Et toujours les forêts : Sandrine Collette (Lu par François-Eric Gendron)

Résumé de l’éditeur : « Corentin, personne n’en voulait. Ni son père envolé, ni surtout sa mère, qui rêve de s’en débarrasser. Traîné de foyer en foyer, son enfance est une errance. Jusqu’au jour où sa mère l’abandonne à Augustine, l’une des vieilles du hameau. Au creux de la vallée des Forêts, ce territoire hostile où habite l’aïeule, une vie recommence.
À la grande ville où le propulsent ses études, Corentin plonge sans retenue dans les lumières et la fête permanente. Autour de lui, le monde brûle. La chaleur n’en finit pas d’assécher la terre. Les ruisseaux de son enfance ont tari depuis longtemps.
Quelque chose se prépare.
La nuit où tout implose, Corentin survit miraculeusement, caché au fond des catacombes. Revenu à la surface dans un univers dévasté, il est seul. Humains ou bêtes : il ne reste rien. Guidé par l’espoir insensé de retrouver la vieille Augustine, Corentin prend le long chemin des Forêts. Une quête éperdue, arrachée à ses entrailles, avec pour obsession la renaissance d’un monde désert, et la certitude que rien ne s’arrête jamais complètement. »

*

Après un démarrage un peu long pour moi (et qui finalement n’apporte pas tant que ça au coeur de l’intrigue) sur la mère de Corentin et sa petite enfance, on entre dans le vif du sujet quand Corentin, le personnage principal a la vingtaine et est étudiant dans une grande ville.

On ne sait pas à quelle époque on est exactement mais c’est vraiment un monde proche du nôtre et quand une catastrophe détruit une grande partie du monde, des humains et de la nature se déclenche, Corentin qui fait partie des survivants ne sait pas quoi faire à part partir à pied pour essayer de retrouver sa grand-mère Augustine qui vivait dans ce qui représente pour lui un havre de paix.

Arriver là-bas est une véritable aventure humaine et une fois sur place, la vie avec Augustine et celle avec qui il essaiera de reconstruire un nouveau monde est loin d’être simple…

Ce roman post apocalyptique très réaliste car très ancré notre société actuelle est vraiment noir. Il montre la nature humaine sous toutes ces facettes et pas forcément les plus belles…

J’ai trouvé que c’était très bien écrit et très bien lu.

J’ai forcément pensé à « La route« , « Station eleven » et « Dans la forêt« , trois autres romans de ce genre que je vous conseille aussi!

Chez Sylire

pour ma ligne lieu

Un mariage américain : Tayari Jones (Lu par Michelangelo Marchese, Sophie Frison et Maxime van Santfoort)

Résumé de l’éditeur : « Celestial et Roy viennent de se marier. Elle est à l’aube d’une carrière artistique prometteuse, il s’apprête à lancer son business. Ils sont jeunes, beaux et incarnent le rêve américain… à ceci près qu’ils sont noirs, dans un État sudiste qui fait peu de cadeaux aux gens comme eux. Un matin, Roy est accusé de viol. Celestial sait qu’il est innocent, mais la justice s’empresse de le condamner. Les années passent, et la jeune femme tient son rôle d’épouse modèle jusqu’au jour où cet habit devient trop lourd à porter. Elle trouve alors du réconfort auprès d’Andre, son ami d’enfance. À sa sortie de prison, Roy retourne à Atlanta, décidé à reprendre le fil de la vie qu’on lui a dérobée…« 

*

Ce roman à trois voix alterne les points de vues de Roy, le mari condamné à tort pour viol, Celestial, la femme qui doit vivre seule après cette injustice et André, l’ami d’enfance de Celestial et copain de fac de Roy, pris entre deux feu quand il devient l’amoureux de Celestial.

Ce roman raconte beaucoup de choses très intéressantes d’un point de vue sociétal. Tout d’abord, l’injustice de le système judicaire américain quand on est un homme noir aux Etats-Unis et qu’on se trouve au mauvais endroit au mauvais moment car Roy est un innocent en prison qui doit presque s’estimer heureux de ne pas se retrouver dans le couloir de la mort.

Cet aspect est accentué par le fait que les protagonistes sont issus d’Etats du Sud des Etats-Unis avec tout le poids de l’héritage esclavagiste et ségrégationniste.

Mais au-delà de cette dichotomie « noirs/blancs », la relation entre Roy et Celestial permet aussi de mettre en avant une distinction entre deux communautés noires : les gens modestes socialement et moralement qui sont représentés par la famille de Roy et les gens aisés, ayant fait des études et qui ont une position importante et de l’argent. Ces différences pèsent sur le couple comme elles peuvent peser dans la société.

Et puis, c’est une histoire de couple, d’amour qui va et qui vient, qui est détruit par des circonstances inattendues et qui se construit sur ses circonstances. C’est une histoire de choix dans la vie, des choix amoureux que l’on ne voudrait jamais avoir à faire. Des questions de loyautés et de fierté, des questions de sentiments qui évoluent.

J’ai bien aimé ce roman que j’ai trouvé bien lu par trois acteurs qui permettent de rendre vivant le texte. J’ai trouvé l’histoire intéressante car on peut se mettre à la place -inconfortable- de tous les personnages. J’ai aussi trouvé que l’autrice peignait un portait de l’Amérique noire sans concession avec ses points négatifs (et il y en a tant…) et positifs, avec le poids du passé sur la jeune génération qui doit finalement toujours se confronter à des difficultés liées à la couleur de leur peau.

J’ajouterai que j’ai trouvé très bonne l’idée de faire de Celestial une créatrice de poupées qui travaille le tissu comme moyen d’expression artistique et artisanal qui n’est pas sans rappeler le travail du patchwork dans l’histoire des femmes afro-américaines.

Une bonne découverte.

 Chez Sylire

Rubrique « Etre noir aux Etats-Unis »

catégorie « adjectif »

Merci aux éditions

Nickel Boys : Colson Whitehead (Lu par Stéphane Boucher)

Ce roman faisait partie de ceux dont j’attendais la sortie avec impatience car j’avais vraiment beaucoup aimé « Underground Railroad » de l’auteur et j’avais été très tentée par l’avis de The Autist Reading. J’avais prévu de me l’acheter en anglais mais avec le coronavirus, je n’ai pas pu aller en Angleterre ou à Jersey, donc quand j’ai vu qu’Audiolib le proposait dans ses nouveautés, je me suis dit que ce serait parfait pour l’African American History Month challenge!

Résumé de l’éditeur : « Dans la Floride ségrégationniste des années 1960, le jeune Elwood Curtis prend très à coeur le message de paix de Martin Luther King. Prêt à intégrer l’université, il voit s’évanouir ses rêves d’avenir lorsque, à la suite d’une erreur judiciaire, on l’envoie à la Nickel Academy, une maison de correction qui s’engage à faire des délinquants des « hommes honnêtes et honorables ». Il s’agit en réalité d’un endroit cauchemardesque, où les pensionnaires sont soumis aux pires sévices. Elwood trouve toutefois un allié précieux en la personne de Turner, avec qui il se lie d’amitié. Mais l’idéalisme de l’un et le scepticisme de l’autre auront des conséquences déchirantes. »

Je suis partagée sur ce roman, peut-être parce que j’en attendais trop et j’ai été un peu déçue tout en ayant malgré tout apprécié ma lecture, ce qui peut paraître paradoxal!

J’ai aimé la présentation de la société dans laquelle se passe l’histoire… La ségrégation est montrée sans concession avec toute ses aberrations et ses injustices. La lutte pour les Droits Civiques est présentée et Martin Luther King est une référence pour Elwood, un jeune homme noir plein de promesses d’ouverture sur une vie meilleure qui passe par l’éducation supérieure. Il a toujours eu un comportement exemplaire mais se fait arrêter parce qu’il était au mauvais endroit au mauvais moment. Sa vie s’écroule quand il rejoint la Nickel Academy qui est censé être un centre de détention éducatif mais dans lequel, en fait, il n’y aucun cours, juste de l’exploitation, une forme de retour à l’esclavage avec en plus des sévices, entre maltraitance, privations, violence et viols… C’est un quotidien assez terrible…

Et pourtant, cet aspect m’a malgré tout un peu laissé sur ma faim, car je m’attendais à plus de réalisme, j’ai eu un peu l’impression que c’était un peu édulcoré, sous-entendu, ou plutôt, ce qui m’a gênée c’est que c’était raconté de façon un peu détachée qui m’a un peu empêchée d’être aussi touchée que je l’aurai voulu. Peut-être parce que j’avais déjà lu plusieurs romans qui parlaient des horreurs vécues dans les « reservation schools » où des Amérindiens étaient maltraités par les autorités Américaines et Canadiennes.

Par contre, j’ai trouvé très fort le récit de « l’après », le retour à la vie ordinaire, la peur, le traumatisme. Encore une fois, cela fait penser à l’esclavage, quand ceux qui ont réussi à s’échapper passent leur vie à regarder derrière eux dans l’angoisse d’être retrouvés. La fin du roman m’a beaucoup touchée, presque plus que les traitements des détenus.

Malgré mes quelques reserves sur le côté un peu « allégé » de la description de la vie à Nickel, j’ai aimé le style de l’auteur et je vous le recommande quand même! Je continuerai à suivre ce qu’écrit Colson Whitehead. La version audio est tout à fait réussie.

Merci à

Pour le rendez-vous : « Un livre audio » et / ou « Autour de la ségrégation »

 Chez Sylire

catégorie « être humain » de ma ligne audio

Sélectionné pour le prix Audiolib 2021

La Sentence : John Grisham (Lu par Sylvain Agaësse)

Résumé de l’éditeur : « Automne 1946. Pete Banning, l’enfant chéri de Clanton, Mississippi, est revenu de la Seconde Guerre mondiale en héros, décoré des plus hautes distinctions militaires. Propriétaire d’une plantation de coton et fidèle de l’Église méthodiste, il est considéré comme un père et un voisin exemplaire.
Un matin d’octobre, il se lève tôt, se rend en ville et abat son ami, le révérend Dexter Bell.
Que s’est-il passé pour que Pete, membre respecté de la communauté, devienne un meurtrier ? Et pourquoi se mure-t-il dans le silence ? Nul ne le sait. Mais ce qu’il tait semble dévastateur, tant pour ses proches que pour les habitants du comté… »

Ce roman se découpe en 3 parties. La première commence avec l’événement raconté dans le résumé : Pete Banning, homme respectable et respecté, père de deux enfants étudiants, propriétaire d’une plantation importante de Clanton, tue de sang froid et sans raison apparente le révérend Bell. S’en suit les démarches judiciaires, l’enquête (minime car il admet l’avoir tué mais ne veut apporter aucune explication), le procès, les conséquences pour sa famille.

La deuxième partie, totalement coupée de la première, raconte la vie de Pete Banning pendant la seconde guerre mondiale quand il était aux Philippines dans l’armée américaine au moment où les troupes présentes là-bas on dû se rendre face aux Japonais. Cette partie raconte les traitements terribles que les prisonniers américains et philippins doivent subir sous le joug des japonais. C’est un récit glaçant sur un aspect de la 2eme guerre mondiale sans doute moins bien connu des Européens et qui montre les horreurs et la déshumanisation.

La dernière partie nous fait revenir dans le Mississippi et met en lumière la vie des enfants de Pete Banning après son procès. La vie continue mais ils doivent gérer les conséquences du meurtre commis par leur père. A la fin, nous saurons ce qui a poussé leur père à passer à l’acte (mais bien sûr, je ne vais rien dire 😉 )

J’ai déjà lu plusieurs roman de John Grisham et j’ai beaucoup aimé ses romans qui souvent sous couvert d’une enquête ou d’un procès parlent de sujets de société.

Dans ce roman, j’ai aimé la première partie et la dernière qui présentent le sud des Etats-Unis en pleine ségrégation et qui montrent vraiment de façon subtile la vie et les relations entre les Blancs et les Noirs dans l’état du Mississipi à cette époque et c’est pour cette raison que j’en parle à l’occasion de l’African American History Month challenge.

La deuxième partie, sur la guerre aux Philippines avec les Japonais, est aussi très intéressante et très instructive. Je ne savais pas ou je ne me souvenais plus que les prisonniers avaient été si mal traités par les Japonais. C’est assez poignant.

Mais malgré tout, mon impression générale est assez mitigée car j’ai vraiment eu l’impression de lire deux romans. Un roman « criminel » sur les Sud des Etats-Unis et un roman « militaire » sur la guerre et je n’ai pas réussi à vraiment voir le lien entre les deux. Je pense que l’auteur aurait dû écrire deux romans distincts plutôt que de plaquer ses deux histoires car j’ai trouvé que c’était très artificiel pour moi.

Merci à

Pour le rendez-vous : « Un livre audio » et / ou « Autour de la ségrégation »

 Chez Sylire

La Chambre des merveilles : Julien Sandrel (Lu par Sophie Duez)

Thelma est la mère de Louis ,12 ans, un jeune ado passionné de skate. Elle l’élève seule et est une workaholique qui a du mal à se détacher de son téléphone quand il s’agit de son travail. Le premier chapitre présente le quotidien de cette mère et ce fils avec une grande tension car dès le début on sait qu’un drame va arriver.
Louis se retrouve dans le coma et Thelma est bouleversée et décide de se consacrer à lui à 100 %. Sa propre mère qui est très différente d’elle va se rapprocher d’elle et Thelma va découvrir un carnet écrit par Louis. Dans ce carnet « des merveilles », son fils a rassemblé ses rêves et toutes les choses qu’il a envie d’accomplir avant de mourir. Thelma décide de transformer la chambre d’hôpital de Louis en « chambre des merveilles » en faisant tout ce qu’il a noté dans son carnet et en le filmant pour le transmettre et essayer de passer au travers du mur du coma.
Thelma va se transformer radicalement dans cette période, elle va changer de vie et de point de vue sur le monde, elle va faire des rencontres, apprendre à connaître son fils et se rapprocher de sa mère.

Je ne m’attendais à rien en le commençant ou plutôt je m’attendais à trouver cette lecture un peu cucul la praline et j’ai été cueillie : j’ai audiolu le premier chapitre avec l’impression d’avoir une main qui m’arrachait le cœur et j’ai failli pleurer plusieurs fois en écoutant les deux chapitres suivants… Cette lecture a bousculé mon cœur de maman car en plus Louis me faisait un peu penser à Bastien.

Après, quand certains passages auraient pu sombrer dans le mélo (ce que je déteste) il y a toujours eu des passages plus profonds ou plus émouvants qui éviter de sombrer dans le mièvre. J’ai vraiment aimé ce roman mais je pense sincèrement que la version audio a beaucoup participé à mon intérêt car la lecture par Sophie Duez était excellente. Elle a vraiment bien su jouer sur les émotions.

Une très bonne surprise!

 Chez Sylire

catégorie « aliment » de ma ligne audio

Les choses humaines : Karine Tuil (lu par Constance Dollé)

Résumé de l’éditeur : « Les Farel forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique français ; son épouse Claire est connue pour ses engagements féministes. Ensemble, ils ont un fils, étudiant dans une prestigieuse université américaine. Tout semble leur réussir. Mais une accusation de viol va faire vaciller cette parfaite construction sociale.
Le sexe et la tentation du saccage, le sexe et son impulsion sauvage sont au cœur de ce roman puissant dans lequel Karine Tuil interroge le monde contemporain, démonte la mécanique impitoyable de la machine judiciaire et nous confronte à nos propres peurs. Car qui est à l’abri de se retrouver un jour pris dans cet engrenage? »

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman qui est très actuel et qui aborde des thématiques d’actualité comme les migrants, les attentats et surtout le mouvement « me too ».

Ce que j’ai préféré c’est le questionnement et l’incertitude autour de l’accusation de viol. On se positionne tour à tour d’un côté ou de l’autre et on n’aimerait vraiment pas avoir à être juré dans ce tribunal.

Le féminisme, la déontologie journalistique, le télescopage de la « vraie vie » dans les pensées théoriques… tout cela fait que ce roman est vraiment d’une grande richesse. C’est un roman qui est loin d’être manichéen et dont on ne sort pas avec des certitudes. Personnellement, il m’a bousculée et c’est important.

J’ai trouvé les personnages extrêmement bien campés et du fait de la narration qui donne différents éclairages à chacun, on a un portrait vraiment complexe de chacun. Je félicite les lycéens d’avoir voté pour ce roman qui est loin d’être facile.

La version audio est très réussie.

Chez Sylire

2019

catégorie « être humain »

Là où chantent les écrevisses : Delia Owens (lu par Marie Du Bled)

Je vais commencer par vous dire que j’ai adoré ce roman et que je l’ai même offert à Noël et que j’ai été triste de le voir se terminer, ce qui est un signe! Et comme à chaque fois que j’aime beaucoup aimé un livre, je trouve ça plus dur d’en parler!

C’est l’histoire d’une vie : la vie de Kya que l’on rencontre alors qu’elle n’est qu’une petite fille qui vit dans les marais avec sa famille, pauvre et isolée. Sa mère puis ses frères et soeur l’abandonnent avec un père incompétent et dysfonctionnel qui finit par l’abandonner aussi. C’est donc l’histoire de cette petite fille qui va vivre seule dans les marais, qui ne va pas à l’école, qui apprend à éviter les services sociaux et qui grandit en ne dépendant que d’elle-même, avec la nature comme moyen de survie, de protection et d’inspiration.

Isolée, elle survit grâce à l’aide bienveillante et discrète de Jumping et Mabel, un couple de commerçants noirs qui savent que dans cet état ségrégationniste des Etats-Unis, une petite pauvresse blanche des marais serait sans doute à peine mieux traitée qu’eux. Elle s’en sort également grâce à l’aide de Tate, un garçon un peu plus âgé qu’elle qui vient vers elle en l’amadouant avec des plumes d’oiseaux et qui va lui apprendre à lire et lui ouvrir la porte de la connaissance.

En grandissant, blessée d’être à nouveau abandonnée par quelqu’un qu’elle aimait, elle va se renfermer sur elle-même. Mais elle n’en est pas moins une jeune fille qui est aussi attirée par la vie « ordinaire » des jeunes de son âge et quand un jeune homme en vue de la ville s’intéresse à elle, elle y croit et ouvre à nouveau son coeur…

Quand elle comprend qu’elle est à nouveau seule, elle va se consacrer entièrement à son marais qu’elle va connaître de fond en comble : le moindre oiseau, le moindre animal, la moindre plante n’aura aucun secret pour elle, elle devient une naturaliste profondément attachée à son environnement.

Les dates sont importantes, car le roman alterne deux thèmes sur deux époques : les années 1950 et la vie de Kya et son histoire personnelle et ceux qu’elle fréquente et à partir de 1969, avec la découverte d’un cadavre dans les marais et l’enquête policière et le procès qui va impliquer Kya.

J’ai adoré ce roman pour les deux parties du roman qui contrastent, j’ai adoré le côté humain avec des personnages que l’on voit évoluer, une galerie riche de personnages qui ont tous leur importance et qui ne sont pas manichéens. J’ai aimé le côté foisonnant de la nature -j’aimerais tant pouvoir feuilleter les livres illustrés dont Kya est l’autrice!- et l’aspect « polar » qui rythme le roman m’a aussi beaucoup plu car il apporte un autre éclairage sur l’histoire et les personnages.

Certains diront peut-être que le roman manque de réalisme mais moi j’y ai cru. Il y a un peu du conte dans cette histoire mais il y a aussi tout un aspect social très réaliste pour les Etats-Unis des années 50 dans cette partie du pays.

J’ai aimé le style et c’est un premier roman vraiment très abouti et très riche.  J’ai pensé à « My absolute darling » sans la violence de ce roman. Je ne peux que vous le recommander et j’ai trouvé la version audio très bien lue!

J’ai lu que Reese Witherspoon a acheté les droits pour faire une adaptation cinématographique de ce roman, j’espère qu’il sera aussi beau et plein de nature que le roman et que les personnages ne seront réduits car ils méritent d’être aussi entiers qu’ils le sont dans cette histoire.

par Sylire : allez voir son avis!

Je l’avais repéré chez Amandine qui m’avait fait très envie.

 Chez Sylire

catégorie « lieu » pour ma ligne audio

Sélectionné pour le prix Audiolib 2021

Victime 2117 (T8) : Jussi Adler Olsen (lu par Julien Chatelet)

Ce roman est la 8ème enquête du Département V (un service qui doit résoudre les « cold cases ») de Carl Mørck, Assad et Rose après « Miséricorde », « Profanation » et « Délivrance » , « Dossier 64 » et « L’effet papillon » et « Promesse » et « Selfies« .

Un journaliste espagnol trouve une idée d’article quand une 2117e réfugiée trouve la mort en Méditerranée. Le journaliste sent qu’elle a une histoire et il veut parler d’elle. Une photo de la victime et de deux femmes éplorées fait la une de tous les journaux européens et ça sera le point de départ de nombreux fils qui, s’ils semblent bien emmêlés au début, vont finir par ne faire qu’un.

Au Danemark, on retrouve le Département V et Carl Mørck et son équipe. Assad est très affecté par la mort du chef de la police qui était un peu son « protecteur ». Le hasard va le mettre en présence de la photo de la « victime 2117 » sur un journal et cela va le bouleverser et ouvrir une brèche dans sa vie et il va enfin se confier à Rose et Carl. Nous apprenons donc enfin le passé de Assad qui n’est pas celui qu’il faisait croire (comme les lecteurs s’en doutaient) mais je ne vais pas en dire plus sur ce sujet pour ne pas spolier!

En parallèle de la partie qui concerne directement Assad, Rose (qui après avoir été en dépression pendant deux ans suite aux évènements du dernier tome, se remet au travail au Département V) et Gordon sont aux prises avec un jeune homme perturbé et joueur de jeu vidéo, qui sous prétexte d’honorer la « victime 2117 », menace de devenir un meurtrier et qui joue avec la police.

Un tome très personnel pour le personnage d’Assad mais aussi très politique. On se croirait un peu dans un James Bond avec beaucoup de rebondissements. On sort un peu des habitudes du Département V avec un côté international et l’aide de la police allemande puisqu’une partie du récit se passe là-bas mais cela reste un roman policier intéressant.

Chez Sylire

chez Cryssilda

L’ombre de la baleine : Camilla Grebe (lu par Hugues Martel, Marie-Eve Dufresne et Pierre-Henri Prunel)

Dans ce roman, trois personnages centraux se croisent pour donner trois points de vue à une histoire où les événement vont finir par se croiser même si à priori ils n’ont rien à voir les unes avec les autres.

Il y a Manfred, un policier dont la petite fille vient de subir un grave accident et se trouve dans le coma à l’hôpital où il va la rejoindre dès que possible avec la maman. Manfred enquête sur des cadavres de jeunes hommes qui semblent avoir été exécutés. La police cherche à établir des liens et trouver la raison qui a fait que ces deux personnes se soient retrouvées tuées de la même manière.

Il y a Samuel, un jeune homme qui a touché à l’argent facile de la vente de drogue mais qui se retrouve avec de grands ennuis quand sa mère, exaspérée par son attitude si désinvolte , a jeté de la drogue qu’il devait revendre. Il se retrouve à devoir fuir les caïds à qui il doit cette drogue et quitte sa mère pour se cacher et trouve un travail comme garde malade auprès d’un jeune handicapé et sa mère.

On suit aussi la mère de Samuel qui est très croyante, très morale et qui commence à remettre sa vie en question quand elle réalise que Samuel a disparu. Elle essaie de le retrouver et quand elle trouve des indices curieux et qu’elle essaie de transmettre à la police. Elle sera le trait d’union entre les deux affaires de notre histoire sans s’en rendre compte.

Ce roman audio à trois voix m’a bien plu pendant ma lecture, même s’il ne reste pas inoubliable quelques temps après, ça a été un bon moment de lecture. J’ai aimé l’idée (dont je ne parle pas ici pour ne rien déflorer), le fameux lien improbable entre Samuel et les cadavres. Par contre, j’ai trouvé que pour quelqu’un dont la fille se retrouve dans le coma entre la vie et la mort à cause d’un accident sous sa surveillance, Manfred ne semble pas terriblement affecté et l’autre bémol pour moi serait la petite leçon de morale sur les réseaux sociaux distillée dans le roman qui n’apportait rien de plus.

Mais si vous voulez un polar nordique c’est plutôt une bonne découverte.

 Chez Sylire

 chez Cryssilda (Suède)

La déesse des mouches à feu : Geneviève Pettersen (lu par Karelle Tremblay)

Résumé de l’éditeur : « La déesse des mouches à feu, c’est Catherine, quatorze ans, l’adolescence allée chez le diable. C’est l’année noire de toutes les premières fois. C’est 1996 à Chicoutimi-Nord, le punk rock, le fantôme de Kurt Cobain et les cheveux de Mia Wallace. Des petites crisses qui trippent sur Christiane F. et des gars beaux comme dans les films en noir et blanc. Le flânage au terminus et les batailles de skateux contre pouilleux en arrière du centre d’achats. L’hiver au campe dans le fin fond du bois, les plombs aux couteaux, le PCP vert et les baises floues au milieu des sacs de couchage. C’est aussi les parents à bout de souffle et les amants qui se font la guerre. Un jeep qui s’écrase dans un chêne centenaire, les eaux du déluge qui emportent la moitié d’une ville et des oiseaux perdus qu’on essaie de tuer en criant. »

J’ai choisi d’audiolire ce roman sans trop savoir de quoi il parlait parce qu’il était disponible parmi les livres audio de Ici Radio Canada Première et parce quand je suis allée au Québec j’ai rendu visite à Karine et l’histoire se déroule dans sa région (les villes de Chicoutimi, La Baie et Saguenay évoquaient donc quelque chose pour moi et d’ailleurs, la toute fin du roman raconte un évènement climatique que je connaissais pour avoir entendu parler par Karine lors de notre visite.)

Je dois vous prévenir que Karine et Yueyin m’avaient mise en garde sur la difficulté à comprendre la langue qui au-delà d’un français québécois un peu éloigné du français de France, est agrémenté d’un argot des jeunes du Saguenay des années 90 qui était censé être très dur à comprendre… Alors, je dois dire que je n’ai eu aucun mal à comprendre… Est-ce parce qu’une grande partie de l’argot est un mélange de québécois et d’anglais et que je comprenais cette langue hybride ou est-ce parce que la lectrice québécoise y apportait un grand naturel qui rendait les choses compréhensibles? (Il y a bien quelques mots ou expressions dont je n’étais pas sûre, mais la compréhension générale n’était pas entravée.)

Et j’ajouterais d’ailleurs que cette version audio était très bien lue! Karelle Tremblay, avec une certaine nonchalance est devenue l’adolescente Catherine. Bravo à elle!

Catherine est dans un entre deux : entre deux âges car elle est adolescente, pas encore adulte, entre deux parents puisque ceux-ci sont séparés et entre deux mondes car la vie de la jeune fille plutôt sage et ordinaire va trouver un plus grand intérêt à ses yeux à partir du moment où elle prend de la drogue avec ses amis. C’est aussi une période où elle commence à s’intéresser aux garçons et c’est la découverte des sentiments et de la sexualité.

J’ai beaucoup aimé ce roman qu’on pourrait presque appeler un roman d’apprentissage moderne car la période où l’on va suivre Catherine et sa bande va lui faire traverser de nombreuses expériences et découvertes et va la forcer à s’interroger sur le sens de sa jeune vie. C’est un beau roman sur une adolescence un peu désabusée, un peu paumée, qui se cherche, assez ordinaire mais touchante. Mon seul bémol serait l’âge Catherine, pendant toute ma lecture, je l’ai plus imaginée à 16-17 ans plus que 14 ans car j’ai vraiment du mal à croire qu’elle puisse faire tout ce qu’elle fait (beaucoup de liberté par ses parents par exemple).

Version audio disponible gratuitement sur Ici Radio Canada Première

  Chez Sylire

 chez Karine:) et  Yueyin

Catégorie Grand champion – Les trois accords Un livre ayant gagné un prix littéraire (Grand prix littéraire Archambault)