L’arbre-Monde : Richard Powers

Quand j’ai participé à l’émission 78 des Bibliomaniacs en traduisant et en doublant Jean Hegland, j’avais noté ce livre dont elle avait parlé avec beaucoup de passion et quand l’occasion s’est présentée pour moi d’acheter ce livre, je me suis laissée tenter même si le fait que ce soit un pavé de plus de 700 pages me faisait un peu peur… D’autant plus que je dois vous dire que je ne trouve pas que la 4e de couverture rende justice au roman. Le résumé m’a presque refroidie alors que j’avais envie de le lire après avoir entendu des avis positifs de lecteurs…

Et pourtant, j’avais tort de m’inquiéter : je l’ai dévoré! Par contre, je ne sais pas comment faire pour vous parler de ce roman en lui rentrant vraiment justice car c’est une merveille bien compliquée à raconter! Si je devais juste résumer je dirai que c’est un roman écologiste qui est passionnant, une épopée romanesque et foisonnante!

Il faut savoir que le debut du roman ressemble à des nouvelles sans lien les unes avec les autres. Chaque chapitre raconte l’histoire de personnages et on sent que le lien entre ces personnes et les arbres a une grande importance. Ces personnes qui ont des histoires, des origines, des âges et des vies très différents vont se retrouver liés les uns aux autres et surtout leur rapport aux arbres et la protection des arbres va devenir leur cause commune….

Les arbres sont d’ailleurs le centre du roman et c’est extrêmement bien documenté. Pour avoir lu « La vie secrète des arbres » de Peter Wohlleben je peux vous dire que l’on apprend beaucoup de choses au sujet des arbres qui sont vraies d’un point de vue scientifique. C’est aussi un roman qui parle de conscience écologique et politique avec une mise en avant romanesque mais réaliste des éco-combattants qui cherchent à défendre les arbres mais pas seulement car c’est aussi un roman sur la transmission, sur l’evolution des personnages, la manière dont ils grandissent et changent et aussi la manière dont ils vivent dans la société occidentale moderne..

Comme vous pouvez le voir, il m’est presque impossible de parler de ce roman car il est d’une grande richesse et balaye toute la société américaine. L’auteur sait très habilement mêler la fiction (il sait incroyablement bien mener son récit et ses personnages sur 700 pages) et des faits. C’est un roman à la fois distrayant que l’on lit avec passion et qui nous instruit, nous élève.

J’avais abandonné deux romans coup sur coup juste avant et celui-ci m’a tout de suite accroché mais je vous conseille quand même de choisir un moment où vous avez le temps de vous plonger dedans. La fin (les 150 dernières pages je dirais, m’ont un peu moins passionnée mais j’abordais ma reprise de travail et mon esprit n’était plus assez disponible, je m’étais mise à picorer et le rythme c’est relâché. Mais par contre je n’ai pas vu passer les 500 première pages!

Evidemment, je ne peux que vous le recommander!

Pour aller au-delà de mon billet, je vous conseille évidemment l’émission des Bibliomaniacs mais aussi le podcast « Histoires d’Amérique » consacré à « L’arbre-monde » que j’ai trouvé vraiment intéressant!

 chez Titine

chez Brize

Une constellation de phénomènes vitaux : Anthony Marra

J’avais emprunté ce roman à la médiathèque parce qu’il fait partie des livres primés au Prix des Lectrices de ELLE et qu’une très bonne amie me l’avait conseillé et que l’auteur étant Américain, il entrait dans le mois américain en septembre mais malheureusement je me suis arrêtée à la moitié…

Je fais malgré tout un billet parce que ce roman mérite d’être découvert même si je n’ai pas réussi à m’y attacher. Ce roman parle de la Tchétchénie et alterne deux époques : 1994 et 2004, deux périodes de guerre et il décrit un pays complètement dévasté, une population complètement écrasée, qui vit dans la peur et dans la misère… On a du mal à croire que l’histoire se passe aux portes de chez nous quasiment hier…

Les personnages sont un homme, médecin raté, qui essaie de sauver une petite fille dont le père vient d’être emmené par les soldats pour la 2eme fois et qu’il confie à la garde d’une femme chirurgienne, une sorte d’anti héroïne revenue d’une vie facile en Angleterre pour retrouver sa soeur et qui est devenue comme une sauveuse dans un hôpital sans le moindre moyen financier (elle est même contrainte de négocier avec des mafieux pour obtenir des médicaments basiques…)

Je pense que si je n’ai pas réussi à vraiment entrer dans l’histoire c’est qu’elle avait un côté trop documentaire pour moi et terriblement noir… Et pourtant, je suis persuadée que quelqu’un qui s’intéresse plus à l’histoire et aux récits proches de la réalité pourrait sans doute aimer ce roman… Mais ce n’était pas pour moi… En tout cas, il a le mérite de montrer à quel point la vie des Tchétchènes, le peuple ordinaire, vit un calvaire dans cette guerre …

Voici le résumé de l’éditeur :

« Dans un village enneigé de Tchétchénie, Havaa, une fillette de huit ans, regarde, cachée dans les bois, les soldats russes emmener en pleine nuit son père, accusé d’aider les rebelles. De l’autre côte de la rue, Akhmed, son voisin et ami de sa famille, observe lui aussi la scène, craignant le pire pour l’enfant quand les soldats mettent le feu à la maison. Mais quand il trouve Havaa tapie dans la forêt avec une étrange valise bleue, il prend une décision qui va bouleverser leur vie. Il va chercher refuge dans un hôpital abandonné où il ne reste qu’une femme pour soigner les blessés, Sonja Rabina.
Pour Sonja, chirurgienne russe talentueuse et implacable, l’arrivée d’Akhmed et de Havaa est une mauvaise surprise. Exténuée, débordée de travail, elle n’a aucune envie de s’ajouter ce risque et cette charge. Car elle a une bonne raison de se montrer prudente : accueillir ces réfugiés pourrait compromettre le retour de sa sœur disparue. Pourtant, au cours de cinq jours extraordinaires, le monde de Sonja va basculer et révéler l’entrelacs de connexions qui lie le passé de ces trois compagnons improbables et décidera de leur destin.À la fois récit d’un sacrifice et exploration du pouvoir de l’amour en temps de guerre, Une constellation de phénomènes vitaux est surtout une œuvre portée par le souffle profond de la compassion, vers ce qui doit être et ce qui demeure. »

Roman 2015

 chez Titine