Nickel Boys : Colson Whitehead (Lu par Stéphane Boucher)

Ce roman faisait partie de ceux dont j’attendais la sortie avec impatience car j’avais vraiment beaucoup aimé « Underground Railroad » de l’auteur et j’avais été très tentée par l’avis de The Autist Reading. J’avais prévu de me l’acheter en anglais mais avec le coronavirus, je n’ai pas pu aller en Angleterre ou à Jersey, donc quand j’ai vu qu’Audiolib le proposait dans ses nouveautés, je me suis dit que ce serait parfait pour l’African American History Month challenge!

Résumé de l’éditeur : « Dans la Floride ségrégationniste des années 1960, le jeune Elwood Curtis prend très à coeur le message de paix de Martin Luther King. Prêt à intégrer l’université, il voit s’évanouir ses rêves d’avenir lorsque, à la suite d’une erreur judiciaire, on l’envoie à la Nickel Academy, une maison de correction qui s’engage à faire des délinquants des « hommes honnêtes et honorables ». Il s’agit en réalité d’un endroit cauchemardesque, où les pensionnaires sont soumis aux pires sévices. Elwood trouve toutefois un allié précieux en la personne de Turner, avec qui il se lie d’amitié. Mais l’idéalisme de l’un et le scepticisme de l’autre auront des conséquences déchirantes. »

Je suis partagée sur ce roman, peut-être parce que j’en attendais trop et j’ai été un peu déçue tout en ayant malgré tout apprécié ma lecture, ce qui peut paraître paradoxal!

J’ai aimé la présentation de la société dans laquelle se passe l’histoire… La ségrégation est montrée sans concession avec toute ses aberrations et ses injustices. La lutte pour les Droits Civiques est présentée et Martin Luther King est une référence pour Elwood, un jeune homme noir plein de promesses d’ouverture sur une vie meilleure qui passe par l’éducation supérieure. Il a toujours eu un comportement exemplaire mais se fait arrêter parce qu’il était au mauvais endroit au mauvais moment. Sa vie s’écroule quand il rejoint la Nickel Academy qui est censé être un centre de détention éducatif mais dans lequel, en fait, il n’y aucun cours, juste de l’exploitation, une forme de retour à l’esclavage avec en plus des sévices, entre maltraitance, privations, violence et viols… C’est un quotidien assez terrible…

Et pourtant, cet aspect m’a malgré tout un peu laissé sur ma faim, car je m’attendais à plus de réalisme, j’ai eu un peu l’impression que c’était un peu édulcoré, sous-entendu, ou plutôt, ce qui m’a gênée c’est que c’était raconté de façon un peu détachée qui m’a un peu empêchée d’être aussi touchée que je l’aurai voulu. Peut-être parce que j’avais déjà lu plusieurs romans qui parlaient des horreurs vécues dans les « reservation schools » où des Amérindiens étaient maltraités par les autorités Américaines et Canadiennes.

Par contre, j’ai trouvé très fort le récit de « l’après », le retour à la vie ordinaire, la peur, le traumatisme. Encore une fois, cela fait penser à l’esclavage, quand ceux qui ont réussi à s’échapper passent leur vie à regarder derrière eux dans l’angoisse d’être retrouvés. La fin du roman m’a beaucoup touchée, presque plus que les traitements des détenus.

Malgré mes quelques reserves sur le côté un peu « allégé » de la description de la vie à Nickel, j’ai aimé le style de l’auteur et je vous le recommande quand même! Je continuerai à suivre ce qu’écrit Colson Whitehead. La version audio est tout à fait réussie.

Merci à

Pour le rendez-vous : « Un livre audio » et / ou « Autour de la ségrégation »

 Chez Sylire

catégorie « être humain » de ma ligne audio

Sélectionné pour le prix Audiolib 2021

La Sentence : John Grisham (Lu par Sylvain Agaësse)

Résumé de l’éditeur : « Automne 1946. Pete Banning, l’enfant chéri de Clanton, Mississippi, est revenu de la Seconde Guerre mondiale en héros, décoré des plus hautes distinctions militaires. Propriétaire d’une plantation de coton et fidèle de l’Église méthodiste, il est considéré comme un père et un voisin exemplaire.
Un matin d’octobre, il se lève tôt, se rend en ville et abat son ami, le révérend Dexter Bell.
Que s’est-il passé pour que Pete, membre respecté de la communauté, devienne un meurtrier ? Et pourquoi se mure-t-il dans le silence ? Nul ne le sait. Mais ce qu’il tait semble dévastateur, tant pour ses proches que pour les habitants du comté… »

Ce roman se découpe en 3 parties. La première commence avec l’événement raconté dans le résumé : Pete Banning, homme respectable et respecté, père de deux enfants étudiants, propriétaire d’une plantation importante de Clanton, tue de sang froid et sans raison apparente le révérend Bell. S’en suit les démarches judiciaires, l’enquête (minime car il admet l’avoir tué mais ne veut apporter aucune explication), le procès, les conséquences pour sa famille.

La deuxième partie, totalement coupée de la première, raconte la vie de Pete Banning pendant la seconde guerre mondiale quand il était aux Philippines dans l’armée américaine au moment où les troupes présentes là-bas on dû se rendre face aux Japonais. Cette partie raconte les traitements terribles que les prisonniers américains et philippins doivent subir sous le joug des japonais. C’est un récit glaçant sur un aspect de la 2eme guerre mondiale sans doute moins bien connu des Européens et qui montre les horreurs et la déshumanisation.

La dernière partie nous fait revenir dans le Mississippi et met en lumière la vie des enfants de Pete Banning après son procès. La vie continue mais ils doivent gérer les conséquences du meurtre commis par leur père. A la fin, nous saurons ce qui a poussé leur père à passer à l’acte (mais bien sûr, je ne vais rien dire 😉 )

J’ai déjà lu plusieurs roman de John Grisham et j’ai beaucoup aimé ses romans qui souvent sous couvert d’une enquête ou d’un procès parlent de sujets de société.

Dans ce roman, j’ai aimé la première partie et la dernière qui présentent le sud des Etats-Unis en pleine ségrégation et qui montrent vraiment de façon subtile la vie et les relations entre les Blancs et les Noirs dans l’état du Mississipi à cette époque et c’est pour cette raison que j’en parle à l’occasion de l’African American History Month challenge.

La deuxième partie, sur la guerre aux Philippines avec les Japonais, est aussi très intéressante et très instructive. Je ne savais pas ou je ne me souvenais plus que les prisonniers avaient été si mal traités par les Japonais. C’est assez poignant.

Mais malgré tout, mon impression générale est assez mitigée car j’ai vraiment eu l’impression de lire deux romans. Un roman « criminel » sur les Sud des Etats-Unis et un roman « militaire » sur la guerre et je n’ai pas réussi à vraiment voir le lien entre les deux. Je pense que l’auteur aurait dû écrire deux romans distincts plutôt que de plaquer ses deux histoires car j’ai trouvé que c’était très artificiel pour moi.

Merci à

Pour le rendez-vous : « Un livre audio » et / ou « Autour de la ségrégation »

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