Résumé d’Audiolib : «Depuis tant d’années, je tourne en rond dans ma cage, mes rêves sont peuplés de meurtre et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre. »
Séduite à l’âge de quatorze ans par un célèbre écrivain quinquagénaire, Vanessa Springora dépeint, trois décennies plus tard, l’emprise que cet homme a exercée sur elle et la trace durable de cette relation tout au long de sa vie de femme. Audelà de son histoire intime, elle questionne dans ce récit magnifique les dérives d’une époque et la complaisance d’un milieu littéraire aveuglé par le talent et la notoriété.
Force de caractère et puissance de la littérature se lient dans ce récit inoubliable et nécessaire, lu avec tact par Guila Clara Kessous. »

*

On a beaucoup entendu parler de ce livre qui a été très médiatisé en raison de son sujet et du fait que l’autrice parle de sa relation toxique avec Gabriel Matzneff l’auteur connu pour sa pédophilie.

J’appréhendais un peu cette lecture. J’avais peur que ce soit malsain et trop dur et en fait j’ai beaucoup aimé l’angle et le message choisis par Vanessa Springora pour parler de son histoire personnelle et en faire une histoire plus générale sur le consentement et l’emprise qu’un adulte peut avoir sur une jeune personne.

En effet, dans la première partie de ce texte, Vanessa Springora raconte comment elle est tombée sous le charme de Gabriel Matzneff et comment elle était persuadée du haut de ses 13 ans d’être plus que consentante, d’être choisie, aimée, importante, différente. Elle raconte la valorisation qu’elle ressentait auprès de cet homme charismatique et reconnu dans le monde littéraire et médiatique. Sa mère était au courant et acceptait… Cette partie m’a mise assez mal à l’aise je dois l’avouer, comme si elle excusait l’attitude de cet homme.

Et puis, il y a une prise de conscience que cette situation n’est pas normale, qu’elle est utilisée par cet adulte qui ne s’intéresse qu’à sa jeunesse. Elle découvre aussi par la lecture des textes de Mazneff, que ce n’est pas un homme qui est tombé amoureux par hasard d’une très jeune fille mais d’un prédateur qui revendique de choisir de ne coucher qu’avec de très jeunes personnes et là elle comprend que son consentement n’a pas été accordé en toute connaissance de cause, qu’elle a en fait été abusée.

Et la dernière partie raconte sa reconstruction difficile et son désir de sortir de ce cercle infernal, ce besoin de dire ce qu’elle a vécu et de donner son point de vue.

J’ai trouvé ce texte très bien écrit, très bien amené pour montrer l’évolution de la vision de la jeune Vanessa sur sa propre vie et qui rappelle que même si une fille de 13 ans semble consentante, c’est aux adultes de la protéger d’elle-même comme du prédateur (et là, on pense forcément aux parents, aux médecins…). J’ai été très touchée par ce texte qui est très bien lu avec beaucoup de douceur et de pudeur par Guila Clara Kessous qui est devenue V pour moi.

Et dans cet extrait de l’emission d’Apostrophe de 1990 (1990… c’est quand même hier, non?) dans laquelle Denise Bombardier a le courage de critiquer en face de Matzneff ce que tout le monde semble accepter… Ce que Denise Bombardier dit pourrait être un résumé du texte « Le consentement ».

Documentaire 2020

13 commentaires sur « Le Consentement : Vanessa Springora (Lu par Guila Clara Kessous) »

  1. Un texte très médiatisé et qui moi aussi, du coup, me faisait craindre une approche pathétique. Ce qui n’est absolument pas le cas, comme tu le dis. Il met à plat une stratégie, et un engrenage, La deuxième partie m’a sidérée par sa justesse.

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    1. C’est ça, la 2e partie est vraiment impressionnante, quand elle comprend ce qui lui arrive et du coup, la première partie où elle revient dans ce qu’elle éprouvait est essentiel, car on se dit que c’est vraiment aux adultes de protéger les jeunes, parfois d’ eux-mêmes en quelque sorte. Un témoignage très fort !

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    1. Mais oui ! Un sexisme terrible : plutôt que de remettre en question une attitude inacceptable de la société, on blackliste celle qui osé aller à contre courant. L’autrice parle d’elle à un moment de son livre.

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      1. Tout a fait…et cela se veut tolerant a toutes les idees…..bref….Elle a eu sa revanche, mais beaucoup trop tard !

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    1. L’autrice nous mets vraiment dans sa tête de l’époque et c’est ça que j’ai trouvé fort elle a commencé par se remettre dans son état d’esprit de 13 ans et retourne le tout avec sa vision en grandissant et montre ainsi les dégâts… Malgré le consentement apparent. Une très bonne version audio aussi !

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