Ce roman se passe dans la banlieue de Winnipeg, en hiver, sous la neige. Les chapitres alternent des voix de femmes toutes liées d’une manière ou d’une autre.

Cela commence avec une histoire d’enquête sur une attaque et un viol sordide sur une jeune fille mais ce n’est finalement qu’un déclencheur, un prétexte, car le coeur de cette histoire ce sont les femmes. En effet, l’autrice donne la parole à des femmes qui ont toutes comme point commun d’être Amérindiennes.

Elles sont de tous les âges et ont des modes de vies différents mais elles vivent toutes dans le quartier plus ou moins défavorisé du North End et sont liées par des liens familiaux ou amicaux ou par le hasard des rencontres, bonnes ou mauvaises. Elles portent toutes à leur manière leur héritage amérindien et c’est aussi un pan très important du roman.

Cette histoire va creuser dans leur psychologie, dans les relations humaines, dans leur rapport aux origines. J’ai vraiment beaucoup aimé l’ensemble et les différents portraits de femmes dressés par l’autrice.

Il y a un côté vraiment noir de par le point de départ, violent, et noir par tous les aspects sociaux -gangs, racisme, pauvreté- et plutôt sombre aussi sur le plan des relations entre les hommes et les femmes, mais c’est aussi un très beau roman sur la sororité, sur la transmission et sur la force que les femmes peuvent s’apporter quand elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes. Le personnage de la grand-mère, la Kookom, est particulièrement touchant. Et si les hommes sont plutôt absents, il y a quand même un jeune policier métis (prononcer « Méti », nom d’un peuple autochtone) qui sert de traits d’union et qui semble être celui qui sauve un peu l’image des hommes dans cette communauté de femmes.

J’ai beaucoup aimé et je ne peux que vous le recommander. C’est un premier roman et il a déjà beaucoup de force.

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Merci aux éditions Albin Michel!

4 commentaires sur « Les femmes du North End : Katherena Vermette »

  1. Oh punaise, c’est bien de leur donner la parole…cela reste quand meme un massacre….et rien n’est solutionne comme les disparues du nord du Mexique….

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