Le prix Audiolib 2019

Hier soir, j’ai appris une bonne nouvelle!

Pour la 7ème année consécutive, je suis membre du jury du Prix Audiolib, organisé par la maison d’édition.

Je suis très contente à l’idée de faire des découvertes vers lesquelles je ne seraient peut-être pas allée de moi même. Je suis aussi très contente de retrouver des copines blogueuses parmi les jurés!

Voici les titres que je vais être amenée à lire avec les oreilles entre janvier et mai :

  • Avec toutes mes sympathies d’Olivia de Lamberterie lu par l’autrice
  • Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard lu par Clara Brajtman
  • Fief de David Lopez lu par l’auteur
  • Frère d’âme de David Diop lu par Babacar M’baye FALL 
  • L’art de la joie de Goliarda Sapienza lu par Valérie Muzzi
  • La Daronne d’Hannelore Cayre lu par Isabelle de Botton 
  • La Toile du monde d’Antonin Varenne lu par Julien Defaye
  • Martin Eden de Jack London lu par Denis Podalydès 
  • My Absolute Darling de Gabriel Tallent lu par Marie Bouvet
  • Un Gentleman à Moscou d’Amor Towles lu par Thibault de Montalembert

J’ai déjà audiolu « La Daronne » d’Hannelore Cayre (et j’ai bien aimé) et j’ai eu un coup de coeur / coup de poing pour « My Absolute Darling » de Gabriel Tallent

Je suis ravie de voir qu’il y a « Frère d’âme » de David Diop car c’est le prix Goncourt des lycéens 2018 et que j’avais l’intention de le lire un jour.

« La Toile du monde » d’Antonin Varenne m’intéresse car j’avais bien aimé « 3000 chevaux vapeurs » du même auteur.

« Martin Eden » de Jack London sera pour moi de lire un classique que je ne connais pas.

Je ne connais pas « Un Gentleman à Moscou » d’Amor Towles mais le lecteur, Thibault de Montalembert, est un de mes lecteurs chouchous 😉

Quant aux autres titres, je ne les connais pas mais c’est parfois parmi les titres inconnus qu’on a des coups de coeur inattendus 😉

En avez-vous lus ou audiolus?

Promesse (T6) : Jussi Adler-Olsen (lu par Julien Chatelet)

Ce roman est la 6ème enquête du Département V de Carl Mørck, Assad et Rose après « Miséricorde », « Profanation » et « Délivrance » , « Dossier 64 » et « L’effet papillon« .

Nous retrouvons donc les personnages récurrents avec leur département qui s’occupe des affaires non élucidées. Cette fois, un policier de Bornholm demande de l’aide à l’inspecteur Carl Mørck pour résoudre une enquête qu’il mène depuis 17 ans. Sans laisser le temps au département V de réagir, ce dernier se suicide et Rose insiste pour qu’ils reprennent l’enquête.

Il s’agit en réalité d’un accident de la route qui a vu la mort d’une jeune fille mais le policier qui a retrouvé le corps est persuadé que c’est un meurtre et il a remué ciel et terre pur trouver des preuves. Carl et son équipe reprennent les documents laissés et ils interrogent les gens qui ont connu la jeune femme à l’époque sur l’île de Bornholm. Ils se mettent  à la recherche d’un homme charismatique nommé Frank qui aurait eu des liens avec la victime…

En parallèle, nous suivons des membres d’une organisation qui ressemble à une secte, en tout cas, une communauté pseudo religieuse, ésotérique …

Vous vous doutez bien qu’il n’y a pas de hasard et que des liens vont se tisser entre toutes les parties!

J’avais été déçue par le précédant tome mais j’ai retrouvé l’équipe du département V avec plaisir et cette fois j’ai beaucoup aimé. J’ai retrouvé l’humour et les relations entre les personnages qui évoluent régulièrement et qui s’approfondissent ainsi que les aspects psychologiques des personnages récurrents.

Au niveau de l’histoire, je l’ai trouvée bien construite et j’ai été surprise à la fin après avoir cru que j’avais deviné et c’est bien agréable dans un polar.  Par contre, si l’histoire principale est indépendante des autres tomes, il y a malgré tout des éléments concernant les personnages que l’on suit depuis le début qui échapperont sans doute aux nouveaux lecteurs.

 Chez Sylire

 chez Cryssilda (Danemark) 

La Faiseuse d’anges (Tome 8) : Camilla Läckberg (lu par Jean-Christophe Lebert)

Comme d’habitude avec Camilla Läckberg, l’histoire se passe dans la ville balnéaire de Fjällbacka et alterne la vie quotidienne des habitants, de Erika Falck et son mari Patrick Hedström, sa soeur Anna et du commissariat avec ses personnages récurrents, un crime non élucidé appartenant au passé et un passé plus lointain, mystérieux dont on ne connait pas au début le lien avec le présent.

Pour le passé lointain, il s’agit de la vie Dagmar, de la fille de la « faiseuse d’anges », une femme condamnée à mort au début du 20ème siècle pour avoir assassiné des bébés. Dagmar va vivre dans la misère et la folie…

Puis, on a aussi une autre histoire qui va être développée : en 1974, sur l’île de Valö au large de Fjällbacka, où il y avait un pensionnat pour adolescents riches, la famille du directeur a disparu sans laisser un signe de vie en plein milieu du repas de Pâques. Seule Ebba, la petite fille de 1 an, est retrouvée sur l’île. Les pensionnaires étaient tous absents pendant les vacances à part une bande de 4 jeunes. L’enquête à l’époque n’a pas permis de retrouver la famille, le père et la mère d’Ebba et son demi-frère et sa demie-soeur adolescents, que ce soit vivants ou morts.

De nos jours, trente ans plus tard, Ebba revient sur l’île et retape la maison dont elle a hérité de sa famille disparue, avec son mari. Ils ne vont pas bien tous les deux car ils sont en deuil de leur fils et les relations entre eux sont très tendues. Un incendie se déclare dans la maison et l’enquête montre que c’était criminel. Pendant les travaux, ils découvrent du sang ancien sous le plancher de la salle à manger … Cela remet sur le devant de la scène l’enquête de 1974…

Il se trouve qu’à Fjällbacka, les quatre anciens pensionnaires de l’île, sont encore en contact. Ils ont tous des vies différentes, très opposées et pourtant il existe encore un lien entre eux et les enquêteurs qui reviennent sur l’ancienne enquête sont donc amenés à les interroger à nouveau pour éclaircir les choses…

Erica qui est toujours aussi curieuse se passionne pour l’enquête d’autant qu’elle avait déjà rassemblé tout un dossier sur le sujet pour écrire un livre. Et comme d’habitude, sa curiosité va l’amener là où elle ne devrait pas aller et la mettre en danger…

J’ai bien aimé ce roman et je suis contente d’avoir retrouvé les personnages. J’avais été un peu déçue par le tome 7 mais celui-ci m’a donné envie de poursuivre (mais avec une pause quand même). J’ai aimé la version audio, très vivante sans être caricaturale.

La série d’Erika Falck :

La princesse des glaces (Tome 1) 

Le prédicateur (Tome 2)

Le tailleur de pierre (Tome 3)

L’oiseau de mauvais augure (Tome 4)

L’enfant allemand (Tome 5)

La Sirène (Tome 6)

Le gardien de phare (Tome 7)

 Chez Sylire

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

 chez Cryssilda (Suède)

Les bottes suédoises : Henning Mankell (lu par Marc-Henri Boisse)

J’avais bien aimé « Les chaussures italiennes« , dont ce roman est la suite, mais malheureusement je vais avoir un peu de mal à vous parler de celui-ci car je dois avouer que je me suis surtout ennuyée en le lisant et que si ça n’avait pas été un livre audio, je ne l’aurais sans doute pas fini…

Fredrik Welin, le personnage médecin à la retraite du premier roman, vit toujours seul sur son île de la Baltique. Il n’a que peu de contacts avec le monde extérieur, se contentant de sa vie solitaire même s’il se sent vieillir.

Une nuit, il réussit à s’échapper de sa maison en flammes. Il est contraint de vivre dans la caravane laissée par sa fille sur l’île, dans un grand dénuement.

Il fait la connaissance d’une journaliste locale, Lisa Modin, qui vient parler de cet incendie ravageur, et il se plait à croire qu’il pourrait connaître une relation plus qu’amicale avec elle (même s’il a 70 ans et elle, une trentaine d’années de moins).

Il revoit aussi sa fille qui vient lui rendre visite sur l’île. Elle est entourée de mystère : de quoi vit-elle, où vit-elle : elle reste très secrète. Les relations entre le père et la fille (qui ne se sont rencontrés pour la première fois que 4 ans auparavant, (dans le roman « Les chaussures italiennes ») ont parfois des relents de crise d’adolescence (bien que Louise soit une adulte!). Elle va cependant se livrer plus que jamais, annonçant à son père qu’elle est enceinte. Et Fredrik va même aller à Paris pour aller découvrir sa vie là-bas.

L’incendie de la maison s’avère être criminel et c’est d’abord Fredrik qui est soupçonné mais en son absence, un autre incendie a dévasté une maison de l’archipel et Fredrik n’est donc plus suspect. Il va découvrir qui est le coupable (mais personnellement, je dois dire que je n’ai absolument pas compris pourquoi le coupable a fait cela… et vu que c’était à la fin du roman et que je m’ennuyais déjà depuis un moment ça ne m’a pas plus intéressé que ça…)

Il y aussi certainement toute une réflexion sur le vieillissement, sur la fin de vie. La maison qui a brûlée est celle de ses grands-parents et c’est donc la fin de quelque chose, d’une époque. Il y a des décès naturels qui s’accumulent autour de lui et la cohabitation avec sa fille lui fait penser à la mère de cette dernière qui est décédée…

Mais j’ai trouvé ça lent et sans grand intérêt. Le personnage de Fredrik ne m’a pas plu, je l’ai trouvé souvent arrogant et j’ai trouvé que pratiquement tout était incohérent. Et puis il y a des passages dont je n’ai pas vu le but : un surfeur squatteur de tente, le passé de la famille de Lisa Modin…

Bref, je vous conseille « Les chaussures italiennes » mais pas forcément celui-ci et pourtant, j’ai lu les deux en version audio, lus par le même lecteur…

A vous de vous faire votre propre idée! Mais comme c’est une  avec Jostein : allons voir son avis, elle vous donnera peut-être plus envie que moi!

 Chez Sylire

 chez Cryssilda (Suède)

Hôtel Lonely Hearts (édité en France sous le titre : Les enfants de coeur) : Heather O’Neill (lu par Alice Pascual)

Comme il va être difficile de vous parler de ce roman qui est très riche et complexe! C’est un roman à la fois très réaliste- avec des aspects sociaux, historiques et des thématiques très dures mais aussi très proche du conte, un peu irréel et poétique. C’est aussi par moments érotique et pourtant plein de rêves presque enfantins.

Alors, je vais essayer d’en parler sans trop en dire et vous donner envie. Mais sachez que j’ai beaucoup aimé, je me suis vraiment plongée dans cette sorte de saga, une histoire d’amour magnifique et triste à la fois.

L’histoire commence en 1914 dans un orphelinat de Montréal. Nous allons suivre deux bébés arrivés chez les bonnes soeurs (pas si « bonnes »… Même très mauvaises pour au moins l’une d’entre elles…). Là-bas, tous les enfants s’appellent Marie et Joseph mais ces deux bébés seront connus sous les noms de Rose et Pierrot car ils sont loin d’être comme les autres. Très vite, ils se révèlent avoir une forte personnalité, une capacité à fédérer les autres autour de leur caractères fantasques, artistiques et détachés de ce qui les entoure.

Les enfants grandissent ensemble et deviennent même des artistes « loués » par les religieuses auprès de familles aisées, Pierrot étant un prodige du piano et Rose une danseuse-mime talentueuse. Ils découvrent une autre vie et rêvent de cirque… Ils tombent amoureux mais sont séparés – tout d’abord par la mauvaise conscience de Pierrot qui ressent un désir coupable pour Rose et puis par l’adoption du jeune homme par un homme riche et par l’emploi de Rose comme gouvernante dans une famille aisée.

Puis chacun de leur côté, leurs vies plutôt rangées se délitent … Rose devient la maîtresse d’un proxénète et trafiquant de drogue influent à Montréal et Pierrot se retrouve à la rue et entre des vols et des séances de piano dans des cinémas, il tombe dans l’addiction à la drogue…C’est la période de la Grande Depression, on voit la grande pauvreté, les aspects les plus glauques des bas fonds de la société…

Les deux amoureux ne se sont jamais oubliés et quand enfin, le hasard les réunit, ils vont mettre à execution leur rêve de monter un cirque de clowns avec toute la poésie qu’il peut y avoir dans ce projet un peu fou.

Mais la réalité de la vie poétique est confrontée à la vie des milieux de la pègre auxquels ils se mêlent… L’amour suffira-t-il?

Ce roman est noir et glauque par de nombreux aspects comme les abus sexuels, la prostitution, la pauvreté, l’exploitation des femmes et la drogue, mais il est surtout plein d’amour, de rêves, de sensualité (et d’érotisme). Rose et Pierrot sont comme des amants maudits, des enfants qui même s’ils vivent des vies d’adultes très tôt et très dures, restent des enfants au fond d’eux.  Ils sont très touchants, on voudrait le meilleur pour eux.

C’est aussi le portrait sans concession de la société dans une grande ville (des grandes villes, puisqu’on est tout d’abord à Montréal puis à New York) à une époque de mutation : les années folles, les années de la Grande Depression, un entre deux guerres au coeur de la pauvreté…

C’est une très bonne découverte pour moi en version en audio avec une très bonne interprétation.

J’avais déjà aimé « La ballade de baby » de l’auteur, il y a longtemps, et les thématiques de l’enfance un peu sordide et de la poésie de l’enfance aussi étaient déjà présents.

A découvrir en le téléchargeant gratuitement sur Ici Radio Canada

 Chez Sylire

   chez Karine:) et  Yueyin

 chez Stephie

Le fleuve : Sylvie Drapeau (lu par l’auteur)

Je ne m’attendais rien en commençant cette lecture audio et j’ai tout de suite été saisie par le style plein de douceur et la très belle façon dont l’auteur lit son propre texte. Et puis l’histoire, racontée du point de vue d’une petite fille d’abord puis l’enfant qui grandit est à la fois pleine d’amour et pleine de la nostalgie de l’enfance et puis pleine du drame qui survient.

La narratrice (l’auteur d’après ce que j’ai compris) raconte donc une enfance pleine de liberté dans la campagne de  la Côte-Nord, avec le fleuve comme une figure vivante, à la fois attirant et inquiétant. Les enfants, de nombreux frères et soeurs de tous âges, qu’elle surnomme « la meute », passent leurs journées à vivre des aventures dehors. La petite fille qui a 5 ans a une admiration sans borne pour Roch, son frère aîné :  elle le suit, il est fort et courageux, il est téméraire et aventurier… Et pourtant, c’est lui qui va disparaître, noyé dans le fleuve…

Ce drame va bien évidemment bouleverser la famille entière. L’enfant va raconter ses parents qui doivent survivre à cette mort. Elle va raconter l’équilibre de la meute qui change… Et puis elle va raconter la vie qui continue.

Qu’est-ce que ce texte est beau! Émouvant et touchant et superbe! J’ai été vraiment très émue mais pas seulement par les moments dramatiques : les passages sur l’enfance sont formidables et les passages sur le retour à la vie de la famille sont aussi très jolis… Tout m’a plu!

Le fait que l’auteur soit une aussi actrice est un réel atout pour cette lecture audio car elle le lit, elle le joue avec une vraie justesse, une grande sincérité.

C’est un coup de coeur et je vous recommande vraiment la version audio.

A découvrir en le téléchargeant gratuitement sur Ici Radio Canada

 Chez Sylire

   chez Karine:) et  Yueyin

L’avaleur de sable : Stéphane Bourguignon (lu par Normand Daneau)

Julien et son meilleur ami et coloc Pierrot ont la vingtaine. Ils vivent à Montréal et depuis environ un an, Julien a sombré dans la déprime car sa petite amie a été tuée d’une balle perdue. Pierrot, estime qu’il temps que son ami reprenne le cours normal de sa vie mais ce dernier reste tellement prudent vis à vis de l’amour et des femmes pour se protéger qu’il se tient à distance de toute relation humaine.

Pierrot rencontre l’amour fulgurant auprès d’une jeune femme au caractère bien trempé et Julien se fait « avoir » malgré lui quand il rencontre une voleuse de fruits et légumes sur le stand du marché où il travaille … Il ne résiste pas et tombe amoureux.

Dans ce roman, on ne peut pas dire qu’il ne « se passe » grand chose mais c’est un portrait très réaliste d’une jeunesse désenchantée avec ses personnages de jeunes hommes un peu losers, un peu nonchalants, pas très impliqués dans la société, un peu adolescents attardés mais au bon coeur, au bon fond et des jeunes femmes plus déterminées et sûres d’elles… Et qui obtiennent ce qu’elles veulent.

C’est surtout un roman de personnages et de relations humaines, entre les hommes et les femmes, bien sûr mais aussi entre génération car Julien se lie d’une amitié quasi paternelle avec le maraîcher qui l’embauche.

Il y a des moments cocasses (sans doute accentués pour le lecteur français qui découvre des expressions québécoises) mais il y a aussi des moments très touchants liés à des remises en questions sur l’amour et la maternité, plus profondes qu’il pourrait y paraître et aussi sur la perte, le deuil…

Ce roman date de 1993 mais il est assez peu daté (si on oublie l’absence de téléphones portables et d’internet) et pourrait très bien se passer aujourd’hui. J’ai trouvé un ton que j’avais déjà rencontré dans d’autres romans québécois et j’ai vraiment apprécié cette lecture.

Le fait de l’avoir audiolu avec un lecteur québécois apporte un vrai plus car on entend vraiment la voix du narrateur, l’accent collant vraiment aux expressions québécoises. Et je vous recommande cette version.

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 Chez Sylire

   chez Karine:) et  Yueyin

 avec Gambadou : allons voir son avis!

C’était au temps des mammouths laineux : Serge Bouchard (lu par l’auteur)

Je ne connaissais pas du tout Serge Bouchard avant d’audiolire ce livre que j’ai surtout choisi pour son titre qui sort de l’ordinaire. Et c’est au cours de ma lecture que j’ai appris/compris que c’était un anthropologue québécois et un homme de radio très connu au Québec.

« C’était au temps des mammouths laineux » est un recueil de textes qu’il a écrit entre les années 2000 et 2011 (mais je ne sais pas s’il les avait écrit pour la radio, pour la presse ou pour un autre support.) Il traite de nombreux thèmes très différents : sa vision du monde moderne (ce sont les textes que j’ai le moins aimés car il a un peu un discours réac’ « c’était mieux avant » et « la technologie c’est le mal » et ça c’était un peu lourd), sa vie personnelle avec des textes très émouvants sur la vieillesse de sa mère qui attend la mort, sur son ami et complice de travail à la radio, sur son ami innu dont il raconte la vie et leur amitié et surtout la maladie et la mort de sa première femme, texte qu’il lit avec des moments de grande émotion dans la voix, passages qui m’ont aussi serrés la gorge quand je l’ai écouté.

L’autre thématique très importante et vraiment passionnante de ce recueil c’est la passion, l’amour et la profonde déférence que Serge Bouchard a envers les Premières Nations du Canada (ou plus largement d’Amérique du Nord). C’est vraiment intéressant de l’entendre parler de son sujet de prédilection en tant qu’anthropologue. C’est un vrai portrait des nations qu’il présente, à juste titre, comme des sacrifiés de la colonisation. Il développe aussi un mépris et même une haine de cette puissance blanche dominante qui a effacé le plus possible les peuples autochtones. J’ai beaucoup appris avec ces textes.

Il faut ajouter que j’ai eu la chance de découvrir cette vingtaine de textes lus par l’auteur avec une certaine gouaille et un parlé québécois qui servait vraiment le propos. Les québécois connaissent d’ailleurs sans doute bien sa voix. Je vous recommande d’ailleurs la version audio!

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 Chez Sylire

 catégorie « animal »

   chez Karine:) et  Yueyin

Fénitchka (suivi de Une longue dissipation) : Lou Andreas-Salomé (Lu par Anna Mouglalis)

Sans la pré-sélection du prix Lire dans le Noir, je n’aurais sans doute jamais entendu parler de ces nouvelles et de son auteur. Je me suis renseignée et j’ai découvert que Lou Andreas-Salomé était une femme de lettres allemande d’origine Russe qui s’est trouvée liée -amicalement et/ou amoureusement ou intellectuellement avec Friedrich Nietzsche, Rainer Maria Rilke, Sigmund Freud… Elle était une femme plutôt libre et moderne pour son époque et ses deux nouvelles écrites en 1896 et 1898 mettent en scène des jeunes femmes qui semblent être des miroirs de l’auteur.

« Fénitchka » : Fénitchka est une jeune femme qui rencontre un homme à Paris. Il croit que cette étudiante Russe est une fille plus légère qu’elle ne l’est en réalité et celle-ci l’éconduit. Mais à la suite, ils deviennent amis. Le hasard les fait se retrouver en Russie. Leur amitié se renoue et ces deux intellectuels échangent souvent sur le sentiment amoureux et sur la liberté de ne pas se marier car Fénitchka est bien en avance sur son temps dans ses relations amoureuses et dans son désir de ne pas se plier au rôle qui est traditionnellement attribué aux femmes.

*

« Une longue dissipation » : La narratrice est une jeune femme devenue artiste, à Paris. Mais quand elle était jeune, elle était fiancée à un médecin, un cousin dont elle était folle amoureuse et pour lequel, à l’époque, elle aurait été capable de tout donner, de se plier à ses désirs, prête à devenir la femme parfaite et soumise même si en réalité, elle s’ennuyait. Cet homme l’a quittée un jour et c’est à partir de ce moment qu’elle est partie vivre une vie libre d’artiste. En revenant voir sa mère qui vit toujours chez son cousin, elle découvre que ce dernier a toujours des sentiments pour elle et que s’il l’a quittée c’était pour ne pas lui couper les ailes, car il sentait qu’elle allait contre sa nature de femme libre en s’attachant à lui. Autour d’autres personnages de femmes (une domestique qui travaille pour plus tard devenir enseignante et une jeune baronne lourdement handicapée), cette nouvelle est l’occasion de discourir sur la place de la femme dans la société et le couple et sur l’amour et la liberté.

*

Ces nouvelles sont vraiment très modernes et avant de savoir qu’elles avaient été écrites au tournant du 20 ème siècle, je me disais qu’elle pouvait avoir été écrites dans les années 1960 avec tous ces questionnements sur la place des femmes et sur l’impact que la société a sur les relations entre les hommes et les femmes.

J’ai trouvé le style beau et le propos intéressant. Par contre, c’est le deuxième livre audio que j’écoute qui est lu par Anna Mouglalis et je n’aime pas du tout sa voix qui est beaucoup trop grave, trop basse au point où parfois je ne comprenais pas ce qu’elle disait. Cela transformait le texte en marmonnement… il a fallut que je me concentre vraiment pour ne pas perdre le fil et c’est dommage.

 Chez Sylire

La parure et autres nouvelles : Guy de Maupassant (Lu par Philippe Lejour)

Quand j’étais au lycée, j’ai beaucoup lu de nouvelles de Maupassant et j’aimais beaucoup ça. Quand j’ai reçu cette lecture audio pour la pré-sélection du prix Lire dans le Noir, j’étais ravie de redécouvrir Maupassant par ses nouvelles. J’ai apprécié la version audio mais je dois dire que ce ne sont sans doute pas les meilleures nouvelles que j’ai lues de lui. Mais on ne peut pas nier que Maupassant sait en peu de mots dresser des portraits très humains des hauts et des bas de la société.

Voici quelques mots sur ces 4 nouvelles :

« La parure » : Mathilde Loisel est mariée à un modeste employé d’un ministère mais elle rêve de richesses et de bonne société. Un jour, son mari reçoit une invitation pour une grande fête dans le grand monde. Son mari se sacrifie pour lui acheter une belle tenue et elle emprunte une parure de diamants à une amie riche. Cette soirée se passe merveilleusement bien, Mathilde Loisel est la reine de la soirée, elle fait très bonne impression. C’est certainement un des plus beaux moments de sa vie… Jusqu’à ce qu’en rentrant chez elle, elle découvre qu’elle a perdu la parure de son amie… Cela changera le cours de leur vie…

« L’enfant » : Jacques Bourdillère, un noceur patenté tombe amoureux d’une jeune fille. Il la demande en mariage mais ils doivent attendre car les parents de la jeune fille ne voit pas d’un bon oeil sa vie dissolue. Il rompt avec sa maîtresse mais malgré tout, le soir de son mariage, il reçoit une lettre d’un médecin qui lui annonce qu’une femme vient d’accoucher d’un enfant et qu’elle va certainement mourir…

« Mon oncle Jules » : Joseph Davranche  raconte à un ami pourquoi il donne de l’argent à un mendiant. Il explique qu’il avait un oncle Jules qui devait beaucoup d’argent à sa famille. Il était parti en Amérique sans rembourser et il était le mouton noir de la famille, jusqu’à ce qu’ils reçoivent une lettre annonçant qu’il les rembourserait bientôt. Alors que la soeur de Joseph vient de se marier avec un prétendant qui peut-être s’est laissé persuader par cet « oncle d’Amérique », toute la famille prend le ferry pour Jersey et là, ils croisent un homme qui ressemble plus à un mendiant qu’autre chose et qui travaille pour le capitaine mais surtout qui ressemble beaucoup à l’Oncle Jules…

« La mère Sauvage » : La mère Sauvage est une femme assez discrète et dure à la peine. Son mari est mort, tué par les gendarmes et son fils est à la guerre. Sa ferme a été réquisitionnée pour loger des soldats Prussiens. Elle vit auprès d’eux s’occupe d’eux en restant taciturne sans s’exprimer vraiment. Un jour, elle reçoit une lettre lui annonçant la mort de son fils au combat et tout en gardant son calme va décider de se venger de ce destin qui s’acharne contre elle…

 Chez Sylire