Challenge Goncourt des Lycéens

Comme tous les ans, je profite de la proclamation du nouveau lauréat du Prix Goncourt des Lycéens hier pour faire remonter le challenge que j’avais lancé en 2011 et que certains continuent de faire vivre au fil des ans!

Le prix Goncourt des Lycéens existe depuis 1988, il a été crée par la FNAC et le Rectorat de Rennes et a pour vocation de promouvoir le monde des livres. Les lycéens qui y participent doivent lire la première sélection du Prix Goncourt. J’ai lu quelques romans ayant ce prix et j’ai toujours été très agréablement surprise de la qualité des choix des lycéens… Je me dis aussi que j’aurai adoré participer à ce prix quand j’étais moi-même lycéenne (et j’aurai pu… j’entrai en seconde en 1988!)

Alors depuis 2011, je vous propose de vous remettre dans la peau d’un lycéen…

Je vous propose de lire le plus de romans ayant obtenu ce prix…

Ce n’est pas vraiment un challenge mais un projet collectif : le but est de découvrir le maximum de titres du Goncourt des Lycéens et avec l’aide des autres participants, de créer une bibliothèque d’avis sur tous ces titres. Et pour cela, vous pouvez m’envoyer 1 seul lien ou tous (ou moins ;-), lire des livres exprès ou au hasard de vos rencontres littéraires et même  m’envoyer des liens rétroactifs 😉

En 2019,  le gagnant du Prix Goncourt des Lycéens est « Les choses humaines » de Karine Tuil

Si vous êtes intéressés, inscrivez vous dans les commentaires de ce billet, si possible ajoutez le logo et un lien vers ce billet pour informer vos lecteurs (et peut-être leur donner envie!) et faites moi signe avec le titre et le lien vers votre billet dès que vous avec lu un roman!

Les lecteurs sans blogs sont les bienvenus!

La liste des participants et leurs lectures est ici!

La liste des titres et des avis est ici!

L’objectif de ce challenge étant de rassembler le maximum d’avis sur le maximum de titres, n’hésitez pas à m’envoyer vos liens!

Voici la liste des romans concernés :
1988 : « L’exposition coloniale » de Erik Orsenna
 1989 : « Un grand pas vers le Bon Dieu » de Jean Vautrin
1990 : « Le Petit Prince cannibale » de Françoise Lefèvre
1991 : « Les filles du calvaire » de Pierre Combescot
1992 : « L’île du lézard vert » de Edouardo Manet
1993 : « Canines » de Anne Wiazemsky
1994 : « Belle-mère » de Claude Pujade-Renaud
1995 : « Le testament français » de Andreï Makine
1996 : « Instruments des ténèbres » de Nancy Huston
1997 : « Le maître des paons » de Jean-Pierre Milovanoff
1998 : « Mille six cents ventres » de Luc Lang
1999 : « Première ligne » de Jean-Marie Laclavetine
2000 : « Allah n’est pas obligé » de Ahmadou Kourouma
2001 : « La joueuse de go » de Shan Sa
2002 : « La mort du roi Tsongor » de Laurent Gaudé
2003 : « Farrago » de Yann Apperry
2004 : « Un secret » de Philippe Grimbert
2005 : « Magnus » de Sylvie Germain
2006 : « Contours du jour qui vient » de Léonora Miano
2007 : « Le rapport de Brodeck » de Philippe Claudel
2008 : « Un brillant avenir » de Catherine Cusset
2009 : « Le club des incorrigibles optimistes » de Jean-Michel Guenassia
2010 : « Parle leur de batailles, de rois et d’éléphants » de Mathias Enard
2011 : « Du domaine des murmures» de Carole Martinez
2012 : « La Vérité sur l’affaire Harry Quebert» de Joël Dicker
2013 : « Le quatrième mur» de Sorj Chalandon
2014 : « Charlotte» de David Foenkinos
2015 : « D’après une histoire vraie» de Delphine de Vigan
2016 : « Petit pays » de Gaël Faye
2017 : « L’Art de perdre » de Alice Zeniter
2018 : « Frère d’âme » de David Diop
2019 : « Les choses humaines » de Karine Tuil

Jeu blanc : Richard Wagamese

Saul Indian Horse, le narrateur, commence par expliquer que dans le cadre d’une thérapie il doit raconter son histoire pour se sortir de ses problèmes.

Il commence par son enfance dans une famille d’Indiens ojibwés au Canada. Ses parents, qui étaient passés par des internats catholiques qui les avaient abîmés, faisaient tout pour éviter que leurs enfants y soient envoyés. Avec la grand-mère, la famille se réfugie dans une nature imprégnée des traditions de leur peuple.

Malheureusement, les internats rattrapent Saul quand il se retrouve totalement seul au monde. Cet endroit, a pour seul objectif de laver les cerveaux des jeunes indiens et de leur retirer toute caractéristique indienne (le fameux « Kill the Indian in the child » dont j’ai déjà parlé dans le roman jeunesse éponyme). Saul va d’ailleurs se tenir à l’écart de sa vie, s’anesthésier de tout sentiment, une façon pour lui de survivre et en même temps, il raconte des histoires assez terribles qui arrivent à d’autres enfants : des morts, des sévices, des dépressions…

Et puis, un prêtre arrive dans ce pensionnat et lui fait découvrir le hockey sur glace. Il sera un peu son ami, son entraîneur et il lui permettra de vivre cette passion qui deviendra le seul domaine où Saul se sent vivant. Il excelle dans ce sport et il a presque des visions qui lui permettre de se dépasser et de gagner.

Il est reconnu et est même recruté dans une équipe indienne ce qui lui permet de quitter le pensionnat et ses talents de joueur vont se fracasser contre le racisme que rencontre les joueurs indiens auprès des Canadiens blancs qui ne supportent pas de partager « leur » jeu.

Il y a beaucoup de scènes sur le hockey, un sport auquel je ne connais rien et pourtant j’ai vraiment apprécié ces passages qui qui apportent vraiment beaucoup au roman, tant par le rythme que parce qu’il accompagne le personnage dans son évolution.

Le roman se sépare en quatre vies de Saul : la jeunesse indienne et « sauvage », très belle, sa jeunesse éteinte et détruite au pensionnat, la vie de joueur de hockey qui est à la fois enrichissante mais à nouveau destructrice par le racisme et enfin, la dernière partie où Saul bataille avec ses passés et surtout ce qu’il s’est caché à lui-même…

Ce roman, à travers l’histoire d’un homme, c’est celui de la destruction d’un peuple au travers d’un personnage et la résilience…

Et puis, c’est vraiment beau et fort. Je ne peux que vous le conseiller

Aujourd’hui, je vous parle aussi du roman « Wenjack » de Joseph Boyden qui est aussi sur cette thématique des Premières Nations et des Residential schools.

Repéré chez Aifelle.

 chez Karine:) et  Yueyin (Un invité Canadien au Québec)

Wenjack : Joseph Boyden

 

Difficile de classer ce texte : est-ce un très court roman ou une nouvelle? Est-ce un récit sous forme de poème ou un biographie romancée? En tout cas, une chose est certaine : c’est un très beau texte sur un sujet poignant, raconté avec beaucoup de pudeur et de poésie. Je ne sais pas si ce texte est traduit, j’ai eu du mal à le trouver même en anglais, je l’ai commandé à une librairie de livres d’occasion aux Etats-Unis (en passant par Ama*on… pas le choix malheureusement).

J’ai découvert ce texte lors d’une conférence sur les horreurs qui ont été commises à l’encontre des peuples amérindiens (« First Nations ») quand les enfants étaient retirés de leurs familles pour être placés dans les « Residential Schools » qui n’étaient rien de moins que des centres de rétentions et de lavage de cerveaux pour détruire toute part indigène de ces enfants. Dans mon billet sur le roman jeunesse « Kill the Indian in the child »  (qui raconte également la vie de Chanie Wenjack, un jeune garçon qui a vraiment existé et qui est mort en fuyant son « internat » sordide) je vous en disais plus sur le sujet et j’avais aussi mis des liens qui pourront compléter ce billet. Pour éviter des redites, n’hésitez pas à aller y faire un tour.

Dans ce texte de Joseph, Boyden, c’est donc l’histoire de Chanie Wenjack qui nous est contée. J’utilise ce mot exprès car l’auteur ici a choisi de nous raconter la fuite du jeune garçon, ses derniers jours, vus au travers du regard d’esprits de la nature qui prennent corps dans des animaux qui croisent le chemin du garçon. Il adapte donc les traditions amérindiennes à cette histoire réelle et atroce. Chaque chapitre donne la parole à un animal et la première page du chapitre est illustré de cet animal.

C’est un texte très touchant pour une histoire dramatique à l’échelle d’un pays (voir d’un continent!)

Pour aller plus loin sur le sujet (Cliquez sur la photo)

Une vidéo avec Joseph Boyden sur l’histoire de Chanie Wenjack et sur les Residentials Schools (en anglais) :

Aujourd’hui, je vous parle aussi du roman « Jeu blanc » de Richard Wagamese qui est aussi sur cette thématique des Premières Nations et des Residential schools.

 chez Antigone

 chez Karine:) et  Yueyin (Un invité Canadien au Québec)