En sacrifice à Moloch : Åsa Larsson (lu par Odile Cohen)

Ce roman se passe en Suède et plus précisément en Laponie, à Kiruna, donc dans un paysage assez sauvage et dans des conditions climatiques inhabituelles pour moi 😉

L’histoire commence quand un ours est abattu après avoir dévoré un chien et les chasseurs découvrent un os humain dans l’estomac de l’animal. Un homme qui avait disparu après avoir justement été attaqué par un ours quelques temps auparavant.

Plus tard, Rebecka Martinsson et Krister Ericsson, son ami, policier maître-chien sont poussés par le voisin de la jeune femme, le vieux Sivving pour aller voir si tout va bien pour son amie Sol-Britt Uusitalo qui ne donne pas signe de vie… Et pour cause, car elle a été violemment assassinée chez elle. Son petit-fils Marcus, 8 ans dont elle s’occupait depuis la mort accidentel de son fils, a disparu et c’est grâce aux chiens de Krister  qu’il est retrouvé caché et traumatisé, ne se souvenant pas de ce qu’il a vu. Krister prend soin de Marcus en attendant que la cousine de la victime s’occupe de lui.

Rebecka Martinsson, substitut du procureur et Anna-Maria Mella, inspectrice, commencent à enquêter mais Carl Von Post, un autre procureur, arriviste et prétentieux réussit à faire retirer l’enquête à Rebecka. Mais cette dernière décide de continuer l’enquête sur son temps libre avec l’aide d’un médecin légiste anticonformiste. Elle va creuser des liens familiaux quand elle réaliste que l’homme tué par l’ours était le père de la victime…

En parallèle de cette histoire criminelle, on retourne dans le passé, juste avant la 1ère guerre mondiale, là aussi à Kiruna, et on va suivre la vie d’Elina Pettersson, une jeune institutrice qui mourut en 1926, elle aussi assassinée… et qui se trouve être l’arrière grand-mère de Sol-Britt…

Je dois avouer que je suis allée faire un tour sur internet pour chercher les noms des personnages parce que j’ai déjà du mal à retenir les noms en lisant les romans nordiques en version papier, alors, vous imaginez en version audio quand je n’ai même pas vu les noms écrits 😉

J’ai bien aimé ce roman qui se lit bien et qui est bien lu par  Odile Cohen mais je dois avouer que je me suis en partie doutée de l’intrigue au bout d’un tiers (pas exactement de la résolution de l’enquête mais le fil conducteur). J’ai trouvé qu’il y avait quelques incohérences également qui sont peut-être dus à une différence de mentalité avec les Suédois mais je m’étonne de la façon dont a été gérée la prise en charge du petit garçon abandonné et du peu de précautions prises pour le protéger… Mais j’ai bien aimé les allers-retours entre le passé et le présent.

Pour l’anecdote, c’était un hasard, mais j’ai lu ce roman juste après « La ferme du bout du monde » et j’y ai trouvé beaucoup de points communs : l’alternance entre le passé et le présent, une lignée familiale, une jeune femme très attachée à son pays sauvage qui s’éloigne de la grande ville (et autres que je ne vais pas révéler ici) et cela m’a plutôt amusée de constater cela!

Les avis de mes co-jurés :

 Chez Sylire

  avec Sylire et Sandrine : allons voir leurs avis!

catégorie « prénom » de ma ligne audio

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La Ferme du bout du monde : Sarah Vaughan (lu par Julie Pouillon)

Dans ce roman, on suit une famille sur deux époques qui s’alternent : le passé pendant la guerre en Angleterre et le présent. Cette famille est celle qui vit et travaille sur une petite ferme sur une pointe de la Cornouailles. Pendant la guerre, comme beaucoup de familles de la campagne anglaise, les fermiers accueillent des enfants évacués de Londres pendant le blitz. Will et sa soeur Alice vivent donc avec le couple et Maggie, leur fille. Des amitiés vont se lier, des amours fortes vont éclore et des drames vont s’en suivre…

De nos jours, Lucie, jeune infirmière londonienne vient de traverser deux crises : une professionnelle et une personnelle et elle se tourne vers sa famille et retourne dans la ferme familiale en Cornouailles pour l’été pour faire le point sur sa vie. Elle y retrouve sa mère et son frère qui font de leur mieux pour continuer à faire vivre l’exploitation et sa grand-mère Maggie.

Lucie va apprendre des secrets sur sa famille qui vont bouleverser tout le monde et faire le lien entre le passé et le présent mais elle va aussi s’ancrer dans le présent en  cherchant des solutions pour développer la ferme de la famille.

J’ai bien aimé ce roman avec ses allers-retours dans le passé avec cette période de la seconde guerre mondiale. J’ai aimé les personnages de femmes de ce roman qui sont assez fortes malgré les obstacles que le destin met devant elles.

Et puis, la campagne anglaise y est bien dépeinte!

J’ai passé un bon moment de lecture et j’ai aussi apprécié la façon de lire de Julie Pouillon.

Les avis de mes co-jurés :

 Chez Sylire

catégorie « gros mot » de ma ligne audio

 chez Titine 

La Déesse des petites victoires : Yannick Grannier (lu par Flora Brunier)

 

Ce roman se situe sur deux époques : en 1980, Anna, une jeune documentaliste est envoyée par son patron à l’IAS (Institut de Recherche Avancée) de Princeton dans la maison de retraite où vit la veuve d’un génie mathématique afin de récupérer les documents de son mari. Adèle Gödel était la femme de Kurt Gödel, un spécialiste de la logique, et son héritage intellectuel est très recherché. Mais Mme Gödel est loin d’être prête à se laisser déposséder de ces documents facilement… Elle compte bien profiter des visites de la jeune Anna… Elle a besoin de compagnie et elle va lui raconter la vie du grand homme mais surtout la sienne.

Et c’est ainsi que s’alternent les passages de 1980 dans la maison de retraite de Princeton avec ceux qui commencent dans les années 30 à Vienne puis plus tard aux Etats-Unis. Avec Adèle, on voit la rencontre d’un génie scientifique avec une jeune fille plutôt libérée et loin d’être intellectuelle. Leur amour est particulier, secret d’abord, puis ils se marient pour pouvoir émigrer aux Etats-Unis afin de fuir la guerre et pouvoir poursuivre son travail de mathématicien. Il y a ensuite la vie à Princeton dans les années 50 avec Einstein…

Mais Kurt Gödel n’est pas facile à vivre, son génie frôle régulièrement avec la dépression et la folie et Adèle doit le materner et le protéger de lui-même. Elle a passé sa vie à être une aide pour un homme qui était sans doute tellement intelligent que ça le rendait terriblement égoïste mais pourtant elle a donné beaucoup par amour.

Cette histoire est à la fois vraie et à la fois fictive car Kurt Gödel, le génie mathématique et sa femme, la petite danseuse, ont bien existé, il a bien révolutionné les maths et ils ont bien fréquenté Einstein. Mais si Yannick Grannec a pris des libertés littéraires, elles sont toutes vraisemblables.

J’ai trouvé ce roman assez passionnant et pourtant, je ne comprends pas un mots de maths et je n’aurais jamais imaginé autant aimer un roman ayant pour toile de fond les mathématiques! Et puis j’y ai retrouvé un petit côté « The Big Bang Theory » pour ceux qui connaissent la série, avec un petit côté Sheldon (en plus psychotique) pour Kurt et un côté Penny pour Adèle.

Et puis il y a un aspect historique vraiment intéressant aussi, avec la montée du nazisme, l’Anschluss, l’émigration, les travaux sur la bombe atomique, le maccarthysme.

J’ai aussi beaucoup aimé l’Adèle âgée, vieille dame indigne qui n’a rien à perdre et qui n’a pas besoin de plaire à qui que ce soit et qui n’a pas sa langue dans sa poche (d’ailleurs, même jeune elle avait ce tempérament de feu!) et sa relation avec la jeune Anna, un peu coincée qui semble déjà ankylosée dans sa propre vie qui sera dépoussiérée par sa rencontre avec Adèle.

Le seul bémol que j’évoquerais dans ce roman, c’est qu’il n’était peut-être pas nécessaire de donner trop d’importance à la vie privée d’Anna, ça m’a beaucoup moins intéressé et ce n’était pas utile au récit. Mais si on considère que c’est un premier roman, je dois dire que ce n’est pas non plus un trop gros défaut et il m’a totalement emporté (je l’ai même conseillé à ma collègue de maths qui grâce à moi va écouter son premier livre audio 😉

pour la catégorie « mot positif » de ma ligne audio

Une vie : Simone Veil (lu par Marie-Dominique Bayle)

Avis de l’éditeur : « Simone Veil accepte de se raconter à la première personne. Personnage au destin exceptionnel, elle est la femme politique dont la légitimité est la moins contestée, en France et à l’étranger ; son auto-biographie était attendue depuis longtemps. Elle s’y montre telle qu’elle est : libre, véhémente, sereine. »

Cette autobiographie de Simone Veil m’a passionnée! Je ne connaissais finalement pas grand chose de sa vie : son passage dans les camps bien sûr, la légalisation de l’avortement, évidemment, mais sinon c’était assez flou et pourtant c’était une femme qui me faisait une très bonne impression et j’avais été assez touchée au moment de sa mort (les discours de ses fils à ses obsèques m’avaient terriblement émue!)

Dans cette autobiographie, Simone Veil commence par parler de son enfance, heureuse, en famille. Puis elle aborde son expérience des camps et elle raconte cela avec beaucoup de pudeur et sans être larmoyante, c’est bouleversant.

Ensuite elle parle de ses études et de son besoin viscéral de travailler, faire quelque chose de sa vie -héritage de sa mère- même si elle aurait pu se contenter d’être mère au foyer. Elle revient sur son travail au cœur des prisons puis son implication dans le gouvernement, sous la présidence de Giscard d’Estaing, en tant que ministre de la Santé  et son combat passionnant pour le droit à l’avortement.

Puis elle évoque son travail pour la construction et le développement de l’Europe mais aussi ses convictions féministes.

J’ai vraiment lu le portrait d’une femme admirable (même si je l’aurais plus appréciée, si elle n’avait pas soutenu Nicolas Sarkozy de façon sans équivoque 🙂 ). Une femme réaliste, déterminée, courageuse et forte, qui ne se laissait impressionner par personne! Mais elle montre aussi par petites touches pudiques le portrait d’une fille, d’une épouse et d’une mère que l’on ne peut que trouver touchante. Je me souviens particulièrement du passage où elle parle d’un déjeuner avec l’un des ces petits fils adolescent avec qui elle faisait une virée en librairie et de leurs échanges sur la littérature.

Au niveau de la version audio, je dois dire que le début est particulièrement émouvant car c’est Simone Veil qui lit elle-même le premier chapitre sur son enfance. Ensuite, la lectrice qui prend le relais a très bien su donner vie à cette vie! Bravo!

 par Estellecalim

pour ma ligne « passage du temps »

Bakhita : Véronique Olmi (+ mon avis sur sur la version audio lue par l’auteur)

J’ai pris tout mon temps pour lire ce roman, il n’est pas si long et pourtant j’ai mis presque 2 semaines à le lire car je voulais le savourer et le lire dans des bonnes conditions pour déguster la langue et me plonger dans cet univers. J’ai trouvé le style magnifique, poétique sans fioritures, très visuel et pourtant plein de pudeur, pour parler d’un sujet dur, douloureux, et aussi très beau.

L’histoire est celle de Bakhita, tout d’abord petite fille au Soudan dans sa famille en 1865, avec des parents, des frères et sœurs et même une jumelle, mais à 7 ans elle est kidnappée et devient une esclave qui va être traînée sans ménagement sur les chemins. Elle va y perdre littéralement son identité, sa langue et même ses souvenirs. Elle va créer des amitiés même si elles sont dérisoires dans les conditions de vie qu’elle mène.

Elle sera achetée, vendue, maltraitée, torturée et puis elle sera sauvée quand elle sera achetée par le consul d’Italie et qu’il l’emmènera avec lui en Italie. Là, même si elle appartient encore à quelqu’un elle découvrira qu’elle peut être un individu à part entière. Une fois affranchie et donc libre, elle deviendra alors extrêmement croyante et entrera dans les ordres et deviendra même une sainte!

Ce roman est d’une grande puissance, il y a tant de domaines abordés, il y a de l’introspection, des questionnements sur ce qu’est la liberté, sur l’amour et le partage. Et puis, c’est aussi une fresque historique de l’Afrique et de l’Europe car on traverse l’histoire su 20ème siècle avec Batikha qui mourut en 1947 après avoir traversé deux guerres mondiales.

J’avais vu ce roman circuler sur Internet, notamment parce qu’il a gagné le Grand Prix des Blogueurs Littéraires 2017 et j’avais un peu peur de le lire car parfois quand un roman est « sur-vendu » on peut être déçu mais je suis tombée littéralement sous le charme de cette histoire pour le sujet et pour le style. J’ai souvent été très émue, que ce soit dans la première partie, très dure, sur l’esclavage ou dans la partie européenne où Batikha est dans la recherche d’elle-même et d’amour. Je vous le recommande vraiment même si je me rends compte que j’en parle sans doute très mal car c’est souvent comme ça pour les gros coups de coeur!

Et voici mon avis sur la version audio :

Il faut d’abord que je vous dise que j’ai commencé ma lecture de ce roman par sa version audio et que je l’ai abandonné au bout d’une heure d’écoute mais comme ce que j’en avais entendu me faisait penser que j’aimerais le texte je l’ai ensuite repris sur ma liseuse.

Donc cette partie du billet n’est pas pour parler du contenu dont vous avez pu lire tout le bien que j’en pensais au-dessus mais pour parler de la lecture audio par l’auteur elle-même… Je ne vais pas y aller par quatre chemins : j’ai détesté!

Je ne comprends vraiment pas pourquoi les auteurs sont choisis pour lire leurs livres car à quelques exceptions près (Pierre Lemaitre par exemple) c’est rarement positif! Ça fait longtemps que je veux demander à Audiolib comment ils choisissent les lecteurs? Il y a tant d’acteurs formidables qui lisent merveilleusement bien, qui font vivre le roman car c’est leur métier… Ici, pour moi, la lecture de Véronique Olmi a massacré le texte qui est pourtant vraiment beau et fort, poétique et réaliste… Elle en fait une récitation d’enfant mal posée, mal rythmée avec des intonations artificielles et ajoute aussi une sorte de pseudo lyrisme poétique. Pour tout dire, parfois, je l’imitais en écoutant sa lecture, pour voir comment on faisait pour si mal lire une si belle phrase.

Bref, Véronique Olmi devrait continuer à écrire car elle le fait très bien mais surtout laisser la lecture de ses romans en version audio à des lecteurs professionnels!

Les avis de mes co-jurés : SandrineMeuraïe

 Chez Sylire

catégorie « mot unique » de ma ligne audio

Ma reine : Jean-Baptiste Andrea (lu par Guillaume Jacquemont)

Le narrateur est un adolescent des années 1960 qui est, on le comprend assez vite qu’il est un peu limité intellectuellement. Il a d’ailleurs quitté l’école car il avait des problèmes à s’ajuster à la vie en communauté, ne comprenant pas les codes et gérant mal ses émotions. Il travaille avec son père dans la station essence de son village de Provence. Mais un jour, il comprend que ses « bêtises » risquent de pousser ses parents à l’envoyer dans une école spécialisée loin de chez lui. Il décide de partir de chez ses parents en cachette pour « aller faire la guerre » et prouver qu’il vaut quelque chose.

En fait, bien entendu, cet ado qui est plus comme un petit garçon dans ses actions et ses raisonnements, ne va pas bien loin et il a oublié tout ce qu’il avait prévu d’emporter avec lui, et il se retrouve sur le plateau, dans le maquis. Là-bas, il se retrouve confrontée à une jeune fille d’à peu près son âge. Une fille qui le considère comme un garçon normal et qui lui invente un univers car elle se dit « Reine » et raconte qu’elle vit dans un château magique et que ses pouvoirs lui permettent de contrôler les éléments… Le jeune garçon, qu’elle nomme « Shell » car il porte un blouson au logo de la marque d’essence, ne sait pas trop s’il faut la croire ou pas mais il se laisse porter par cette rencontre magique.

Plus tard, il sera pris sous l’aile d’un berger solitaire (si solitaire que Shell le croyait muet). Encore une rencontre qui lui permet de grandir.

Il y a quelques incohérences (comment personne ne retrouve ce garçon dans un périmètre si petit?) et j’ai mis un peu de temps à entrer dans l’histoire car j’ai trouvé le démarrage  un peu lent mais j’ai fini par plutôt bien aimer ce roman et même y trouver une certaine poésie mais je ne peux pas dire qu’il me marquera vraiment sur le long terme et même, à vrai dire au moment d’écrire ce billet, je n’ai plus trop en tête les détails.

La voix du lecteur est plutôt bien adaptée au narrateur un peu innocent.

Les avis de mes co-jurés : Sylire

 Chez Sylire

catégorie « animal » (= des abeilles) de ma ligne audio

Couleurs de l’incendie : Pierre Lemaitre (lu par l’auteur)

J’avais eu un coup de coeur pour « Au revoir là-Haut » dans sa version audio, lu déjà par Pierre Lemaitre et quand j’ai vu que ce deuxième tome, à nouveau lu par l’auteur, je n’ai pas résisté!

L’histoire ici n’est pas réellement une suite mais le personnage principal était déjà présent dans « Au revoir là-haut » puisqu’il s’agit de Madeleine Péricourt, la fille de l’influent banquier Marcel Péricourt, également père d’un des héros du précédent roman.

L’histoire commence à la mort du banquier et même précisément au moment de son enterrement auquel assiste le tout Paris de la fin des années 1920. Mais la cérémonie ne se déroule pas comme prévu quand Paul, le petit-fils de 7 ans tombe depuis la fenêtre sur le corbillard de son grand-père… Ce qui aura pour conséquence pour lui d’être handicapé et de devoir rester en fauteuil roulant.

Une galerie de personnages entoure Madeleine : son fils, bien sûr, son oncle, homme politique aux dents longues et sa famille de femmes, sa dame de compagnie, le précepteur de Paul (avec qui Madeleine couche de temps en temps), l’homme de confiance de la banque (avec qui elle devait se marier avant de se raviser).

Malheureusement pour elle, Madeleine va se retrouver dans une mauvaise situation financière et sociale et elle va réaliser que ce qui lui arrive n’est pas dû au hasard mais à la manipulation de personnes en qui elle avait confiance. De plus elle découvre pourquoi Paul a sauté par la fenêtre et à partir de ce jour, elle organise un plan machiavélique pour se venger de ceux qui lui ont nuit et on peut dire qu’elle est très maligne!

Elle va s’entourer d’autres personnes comme une infirmière garde d’enfant polonaise (et qui ne parle pas un mot de français) pour Paul (quel personnage cette femme! Et dans la version audio, c’est une voix polonaise qui lit les passages en polonais!) et une figure de son passé qu’elle va embaucher comme détective privé et comme assistant pour mettre son plan en application. Elle va aussi à son tour manipuler Léonce son ancienne dame de compagnie et le compagnon de celle-ci (une sorte de gentil gangster un peu demeuré).

Cette histoire est vraiment formidable car il y a le côté cocasse de cette vengeance improbable qui pourtant fonctionne très bien et il y a aussi une plongée dans la France et le Paris de l’entre-deux guerres avec le rapprochement de la deuxième guerre mondiale. C’est une incursion dans plusieurs milieux sociaux aussi et une représentation plutôt positive des personnages féminins! J’y ai encore vu du Zola personnellement et je me suis laisser emporter avec grand plaisir!

J’aime beaucoup la manière de lire de Pierre Lemaitre et des auteurs qui lisent bien leur texte c’est assez rare pour le signaler!

L’entretien avec l’auteur à la fin est toujours intéressant (il évoque Dumas et Zola comme inspiration 😉 et il annonce que dans le prochain volume, le personnage central sera la petite fille d' »Au revoir là-haut »!

Merci à 

catégorie « couleur » de ma ligne audio

Quand sort la recluse : Fred Vargas (Lu par Thierry Janssen)

J’aime beaucoup Fred Vargas et j’aime aussi beaucoup Jean-Baptiste Adamsberg, son personnage récurrent et j’aime aussi beaucoup quand Thierry Janssen lit Fred Vargas. Tous les éléments étaient donc réunis pour que je passe un bon moment de lecture!

Et cela a été le cas, j’ai vraiment apprécié de retrouver le commissariat d’Adamsberg et toute son équipe de personnages aux personnalités fortes et une enquête qui a l’air de partir dans tous les sens mais qui arrive quand même au but avec qu’un bonne dose de mystère où on s’interroge sur des éventualités fantastico-historiques tout le long (mais qui est toujours ancré dans la réalité).

Dans cette enquête il y a beaucoup d’élements … alors je dois faire attention à ne pas trop vous en dire… Tout d’abord, il y  a de grosses tensions au commissariat entre Adamsberg et Danglard son adjoint depuis des années… Et puis il y a des araignées, des recluses, qui tuent des gens alors que normalement, ces bestioles ne tuent pas… Et du coup, Adamsberg intrigué, décide de mener l’enquête (ce qui n’arrange pas les tensions dans son équipe). Et puis le hasard fait qu’un lien s’établit entre les victimes des recluses… Et on commence alors à creuser dans un orphelinat  et parmi les pensionnaires… Je n’en dis pas plus…

Mais…il y a un « mais »… j’ai eu du mal à vous faire un résumé parce qu’il y a vraiment beaucoup de fils à suivre.. peut-être trop, on se demande parfois si tout était vraiment utile à l’histoire globale.

Mais surtout, ce qui m’a gêné, c’est que j’ai trouvé certaines incohérences comme le fait que certains membres de l’équipe d’Adamsberg puissent commencer une enquête sans en avoir l’autorisation de leur hiérarchie, avec des déplacements en dehors de Paris sans être en contact avec la brigade… Quand on sait à quel point les policiers sont souvent débordés par plusieurs affaires en cours, j’ai  trouvé cela trop tiré par les cheveux.

Ça ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture mais ce n’est pas un coup de coeur ni un Fred Vargas que je garderai longtemps en mémoire. Mon préféré reste mon premier « Pars vite et reviens tard ».

Les avis de mes co-jurés Audiolib : Sandrine, AproposdelivresMeuraïe, Mes échappées livresques

La vie secrète des arbres : Peter Wohlleben (lu par Thibault de Montalembert)

Résumé d’Audiolib :

« Dans ce livre plein de grâce, acclamé dans le monde entier, le forestier Peter Wohlleben nous apprend comment s’organise la société des arbres. Les forêts ressemblent à des communautés humaines. Les parents vivent avec leurs enfants, et les aident à grandir. Les arbres répondent avec ingéniosité aux dangers. Leur système radiculaire, semblable à un réseau internet végétal, leur permet de partager des nutriments avec les arbres malades mais aussi de communiquer entre eux. Et leurs racines peuvent perdurer plus de dix mille ans… Prodigieux conteur, Wohlleben s’appuie sur les dernières connaissances scientifiques et multiplie les anecdotes fascinantes pour nous faire partager sa passion des arbres.
Après avoir découvert les secrets de ces géants terrestres, par bien des côtés plus résistants et plus inventifs que les humains, votre promenade dans les bois ne sera plus jamais la même.
Peter Wohlleben a été forestier plus de vingt ans en Allemagne. Il dirige maintenant une forêt écologique. Son livre a été numéro un des ventes en Allemagne et est devenu un étonnant best-seller aux États-Unis, et maintenant en France. »

Je partait avec un apriori très négatif sur cette lecture audio car plusieurs co-jurés du prix Audiolib avaient abandonné leur lecture assez rapidement… De plus,  je n’aime pas trop les documentaires et enfin, je ne suis pas une grande fan de forêt… Mais ce qui m’encourageait quand même à le lire c’est le lecteur Thibault de Montalembert qui est excellent et qui confirme ici sa capacité à me faire écouter et apprécier toutes sortes de lectures! Car contre tout attente, je l’ai lu jusqu’au bout, sans avoir envie d’abandonner et j’ai même vraiment apprécié! J’ai trouvé cette lecture fascinante et assez passionnante!

Alors aujourd’hui, je ne saurai pas vous raconter tous les détails mais je peux vous dire que je ne regarderai  plus les arbres de la même manière! On apprend énormément de choses sur la reproduction des arbres, sur leur capacité à vivre ensemble et s’entraider et même communiquer et leur développement au fil des saisons et des années.

Bref, je ne sais pas si je vous le conseille car ce n’est pas une lecture forcément évidente mais j’ai été vraiment très agréablement surprise! Je pense que Thibault de Montalembert y est pour beaucoup et le fait d’avoir lu ce livre en parallèle avec « Le journal intime d’un arbre » de Didier Van Cauwelaert, un roman qui semblait fait pour l’accompagner, comme si c’était une version fictive de ce documentaire et c’est pour ça je vous parle des deux titres aujourd’hui! Je pense que ma lecture de ce documentaire a fortement été impactée par la lecture du roman et je vous recommande donc de lire les deux ensemble 😉

Les avis de mes co-jurés Audiolib : EstellecalimSandrine

 avec Meuraïe : Allons voir son avis!

catégorie « passage du temps » pour ma ligne audio

Le jour d’avant : Sorj Chalandon (lu par Stéphane Boucher)

J’ai lu le roman dans sa version « papier » cet automne et j’avais eu un coup de coeur! Pour le prix Audiolib, j’ai écouté une partie du roman (pas tout car j’en gardais un souvenir très clair). Voilà un extrait de ce que je disais dans mon billet que vous pouvez retrouver en entier en cliquant sur cet extrait : « Alors sans rentrer dans les détails de l’histoire, ce roman raconte comment la mémoire personnelle et la mémoire collective sont étroitement liées, comment le passé peut envahir le présent et chaque instant, comment la haine peut prendre des chemins détournés, surtout quand c’est au fond la haine de soi. Il y est question de justice, de perte, de recherche de réponses, de culpabilité… Et c’est aussi un bel hommage aux mineurs. »

Concernant la version audio, bien entendu, l’histoire est toujours aussi bonne (et d’ailleurs, c’est le genre de roman qui bénéficie d’une relecture car on apprend des choses en fin de roman et en relisant, on voit les choses différemment!) Par contre, je dois avouer que si je n’ai rien de particulier à reprocher à cette lecture, je ne suis pourtant pas non plus sous le charme du lecteur. Il faut dire que le dernier Sorj Chalandon que j’ai écouté était lu par Féodor Atkine qui  était juste parfait. Je dirai que cette lecture était un peu « plate », un peu ordinaire et j’ai trouvé qu’il manquait un certain souffle. Ce n’est pas une mauvaise lecture loin de là, mais comme j’avais eu ce coup de coeur, j’en attendais plus.

Je ne vous le déconseille pas mais je ne le conseille pas en relecture 😉

Les avis de mes co-jurés Audiolib :

 Chez Sylire

 avec Meuraïe et Sandrine : Allons voir son avis!