La Petite Poule D’eau : Gabrielle Roy (lu par Marie-Thérèse Fortin)

Résumé de l’éditeur : « Gabrielle Roy, à partir du souvenir d’un été passé dans une région sauvage du Manitoba, au nord de Winnipeg, un pays situé plus loin que le « fin fond du bout du monde », a imaginé le recommencement de toutes choses : de l’éducation, de la société, de la civilisation même. Ce pays de grande nature et d’eau chantante, elle l’a peuplé de personnages doux et simples, épris à la fois de solitude et de fraternité à l’égard de leurs semblables.

Ce roman, le deuxième de Gabrielle Roy, a été publié pour la première fois à Montréal, en 1950, puis à Paris et à New York en 1951. »

*

Le texte est séparé en 3 parties, comme trois nouvelles suivies : Les vacances de Luzina, L’école de la Petite Poule d’Eau, Le capucin de Toutes-Aides.

La famille Tousignant vit sur une île éloignée au Manitoba. Il n’y d’ailleurs qu’eux, cette grande famille aux nombreux enfants (11 enfants en 14 ans de mariage si je me souviens bien). Dans la première partie, les « vacances de Luzina », (Luzina est la mère de la famille), on découvre à quel point ils sont isolés et à quel point c’est compliqué de quitter l’île : barque, voiture du postier jusqu’à la grande ville… Parfois l’impossibilité de rentrer directement… Et pourtant, Luzina ne peut pas reporter son voyage, car elle doit faire quelques achats pour les enfants mais surtout, elle ramène immanquablement un nouveau bébé (que les plus petits pensent qu’elle a acheté pendant son voyage 😉

Dans la deuxième partie, on suit d’abord toutes les démarches faites par Luzina et Hippolyte pour faire en sorte que La Petite Poule d’eau puisse avoir son école étant donné que la famille a assez d’enfants pour avoir une institutrice. Puis on suivra les aventures des différentes arrivées d’enseignants sur l’île et leur influence sur les enfants qui vont tous vouloir poursuivre leurs études et finalement quitter leur maison ce qui attriste leur mère même si elle a toujours voulu qu’ils puissent être éduqués, elle qui a toujours été ouverte sur le monde et curieuse des autres.

Enfin dans le dernier chapitre, on ne voit presque plus la famille Toussignant pour suivre le capucin, l’homme d’église de la région qui est à la fois très pieux et très ouvert, parlant de nombreuses langues, se mêlant avec tout le monde et avec gentillesse et bon sens, il arrive à faire le bien sans être sectaire. On finit en retrouvant La Petite Poule D’eau où il vient faire la messe annuelle.

J’ai bien aimé ce roman, qui nous plonge vraiment dans le Canada rurale dans cette famille de « Canadiens Français » au milieu d’un grand mélange de nationalités. Ces personnages sont vraiment attachants, les situations sont souvent cocasses et les conditions de vie vraiment extrêmes. On voit aussi qu’on arrive à un tournant dans la société avec l’évolution entre la vie menée par les parents et les vies que les enfants vont avoir.

J’ai souvent pensé à la BD « Magasin Général » en lisant ce livre.

J’ai beaucoup aimé la version audio découverte grâce à Radio Canada qui propose des livres audio téléchargeables gratuitement.

 avec Sylire  : Allons voir son avis (pour elle s’est une relecture alors je pense qu’elle a aimé 😉

  Chez Sylire

  chez Karine:) et  Yueyin

Nikolski : Nicolas Dickner (lu par l’auteur)

Résumé de l’éditeur : « Canada, printemps 1989. Trois personnages à l’aube de leurs vingt ans ont quitté le lieu de leur enfance pour entamer une longue migration.

Né quelque part au Manitoba, Noah Riel a appris à lire avec les cartes routières.

Joyce Doucet, elle, a vu le jour à Tête-à-la-Baleine, et caresse des rêves de flibustier moderne.

Quant au narrateur, il quitte le bungalow maternel pour voyager dans les livres, qu’il vend dans une bouquinerie de Montréal, et ne se sépare jamais d’un compas-boussole déréglé qui s’obstine à pointer la direction de l’îlot de Nikolski, dans le Pacifique Nord.

Au terme d’une migration réelle ou symbolique qui s’achève en décembre 1999, « quelques heures avant la fin du monde », les membres de cette étrange trinité auront tant bien que mal compris ce qui les rassemble.

Best-seller au Canada, couronné en 2006 par le prix des Libraires du Québec, Nikolski est l’un des romans les plus originaux et les plus talentueux de sa génération. Une impossible recherche des origines racontée avec bonheur et humour. »

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Alors, si je vous ai écrit le résumé de l’éditeur, c’est que je n’ai aucune idée de comment j’aurai pu vous faire mon propre résumé car … je n’ai rien compris à ce roman… Pour être tout à fait franche, j’ai même audiolu deux heures du roman et ne comprenant rien, j’ai recommencé depuis le début et quand je l’ai terminé, j’ai malgré tout eu l’impression d’avoir lu des bouts de romans en lecture aléatoire (ce qui n’était pas le cas, je vous rassure quand même!).

Je n’ai pas vu le lien entre les personnages, je n’ai même pas vu de liens au sein des histoires de chaque personnage… Quand je vois dans le résumé de l’éditeur que « les membres de cette étrange trinité auront tant bien que mal compris ce qui les rassemble », je me dis que j’ai raté ce moment et je n’ai pas du tout compris 😉

Alors, pourquoi l’avoir lu jusqu’au bout me direz vous? Oui, je me pose la même question! Si je l’avais lu en version papier, c’est sûr que j’aurais abandonné ma lecture mais la seule chose qui m’a fait tenir c’est que l’auteur lit très bien son texte. Il a une voix, une diction et un accent très agréable… Malheureusement, ça ne suffit pas et je suis totalement passée à côté de ce roman…

avec Sylire et Isabelle : Allons voir leurs avis, je suis très curieuse de savoir si elles ont plus apprécié que moi  (ce qui ne sera pas difficile 😉

Découvert grâce à Radio Canada qui propose des livres audio téléchargeables gratuitement.

 Chez Sylire

  chez Karine:) et  Yueyin

Bondrée : Andrée A Michaud (Lu par Pascale Montpetit)

Résumé de l’éditeur : « À l’été 67, une jeune fille disparaît dans les épaisses forêts entourant Boundary Pond, un lac aux confins du Québec rebaptisé Bondrée par un trappeur enterré depuis longtemps. Elle est retrouvée morte, sa jambe déchirée par un piège rouillé. L’enquête conclut à un accident : Zaza Mulligan a été victime des profondeurs silencieuses de la forêt. Mais lorsqu’une deuxième adolescente disparaît à son tour, on comprend que les pièges du trappeur resurgissent de la terre et qu’un tueur court à travers les bois de Bondrée.
Une écriture raffinée au service d’atmosphères angoissantes et de subtiles explorations psychologiques, dans la plus pure tradition de Twin Peaks de David Lynch. »

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Ce roman est classé en polar et effectivement, c’est un polar avec des meurtres, des policiers, une enquête… Mais ce roman est bien plus qu’un polar (je n’ai rien contre le genre, j’aime bien même mais je veux dire qu’on peut lire cette histoire sans aimer les polars).

C’est un roman de personnages, chacun étant bien dessiné, c’est le roman d’une époque, d’une micro société qui fréquente les berges de Boundary Pond dans leurs maisons de vacances, entre américains, et canadiens, anglophones et francophones. Un roman qui se développe avec plusieurs points de vue qui permettent d’avoir une vision globale de ce qui se passe.

C’est un roman psychologique avec les sentiments des uns et des autres qui sont exprimés, que ce soient les policiers torturés par leurs enquêtes, les amis des victimes, les amis des parents, les voisins…

Et puis c’est un roman d’ambiance avec le mystère autour des meurtres bien sûr mais aussi avec les histoires plus ou moins récentes de malheurs s’étant produits dans les alentours des bois autour de Boundary Pond… Y a-til du fantastique ou est-ce que les esprits s’échauffent juste dans la panique des drames actuels?

J’ai beaucoup aimé ce roman, qui avance en douceur, qui creuse les personnalités et les non dits et qui nous surprend à la fin parce qu’on avait presque oublié qu’une enquête était menée. J’ai trouvé que tous les personnages étaient traités en profondeur et il y avait un côté intemporel dans cette histoire qui pourrait très bien se passer de nos jours.

J’ai aimé cette version audio qui m’a bien emmenée dans le coeur du roman.

Livre audio découvert sur Radio Canada qui propose des livres audio en téléchargement gratuit.

avec Sylire et Valentyne : allons voir leurs avis!

Et c’est pour la thématique « polar » dans le programme de Québec en novembre.

 Chez Sylire

  chez Karine:) et  Yueyin

catégorie animal (= un oiseau)

Les filles bleues de l’été : Mikella Nicol (Lu par Emmanuelle Lussier-Martinez et Karelle Tremblay)

Ce très court roman à deux voix raconte la vie de deux amies, Chloé et Clara, la vingtaine, étudiantes qui se connaissent depuis l’enfance. Clara ne se remet pas d’une histoire d’amour à laquelle elle a cru et Chloé se maltraite physiquement. Lorsque que Chloé est autorisée à quitter l’hôpital psychiatrique où elle se remettait, Clara décide de retrouver l’été où elles se sentaient bien quand elles étaient enfants en allant toutes les deux au chalet de la famille de Chloé.

Là, elles se retrouvent toutes les deux seules et essayent de se soutenir pour retrouver le chemin d’une vie normale. Mais Clara retombe dans les filets de l’amour et Chloé a trop de mal à s’accepter dans le monde des autres. Ces filles bleues sont des filles qui ont des bleus à l’âme…

Cette histoire de jeunes filles mal dans leur peau, mal dans leurs vies, qui subissent la déprime, la depression est très touchante et triste, poignante même car on sent très vite que leurs vies sont sans issue mais on sait que nombreuses sont les personnes qui ressentent ce désespoir. J’avais l’impression d’être dans la tête de ces jeunes filles.

Le style est très beau, très poétique. Si je ne l’avais pas lu en audio, j’aurais sans doute relevé plein de citations. (Mais vous pouvez en trouver sur Babelio.)

Quant à la version audio, j’ai bien aimé les voix des lectrices, et quand j’avais un peu de mal parfois a distinguer de quel personnage il s’agissait c’était à la voix que je les reconnaissais car elles avaient chacune leur identité.

J’ai trouvé la version audio sur Radio Canada qui propose des livres audio en téléchargement gratuit.

avec Sylire : allons voir son avis (je pense qu’elle a moins aimé que moi 😉

Chez Sylire

chez Karine:) et Yueyin

Le libraire : Gérard Bessette (lu par Renaud Paradis)

Ce roman raconte une tranche de vie d’un homme qui était au chômage et à qui une connaissance a dit qu’il pourrait trouver du travail dans la librairie de la petite ville de Saint Joachim. Il s’installe dans une chambre chez une logeuse et travaille dans la librairie de Léon Chicoine, une boutique où il y a une grande place faite aux oeuvres religieuses et où il travaille auprès de collègues un peu « dames patronnesses ». s’occupant lui de la section « romans ». Ses seules occupations sont ses beuveries solitaires dans un bar de la ville, son temps dans sa chambre et son travail à la librairie.

Hervé est un homme assez cynique qui ne cherche pas à plaire et qui cherche surtout à en faire le moins possible. Il fait un peu semblant de travailler, semblant de lire, se satisfaisant de vendre quelques livres qui prennent la poussière dans la librairie, ne s’intéressant guère à ses clients. Il se laisse vivre, à tel point qu’il finit par se retrouver dans le lit de sa logeuse (ou plutôt, elle dans le sien) sans vraiment faire exprès et il ne sait pas trop comment se sortir de ce changement d’habitude.

Son quotidien, qu’il raconte dans son journal (une fois par semaine), juste pour s’occuper un peu le dimanche, est un peu perturbé quand son patron lui confie un secret : il rassemble des livres dans une pièce cachée dans la libraire. Des livres qui sans être interdits ne sont pas très recommandables aux yeux du clergé (et l’église catholique a un grand poids dans le Québec des années 60) et qu’il ne faut vendre qu’aux personnes de confiance le plus discrètement possible. D’ailleurs, un jour, Hervé se retrouve en difficulté et doit répondre des bonnes mœurs de la librairie vis à vie du curé suite à la vente de « L’Essai sur les mœurs » de Voltaire à un collégien…

Le personnage de cet homme détaché de tout ce qui l’entoure, qui ne semble pas respecter grand chose, très désabusé et qui veut juste vivre tranquillement sans être dérangé par les autres et encore moins par les convenances m’a fait penser au personnage de The Dude dans le film « The Big Lebowski » pour ceux qui connaissent. C’est un personnage plutôt sympathique.

J’ai découvert après l’avoir lu que ce roman avait été publié en 1960 au Québec alors que je pensais qu’il se situait seulement à cette époque et cela donne encore plus de poids à la critique de la religion comme gardienne morale sans intellect qui transparaît dans cette histoire.

Ce livre plutôt court a été une bonne découverte, je l’ai trouvé plutôt intéressant. J’ai trouvé la version audio sur Radio Canada qui propose des livres audio en téléchargement gratuit (mais celui-ci n’est plus disponible).

L’avis de Sylire qui l’a aussi audiolu.

 Chez Sylire

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

  chez Karine:) et  Yueyin

Catégorie « métier » du ma ligne audio du

Né d’aucune femme : Franck Bouysse (lu par Simon Duprez et Cachou Kirsch)

La première chose que je voudrai dire c’est que j’ai vu ce roman classé en catégorie « polar » plusieurs fois, notamment dans des prix, comme le prix des lectrices de Elle qu’il a gagné dans cette catégorie et je ne suis pas du tout d’accord avec ce choix. C’est un roman sombre, noir, parfois dur mais ce n’est pas un polar…

Je n’ai pas envie d’en dire trop car si j’avais entendu de bons échos de ce roman, je n’avais rien lu dessus, donc je l’ai commencé l’esprit très ouvert et j’ai envie de vous laisser le découvrir comme moi.

Je vais juste vous dire qu’un prêtre va découvrir le journal d’une femme dans un asile et y lire son témoignage sur une vie de malheurs. C’était une jeune fille qui aura été abandonnée et brisée, utilisée et qui a haï et aimé et qui a tout perdu… Il est question de famille , de filiation, de maternité. Il y a de la cruauté terrible et de l’amour qui ne se dit pas. Il y a du désespoir, des regrets et de l’espoir.

C’est un roman dur mais c’est avant tout un très beau roman, avec des personnages vraiment bien écrits. J’ai vraiment aimé cette histoire qui se passe un peu hors du temps, il est difficile de le situer, il a un côté intemporel : ça pourrait être au moyen âge, ça pourrait être dans les années 50, ça pourrait être aujourd’hui tant les thèmes traités et les personnages décrits sont quasiment universels.

J’ai aussi beaucoup aimé le style et la place que prend la nature dans le récit et la grande humanité que l’on découvre dans des situations assez inhumaines.

La version audio est excellente!

Chez Sylire

Merci à


Catégorie « polar » 2019

Manifesto : Léonor de Récondo (Lu par l’autrice et Jacques Chaussepied)

J’ai entendu parlé de ce roman lors de ma rencontre avec l’autrice quand elle nous a dit qu’elle venait juste d’enregistrer sa partie de Manifesto pour Audiolib alors j’attendais avec impatience la sortie du livre audio car j’avais beaucoup aimé sa lecture de Amours.

C’est un roman en partie autobiographique et en partie imaginaire puisque Léonor de Récondo raconte la dernière nuit de son père qu’elle a passée avec lui et sa mère à l’hôpital et qu’elle croise avec des conversations imaginaires entre son père Félix et « Ernesto » Hemingway.

Les passages très personnels sur les derniers instants avec son père sont très touchants par leur réalisme et par l’émotion que l’on peut imaginer vivre soi-même et ils sont aussi l’occasion de se remémorer son père, l’artiste, l’homme curieux et intéressé par toutes sortes de choses. Les passages de conversations entre les deux hommes âgés sont l’occasion d’avoir un regard plus large sur la vie de Félix, comme son enfance, l’exil d’Espagne, la guerre et l’art, en faisant des parallèles entre les souvenirs de Félix et ceux d’Ernesto.

J’ai beaucoup aimé ce roman que j’ai trouvé plein de vie avec les personnages d’Ernesto et Félix qui sont des hommes qui ont remplis leurs vies d’expériences et de sensations, artistiques et humaines et c’est aussi un texte plein de douceur et d’émotions filiales avec le regard que pose Léonor, la fille adulte, sur ce père mourant mais aussi le regard de Léonor, petite fille, sur son père dans ses souvenirs.

Je ne sais pas si c’est parce que mes propres parents ont l’âge du père de l’autrice que cela m’a particulièrement touchée mais je pense que cela peut toucher tout le monde. J’ai trouvé que l’idée de mêler la « vraie vie » et ces conversations imaginaires était très originale et apportait vraiment une dimension littéraire et que cette partie appartenant à la fiction permettait aussi d’apporter une vision presque historique à la vie de son père.

Au niveau de la version audio, c’est Léonor de Récondo qui lit les parties qui se passent à l’hôpital et Jacques Chaussepied qui lit les parties de Ernesto et Félix et c’est vraiment bien, cela apporte un rythme très musical à cette audiolecture.

Pour en savoir plus sur ce que Léonor de Récondo dit elle-même de ce roman, vous pouvez aller lire la partie « Manifesto » dans ce billet!

Chez Sylire

avec Sylire : Allons voir son avis!

Merci à

La disparition de Josef Mengele : Olivier Guez (Lu par l’auteur)

Résumé de l’éditeur : « 1949 : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Perón est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au coeur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition. Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre. »

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J’avais offert ce roman à L’Homme car il aime beaucoup les romans basés sur des faits réels. J’ai essayé de le lire mais je n’ai pas du tout réussi à rentrer dedans, quelque chose me gênait dans le côté froid et très factuel de cette histoire. Et puis l’avis de Sylire qui l’a lu en audio m’a donné envie de lui donner une deuxième chance. J’avais un peu peur car il est lu par l’auteur et ce n’est pas toujours une réussite mais là, c’est très bien passé!

Je ne vais pas vous en dire plus que le résumé de l’éditeur mais ce que j’ai aimé dans ce roman c’est ce qui m’avait rebuté à ma première lecture (oui, je suis contradictoire, j’avoue) c’est à dire le côté froid et factuel. En effet, Josef Mengele ne montre pas de regrets et il est montré comme quelqu’un qui cherche à échapper à son passé à moindre frais, plein de mépris pour tous.

C’est quelqu’un qui est montré comme un être assez médiocre qui se sent supérieur et c’est sans doute proche de la réalité. Il a réussi à échapper à tout et quand il a des cas de conscience c’est plus parce qu’il estime ne pas avoir assez profité de sa vie que pour des regrets sur ses actions de tortionnaire car il est montré en permanence persuadé d’avoir fait ce qu’il fallait pour son pays.

Ce n’est pas une lecture facile car que ce soit le personnage odieux de Josef Mengele ou la manière dont les pays dans lesquels il a vécu pendant son exil l’ont accueillis font froid dans le dos.

C’est donc un roman historique mais aussi un roman qui raconte l’histoire d’un homme somme toute assez ordinaire, d’une froideur glauque.

Pendant mon audiolecture, je me demandais comment l’auteur avait vécu son écriture de ce roman, comment il avait supporté de « penser comme Josef Mengele » et l’entretien avec l’auteur à la fin du livre est en cela intéressante.

J’ai beaucoup apprécié cette audiolecture.

 Chez Sylire

prêté par Sylire (son avis en cliquant sur son nom) : Merci!

Le parfum Histoire d’un meurtrier : Pattrick Süskind (Lu par François Berland)

Résumé de l’éditeur : « Au XVIIIème siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque.
Il s’appelait Jean-Baptiste Grenouille.
Sa naissance, son enfance furent épouvantables et tout autre que lui n’aurait pas survécu.
Mais Grenouille n’avait besoin que d’un minimum de nourriture et de vêtements, et son âme n’avait besoin de rien. Or ce monstre de Grenouille avait un don, ou plutôt un nez unique au monde, et il entendait bien devenir, même par les moyens les plus atroces, le Dieu tout-puissant de l’univers, car « qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le cœur des hommes ».
C’est son histoire abominable… et drolatique, qui nous est racontée dans Le Parfum, un best-seller mondial. »

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J’avais lu ce roman quand j’étais au lycée et je me souvenais très vaguement de l’histoire mais j’avais le souvenir d’un très bon roman (c’est loin le lycée pour moi!). Quand j’ai repéré le livre audio à la médiathèque, je me suis dit que ce serait  l’occasion de le relire autrement (car je n’aime pas trop relire les livres en version papier mais en audio, ça me plait!)

Ce roman raconte la vie d’un être hors du commun né au 18e siècle dans des conditions d’une terrible pauvreté et qui va d’abord être passé de mains en mains. Il a une particularité qu’une nourrice a remarqué : il ne sent rien, aucune odeur, ni bonne ni mauvaise et cela a pour conséquence qu’il grandit au mieux en passant inaperçu, au pire en mettant les gens mal à l’aise par cette drôle d’impression qui vient de cette absence d’existence olfactive.

Les odeurs sont pourtant particulièrement importantes pour Grenouille car lui, est capable de tout sentir, d’une manière extrêmement précise. Il collectionne d’ailleurs en quelque sorte les odeurs et parfums, les meilleurs comme les pires et se construit à leur contact. Il est capable de reconnaître des parfums que le nez humain ne distingues normalement pas.

Un jour, il est attiré par une odeur qui lui semble la meilleure au monde et découvre que c’est celle dégagée par une jeune fille rousse. Désirant plus que tout posséder ce parfum, il tue la jeune fille mais ne vit que dans le souvenir de cette odeur qu’il veut retrouver.

Il réussit à rejoindre la boutique du célèbre parfumeur Giuseppe Baldini où il apprend toutes les techniques possibles pour fabriquer des parfums. Plus tard, il va fuir le monde et vivre une période d’ermite où il fuit les odeurs des hommes et vit très mal son absence d’odeur.

Il reprend donc la route pour aller à Grasse où il commence à travailler chez un autre parfumeur et c’est à Grasse qu’il va retrouver une nouvelle jeune fille rousse qui exhale le même parfum que celle de Paris. Il va alors préparer sa capture de ce parfum de façon plus durable en devenant un meurtrier de jeunes femmes en attendant de pouvoir accomplir son meurtre ultime, celui qui lui permettra de recréer LE parfum.

Cette histoire est un conte qui nous emmène à la fois dans une âme noire mais dans le monde des sensations par les odeurs et les parfums, il se termine d’ailleurs par une scène très onirique de débauche sensuelle totalement décadente!  Jean-Baptiste Grenouille est un être torturé qui n’arrive pas à vivre avec les autres et qui ne ressent aucune empathie pour les autres, les femmes qu’il tue n’étant que des véhicules de parfums.

Un roman que je suis très contente d’avoir relu, je l’ai trouvé très fort!

La version audio est lue de façon assez théâtralisée mais elle passe très bien!

 Chez Sylire

 

No et moi : Delphine de Vigan (lu par Lola Naymark)

Lou est une adolescente très mature pour son âge, elle est surdouée mais en même temps elle est en décalage avec le reste du monde qui l’entoure. Elle a des petites manies, comme des listes et des collections et elle a un regard à la fois très fin et très curieux sur le monde. Elle peine à se faire une place dans sa famille avec une mère depressive qui ne semble plus voir sa fille après la mort de la petite soeur et un père qui essaie malgré tout de maintenir un semblant d’ordinaire. Elle est en avance à l’école et ne se reconnait pas parmi les lycéens qui l’entourent et pourtant, elle est attirée par Lucas, le bad boy torturé de la classe.
Un jour, par défi, et par peur lorsqu’elle doit faire un exposé sociologique, elle décide d’interviewer une jeune SDF. De fil en aiguille, elle va apprendre à connaître No, cette jeune fille qui vit une vie à mille lieues de la sienne. Elle va « l’apprivoiser », No va se laisser approcher et laisser entrer Lou dans sa vie. Et cette relation, leur amitié leur apportera à toutes les deux. Elles s’accompagneront mutuellement, avec l’aide de Lucas. Auprès de No, tout le monde va évoluer, que ce soit Lou et Lucas et même les parents de Lou.
Mais est-ce que No peut vraiment rester dans la société, en est-elle capable?
Un joli roman d’initiation et de partage. Une belle relation et de beaux personnages dans cet âge de transition qu’est l’adolescence.
Dans cette version audio, la lectrice, à la voix jeune, porte très bien le personnage de Lou.
Je vous le recommande.