Né d’aucune femme : Franck Bouysse (lu par Simon Duprez et Cachou Kirsch)

La première chose que je voudrai dire c’est que j’ai vu ce roman classé en catégorie « polar » plusieurs fois, notamment dans des prix, comme le prix des lectrices de Elle qu’il a gagné dans cette catégorie et je ne suis pas du tout d’accord avec ce choix. C’est un roman sombre, noir, parfois dur mais ce n’est pas un polar…

Je n’ai pas envie d’en dire trop car si j’avais entendu de bons échos de ce roman, je n’avais rien lu dessus, donc je l’ai commencé l’esprit très ouvert et j’ai envie de vous laisser le découvrir comme moi.

Je vais juste vous dire qu’un prêtre va découvrir le journal d’une femme dans un asile et y lire son témoignage sur une vie de malheurs. C’était une jeune fille qui aura été abandonnée et brisée, utilisée et qui a haï et aimé et qui a tout perdu… Il est question de famille , de filiation, de maternité. Il y a de la cruauté terrible et de l’amour qui ne se dit pas. Il y a du désespoir, des regrets et de l’espoir.

C’est un roman dur mais c’est avant tout un très beau roman, avec des personnages vraiment bien écrits. J’ai vraiment aimé cette histoire qui se passe un peu hors du temps, il est difficile de le situer, il a un côté intemporel : ça pourrait être au moyen âge, ça pourrait être dans les années 50, ça pourrait être aujourd’hui tant les thèmes traités et les personnages décrits sont quasiment universels.

J’ai aussi beaucoup aimé le style et la place que prend la nature dans le récit et la grande humanité que l’on découvre dans des situations assez inhumaines.

La version audio est excellente!

Chez Sylire

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Catégorie « polar » 2019

Manifesto : Léonor de Récondo (Lu par l’autrice et Jacques Chaussepied)

J’ai entendu parlé de ce roman lors de ma rencontre avec l’autrice quand elle nous a dit qu’elle venait juste d’enregistrer sa partie de Manifesto pour Audiolib alors j’attendais avec impatience la sortie du livre audio car j’avais beaucoup aimé sa lecture de Amours.

C’est un roman en partie autobiographique et en partie imaginaire puisque Léonor de Récondo raconte la dernière nuit de son père qu’elle a passée avec lui et sa mère à l’hôpital et qu’elle croise avec des conversations imaginaires entre son père Félix et « Ernesto » Hemingway.

Les passages très personnels sur les derniers instants avec son père sont très touchants par leur réalisme et par l’émotion que l’on peut imaginer vivre soi-même et ils sont aussi l’occasion de se remémorer son père, l’artiste, l’homme curieux et intéressé par toutes sortes de choses. Les passages de conversations entre les deux hommes âgés sont l’occasion d’avoir un regard plus large sur la vie de Félix, comme son enfance, l’exil d’Espagne, la guerre et l’art, en faisant des parallèles entre les souvenirs de Félix et ceux d’Ernesto.

J’ai beaucoup aimé ce roman que j’ai trouvé plein de vie avec les personnages d’Ernesto et Félix qui sont des hommes qui ont remplis leurs vies d’expériences et de sensations, artistiques et humaines et c’est aussi un texte plein de douceur et d’émotions filiales avec le regard que pose Léonor, la fille adulte, sur ce père mourant mais aussi le regard de Léonor, petite fille, sur son père dans ses souvenirs.

Je ne sais pas si c’est parce que mes propres parents ont l’âge du père de l’autrice que cela m’a particulièrement touchée mais je pense que cela peut toucher tout le monde. J’ai trouvé que l’idée de mêler la « vraie vie » et ces conversations imaginaires était très originale et apportait vraiment une dimension littéraire et que cette partie appartenant à la fiction permettait aussi d’apporter une vision presque historique à la vie de son père.

Au niveau de la version audio, c’est Léonor de Récondo qui lit les parties qui se passent à l’hôpital et Jacques Chaussepied qui lit les parties de Ernesto et Félix et c’est vraiment bien, cela apporte un rythme très musical à cette audiolecture.

Pour en savoir plus sur ce que Léonor de Récondo dit elle-même de ce roman, vous pouvez aller lire la partie « Manifesto » dans ce billet!

Chez Sylire

avec Sylire : Allons voir son avis!

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