Ça raconte Sarah : Pauline Delabroy-Allard (Lu par Clara Brajtman)

Le roman commence par une scène très touchante : une femme se couche avec son amante, Sarah, qui est clairement très malade.

Après cette première scène, on découvre l’histoire de cette femme avant qu’elle ne rencontre Sarah. C’est une jeune femme, mère célibataire, jeune professeur et qui mène une vie assez rangée. Elle est dans un entre deux, ce qu’elle appelle « en latence ». C’est à ce moment qu’elle rencontre Sarah.

Sarah est un peu son opposée : musicienne, jeune femme très libre et indépendante, ne s’occupant pas du regard des autres. Elles deviennent amies, elle apporte un nouveau souffle à la vie de la jeune femme.

Et puis, commence entre elles une relation sexuelle, une première pour les deux jeunes femmes, et à partir de là, elles entrent dans une spirale de passion dévorante, charnelle, intense, dépendante et petit à petit destructrice.

Et puis, les jeunes femmes se quittent et Sarah a un cancer du sein.

Une deuxième partie commence alors. Une fuite. La jeune femme qui est persuadée que Sarah est morte à cause d’elle, quitte tout sur un coup de tête (son travail, sa fille…) et part vivre en Italie, d’abord chez une amie puis dans l’appartement d’une connaissance… Et là, elle vit dans une sorte de délire, sans lien avec l’extérieur (elle a détruit son téléphone portable)…

Bon, je vais être franche avec vous, quelques jours après avoir terminé cette audiolecture, j’avais presque tout oublié. Si la première partie montre bien comment une passion peut être destructrice, prendre la vie des personnes concernées sans leur laisser tellement de répit, je n’ai pas du tout cru à la deuxième partie (et j’irai même jusqu’à dire que je ne l’ai pas comprise…) C’est un peu comme s’il y avait une apposition de deux romans différents, n’ayant rien à voir l’un avec l’autre… Cette partie est complètement irréaliste alors que la première partie est ancré dans une réalité à laquelle on peut s’identifier. Je me suis même demandée si c’était des faits « réels » ou un délire du personnage… Particulièrement du fait qu’elle ne s’inquiète pas du tout de sa petite fille et qu’elle n’a pas d’argent… Seul point positif de cette partie : on se promène dans les rues de Trieste en Italie…

Je ne peux pas dire que la version audio apporte quoi que ce soit (elle n’est pas mauvaise, dans mon souvenir, mais comme le reste du roman, elle ne m’a pas marquée)… Heureusement que cela ne durait que 4h40 parce que je pense que j’aurais abandonné…

Vous l’aurez compris, je ne vous recommande pas ce roman!

 Chez Sylire

Voici les avis de quelques co-jurées : Aproposdelivres, Estellecalim, Sandrine

catégorie « Lecture »

Chez Martine

Frère d’âme : David Diop (Lu par Babacar M’Baye Fall)

Résumé de l’éditeur : « Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l’attaque contre l’ennemi allemand. Les soldats s’élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d’Alfa, son ami d’enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s’enfuit. Lui, le paysan d’Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l’effroi. Au point d’effrayer ses camarades. Son évacuation à l’Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d’ultime et splendide résistance à la première boucherie de l’ère moderne. »

*

Pas facile de parler de ce court roman (3h45 d’écoute) très fort. Je peux commencer par vous dire que la version audio est très bonne car le lecteur est africain et son accent, sa diction donne vraiment vie au personnage d’Alpha. De plus il ya dans le style de ce roman beaucoup de poésie apportée par des répétitions, que ce soit de mots ou de phrases et la version lue donne au texte une dimension de conte oral vraiment réussie, c’est un vrai plus (mais je ne suis pas sûre que j’aurais adhéré au texte dans sa version papier).

L’auteur raconte la guerre et l’horreur des tranchées mais aussi la place compliquée des tirailleur sénégalais qui sont utilisés presque comme des « armes humaines », là pour effrayer les ennemis, mais qui sont également déshumanisés, ne comprenant pas la langue de leur armée et ne comprenant pas ce qui se passe autour d’eux.

La guerre fait ressortir le côté obscure d’Alpha qui veut bien faire mais qui devient une sorte d’incarnation du semeur de morts que l’armée a voulu faire de lui, poussant le zèle jusqu’à devenir une sorte de collectionneur de morts.

Les divagations d’Alpha vont le faire aussi revenir sur son passé en Afrique et ce sont des passages très touchants, en totale opposition avec les parties concernant la guerre.

Il y a beaucoup de qualité à ce roman, mais le délire dans lequel le personnage d’Alpha entre dans la deuxième partie du roman m’a un peu lassée et j’ai apprécié qu’il soit court.

 Chez Sylire

Voici les avis de quelques co-jurées : Aproposdelivres, Sandrine, Sylire

 chez Blandine