Martin Eden : Jack London (Lu par Denis Podalydès)

Je connaissais Jack London comme un auteur classique de la littérature américaine mais plutôt orienté sur la littérature d’aventures dans les grands espaces et ce n’est pas un univers qui me tente du tout. Alors forcément, j’appréhendais un peu cette audiolecture imposée par le prix Audiolib mais ça a été une excellente surprise et j’ai vraiment beaucoup aimé ce roman qui est  très bien lu par Denis Podalydès qui devient vraiment Martin Eden.

Martin Eden est un jeune marin de milieu modeste qui un jour rencontre Ruth Morse une jeune fille d’une bonne famille bourgeoise lorsque le frère de celle-ci l’invite pour le remercier de l’avoir défendu dans une bagarre dans la rue. Il tombe immédiatement sous le charme de cette jeune femme cultivée (elle est étudiante à l’université) et élégante. Elle, de son côté, le prend sous son aile, un peu comme un projet, pour l’éduquer, le façonner. De son côté, pour lui plaire et pour entrer dans le moule de la bonne société à laquelle la jeune femme appartient, il se lance à corps perdu dans les études, dans les livres pour se cultiver et s’améliorer tant dans sa façon de s’exprimer ou de se tenir…

Et puis il découvre l’écriture. Au départ, il voit ça comme un moyen de gagner de l’argent facilement et puis il devient un passionné, un acharné de littérature. Il a vraiment développé son esprit critique et son envie d’écrire le mieux possible et d’exprimer des choses vraies et fortes est intense chez lui. Il est prêt à subir la misère en attendant d’être reconnu.

Petit à petit, l’amour naît entre Rose et Martin mais leurs différences restent grandes même si ce ne sont pas les mêmes tout au long du roman. Mais la vie de Martin a tellement évoluée, intellectuellement, qu’il ne se retrouve plus dans le monde bourgeois auquel il aspirait et il ne peut pas respecter les pseudo intellectuels formatés qu’il croise chez Rose. Il apprécie particulièrement son amitié avec Russ Brissenden un autre intellectuel avec qui il a une vraie connexion.

Jack London est homme fascinant, dans toutes son évolution au fil du roman et ce roman est passionnant pour le côté littéraire (c’est un roman parfait pour les amateurs de littérature!) et aussi pour la peinture sociale du début du 20e siècle aux Etats-Unis puisque qu’on passe des bas-fonds et la misère jusqu’à la haute société bourgeoise en passant par les milieux intellectuels un peu underground.

Un livre à découvrir!

 Chez Sylire

Des avis de co-jurées : Aproposdelivres, Sandrine, Sylire

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

Ligne animal (= un oiseau) pour le

Ça raconte Sarah : Pauline Delabroy-Allard (Lu par Clara Brajtman)

Le roman commence par une scène très touchante : une femme se couche avec son amante, Sarah, qui est clairement très malade.

Après cette première scène, on découvre l’histoire de cette femme avant qu’elle ne rencontre Sarah. C’est une jeune femme, mère célibataire, jeune professeur et qui mène une vie assez rangée. Elle est dans un entre deux, ce qu’elle appelle « en latence ». C’est à ce moment qu’elle rencontre Sarah.

Sarah est un peu son opposée : musicienne, jeune femme très libre et indépendante, ne s’occupant pas du regard des autres. Elles deviennent amies, elle apporte un nouveau souffle à la vie de la jeune femme.

Et puis, commence entre elles une relation sexuelle, une première pour les deux jeunes femmes, et à partir de là, elles entrent dans une spirale de passion dévorante, charnelle, intense, dépendante et petit à petit destructrice.

Et puis, les jeunes femmes se quittent et Sarah a un cancer du sein.

Une deuxième partie commence alors. Une fuite. La jeune femme qui est persuadée que Sarah est morte à cause d’elle, quitte tout sur un coup de tête (son travail, sa fille…) et part vivre en Italie, d’abord chez une amie puis dans l’appartement d’une connaissance… Et là, elle vit dans une sorte de délire, sans lien avec l’extérieur (elle a détruit son téléphone portable)…

Bon, je vais être franche avec vous, quelques jours après avoir terminé cette audiolecture, j’avais presque tout oublié. Si la première partie montre bien comment une passion peut être destructrice, prendre la vie des personnes concernées sans leur laisser tellement de répit, je n’ai pas du tout cru à la deuxième partie (et j’irai même jusqu’à dire que je ne l’ai pas comprise…) C’est un peu comme s’il y avait une apposition de deux romans différents, n’ayant rien à voir l’un avec l’autre… Cette partie est complètement irréaliste alors que la première partie est ancré dans une réalité à laquelle on peut s’identifier. Je me suis même demandée si c’était des faits « réels » ou un délire du personnage… Particulièrement du fait qu’elle ne s’inquiète pas du tout de sa petite fille et qu’elle n’a pas d’argent… Seul point positif de cette partie : on se promène dans les rues de Trieste en Italie…

Je ne peux pas dire que la version audio apporte quoi que ce soit (elle n’est pas mauvaise, dans mon souvenir, mais comme le reste du roman, elle ne m’a pas marquée)… Heureusement que cela ne durait que 4h40 parce que je pense que j’aurais abandonné…

Vous l’aurez compris, je ne vous recommande pas ce roman!

 Chez Sylire

Voici les avis de quelques co-jurées : Aproposdelivres, Estellecalim, Sandrine

catégorie « Lecture »

Chez Martine

Frère d’âme : David Diop (Lu par Babacar M’Baye Fall)

Résumé de l’éditeur : « Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l’attaque contre l’ennemi allemand. Les soldats s’élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d’Alfa, son ami d’enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s’enfuit. Lui, le paysan d’Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l’effroi. Au point d’effrayer ses camarades. Son évacuation à l’Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d’ultime et splendide résistance à la première boucherie de l’ère moderne. »

*

Pas facile de parler de ce court roman (3h45 d’écoute) très fort. Je peux commencer par vous dire que la version audio est très bonne car le lecteur est africain et son accent, sa diction donne vraiment vie au personnage d’Alpha. De plus il ya dans le style de ce roman beaucoup de poésie apportée par des répétitions, que ce soit de mots ou de phrases et la version lue donne au texte une dimension de conte oral vraiment réussie, c’est un vrai plus (mais je ne suis pas sûre que j’aurais adhéré au texte dans sa version papier).

L’auteur raconte la guerre et l’horreur des tranchées mais aussi la place compliquée des tirailleur sénégalais qui sont utilisés presque comme des « armes humaines », là pour effrayer les ennemis, mais qui sont également déshumanisés, ne comprenant pas la langue de leur armée et ne comprenant pas ce qui se passe autour d’eux.

La guerre fait ressortir le côté obscure d’Alpha qui veut bien faire mais qui devient une sorte d’incarnation du semeur de morts que l’armée a voulu faire de lui, poussant le zèle jusqu’à devenir une sorte de collectionneur de morts.

Les divagations d’Alpha vont le faire aussi revenir sur son passé en Afrique et ce sont des passages très touchants, en totale opposition avec les parties concernant la guerre.

Il y a beaucoup de qualité à ce roman, mais le délire dans lequel le personnage d’Alpha entre dans la deuxième partie du roman m’a un peu lassée et j’ai apprécié qu’il soit court.

 Chez Sylire

Voici les avis de quelques co-jurées : Aproposdelivres, Sandrine, Sylire

 chez Blandine

Avec toutes mes sympathies : Olivia de Lamberterie (lu par l’auteure)


Résumé de l’éditeur : « Les mots des autres m’ont nourrie, portée, infusé leur énergie et leurs émotions. Jusqu’à la mort de mon frère, le 14 octobre 2015 à Montréal, je ne voyais pas la nécessité d’écrire. Le suicide d’Alex m’a transpercée de chagrin, m’a mise aussi dans une colère folle. Parce qu’un suicide, c’est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de se souvenir des jours heureux.
Moi, je ne voulais pas me taire.
Alex était un être flamboyant, il a eu une existence belle, pleine, passionnante, aimante et aimée. Il s’est battu contre la mélancolie, elle a gagné. Raconter son courage, dire le bonheur que j’ai eu de l’avoir comme frère, m’a semblé vital. Je ne voulais ni faire mon deuil ni céder à la désolation. Je désirais inventer une manière joyeuse d’être triste.
Les morts peuvent nous rendre plus libres, plus vivants. »

*

Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en lisant ce documentaire. Je connaissais Olivia de Lamberterie de nom (j’ai quand même participé deux fois au prix des lectrices de Elle!) et je savais qu’elle parlait de la mort de son frère mais je n’en savais pas plus.

En fait, dans ce texte, Olivia de Lamberterie parle certes de la mort de son frère qui s’est suicidé, mais elle parle surtout de leur vie ensemble, leur jeunesse, leur famille et puis aussi de la vie que l’on vit avec un frère parfois flamboyant, parfois mélancolique, avec la crainte de ce qui peut se passer à n’importe quel moment.

Après la mort de ce frère aimé, il y a alors le récit de la vie sans lui, la vie impossible à supporter… Avec finalement l’envie de revivre pour soi et pour l’être aimé…

J’ai beaucoup aimé ce témoignage qui m’a particulièrement touchée parce qu’il y a plus de 10 ans, un ami s’est suicidé et même si je n’avais pas une relation aussi proche qu’Olivia de Lamberterie avec son frère, cela a cependant réveillé des souvenirs…

Dans ce texte, il n’y a pas que le drame et le désespoir mais aussi du quotidien heureux, ordinaire, familial. Il y a aussi la vie d’Olivia de Lamberterie, la lectrice acharnée et femme du milieu littéraire ainsi que sa vie de femme. Mais jamais très loin, il y a toujours ce frère aimé et torturé.

J’ai eu un coup de coeur pour ce récit très touchant sans être voyeur, très intense et avec de l’espoir et tellement d’amour. Ce livre audio est très bien lu par l’auteure, avec beaucoup d’émotion et de pudeur. J’ai eu plusieurs fois les larmes aux yeux et j’ai même choisi d’arrêter de l’écouter à un moment car je commençais à pleurer en conduisant vers le travail…

 Chez Sylire

Voici les avis de quelques co-jurées : Aproposdelivres, Estellecalim, Meuraie, Sandrine, Sylire

La toile du monde : Antonin Varenne (Lu par Julien Defaye)

Aileen Bowman, est une journaliste américaine de trente-cinq ans, célibataire et très indépendante, au point d’en paraître suspecte aux yeux de son entourage. Fille de fermier dans un ranch, elle a grandi pratiquement à cheval et ne vit qu’en pantalon ce qui est extrêmement subversif pour son époque et quand elle débarque en France pour couvrir l’Exposition Universelle de Paris de 1900 pour le New York Tribune, elle se fait tout de suite remarquer. Elle va adopter l’utilisation de la bicyclette pour pouvoir continuer à porter ses pantalons.

Au cours de ses pérégrinations dans la ville, Aileen va se trouver mêlée au monde l’art et même devenir une muse. Elle va aussi rencontrer un ingénieur de la construction du nouveau Métropolitain. Elle est observatrice journaliste de l’Exposition Universelle mais elle écrit aussi des textes beaucoup plus littéraires et subversifs sur cette exposition, en faisant de Paris une femme  et en lui donnant la parole.

Dans sa vie privée, Aileen est aussi très libre dans ses rapports aux autres et dans sa sexualité mais elle reste aussi très seule.

J’ai aimé les aspects très artistiques et historiques du roman et le personnage d’Aileen. Je me suis plongée dans ce Paris en pleine mutation, comme la société de l’époque.

Ce roman est le troisième d’une série qui a commencé avec « Trois mille chevaux vapeur » puis « Equateur » et si on peut les lire séparément, je dois dire que la partie qui concerne la vie d’Aileen avant, aux Etats-Unis et la quête familiale qui l’a motivée à venir à Paris, m’a beaucoup moins intéressée et c’est sans doute parce que c’était en lien avec le roman précédent.  Donc, je pense que pour ceux qui n’ont pas lu « Equateur » pourront trouver quelques longueurs sur la fin. Mais globalement, j’ai bien aimé ce roman dont j’ai apprécié la version audio.

 Chez Sylire

catégorie « lieu »

Voici les avis de quelques co-jurées : Aproposdelivres, Sandrine, Sylire

L’Art de la joie : Goliarda Sapienza (Lu par Valérie Muzzi)

Résumé de l’éditeur « Viviane Hamy » : « Il était une fois une enfant, Modesta, née le 1er janvier 1900, dans un monde frustre et rapidement englouti… Non, L’Art de la joie résiste à toute présentation. Roman d’apprentissage, il foisonne d’une multitude de vies. Roman des sens et de la sensualité, il ressuscite les élans politiques qui ont crevé le XXe siècle. Ancré dans une Sicile à la fois sombre et solaire, il se tend vers l’horizon des mers et des grandes villes européennes…
« Pourquoi faut-il lire ce livre ? Parce qu’il est un hymne à la joie. A la joie la plus simple qui soit, celle qui émane de la conscience et de l’acceptation sereine de sa propre existence et de celle des autres, personnes et choses, sans lesquelles le bonheur serait absolument impossible. Le XXe siècle, époque de tragédies horribles et d’esprits brillantissimes, se révèle sous un angle différent et les événements qui le caractérisent – guerres et révolutions, sciences et techniques, art et philosophie – portent les stigmates d’une seule femme, Modesta, qui assume les espoirs et la volonté de toutes les autres. » Luca Orsenigo, Corriere della sera.

*

Résumé de Audiolib : « Comment pouvais-je le savoir si la vie ne me le disait pas ? Comment pouvais-je savoir que le bonheur le plus grand était caché dans les années apparemment les plus sombres de mon existence ? S’abandonner à la vie sans peur, toujours… Et maintenant encore, entre sifflements de trains et portes claquées, la vie m’appelle et je dois y aller. »
L’Art de la joie est le roman d’une vie, celle de Modesta. Née le 1er janvier 1900 dans une famille miséreuse de Sicile, farouche et insoumise, la jeune femme nous entraîne sur le chemin d’une liberté qui gagne irrésistiblement le lecteur.
L’édition définitive de ce texte, devenu un classique de la littérature italienne, a été établie par Angelo Maria Pellegrino, qui fut le dernier compagnon de l’autrice et sauva ce roman culte de l’oubli. »

*

Je dois commencer par dire que j’ai abandonné «L’art de la joie» … En version audio, ce roman fait 23h (et en version papier plus de 600 pages) et je l’ai abandonné à plus de la moitié… 57 plages sur 107… donc, je pense qu’on peut dire que je lui ai quand même laissé sa chance…

Ce roman a été publié de manière posthume en 1998 car il avait été refusé par tous les éditeurs italiens dans les années 70.

Je vous ai recopié les résumés des éditeurs (broché et audio) et je vais plus me concentrer sur mon ressenti…

Alors pour commencer, je dois parler des aspects positifs de ce roman : il y a des choses très intéressantes, il y a des passages très sensuels, de très belles pages au niveau du style et des idées et des questionnements philosophiques, religieux et politiques et cela raconte l’histoire d’une femme trop indépendante pour son époque, une femme libre, féministe sans doute.

Malheureusement, c’est aussi très long et très « bavard » et je n’en pouvais plus… Ce roman aurait mérité d’être épuré pour garder le fond mais gagner sur la forme… Je pense que j’aurais pu l’apprécier vraiment s’il avait été moitié moins long…

La version audio est réussie, elle donne une voix à Modesta qui correspond bien au personnage.

Et pour contrebalancer mon avis peu enthousiaste, voici un article de Télérama : « Trois raisons de (re)lire “L’art de la joie” de Goliarda Sapienza« !

 Chez Sylire

Voici les avis de quelques co-jurées : Meuraïe

Chez Martine

Quand le requin dort : Milena Agus (Lu par Audrey D’Hulstère)

Résumé de l’éditeur : « Sardes depuis le Paléolithique supérieur, les Sevilla-Mendoza ignorent la normalité. Un père entiché de voyages lointains, une mère perdue devant la vie, une tante plongée dans des amours sans lendemain, un frère sourd à tout sauf à son piano. Celle qui décrit l’étrange et attachante ambiance familiale, avec une impassible candeur, est une adolescente engluée dans une liaison inavouable… Une liaison qu’elle cache à sa famille, où pourtant on parle d’amour et de sexe sans inhibitions. On y parle aussi de Dieu, dont on n’arrive pas à décider s’il existe ou pas. Plutôt qu’à lui, autant s’en remettre à la superstition pour affronter les dangers de l’existence. Celle-ci se déroule comme si on était dans la gueule d’un requin. Un requin qui vous enserre entre ses dents et vous empêche de vivre. On essaye d’en sortir quand il dort… Dans ce livre, le plus poignant de Milena Agus, on retrouve sa voix inimitable, capable de toutes les audaces. » 

*

J’ai audiolu ce roman en janvier et j’ai décidé de garder mon avis pour le mois Italien… Mais j’ai fait la bêtise de ne pas écrire de brouillon tout de suite après ma lecture et spontanément je ne me souvais de presque rien… Et pourtant, j’ai retrouvé un commentaire que j’avais fait au moment où je le lisais et je disais que j’aimais beaucoup et que je trouvais le roman et les personnages touchants…

La seule chose dont je me souvenais immédiatement, c’est le fait que la narratrice est une très jeune femme dans une famille un peu originale et qu’elle vit une histoire avec un homme. C’est une histoire secrète car elle est uniquement basée sur le sexe et si le résumé dit « sans inhibitions », c’est plus que cela, c’est une relation sado-masochiste dans laquelle, la jeune femme subit plus qu’autre chose mais revient toujours car elle rêve d’amour. C’est assez malsain mais pas gratuit car il y a un cheminement personnel qui en découle.

En relisant le résumé, je me souviens aussi de la mère dépressive qui ne trouve le sourire qu’en dansant avec un ancien amoureux de sa soeur, du père volage et envolé qui a laissé sa famille pour vivre ses rêves de voyages, de la tante trop jolie qui rêve d’un mari mais qui collectionne les amants, du frère qui vit dans une bulle musicale, toujours accroché à son piano. C’est une famille dysfonctionnelle par plein d’aspects et pourtant très aimante par d’autres et effectivement, je comprends pourquoi je les avais trouvés touchants

Alors, finalement, en me creusant un peu la tête pour me remémorer ce roman, même si tous les détails ne me reviennent pas,  je me souviens pourquoi j’avais aimé, je revois ces personnages que l’on voit évoluer en trébuchant dans leurs vies et je ressens encore l’ambiance, alors je vous le recommande.

 Chez Sylire

catégorie animal pour ma ligne audio

Chez Martine

Fief : David Lopez (Lu par l’auteur)

Je ne sais pas par quel bout vous parler de ce roman alors je vais commencer par vous dire que j’ai beaucoup aimé!

Je ne voudrais pas vous faire peur en étant trop réductrice et en vous disant que c’est l’histoire d’une bande de plus ou moins jeunes garçons, qui vivent plus ou moins en banlieue (ils sont vraiment entre la campagne et la ville, pas assez « banlieue » pour être des vraies racailles, mais ne sont ni des « bourg' » de la ville ou des « ploucs » de la campagne) et qui passent leur temps à fumer des joints en parlant des filles et des potes en n’ayant pas beaucoup de perspectives d’avenir…. Et pourtant, il y a de ça dans ce roman… Mais en même temps, cette bande de copains permet de dire beaucoup sur une partie de la société : ceux qui sont dans un entre-deux : entre-deux catégories sociales, entre-deux zones géographiques, entre-deux identités, entre-deux âges aussi et dans une période d’incertitude entre l’envie d’évoluer et l’envie que rien ne bouge.

Je ne voudrais pas vous faire peur en vous disant que c’est un roman sur la boxe, car ce n’est qu’un aspect du roman mais il y a pourtant de très belles pages (oui, belles!) sur la boxe. La boxe comme lien fédérateur et en même temps comme échappatoire, la boxe comme défouloir et comme zone d’espoir. L’auteur dit beaucoup sur son personnage principal au travers de ces pages sur la boxe.

Il y aussi des questionnements très sérieux sur la vie et les relations humaines (amis, femmes, famille) mais aussi des passages très drôles (le chapitre sur la dictée est très amusant et réaliste!). Il y a aussi l’évocation de l’enfance, la manière dont les jeunes prennent tous des voies différentes : les études, le deal de drogue, la glande…

C’est un roman vraiment riche sur de nombreuses thématiques très actuelles et pourtant assez universelles. L’auteur fait aussi le lien avec des textes très littéraires, notamment « Candide » de Voltaire qu’un de ses personnages évoque pour metre en perspective leurs propres vies.

J’ai aimé le style de ce roman qui mêle habilement le language parlé et une narration plus traditionnelle et qui dégage une certaine musicalité, un rythme presque poétique. Il y a parfois des chapitres qui explorent certaines thématiques ou certaines scènes en profondeur : je pense à un combat de boxe, le match de foot du père du personnage principal, un rapport sexuel… et ces scènes sont comme des tableaux qui s’insèrent dans le roman et apportent un autre éclairage sur les passages plus dialogués entre les différents protagonistes. Concernant ces personnages, je note aussi que certains ressortent plus que d’autres : Jonas, le personnage central, Lahuiss, qui est celui qui par les études sort un peu du milieu, Ixe le copain dealer mais les autres forment plutôt une sorte d’ensemble indéfini, on ne voit pas vraiment leurs couleurs, leurs origines, leurs passés et leurs avenirs, il font parti d’un groupe, ils sont un peu une entité et c’est aussi très intéressant dans ce roman.

Dans cette version audio, c’est l’auteur qui lit et il le fait très bien. Il prend un intonation, un rythme qui colle parfaitement à ses personnages et les dialogues sont extrêmement bien lus, on s’y croirait. Vraiment, félicitations pour sa lecture, il donne à son roman une dimension très authentique.

A la fin, il y a un entretien avec l’auteur que j’ai trouvé vraiment intéressant. Il dit des choses sur son écriture et sur ses intentions qui ont vraiment apporté un plus à ma lecture (mais par contre, je me suis vraiment demandé pourquoi la personne qui l’interviewait le tutoyait, j’ai trouvé cela déplacé).

Voici une interview également très intéressante :

Pendant ma lecture, j’ai pensé à deux BD « TMLP (Ta Mère La Pute) » et « La petite couronne » toutes deux de Gilles Rochier et aussi au film « La haine » :

 Chez Sylire

Sandrine l’a aussi lu dans le cadre du prix.

catégorie « lieu »

Différente : Marlène Tissot (Lu par Margot Châron)

Margot est une jeune femme qui semble un peu simplette, gentille et douce mais un peu naïve. Elle travaille avec Gisèle avec qui elle s’entend bien. Elle se sent assez assez à l’aise pour lui raconter que quand elle était enfant, son oncle « soulevait sa jupe et tirait sur l’élastique de sa culotte pour regarder ses fesses. Il l’étouffait avec sa main pour l’empêcher de crier. » Elle raconte cela sans paraître réaliser ce que cela implique. Son autre oncle fait en sorte que son frère soir condamné mais Margot ne s’est pas laissée abattre par ces événements, comme s’ils lui étaient passés au-dessus. Elle dit souvent qu’un médecin lui avait dit qu’elle n’était pas idiote mais « différente » et elle est très attachée à cela.

Et effectivement, Margot est différente. Peut-être plus lente intellectuellement mais surtout pleine de joie de vivre et d’envie de voir le meilleur dans ce qui l’entoure.

Gisèle prend très mal les confidences de Margot, elle ne voulait pas savoir et le seul regret de la jeune femme, c’est la peur d’avoir perdue son amie, qui est un peu comme une figure de mère, après s’être confiée.

J’ai trouvé ce texte très touchant et le personnage de Margot est lumineux. Une belle découverte et la lectrice donne vraiment vie au personnage.

La particularité de la maison d’édition 15K est de proposer des textes courts et celui-ci dure 24 mn. c’est sans doute intéressant pour certains audiolecteurs qui n’ont pas envie de rester trop longtemps sur le même texte audio mais pour moi c’était trop court, j’aurais apprécié de trouver ce texte dans un recueil de nouvelles mais une seule nouvelle ne dure même pas le temps de mon trajet pour aller au travail alors je suis un peu restée sur ma faim.

Mais cette remarque mise à part, je dois dire que j’ai vraiment aimé cette nouvelle.

Lauréat « fiction » 2019 du

 Chez Sylire

Un gentleman à Moscou : Amor Towles (Lu par Thibault de Montalembert)

Résumé de l’éditeur :

« Au début des années 1920, le comte Alexandre Illitch Rostov, aristocrate impénitent, est condamné par un tribunal bolchévique à vivre en résidence surveillée dans le luxueux hôtel Metropol de Moscou, où le comte a ses habitudes, à quelques encablures du Kremlin. Acceptant joyeusement son sort, le comte Rostov hante les couloirs, salons feutrés, restaurants et salles de réception de l’hôtel, et noue des liens avec le personnel de sa prison dorée   – officiant bientôt comme serveur au prestigieux restaurant Boyarski –, des diplomates étrangers de passage – dont le comte sait obtenir les confidences à force de charme, d’esprit, et de vodka –, une belle actrice inaccessible – ou presque ­–, et côtoie les nouveaux maîtres de la Russie. Mais, plus que toute autre, c’est sa rencontre avec Nina, une fillette de neuf ans, qui bouleverse le cours de sa vie bien réglée au Metropol.
Trois décennies durant, le comte vit nombre d’aventures retranché derrière les grandes baies vitrées du Metropol, microcosme où se rejouent les bouleversements la Russie soviétique. »

Je vous donne le résumé de l’éditeur car j’ai beaucoup de mal à rassembler mes idées pour vous faire un résumé concis de ce livre qui est assez gros avec ses 17 heures d’écoute et ses 576 pages en version papier.

Je dois commencer par vous dire que je me suis un peu ennuyée sur la première moitié et qu’à la fin de la plage 35 (la moitié) j’ai évoqué l’idée d’abandonner et à la plage 36, il y a eu un rebondissement et j’ai fini ce roman avec plaisir.

La première partie m’a parue très longue et répétitive. La suite implique plus de personnages, le comte Alexandre Illitch Rostov devient plus intéressant au contact des personnes qu’il côtoie et on en apprend plus sur l’évolution de la Russie d’un point de vue politique -national et international et même quotidien (sans pour autant sortir de l’hôtel).

Mais c’est quand même dommage qu’il ait fallu la moitié d’un gros roman pour m’intéresser. En version papier, c’est certain que j’aurais abandonné mais j’audiolis en conduisant alors ça ne me donne pas autant l’impression de perdre mon temps. Je dois aussi dire que Thibault de Montalembert est un acteur dont j’aime toutes les lectures et si j’ai tenu la première partie, c’est uniquement grâce à lui.

Alors, quand viendra le moment de faire mon choix dans le classement pour le prix Audiolib je serai bien embêtée car j’ai aimé la fin mais c’est un miracle que je sois arrivée au bout de la première moitié!

Je suis curieuse d’avoir votre avis sur ce roman! Avez-vous eu aussi du mal avec le début?

 Chez Sylire

Aussi lu par Aproposdelivres, AzilisEstellecalimSandrine, Sylire qui sont aussi jurées pour le prix.

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