passe l’aspirateur :
«Le bruit là, c’est le bruit tragique d’une pièce de LEGO coincée dans l’aspirateur… c’est comme une chanson funèbre…»
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  • J’appelle ma belle-mère pour organiser le retour de Bastien qui est parti quelques jours chez ses grands-parents. Elle me passe Bastien et la première chose qu’il me dit c’est «Bonne Saint Valentin maman!» 🙂
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  • «Maman, sur Gulli, il y avait une pub pour le café «L’Or»… Du café! C’est pas un truc pour les enfants, ça! Pourquoi ils mettent des pubs d’adultes sur des chaînes pour enfants?»
Encore une reine et un roi!
Mon petit lecteur confortablement installé pour une fois 😉
Mais bon, il a toujours ses positions de lectures improbables 😉
Hommage à Tomi Ungerer dont on a tellement lu « Les trois brigands »

Léon : Walter Tillage (lu par Dominique Reymond)

Résumé de l’éditeur : « Léon Walter Tillage est né en 1936, en Caroline du Nord. Son arrière-grand-mère était esclave, son père, métayer. Métayer, alors, cela voulait dire travailler toute l’année pour payer les dettes de l’année précédente, et ne jamais rien posséder soi-même. Être noir, dans les années quarante et cinquante, cela signifiait qu’on pouvait entrer dans certains magasins, mais par la porte de derrière, et qu’on entendait l’employé demander aux clients blancs : « Est-ce qu’il vous dérange ? Cela vous ennuie-t-il qu’il reste là ? Voulez-vous que je le mette dehors ? » Cela signifiait surtout qu’on pouvait perdre la vie, sans raison et sans espoir de justice.
Le père de Léon est mort sous les yeux de sa femme et de ses enfants, écrasé par une voiture conduite par de jeunes Blancs. Ils lui ont foncé dessus à deux reprises, pour s’amuser. Léon avait tout juste quinze ans. Il se souvient d’avoir longtemps fait sept kilomètres à pied pour aller à l’école. Il se souvient que le conducteur du bus scolaire des Blancs arrêtait son véhicule pour que ses petits passagers puissent aller jeter des pierres aux écoliers noirs. De l’angoisse des siens les soirs où ils savaient que les membres du Ku Klux Klan allaient sortir. Il se souvient aussi que ses parents disaient : « Ç’a été voulu comme ça. C’est comme ça que ça doit être. Vous n’obtiendrez jamais d’être les égaux des Blancs », et qu’il a refusé de les croire. Il a préféré écouter les paroles de Martin Luther King et risquer sa vie en participant à des marches pacifiques. Et un jour, enfin, les premières victoires sont venues. »

Ce texte est un témoignage, l’autobiographie d’un homme noir né après la fin de l’esclavage mais qui en connu l’histoire par son grand-père et qui a surtout vécu dans le Sud ségrégationniste et raciste.

Ce récit mêle des histoires d’enfance comme on pourrait en lire tant d’autres mais elles sont ternies par les brimades et les peurs entraînées par le fait qu’être Noirs aux Etats-Unis était loin d’être simple.

En grandissant, Léon Walter Tillage s’est impliqué dans les mouvements pacifistes pour les droits sociaux.

Si le fond de ce document est intéressant car il montre la ségrégation de l’intérieur au travers du regard d’un enfant, ce texte ne m’a pas particulièrement emballée du point de vue de la forme. C’est très factuel et assez plat et je pense aussi que le style risque d’ennuyer un peu les jeunes lecteurs. Peut-être est-ce parce que je connais assez bien le sujet? Mais pour des adolescents qui veulent apprendre des choses sur cette période, cela peut-être une bonne idée mais je ne le recommande pas forcément à de plus jeunes lecteurs.

 Chez Sylire

catégorie « prénom » pour ma ligne audio

Sur les hauteurs du mont Crève-Coeur : Thomas H. Cook (lu par Guy Moign)

Ce roman se situe dans la petite ville de Choctow en Alabama dans les années 90. Ben Wade, un médecin bien installé dans sa ville raconte un événement tragique qui s’est passé 30 ans plus tôt sur le mont Crève-Coeur. Pour cela il revient sur sa jeunesse dans la ville car la victime, Kelli Troy, qui a été agressée en 1962, était une lycéenne dont il était très proche.

Il va donc raconter le passé, leur rencontre, leur amitié, leurs liens avec le journal du lycée, les amitiés (notamment avec Luke Duchamp, qui était et est toujours le meilleur ami de Ben) et aussi les histoires d’amour qui émaillent la fin du lycée.  Ben était amoureux de Kelli et il ne l’a jamais oubliée.

Mais au-delà de la petite vie de tous les jours d’une petite ville américaine des années 60, il y est aussi question des différences raciales. Avant que Kelli n’arrive du Nord, Ben et les autres jeunes ne s’étaient jamais vraiment intéressés aux droits et inégalités de traitement entre les Noirs et les Blancs en cette période de ségrégation raciale. A cette époque, dans une ville voisine, des Noirs manifestaient pacifiquement devant un centre commercial pour les droits civiques et Kelli, prenant son rôle de journaliste à coeur, motive Ben pour écrire un article sur le sujet dans le journal du lycée. De plus, elle s’intéresse à l’origine du nom du mont Crève-Coeur et découvre que cela a un lien avec un ancien marché aux esclaves.

Cet article est plutôt bien reçu sauf par quelques racistes dont Lyle Gates qui s’en prend à Kelli.

Dès le début, on sait que c’est Lyle Gates qui a été condamné pour l’attaque sur Kelli et même si personne ne sait pourquoi il a fait cela, ce roman n’est pas tant une enquête policière qu’un roman psychologique. En effet, Ben raconte autant les faits que ce qu’il ressentait à l’époque et également toute une culpabilité qu’il ressent aujourd’hui et qui se retrouve dans des rêves qu’il fait et les vies actuelles des différents protagonistes du passé. Il y a de nombreux doutes qui sont évoqués que ce soit par Ben lui-même ou par d’autres.

C’est donc un roman assez psychologique, qui en ce sens m’a plu, mais je dois avouer que j’ai trouvé le début un peu lent pour moi et avec beaucoup de rêves qui me faisaient un peu perdre le fil entre la réalité, le passé réel et le passé rêvé… C’est peut-être dû au lecteur qui lit d’une façon un peu « vieillotte » comme s’il lisait un classique et qui a, à mon avis, a ralenti une lecture qui aurait pu être plus dynamique. Je recommande donc plutôt une version papier car l’histoire est plutôt intéressante.

 avec Sylire : Allons voir son avis!

 Chez Sylire

catégorie « partie du corps » pour ma ligne audio

I am not your Negro : James Baldwin et Raoul Peck

Résumé de l’éditeur : « Dans ses dernières années, le grand écrivain américain James Baldwin a commencé la rédaction d’un livre sur l’Amérique à partir des portraits de ses trois amis assassinés, figures de la lutte pour les droits civiques : Medgar Evers, Malcolm X et Martin Luther King Jr. Partant de ce livre inachevé, Raoul Peck a reconstitué la pensée de Baldwin en s’aidant des notes prises par l’écrivain, ses discours et ses lettres. Il en a fait un documentaire – salué dans le monde entier et sélectionné aux Oscars – aujourd’hui devenu un livre, formidable introduction à l’oeuvre de James Baldwin. Un voyage kaléidoscopique qui révèle sa vision tragique, profonde et pleine d’humanité de l’histoire des Noirs aux États-Unis et de l’aveuglement de l’Occident. »

Avant de lire ce texte je n’avais jamais lu James Baldwin et j’ai découvert un homme engagé et à la plume à la fois incisive et poétique. Le travail de Raoul Peck a été de reprendre des textes écrits par James Baldwin pour un livre resté inachevé, des passages de lettres, des extraits d’interviews ou d’émissions de télévision où James Baldwin échangeaient avec d’autres interlocuteurs et de saupoudrer le tout de citations de films, photos…

Ce livre est un témoignage très fort de ce qu’était (et est encore) la question de la place des Noirs aux Etats-Unis. James Baldwin évoque ses amitiés avec des hommes qui ont eu une place majeure dans l’histoire de son pays mais il parle aussi des gens ordinaires qui vivaient le racisme ordinaire et institutionnalisé dans le pays.

J’ai adoré. C’est un document passionnant et émouvant. Historiquement c’est très intéressant, et surtout, c’est encore malheureusement encore tellement actuel.

Après avoir lu ce livre, j’ai tout de suite eu envie de voir le film (j’ai fait une suggestion d’achat à la médiathèque et la bibliothécaire m’a sous-entendu que c’était tout à fait ce genre de films qui pourrait être acheté!). Voici la bande annonce :

Et le hasard a voulu que dans la revue « America », il y avait une article de James Baldwin où il parle du « Blues » (mais pas le Blues musical), et de la place des Noirs dans la société américaine et c’est passionnant!

Pour l’anecdote, cet article, inédit en France apparemment, avait été publié en dans Playboy… Je trouve cela assez incroyable de penser qu’un magazine plutôt léger sur le plan de ses photos, publiait de longs articles de fond  sur un sujet qui en  1964 était loin d’être consensuel aux Etats-Unis par auteur lui aussi loin d’être politiquement correct…. C’est étonnant! En tout cas cet article aurait pu être écrit hier plutôt que 55 ans auparavant!

ligne « gros mot »

Confessions de Nat Turner (recueillies par Thomas R. Gray)

Attention, il ne faut pas confondre ce texte avec « Les Confessions de Nat Turner » de William Styron. Ici, il ne s’agit pas de fiction mais des vraies confessions de Nat Turner, recueillies en prison par Thomas R. Gray en 1831 auprès de l’homme ayant conduit une révolte d’esclave qui a entraîné un terrible massacre parmi les Blancs (hommes, femmes et enfants) de plusieurs plantations en Virginie.

Difficile de savoir si Nat Turner était uniquement un fanatique religieux persuadé d’être un prophète sujet à des visions ou un homme ne pouvant plus supporter sa condition d’esclave. Mais ce texte a le mérite de montrer les conditions de désespoir d’hommes qui n’avaient plus rien à perdre et qui ont préféré tuer et mourir que de subir…

Le texte est suivi de « Une révolte en noir et blanc » de Michael Roy qui apporte un éclairage historique et sociologique très intéressant sur l’esclavage et les révoltes.

Ces « confessions » ont été ensuite reprises et romancées par William Styron en 1967 et d’après ce que j’ai lu, ses choix sont aujourd’hui assez controversés car l’auteur aurait choisi de dépeindre Nat Turner à charge, comme un illuminé mystique mais aussi obsédé sexuel allant jusqu’au viol ce qui  n’apparaît pas du tout dans « Confessions » et qui a participé à véhiculer le mythe de l’esclave noir pervers envers les femmes blanches.

Et plus récemment, un film a été adapté de ces confessions. Il s’agit de « The Birth of a Nation » réalisé par Nate Parker mais cette fois, le parti pris du réalisateur est de montrer Nat Turner comme un héros, un penseur politique qu’il n’était pas forcément.

Et pour approfondir sur l’esclavage, je vous conseille l’article  de la revue « America« , qui est très intéressant.

Mais leurs yeux dardaient sur Dieu ou Une femme noire (Their eyes were watching God) : Zora Neale Hurston

(Un petit Book Face pour la route 😉

Le personnage principal, Janie Crawford revient dans sa ville et son retour éveille les ragots de ses voisins… Janie va alors se confier à sa meilleure amie en lui racontant toute son histoire jusqu’à ce jour.

La grand-mère de Janie était esclave et eut une fille par son maître. Sa fille fut violée par le maître d’école et accoucha de Janie. La petite fille fut élevée par sa grand-mère parmi les enfants du patron de celle que tout le monde -même Janie-appelait « Nanny ». Elle était tellement intégrée au groupe qu’elle raconte avoir découvert qu’elle n’était pas blanche en voyant une photo d’elle avec les petits Blancs.

A l’entrée dans l’adolescence, sa grand-mère la voir embrasser un garçon et craignant qu’elle ne se « perde », elle arrange un mariage avec un fermier voisin. Mais Logan Killicks ne correspond pas à ce dont rêvait Janie : il n’y a pas d’amour ou d’étincelle mais plus un arrangement pratique pour lui, une aide pour la ferme.

Un jour, elle croise la route de Joe Starks, un homme charmant, qui présente bien, plein d’assurance. Elle quitte la ferme pour le suivre à Eatonville (la première ville des États-Unis uniquement habitée par des Noirs). Là, l’esprit d’entreprise de Joe s’épanouit et il permet à la ville de se développer, il devient le maire et monte un magasin général avant d’acheter et vendre des terres. Janie est petit à petit reléguée à la boutique et comme Janie est très belle et qu’elle attire le regard des hommes, il l’efface en commençant par l’obligeant à porter un foulard pour cacher ses cheveux…

Janie n’a pas la langue dans sa poche et elle aimerait pouvoir s’exprimer et participer à la vie de la communauté aussi librement que les hommes mais son mari ne le permet pas. Pour lui, elle n’a qu’à être la femme du maire et vivre une vie aisée. Mais elle veut plus que cela.

Et puis, à la mort de son mari, elle fait la connaissance de Tea Cake, un homme beaucoup plus jeune qu’elle et sans le sou. Il la fait rire, il la traite d’égal à égal et surtout lui redonne le goût de la liberté. Elle est indépendante financièrement et Tea Cake ne cherche pas à abuser d’elle, il est courageux et très bon joueur de dés et vit de ses paris. Alors, faisant fi de l’opinion des autres, elle le suit et quitte tout pour une vie plus simple mais plus heureuse.

Malheureusement, un ouragan terrassa les Everglades où le couple vivait alors et si Janie et Tea Cake en réchappent en vie, un drame va pourtant les séparer et entraîner le retour de Janie seule…

Cette histoire est une histoire de femme forte qui petit à petit prend le pouvoir sur sa vie. Janie est un personnage féministe, ce qui pour une femme noire de son époque n’était pas une mince affaire. C’est aussi une histoire d’amour très forte entre Janie et Tea Cake, une vraie passion.

La langue est très particulière, du langue vernaculaire de la communauté noire de cette région. Ce n’est pas très facile à lire et j’ai souvent lu à mi-voix pour entendre ce que l’écriture phonétique et grammaticalement incorrecte donnait et pourtant, c’est une langue que j’entendais (et que je connais pour avoir pas mal lu de littérature afro-américaine, comme Alice Walker). Et en écrivant ce billet, j’ai trouvé cette version audio et je me demande si je ne l’audiolirai pas un de ces jour, rien que pour la musique de la langue!

 Zora Neale Hurston était une figure importante du « Harlem Renaissance » dans les années 1920 (cliquez sur la première photo pour trouver une biographie en français et sur la deuxième pour une biographie en anglais) 

C’est Alice Walker qui a œuvré pour remettre Zora Neale Hurston sur la scène littéraire après qu’elle ait été oubliée et c’est grâce à elle que j’ai entendu parler de « Their eyes were watching God » quand j’ai lu toute l’oeuvre d’Alice Walker quand j’ai écrit mon mémoire de DEA sur trois de ses romans. D’ailleurs, j’aurais dû le lire en 1996 mais il fallu que j’attende tout ce temps! Maintenant que j’ai lu ce roman, je comprends l’influence qu’il a eu sur elle quand elle écrit « La couleur pourpre ». Alors je suis très touchée quand j’entends Alice Walker lire un bel extrait de ce roman :

Il existe un film (ou téléfilm?) tiré du roman (avec Halle Berry) et d’après la bande annonce, il semble fidèle au roman (mais je ne sais pas s’il a été doublé en français) :

 avec Anne: Allons voir son avis!

 chez Antigone

ma maman qui sait que la thématique des Afro-Américains m’intéresse

catégorie « partie du corps »

« Green Book, sur les routes du Sud » de Peter Farrelly (film) (+les Green books et Don Shirley)

C’est mon amie et collègue Titi qui m’a parlé de ce film fin janvier car elle pensait que ça m’intéresserait par son lien avec l’African American History Month challenge et elle avait bien raison! Nous sommes d’ailleurs allées ensemble le voir en VO avec Mrs B une autre amie et collègue qui s’intéresse à ce sujet!

Résumé de Allociné : « En 1962, alors que règne la ségrégation, Tony Lip, un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, lors d’une tournée de concerts. Durant leur périple de Manhattan jusqu’au Sud profond, ils s’appuient sur le Green Book pour dénicher les établissements accueillant les personnes de couleur, où l’on ne refusera pas de servir Shirley et où il ne sera ni humilié ni maltraité.

Dans un pays où le mouvement des droits civiques commence à se faire entendre, les deux hommes vont être confrontés au pire de l’âme humaine, dont ils se guérissent grâce à leur générosité et leur humour. Ensemble, ils vont devoir dépasser leurs préjugés, oublier ce qu’ils considéraient comme des différences insurmontables, pour découvrir leur humanité commune.  »

*

J’ai beaucoup aimé ce film! D’abord avec les acteurs sont vraiment bons : Viggo Mortensen, Mahershala Ali sont vraiment excellents!

J’ai aussi aimé voir le Sud des Etats-Unis de cette période dans toutes ses contradictions : il y a la ségrégation partout mais les riches blancs s’enorgueillissent de revoir ce pianiste réputé pour faire bonne impression tout en lui refusant les mêmes droits que s’il était Blanc. C’est assez terrible… Il y a aussi le problème de voyager quand on est Noir aux Etats-Unis : le fait de devoir « choisir » ses logements et restaurants en fonction des lois régissant la séparation des Blancs et des Noirs et le fameux « Green Book » mais aussi la manière dont la police traitent différemment les gens selon qu’ils soient Blancs ou Noirs dans le Sud…

Mais surtout ce que j’ai aimé c’est le renversement des clichés : le Blanc ici est plutôt rustre, c’est un Italo-Américain du Bronx, qui ne s’exprime pas avec beaucoup de finesse et qui a le coup de poing facile et le Noir est un homme riche, cultivé et très raffiné. Ils sont en contraste total avec les clichés de l’époque. Et d’ailleurs, Tony, le chauffeur / garde du corps s’étonne que Don, le pianiste réputé ne soit pas plus comme les autres Noirs mais Don, lui souffre de n’avoir sa place nulle part : pas assez « noir » dans sa façon d’être pour se sentir de points communs avec sa « communauté » et trop noir pour être accepté par les Blancs… Et pourtant, à sa façon, il lutte, choisissant de venir dans le Sud pour montrer qu’un Noir peut jouer cette musique différente de celle que l’on pouvait imaginer qu’il joue.

Au fil du film, Tony va dépasser ses propres préjugés (lui qui ne n’avait au début pas beaucoup de tolérance pour qui que ce soit qui ne soit pas italien et encore moins un Noir).

C’est un film historique et drôle par moments mais aussi très touchant quand il s’agit de constater les injustices liées à la ségrégation et aussi émouvant quand on se penche sur la psychologie du personnage de Don.

Pour revenir sur le vrai « Green Book » ou « The Negro Motorist Green-Book », , vous pourrez trouver des informations plus précises en cliquant sur la photo. Dans la vidéo suivante (en anglais mais vous pouvez activer la traduction automatique en français) vous pourrez en apprendre plus sur la traversée des villes sur la Route 66 qui étaient régies par les lois Jim Crow en les informant de tous les commerces acceptant de servir les Noirs et aussi sur les « Sundown Towns » (les villes à couvre feu) c’est à dire les villes qui n’acceptaient pas que des Noirs soient sur la route après la tombée de la nuit.

L’histoire est basée sur l’histoire vraie entre Don Shirley et Tony « Lip » Vallelonga, raconté par Nick Vallelonga d’après les histoires racontée par son père et l’artiste. Ils étaient amis dans la vraie vie.  (Cliquez pour voir un article de Paris Match sur les deux hommes).

Dans cette vidéo (en anglais mais vous pouvez activer la traduction automatique en français), on peut écouter Don Shirley raconter sa vie d’artiste noir aux Etats-Unis et voir des images et des films d’époque, c’est vraiment intéressant après avoir vu le film!

Tirage au sort du Book Jar

Vous avez été 16 à avoir répondu à l’appel pour m’aider à piocher une prochaine lecture issue de ma PAL de plus de 6 mois (pour l’objectif PAL) hors livres que j’ai mis à part pour des mois thématiques (italien, anglais, américain, québécois, nordique, afro-américain) en me donnant  un chiffre entre 1 et 11 dans les commentaires ou sur la page Facebook du blog.  Merci à tous de votre participation!

J’ai noté tous ces chiffres et les titres correspondants et Bastien a tiré au sort (dès le réveil et au petit déjeuner… je suis une mère indigne!) :

C’est donc le numéro 10 :  « La balade nationale (les origines) » de Sylvain Venayre et Etienne Davodeau qui est dans ma PAL depuis 2017 quand je l’ai offert à L’Homme pour Noël et qui a été proposé par Céline et Alexielle (merci d’avoir participé!)!

Je vais le lire pour le 12 mars! Si vous voulez le lire avec moi, n’hésitez pas!

Que faisions nous le samedi 02/02 à 02h02 et/ou à 14h02?

Le 02/02 nous avons été 10 à prendre 10 photos -au même moment ou presque- de ce que nous étions en train de faire.

J’ai envoyé les photos à Steff qui a fait les mosaïques  :

A 02h02 : 0 PHOTOS

  1. Personnellement, je dormais!
  2. Steff dormait!

A 14h02 : 10 PHOTOS

  1. Personnellement, j’étais en train de pointer les documents donnés par les élèves qui partent en Angleterre.
  2. Steff était aux portes ouvertes des écoles de commerce pour l’orientation de son fils.
  3. Aifelle vérifiait, comme tous les samedis maintenant, avant de sortir, que les gilets jaunes n’étaient pas dans le secteur. Quand ils passent à 20 mètres de chez elle, au bout de la rue, elle le sait, vu le vacarme !
  4. Nath B rangeait le skipbo pour partir à la danse.
  5. Titi était aux portes-ouvertes de la fac de sciences de Caen pour son aîné.
  6. Rachel venait de sortir d’un restaurant coréen et elle marchait dans la rue.
  7. Nath Sci mettait ses chaussures qui courent vite et hop, c’est l’heure de la balade!! (Ses chaussures courent vite, mais elle, elle marche !! 🙂
  8. Mare tea ne était dans sa « coudrerie » (la pièce où elle coud que son petit-fils nomme ainsi) en train de poser une fermeture éclair sur un sac diy.
  9. Amandine faisait ses courses.
  10. Wakanda s’apprêtait à manger les pralines Leonidas qu’elle venait d’acheter. Un délice 😉

Merci à tous les participants! Les fidèles et les nouveaux! 

Le prochain rendez-vous sera  :

Dimanche 03/03 à 03h03 et/ou à 15h03!

Le bus de Rosa : Fabrizio Silei et Maurizio A.C Quarello

A Detroit, au musée des Transports, un vieil homme noir emmène son petit-fils voir un vieux bus. Cette visite à pour but de lui raconter la vie pour les Noirs au moment de la ségrégation au sud des Etats-Unis dans les années 50. Impossibilité de se mélanger, les Noirs et les Blancs n’avaient pas le droit de partager les mêmes lieux et n’étaient que tolérés dans les bus où ils devaient rester à l’arrière et surtout céder leur place si un Blanc voulait s’asseoir.

Mais il lui raconte surtout une histoire beaucoup plus personnelle qui est liée à un événement qui est devenu national et même mondial. En effet, le 1er décembre 1955, il était dans ce même bus lorsque qu’une femme noire, Rosa Parks, refusa de céder sa place dans le bus à un Blanc. C’est à partir de cet événement et d’un boycott massif des bus de Montgomery pendant plus d’un an ce qui a eu pour conséquence l’interdiction de ségrégation des bus.

Le vieil homme vit dans le regret de ne pas avoir eu le courage de Rosa Parks qui par son action a mis en marche le mouvement des droits civiques.

C’est une belle façon de raconter cet événement historique entre un grand-père et son petit fils, même si j’ai un peu de mal à croire qu’il y ait un petit Afro-Américain qui ne connaisse pas Rosa Parks (surtout si son grand-père vivait dans la même ville à l’époque…) mais c’est un détail qui ne gâche pas la transmission aux jeunes lecteurs d’aujourd’hui sur la tolérance et le courage de se battre pour ses droits.

Les dessins sont très agréables, très doux, entre couleurs franches et noir et blanc / sépia.

Des images ici et ici.

Voici une vidéo sur la biographie de Rosa Parks que je fais étudier à mes élèves (j’ai trouvé une version sous-titrée en français, mes élèves de 3e, eux, n’ont pas les sous-titres 😉

Je vous recommande de voir l’épisode de la série Doctor Who « Rosa » (Saison 11 épisode 3) :

D’autres lectures sur Rosa Parks sur le blog (Cliquez sur les couvertures) :

Aussi chez Mistikrak, une blogueuse que j’ai découverte cette année et qui a la particularité de parler de littérature jeunesse traitant de personnages noirs ou métisses et qui est une mine pour ceux qui cherchent des idées de lectures jeunesse pour le challenge 😉

 chez Martine

 catégorie « prénom » pour ma ligne jeunesse