Résumé de l’éditeur : « Il y a d’un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un « gros déglingo », dit sa fille, un vrai punk avant l’heure. Il y a de l’autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixelisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu’elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde anciennement rural et ouvrier. De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d’Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d’un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d’érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ? Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos. Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d’outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant. »

*

J’ai beaucoup aimé ce roman et il m’a beaucoup touchée et émue mais maintenant que je dois donner mon avis, j’ai du mal à en parler. Au-delà du texte et des faits racontés, c’est le ressenti que j’ai eu en tant que fille d’à peu près le même âge que la narratrice qui raconte la mort de son père qui m’a parlé. Mon père est bien en vie mais il est assez âgé et j’arrive à cette période de ma vie où j’ai pris conscience que mes parents peuvent disparaître un jour et ce roman m’a remis dans cette position.

Le père de Anne dans ce roman (autobiographique?) est loin d’être simple et leurs relations n’ont pas été faciles. D’ailleurs le frère de Anne n’a pas réussi à lui pardonner la vie qu’il leur a fait vivre et dans le roman, il est toujours amer.

Anne, quant à elle, a souffert également de ce père si special, original et fantasque au mieux, violent et alcoolique aux pires moments mais avec le temps elle a appris à le voir autrement et elle a beaucoup d’amour pour lui, tout en gardant un regard lucide sur ses mauvais côtés.

Mon père n’est pas du tout comme ce père mais nos relations ont toujours cette même ambivalence de « je t’aime mais tu m’exaspères » (des deux côtés) et ce roman m’a laissé imaginer ce que je pourrais ressentir à sa mort et de nombreux passages m’ont mis les larmes aux yeux.

Je pense que cette histoire sur le deuil, sur l’enfance et le fait de devenir adulte tout en restant l’enfant de son père, sur l’acceptation de l’autre et sur le temps qui passe, sur le fait qu’on ne connaît pas vraiment l’autre (la lettre de l’amie d’enfance du père est vraiment touchante) est une histoire assez universelle qui pourrait parler à de nombreux lecteurs.

J’ai aimé le style qui mêle une certaine poésie, de humour dans les descriptions de moments très terre à terre de ce deuil et de l’émotion comme les passages où il faut vider la maison, même si j’ai trouvé que la fin perdait en intensité comme si l’autrice ne savait pas comment finir.

Repéré dans l’émission de décembre 2019 des Bibliomaniacs.

10 commentaires sur « Avant que j’oublie : Anne Pauly »

  1. C’est un livre qui a été primé du prix Inter. Je l’ai lu aussi sans le chroniquer et je l’ai bien aimé.

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  2. Pas trop envie de pleurer en ce moment … Même si ce livre semble avoir une certaine tenue littéraire, alors, onne sait jamais. Je note pour plus tard, quand nos petits coeurs seront un peu moins sous pression !

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