Les filles du Nord : Mélody Gornet

Madison est une toute jeune adulte qui vient faire ses études à Édimbourg. Elle se tient à l’écart des autres, se réfugie dans son jeu de cartes avec lequel elle fait des patiences et s’enferme dans ses pensées assez torturées et obscures …

A son arrivée en Ecosse, elle rencontre Fern, une étudiante franco-écossaise pleine d’assurance et son ami écossais Arbor qui est un peu son opposé, très calme et discret. Ils arrivent, chacun à leur manière à créer du lien avec Madison mais la jeune fille ne les laisse pas facilement entrer dans son univers. Elle a une vie intérieure très intense mais surtout très perturbée car si elle est partie de France c’est parce qu’elle fuyait quelque chose. Un amour contrarié, un mal-être profond…

Et pourtant, par son enthousiasme et sa passion pour l’histoire de la ville, Fern entraîne Madison dans son sillage et la fait entrer sans ses délires mystico-historiques et lui fait rencontrer des gens de la vraie vie alors qu’elle a tendance à se réfugier dans le monde imaginaire qu’elle a créé dans lequel elle ne « fréquente » que les personnages de son jeu de cartes.

Alors, je ne peux pas dire que je suis emballée par ce roman et pourtant, je l’ai lu jusqu’au bout. J’ai été un peu perturbée par les alternances de récits de la vraie vie, où Madison vit à Édimbourg et de monde imaginaire de Madison dans sa tête avec les personnages de jeu de cartes… J’ai trouvé cela assez artificiel et m’a un peu perdue et j’ai mis du temps à entrer dans l’histoire à cause de cela.

En écrivant mon billet, je me rends compte que ce roman, s’il se laisse lire manque quand même d’épaisseur dans son contenu et que j’ai presque tout oublié quelques jours après l’avoir fini… J’ai trouvé que les parties se passant en Ecosse manquaient de réalisme et que les personnages étaient assez lisses et presque caricaturaux, la trame assez convenue… La seule chose qui m’a tenue, était que je voulais savoir ce qui avait perturbé Madison… Je suis passée à côté…

Merci à   et aux Editions Thierry Magnier

Entre Dieu et moi, c’est fini : Katarina Mazetti

Résumé de l’éditeur : « Linnea a seize ans, plein de complexes, et pas mal de questions qui lui trottent dans la tête. La seule qui la comprenait, c’était Pia. Sa meilleure amie, son amie pour la vie. Enfin, pour cent vingt jours, « sans compter les week-ends », Linnea a fait le calcul une fois. Maintenant que Pia est morte.

Avec Pia, elle pouvait parler de tout : de l’amour, de la mode, de Markus, le beau gosse dont toutes les filles rêvent, de son père qu’elle voit deux fois par an, de sa mère qui a une liaison tumultueuse. Et de Dieu. Qu’est-ce que ça signifie « croire en Dieu »? Car ce n’est pas exactement la même chose que le père Noël. Une chose est sûre, ce n’est pas la peine de compter sur Dieu pour résoudre les équations du second degré.

Seulement, voilà, Pia s’est jetée sous un train. Alors, Linnea se souvient, puisque comme dit son excentrique grand-mère, « pour pouvoir oublier quelque chose, il faut d’abord bien s’en souvenir « .

*

Pour commencer, je dois vous dire que le classement en « roman adulte » ou « roman jeunesse » pour ce livre ne va pas forcément de soi. Moi je l’ai trouvé dans le rayon « grands ados » de la médiathèque et j’ai vu qu’il était considéré comme un des ouvrages jeunesse de l’auteur (qui écrit pour les jeunes et pour les adultes). Certains, le voient plutôt pour les adultes mais personnellement, j’ai absolument eu l’impression de lire un roman jeunesse du fait du sujet et de la manière dont sont dépeints les personnages et leurs pensées. Mais tout cela est subjectif! On pourrait dire qu’il est entre les deux, autant pour les jeunes adultes que les adultes plus âgés 😉

Ensuite, je dois ajouter que c’est le premier tome d’une trilogie mais personnellement, je n’ai pas eu envie de poursuivre la série. Mais je dois dire que j’ai trouvé les couvertures de la collection Babel vraiment belles :

J’ai recopié le résumé de l’éditeur car il est très complet et parce que même si j’écris mon billet assez peu de temps après l’avoir lu et que le roman est très court, je dois avouer que je ne me souvenais déjà plus des détails.

Ce qu’il me reste c’est une impression assez mitigée de conversations entre des adolescentes, comme on a pu en avoir mille quand on était soi-même ado, un peu philosophique (de bazar) avec des réflexions sur la famille, sur l’amour et sur Dieu (enfin, non, moi je n’ai pas le souvenir d’avoir autant pensé à Dieu que ces deux jeunes filles…). J’ai trouvé que les dialogues manquaient beaucoup de naturel. Est-ce dû au passage par la traduction ou est-ce que l’auteur qui n’a pas su se mettre à la place de jeunes filles de 15 ans? Je ne pourrais pas le dire (si quelqu’un l’a lu en suédois et a eu la même impression que moi…)

Alors oui, le sujet est touchant : Alinéa a eu une histoire d’amitié brève mais intense, comme elle aurait pu avoir une passion amoureuse, comme on peut avoir des attachements passionnés à l’adolescence et cette amitié est rendue dramatique par le fait que son amie Pia soit morte. Mais pour être franche, je n’ai pas été touchée par Alinéa que j’ai trouvé souvent assez autocentrée (très ado, quoi 😉

Je pense que ce roman pourra plaire aux jeunes filles de 14-17 ans car elles auront sans doute l’impression qu’on les considère comme des adules avec ce texte. Moi, il ne m’a pas particulièrement plu.

 chez Cryssilda (Suède)

Une berceuse en chiffons -La vie tissée de Louise Bourgeois : Amy Novesky et Isabelle Arsenault

Résumé de l’éditeur « La Pastèque » : « Louise Bourgeois (1911–2010) est une artiste moderne de réputation internationale, connue pour ses sculptures faites de bois, d’acier, de pierre et de caoutchouc moulé. La plus célèbre, Maman, est une araignée de plus de dix mètres de hauteur.

Tout comme l’araignée qui tisse sa toile et la répare, la mère de Louise était tisserande et réparait des tapisseries. Pendant son enfance, Louise a fait son apprentissage auprès d’elle, avant de devenir elle-même artiste tapissière. Louise a travaillé le tissu tout au long de sa carrière, et cet album biographique est une illustration de l’expérience qui lui a inspiré ses œuvres les plus célèbres, celle de l’enfant tissant aux côtés d’une mère aimante et attentionnée. Par son récit poétique et superbement nuancé, le livre déploie sous nos yeux la relation entre la mère et la fille, et jette un jour lumineux sur le tissage des souvenirs en chacun de nous. »

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J’ai emprunté cet album pour Québec en Novembre sur le nom de l’illustratrice que j’adore! En effet, je l’ai découverte avec « Louis parmi les spectres« , puis j’ai continué à la suivre avec « Jane, le renard et moi« , « L’oiseau de Colette » et enfin « Capitaine Rosalie« . Et je n’ai pas été déçue car les illustrations, tout en graphismes et en couleurs sont vraiment très belles : j’ai à nouveau été sous le charme!

Et puis, le texte est aussi très intéressant. C’est une biographie simplifiée de l’artiste Louise Bourgeois. Je la connaissais de nom et pour son araignée géante, intitulée « Maman » et qui était plutôt inquiétante mais en lisant cet album j’y ai vu une belle déclaration d’amour d’une fille pour sa mère tisserande, qui, comme une araignée était capable de tout réparer et créer avec ses fils.

Le rapport à la création, aux liens, au fil et aux textures et couleurs est très bien décrit dans ce très joli album poétique et factuel. Je vous le recommande, même si comme moi vous ne connaissez pas vraiment l’artiste car cet album est vraiment beau et instructif!

 

  chez Karine:) et  Yueyin

Les enfants de la résistance (tomes 5 : Le pays divisé) : Benoît Ers et Vincent Dugomier (Billet avec Bastien)

Dans ce 5e tome, on continue de suivre les aventures de François, Eusèbe et Lisa, trois jeunes qui ont monté un réseau de résistance sous le nom « Le Lynx » et qui travaillent en secret avec d’autres réseaux, motivant des adultes sans que personne ne sachent qu’ils ne sont que des enfants.

On voit aussi la situation historique évoluer au fil de la guerre : la ligne de démarcation, le rationnement, les combats, la milice et les défenseurs de Vichy, les bombardements alliés, les affiches de propagande pour encourager au travail en Allemagne…

Mais, comme dans les précédents albums, le thème essentiel est la résistance, la manière dont des gens ordinaires font les choses dangereuses pour le bien commun… L’aventure principale est celle vécue par les 3 amis pour permettre à un opérateur radio de transmettre et revoir des messages de Londres.

Leurs missions sont de plus en plus périlleuses : transport de radio, aide à un « pianiste » (c’est ainsi que l’on surnommait les opérateurs radio qui adressaient des messages codés vers Londres), puis vers l’Afrique du nord. Beaucoup moururent car les allemands, étaient équipés de camions de goniométrie qui permettaient de localiser les émetteurs.

Enfin, François, Eusèbe et Lisa ne sont plus tout à fait des enfants mais plutôt des adolescents et des sentiments commencent à naître entre Eusèbe et la jeune fille et François ne le vit pas très bien. Et Lisa, la jeune Allemande repense à son passé et nous ne savons pas encore tout sur sa famille mais elle a du mal à accepter les critiques sur les Allemands dans leur ensemble.

Comme les précédentes, cette BD permet d’informer sur cette période historique très riche en mettant l’accent sur des aspects humains avec des aventures. Je vous conseille de les lire dans l’ordre.

Avant de passer la parole à Bastien, je voulais préciser que cet album lui a été offert par sa marraine qui a eu l’occasion de rencontrer l’auteur, Vincent Dugomier. Pour cette rencontre, elle avait imprimé le billet de blog que Bastien et moi avions écrit sur les 4 premiers tomes pour le lui donner. Et voici la jolie dédicace qu’il lui a faite (comme il ne dessine pas, il a utilisé un rappel de la BD avec un message du Lynx sur du papier peint!) :

Voici l’avis de Bastien (9 ans et demi) tapé par ses soins avec juste une relecture pour les fautes d’inattention (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« J’ai bien aimé car cela parle d’enfants résistants pendant la guerre. Le trio nommé  »Le Lynx » est en possession d’une radio pour envoyer des messages à Londres. Mais ils doivent faire plus attention que jamais car les Allemands rodent… Je n’en dis pas plus pour laisser du suspense… »

  chez Moka 

Le Bon Gros Géant (the BFG) : Roald Dahl (Billet avec Bastien)

Dans cette histoire digne d’un conte, Sophie, une petite orpheline anglaise vivant à Londres est kidnappée par un géant qui se promenait dans les rues de Londres. Il lui explique qu’il l’a emmenée avec lui parce qu’elle l’avait vu et qu’il n’est pas possible pour lui de la libérer car elle irait forcément raconter à tout le monde que les géants existent et qu’elle devra donc rester toute sa vie avec lui… Mais il lui précise qu’elle a beaucoup de chance d’être tombée sur lui car les autres géants du pays des géants sont tous des dévoreurs d’humains!

Elle est donc tombée sur le Bon Gros Géant, inoffensif géant et même mieux : un géant qui attrape des beaux rêves et qui va les souffler dans les chambres des enfants pour qu’ils soient heureux dans leur sommeil.

Mais quand les autres géants parlent des enfants qu’ils vont dévorer, Sophie et le BGG, montent un plan pour faire en sorte que la Reine d’Angleterre soit informée et qu’elle fasse en sorte d’arrêter les méchants géants sans pénaliser le BGG.

Cette histoire est assez amusante mais ce que j’ai préféré c’est tout le travail créatif autour de la langue, les inventions linguistiques, les jeux de mots, les détournements d’expressions et de sonorités, car le géant a appris à parler tout seul et il ne maîtrise pas très bien la parole! Je l’ai lu en anglais et j’ai adoré cet aspect du roman (même si à la longue je me suis un peu lassée de l’histoire). Je me suis vraiment dit que pour ce roman, la traduction devrait être un vrai challenge et même plus une réécriture, une adaptation que juste une traduction, car il y a des éléments qui correspondent à des aspects culturels Britanniques qui doivent forcément être adaptés au pays de la nouvelle langue et des jeux sur les sonorités des mots… Bref, un travail de géant!

Voici l’avis de Bastien (9 ans et demi) tapé par ses soins avec juste une relecture pour les fautes d’inattention (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« C’est l’histoire d’une petite fille nommée Sophie qui se fait « kidnapper » par un géant. Elle va découvrir qu’il y a 9 géants agressifs et anthropophages qui cohabitent avec le gentil géant (« Le Bon Gros Géant »). Ensemble, ils vont tenter de les empêcher de manger des humains. Je n’en dis pas plus pour laisser du suspense…

J’ai bien aimé la façon dont le Bon Gros Géant parlait parce que ce n’étaient des vrais mots, ce sont des mots qui ressemblent légèrement. »

 

Jefferson : Jean-Claude Mourlevat

Ce roman jeunesse se situe dans un monde où les animaux vivent comme les humains, ils parlent, portent des vêtements, fréquentent des magasins. L’histoire est celle de Jefferson, un hérisson, qui est accusé à tort du meurtre de son coiffeur Mr Edgar, un blaireau. Son meilleur ami Gilbert, un cochon, l’aide à se cacher et le persuade de mener l’enquête pour découvrir le vrai coupable.

Ils vont d’abord enquêter dans le monde des animaux mais vont poursuivre leurs recherches dans le monde des humains. Là-bas, entourés de toute une bande hétéroclite d’animaux qui participent à un voyage organisé, ils découvrent que M. Edgar avait un secret et ils apprennent aussi la face noire de la manière dont les animaux sont traités dans les abattoirs…

Ce roman est vraiment riche. C’est une enquête policière, un roman d’aventures et aussi un texte qui fait réfléchir sur la société actuelle. C’est souvent drôle mais le lecteur est aussi embarqué dans toutes sortes d’émotions : on s’inquiète pour les héros, on est dans l’aventure en se demandant comme les personnages où ils vont et il y a aussi une belle notion d’amitié et de solidarité.

C’est une belle réussite au niveau du contenu et c’est aussi très bien écrit avec un vocabulaire riche. Je vous le recommande.

sélection CM2-6e

Kaspar le chat du Grand Hotel : Michael Morpurgo (Billet avec Bastien)

Johnny Trott est un jeune groom au Savoy, un grand hôtel de Londres. Un jour, une cantatrice russe s’installe à l’hôtel avec son chat Kaspar, un vrai prince! La comtesse Kandinsky traite Johnny avec beaucoup d’affection, d’autant plus qu’il y a un vrai lien qui se tisse entre le jeune homme et le chat. Johnny trouve auprès de la comtesse ce qu’il n’a jamais connu auprès d’une mère.

Malheureusement, un accident arrive et Johnny se retrouve seul à devoir s’occuper de Kaspar  en cachette car il est interdit pour le personnel d’avoir un animal de compagnie. Kaspar en pleine déprime, se laisse mourir de désespoir et de faim… Johnny ne sait pas quoi faire… Jusqu’à ce qu’Elisabeth, une fillette américaine, cliente de l’hôtel qui ne pense qu’à vivre des aventures dans les couloirs et les étages (elle m’a fait penser au personnage de Nina dans « Un gentleman à Moscou » pour les lecteurs adultes qui l’ont lu) découvre le secret et réussisse à faire manger Kaspar. Les deux amis retrouvent goût à la vie auprès de l’intrépide enfant et ils deviennent tous amis.

Au moment de se séparer, quand la famille d’Elisabeth monte à bord du Titanic, Johnny prend une décision insensée : il reste à bord… Et évidement, tout le monde sait ce qui est arrivé lors de ce voyage…

Ce roman est très agréable à lire. Les personnages sont variés et bien brossés, ils ont tous leur personnalité -même Kaspar! Le roman permet de faire découvrir la vie du personnel d’un grand hôtel an Angleterre au début du 20e siècle, mais montre aussi que des relations peuvent exister malgré les différences sociales et aussi que chacun a le droit à une deuxième chance. Il y est question d’amitié, de courage, de belles rencontres. On parle même un peu de la première guerre mondiale. Il ne faut surtout pas oublier de lire la postface (mais seulement à la fin, bien sûr!) dans laquelle l’auteur explique d’où lui est venue son inspiration.

Le lecteur traversera différentes émotions et ce roman confirme bien le talent de Michael Morpurgo pour à un large spectre de lecteurs : il fait vraiment partie de ces auteurs que parents et enfants peuvent lire ensemble!

Voici l’avis de Bastien (9 ans et demi) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« C’est l’histoire d’un groom orphelin au Savoy, un hôtel très luxueux à Londres. Il va devoir accueillir la comtesse Kandinsky et le Prince Kasper (Kasper est un chat!).

Quand un désastreux événement a lieu, Johnny (le groom) va devoir s’occuper du chat Kasper.

Mais il va faire une rencontre qui va l’emmener loin, très loin… Mais je n’en dis pas plus pour garder le suspense…

J’ai bien aimé ce livre, parce que ça parle d’un chat et car ça parle aussi du Titanic.

Il y a certains moments de tristesse. »

 chez Lou et Titine

Le mystère de Lucy Lost : Michael Morpurgo (Billet avec Bastien)

En mai 1915, sur une île inhabitée de l’archipel des Scilly, des îles Britanniques très isolées, Jim et son fils Alfie découvrent une jeune fille seule, complètement à bout de force, affamée et déshydratée. Elle ne dit qu’un seul mot et Alfie et sa famille qui vont s’occupent d’elle l’appellent donc par ce nom : Lucy, Lucy Lost (perdue)

En parallèle, à la même époque, nous suivons la vie d’une petite fille nommée Merry qui vit à New York avec sa mère pendant que son père, Canadien, se bat en Europe dans la grande guerre. Elle joue du piano, s’occupe de leurs chevaux mais son père lui manque beaucoup. Ils se sont promis de penser l’un à l’autre en regardant le lune chaque soir et chantant leur chanson fétiche. Mais un jour, une lettre leur apprend que le père est blessé et qu’il est en convalescence en Angleterre. Contre l’avis général, la mère de Merry organise pour elle et sa fille une traversée de l’Atlantique pour aller en Angleterre. Elles voyagent sur un paquebot de prestige : le Lusitania.

On va suivre les histoires des deux filles avec plus de détails sur celle de Lucy sur les îles Scilly : une vie rude par son aspect austère et sauvage mais aussi dans le caractère des îliens qui ont parfois du mal à accepter l’étrange petite fille qui parle pas et qui en plus a été trouvée avec une couverture allemande… La question de pose de savoir qui elle est. La famille de Alfie la protège.

Les deux histoires se rejoignent et c’est vraiment touchant. Les lecteurs adultes se douteront de beaucoup de choses en connaissant l’histoire du Lusitania mais le jeune lecteur qui ne connait pas sera vraiment plongé dans le mystère.

Encore un très bon roman jeunesse de Michael Morpurgo qui parle de la guerre du point de vue des civiles et des enfants. A découvrir!

Voici l’avis de Bastien (9 ans et demi) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

C’est l’histoire de deux pêcheurs qui trouvent une petite fille à moitié morte de faim sur une île abandonnée. Elle ne peut prononcer qu’un seul mot : « Lucy ».

Pendant ce temps, il se passe une autre histoire : celle de Merry MacIntyre…

L’histoire se passe sur les îles Scilly en 1915…

J’ai adoré ce livre car il y a beaucoup d’aventures et de suspense mais je suis un peu déçu pat la fin car il y a vraiment beaucoup moins de mystère (ça fait un peu « ils se marièrent et ils eurent beaucoup d’enfants… ») [Note de la maman : il parle des deux derniers chapitres qui racontent comment ont évolué les personnages!]

chez Lou et Titine

avec avec Alexielle : Allons voir son avis!

Brexit romance : Clémentine Beauvais

Résumé de l’éditeur : « Juillet 2017 : un an que « Brexit means Brexit » ! Ce qui n’empêche pas la rêveuse Marguerite Fiorel, 17 ans, jeune soprano française, de venir à Londres par l’Eurostar, pour chanter dans Les Noces de Figaro ! À ses côtés, son cher professeur, Pierre Kamenev. Leur chemin croise celui d’un flamboyant lord anglais, Cosmo Carraway, et de l’électrique Justine Dodgson, créatrice d’une start-up secrète, BREXIT ROMANCE. Son but ? Organiser des mariages blancs entre Français et Anglais… pour leur faire obtenir le passeport européen. Mais pas facile d’arranger ce genre d’alliances sans se faire des noeuds au cerveau et au coeur ! »

*

Ouh la la pas facile de parler de ce roman qu’avec du recul j’ai trouvé très fouillis et qui pendant ma lecture m’a paru un peu « too much »… J’ai l’impression que l’auteur avait envie de parler de plein de choses … et a tout mis dans le même roman… Il y a le Brexit, il y a les relations entre Français/Britanniques avec tous les stéréotypes possibles et imaginables… pour les dénoncer certainement, les «bobos» avec leurs conversations politiquement correctes, de la politique franco-britannique (qui à mon avis passera bien au-dessus des jeunes lecteurs et qui sera sans doute très vite daté)… Je n’ai pas vraiment adhéré aux personnages et aux situations que j’ai trouvé à la fois irréalistes et exagérés au point de n’être qu’une accumulation de clichés… et j’ai trouvé que c’était un peu longuet…

Un autre aspect du roman qui était plutôt original, c’est le jeu sur la langue car l’auteur, qui maîtrise bien l’anglais, a joué sur les expressions, les traductions mot à mot et les parallèles entre les langues, les mélanges entre le français et l’anglais et c’était intéressant et amusant… au début mais là encore j’ai fini par me lasser…

Alors, la lecture de ce roman ne m’a pas déplue sur le coup mais avec du recul je n’en retiens pas grand chose à part une certaine confusion alors que de cette auteure j’avais beaucoup aimé « Les petites reines » que je vous conseille vraiment!

chez Lou et Titine

Notre Jack : Michael Morpurgo (illustré par David Gentleman)

Ca faisait longtemps que je n’avais pas lu de livre de Michael Morpurgo, un de mes auteurs jeunesse chouchous.

L’histoire se passe de nos jours avec un petit garçon anglais qui vit avec ses parents et son frère Otto près de Stratford Upon Avon. Il y a toujours eu chez lui un casque en fer qui était un jouet pour Otto et qui a fait partie de la vie de famille sans qu’on en fasse grand cas.

Puis, alors qu’il a 14 ans, Michael, pacifiste convaincu, apprend que sa classe va faire un voyage en Belgique sur les champs de bataille de la 1ère guerre mondiale et que son professeur veut monter une comédie musicale sur le sujet.

Il refuse d’y participer, même si sa famille argumente en expliquant que tout le monde devrait connaître ce pan de l’histoire. Son frère trouve les mots pour le persuader en lui disant que ce n’était pas parce qu’il n’approuvait pas la guerre que c’était une bonne raison de ne pas la regarder en face, « peu importe à quel point ça [le] rend triste ou [le] met en colère. »

Pour préparer ce voyage, leur professeur leur demande de se renseigner sur leurs familles pour savoir s’ils avaient des liens avec la 1ère guerre mondiale. Dans la famille de Michael, ils trouvent le carnet et des notes du grand-père du grand-père de Michael : Jack. Ce dernier n’est jamais revenu de la guerre et était toujours surnommé « Notre Jack » dans la famille. Le casque lui appartenait ainsi qu’un vase fait d’un morceau d’obus. Dans le carnet, il y a des lettres, des poèmes, des textes de Shakespeare (car Jack était acteur à Stratford Upon Avon)

Une exposition est montée avec toutes les trouvailles des élèves et le voyage à Ypres en Belgique est émouvant pour tout le monde.

Comme souvent avec Michael Morpurgo, le passé et la guerre sont liés au présent pour apporter une leçon au travers la transmission par un ancien. Ici, c’est par le témoignage et les écrits d’un aïeul et c’est encore une fois très réussi!

Il est à noter que le livre est très joliment illustré par un artiste dont j’ai un beau livre d’aquarelles sur Londres et j’ai reconnu le trait tout de suite!

 chez Blandine

 chez Lou et Titine