Jeu blanc : Richard Wagamese

Saul Indian Horse, le narrateur, commence par expliquer que dans le cadre d’une thérapie il doit raconter son histoire pour se sortir de ses problèmes.

Il commence par son enfance dans une famille d’Indiens ojibwés au Canada. Ses parents, qui étaient passés par des internats catholiques qui les avaient abîmés, faisaient tout pour éviter que leurs enfants y soient envoyés. Avec la grand-mère, la famille se réfugie dans une nature imprégnée des traditions de leur peuple.

Malheureusement, les internats rattrapent Saul quand il se retrouve totalement seul au monde. Cet endroit, a pour seul objectif de laver les cerveaux des jeunes indiens et de leur retirer toute caractéristique indienne (le fameux « Kill the Indian in the child » dont j’ai déjà parlé dans le roman jeunesse éponyme). Saul va d’ailleurs se tenir à l’écart de sa vie, s’anesthésier de tout sentiment, une façon pour lui de survivre et en même temps, il raconte des histoires assez terribles qui arrivent à d’autres enfants : des morts, des sévices, des dépressions…

Et puis, un prêtre arrive dans ce pensionnat et lui fait découvrir le hockey sur glace. Il sera un peu son ami, son entraîneur et il lui permettra de vivre cette passion qui deviendra le seul domaine où Saul se sent vivant. Il excelle dans ce sport et il a presque des visions qui lui permettre de se dépasser et de gagner.

Il est reconnu et est même recruté dans une équipe indienne ce qui lui permet de quitter le pensionnat et ses talents de joueur vont se fracasser contre le racisme que rencontre les joueurs indiens auprès des Canadiens blancs qui ne supportent pas de partager « leur » jeu.

Il y a beaucoup de scènes sur le hockey, un sport auquel je ne connais rien et pourtant j’ai vraiment apprécié ces passages qui qui apportent vraiment beaucoup au roman, tant par le rythme que parce qu’il accompagne le personnage dans son évolution.

Le roman se sépare en quatre vies de Saul : la jeunesse indienne et « sauvage », très belle, sa jeunesse éteinte et détruite au pensionnat, la vie de joueur de hockey qui est à la fois enrichissante mais à nouveau destructrice par le racisme et enfin, la dernière partie où Saul bataille avec ses passés et surtout ce qu’il s’est caché à lui-même…

Ce roman, à travers l’histoire d’un homme, c’est celui de la destruction d’un peuple au travers d’un personnage et la résilience…

Et puis, c’est vraiment beau et fort. Je ne peux que vous le conseiller

Aujourd’hui, je vous parle aussi du roman « Wenjack » de Joseph Boyden qui est aussi sur cette thématique des Premières Nations et des Residential schools.

Repéré chez Aifelle.

 chez Karine:) et  Yueyin (Un invité Canadien au Québec)

Wenjack : Joseph Boyden

 

Difficile de classer ce texte : est-ce un très court roman ou une nouvelle? Est-ce un récit sous forme de poème ou un biographie romancée? En tout cas, une chose est certaine : c’est un très beau texte sur un sujet poignant, raconté avec beaucoup de pudeur et de poésie. Je ne sais pas si ce texte est traduit, j’ai eu du mal à le trouver même en anglais, je l’ai commandé à une librairie de livres d’occasion aux Etats-Unis (en passant par Ama*on… pas le choix malheureusement).

J’ai découvert ce texte lors d’une conférence sur les horreurs qui ont été commises à l’encontre des peuples amérindiens (« First Nations ») quand les enfants étaient retirés de leurs familles pour être placés dans les « Residential Schools » qui n’étaient rien de moins que des centres de rétentions et de lavage de cerveaux pour détruire toute part indigène de ces enfants. Dans mon billet sur le roman jeunesse « Kill the Indian in the child »  (qui raconte également la vie de Chanie Wenjack, un jeune garçon qui a vraiment existé et qui est mort en fuyant son « internat » sordide) je vous en disais plus sur le sujet et j’avais aussi mis des liens qui pourront compléter ce billet. Pour éviter des redites, n’hésitez pas à aller y faire un tour.

Dans ce texte de Joseph, Boyden, c’est donc l’histoire de Chanie Wenjack qui nous est contée. J’utilise ce mot exprès car l’auteur ici a choisi de nous raconter la fuite du jeune garçon, ses derniers jours, vus au travers du regard d’esprits de la nature qui prennent corps dans des animaux qui croisent le chemin du garçon. Il adapte donc les traditions amérindiennes à cette histoire réelle et atroce. Chaque chapitre donne la parole à un animal et la première page du chapitre est illustré de cet animal.

C’est un texte très touchant pour une histoire dramatique à l’échelle d’un pays (voir d’un continent!)

Pour aller plus loin sur le sujet (Cliquez sur la photo)

Une vidéo avec Joseph Boyden sur l’histoire de Chanie Wenjack et sur les Residentials Schools (en anglais) :

Aujourd’hui, je vous parle aussi du roman « Jeu blanc » de Richard Wagamese qui est aussi sur cette thématique des Premières Nations et des Residential schools.

 chez Antigone

 chez Karine:) et  Yueyin (Un invité Canadien au Québec)