Un gentleman à Moscou : Amor Towles (Lu par Thibault de Montalembert)

Résumé de l’éditeur :

« Au début des années 1920, le comte Alexandre Illitch Rostov, aristocrate impénitent, est condamné par un tribunal bolchévique à vivre en résidence surveillée dans le luxueux hôtel Metropol de Moscou, où le comte a ses habitudes, à quelques encablures du Kremlin. Acceptant joyeusement son sort, le comte Rostov hante les couloirs, salons feutrés, restaurants et salles de réception de l’hôtel, et noue des liens avec le personnel de sa prison dorée   – officiant bientôt comme serveur au prestigieux restaurant Boyarski –, des diplomates étrangers de passage – dont le comte sait obtenir les confidences à force de charme, d’esprit, et de vodka –, une belle actrice inaccessible – ou presque ­–, et côtoie les nouveaux maîtres de la Russie. Mais, plus que toute autre, c’est sa rencontre avec Nina, une fillette de neuf ans, qui bouleverse le cours de sa vie bien réglée au Metropol.
Trois décennies durant, le comte vit nombre d’aventures retranché derrière les grandes baies vitrées du Metropol, microcosme où se rejouent les bouleversements la Russie soviétique. »

Je vous donne le résumé de l’éditeur car j’ai beaucoup de mal à rassembler mes idées pour vous faire un résumé concis de ce livre qui est assez gros avec ses 17 heures d’écoute et ses 576 pages en version papier.

Je dois commencer par vous dire que je me suis un peu ennuyée sur la première moitié et qu’à la fin de la plage 35 (la moitié) j’ai évoqué l’idée d’abandonner et à la plage 36, il y a eu un rebondissement et j’ai fini ce roman avec plaisir.

La première partie m’a parue très longue et répétitive. La suite implique plus de personnages, le comte Alexandre Illitch Rostov devient plus intéressant au contact des personnes qu’il côtoie et on en apprend plus sur l’évolution de la Russie d’un point de vue politique -national et international et même quotidien (sans pour autant sortir de l’hôtel).

Mais c’est quand même dommage qu’il ait fallu la moitié d’un gros roman pour m’intéresser. En version papier, c’est certain que j’aurais abandonné mais j’audiolis en conduisant alors ça ne me donne pas autant l’impression de perdre mon temps. Je dois aussi dire que Thibault de Montalembert est un acteur dont j’aime toutes les lectures et si j’ai tenu la première partie, c’est uniquement grâce à lui.

Alors, quand viendra le moment de faire mon choix dans le classement pour le prix Audiolib je serai bien embêtée car j’ai aimé la fin mais c’est un miracle que je sois arrivée au bout de la première moitié!

Je suis curieuse d’avoir votre avis sur ce roman! Avez-vous eu aussi du mal avec le début?

 Chez Sylire

Aussi lu par Aproposdelivres, AzilisEstellecalimSandrine, Sylire qui sont aussi jurées pour le prix.

catégorie « lieu » de ma ligne audio

Les loyautés : Delphine de Vigan (Lu par Marie Bouvier, Odile Cohen et Olivier Martinaud)

J’aime beaucoup Delphine de Vigan et j’avais donc prévu de lire ce roman mais l’émission de mes copines des Bibliomaniacs m’avait complètement refroidie et j’avais décidé que je passerai mon chemin et puis Sylire, qui elle aussi avait été échaudée par l’avis des Bibliomaniacs l’a audiolu et a aimé! Alors comme Sylire et moi nous rejoignons souvent sur des lectures, je me suis laissée tenter! Et franchement, je ne regrette pas car j’ai beaucoup aimé.

Hélène est professeure de SVT dans un collège parisien et elle a remarqué un de ses élèves de 5ème qui lui semble aller mal. Elle le trouve fatigué, mal dans sa peau… Et comme c’est une ancienne enfant battue, elle est persuadée d’avoir repéré les signes chez lui de la maltraitance qu’elle a vécue aussi. Les parties qui impliquent Hélène seront l’occasion de revenir sur son passé et sur toutes les démarches qu’elle fera pour essayer de faire réagir ses collègues, l’administration et même la mère du garçon.

Théo Lubin est cet ado qui traverse ses journées au collège avec une certaine distance. Il va mal mais pas pour les raisons que soupçonne son professeur de SVT. Il s’est mis à boire, avec son copain Mathis, au collège, en cachette, comme un jeu ou un défi… en apparence… car en réalité, Théo cherche surtout à oublier sa situation familiale. Ses parents sont divorcés et sa mère fait comme si non seulement son père n’existait pas mais aussi comme si tout ce qui rattachait Théo à son père était toxique. Et surtout, son père est en train de sombrer dans une dépression profonde et cela doit rester un secret…

Mathis, le copain de Théo, sent bien qu’il y a autre chose derrière le fait qu’il boive. il le suit mais il se force un peu. Chez lui, tout va bien… Du moins en apparence… Car en réalité, Cécile, la mère de Mathis et la quatrième voix de ce roman, va mal et son couple extérieurement parfait va mal aussi. Elle ne se sent pas à sa place dans sa propre vie et elle a découvert que son mari n’était pas du tout l’homme idéal qu’elle croyait.

Ces quatre voix, ces quatre vies se croisent dans le roman et il y a beaucoup de mal-être, beaucoup d’appels au secours silencieux, de bonnes intentions qui sont mal perçues et beaucoup de silences étouffants…

Alors, un des reproches fait à ce roman, c’est que le personnage d’Hélène est caricatural et il est vrai qu’elle est montrée comme « LA » prof chevalier blanc, la seule qui se bat pour un élève et que personne n’écoute et il y  plusieurs incohérences qui concerne l’enseignement au collège qui m’ont agacées mais un prof qui s’inquiète pour un élève parce qu’il/elle sent que quelque chose cloche, ça c’est très réaliste (moi-même pendant la lecture de ce roman, je ne pouvais pas m’empêcher de penser à un certain garçon qui, je le sens, cache quelque chose mais nous en avons parlé en équipe…).

Et puis le personnage de Cécile n’était peut-être pas essentiel, peut-être que cette histoire de famille n’était pas nécessaire, il aurait peut-être fallu se resserrer sur la famille de Théo…

Mais au-delà de cela mon expérience de 20 ans d’enseignement me fait dire que ce roman est réaliste par plein d’autres aspects et j’ai été très touchée par Théo qui porte tellement de bagages et des Théo tous les profs en ont croisé un jour et tous les profs ont un jour essayé de faire quelque chose pour les aider…

J’ai trouvé dommage que le roman s’arrête de façon si abrupte (j’ai même cru qu’il me manquait des chapitres dans ma version audio…) j’aurai voulu en savoir plus, suivre encore Théo…

Pour résumer, j’ai aimé ce roman malgré ses défauts. Peut-être que ce qui a gêné certains lecteurs c’était que ce soit Delphine de Vigan qui a écrit ce roman imparfait… Ce n’est pas mon préféré d’elle mais l’histoire m’a quand même vraiment bousculée et c’est peut-être ce qui m’a fait l’audiolire sans me poser trop de questions sur le style ou la cohérence. Le choix de faire lire ce romans à quatre voix par trois lecteurs différents (les deux ado par le même acteur) a sans doute aussi joué dans mon impression positive.

 Chez Sylire

 par Mrs B : Merci!

Léon : Walter Tillage (lu par Dominique Reymond)

Résumé de l’éditeur : « Léon Walter Tillage est né en 1936, en Caroline du Nord. Son arrière-grand-mère était esclave, son père, métayer. Métayer, alors, cela voulait dire travailler toute l’année pour payer les dettes de l’année précédente, et ne jamais rien posséder soi-même. Être noir, dans les années quarante et cinquante, cela signifiait qu’on pouvait entrer dans certains magasins, mais par la porte de derrière, et qu’on entendait l’employé demander aux clients blancs : « Est-ce qu’il vous dérange ? Cela vous ennuie-t-il qu’il reste là ? Voulez-vous que je le mette dehors ? » Cela signifiait surtout qu’on pouvait perdre la vie, sans raison et sans espoir de justice.
Le père de Léon est mort sous les yeux de sa femme et de ses enfants, écrasé par une voiture conduite par de jeunes Blancs. Ils lui ont foncé dessus à deux reprises, pour s’amuser. Léon avait tout juste quinze ans. Il se souvient d’avoir longtemps fait sept kilomètres à pied pour aller à l’école. Il se souvient que le conducteur du bus scolaire des Blancs arrêtait son véhicule pour que ses petits passagers puissent aller jeter des pierres aux écoliers noirs. De l’angoisse des siens les soirs où ils savaient que les membres du Ku Klux Klan allaient sortir. Il se souvient aussi que ses parents disaient : « Ç’a été voulu comme ça. C’est comme ça que ça doit être. Vous n’obtiendrez jamais d’être les égaux des Blancs », et qu’il a refusé de les croire. Il a préféré écouter les paroles de Martin Luther King et risquer sa vie en participant à des marches pacifiques. Et un jour, enfin, les premières victoires sont venues. »

Ce texte est un témoignage, l’autobiographie d’un homme noir né après la fin de l’esclavage mais qui en connu l’histoire par son grand-père et qui a surtout vécu dans le Sud ségrégationniste et raciste.

Ce récit mêle des histoires d’enfance comme on pourrait en lire tant d’autres mais elles sont ternies par les brimades et les peurs entraînées par le fait qu’être Noirs aux Etats-Unis était loin d’être simple.

En grandissant, Léon Walter Tillage s’est impliqué dans les mouvements pacifistes pour les droits sociaux.

Si le fond de ce document est intéressant car il montre la ségrégation de l’intérieur au travers du regard d’un enfant, ce texte ne m’a pas particulièrement emballée du point de vue de la forme. C’est très factuel et assez plat et je pense aussi que le style risque d’ennuyer un peu les jeunes lecteurs. Peut-être est-ce parce que je connais assez bien le sujet? Mais pour des adolescents qui veulent apprendre des choses sur cette période, cela peut-être une bonne idée mais je ne le recommande pas forcément à de plus jeunes lecteurs.

 Chez Sylire

catégorie « prénom » pour ma ligne audio

Sur les hauteurs du mont Crève-Coeur : Thomas H. Cook (lu par Guy Moign)

Ce roman se situe dans la petite ville de Choctow en Alabama dans les années 90. Ben Wade, un médecin bien installé dans sa ville raconte un événement tragique qui s’est passé 30 ans plus tôt sur le mont Crève-Coeur. Pour cela il revient sur sa jeunesse dans la ville car la victime, Kelli Troy, qui a été agressée en 1962, était une lycéenne dont il était très proche.

Il va donc raconter le passé, leur rencontre, leur amitié, leurs liens avec le journal du lycée, les amitiés (notamment avec Luke Duchamp, qui était et est toujours le meilleur ami de Ben) et aussi les histoires d’amour qui émaillent la fin du lycée.  Ben était amoureux de Kelli et il ne l’a jamais oubliée.

Mais au-delà de la petite vie de tous les jours d’une petite ville américaine des années 60, il y est aussi question des différences raciales. Avant que Kelli n’arrive du Nord, Ben et les autres jeunes ne s’étaient jamais vraiment intéressés aux droits et inégalités de traitement entre les Noirs et les Blancs en cette période de ségrégation raciale. A cette époque, dans une ville voisine, des Noirs manifestaient pacifiquement devant un centre commercial pour les droits civiques et Kelli, prenant son rôle de journaliste à coeur, motive Ben pour écrire un article sur le sujet dans le journal du lycée. De plus, elle s’intéresse à l’origine du nom du mont Crève-Coeur et découvre que cela a un lien avec un ancien marché aux esclaves.

Cet article est plutôt bien reçu sauf par quelques racistes dont Lyle Gates qui s’en prend à Kelli.

Dès le début, on sait que c’est Lyle Gates qui a été condamné pour l’attaque sur Kelli et même si personne ne sait pourquoi il a fait cela, ce roman n’est pas tant une enquête policière qu’un roman psychologique. En effet, Ben raconte autant les faits que ce qu’il ressentait à l’époque et également toute une culpabilité qu’il ressent aujourd’hui et qui se retrouve dans des rêves qu’il fait et les vies actuelles des différents protagonistes du passé. Il y a de nombreux doutes qui sont évoqués que ce soit par Ben lui-même ou par d’autres.

C’est donc un roman assez psychologique, qui en ce sens m’a plu, mais je dois avouer que j’ai trouvé le début un peu lent pour moi et avec beaucoup de rêves qui me faisaient un peu perdre le fil entre la réalité, le passé réel et le passé rêvé… C’est peut-être dû au lecteur qui lit d’une façon un peu « vieillotte » comme s’il lisait un classique et qui a, à mon avis, a ralenti une lecture qui aurait pu être plus dynamique. Je recommande donc plutôt une version papier car l’histoire est plutôt intéressante.

 avec Sylire : Allons voir son avis!

 Chez Sylire

catégorie « partie du corps » pour ma ligne audio

My Absolute Darling : Gabriel Tallent (lu par Marie Bouvet)

J’avais repéré ce titre chez The Autist Reading en décembre 2017 et il m’avait donné envie et puis après j’ai eu un petit peu peur de le lire mais Amandine m’a rassurée et encouragée à le lire quand on en a parlé au Festival America. Et je dois dire que j’ai été cueillie par ce roman qui m’a fait traverser tant de sentiments et d’émotions que je vais avoir beaucoup de mal à écrire ce billet… Chez Sylire, j’avais commenté en plein dans ma lecture  : « Je tremble, je suis horrifiée, je souris et j’ai de l’espoir : ce roman est plein d’émotions fortes! » Et pour une fois (et c’est vraiment très rare pendant une lecture audio) j’ai pris quelques notes pour retenir ces impressions. J’ai délibérément évité de relire les billets qui m’avaient donné envie ou d’autres billets de blogueurs amis avant d’écrire mon billet pour ne pas être influencée. Et avant même de commencer je sens que ce billet sera incomplet et ne rendra pas justice à ce roman qui a été un coup de coeur et un coup de poing qui n’est peut-être pas à mettre entre toutes les mains.

Le résumé de l’éditeur me parait suffisant pour planter le décor : « À quatorze ans, Turtle Alveston arpente les bois de la côte nord de la Californie avec un fusil et un pistolet pour seuls compagnons. Elle trouve refuge sur les plages et les îlots rocheux qu’elle parcourt sur des kilomètres. Mais si le monde extérieur s’ouvre à elle dans toute son immensité, son univers familial est étroit et menaçant : Turtle a grandi seule, sous la coupe d’un père charismatique et abusif. Sa vie sociale est confinée au collège, et elle repousse quiconque essaye de percer sa carapace. Jusqu’au jour où elle rencontre Jacob, un lycéen blagueur qu’elle intrigue et fascine à la fois. Poussée par cette amitié naissante, Turtle décide alors d’échapper à son père et plonge dans une aventure sans retour où elle mettra en jeu sa liberté et sa survie. »

Turtle vit donc avec son père de façon très isolée en pleine nature. Elle fréquente aussi son grand-père et va à l’école mais ne s’y sent pas à sa place et fait tout pour se faire oublier.

Elle vit dans une manipulation mentale de la part de son père qui exerce sur elle une destruction psychologique mais aussi physique par le viol et autres violences. Turtle est à la fois encore une enfant (qui parle de son père comme « mon papa ») et une adulte aguerrie aux armes à feu toujours prête à se défendre contre le monde extérieur que son père lui présente comme le vrai danger. Mais la menace est à l’intérieur du foyer et pourtant, elle est partagée entre son amour pour son père, un amour protecteur et la peur qu’il lui transmet. Il y a aussi de la haine qu’elle retourne contre elle, une haine qui se traduit par une violence verbale envers elle-même dans ses monologues intérieurs et envers ceux qui cherchent à se dresser entre elle et son père.

Le père a un rapport malsain de toute puissance envers sa fille. Il cherche soit-disant à la protéger du monde mais il l’abuse et cherche surtout garder la main mise sur elle, disant même à un moment « Tu es à moi » et préférant la voir morte que de la voir le quitter…

Quand un jour elle fait la connaissance de deux adolescents d’un monde complètement différent du sien, deux jeunes un peu décalés, qui ont beaucoup d’humour, qui ne la jugent pas, au contraire qui l’apprécient beaucoup pour ce qu’elle est, elle commence à réaliser qu’une autre voie est possible et c’est comme si ses yeux s’ouvraient et qu’elle entrevoyait enfin une vie « normale ». Malheureusement, la normalité n’est pas au programme de son père et sa vie va prendre une brusque acceleration dans la violence…

Il y a aussi un autre aspect dans ce roman, c’est le rapport organique, presque primitif, à la nature. Turtle connait chaque plante, chaque élément de la nature comme si elle vivait dans un monde physiquement complètement à part, comme si elle devait se rattacher à cet aspect naturel de son environnement pour survivre.

Au niveau de l’atmosphère, ce roman rassemble donc des éléments très intenses de maltraitance : le climat est souvent extrêmement tendu avec des moments particulièrement violents mais à partir de la rencontre avec les deux garçons, il y a des moments plus légers et même drôles (oui, j’ai ri en lisant ce roman!), comme des respirations dans la tension, ce qui met d’ailleurs en contraste la vie de Turtle avec celle des autres adolescents, comme si ces parenthèses auprès d’eux lui faisaient réaliser qu’elle pourrait vivre avec plus de légèreté en permanence.

Et puis, j’ai aussi trouvé qu’il y avait beaucoup de poésie dans ce roman. D’abord dans les passages sur la nature qui sont vraiment très beaux. Mais aussi dans le style qui est très rythmé. Il y a beaucoup de répétition de l’amorce de phrase « Elle pense,… » (je sais que ça a gêné une de mes amies) qui à mon avis apportait une poésie au texte, comme si elle psalmodiait, comme un chant rituel… Certains n’ont pas aimé la vulgarité mais le vocabulaire utilisé participe et est causé par la violence générale qui entoure Turtle et ce n’est donc jamais gratuit, c’est un système de défense et d’assimilation en quelque sorte.

Bref, j’ai adoré même si j’ai été souvent bousculée par cette relation toxique entre un père et sa fille, bousculée par cet amour de cette fille pour ce père qui la violente de toutes les façons possibles. J’ai d’ailleurs relevé cette phrase où elle parle de son père : « Il ne veut pas me faire de mal. Il m’aime plus que la vie elle-même. Il n’est pas toujours parfait. Parfois, il n’est pas vraiment l’homme qu’il voudrait être. Mais il m’aime comme personne n’a jamais été aimé. Je pense que ça compte plus que tout. »

J’ai été fascinée par la force du personnage de Turtle qui est à la fois âpre et touchant. Elle est comme un cactus avec ses aiguilles qui empêchent quiconque de l’approcher mais avec aussi une fleur délicate en son coeur qui commence à s’épanouir. C’est un personnage fort que je ne suis pas prête d’oublier!

Quant à la version audio, je dois dire qu’elle m’a beaucoup plu. La lectrice est devenue Turtle pour moi! Bravo à elle d’avoir lu ce roman si fort avec beaucoup de justesse!

 Chez Sylire

Merci à 

catégorie « adjectif » de ma ligne audio

La daronne : Hannelore Cayre (lu par Isabelle de Botton)

Patience Portefeux, la cinquantaine, veuve, a deux filles adultes et sa mère vit en EPHAD. Elle est traductrice-interprète judiciaire et son petit ami est un policier aux stups. Elle peine à joindre les deux bouts et vit une vie plutôt ordinaire.

Sauf qu’elle n’a pas toujours eu cette vie! Au contraire, elle vient d’une famille quasi mafieuse, avec blanchiment d’argent, meurtres et autres trafics…

Et puis un jour, deux parties de sa vie se télescopent : dans le cadre de son travail, elle traduit les conversations téléphoniques en arabe de bandes de dealers et elle découvre par hasard que la mère de l’un de ceux qu’elle « suit » par communications interposées travaille dans la maison de retraite où végète sa propre mère…

Cette coïncidence, ajoutée à sa connaissance du milieu de la drogue glanée au fil de nombreuses années à écouter tous les trafics par son travail de traductrice et au sang froid qu’elle a acquis auprès de son père, lui-même malfrat, ainsi sans doute que sa lassitude de vivre de peu depuis si longtemps après la perte du niveau de vie qu’elle avait connu enfant et du sentiment d’injustice d’être payée au noir par l’administration judiciaire vont lui permettre de se lancer toute seule dans un discret traffic de drogue d’assez grande ampleur.

Son nom de code sera « la Daronne » (la mère en arabe) et elle réussira plutôt bien à mener sa nouvelle vie sur tous les fronts.

Ce roman est à la fois un polar un peu noir qui montre aussi certains aspects sociétaux mais qui ne manque pas d’humour et c’est un savant mélange qu’il ne faut pas bouder! J’ai aimé la façon dont la lectrice a donné corps au personnage de Patience / la Daronne, elle sert bien le personnage de femme de bonne « origine » qui fricote avec les bas-fonds. Tout sonne juste dans le texte comme dans la façon de le lire.

Un bon moment de lecture.

 Chez Sylire

catégorie gros mot de ma ligne audio

Petit Piment : Alain Mabanckou (lu par l’auteur)

Dans ce roman, Alain Mabanckou raconte l’histoire d’un petit garçon puis d’un jeune homme, orphelin, déposé bébé dans une institution. Le prêtre s’occupant de l’orphelinat, Papa Moupelo, lui a donné son nom -à rallonge- (je dois avouer que j’ai été le rechercher sur internet car en audio, je n’aurai jamais pu le retenir!) Tokumisa Nzambe po Mose yamoyindo abotami namboka ya Bakoko mais il est généralement appelé « Moïse ».

La première partie du roman raconte l’enfance de Moïse à l’orphelinat, avec son meilleur ami, avec beaucoup de truculence et de scènes amusantes. Et puis, la révolution socialiste arrive jusqu’à l’orphelinat et le directeur, un homme corrompu et opportuniste, se sert de cette nouvelle donne et les jeunes vont subir cela. Pour défendre son ami, un peu innocent et harcelé, il va d’abord se venger de jumeaux violents puis devenir un peu leur protégé.

Puis, il fuit avec les jumeaux et rejoint Pointe Noire avec eux, laissant son meilleur ami. Dans la grande ville, ils forment une bande de voyous et il sera alors surnommé « Petit Piment ». C’est dans le cadre de ses activités illicites qu’il fera la connaissance de Maman Fiat 500, une mère maquerelle assez maternelle avec lui et ses dix filles.

Après une période heureuse, Petit Piment perd la tête, et sera alors en quête de son identité.

Ce roman a une voix très africaine, dans les thématiques et la manière de raconter les histoires, les liens familiaux et les légendes. C’est un vrai voyage! Mais la version audio, lu par l’auteur, est encore plus vivante car il fait plus que lire, il nous raconte cette histoire avec son accent et ses intonations qui correspondent si bien à l’histoire.

 avec Rachel : Allons voir son avis sur la version papier!

 Chez Sylire

catégorie végétale de ma ligne audio

Marx et la poupée : Maryam Madjidi (lu par l’auteure)

L’Iran a une place particulière dans mon coeur depuis que j’y suis allée en 2007.

Maryam, le personnage central, alter-ego de l’auteur, se raconte et raconte sa famille mais il n’est pas simple de résumer ce livre (peut-on réellement parler de roman, tant ce texte semble autobiographique?) car ce n’est pas linéaire. On passe d’une époque à une autre, d’un âge à un autre, d’un pays à un autre et pourtant, cela ne m’a pas paru décousu du tout. Tout tombe en place naturellement. L’écriture s’adapte aux différentes parties.

Concernant la trame, Maryam est née en Iran de parents communistes qui se battent pour libérer leur pays lors de la révolution iranienne. Elle raconte la vie de sa famille dans l’Iran des imams dans des conditions difficiles de militants politiques. Puis elle raconte aussi l’exil quand avec sa mère, elle rejoint son père à Paris et c’est l’histoire du déracinement et de l’appropriation d’une nouvelle identité. Une culture qui a du mal à cohabiter avec l’autre.

Au-delà des faits, cette histoire est celle de la langue : celle de la famille, du passé de l’histoire et celle qui devient sienne au risque de devoir rejeter le passé. Et puis l’identité se forge de toutes ces parcelles de vies. C’est aussi un livre qui apporte un éclairage sur ce qui peut passer dans la tête des enfants réfugiés qui suivent leurs parents en exil.

C’est passionnant, c’est bien écrit, c’est émouvant et j’ai beaucoup aimé ce texte même si je ne sais pas du tout comment vous en parler.

La version audio est lue par l’auteure et au début j’ai eu un peu de mal à me faire à sa façon de lire puis c’est devenu évident, elle racontait cette histoire avec sincérité et le rythme de sa lecture collait bien au texte.

Pour la petite histoire, je ne l’avais même pas terminé que j’ai décidé d’acheter la version papier pour ma belle-soeur qui est enseignante auprès des enfants migrants car il y a tout une réflexion sur l’intégration, sur la langue et l’identité que j’ai trouvé très touchante et qui ne peut que plaire aux gens ouverts sur les autres.

A lire!

 Chez Sylire

catégorie « objet » de ma ligne audio

Merci à 

Le prix Audiolib 2019

Hier soir, j’ai appris une bonne nouvelle!

Pour la 7ème année consécutive, je suis membre du jury du Prix Audiolib, organisé par la maison d’édition.

Je suis très contente à l’idée de faire des découvertes vers lesquelles je ne seraient peut-être pas allée de moi même. Je suis aussi très contente de retrouver des copines blogueuses parmi les jurés!

Voici les titres que je vais être amenée à lire avec les oreilles entre janvier et mai :

  • La Daronne d’Hannelore Cayre lu par Isabelle de Botton 
  • Avec toutes mes sympathies d’Olivia de Lamberterie lu par l’autrice
  • Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard lu par Clara Brajtman
  • Frère d’âme de David Diop lu par Babacar M’baye Fall 
  • Martin Eden de Jack London lu par Denis Podalydès 
  • Fief de David Lopez lu par l’auteur
  • L’art de la joie de Goliarda Sapienza lu par Valérie Muzzi
  • My Absolute Darling de Gabriel Tallent lu par Marie Bouvet
  • Un Gentleman à Moscou d’Amor Towles lu par Thibault de Montalembert
  • La Toile du monde d’Antonin Varenne lu par Julien Defaye

J’ai déjà audiolu « La Daronne » d’Hannelore Cayre (et j’ai bien aimé) et j’ai eu un coup de coeur / coup de poing pour « My Absolute Darling » de Gabriel Tallent

Je suis ravie de voir qu’il y a « Frère d’âme » de David Diop car c’est le prix Goncourt des lycéens 2018 et que j’avais l’intention de le lire un jour.

« La Toile du monde » d’Antonin Varenne m’intéresse car j’avais bien aimé « 3000 chevaux vapeurs » du même auteur.

« Martin Eden » de Jack London sera pour moi de lire un classique que je ne connais pas.

Je ne connais pas « Un Gentleman à Moscou » d’Amor Towles mais le lecteur, Thibault de Montalembert, est un de mes lecteurs chouchous 😉

Quant aux autres titres, je ne les connais pas mais c’est parfois parmi les titres inconnus qu’on a des coups de coeur inattendus 😉

En avez-vous lus ou audiolus?

Promesse (T6) : Jussi Adler-Olsen (lu par Julien Chatelet)

Ce roman est la 6ème enquête du Département V de Carl Mørck, Assad et Rose après « Miséricorde », « Profanation » et « Délivrance » , « Dossier 64 » et « L’effet papillon« .

Nous retrouvons donc les personnages récurrents avec leur département qui s’occupe des affaires non élucidées. Cette fois, un policier de Bornholm demande de l’aide à l’inspecteur Carl Mørck pour résoudre une enquête qu’il mène depuis 17 ans. Sans laisser le temps au département V de réagir, ce dernier se suicide et Rose insiste pour qu’ils reprennent l’enquête.

Il s’agit en réalité d’un accident de la route qui a vu la mort d’une jeune fille mais le policier qui a retrouvé le corps est persuadé que c’est un meurtre et il a remué ciel et terre pur trouver des preuves. Carl et son équipe reprennent les documents laissés et ils interrogent les gens qui ont connu la jeune femme à l’époque sur l’île de Bornholm. Ils se mettent  à la recherche d’un homme charismatique nommé Frank qui aurait eu des liens avec la victime…

En parallèle, nous suivons des membres d’une organisation qui ressemble à une secte, en tout cas, une communauté pseudo religieuse, ésotérique …

Vous vous doutez bien qu’il n’y a pas de hasard et que des liens vont se tisser entre toutes les parties!

J’avais été déçue par le précédant tome mais j’ai retrouvé l’équipe du département V avec plaisir et cette fois j’ai beaucoup aimé. J’ai retrouvé l’humour et les relations entre les personnages qui évoluent régulièrement et qui s’approfondissent ainsi que les aspects psychologiques des personnages récurrents.

Au niveau de l’histoire, je l’ai trouvée bien construite et j’ai été surprise à la fin après avoir cru que j’avais deviné et c’est bien agréable dans un polar.  Par contre, si l’histoire principale est indépendante des autres tomes, il y a malgré tout des éléments concernant les personnages que l’on suit depuis le début qui échapperont sans doute aux nouveaux lecteurs.

 Chez Sylire

 chez Cryssilda (Danemark)