La vérité sort de la bouche de Bastien

Bastien a 10 ans et 4 mois et la vérité sort toujours de sa bouche 😉

  • Le livre de recettes est ouvert à la page des « spaghetti à la putanesca » et Bastien rigole en disant qu’ « on va manger des pâtes au gros mot dit avec un accent italien! »

 

  • On réfléchit à la conjugaison d’un verbe et je lui demande :
    « Le sujet « personne », c’est singulier ou pluriel ?
    Ben, c’est MOINS que singulier! »

 

  • « On a mangé une tarte aux andouilles. »

 

  • « D’abord on va en maternelle, ensuite en primaire, ensuite le collège, après il y a le lycée et puis les études et ensuite il faut travailler… Il faut attendre la retraite pour être tranquille…. Et encore, maintenant, avec l’âge pivot ou je sais pas quoi… »

 

  • J’ai acheté de nouveaux caleçons à Bastien et il y en a un avec des motifs « jeux vidéos », il l’adore et il l’a mis le jour où il allait à la piscine. Il partageait sa cabine avec un bon copain et Bastien me dit en rentrant : « J’ai eu un succès fou avec mon slip aujourd’hui! »

 

  • Il répond au téléphone et c’est encore un robot, il parle et je lui dis que ça ne sert à rien.
    « Si ça se trouve c’est des robots qui enregistrent les réponses des gens pour les remettre aux humains. »

 

  • Je dis à Bastien que je vais voir un chirurgien…
    « Tu vas te faire arracher les boyaux ?
    -Nan, c’est pour le pied. Mais pourquoi tu dis que je vais me faire arracher les boyaux ?
    Parce que les chirurgiens, ils arrachent les boyaux, ils mettent les corps en morceaux, par exemple, ils arrachent le cœur et ils le secouent pour voir ce qui ne va pas. C’est pour ça que je veux pas être chirurgien! »

 

  • Bastien regarde la couverture de mon livre » Délivrances » de Toni Morrison dans l’édition 10/18 et il me dit :
    « Je trouve ça toujours bizarre quand sur un livre, le nom de l’auteur est plus gros que le titre…
    – C’est parce que cette auteure est tellement connue que l’on met en avant son nom peu importe le titre. » Il regarde la couverture et me dit : « Ouais mais par contre, elle a eu que 10 sur 18… » (J’ai bien ri en lui expliquant que c’était le nom de l’éditeur et pas une note attribuée à l’auteur.)

 

  • Il a eu un excellent bulletin avec de très bonnes appréciations générales (ce qui n’était pas gagné car les relations avec sa maîtresse étaient très compliquées). Bon, par contre, il n’aime toujours pas l’école « parce qu’il faut travailler! »

 

  • « On a un nouveau jeu sur la cour, on joue au » Coronavirus », il y a un copain qui est le Coronavirus et qui doit toucher quelqu’un 3 fois pour le contaminer…  » (ou comment » le loup » évolue avec l’actualité !)
Pas facile pour mon petit lecteur de faire ses cartons de livres car il ne pouvait pas s’empêcher d’en relire certains en même temps 😉

Délivrances : Toni Morrison

Le personnage principal est « Bride » née Lulla Ann Bridewell. Elle est née de parents tellement clairs de peau qu’ils auraient pu passer pour des Blancs tandis qu’elle est très noire de peau. Sa mère qui va l’élever toute seule a beaucoup de mal à supporter la couleur de sa fille ce qui la rend maltraitante psychologiquement et Lulla Ann se sent rejetée…

De nos jours, Lula Ann est devenue Bride. Elle s’est crée un personnage fascinant d’une grande beauté noire toujours habillée en blanc pour accentuer sa couleur. Elle travaille dans une entreprise de cosmétique, a une grande aisance et une belle assurance…

Mais au moment où on commence le roman, c’est une période de bouleversements pour Bride… Elle va à la rencontre d’une femme qui sort de prison, se fait violemment attaquer et est physiquement diminuée, elle part à la recherche de son petit ami qui l’a quittée sans explication, a un accident, rencontre des gens qui vivent en marge et voit son corps se transformer mystérieusement… Ces événements sont amenés de façon parfois abrupte, sans transition, parfois par des allers-retours dans le passé, avec des changements de narration.

Certaines éléments ne sont pas compris tout de suite par le lecteur mais vont petit à petit dévoiler des choses très profondes sur le passé de la jeune femme. On se pose parfois ce qui tient de la réalité, le fantasme, le rêve et le conte.

Au coeur de ce roman, il y a le manque de confiance de Bride qui a fait, au cours de sa vie, des choix qui avaient tous pour but de de plaire à sa mère et il y a aussi le racisme au sein même d’une famille et c’est un aspect que je n’avais jamais lu encore. Mais il y a aussi des thématiques sur les abus sur des enfants et des représentations très variées de la maternité ou de figures maternelles de toutes sortes.

C’est un roman très fort et très particulier tant par l’histoire que par la construction. C’est un roman qui bouscule et c’est très bien et j’ai essayé de ne pas trop vous en dire pour que vous soyez surpris comme moi. Mon regret est de ne pas l’avoir lu en anglais car je crois que j’aurais trouvé le texte plus naturel.

« Délivrances » est le dernier roman de Toni Morrison, décédée le 5 août 2019.

LC autour de Toni Morrison en homage à son anniversaire aujourd’hui dans le cadre de

l’

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