Le fleuve : Sylvie Drapeau (lu par l’auteur)

Je ne m’attendais rien en commençant cette lecture audio et j’ai tout de suite été saisie par le style plein de douceur et la très belle façon dont l’auteur lit son propre texte. Et puis l’histoire, racontée du point de vue d’une petite fille d’abord puis l’enfant qui grandit est à la fois pleine d’amour et pleine de la nostalgie de l’enfance et puis pleine du drame qui survient.

La narratrice (l’auteur d’après ce que j’ai compris) raconte donc une enfance pleine de liberté dans la campagne de  la Côte-Nord, avec le fleuve comme une figure vivante, à la fois attirant et inquiétant. Les enfants, de nombreux frères et soeurs de tous âges, qu’elle surnomme « la meute », passent leurs journées à vivre des aventures dehors. La petite fille qui a 5 ans a une admiration sans borne pour Roch, son frère aîné :  elle le suit, il est fort et courageux, il est téméraire et aventurier… Et pourtant, c’est lui qui va disparaître, noyé dans le fleuve…

Ce drame va bien évidemment bouleverser la famille entière. L’enfant va raconter ses parents qui doivent survivre à cette mort. Elle va raconter l’équilibre de la meute qui change… Et puis elle va raconter la vie qui continue.

Qu’est-ce que ce texte est beau! Émouvant et touchant et superbe! J’ai été vraiment très émue mais pas seulement par les moments dramatiques : les passages sur l’enfance sont formidables et les passages sur le retour à la vie de la famille sont aussi très jolis… Tout m’a plu!

Le fait que l’auteur soit une aussi actrice est un réel atout pour cette lecture audio car elle le lit, elle le joue avec une vraie justesse, une grande sincérité.

C’est un coup de coeur et je vous recommande vraiment la version audio.

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 Chez Sylire

   chez Karine:) et  Yueyin

L’avaleur de sable : Stéphane Bourguignon (lu par Normand Daneau)

Julien et son meilleur ami et coloc Pierrot ont la vingtaine. Ils vivent à Montréal et depuis environ un an, Julien a sombré dans la déprime car sa petite amie a été tuée d’une balle perdue. Pierrot, estime qu’il temps que son ami reprenne le cours normal de sa vie mais ce dernier reste tellement prudent vis à vis de l’amour et des femmes pour se protéger qu’il se tient à distance de toute relation humaine.

Pierrot rencontre l’amour fulgurant auprès d’une jeune femme au caractère bien trempé et Julien se fait « avoir » malgré lui quand il rencontre une voleuse de fruits et légumes sur le stand du marché où il travaille … Il ne résiste pas et tombe amoureux.

Dans ce roman, on ne peut pas dire qu’il ne « se passe » grand chose mais c’est un portrait très réaliste d’une jeunesse désenchantée avec ses personnages de jeunes hommes un peu losers, un peu nonchalants, pas très impliqués dans la société, un peu adolescents attardés mais au bon coeur, au bon fond et des jeunes femmes plus déterminées et sûres d’elles… Et qui obtiennent ce qu’elles veulent.

C’est surtout un roman de personnages et de relations humaines, entre les hommes et les femmes, bien sûr mais aussi entre génération car Julien se lie d’une amitié quasi paternelle avec le maraîcher qui l’embauche.

Il y a des moments cocasses (sans doute accentués pour le lecteur français qui découvre des expressions québécoises) mais il y a aussi des moments très touchants liés à des remises en questions sur l’amour et la maternité, plus profondes qu’il pourrait y paraître et aussi sur la perte, le deuil…

Ce roman date de 1993 mais il est assez peu daté (si on oublie l’absence de téléphones portables et d’internet) et pourrait très bien se passer aujourd’hui. J’ai trouvé un ton que j’avais déjà rencontré dans d’autres romans québécois et j’ai vraiment apprécié cette lecture.

Le fait de l’avoir audiolu avec un lecteur québécois apporte un vrai plus car on entend vraiment la voix du narrateur, l’accent collant vraiment aux expressions québécoises. Et je vous recommande cette version.

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 Chez Sylire

   chez Karine:) et  Yueyin

 avec Gambadou : allons voir son avis!

C’était au temps des mammouths laineux : Serge Bouchard (lu par l’auteur)

Je ne connaissais pas du tout Serge Bouchard avant d’audiolire ce livre que j’ai surtout choisi pour son titre qui sort de l’ordinaire. Et c’est au cours de ma lecture que j’ai appris/compris que c’était un anthropologue québécois et un homme de radio très connu au Québec.

« C’était au temps des mammouths laineux » est un recueil de textes qu’il a écrit entre les années 2000 et 2011 (mais je ne sais pas s’il les avait écrit pour la radio, pour la presse ou pour un autre support.) Il traite de nombreux thèmes très différents : sa vision du monde moderne (ce sont les textes que j’ai le moins aimés car il a un peu un discours réac’ « c’était mieux avant » et « la technologie c’est le mal » et ça c’était un peu lourd), sa vie personnelle avec des textes très émouvants sur la vieillesse de sa mère qui attend la mort, sur son ami et complice de travail à la radio, sur son ami innu dont il raconte la vie et leur amitié et surtout la maladie et la mort de sa première femme, texte qu’il lit avec des moments de grande émotion dans la voix, passages qui m’ont aussi serrés la gorge quand je l’ai écouté.

L’autre thématique très importante et vraiment passionnante de ce recueil c’est la passion, l’amour et la profonde déférence que Serge Bouchard a envers les Premières Nations du Canada (ou plus largement d’Amérique du Nord). C’est vraiment intéressant de l’entendre parler de son sujet de prédilection en tant qu’anthropologue. C’est un vrai portrait des nations qu’il présente, à juste titre, comme des sacrifiés de la colonisation. Il développe aussi un mépris et même une haine de cette puissance blanche dominante qui a effacé le plus possible les peuples autochtones. J’ai beaucoup appris avec ces textes.

Il faut ajouter que j’ai eu la chance de découvrir cette vingtaine de textes lus par l’auteur avec une certaine gouaille et un parlé québécois qui servait vraiment le propos. Les québécois connaissent d’ailleurs sans doute bien sa voix. Je vous recommande d’ailleurs la version audio!

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 Chez Sylire

 catégorie « animal »

   chez Karine:) et  Yueyin

Fénitchka (suivi de Une longue dissipation) : Lou Andreas-Salomé (Lu par Anna Mouglalis)

Sans la pré-sélection du prix Lire dans le Noir, je n’aurais sans doute jamais entendu parler de ces nouvelles et de son auteur. Je me suis renseignée et j’ai découvert que Lou Andreas-Salomé était une femme de lettres allemande d’origine Russe qui s’est trouvée liée -amicalement et/ou amoureusement ou intellectuellement avec Friedrich Nietzsche, Rainer Maria Rilke, Sigmund Freud… Elle était une femme plutôt libre et moderne pour son époque et ses deux nouvelles écrites en 1896 et 1898 mettent en scène des jeunes femmes qui semblent être des miroirs de l’auteur.

« Fénitchka » : Fénitchka est une jeune femme qui rencontre un homme à Paris. Il croit que cette étudiante Russe est une fille plus légère qu’elle ne l’est en réalité et celle-ci l’éconduit. Mais à la suite, ils deviennent amis. Le hasard les fait se retrouver en Russie. Leur amitié se renoue et ces deux intellectuels échangent souvent sur le sentiment amoureux et sur la liberté de ne pas se marier car Fénitchka est bien en avance sur son temps dans ses relations amoureuses et dans son désir de ne pas se plier au rôle qui est traditionnellement attribué aux femmes.

*

« Une longue dissipation » : La narratrice est une jeune femme devenue artiste, à Paris. Mais quand elle était jeune, elle était fiancée à un médecin, un cousin dont elle était folle amoureuse et pour lequel, à l’époque, elle aurait été capable de tout donner, de se plier à ses désirs, prête à devenir la femme parfaite et soumise même si en réalité, elle s’ennuyait. Cet homme l’a quittée un jour et c’est à partir de ce moment qu’elle est partie vivre une vie libre d’artiste. En revenant voir sa mère qui vit toujours chez son cousin, elle découvre que ce dernier a toujours des sentiments pour elle et que s’il l’a quittée c’était pour ne pas lui couper les ailes, car il sentait qu’elle allait contre sa nature de femme libre en s’attachant à lui. Autour d’autres personnages de femmes (une domestique qui travaille pour plus tard devenir enseignante et une jeune baronne lourdement handicapée), cette nouvelle est l’occasion de discourir sur la place de la femme dans la société et le couple et sur l’amour et la liberté.

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Ces nouvelles sont vraiment très modernes et avant de savoir qu’elles avaient été écrites au tournant du 20 ème siècle, je me disais qu’elle pouvait avoir été écrites dans les années 1960 avec tous ces questionnements sur la place des femmes et sur l’impact que la société a sur les relations entre les hommes et les femmes.

J’ai trouvé le style beau et le propos intéressant. Par contre, c’est le deuxième livre audio que j’écoute qui est lu par Anna Mouglalis et je n’aime pas du tout sa voix qui est beaucoup trop grave, trop basse au point où parfois je ne comprenais pas ce qu’elle disait. Cela transformait le texte en marmonnement… il a fallut que je me concentre vraiment pour ne pas perdre le fil et c’est dommage.

 Chez Sylire

La parure et autres nouvelles : Guy de Maupassant (Lu par Philippe Lejour)

Quand j’étais au lycée, j’ai beaucoup lu de nouvelles de Maupassant et j’aimais beaucoup ça. Quand j’ai reçu cette lecture audio pour la pré-sélection du prix Lire dans le Noir, j’étais ravie de redécouvrir Maupassant par ses nouvelles. J’ai apprécié la version audio mais je dois dire que ce ne sont sans doute pas les meilleures nouvelles que j’ai lues de lui. Mais on ne peut pas nier que Maupassant sait en peu de mots dresser des portraits très humains des hauts et des bas de la société.

Voici quelques mots sur ces 4 nouvelles :

« La parure » : Mathilde Loisel est mariée à un modeste employé d’un ministère mais elle rêve de richesses et de bonne société. Un jour, son mari reçoit une invitation pour une grande fête dans le grand monde. Son mari se sacrifie pour lui acheter une belle tenue et elle emprunte une parure de diamants à une amie riche. Cette soirée se passe merveilleusement bien, Mathilde Loisel est la reine de la soirée, elle fait très bonne impression. C’est certainement un des plus beaux moments de sa vie… Jusqu’à ce qu’en rentrant chez elle, elle découvre qu’elle a perdu la parure de son amie… Cela changera le cours de leur vie…

« L’enfant » : Jacques Bourdillère, un noceur patenté tombe amoureux d’une jeune fille. Il la demande en mariage mais ils doivent attendre car les parents de la jeune fille ne voit pas d’un bon oeil sa vie dissolue. Il rompt avec sa maîtresse mais malgré tout, le soir de son mariage, il reçoit une lettre d’un médecin qui lui annonce qu’une femme vient d’accoucher d’un enfant et qu’elle va certainement mourir…

« Mon oncle Jules » : Joseph Davranche  raconte à un ami pourquoi il donne de l’argent à un mendiant. Il explique qu’il avait un oncle Jules qui devait beaucoup d’argent à sa famille. Il était parti en Amérique sans rembourser et il était le mouton noir de la famille, jusqu’à ce qu’ils reçoivent une lettre annonçant qu’il les rembourserait bientôt. Alors que la soeur de Joseph vient de se marier avec un prétendant qui peut-être s’est laissé persuader par cet « oncle d’Amérique », toute la famille prend le ferry pour Jersey et là, ils croisent un homme qui ressemble plus à un mendiant qu’autre chose et qui travaille pour le capitaine mais surtout qui ressemble beaucoup à l’Oncle Jules…

« La mère Sauvage » : La mère Sauvage est une femme assez discrète et dure à la peine. Son mari est mort, tué par les gendarmes et son fils est à la guerre. Sa ferme a été réquisitionnée pour loger des soldats Prussiens. Elle vit auprès d’eux s’occupe d’eux en restant taciturne sans s’exprimer vraiment. Un jour, elle reçoit une lettre lui annonçant la mort de son fils au combat et tout en gardant son calme va décider de se venger de ce destin qui s’acharne contre elle…

 Chez Sylire

Les rêveurs : Isabelle Carré (Lu par l’auteur)

Tout d’abord, je ne sais pas situer si ce livre est roman ou  un documentaire mais il est claire que même si c’est romancé, c’est aussi la vie d’Isabelle Carré. J’aime beaucoup l’actrice et je pressens, sans la connaître bien entendu, que j’apprécierais la femme et je partais donc dans cette lecture avec un très bon à priori, d’autant qu’il est lu par Isabelle Carré et elle le lit très bien, car c’est une bonne actrice mais aussi parce qu’elle fait vivre son histoire.

Sans suivre vraiment d’ordre chronologique, Isabelle Carré revient sur la jeunesse de sa mère, son adolescence, sa déchéance après avoir eu un enfant hors mariage. Elle raconte aussi sa vie de famille très bohème avec sa mère fantasque et dépressive et son père original et qui va surtout se révéler homosexuel.

Isabelle Carré raconte avec beaucoup de tendresse ces personnes de sa vie, vrais personnages de sa vie. Et puis, elle se raconte au milieu de tout cela, celle qu’elle est devenue au coeur de cette tourmente familiale. Elle montre ainsi un portrait d’elle sans concession, toujours à fleur de peau.

Ce texte pourrait paraître assez nombriliste mais je les trouvé plus profond que cela. Peut-être parce qu’en parlant de Isabelle Carré, l’auteur parle aussi d’une femme de ma génération et elle parle d’une famille dysfonctionnelle qui pourrait être à la fois un peu la nôtre mais aussi tellement hors du commun.

Je vous conseille la version audio si vous aimez ce support.

 Chez Sylire

Un peu plus loin sur la droite : Fred Vargas (lu par Philippe Allard)

J’aime beaucoup Fred Vargas qui est une auteur qui sait écrire des polars dans lesquels l’ambiance, les personnages et l’atmosphère sont parfois plus importants que l’intrigue elle-même.

Ce roman fait partie de la série « des Évangélistes » : le premier étant « Debout les morts« , celui-ci est le deuxième et le troisième est « Dans feu ni lieu« .

Louis (ou Ludwig) Kehlweiler, aussi appelé l’Allemand, est un ancien flic qui travaillait au ministère de l’intérieur. Même s’il n’a plus les contacts officiels, il a conservé tout un réseau d’indics partout en France. Et même s’il ne travaille plus, il continue à faire des surveillances et mener des enquêtes à son compte. Il a pour compagnon un crapaud nommé Bufo qu’il transporte dans sa poche et une amie, vieille prostituée gouailleuse et un peu décrépie, Marthe.

Dans cette enquête, on rencontre les historiens excentriques qu’Armand Vandoosler, l’oncle de l’un d’entre eux, appelle les évangélistes. Marc Vandoosler, le médiéviste, aide Kehlweiler à compiler des faits divers dans les journaux de provinces pour chercher des informations pouvant peut-être présenter un intérêt…

Lors d’une filature, le hasard fait que Louis Kehlweiler découvre un os humain dans les restes d’un extrêmement de chien à Paris et ses recherches vont les mener, lui et Marc Vandoosler (et aussi Mathias un autre « évangéliste », dit « Saint Matthieu » l’archéologue spécialiste de la Préhistoire) jusqu’à un petit village au bord de la mer dans le Finistère, où une vieille dame a été retrouvée morte suite à une chute d’une falaise… Car, l’ancien flic est persuadé qu’il y a quelque chose d’anormal dans cette mort et un lien avec l’os retrouvé à Paris…

Sur place il va donc creuser dans la vie des habitants et avec son air de rien, il va réussir à découvrir des secrets qui remontent dans le passé … du passé plus ou moins lointain.

Ce n’est pas mon Fred Vargas préféré même si la version audio est très bonne. Je l’ai trouvé un peu décousu (il y a certains éléments qui me semblent évoqués mais pas menés jusqu’au bout) et un peu tiré par les cheveux. Par contre ce qui est plaisant c’est l’humour de Fred Vargas dans ses personnages et aussi de savoir qu’on va retrouver certains personnages dans d’autres romans (Marthe, par exemple).

 par Sylire : Merci!

 Chez Sylire

Les huit montagnes : Paolo Cognetti (lu par Emmanuel Dekoninck)

Je ne suis pas passée loin du coup de coeur pour ce roman et je le recommande vraiment à tous les passionnés de montagne, mais pas seulement!

Ce roman c’est une grande histoire d’amitié et une grande histoire d’amour pour la montagne. C’est l’histoire d’une famille de citadins, qui vivent à Milan toute l’année mais qui rejoignent la montagne chaque été. Le père de Bruno est un homme un peu taciturne qui ne vit que pour ces moments où il va se retrouver, se ressourcer dans la haute montagne et sa mère est une femme généreuse et ouverte qui elle préfère les paysages de la montagne en forêt.

Bruno, lui tout d’abord assez solitaire, devient un jour ami avec Pietro, un enfant de la montagne, qui va devenir son compagnon de jeux, compagnon de montagne mais aussi presque un frère. Ils s’éloignent un peu en grandissant mais se retrouvent à l’âge adulte et renouent des relations fraternelles très fortes et belles.

Mais il y a aussi un élément essentiel à ce roman, c’est la montagne qui est presque un personnage à part entière. La montagne qui est un fond mais qui est aussi un liant entre les hommes, un but à atteindre, un havre de paix. C’est la montagne qui dégage une belle poésie dans ce roman que j’ai trouvé vraiment très beau et fort.

La version audio est très bien lue par Emmanuel Dekoninck.

 Chez Sylire

  avec Meuraïe : allons voir son avis!

Merci à 

Le nouveau nom : Elena Ferrante

Après le 1er tome « L’amie prodigieuse » où on quittait Elena et Lila au moment où cette dernière se marie et on va donc suivre les deux amies alors que Lila, à 16 ans, à peine mariée, réalise que son mari n’est pas celui qu’elle avait imaginé. Elena, elle va poursuivre ses études.

Ce n’est pas facile de vous parler en détails de ce roman car il se passe tant de choses et il y a tant de personnages :  les habitants du quartier, avec les rivalités plus ou moins mafieuses, entre la famille de Lila, son mari et les amis ou enemies.

Il y a aussi la relation entre Lila et Elena qui évolue, qui se modifie en fonction de leurs changements de vie : Lila qui vit une vie d’adulte, qui mène son monde à la baguette, qui rayonne et attire l’attention, en bien ou en mal et qui blesse aussi.

Elena, qui a si longtemps été dans l’ombre de Lila prend de la distance par ses études. Elle s’éloigne du quartier à plus d’un titre, rencontre des gens qui lui permette de s’épanouir, de prendre de l’indépendance.

Dans ce roman, ce n’est pas tant les événements que les personnages qui comptent et aussi tous les sentiments contradictoires que tout un chacun peut ressentir au fil de la vie.

J’ai bien aimé mais ce n’est pas vraiment un roman dont il est simple de parler, on est plus dans le ressenti.

La version audio est très bonne. J’ai eu beaucoup de plaisir à l’audiolire.

 Chez Sylire

Demain est un autre jour : Lori Nelson Spielman (lu par Ingrid Donnadieu)

Brett Bohlinger vient de perdre sa mère dont elle était proche. Elle s’attendait à hériter de la place de direction dans la société de cosmétiques que sa mère avait crée des années auparavant. Mais à sa grande surprise, c’est sa belle-soeur qui était son bras droit qui prendra ces fonctions. Ses frères héritent aussi de sommes confortables mais Brett elle n’a rien… Rien pour l’instant…

En effet, sa mère, qui savait qu’elle allait mourir, a monté un plan pour permettre à Brett de reprendre sa vie en main. Elle avait gardé une liste que sa fille avait écrite quand elle avait 14 ans. Une liste des choses que cette dernière voulait pour son avenir… Et Brett ne pourra obtenir son héritage que lorsqu’elle aura accompli toutes les choses qu’elle avait notées 20 ans auparavant… Et pour corser le tout, elle doit tout accomplir en un an!

Evidemment, les rêves de Brett adolescente ne sont pas les mêmes que Brett trentenaire et installée dans une vie de couple et professionnelle. Mais sa mère semblait persuadée que sa fille ne vivait pas une vie qui l’épanouissait et elle veut l’obliger à vivre une vie lui correspondant mieux en passant par cette liste.

En un an, Brett devra se mettre à enseigner (elle ne s’imagine même pas devant des enfants), avoir un bébé (alors que son petit ami n’en veut pas), avoir de meilleures relations avec son père (alors que ce dernier avec qui elle en s’est jamais entendue est mort), tomber amoureuse (elle vit déjà avec Andrew), adopter un chien (Andrew ne veut pas d’animaux) et un cheval (elle est citadine), renouer avec sa meilleure amie d’enfance (alors qu’elle s’en veut encore de la manière dont elles se sont séparées à l’époque) et bien d’autres…

Ce roman entre certainement dans la catégorie des livres « feel good ». Ce n’est à priori pas trop mon style mais en version audio, je me suis laissé prendre par les aventures de l’héroïne, malgré tous les clichés et les raccourcis et exagérations de ses aventures (peut-être parce que la version audio est réussie). Pour tout dire, j’ai plutôt apprécié pendant mon écoute mais au moment de me mettre à écrire le billet assez longtemps après, j’ai tendance à être moins indulgente…

Il va de soi que Brett va réussir ses épreuves et tout est bien qui finit bien… C’est assez léger tout en voulant faire réfléchir à sa vie  : est-ce que l’on est fidèle à ses rêves et est-ce qu’on ne se contente pas de suivre des rails sans être vraiment heureux. Il y a des moments drôles, des moment touchants et même émouvants, je ne peux pas le nier mais malheureusement, il y a aussi des incohérences et il vaut mieux le lire vite sans trop réfléchir. C’est pour moi une bonne lecture pour sortir d’une mauvaise passe de lecture ou une période où on a du mal à se concentrer et qu’on a besoin de légèreté.

 Chez Sylire

 chez Titine

 catégorie « passage du temps »