Du côté des Indiens : Isabelle Carré (lu par l’autrice)

Résumé de l’éditeur : « « Il s’est trompé, il a appuyé sur la mauvaise touche, pensa aussitôt Ziad. Il ne va pas tarder à redescendre… Il se retint de crier : “Papa, tu fais quoi ? Papa ! Je suis là, je t’attends…” Pourquoi son père tardait-il à réapparaître ? Les courroies élastiques de l’ascenseur s’étirèrent encore un peu, imitant de gigantesques chewing-gums. Puis une porte s’ouvrit là-haut, avec des rires étranges, chargés d’excitation, qu’on étouffait. Il va comprendre son erreur, se répéta Ziad.
Son père s’était volatilisé dans les derniers étages de l’immeuble, et ne semblait pas pressé d’en revenir.» Ziad, 10 ans, ses parents, Anne et Bertrand, la voisine, Muriel, grandissent, chutent, traversent des tempêtes, s’éloignent pour mieux se retrouver. Comme les Indiens, ils se sont laissé surprendre ; comme eux, ils n’ont pas les bonnes armes. Leur imagination saura-t-elle changer le cours des choses ? Le regard poétique d’Isabelle Carré et sa voix nuancée éclairent d’une poignante intensité la ronde vertigineuse de ces êtres qui cherchent désespérément la lumière. »

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J’avais beaucoup aimé le précédant livre d’Isabelle Carré, également lu par elle : « Les rêveurs » et j’étais donc ravie de découvrir ce titre dans la sélection du prix Audiolib. Je vais commencer par dire qu’il est très bien lu, avec beaucoup de douceur et de justesse (mais Isabelle Carré est aussi une actrice que j’aime beaucoup alors je n’étais pas étonnée.)

Quant au roman lui-même, mon avis est mitigé. J’ai apprécié ma lecture sur le moment mais je dois dire qu’il faudrait presque le lire comme une recueil de nouvelles plus qu’un roman pour vraiment l’apprécier car j’ai trouvé que c’était très décousu et sans réel lien entre les différentes parties. Avec du recul, en considérant ce texte comme des nouvelles liées par des personnages communs mais sans lien dans le sujet, je trouve que c’est plus intéressant qu’en le prenant comme un texte unique. Je ne sais pas ce que l’autrice a voulu dire mais elle m’a malheureusement vraiment perdue alors que j’ai plutôt apprécié chaque tranche de vie qui est racontée.

Le résumé ne parle que de Ziad, le petit garçon dont le père va voir la voisine du 5e en cachette et c’est alors l’occasion de le mettre au centre de l’histoire à ce moment : les craintes de cet enfant qui sent que son monde va s’écrouler et qui cherche à tout prix à le sauver…

Et puis au travers d’une improbable amitié entre Ziad et Muriel, la fameuse voisine, on va découvrir l’histoire de la jeunesse de cette dernière dans le monde du cinéma, partie qui met en avant la thématique du « #metoo » et des abus de pouvoir de certains réalisateurs sur de jeunes actrices vulnérables.

Ensuite, le récit se porte sur Bertrand, le père de Ziad pour mettre en lumière ce qui l’a poussé dans les bras de Muriel puis qui va le mettre au centre après un accident.

Puis c’est Anne, la mère de Ziad qui devient le personnage principal dans une sorte de road movie / cavale sordide qui je l’avoue a été la goutte d’eau qui m’a perdue car j’avais impression qu’on tombait dans une série B des années 70…

A la fin, on revient sur Ziad, adulte, mais cette fin m’a parue également improbable et tombe un peu comme un cheveux sur la soupe…

J’ai aimé le style d’Isabelle Carré mais je n’ai pas aimé la construction de ce roman qui m’a paru bancal et qui pourtant aurait pu être réussi car chaque « sous-histoire » a son intérêt et sans doute a pour point commun le mal-être des personnages qui essaie juste d’être aimé.

Je suis restée sur ma faim et je suis un peu déçue.

Le Consentement : Vanessa Springora (Lu par Guila Clara Kessous)

Résumé d’Audiolib : «Depuis tant d’années, je tourne en rond dans ma cage, mes rêves sont peuplés de meurtre et de vengeance. Jusqu’au jour où la solution se présente enfin, là, sous mes yeux, comme une évidence : prendre le chasseur à son propre piège, l’enfermer dans un livre. »
Séduite à l’âge de quatorze ans par un célèbre écrivain quinquagénaire, Vanessa Springora dépeint, trois décennies plus tard, l’emprise que cet homme a exercée sur elle et la trace durable de cette relation tout au long de sa vie de femme. Audelà de son histoire intime, elle questionne dans ce récit magnifique les dérives d’une époque et la complaisance d’un milieu littéraire aveuglé par le talent et la notoriété.
Force de caractère et puissance de la littérature se lient dans ce récit inoubliable et nécessaire, lu avec tact par Guila Clara Kessous. »

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On a beaucoup entendu parler de ce livre qui a été très médiatisé en raison de son sujet et du fait que l’autrice parle de sa relation toxique avec Gabriel Matzneff l’auteur connu pour sa pédophilie.

J’appréhendais un peu cette lecture. J’avais peur que ce soit malsain et trop dur et en fait j’ai beaucoup aimé l’angle et le message choisis par Vanessa Springora pour parler de son histoire personnelle et en faire une histoire plus générale sur le consentement et l’emprise qu’un adulte peut avoir sur une jeune personne.

En effet, dans la première partie de ce texte, Vanessa Springora raconte comment elle est tombée sous le charme de Gabriel Matzneff et comment elle était persuadée du haut de ses 13 ans d’être plus que consentante, d’être choisie, aimée, importante, différente. Elle raconte la valorisation qu’elle ressentait auprès de cet homme charismatique et reconnu dans le monde littéraire et médiatique. Sa mère était au courant et acceptait… Cette partie m’a mise assez mal à l’aise je dois l’avouer, comme si elle excusait l’attitude de cet homme.

Et puis, il y a une prise de conscience que cette situation n’est pas normale, qu’elle est utilisée par cet adulte qui ne s’intéresse qu’à sa jeunesse. Elle découvre aussi par la lecture des textes de Mazneff, que ce n’est pas un homme qui est tombé amoureux par hasard d’une très jeune fille mais d’un prédateur qui revendique de choisir de ne coucher qu’avec de très jeunes personnes et là elle comprend que son consentement n’a pas été accordé en toute connaissance de cause, qu’elle a en fait été abusée.

Et la dernière partie raconte sa reconstruction difficile et son désir de sortir de ce cercle infernal, ce besoin de dire ce qu’elle a vécu et de donner son point de vue.

J’ai trouvé ce texte très bien écrit, très bien amené pour montrer l’évolution de la vision de la jeune Vanessa sur sa propre vie et qui rappelle que même si une fille de 13 ans semble consentante, c’est aux adultes de la protéger d’elle-même comme du prédateur (et là, on pense forcément aux parents, aux médecins…). J’ai été très touchée par ce texte qui est très bien lu avec beaucoup de douceur et de pudeur par Guila Clara Kessous qui est devenue V pour moi.

Et dans cet extrait de l’emission d’Apostrophe de 1990 (1990… c’est quand même hier, non?) dans laquelle Denise Bombardier a le courage de critiquer en face de Matzneff ce que tout le monde semble accepter… Ce que Denise Bombardier dit pourrait être un résumé du texte « Le consentement ».

Documentaire 2020

Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs : Mathias Enard (Lu par Vincent Schmitt)

Résumé de l’éditeur : « Pour les besoins d’une thèse sur « la vie à la campagne au XXIe siècle », l’apprenti ethnologue David Mazon a quitté Paris et pris ses quartiers dans un modeste village fictif au bord du Marais poitevin. Logé à la ferme, bientôt pourvu d’une mob propice à ses investigations, s’alimentant au Café-Épicerie-Pêche et puisant le savoir local auprès de l’aimable Maire – également fossoyeur –, le nouveau venu entame un journal de terrain, consigne petits faits vrais et moeurs autochtones, bien décidé à circonscrire et quintessencier la ruralité. Mais déjà le Maire s’active à préparer le Banquet annuel de sa confrérie – gargantuesque ripaille de trois jours durant lesquels la Mort fait trêve pour que se régalent sans scrupule les fossoyeurs – et les lecteurs – dans une fabuleuse opulence de nourriture, de libations et de langage. Car les saveurs de la langue, sa rémanence et sa métamorphose, sont l’épicentre de ce remuement des siècles et de ce roman hors normes, aussi empli de truculence qu’il est épris de culture  populaire, riche de mémoire, fertile en fraternité. »

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Il faut que je commence par dire que j’ai abandonné cette lecture mais comme c’est pour le prix Audiolib, je vous donne quand même mon avis…

L’histoire commence avec le journal d’un étudiant ethnologue qui pour les besoin de sa thèse vient « étudier » les habitants d’un village de la France profonde… Cette partie est assez comique et loufoque tant il y a de distance entre cet étudiant citadin et les habitants de ce village isolé… Assez drôle mais je me disais que le roman allait finir par me paraitre vraiment longuet si les 15 heures d’écoute étaient sur le même registre…

Et puis tout d’un coup, il y a une sorte de court intermède qui nous ramène dans le passé (au 19e siècle?) à Niort, puis on revient dans le village mais la narration a complétement changé. L’étudiant n’est plus au centre de l’histoire mais le roman raconte les mêmes évènements avec un point de vue omniscient. Au départ, j’ai eu l’impression qu’on était encore dans le passé, jusqu’à ce que l’étudiant soit à nouveau évoqué…

Alors, j’ai trouvé à ce moment que cela commençait à être lassant de « relire » des évènements qu’on venait de lire… Mais il y a aussi le fait que les personnes qui meurent connaissent la réincarnation dans le futur ou dans le passé et c’est alors pour l’auteur l’excuse pour nous raconter les histoires de personnages annexes dans leurs réincarnations à toutes sortes d’époques et c’est en partie ce qui m’a perdue…

Et l’autre point central du roman c’est le fameux « banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs » qui est littéralement un vrai banquet mais comme on pourrait l’imaginer au moyen âge et qui se passe pourtant à l’époque actuelle. Il y a un côté gargantuesque dans ces passages (d’ailleurs Gargantua sera le sujet d’une anecdote).

Je pense que mon résumé vous donne une image de ce que j’ai ressenti à cette lecture… ça partait dans tous les sens, les parties historiques des âmes réincarnées, les passages actuels et l’étrange banquet m’ont donné l’impression de lire un livre où on aurait mélangé les chapitres ou un recueil de nouvelles où on aurait mélangé les histoires..

Et pour finir, il y avait des passages entiers que je n’écoutais pas vraiment : une partie de belote (racontée dans les moindres cartes, moi qui ne connais même pas la belote!), l’histoire de Gargantua racontée pendant le banquet, des batailles dans des guerres du passé)…

Alors comme je n’arrivais à me raccrocher à rien et que je voyais que le livre était encore très long, j’ai lâché même si le lecteur était très bon!

De cet auteur, j’avais abandonné « Boussole » (en fait, je n’avais même pas vraiment réussi à rentrer dedans), j’avais eu un coup de coeur pour « Rue des voleurs » et j’avais beaucoup aimé « Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants » que j’avais lu en version papier et relu en audio.

Rhapsodie des oubliés : Sofia Aouine (lu par Ariane Ascaride)

Résumé de l’éditeur : « Ma rue raconte l’histoire du monde avec une odeur de poubelles. Elle s’appelle rue Léon, un nom de bon Français avec que des métèques et des visages bruns dedans. »
Abad, treize ans, vit dans le quartier de Barbès, la Goutte d’Or, Paris XVIIIe. C’est l’âge des possibles : la sève coule, le coeur est plein de ronces, l’amour et le sexe torturent la tête. Pour arracher ses désirs au destin, Abad devra briser les règles. À la manière d’un Antoine Doinel, qui veut réaliser ses 400 coups à lui.
Rhapsodie des oubliés raconte sans concession le quotidien d’un quartier et l’odyssée de ses habitants. Derrière les clichés, le crack, les putes, la violence, le désir de vie, l’amour et l’enfance ne sont jamais loin.
Dans une langue explosive, influencée par le roman noir, la littérature naturaliste, le hip-hop et la soul music, Sofia Aouine nous livre un premier roman éblouissant.
Il fallait le talent d’Ariane Ascaride pour incarner avec autant de justesse cette écriture qui allie humour et drame, et ces « oubliés » que sa lecture nous rend inoubliables.

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Il faut que je commence par dire que j’ai failli ne pas aimer ce roman à cause du côté « Titi parisien », les histoires d’enfance qui racontent des frasques de gamins et particulièrement les histoires de branlettes d’adolescents ne me faisaient pas rire et ne m’emballaient pas franchement mais heureusement le roman ne s’arrête pas à cet aspect un peu potache et j’ai terminé cette écoute en ayant beaucoup aimé.

En effet, Abad, le narrateur de cette histoire est finalement plus un prétexte pour raconter les histoires d’autres personnages, d’autres « oubliés » du quartier : il y a la psychologue qui va l’aider à s’ouvrir et qui porte le lourd passé de sa mère passée par les camps, il y a Odette la voisine âgée qui a pris Abad sous son aile et lui fait découvrir la lecture et la musique mais qui perd la mémoire. Il y a des passages noirs sur la prostitution en particulier au travers du personnage de Gervaise prostituée au grand coeur mais surtout exploitée jusqu’à perdre espoir de retrouver sa petite fille. Et puis, il y a l’histoire de la jeune fille entièrement voilée dont Abad tombe amoureux en la voyant par la fenêtre et qui intérieurement espère pouvoir dépasser l’enfermement imposé par son frère.

Cette histoire qui raconte un quartier raconte surtout des facettes multiples de la société et c’est vraiment très émouvant et l’autrice sait adapter son style aux différentes tranches de vies qu’elle raconte.

la version audio est très réussie car Ariane Ascaride sait aussi s’adapter aux personnages et elle apporte beaucoup d’émotions. J’ai aussi apprécié que l’autrice intervienne quand elle lit un texte dans la fiction.

Curieusement, le personnage de Abad est celui pour lequel j’ai un sentiment un peu ambivalent. Je l’ai trouvé un peu brouillon, comme s’il avait fallu créer un trait d’union artificiel entre tous les personnages de cette histoire. J’ai aimé le côté plus profond et plus philosophe d’Abad, ses failles, sa fragilité mais j’ai trouvé que cet aspect très touchant ne « collait » pas avec un côté hyper ado, parfois presque enfantin… Dans l’entretien avec l’autrice, la journaliste parle d’un roman très drôle mais moi j’avoue ne pas avoir été sensible à l’humour mais vraiment j’ai été touchée par toute la galerie de portraits émouvants qui constituent ce roman.

Le bilan final de cette lecture est positif, j’en garderai un bon souvenir et l’entretien avec l’autrice est intéressant aussi.

Taqawan : Éric Plamondon (lu par François-Éric Gendron)

Résumé de l’éditeur : « Ici, on a tous du sang indien et quand ce n’est pas dans les veines, c’est sur les
mains. »
Le 11 juin 1981, trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s’emparer des filets des Indiens mig’maq. Émeutes, répression et crise d’ampleur : le pays découvre son angle mort.
Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française découvre l’immensité d’un territoire et toutes ses contradictions. Comme le saumon devenu taqawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source…
Histoire de luttes et de pêche, d’amour tout autant que de meurtres et de rêves  brisés, Taqawan se nourrit de légendes comme de réalités, du passé et du  présent, celui notamment d’un peuple millénaire bafoué dans ses droits. »

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Je lis régulièrement de la littérature québécoise grâce au challenge « Québec en Novembre » chez Karine:) et  Yueyin et j’avais vraiment très envie de découvrir cet auteur et ce titre! Et pourtant mon avis est un peu mitigé.

J’ai aimé tout ce qui concernait l’histoire des relations entre les Mig’mags et les Canadiens, entre les Québécois et les Canadiens. Tout le côté social et historique m’a beaucoup intéressée.

J’ai aimé les petits intermèdes sur des aspects culturels des Mig’mag. D’ailleurs j’ai trouvé intéressant la construction du roman qui insère des sortes de vignettes d’informations.

Par contre, il y a une sorte d’histoire policière ou criminelle et je n’ai pas vraiment vu l’intérêt de celle-ci m’a parue artificielle et sonnait faux… Tout semble réglé en deux temps trois mouvements…

Mon avis mitigé est aussi valable pour le lecteur. J’ai trouvé très agréable sa façon de lire le roman mais j’ai trouvé très gênante sa façon d’imiter l’accent québécois pour faire parler certains personnages. Il se trouve que je lis régulièrement de la littérature audio québécoise lue PAR des québécois grâce à Ici Radio Canada, que j’ai des copines québécoises et que je suis allée au Québec. Personnellement, ça m’a gênée, je ne reconnaissais pas du tout l’accent québécois, j’avais l’impression d’entendre un faux accent « paysan ».

D’ailleurs, c’est la deuxième fois pendant mes lectures pour le Prix Audiolib que je me dis qu’il faudrait dire aux lecteurs de ne pas imiter les accents.

Catégorie « animal » de ma ligne audio

La Soustraction des possibles : Joseph Incardona (lu par Damien Witecka)

 

Résumé de l’éditeur : « On est à la fin des années 80, la période bénie des winners. Le capitalisme et ses champions, les Golden Boys de la finance, ont gagné : le bloc de l’Est explose, les flux d’argent sont mondialisés. Tout devient marchandise, les corps, les femmes, les  privilèges, le bonheur même. Un monde nouveau s’invente, on parle d’algorithmes et d’OGM.
À Genève, Svetlana, une jeune financière prometteuse, rencontre Aldo, un prof de tennis vaguement gigolo. Ils s’aiment mais veulent plus. Plus d’argent, plus de pouvoir, plus de reconnaissance. Leur chance, ce pourrait être ces fortunes en transit. Il suffit d’être assez malin pour se servir. Mais en amour comme en matière d’argent, il y a toujours plus avide et plus féroce que soi.
De la Suisse au Mexique, en passant par la Corse, Joseph Incardona brosse une fresque ambitieuse, à la mécanique aussi subtile qu’implacable.
Pour le monde de la finance, l’amour n’a jamais été une valeur refuge. »

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Je vais être honnête : si je n’avais pas écouté ce livre audio tout en faisant des heures de jardinage, je l’aurais abandonné… Je me suis ennuyée, je n’ai pas du tout vu l’intérêt de ce roman vers lequel sans le prix Audiolib je ne serais de toute façon pas allée…

Dans ce roman, il est question d’histoires trafic d’argent, de riches banquiers et d’avocats peu scrupuleux, de gigolos, de « desperate housewives », de pseudo mafia corse et de detectives privés, de prostitués, de coucheries et d’histoire d’amour réciproques ou pas… Tout ça sous fond de bling bling années 1980 et avec un auteur qui fait des apartés pour parler au lecteur…

Je suppose que ça peut plaire mais moi, je ne suis tout simplement pas le public de ce style de livre. Je n’ai pas été intéressée par l’aspect financier, ni pas l’aspect social, ni par le côté aventure. Et je n’ai pas ri non plus…

Quant au lecteur, j’ai plutôt apprécié sa prestation (sans lui, même le jardinage n’aurait pas suffit à me faire tenir!) mais il faut vraiment dire aux acteurs de ne pas imiter les accents, c’est rarement une réussite!

Bref, je n’ai pas été convaincue par ce roman…

Betty : Tiffany McDaniel (Lu par Audrey D’Hulstère)

Résumé de l’éditeur : « Ce livre est à la fois une danse, un chant et un éclat de lune, mais par-dessus tout, l’histoire qu’il raconte est, et restera à jamais, celle de la Petite Indienne. »
La Petite Indienne, c’est Betty Carpenter, née dans une baignoire, sixième de huit enfants. Sa famille vit en marge de la société car, si sa mère est blanche, son père est cherokee. Lorsque les Carpenter s’installent dans la petite ville de Breathed, après des années d’errance, le paysage luxuriant de l’Ohio semble leur apporter la paix. Avec ses frères et soeurs, Betty grandit bercée par la magie immémoriale des histoires de son père. Mais les plus noirs secrets de la famille se dévoilent peu à peu. Pour affronter le monde des adultes, Betty puise son courage dans l’écriture : elle confie sa douleur à des pages qu’elle enfouit sous terre au fil des années. Pour qu’un jour toutes ces histoires n’en forment plus qu’une, qu’elle pourra enfin révéler.
Betty raconte les mystères de l’enfance et la perte de l’innocence. À travers la voix  de sa jeune narratrice, qu’Audrey d’Hulstère incarne à la perfection, Tiffany McDaniel chante le pouvoir réparateur des mots et donne naissance à une héroïne universelle. »

J’ai adoré ce livre et je pense que je vais avoir du mal à écrire ce billet… J’ai même un peu repoussé son écriture par peur de ne pas y arriver.

C’est un roman qui jongle vraiment avec différents niveaux de récits dans l’histoire de Betty : une belle histoire de famille et d’enfance, une enfance pourtant rendue difficile par le racisme ordinaire et constant anti « Indiens », une enfance qui va en plus être ternie par les problèmes d’une mère fragile psychologiquement et souvent dure avec Betty, mais aussi des secrets terribles qui sont dévoilés petits à petits et qui expliquent toutes les souffrances de cette famille. (Je ne veux pas trop en dire pour ne pas dévoiler quoi que ce soit.)

Je pense que l’on peut dire que c’est un roman qui est aussi sur les femmes, les souffrances, les oppressions ressenties par les femmes et en cela, je pense que c’est un roman féministe. Et pourtant, dans ce roman de femmes blessées (depuis les petites filles, jusqu’à de vieilles femmes, en passant par des adolescentes et des mères) avec des hommes odieux, il y a le personnage lumineux du père qui est un homme merveilleux qui apporte de la magie à ses enfants. Il apporte toute la tradition Cherokee, tout l’attachement aux légendes et à la nature et il est une figure d’amour paternel vraiment belle!

Ce roman est tout simplement beau, fort, dur… Je pense que si vous avez aimé des romans comme « Là où chantent les écrevisses » ou « My absolute darling« , « Betty » se situe un peu entre les deux. On y retrouve la beauté de la nature, et la poésie des « écrevisses » et la noirceur de « My absolute darling ».

La version audio est très réussie, la lectrice devenant Betty sans caricature de l’enfance. Elle apporte beaucoup d’émotions. Bravo!

Ce roman aura du mal à être détrôné de la première place qu’il a atteint pour moi pour l’instant dans la sélection du prix Audiolib.

 

 

catégorie prénom

La Mauvaise rencontre : Philippe Grimbert (lu par l’auteur)

Résumé de l’éditeur : « La Mauvaise Rencontre est l’histoire d’une amitié d’enfance entre le narrateur, Loup, et Mando, qui se sont connus dans un square parisien. Ils grandissent ensemble, puis, le temps passant, leurs chemins divergent. Mais si Loup construit sa propre vie, Mando n’y parvient pas, tant il a investi cette amitié d’un engagement sans faille – symptôme d’une autre faille, bien plus profonde, au coeur de sa personnalité. »

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J’ai bien aimé sur le moment cette histoire d’amitié qui commence en enfance et qui se poursuit au fur et à mesure des années. C’est une amitié qui petit à petit se révèle déséquilibrée à plus d’un titre puisque Mando est beaucoup intense vis à vis de son ami Loup, qui lui a un cercle d’amis plus élargi.

Avec du recul, je pense que bien que ce texte soit court, il y avait quand même des longueurs sur les débuts de l’amitié, sur la petite enfance de Loup et en réalité le narrateur est assez autocentré… Finalement, il ne me reste pas grand chose de cette lecture.

 Chez Sylire

catégorie adjectif de ma ligne audio

Là où elle repose : Kimberly McCreight (lu par Martine Lucciani)

Résumé de l’éditeur : « À Ridgedale, petite ville aisée du New Jersey, le corps d’un bébé est retrouvé dans les bois voisins de l’université. Malgré toutes les rumeurs et les hypothèses que ne manque pas de susciter le drame, personne ne connaît l’identité de la fillette et encore moins les raisons de sa mort. Molly Anderson, journaliste indépendante récemment arrivée avec son mari et sa fille, est recrutée par le journal local pour couvrir le fait divers. Une affaire, pour la jeune femme, qui réveille un tourment douloureux. En effet, elle a perdu un bébé et ne s’est jamais vraiment remise de cette épreuve… Or, ses investigations vont mettre à jour certains secrets bien enfouis de cette petite communauté aux apparences si convenables. »

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J’ai attendu un peu trop longtemps avant d’écrire mon billet et je me retrouve un peu embêtée car je ne sais plus trop ce qu’il faut ou ne faut pas dire pour ne pas dévoiler trop de choses sur l’intrigue, alors je n’en dirai pas plus que le résumé.

Ce que je peux dire c’est que sur le moment j’ai vraiment aimé cette lecture, je me suis vraiment laissée prendre par l’histoire et j’ai pensé que cela ferait une très bonne série télé. Alors ce n’est pas un chef d’oeuvre loin de là, c’est même sans doute un peu « déjà vu », d’ailleurs, j’ai pensé à la série « Murders » sur Netflix, à « Blood Orange« , à « Petits secrets et grands mensonges » par exemple.

Mais cela a fonctionné avec moi et je peux vous le conseiller pour une lecture de vacances ou entre deux lectures plus sérieuses.

Chez Sylire

catégorie lieu de ma ligne audio

Et toujours les forêts : Sandrine Collette (Lu par François-Eric Gendron)

Résumé de l’éditeur : « Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser. Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence.
À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente. Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps.
Quelque chose se prépare.
La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts. Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement. »

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Après un démarrage un peu long pour moi (et qui finalement n’apporte pas tant que ça au coeur de l’intrigue) sur la mère de Corentin et sa petite enfance, on entre dans le vif du sujet quand Corentin, le personnage principal a la vingtaine et est étudiant dans une grande ville.

On ne sait pas à quelle époque on est exactement mais c’est vraiment un monde proche du nôtre et quand une catastrophe détruit une grande partie du monde, des humains et de la nature se déclenche, Corentin qui fait partie des survivants ne sait pas quoi faire à part partir à pied pour essayer de retrouver sa grand-mère Augustine qui vivait dans ce qui représente pour lui un havre de paix.

Arriver là-bas est une véritable aventure humaine et une fois sur place, la vie avec Augustine et celle avec qui il essaiera de reconstruire un nouveau monde est loin d’être simple…

Ce roman post apocalyptique très réaliste car très ancré notre société actuelle est vraiment noir. Il montre la nature humaine sous toutes ces facettes et pas forcément les plus belles…

J’ai trouvé que c’était très bien écrit et très bien lu.

J’ai forcément pensé à « La route« , « Station eleven » et « Dans la forêt« , trois autres romans de ce genre que je vous conseille aussi!

Chez Sylire

pour ma ligne lieu