Les Impatientes : Djaïli Amadou Amal (lu par Léonie Simaga)

Résumé de l’éditeur : « Trois femmes, trois histoires, trois destins liés. Ce roman polyphonique retrace le destin de la jeune Ramla, arrachée à son amour pour être mariée à l’époux de Safira, tandis que Hindou, sa soeur, est contrainte d’épouser son cousin. Patience ! C’est le seul et unique conseil qui leur est donné par leur entourage, puisqu’il est impensable d’aller contre la volonté d’Allah. Comme le dit le proverbe peul :  » Au bout de la patience, il y a le ciel.  » Mais le ciel peut devenir un enfer. Comment ces trois femmes impatientes parviendront-elles à se libérer ? Mariage forcé, viol conjugal, consensus et polygamie : ce roman de Djaïli Amadou Amal brise les tabous en dénonçant la condition féminine au Sahel et nous livre un roman bouleversant sur la question universelle des violences faites aux femmes. »

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Ce roman alterne trois voix de femmes et tourne autour du mariage et de la polygamie. On voit le point de vue de deux jeunes filles mariées contre leur volonté à la suite de la décision de leurs père et oncle et le point de vue d’une première épouse qui voit arriver dans son foyer une jeune co-épouse contre sa volonté. Ces trois récits sont aussi l’occasion de montrer l’organisation de ces mariages polygames au quotidien.

Ce que j’ai trouvé terrible dans ces histoires c’est que la situation patriarcale imposée par et pour les hommes est consciemment ou pas endossée par les femmes qui plutôt que de se soutenir et s’entraider se font du mal que ce soit les mères et les tantes envers les filles ou nièces ou les co-épouses.

Il y a de la violence de la part des hommes mais il y a aussi un déséspoir causé par les femmes, une sorte de transmission du malheur conjugal.

C’est assez triste et noir mais très bien écrit et très bien lu dans la version audio. Encore une fois je suis admirative que les lycées aient choisi un titre si percutant.

Entretien très intéressant avec l’autrice !

Merci!
2020
Catégorie « gros mot » de ma ligne audio

Le Poète : Michael Connelly (Lu par Benjamin Jungers)

Résumé de l’éditeur : La spécialité de Jack McEvoy, c’est la mort. En tant que chroniqueur judiciaire au Rocky Mountain News, il y a été confronté plus d’une fois. Mais rien n’a pu le préparer au suicide de son frère jumeau. Inspecteur de police, déprimé et incapable de supporter le meurtre non résolu d’une jeune femme retrouvée coupée en deux, Sean s’est tiré une balle dans la bouche, comme le font souvent les policiers dépressifs. Un sujet dont Jack décide de s’emparer, en guise de dernier hommage à son frère.
Mais en s’immisçant dans une base de données du FBI pour les besoins de son article, McEvoy découvre avec stupéfaction que beaucoup de policiers se sont suicidés dernièrement, et que le FBI mène l’enquête sur la mort de son frère. Il comprend alors que cette affaire est en passe de lui fournir le plus gros scoop de sa carrière. Il pressent aussi qu’il est devenu la prochaine cible du suspect, un assassin qui a, jusqu’à présent, toujours réussi à tromper les plus fins limiers lancés à ses trousses…
Le Poète, l’un des premiers jalons de l’oeuvre magistrale de Michael Connelly, brillamment porté par la lecture de Benjamin Jungers, fête en 2021 ses 25 ans.

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C’est le premier Michael Connelly que je lisais et j’ai vraiment apprécié ma découverte. C’est une histoire policière qui mêle à la fois des meurtres déguisés en suicides, une enquête qui part de l’intuition de Jack McEvoy un journaliste -frère d’une des victimes- jusqu’au FBI dont les services spécialisés s’occupent en acceptant la présence de Jack ce qui apporte un regard différent. Il y est question de serial killers, d’agents du FBI qui s’impliquent corps et âmes dans leur travail, d’histoires de crimes et d’histoires d’amour…

En parallèle, nous découvrons un prédateur sexuel qui participe à un réseau pédophile sans savoir tout de suite le lien avec le reste de l’enquête.

Pleine de rebondissements, cette enquête somme toute assez classique est très efficace. C’est un auteur que je relirai avec plaisir.

J’ai beaucoup apprécié le lecteur qui a rendu le texte très vivant.