Résumé de l’éditeur : « Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l’attaque contre l’ennemi allemand. Les soldats s’élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d’Alfa, son ami d’enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s’enfuit. Lui, le paysan d’Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l’effroi. Au point d’effrayer ses camarades. Son évacuation à l’Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d’ultime et splendide résistance à la première boucherie de l’ère moderne. »

*

Pas facile de parler de ce court roman (3h45 d’écoute) très fort. Je peux commencer par vous dire que la version audio est très bonne car le lecteur est africain et son accent, sa diction donne vraiment vie au personnage d’Alpha. De plus il ya dans le style de ce roman beaucoup de poésie apportée par des répétitions, que ce soit de mots ou de phrases et la version lue donne au texte une dimension de conte oral vraiment réussie, c’est un vrai plus (mais je ne suis pas sûre que j’aurais adhéré au texte dans sa version papier).

L’auteur raconte la guerre et l’horreur des tranchées mais aussi la place compliquée des tirailleur sénégalais qui sont utilisés presque comme des « armes humaines », là pour effrayer les ennemis, mais qui sont également déshumanisés, ne comprenant pas la langue de leur armée et ne comprenant pas ce qui se passe autour d’eux.

La guerre fait ressortir le côté obscure d’Alpha qui veut bien faire mais qui devient une sorte d’incarnation du semeur de morts que l’armée a voulu faire de lui, poussant le zèle jusqu’à devenir une sorte de collectionneur de morts.

Les divagations d’Alpha vont le faire aussi revenir sur son passé en Afrique et ce sont des passages très touchants, en totale opposition avec les parties concernant la guerre.

Il y a beaucoup de qualité à ce roman, mais le délire dans lequel le personnage d’Alpha entre dans la deuxième partie du roman m’a un peu lassée et j’ai apprécié qu’il soit court.

 Chez Sylire

Voici les avis de quelques co-jurées : Aproposdelivres, Sandrine, Sylire

 chez Blandine

6 commentaires sur « Frère d’âme : David Diop (Lu par Babacar M’Baye Fall) »

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