Une île trop loin : Annika Thor

Steffie et Nelli sont deux petites filles juives qui ont quitté l’Autriche et le nazisme et ont été envoyées en Suède par leurs parents en attendant qu’ils puissent se retrouver pour émigrer aux Etats-Unis. Steffie, l’aînée essaie de rassurer sa soeur en lui faisant miroiter un pays merveilleux mais les deux fillettes arrivent dans une île très isolée et malheureusement, les deux fillettes ne peuvent pas être hébergées dans la même famille.

Nelli, plus jeune, loge dans une famille aimante avec des enfants de son âge et elle se met assez vite à parler le suédois mais Steffie, elle, vit chez une femme assez austère, pas très affectueuse et assez exigente. Son mari est plus gentil, mais c’est un pêcheur qui n’est pas très souvent là.

Steffi met plus de temps à s’adapter et quand elle commence l’école, elle a aussi des soucis dans ses relations avec les autres petites filles… Il n’est pas simple de se faire sa place quand on grandit loin de chez soi et de sa famille.

D’ailleurs, c’est d’autant plus difficile que la situation empire en Autriche et que les deux filles n’ont plus beaucoup de nouvelles de leurs parents.

C’est un premier tome d’une trilogie qui traite de nombreux sujets intéressants : l’exil pour des enfants, la découverte d’une nouvelle vie, d’un nouveau pays, les relations entre deux soeurs et entre des amies. C’est un roman où on voit Steffie grandir.

Je pense que je lirai la suite (peut-être en décembre prochain pour Décembre Nordique 2019 🙂

 chez Cryssilda (Suède)

Attention, les murs ont des oreilles! : Raymond Plante (Billet avec Bastien)

Julien qui se trouvait dans le restaurant de hot-dogs de sa mère surprend des bribes de conversation entre un homme louche qui lui fait penser à un gangster et une vieille dame. Il croit comprendre qu’ils préparent l’enlèvement d’un homme riche. Cette conversation va le poursuivre dans la nuit…

Il va d’autant plus y penser que son père, vendeur star en informatique doit accueillir le PDG de la compagnie « Orange » (à mettre en lien avec « Apple » 😉 pour qu’il présente un nouveau jeu vidéo à la presse. C’est le PDG lui-même qui a choisi de venir au Québec pour cette avant-première mais même s’il vient avec toute son équipe, il demande à passer du temps avec la famille de Julien. Et quand Julien revoit l’homme du restaurant traîner autour d’eux, il est persuadé que c’est leur invité qui va se faire enlever.

Avec l’aide de ses amis, il va tout faire pour le protéger… Mais il va découvrir une vérité plus touchante qu’effrayante.

A la recherche de romans jeunesse pour le Mois Québécois, je suis tombée par hasard sur ce petit roman noir à la médiathèque. Parfaitement adapté aux lecteurs de 8 à 11 ans, il raconte une aventure dans laquelle s’engouffre des gamins curieux. Il est assez réaliste par certains aspects et assez aventureux pour plaire aux jeunes lecteurs.

Voici l’avis de Bastien (9 ans) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« L’histoire parle d’un garçon qui s’appelle Julien, dont la mère est la reine des hot-dogs (ses hot-dogs sont renommés dans toute la ville) et son père est le meilleur vendeur d’ordinateurs de la marque « Orange ».

En allant au magasin de hot-dogs de sa mère, il écoute une conversation étrange car deux personnes complotent de kidnapper une autre personne qui est, comme ils disent, très riche.

Et comme par hasard, le lendemain, le PDG de la marque « Orange » (le patron du père de Julien) arrive chez eux et comme par hasard, il est très riche… Serait-ce lui que les deux complices complotaient de kidnapper? Suspense!

J’ai aimé car cela parle d’aventures et de kidnapping et il y a du suspense et la fin est très, très, très (très x 10000) surprenante! »

 autour de la littérature policière dans le cadre de   chez Karine:) et  Yueyin

Le ventre du serpent : Chrystine Brouillet (Billet avec Bastien)

Andréa-Maria et Arthur viennent à Québec pour retrouver le père de Andréa-Maria et surtout pour assister au concert de Chrystale T la chanteuse préférée de la fillette. Son père lui a aussi promis une surprise. Il commence par emmener les deux enfants chez des amis à lui car il doit aller travailler pour la journée (il est journaliste). La surprise c’est que Claude et Michèle, en plus d’être les parents d’une petite Anora, du même âge que les enfants, sont surtout intimement liés à la chanteuse Chrystale et que cette dernière va passer leur dire bonjour et ils vont pouvoir faire des photos avec elle.

Ensuite, Anora, qui est passionnée par une légende du village concernant un trésor caché, emmène ses nouveaux amis à la découverte de la rivière et des environs. Ils sont aussi intéressés  les uns que les autres par ce genre d’aventures!

Mais à leur retour, ils apprennent que Chrystale a été kidnappée et le ravisseur a laissé un texte très mystérieux… Tout le monde est inquiet mais les enfants décident de se pencher sur le texte et entre leur esprit vif et curieux et les connaissances historiques de la maman d’Anora qui est spécialiste de l’histoire indienne de la région, ils arrivent à résoudre des énigmes… se mettant par la même occasion en danger.

Petit roman d’enquête et d’aventures parfaitement adapté aux lecteurs de 8 à 11 ans. Il nous fait voyager à Québec et découvrir des légendes des premières nations. Un roman assez riche sous couvert d’aventures!

Voici l’avis de Bastien (9 ans) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« Ca parle d’une petite fille qui s’appelle Andréa-Maria et son copain Arthur qui sont fans d’une chanteuse qui s’appelle Chrystale T. Le père de Andréa-Maria va obtenir des places pour le concert de Chrystale et ensuite ils partent chez des amis qui ont une fille qui s’appelle Anora et Chrystale T est chez eux en personne!

Mais le lendemain : HORREUR! Chrystale T a été kidnappée par une personne qui signe « La Tortue » sur une demande de rançon d’un milliard de dollars.

Ce kidnapping aurait-il un rapport avec un souterrain secret doté d’un incroyable trésor que Anora essaie de découvrir? Suspense…

J’ai bien aimé ce livre parce que c’est une histoire policière mais pour les enfants, un peu style « Agatha Christie for kids »! Ca ressemble un peu aux Club des 5 grâce au fait que ce soit des enfants qui enquêtent et qu’il y a des aventures mais ça a plus d’envergure que les Club des 5 parce que là c’est un kidnapping, c’est plus sérieux. »

 autour de la littérature policière dans le cadre de   chez Karine:) et  Yueyin

Mammouth Rock : Eveline Payette et Guillaume Perrault (Billet avec Bastien)

Lors de mon passage au festival America, je me suis arrêtée au stand de la Librairie du Québec et j’en ai profité pour acheter un cadeau à Bastien (qui adore quand je lui rapporte un livre de mes virées littéraires!) J’ai choisi cet album d’une auteur et d’un dessinateur québécois car il m’a paru amusant et quand je l’ai lu avec lui le soir même, nous avons vraiment apprécié cette lecture. A l’occasion du mois québécois, j’ai proposé à Bastien de faire un billet sur cette BD et il était d’accord!

Voici ce qu’en dit l’éditeur : « Louis doit faire un exposé oral sur son animal de compagnie. À la grande surprise de tous, il choisit de présenter le mammouth. Encore plus étonnant, il parle d’une nouvelle espèce d’éléphantidé poilu, jusqu’ici inconnue : le mammouth rock. Ce fier ancêtre des musiciens chevelus des années 1970 ne serait pas vraiment disparu. En fait, il en avait assez d’être une rock star et aspirait à une vie plus calme. Il aurait alors décidé de rester caché durant les derniers millénaires. Ce secret bien gardé, Louis, grand passionné des mammouths et apprenti scientifique rigoureux, finit par le découvrir et le révéler au grand jour. »

Les dessins et l’histoire sont vraiment amusants car très décalés, tout à fait dans l’esprit des enfants de 8-10 ans.  C’est entre le journal, le cahier d’expériences et le récit -presque réaliste mais surtout totalement loufoque! Un bon moment de rigolade.

Mais je laisse la parole au principal intéressé :

Voici l’avis de Bastien (9 ans) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« Ca parle d’un petit garçon qui fait un exposé en classe sur une espèce particulière de mammouths, le mammouth rock. Il explique ensuite l’histoire d’un certain savant, Voïvoden Mamouten, la personne qui a découvert le mammouth rock. Ensuite, il mènera une petite enquête pour découvrir un mammouth rock. Mais je n’en dis pas plus pour laisser du suspense!

J’ai aimé que ce soit une BD parce que j’aime les BD mais c’est aussi un peu un album. Les dessins sont bien faits, ils sont bien pour l’histoire. La couverture est bien parce que elle ressemble à un cahier d’école. Certains dessins sont drôles.

L’histoire, c’est bien parce que ça parle des mammouths. Au début c’est réaliste sauf à la fin, c’est plutôt marrant parce qu’on ne s’y attend pas tellement. »

« Ma page préférée »

 autour de la littérature jeunesse dans le cadre de   chez Karine:) et  Yueyin

 catégorie « gros mot » de ma ligne jeunesse

 

Chicoutimi : Jean-Jacques Busino

Ce titre m’a sauté aux yeux à la médiathèque quand je cherchais un titre jeunesse pour Québec en Novembre car Chicoutimi est une ville québécoise où je suis allée quand j’ai rendu visite à Karine en 2017. Bon, je sais que Karine et Yueyin veulent que les auteurs soient québécois et j’ai réalisé que Jean-Jacques Busino était Suisse MAIS il a non seulement été au Québec pour l’écrire mais en plus, il a été écrit AVEC des enfants de Chicoutimi dans le cadre d’ateliers d’écriture. Vous pouvez en savoir plus en cliquant ici.

L’histoire a pour personnage central Jeff, un jeune garçon qui vient de Suisse avec son père. La mère de Jeff est décédée il y a peu et son père a repris une exploitation agricole au Québec. Jeff va à l’école à Chicoutimi où le directeur est un incapable qui pense plus à ses intérêts que ceux de l’établissement et des élèves et il accuse Jeff injustement d’un méfait qui entraîne son exclusion de l’école malgré les récriminations des professeurs. Les autres enfants de l’école se rebellent car l’un d’entre eux sait que ce n’est pas Jeff le coupable et ils font grève.

En parallèle, Jeff et son père profite de son « congé » forcé pour découvrir la nature québécoise si nouvelle et si grande pour lui qui vient de la « petite Suisse ». Il est passionné de photographie et fait la rencontre d’un bébé orignal qu’il va soigner c’est aussi l’occasion pour lui de se rapprocher de son père.

Il y a aussi une découverte des Premières Nations au travers du personnage de Lune Blanche, le fils de l’Amérindien qui travaille sur la ferme du père de Jeff. Il représente la nouvelle génération des Indiens qui veulent respecter des traditions tout en étant ancré dans la société moderne.

Il y a plein d’éléments intéressants mais je dois dire que j’ai trouvé que ça partait un peu dans tous les sens au lieu de se concentrer sur certains aspects. C’est un peu dommage. Mais peut-être que ça tient de l’origine de l’écriture du roman par les échanges avec des jeunes et du coup, l’auteur a peut-être voulu utiliser toutes leurs idées?

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   chez Karine:) et  Yueyin

Le garçon qui courait plus vite que ses rêves : Elizabeth Laird

Aujourd’hui que je cours encore un marathon, j’ai envie de vous parler de ce roman jeunesse dans lequel la course à pied est un élément important.

Solomon est un jeune garçon qui vit dans un village éthiopien avec sa famille et son grand père. Il va à l’école à pied et souvent en courant et courir est ce qu’il aime le plus. Un jour, son grand-père, une homme pas très loquace, lui demande de l’accompagner à Addis Abeba, la capitale, qui se trouve à quelques heures de chez eux.
Arrivés en ville, ils retrouvent un neveu et Solomon accompagne son grand-père chez un homme qui va lui faire découvrir que le vieil homme avait été une figure marquante de la course à pieds éthiopienne.
Malheureusement, le grand-père fait un malaise et Solomon est envoyé au village en urgence pour chercher son père… mais une panne du bus le pousse à courir presque toute la route qui le sépare de son village. Sa réussite sera révélatrice de ce que le grand-père voulait pour son petit fils  qui voyait en lui le futur athlète.
Ce roman jeunesse est un roman initiatique où la course à pied est le point central entre le désir secret de Solomon, le passé glorieux mais caché du grand-père, le passage dans Addis Abeba des médaillés olympiques éthiopiens qui font leur retour au pays juste au moment où Solomon est là.
C’est une belle histoire de famille qui parle des rêves mais qui présente aussi un mode de vie très différents pour les petits lecteurs occidentaux qui vont découvrir la vie d’un jeune éthiopien mais c’est aussi l’occasion d’évoquer aussi l’histoire du pays.
« Dans mes rêves, je cours, encore et toujours. Parfois mes pieds se détachent du sol et je suis sûr que si je pouvais aller un peu plus vite, je décollerais et m’envolerais comme un aigle.« 

Ce n’est pas non plus un hasard si je parle de ce roman aujourd’hui car au-delà de la course, le marathon que je cours aujourd’hui, le marathon vert de Rennes a pour objectif de planter des arbres, notamment en Ethiopie : chaque kilomètre parcouru = un arbre!

L’affaire Caïus : Henry Winterfeld (lu par Nicolas Lumbreras) (Billet avec Bastien)

J’ai lu ce roman quand j’étais enfant et j’en gardais un très bon souvenir alors quand j’ai vu qu’Audiolib le proposait en version audio dans leur collection jeunesse je me suis dit que ce serait sympa de le faire découvrir à Bastien et d’en profiter pour le relire par la même occasion.

Je suis contente de l’avoir fait même si je dois dire que le roman est très enfantin et que je finissais par écouter d’une oreille.

Cela dit, cela correspondait bien à mes souvenirs : la Rome Antique, des enfants qui mènent une enquête et des aventures et de la mythologie.

Ce que j’ai vraiment aimé c’est de le découvrir avec Bastien en audio car il faisait plein d’hypothèses à voix haute : « Je parie que c’est lui! » « Je suis sûr que … parce que… » Tout ce qui lui passe sans doute par la tête quand il lit, mais comme là, il ne lisait pas avec les yeux, il laissait libre court à ses idées 😉

Je lui laisse la parole pour vous donner son avis d’enfant :

Voici l’avis de Bastien (presque 9 ans) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« Ca parle d’un petit garçon, fils d’un grand sénateur, qui se fait insulter en classe de « Caïus est un âne » écrit par Rufus sur une tablette.

Ce petit geste aura des conséquences dans une affaire criminelle car le lendemain, on trouve les mêmes mots peints sur un temple sacré.

Qui a profané le temple?

Les amis de Rufus vont faire une enquête pour l’innocenter à leurs risques et périls!

J’ai bien aimé cet audiolivre car c’est une enquête policière mais à une autre époque : à l’antiquité. Il y a des aventures et c’est un mélange de sérieux et drôle.

C’était bien lu. J’aimerai bien « re-audiolire »! (On ne lit pas, on écoute!) »

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Avant cela, ma nièce en avait déjà parlé sur le blog en guest star (en 2009)

 Chez Sylire

 avec Angeselfie

Merci à 

Les enfants de la résistance (tomes 1 à 4) : Benoît Ers et Vincent Dugomier (Billet avec Bastien)

Je ne vais pas rentrer trop dans les détails de cette série pour ne pas gâcher la découverte de chaque tome.

Tome 1 : Premières actions
Tome 2 : Premières répressions
Tome 3 : Les Deux géants
Tome 4 : L’escalade

Dans les Ardennes, François et Eusèbe, deux jeunes adolescents, ne supportent pas de voir les Allemands s’installer chez eux après la signature de l’armistice de juin 1940. Lisa, une jeune Belge, s’installe dans le village. Fils de l’instituteur et fils d’un agriculteur, les deux garçons et la jeune fille commencent à envoyer des messages anonymes aux villageois pour tenter d’impliquer les adultes dans leur désir de révolte contre l’occupation de leur pays.

Au cours de leurs aventures, ils vont monter un réseau de résistance presque malgré eux. Sans se dévoiler ils vont réussir à mettre en place des liens entre les adultes qui veulent faire bouger les choses, faire évader des soldats français, aider des Juifs en fuite, faire passer des messages à d’autres résistants, participer à des sabotages plus ou moins grands…

Mais ils vont aussi être confrontés au drame de la mort de ceux qui luttent contre les Allemands et surtout d’êtres aimés, ils vont voir le visage noir des dénonciations de la part de collabos et connaître la crainte de voir leur rôle dans ces actions commencer à leur échapper et le danger grandir.

Cette série de 4 pour l’instant est très touchante et très bien documentées sur cette période de la 2ème guerre mondiale. Elle est très adaptée aux jeunes lecteurs et aux plus grands. Elle ne cache pas les aspects durs et dramatiques.

Voici l’avis de Bastien (presque 9 ans) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« C’est deux enfants qui vivent la 2ème guerre mondiale et qui refusent l’occupation de la France. Ils vont rencontrer une petite fille qui s’appelle Lisa Baum. Elle dit être Belge mais ce n’est pas sa vraie nation.

Pour refuser l’occupation, ils commencent en distribuant des tracts mais personne ne sait que c’est eux car ils ne signent pas (ils se sont donnés un nom de code : « Lynx ».) Ils font ça pour réveiller les adultes et qu’ils deviennent des résistants et qu’eux aussi soient contre l’occupation.

Petit à petit, ils se donneront des missions de plus en plus importantes et même dangereuses.

On a lu 4 tomes. J’ai bien aimé cette série parce qu’on sent un esprit d’équipe entre les trois compagnons et je trouve qu’ils sont très courageux de faire tout ceci contre les Allemands! »

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Dans le même esprit, nous avons aimé tous les deux, la série « La guerre des Lulus« .

  chez Stephie

George : Alex Gino

J’ai emprunté ce roman absolument par hasard quand je cherchais un roman ado d’un auteur américain pour le mois américain à la médiathèque. Le résumé m’a intrigué et quand The Autist Reading a vu sur Facebook que j’étais en train de le lire et m’a dit qu’il avait beaucoup aimé, je me suis empressée d’aller lire son billet qui a confirmé que le hasard fait souvent bien les choses!

George est un petit garçon qui est en primaire aux Etats-Unis, il vit avec sa mère et son frère. Sa meilleure amie est Kelly et il adore l’histoire l’araignée Charlotte qui le fait toujours pleurer à la fin… Enfin, « il »… non plutôt « elle »… Car George sait au fond qu’il est en réalité une fille. C’est un certitude et il aimerait tant pouvoir vivre ouvertement dans la peau d’une fille.

Ce roman est donc l’histoire d’un enfant qui sait qu’il est transgenre, qui sent qu’il n’est pas dans le bon corps, pas dans la bonne vie. Il va passer par le théâtre à l’école pour faire passer le message à sa mère, car il /elle est persuadé/e qu’en voyant George jouer le rôle de Charlotte, sa mère ne pourra que comprendre.

Ce roman est loin d’être parfait, j’ai lu des critiques sur le fait que George, en tant que fille, embrasse tous les stéréotypes des filles « girly » (maquillages, attrait pour les vêtements, sensibilité exacerbée…) mais je ne suis pas d’accord avec ces critiques… Il suffit de voir une cour de récréation pour voir que malgré eux, les enfants reproduisent ces stéréotypes et ce roman n’était pas un pamphlet contre le sexisme mais une évocation d’un enfant qui ne se sent pas à sa place dans son corps de garçon et qui rêve de se conformer à ce qu’il connait des petites filles qui l’entourent.

Moi, mon bémol serait plutôt sur l’âge ressenti des personnages. Ils sont censés avoir 9 ans je crois et j’avais parfois l’impression qu’ils en avait 6 et parfois qu’ils en avaient 12 et dans ces tranches d’âges, ça change tout! C’était assez difficile pour moi de vraiment visualiser ces enfants que ce soit George que ses camarades (et pourtant mon fils est pile dans sa tranche d’âge supposée).

Par contre, j’ai trouvé très intéressant le choix de parler de George avec le pronom personnel sujet féminin tout en l’appelant par son prénom masculin. C’était un peu déstabilisant au début mais j’ai trouvé que cela montrait bien la complexité de ce qu’il ressentait. J’ai aussi aimé que son amie Kelly accepte immédiatement la confession de son ami en s’en fait une amie. cela montre aussi que pour beaucoup d’enfants c’est la personne qui compte. Et également, les doutes que la mère peut avoir et la manière dont elle gère les choses. c’est un vrai message pour les parents autant que pour les enfants.

Ce qui est important à savoir c’est que l’auteur est lui/elle-même transgenre et cela lui donne quand même une vraie légitimité à mon avis : il/elle (« ils », Alex Gino ne se définit ni comme homme ni comme femme et utilise le pronom personnel « ils » pour parler de sa personne… ce qui est un peu curieux pour moi) a sans doute été cet enfant qui se découvre et donc, je pense qu’ils sait (savent?) de quoi ils parle(nt).

En tout cas, c’est un sujet méconnu, surtout en jeunesse et il me parait important qu’il soit lu, d’une part pour faire découvrir ce que c’est d’être transgenre et d’autre part pour prôner l’acceptation de toutes les différences.

 chez Titine

Hate list : Jennifer Brown

Un Bookface avec L’Homme en guest star!

Résumé de l’éditeur : « « C’est moi qui ai eu idée de la liste. Je n’ai jamais voulu que quelqu’un meure. Est-ce qu’un jour, on me pardonnera ? »
C’est ce que pense Valérie, effondrée après un drame inexplicable survenu au lycée. Son petit ami Nick a ouvert le feu dans la cafétéria, visant un à un tous les élèves de la liste.
Cette fameuse liste qu’ils avaient écrite pour s’amuser et où figurent ceux qui étaient odieux, lâches, méprisants. Maintenant, ils sont blessés ou morts.
Et Nick s’est suicidé.
Mais Valérie, elle, est toujours là, enfermée, dans une bulle de questions sans réponses.
Jusqu’au matin où elle se lève, et quitte sa chambre pour retourner au lycée. »

Si j’écris le résumé du roman, c’est que j’ai beaucoup beaucoup de mal à faire mon propre résumé de cette histoire et que j’ai plus envie de vous parler de mon ressenti.

Ce roman parle des suites d’un drame collectif mais aussi un drame personnel. Une tuerie a eu lieu en mai dans un lycée américain. Nick, un garçon un peu en marge a tiré sur des élèves de son lycée et sa petite amie Valérie est celle qui a arrêté ce massacre et Nick s’est suicidé…

L’histoire commence vraiment à la rentrée suivante au moment où Valérie va retourner au lycée après avoir été blessée. Elle est suivie par un psy et subit plus que la douleur physique : elle est en déprime car elle ne supporte pas de vivre sans Nick qui malgré ses actes terribles reste le garçon qu’elle aimait et qu’elle connaissait autrement que celui qu’il est devenu en mai.

Elle vit aussi dans la culpabilité car les victimes sont pour la plupart des gens qui étaient sur une liste que Valérie de Nick avait écrite ensemble. En effet, le couple subissait de nombreuses brimades et ils ne se sentaient pas très intégrés et si Valérie prenait  cette liste de gens dont elle aimerait se « débarrasser » comme un exutoire, elle ne se doutait pas que Nick allait la prendre au pied de la lettre…

Elle a du mal aussi à trouver sa place dans sa famille, le couple de ses parents n’étant pas stable avant le massacre, elle sent aussi qu’ils ne lui font pas confiance. D’ailleurs, même si la police l’a disculpée et que le lycée la reprend en admettant même qu’elle sauvé des gens, il n’est pas simple pour elle comme pour les victimes de se retrouver sur le lieu du drame…

Les sentiments sont vraiment riches et contradictoires, les victimes ont d’abord été des bourreaux, des amis deviennent hostiles, un amour s’est transformé en tueur, des enemies cherchent à devenir des amis, les gens changent ou pas, tout change… C’est un roman fort sur des bouleversements qui font faire réfléchir tous les protagonistes sur leurs vies.

C’est assez bouleversant.

 chez Titine