La Petite Poule D’eau : Gabrielle Roy (lu par Marie-Thérèse Fortin)

Résumé de l’éditeur : « Gabrielle Roy, à partir du souvenir d’un été passé dans une région sauvage du Manitoba, au nord de Winnipeg, un pays situé plus loin que le « fin fond du bout du monde », a imaginé le recommencement de toutes choses : de l’éducation, de la société, de la civilisation même. Ce pays de grande nature et d’eau chantante, elle l’a peuplé de personnages doux et simples, épris à la fois de solitude et de fraternité à l’égard de leurs semblables.

Ce roman, le deuxième de Gabrielle Roy, a été publié pour la première fois à Montréal, en 1950, puis à Paris et à New York en 1951. »

*

Le texte est séparé en 3 parties, comme trois nouvelles suivies : Les vacances de Luzina, L’école de la Petite Poule d’Eau, Le capucin de Toutes-Aides.

La famille Tousignant vit sur une île éloignée au Manitoba. Il n’y d’ailleurs qu’eux, cette grande famille aux nombreux enfants (11 enfants en 14 ans de mariage si je me souviens bien). Dans la première partie, les « vacances de Luzina », (Luzina est la mère de la famille), on découvre à quel point ils sont isolés et à quel point c’est compliqué de quitter l’île : barque, voiture du postier jusqu’à la grande ville… Parfois l’impossibilité de rentrer directement… Et pourtant, Luzina ne peut pas reporter son voyage, car elle doit faire quelques achats pour les enfants mais surtout, elle ramène immanquablement un nouveau bébé (que les plus petits pensent qu’elle a acheté pendant son voyage 😉

Dans la deuxième partie, on suit d’abord toutes les démarches faites par Luzina et Hippolyte pour faire en sorte que La Petite Poule d’eau puisse avoir son école étant donné que la famille a assez d’enfants pour avoir une institutrice. Puis on suivra les aventures des différentes arrivées d’enseignants sur l’île et leur influence sur les enfants qui vont tous vouloir poursuivre leurs études et finalement quitter leur maison ce qui attriste leur mère même si elle a toujours voulu qu’ils puissent être éduqués, elle qui a toujours été ouverte sur le monde et curieuse des autres.

Enfin dans le dernier chapitre, on ne voit presque plus la famille Toussignant pour suivre le capucin, l’homme d’église de la région qui est à la fois très pieux et très ouvert, parlant de nombreuses langues, se mêlant avec tout le monde et avec gentillesse et bon sens, il arrive à faire le bien sans être sectaire. On finit en retrouvant La Petite Poule D’eau où il vient faire la messe annuelle.

J’ai bien aimé ce roman, qui nous plonge vraiment dans le Canada rurale dans cette famille de « Canadiens Français » au milieu d’un grand mélange de nationalités. Ces personnages sont vraiment attachants, les situations sont souvent cocasses et les conditions de vie vraiment extrêmes. On voit aussi qu’on arrive à un tournant dans la société avec l’évolution entre la vie menée par les parents et les vies que les enfants vont avoir.

J’ai souvent pensé à la BD « Magasin Général » en lisant ce livre.

J’ai beaucoup aimé la version audio découverte grâce à Radio Canada qui propose des livres audio téléchargeables gratuitement.

 avec Sylire  : Allons voir son avis (pour elle s’est une relecture alors je pense qu’elle a aimé 😉

  Chez Sylire

  chez Karine:) et  Yueyin

L’âge d’or : Roxanne Moreil et Cyril Pedrosa

J’adore Cyril Pedrosa : j’ai eu des coups de coeur pour plusieurs de ses BD comme « Trois ombres« , « Portugal » et « Les equinoxes« . J’aime son trait et son traitement des couleurs. Je savais que je lirai cet album sans même savoir de quoi il parlait et je n’ai pas été déçue!

Cet album est tout d’abord sublime au niveau des couleurs et des dessins. J’aurais voulu prendre des photos de toutes les pages mais vous pourrez voir plusieurs planches ici par exemple.

J’ai tout aimé dans cette BD -sauf la dernière page où il est écrit « A suivre » et évidemment… la suite n’est pas encore disponible ! (mais heureusement, le tome 2 est prévu pour la fin 2020). D’un autre côté cela expliquait pourquoi je ne comprenais pas la fin : ce n’était pas réellement fini! 😉

L’histoire se situe dans une époque ancienne, sans doute médiévale. Tilda, la fille aînée du roi qui vient de mourir aurait dû reprendre le trône mais se trouve mise à l’écart au profit de son jeune frère suite à des manigances de certains chevaliers et de sa mère.

Avec l’aide de Tankred et Bertil, deux fidèles, Tilda fuit le château pour essayer de rallier d’autres chevaliers à sa cause et ils vont vivre des aventures qui vont lui faire découvrir une communauté de femmes qui vivent en harmonie, cachées du monde extérieur, mais aussi assister à la montée d’une révolte de la population contre les maîtres et les puissants.

La nature est très présente dans cet album, avec des dessins sublimes, il y a plein de recherches dans la manière de mettre les scènes en place comme des avancées des personnages qui cheminent sur la même page dans le même paysage.

La place des femmes -ou son absence de place- est au centre de la BD, en particulier avec le personnage de Tilda, une jeune femme forte et attachante.

L’histoire mêle subtilement des aspects historiques, des aventures, une quête, et des aspects fantastiques, magiques, tout cela prenant la forme du conte et de la légende, mais aussi ancré dans la réalité avec les luttes sociales.

C’est donc un album extrêmement riche!

J’ai vraiment hâte de lire la suite!

Vidéo passionnante sur les dessins par Cyril Pedrosa :

  chez Moka 

Repéré chez Noukette

Que faisions nous le lundi 11/11 à 11h11 et/ou à 23h11?

Le 11/11 nous avons été 17 à prendre 22 photos -au même moment ou presque- de ce que nous étions en train de faire.

J’ai envoyé les photos à Steff qui a fait les mosaïques  :

A 11h11 : 14 PHOTOS

  1. Personnellement, je passais vite fait dans mon jardin et je constatais qu’il y des nouvelles roses.
  2. Steff prenait soin de sa traditionnelle plante de noël.
  3. Céline était en train de se prendre un peu la tête pour remplir le dossier d’entretien du rdv carrière (qui avait lieu le lendemain matin!)
  4. Nath B passait une vraie matinée tranquille. Chacun vaque à ses occupations. Pour elle : lecture,ordi… le tout accompagné d’un bon thé.
  5. Aifelle s’est enfin mise à trier ses livres pour en donner. Elle est trop envahie.
  6. Argali visitait l’expo Bansky à Amsterdam.
  7. Nath Sci continuait de repeindre les murs d’une des chambres pour y mettre son bureau! Et pour y faire aussi une bibliothèque / salle de lecture… Elle aurait dû mettre une photo de son T-shirt (il est constellé de jolies tâches blanches !!)
  8. Marion remplissait sa feuille de temps de la semaine.
  9. Chantal s’accordait un petit moment de détente avec les cours d’aquarelle de @tribulationsdemarie.
  10. Didingc travaillait sur son ordi.
  11. Mare tea ne finissait de verser sa gelée de pommes dans les pots il n’y avait plus qu’à visser les couvercles.
  12. Sandrion était au téléphone avec son papa, dans sa chambre, et dès qu’elle a raccroché elle a pris la photo !
  13. Rachel préparait sa saison été…les valises hiver se remplissent (mais n’oublions pas que Rachel habite de l’autre côté du globe ;-))
  14. Wakanda profitait de son lit avant de se lever pour se rendre à une course « Le Jogging de la Paix » 12km.

A 23h11 : 8 PHOTOS

  1. Personnellement, j’étais en train de lire quelques pages de « La ferme des Neshov » de Anne B Ragde.
  2. Steff venait de graver un cd de méditation pour une copine.
  3. BibAudrey lisait quelques pages de « Quelqu’un sous les paupières » de Cristina Sanchez-Andrade.
  4. Didingc était en train de  bouquiner un roman jeunesse « Warcross » de Marie Lu, 5 minutes avant d’éteindre.
  5. Mélanie finissait l’organisation du swap américain… En finissant son cahier, elle maudissait tous les participants mais lorsqu’elle s’engage dans quelque chose elle essaye de le faire à fond et bien de préférence 😉 (Courage, Mélanie, tu vas t’en sortir 😉
  6. Nath B préparation du matériel pour animer l’atelier scrap du lendemain soir.
  7. Rachel finissait la vaisselle.
  8. Wakanda était en train de continuer sa lecture « Le vol du Frelon » de Ken Follett

Merci à tous les participants : les fidèles (les accros?) et les occasionnels (n’hésitez pas à en parler autour de vous, on peut même jouer sans blog ou sans réseau social!)

Le prochain rendez-vous sera le :

jeudi 12/12 à 00h12 (dans la nuit de dimanche à lundi) et/ou à 12h12!

La vérité sort de la bouche de Bastien

Bastien a 10 ans et 1 mois et la vérité sort toujours de sa bouche 😉

  • « Je voudrais bien écrire un roman et j’aimerais bien être édité un jour, mais je pourrais jamais attendre d’être adulte ! Tu pourrais demander à ton amie qui est auteure qu’elle me donne des conseils !« 

 

  • « Bastien, tu mets la table s’il te plaît !
    Oh non ! J’en ai marre de mettre la table !« 

 

  • « Tu ne devrais pas crier ou mettre des croix à tes élèves parce que moi, avec mes copains, on se plaint de la maîtresse derrière son dos quand elle fait ça, alors si tu veux pas que tes élèves t’aiment pas et disent du mal de toi…« 

 

  • « Oh non ! On mange un gratin de pommes de terre avec des courgettes ! C’est l’automne ! Normalement c’est fini les courgettes ! Déjà qu’en automne je vais être obligé de manger des citrouilles alors quoi? maintenant je vais être obligé de manger les deux ensemble ?!« 

 

  • « J’y croyais pas trop mais en fait le doliprane c’est un peu une potion magique !« 

 

Bastien a encore eu la grande chance de pouvoir fêter son 10e anniversaire avec ses 4 grands-parents :

Et je ne résiste pas à l’envie de partager avec vous sa dernière rédaction à l’école dont le sujet était « Devine ce qu’il peut y avoir dans le sac de la maîtresse. » :

Où va le blog cette semaine?

Où va le blog cette semaine?

Après un weekend musical au festival Les Rendez-vous Sonique avec la grande chance de voir Catherine Ringer qui chantait Les Rita Mitsouko (je vous mets un lien vers une interview très intéressante d’elle!) ça a été une semaine de travail et de pluie chez moi ce qui est un peu déprimant… Je lis un peu et j’essaie d’avancer dans la peinture de la maison… Bref une semaine fatiguée d’entrée dans l’hiver  😉

Alors quel est le programme de la semaine?

Demain lundi 18 novembre, ce sera le rendez-vous des petites phrases de Bastien (car à plus de 10 ans, il continue, même si j’en note peut-être moins).

Mercredi 20 novembre, je parlerai la BD « L’âge d’or » (un coup de coeur) pour le rendez-vous hebdomadaire chez Moka.

Vendredi 22 novembre, vous trouverez mon avis sur la version audio de « La Petite Poule d’Eau » en EC avec Sylire pour Québec en Novembre.

Et enfin, dimanche 14 novembre, je vous parlerai d’un coup de coeur pour un album jeunesse « Une berceuse en chiffon » pour Québec en novembre.

En ce moment, avec les yeux, je viens de commencer « Caché dans la maison des fous » de Didier Daeninckx (tiré au sort au Book Jar)  et avec les oreilles je suis en train d’audiolire « Une histoire des abeilles » de Maja Lunde (Lu par Caroline Tillette, Vincent Ropion, François Hatt) (que j’aime beaucoup et qui est pour le mois Nordique de Cryssilda en décembre). Mes prochaines lectures seront puis « Indésirable » de Yrsa Sigurdadóttir et pour la lecture audio, je pense que ça sera « Selfies » de Jussi Alder Olsen (lu par Julien Chatelet) (toujours pour le mois Nordique de Cryssilda en décembre)

Bonne semaine et belles lectures à tous! A bientôt!

La petite patrie : Julie Rocheleau et Normand Grégoire

Résumé de l’éditeur « La Pastèque » : « Publié en 1972, La Petite Patrie de Claude Jasmin est un roman autobiographique qui a connu un vif succès. Chronique d’un quartier populaire de Montréal, il nous offre le regard d’un enfant de huit ans sur le monde qui l’entoure à l’aube des années 40 : la guerre, la religion, les jeux de ruelles, l’amour et la mort…

Julie Rocheleau et Normand Grégoire nous offre une adaption du populaire roman de Claude Jasmin, un livre qui nous rappelle notre enfance et l’insouciance qui s’y rattache. »

*

Cette bande dessinée raconte la vie dans un quartier populaire de Montréal où les enfants jouent à la guerre alors que les mères les appellent pour venir manger et que les pères discutent de la vraie guerre. Il y a donc principalement des histoires de la vie quotidienne racontées à hauteur d’enfants et c’est très vivant!

Mais c’est aussi l’occasion de montrer la vie des montréalais, la famille catholique nombreuse, le regard choqué sur une mère célibataire par exemple. Mais j’ai aussi aimé les arrière-plans qui nous montrent la réalité de l’époque et qui ne sont pas perçus par les enfants : les départs à la guerre et l’annonce de la mort du soldat.

Les dessins et les couleurs sont très dynamiques et agréables. J’ai aimé cette BD qui fait voyager au Québec et dans le temps. à découvrir!

chez Karine:) et  Yueyin

Nikolski : Nicolas Dickner (lu par l’auteur)

Résumé de l’éditeur : « Canada, printemps 1989. Trois personnages à l’aube de leurs vingt ans ont quitté le lieu de leur enfance pour entamer une longue migration.

Né quelque part au Manitoba, Noah Riel a appris à lire avec les cartes routières.

Joyce Doucet, elle, a vu le jour à Tête-à-la-Baleine, et caresse des rêves de flibustier moderne.

Quant au narrateur, il quitte le bungalow maternel pour voyager dans les livres, qu’il vend dans une bouquinerie de Montréal, et ne se sépare jamais d’un compas-boussole déréglé qui s’obstine à pointer la direction de l’îlot de Nikolski, dans le Pacifique Nord.

Au terme d’une migration réelle ou symbolique qui s’achève en décembre 1999, « quelques heures avant la fin du monde », les membres de cette étrange trinité auront tant bien que mal compris ce qui les rassemble.

Best-seller au Canada, couronné en 2006 par le prix des Libraires du Québec, Nikolski est l’un des romans les plus originaux et les plus talentueux de sa génération. Une impossible recherche des origines racontée avec bonheur et humour. »

*

Alors, si je vous ai écrit le résumé de l’éditeur, c’est que je n’ai aucune idée de comment j’aurai pu vous faire mon propre résumé car … je n’ai rien compris à ce roman… Pour être tout à fait franche, j’ai même audiolu deux heures du roman et ne comprenant rien, j’ai recommencé depuis le début et quand je l’ai terminé, j’ai malgré tout eu l’impression d’avoir lu des bouts de romans en lecture aléatoire (ce qui n’était pas le cas, je vous rassure quand même!).

Je n’ai pas vu le lien entre les personnages, je n’ai même pas vu de liens au sein des histoires de chaque personnage… Quand je vois dans le résumé de l’éditeur que « les membres de cette étrange trinité auront tant bien que mal compris ce qui les rassemble », je me dis que j’ai raté ce moment et je n’ai pas du tout compris 😉

Alors, pourquoi l’avoir lu jusqu’au bout me direz vous? Oui, je me pose la même question! Si je l’avais lu en version papier, c’est sûr que j’aurais abandonné ma lecture mais la seule chose qui m’a fait tenir c’est que l’auteur lit très bien son texte. Il a une voix, une diction et un accent très agréable… Malheureusement, ça ne suffit pas et je suis totalement passée à côté de ce roman…

avec Sylire et Isabelle : Allons voir leurs avis, je suis très curieuse de savoir si elles ont plus apprécié que moi  (ce qui ne sera pas difficile 😉

Découvert grâce à Radio Canada qui propose des livres audio téléchargeables gratuitement.

 Chez Sylire

  chez Karine:) et  Yueyin

Challenge Goncourt des Lycéens

Comme tous les ans, je profite de la proclamation du nouveau lauréat du Prix Goncourt des Lycéens hier pour faire remonter le challenge que j’avais lancé en 2011 et que certains continuent de faire vivre au fil des ans!

Le prix Goncourt des Lycéens existe depuis 1988, il a été crée par la FNAC et le Rectorat de Rennes et a pour vocation de promouvoir le monde des livres. Les lycéens qui y participent doivent lire la première sélection du Prix Goncourt. J’ai lu quelques romans ayant ce prix et j’ai toujours été très agréablement surprise de la qualité des choix des lycéens… Je me dis aussi que j’aurai adoré participer à ce prix quand j’étais moi-même lycéenne (et j’aurai pu… j’entrai en seconde en 1988!)

Alors depuis 2011, je vous propose de vous remettre dans la peau d’un lycéen…

Je vous propose de lire le plus de romans ayant obtenu ce prix…

Ce n’est pas vraiment un challenge mais un projet collectif : le but est de découvrir le maximum de titres du Goncourt des Lycéens et avec l’aide des autres participants, de créer une bibliothèque d’avis sur tous ces titres. Et pour cela, vous pouvez m’envoyer 1 seul lien ou tous (ou moins ;-), lire des livres exprès ou au hasard de vos rencontres littéraires et même  m’envoyer des liens rétroactifs 😉

En 2019,  le gagnant du Prix Goncourt des Lycéens est « Les choses humaines » de Karine Tuil

Si vous êtes intéressés, inscrivez vous dans les commentaires de ce billet, si possible ajoutez le logo et un lien vers ce billet pour informer vos lecteurs (et peut-être leur donner envie!) et faites moi signe avec le titre et le lien vers votre billet dès que vous avec lu un roman!

Les lecteurs sans blogs sont les bienvenus!

La liste des participants et leurs lectures est ici!

La liste des titres et des avis est ici!

L’objectif de ce challenge étant de rassembler le maximum d’avis sur le maximum de titres, n’hésitez pas à m’envoyer vos liens!

Voici la liste des romans concernés :
1988 : « L’exposition coloniale » de Erik Orsenna
 1989 : « Un grand pas vers le Bon Dieu » de Jean Vautrin
1990 : « Le Petit Prince cannibale » de Françoise Lefèvre
1991 : « Les filles du calvaire » de Pierre Combescot
1992 : « L’île du lézard vert » de Edouardo Manet
1993 : « Canines » de Anne Wiazemsky
1994 : « Belle-mère » de Claude Pujade-Renaud
1995 : « Le testament français » de Andreï Makine
1996 : « Instruments des ténèbres » de Nancy Huston
1997 : « Le maître des paons » de Jean-Pierre Milovanoff
1998 : « Mille six cents ventres » de Luc Lang
1999 : « Première ligne » de Jean-Marie Laclavetine
2000 : « Allah n’est pas obligé » de Ahmadou Kourouma
2001 : « La joueuse de go » de Shan Sa
2002 : « La mort du roi Tsongor » de Laurent Gaudé
2003 : « Farrago » de Yann Apperry
2004 : « Un secret » de Philippe Grimbert
2005 : « Magnus » de Sylvie Germain
2006 : « Contours du jour qui vient » de Léonora Miano
2007 : « Le rapport de Brodeck » de Philippe Claudel
2008 : « Un brillant avenir » de Catherine Cusset
2009 : « Le club des incorrigibles optimistes » de Jean-Michel Guenassia
2010 : « Parle leur de batailles, de rois et d’éléphants » de Mathias Enard
2011 : « Du domaine des murmures» de Carole Martinez
2012 : « La Vérité sur l’affaire Harry Quebert» de Joël Dicker
2013 : « Le quatrième mur» de Sorj Chalandon
2014 : « Charlotte» de David Foenkinos
2015 : « D’après une histoire vraie» de Delphine de Vigan
2016 : « Petit pays » de Gaël Faye
2017 : « L’Art de perdre » de Alice Zeniter
2018 : « Frère d’âme » de David Diop
2019 : « Les choses humaines » de Karine Tuil

Jeu blanc : Richard Wagamese

Saul Indian Horse, le narrateur, commence par expliquer que dans le cadre d’une thérapie il doit raconter son histoire pour se sortir de ses problèmes.

Il commence par son enfance dans une famille d’Indiens ojibwés au Canada. Ses parents, qui étaient passés par des internats catholiques qui les avaient abîmés, faisaient tout pour éviter que leurs enfants y soient envoyés. Avec la grand-mère, la famille se réfugie dans une nature imprégnée des traditions de leur peuple.

Malheureusement, les internats rattrapent Saul quand il se retrouve totalement seul au monde. Cet endroit, a pour seul objectif de laver les cerveaux des jeunes indiens et de leur retirer toute caractéristique indienne (le fameux « Kill the Indian in the child » dont j’ai déjà parlé dans le roman jeunesse éponyme). Saul va d’ailleurs se tenir à l’écart de sa vie, s’anesthésier de tout sentiment, une façon pour lui de survivre et en même temps, il raconte des histoires assez terribles qui arrivent à d’autres enfants : des morts, des sévices, des dépressions…

Et puis, un prêtre arrive dans ce pensionnat et lui fait découvrir le hockey sur glace. Il sera un peu son ami, son entraîneur et il lui permettra de vivre cette passion qui deviendra le seul domaine où Saul se sent vivant. Il excelle dans ce sport et il a presque des visions qui lui permettre de se dépasser et de gagner.

Il est reconnu et est même recruté dans une équipe indienne ce qui lui permet de quitter le pensionnat et ses talents de joueur vont se fracasser contre le racisme que rencontre les joueurs indiens auprès des Canadiens blancs qui ne supportent pas de partager « leur » jeu.

Il y a beaucoup de scènes sur le hockey, un sport auquel je ne connais rien et pourtant j’ai vraiment apprécié ces passages qui qui apportent vraiment beaucoup au roman, tant par le rythme que parce qu’il accompagne le personnage dans son évolution.

Le roman se sépare en quatre vies de Saul : la jeunesse indienne et « sauvage », très belle, sa jeunesse éteinte et détruite au pensionnat, la vie de joueur de hockey qui est à la fois enrichissante mais à nouveau destructrice par le racisme et enfin, la dernière partie où Saul bataille avec ses passés et surtout ce qu’il s’est caché à lui-même…

Ce roman, à travers l’histoire d’un homme, c’est celui de la destruction d’un peuple au travers d’un personnage et la résilience…

Et puis, c’est vraiment beau et fort. Je ne peux que vous le conseiller

Aujourd’hui, je vous parle aussi du roman « Wenjack » de Joseph Boyden qui est aussi sur cette thématique des Premières Nations et des Residential schools.

Repéré chez Aifelle.

 chez Karine:) et  Yueyin (Un invité Canadien au Québec)

Wenjack : Joseph Boyden

 

Difficile de classer ce texte : est-ce un très court roman ou une nouvelle? Est-ce un récit sous forme de poème ou un biographie romancée? En tout cas, une chose est certaine : c’est un très beau texte sur un sujet poignant, raconté avec beaucoup de pudeur et de poésie. Je ne sais pas si ce texte est traduit, j’ai eu du mal à le trouver même en anglais, je l’ai commandé à une librairie de livres d’occasion aux Etats-Unis (en passant par Ama*on… pas le choix malheureusement).

J’ai découvert ce texte lors d’une conférence sur les horreurs qui ont été commises à l’encontre des peuples amérindiens (« First Nations ») quand les enfants étaient retirés de leurs familles pour être placés dans les « Residential Schools » qui n’étaient rien de moins que des centres de rétentions et de lavage de cerveaux pour détruire toute part indigène de ces enfants. Dans mon billet sur le roman jeunesse « Kill the Indian in the child »  (qui raconte également la vie de Chanie Wenjack, un jeune garçon qui a vraiment existé et qui est mort en fuyant son « internat » sordide) je vous en disais plus sur le sujet et j’avais aussi mis des liens qui pourront compléter ce billet. Pour éviter des redites, n’hésitez pas à aller y faire un tour.

Dans ce texte de Joseph, Boyden, c’est donc l’histoire de Chanie Wenjack qui nous est contée. J’utilise ce mot exprès car l’auteur ici a choisi de nous raconter la fuite du jeune garçon, ses derniers jours, vus au travers du regard d’esprits de la nature qui prennent corps dans des animaux qui croisent le chemin du garçon. Il adapte donc les traditions amérindiennes à cette histoire réelle et atroce. Chaque chapitre donne la parole à un animal et la première page du chapitre est illustré de cet animal.

C’est un texte très touchant pour une histoire dramatique à l’échelle d’un pays (voir d’un continent!)

Pour aller plus loin sur le sujet (Cliquez sur la photo)

Une vidéo avec Joseph Boyden sur l’histoire de Chanie Wenjack et sur les Residentials Schools (en anglais) :

Aujourd’hui, je vous parle aussi du roman « Jeu blanc » de Richard Wagamese qui est aussi sur cette thématique des Premières Nations et des Residential schools.

 chez Antigone

 chez Karine:) et  Yueyin (Un invité Canadien au Québec)