Cécile Coulon est une autrice que j’aime beaucoup. Je l’ai découverte avec « Le cœur du  pélican » pour lequel j’avais eu un coup de cœur et j’ai aussi eu un coup de cœur pour « Trois saisons d’orage » et j’ai même lu son petit essai sur le running : « Petit éloge du running« . Pour ce roman, je n’ai pas eu un coup de cœur mais j’ai beaucoup aimé le style et l’histoire.

On pourrait presque qualifier ce roman de « roman du terroir moderne », sans le côté un peu péjoratif que peut avoir l’appellation « roman du terroir » mais juste pour montrer que l’attachement à la terre est au centre de ce roman. En effet, le « Paradis » du titre, c’est la ferme d’une lignée de femmes : la grand-mère, Émilienne, femme forte et dure à la tâche qui a toujours géré cette ferme seule, puis Marianne, sa fille, qui est partie mais revenue pour continuer la vie à la ferme avec son mari qui n’était « pas un homme à vaches ». On ne connaîtra Marianne que par les souvenirs évoqués d’elle car elle est décédée des années auparavant avec Etienne, le père de Blanche et Grégoire. Émilienne a élevé ses deux petits-enfants seule (aidée à la ferme par son commis, Louis), Grégoire, chétif et meurtri par la mort de ses parents et Blanche, sérieuse et impliquée dans la ferme.

Pour Blanche, la ferme, c’est son monde, même si elle a d’excellents résultats scolaires, même si elle a un amoureux qui veut quitter le village pour poursuivre ses études. Elle est entière et préfère se couper de tout pour vivre sur la ferme… Mais cet attachement va l’abîmer et elle ne sera plus jamais la même alors quand le passé resurgit des années plus tard, Louis, le commis qui n’est ni un frère ni un amoureux, Émilienne, la grand-mère devenue trop âgée et Grégoire, le frère qui a pris son envol ne peuvent plus la protéger d’elle-même et Blanche deviendra « la bête du paradis ».

C’est à se demander si ce « paradis » n’est pas plutôt un « enfer » car avec les malheurs qui s’y sont accumulés, les personnes qui s’en sortent le mieux sont celles qui le quittent et si Blanche avait suivi son amoureux de jeunesse peut-être que l’histoire se serait écrite différemment.

J’ai aimé l’écriture de Cécile Coulon, j’ai aimé ses personnages qui pourraient peut-être paraître simples mais qui sont loin d’être simplistes. J’ai trouvé la vie de Blanche assez tragique, presque comme une tragédie grecque où le personnage principal ne peut pas échapper à son destin.

Une très bonne lecture pour moi que j’ai presque dévorée d’une traite.

 chez Antigone

catégorie « animal »

11 commentaires sur « Une bête au paradis : Cécile Coulon »

    1. c’est encore différent, plus réaliste je pense, j’avais trouvé Trois saisons d’orage plus poétique, relevant parfois du conte. Mais j’aime vraiment son style.

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      1. Je l’ai lu assez vite mais je n’ai pas vraiment adhéré, mise à part l’écriture et la peinture du milieu rural. L’attitude de Blanche et celle d’Alexandre, dans la dernière partie, sont pour moi peu vraisemblables. Et ce dénouement, je n’y ai pas cru un seul instant !
        J’ai bien conscience d’être sévère. Je sors de plusieurs lectures assez percutantes alors je deviens très exigeante !

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