Ce roman a été écrit en 1966 et il est considéré comme un « classique » de la littérature afro-américaine qui a même eu le droit a une réédition spéciale pour son 50e anniversaire. Et pourtant, je n’en avais pas entendu parler et c’est le hasard qui l’a mis sur mon chemin (ou plus exactement, ma maman qui sait que le sujet de la vie des Afro-Américains m’intéresse!)
Le résumé dit que ce roman est « considéré comme l' »Autant en emporte le vent » des Noirs américains » et il y a de cela dans le contexte effectivement.
L’histoire est une saga qui a pour personnage central Vyry et qui commence à l’époque de l’esclavage dans le Sud des Etats-Unis, sur une plantation en Géorgie. Vyry est une enfant quand on la rencontre. C’est la fille d’une esclave qui vient de mourir et son père (ou plutôt son géniteur) est le maître blanc de la plantation. Vyry grandit dans un environnement hostile, tant par sa condition d’esclave, par le dur travail demandé, la peur, la haine et la cruauté de la maîtresse de maison, la solitude…
Elle a des enfants avec un homme noir libre qui sait lire et écrire mais elle ne peut pas pour autant quitter sa condition d’esclave elle-même. Son rêve est non seulement d’être libre mais aussi de voir ses enfants devenir libres et être éduqués.
Vient la période de la guerre de Secession où le monde tel que le Sud des Etats-Unis l’a connu, et particulièrement les riches blancs, est en train de s’effondrer (c’est peut-être la partie qui m’a la moins intéressée).
Et puis, après la guerre, il y a l’abolition de l’esclavage, et Vyry est déstabilisée car ce n’est pas si simple de devenir libre quand on n’a rien connu d’autre. Elle rencontre un homme avec qui elle va essayer de se créer une vie libre en travaillant dur mais cette fois pour elle-même et sa famille.
Ce roman est vraiment très riche et montre beaucoup d’aspects de la vie des Afro-Américains dans l’histoire : l’esclavage, l’underground railroad et les abolitionnistes, le pouvoir des propriétaires blancs, la rancœur des blancs pauvres qui s’en sortaient moins bien que les propriétaires blancs et que certains esclaves et leur haine vis à vis des anciens esclaves libérés, le Ku Klux Klan, les chants appris pendant l’esclavage et qui accompagnent Vyry…
C’est une belle découverte, une page d’histoire mais avec des aspects très romanesques. Vyry est un personnage de femme forte que j’ai aimé suivre ainsi que toute la thématique de la famille qui n’était pas une évidence à l’époque de l’esclavage. C’est aussi intéressant de savoir que Margaret Walker est une autrice Afro-Américaine et elle raconte de façon romancée l’histoire de sa famille.

avec Manu (son avis dans les commentaires en cliquant sur son nom)

Thématique : « Autour de l’esclavage »

chez Antigone

ma maman

15 commentaires sur « Jubilee : Margaret Walker »

  1. Désolée, je viens seulement de le finir et je suis donc très en retard ! Je partage ton avis sur ce roman, qui pour moi, peut entrer parmi les grands romans américains. Je ne suis pas loin du coup de coeur. Même si il est vrai que l’auteur traite les sujets de manière romanesque, j’ai beaucoup aimé découvrir ces pans de l’histoire américaine au travers des yeux de protagonistes noirs. Cela permet de nous ouvrir l’esprit, et notamment, de voir les après de cette guerre, les horreurs encore traversées par les noirs, les véritables enjeux de cette guerre aussi.
    Et comme tu le dis justement, tout cela au travers d’histoires humaines, familiales, … C’est ce que je préfère dans cette littérature américaine : découvrir l’Histoire au travers de l’histoires de gens « normaux ». Merci à toi Enna, qui m’a donné l’envie de sortir ce roman qui sommeillait dans ma PAL.

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