Meurtres pour mémoire : Didier Daeninckx

L’histoire commence en 1961 lors d’une grande manifestation d’Algériens qui refusent le couvre-feu qui leur est imposé. Cette révolte est réprimée dans la violence et le sang par les CRS. Des centaines de manifestants sont victimes -morts ou blessés- de cette repression.

Roger Thiraud est professeur d’histoire dans un lycée. C’est un homme sans histoires qui rentre un soir après ses cours pour rejoindre sa femme enceinte. Il assiste, impuissant, à la manifestation des Algériens et contre toute attente, il est exécuté froidement par un CRS.

Le roman change alors d’époque puisqu’on se retrouve une vingtaine d’années plus tard.

Bernard Thiraud est un jeune homme, étudiant spécialisé en histoire médiévale comme son père. Avec sa fiancée, il part en vacances au Maroc mais ils font une pause à Toulouse où Bernard fait des recherches dans les archives du Capitole et de la Préfecture. Le deuxième jour, en sortant, il est attendu par un homme qui le poursuit pour le tuer de sang froid.

L’inspecteur Cardin, nouveau venu à Toulouse, doit prendre en charge l’enquête en l’absence de son supérieur. Il s’intéresse à la victime : pourquoi est-ce que l’étudiant s’est arrêté faire des recherches à Toulouse. Est-ce que sa mort peut avoir un lien avec la mort de son père en 1961?

Il remonte jusqu’aux services des RG à Paris où il a des contacts pour en savoir plus sur la façon dont a été gérée la répression de la manifestation des Algériens. Mais il s’étonne aussi du fait que le fils avait repris les mêmes recherches que son père à Toulouse.

Ce roman se lit comme un polar mais c’est plus une toile de fond et c’est plus l’aspect historique qui compte que ce soit la guerre d’Algérie ou la Deuxième Guerre Mondiale. Et en réalité, l’aspect le plus fort, c’est le côté politique car ce roman est aussi une dénonciation à mot à peine cachée de Maurice Papon dont le passé pendant l’occupation en Gironde et le passé de Préfet de Paris en 1961 se rejoignent dans le roman … Quand j’ai rencontré Didier Daeninckx, il a expliqué pourquoi il avait voulu écrire ce roman sur Maurice Papon -pour le dénoncer.

J’ai aimé ce roman pour toutes ses facettes, très riches tout en gardant sa forme plus légère du polar. Je suis contente d’avoir lu ce roman qui est certainement devenu un classique du genre!

 chez Antigone

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