A première vue, on pourrait croire que Jonas, 16 ans, est en prison tant il compte les jours avant de pouvoir partir de ce lieu. Cet internat est tellement rude et les conditions de vie sont tellement mauvaises qu’on a du mal à croire que cette soit-disant école n’est effectivement pas une prison pour les jeunes qui y vivent parmi les bonnes soeurs et le prêtre qui sont censés s’occuper d’eux.

Tous ces jeunes ont été retirés de familles amérindiennes et dans cet internat québécois, on les force à parler français, on leur a coupé les cheveux, donné des habits neutres et ordonné d’oublier leur culture, ils sont déshumanisés, n’étant plus appelés par leur prénom mais par leur numéro d’arrivée. Quand il ne se passe pas des choses pires pour certains…

Jonas, qui est là depuis des années, s’est blindé et ne se mêle pas aux autres ni de ce qui se passe autour de lui. Il semble froid mais c’est une protection. Sa seule respiration, c’est quand il travaille avec le bûcheron et quand il repense à son enfance de véritable indien auprès de sa mère … Et puis, sa carapace se fendille quand il commence à éprouver des sentiments pour Lucie et quand naît une rivalité avec Gabriel qui va se transformer en relation plus forte par la force des choses… Il ne pourra pas rester insensible à ce qui l’entoure et plutôt que de juste attendre que le temps passe pour partir, c’est une course poursuite pour sa survie qui va commencer.

Ce roman aborde un sujet qui m’intéresse beaucoup et dont j’ai déjà parlé avec plusieurs lectures sur le blog. En jeunesse : Le premier qui pleure a perdu de Sherman Alexie et Kill the Indian in the child de Elise Fontenaille, et en littérature adulte : Jeu blanc de Richard Wagamese et Wenjack de Joseph Boyden.

Ici, l’histoire mêle habilement des faits historiques et dramatiques sur la condition des jeunes indiens qui étaient coupés de leur culture, maltraités par les institutions et par les religieux à des aspects psychologiques et abordant le sentiment d’appartenance et aussi de l’aventure. Un très bon mélange pour un bon roman jeunesse (adolescent).

Repéré chez Nath Sci

catégorie « gros mot » de ma ligne jeunesse

13 commentaires sur « Sauvages : Nathalie Bernard »

  1. Oh punaise…un livre vraiment fort….trop fort….oh oui, il n’y a toujours pas d’excuses mais des avancees de la part du gouvernement canadien…bien que….

    J'aime

    1. En fait, il y a eu des excuses du Premier ministre canadien en 2008 et à nouveau par Justin Trudeau en 2015, une avancée ! Et beaucoup de gens en oarlent, donc pour éviter l’oubli c’est important!

      J'aime

      1. Tiens assez etonnant du conservateur Harper….mais bon on ne doit pas oublier…en ce moment de filles des premieres nations disparaissent et personne ne fait rien…

        J'aime

      2. Et cela ne va pas se finir…avec toutes les mines et petrolieres qui soudoient les chefs et esclavagisent des villages entiers dans le grand nord…

        J'aime

  2. J’avais beaucoup aimé ce roman qui met en lumière une part de l’histoire canadienne dont il faut parler. Il y a encore du travail sur la reconnaissance des victimes et de la responsabilité des actes, juridiquement parlant. Je n’ai pas encore pris le temps de lire d’autres livres de l’auteure, mais ce sera fait à un moment ou à un autre car j’ai vraiment apprécié sa justesse.

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s