Ce roman se découpe en deux univers et en de nombreuses voix. Il y a Mila, jeune italienne de 17 ans qui vit à Rome et qui vient en vacances avec ses parents sur l’île familiale de Lampedusa. Sa vie de famille est vraiment triste car après un deuil sa mère est en depression et Mila est devenue transparente et elle vit très mal d’avoir perdu sa jeunesse. Elle espère retrouver un sens à sa vie en revisitant son île et en s’imprégnant de ses souvenirs d’enfance. C’est un récit très intéressant et touchant car on voit la place et le mal-être d’un enfant qui grandit dans l’oubli de ses parents par rapport à un enfant décédé. Mais c’est aussi une période où la jeune fille commence à s’émanciper et voir sa vie pour elle-même.

Mais le plus passionnant dans ce roman ce sont les autres voix : celles de jeunes, tous adolescents, qui racontent des bouts de leurs vies d’Erythréens qui fuient la dictature de leur pays et c’est vraiment touchants, car c’est très instructif, très réaliste, que ce soit dans leurs discours, dans leurs raisons de partir, leur désir de survivre et d’être libres que dans le récit de leur fuite, avec les dangers, les peurs, les émotions… Ce sont des passages très forts.

Si on s’intéresse un peu à l’actualité, on sait que Lampedusa est l’île italienne sur laquelle échouent de nombreux réfugiés venant de la Corne de l’Afrique et pendant tout le roman on attend le lien entre Mila et ces jeunes mais mon bémol sur ce roman serait que la rencontre n’a pas vraiment lieu, ou alors de façon fugace et légère alors qu’on aurait pu avoir une  dernière partie avec une prise de conscience politique en développant le fait que Mila ait « grandit » en s’investissant plus dans le sort des migrants.

Cela reste malgré tout un bon roman jeunesse que je conseille à partir de 13 ans et plus. J’ai lu ce roman cet été (alors qu’il me faisait de l’oeil depuis un moment) parce que mes collègues de français, histoire et documentaliste mettent en place un rallye lecture pour les 4e et comme je suis professeure principale sur ce niveau et que j’aime la littérature jeunesse, je me suis dit que je lirai le plus de livres possible dans leur sélection!

 chez Martine

4 commentaires sur « Refuges : Annelise Heurtier »

    1. oui, absolument! le seul reproche c’est finalement qu’il soit un peu court, un peu plus de liens entre les jeunes migrants et la jeune italienne m’aurait plu. Mais le fond est très bon!

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    1. non, ils ne sont pas les mêmes et c’était intéressant de voir tout ce que tous les jeunes (la jeune italienne incluse) doivent traverser.

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