Dad (T 4- Star à domicile) : Nob

C’est la première BD de cette série que je lisais parce que j’avais repéré chez Jérôme que ça avait l’air sympa!

Dad, c’est un père de famille qui vit seul avec ses 4 filles de 4 mères différentes : l’aînée, une ado un peu réservée et intello qui passe sa vie plongée dans un livre, la deuxième, une jeune ado un peu girly et sûre d’elle, puis une petite fille un peu garçon manqué et au caractère bien trempé et enfin un bébé. Il est père au foyer, comédien au chômage.

Cet album, le 4ème de la série, raconte des scènes de la vie quotidienne de cette famille, avec Dad qui passe plus de temps à s’occuper de sa maison et de ses filles que de sa carrière d’acteur. A part une publicité pour de la nourriture pour chat, il a peu de perspectives et se lance même dans une chaîne humoristique sur internet quand il voit le succès de jeunes humoristes (au plus grand désespoir de ses filles!)

J’ai trouvé certaines de ces histoires vraiment drôles. Les relations entre ce père et ses filles de tous les âges et les relations entre les filles aux personnalités si différentes permettent de créer des situations comiques du quotidien dans lesquelles on peut facilement se reconnaître ou reconnaître des gens de son entourage!

Bastien (8 ans et demi) a lui aussi trouvé ça drôle et L’Homme aussi : c’est donc une BD que je recommande de lire en famille (et si vous avez 3 enfants ou plus, je pense qu’elle vous parlera encore plus 😉

13 Reasons Why : Jay Asher (lu par Florine Orphelin et Gauthier Battoue)

Ce roman est à l’origine d’une série Netflix à succès (je n’ai pas Netflix mais j’avais entendu parler de la série !) et j’étais donc curieuse de découvrir cette histoire qui s’adresse à des jeunes adultes.

Clay Jensen, un jeune lycéen, vient de recevoir des cassettes audio « à l’ancienne » numérotées de 1 à 13… Il a pour consigne de les écouter en sachant qu’il sera mentionné dans l’une de ces cassettes et quand il les aura toutes écoutées, il devra les envoyer à la personne citées après lui.

La personne qui parle sur ces cassettes est Hannah Baker, une jeune fille du lycée qui vient de se suicider et qui avant de se donner la mort, s’est enregistrée pour donner 13 raisons qui l’ont poussées à passer l’acte. Sur chaque face de cassette, elle raconte ce qu’une personne en particulier a fait pour lui rendre la vie difficile, voir de la lui gâcher réellement et expliquer en quoi cela a créé une chaîne qui l’a poussée à bout.

Clay écoute avec crainte ces cassettes, attendant d’être cité sans comprendre quel rôle il a pu jouer dans la mort d’Hannah car lui avait beaucoup d’affection pour elle.  Il écoute aussi avec un certain malaise et une certaine fascination ce que d’autres que lui ont fait pour « mériter » d’être sur ces cassettes.

Le récit alterne la voix d’Hannah qui raconte des anecdotes sur son passé et les réflexions de Clay qui s’interroge sur le déroulement de cette expérience et sur ce qu’a vécu Hannah. Au début, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que le suicide était un peu extrême par rapport aux brimades ressenties par Hannah et puis, le récit monte en tension et le malaise grandit.

Au niveau de la version audio, les lecteurs sont les jeunes acteurs qui ont doublé la série. J’ai trouvé qu’il y a avait un peu trop de légèreté, presque du sourire dans la voix d’Hannah ce que j’ai trouvé incompatible avec une personne qui est censée les avoir enregistrées juste avant de se suicider. Par contre, j’ai trouvé Gauthier Battoue excellent! Il sait transmettre les émotions de ce jeune homme désarçonné par ce qu’il entend, sans pathos, sans exagération. Au niveau lecteur audio, il m’a fait penser un peu à un jeune Pierre-François Garel!

Je suis contente d’avoir découvert cette histoire qui met cependant quand même mal à l’aise car on ne peut pas s’empêcher de se demander si nous n’avons pas été un maillon d’une chaîne dramatique malgré nous.

En regardant la bande annonce de la série, je constate que le roman laisse beaucoup plus de place à l’imagination, ne faisant qu’effleurer les problèmes rencontrer par Hannah et laissant Clay seul face à ces 13 révélations. Ce qui rend l’histoire vraiment concise et forte. Il faudrait sans doute que je regarde la série pour comparer.

Merci à 

Le jardin de minuit : Edith

Cette BD est « librement adapté(e) du roman de Philippa Pearce », c’est à dire une adaptation du roman jeunesse anglais « Tom et le jardin de minuit » de Philippa Pearce publié en 1958 qui est devenu un classique adapté sous diverses formes mais que je ne connaissais pas du tout!

En Angleterre, Tom est obligé de passer ses vacances chez son oncle et sa tante, à contre coeur, car son frère a la rougeole et il ne peut pas rester avec lui. Ils habitent un rez de chaussée dans un immeuble en ville et comme Tom est en quarantaine à cause de la rougeole de son frère Peter, n’a pas le droit de sortir et il s’ennuie… Son oncle et sa tante sont gentils mais ce sont les années 50 et il n’y  a pas grand chose à faire dans cette maison.

La seule chose qui sort de l’ordinaire (et qui agace beaucoup son oncle), c’est l’horloge de la vieille dame du premier étage, la propriétaire, qui sonne une 13ème heure après minuit…

Une nuit, justement, Tom n’arrivait pas à dormir et en voulant prendre l’air dans la cour de l’immeuble, il découvre un immense jardin, verdoyant et ensoleillé… Il le visite et pourtant le lendemain, il se rend compte que sa tante et son oncle n’ont aucune idée de l’existence de ce jardin…

Chaque soir, Tom va dans ce jardin. Il y croise des gens qui ne le voient pas, il est devenu invisible et presque immatériel. Tom n’est pas invisible pour tout le monde. Une petite fille, Hatty, qui semble vivre à l’époque victorienne, elle, le voit. Ils s’entendent bien et pourtant, à chaque fois que Tom va dans le jardin, Hatty semble ne pas suivre le même déroulement du temps que lui…

Cette BD est vraiment charmante pour une histoire mystérieuse qui m’a un peu fait penser à « Le temps n’est rien » de Audrey Niffenegger et aussi « Ces jours qui disparaissent » de Timothé Le Boucher car il y est question de mondes parallèles avec un temps qui s’écoule différemment selon les personnes et les lieux. Une belle histoire d’amitié entre rêve et réalité. C’est aussi un portait de l’Angleterre des années 50 et l’Angleterre du 19ème siècle.

J’ai aimé les dessins qui donnent vraiment vie aux émotions ressenties par les personnages. Une très bonne découverte.

 chez Lou et Cryssilda

Basil & Victoria (Tome 1 : Sâti – Tome 2 : Jack) : Yann et Édith

Résumé de l’éditeur (qui concerne la série plus qu’un tome en particulier) :

« Dans un Londres à la Dickens, deux orphelins dépenaillés maraudent à la recherche du bon coup qui va leur permettre de survivre un jour de plus. Il y a tout d’abord Basil, qui chasse le rat en compagnie de son fidèle Cromwell. Rêveur patenté, c’est un grand amateur de pintes de bigorneaux. Et puis il y a Victoria, grande raconteuse d’histoires qui jure qu’enfant, elle fut volée à la cour par un odieux gitan. Si Basil et Victoria ont de multiples sujets de dispute, à commencer par les autres filles qui tournent dans le secteur, leur amitié les conduira surtout à vivre des aventures qui les mèneront jusqu’au bout du monde. La série a été récompensée à Angoulême, avec l’Alph-Art du meilleur album décerné à  » Jack » en 1993. »

Tome 1 : Sâti

Dans ce tome, on découvre Basil et Victoria (et Cromwell, le chien de Victoria). Ceux sont deux enfants des rues de Londres de la fin du 19ème siècle. Livrés à eux-mêmes, ils dorment dehors, ils vivent de la chasse aux rats (une activité que évoquée également dans « Le jardin des secrets » de Kate Morton quand elle situe certains passages de son roman en 1900), ils fréquentent des malfrats et toute une faune plus ou moins liée à la pègre locale… Ils font partie des bas-fonds de Londres et c’est très bien dépeint, sans concessions, avec prostituées, voleurs, receleurs, et même Sherlock Holmes (ou plutôt Docteur Watson car Sherlock Holmes est occupé à une autre affaire) …

Les enfants entendent parler de la disparition d’une petite indienne de bonne famille dans les rues de Londres et quand ils la découvrent par hasard, ils s’en occupent mais plus par intérêt pour l’argent qu’elle pourrait leur rapporter que par bonté d’âme.

Basil serait prêt à tomber sous le charme de la petite fille mais Victoria qui est très jalouse et pas vraiment gentille (et loin d’être politiquement correcte), elle, s’imagine même tuer la petite indienne!

Tome 2 : Jack

J’ai beaucoup moins aimé ce deuxième tome et je n’ai pas voulu le lire jusqu’au bout avec Bastien car j’ai trouvé qu’il y avait trop de thématiques lourdes sous entendues : la pédophilie, la prostitution et l’histoire de Jack L’éventreur qui était au coeur de cette histoire… C’est certain que ce sont des sujets qui appartiennent totalement à cette époque mais qui à mon avis nécessitent d’être un peu plus informé pour les comprendre juste en lisant des choses qui sont dans le sous-entendu. Et à 8 ans et demi, j’ai trouvé ça trop rude d’avoir à lui parler de certains sujets autour d’une bande dessinée censée être un moment de détente basée sur des aventures. Je le déconseille personnellement aux jeunes lecteurs. Peut-être que ça plairait plus aux ados (et aux adultes sans problèmes).

Voici deux passages qui m’ont gênés vis à vis d’un jeune public :

Je me suis aussi lassée du langage retranscrivant le cockney de Londres du 19ème qui rend la lecture plus compliquée. J’ai abandonné ce deuxième tome d’ailleurs.

Petit clin d’oeil amusant : on croise Charles Dickens qui vient faire des repérages dans les bas fonds de Londres!

Je vous recommande donc le premier pour l’ambiance et le portrait de Londres de cette époque mais personnellement je n’ai pas eu envie de poursuivre.

Les dessins sont agréables et représentent bien le propos.

    chez Lou et Cryssilda

 autour de la littérature jeunesse pour le Mois Anglais

Les filles au chocolat Tome 1 Coeur Cerise (BD d’après le roman de Cathy Cassidy) : Raymond Sébastien et Anna Merli

Résumé de l’éditeur : « Cherry et son père Paddy s’installent en Angleterre chez Charlotte, sa nouvelle compagne qui a quatre enfants. Cherry est ravie de faire partie d’une famille nombreuse. Mais à peine arrivée, elle va craquer bien malgré elle pour Shay, le petit copain de Honey. Voilà qui ne va pas arranger la cohabitation déjà difficile avec Honey, la seule à ne pas accepter son nouveau beau-père ! Alors que tous participent à la création d’une fabrique artisanale de chocolats, Cherry se retrouve partagée entre l’affection pour ses nouvelles soeurs et le charme irrésistible de Shay. »

Cette BD est l’adaptation du roman jeunesse très apprécié par les lectrices ados (au collège, la série a un succès fou!) et j’avais envie de la découvrir alors quand je l’ai croisée à la médiathèque, je me suis laissée tenter.

Bon, je vais être franche et rapide, je ne suis pas du tout emballée… Je n’ai pas aimé les dessins que j’ai trouvé lisses et caricaturaux.

Et puis l’histoire va très vite, trop vite. Je pense que le roman était plus approfondi au niveau des relations entre ados et dans une famille recomposée.

Je ne continuerai pas la série en BD mais pourquoi pas un jour lire un roman si l’occasion se présente. Je pense par contre que cela pourrait plaire aux fans de la série car l’univers est assez girly mais elles pourraient être déçues en ayant imaginé d’autres personnages…

    chez Lou et Cryssilda

 autour de la littérature jeunesse pour le Mois Anglais

La guerre des Lulus (Tomes 1-5 : 1914-1918) : Régis Hautière et Hardoc (Billet avec Bastien)

Je ne vais pas rentrer trop dans les détails de cette série pour ne pas gâcher la découverte de chaque tome.

Tome 1 : 1914 « La maison des enfants trouvés »

La première guerre mondiale vient de commencer et à l’orphelinat, les « Lulus » sont quatre copains qui font les 400 coups : Lucien, Luigi, Ludwig et Lucas. Le jour où tous les garçons de l’orphelinat sont évacués avec les deux curés ainsi que tout le village, les garçons étaient partis jouer dans la forêt dans leur cabane. A partir de là, ils se retrouvent seuls au monde et vont devoir apprendre à se débrouiller pour survivre malgré le manque de nourriture et les soldats allemands.

Dans ce premier tome, ils font la connaissance de Luce, une jeune Belge qui a perdu ses parents sur la route de la fuite de la guerre. Une « Lulu » de plus pour vivre des aventures.

Tome 2 : 1915 « Hans »

Dans ce tome, les Lulus font la rencontre de Hans, un soldat allemand qui a déserté et qui va s’occuper d’eux pour les aider à traverser l’hiver. Les enfants réalisent que la nationalité ne fait pas tout et que derrière un soldat peut se cacher une personne réellement bonne. Grâce à Hans ils apprennent beaucoup.

 avec Blandine : allons voir son avis

Tome 3 : 1916 « Le tas de briques »

Les Lulus prennent la route pour s’éloigner de leur forêt et ils rencontrent un vieil homme qui leur conseille de rejoindre la ville pour passer inaperçus. Là, ils vont passer du temps dans le « familistère » ou « tas de brique », un grand bâtiment communautaire où ils sont protégés pendant un moment par les habitants malgré la présence des allemands.

Mais ils doivent à nouveau partir pour ne pas se mettre en danger ou mettre en danger les personnes qui les ont aidé.

Tome 4 : 1917 « La déchirure »

Après une aventure malheureuse à cause d’une erreur de train (aventure qui sera racontée dans une autre série d’après ce que j’ai compris), les Lulus se retrouvent en Belgique. Les jeunes font la connaissance d’un photographe ambulant qui va les prendre sous son aile pour les aider à rejoindre le village de Luce.

Une fois que la jeune fille a retrouvé sa grand-mère, la route des Lulus va se séparer -à contre coeur- car les garçons estiment qu’ils doivent éviter de mettre Luce et sa grand-mère en danger par leur présence.

Mais les aventures sont loin d’être finies et semblent même prendre une tournure bien noire.

Tome 5 : 1918 « La Der des  ders »

Dans ce tome, les Lulus se retrouvent dans un groupe de résistants et doivent faire certains sacrifices pour tenter d’infiltrer les troupes allemandes et donner des informations à leurs protecteurs. Ils découvrent de plus près les horreurs du front.

L’album se termine sur un des Lulus adulte et évidemment, on a envie d’en savoir plus…

Pour conclure :

Cette série est vraiment réussie. Cette bande de jeunes d’âges différents et de caractères différents qui se disputent souvent mais qui savent aussi  se serrer les coudes dans les moments dramatiques est assez réaliste. On les voit évoluer, grandir (Luce a ses premières règles sans savoir ce qui lui arrive dans le deuxième tome… ce que j’ai dû aussi expliquer à Bastien 😉 ), les garçons tombent tous plus ou moins amoureux de la jeune fille, les aînés font les coqs pour savoir qui est le chef…

Ils traversent la guerre sans trop savoir ce qui se passe mais découvrent très vite qu’il faut savoir se cacher, chercher à manger et faire confiance -ou pas- aux gens qu’ils rencontrent…

C’est une histoire de la première guerre mondiale mais aussi une histoire d’amitié très forte.

A découvrir en famille! Bastien a dévoré les 5 tomes!

Et la bonne nouvelle c’est qu’il y a une suite (ou une plutôt un complément) puisque à la fin du dernier tome, les auteurs annoncent « La guerre des Lulus : La perspective Luigi »! (qui sort début juin!)

Voici l’avis de Bastien (8 ans et demi-CE2) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« C’est quatre enfants qui vivent la guerre et s’appellent les Lulus. Un jour, ils vont rencontrer un cinquième enfant et vont devoir se débrouiller seuls en pleine guerre. Ils vivent des aventures mais dans le dernier tome, ils devront se séparer.

J’ai bien aimé la série! Parce que ça raconte la guerre et on se rend compte que c’était compliqué de vivre en pleine guerre. C’était amusant parce qu’ils vivent des aventures, mais il y a des passages qui sont tristes et les personnages ont peur durant la traversée de la guerre.

Les illustrations du livre sont bien faites. Et à la fin de chaque tome, il y a des petites illustrations dessinées bizarrement (note de la maman : ce sont des croquis).

La suite a l’air bien!

Je le conseille à ceux qui aime lire! »

  chez Noukette

 3ème ligne « prénom »

Le bureau des poids et des mesures : Anne-Gaëlle Balpe et Vincent Mahé (Billet avec Bastien)

Voici l’avis de Bastien (8 ans et demi-CE2) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

Ça parle d’un inventeur qui doit vérifier à chaque fois les mesures de poids, de litres et de longueurs.

Un jour son fils revient triste, ce qui lui donne l’idée de créer de nouveaux instruments qui pourraient révolutionner la vie des gens, aussi bien que mal.  Mais je n’en dis pas plus pour garder le suspense.

C’est marrant car sur les images, les poids, les mesures, les litres sont reliés par une flèches sur les détails.

Les couleurs et les dessins sont bien faits.

J’ai bien aimé ce livre car l’auteur a mis beaucoup de son imagination. Ça parle de plein d’émotions.

Et mon avis de maman :

Quand son fils revient de l’école un peu chagriné, Marcel Gramme, « ingénieur du Bureau des poids et mesures » décide d’essayer de trouver un moyen de mesurer les sentiments.

Père et fils inventent des nouvelles mesures et trouvent des moyens de mesurer ou peser la colère, le bonheur, la tristesse et l’amour… Mais est-ce si simple de tout mesurer? Et est-ce que cela rend les gens plus heureux?

Dans un graphisme rétro aux couleurs acidulées qui m’ont fait penser aux manuels scolaires des années 50-60, cet album pose la question de savoir si tout est quantifiable. Il est aussi charmant par les jeux de langue sur les mesures et sur la complicité père-fils.

Cependant, je ne peux pas dire que j’ai vraiment adoré. Je l’ai trouvé mignon mais ce n’est pas mon préféré de la sélection des Incos.

 

par la maîtresse de Bastien car la médiathèque n’a pas pu avoir ce livre

 sélection CE2-CM1

Lettres de 0 à 10 : Susie Morgenstern

Ernest est un petit garçon de dix ans qui vit une vie bien austère avec sa grand-mère et son aide ménagère tout aussi âgée qu’elle. Il vit seul avec elle car sa mère est morte à sa naissance et son père est parti après son enterrement sans plus jamais donner de signe de vie. La vie chez Ernest est réglée comme du papier à musique et bien triste : il n’y a ni télé, ni téléphone. Sa grand-mère fait très attention à son alimentation : il ne faut pas manger sucré ou gras et la soupe est au menu de chaque dîner. Les seules distractions sont les devoirs, la lecture et une lettre que son grand-père a envoyée pendant la guerre est qui incompréhensible et qu’Ernest et sa grand-mère essaient tous les jours de déchiffrer. Dans cet appartement, on ne parle pas ou peu.

Ernest n’a jamais connu autre chose et à l’école, il est un élève sérieux et discret. Il ne se rend pas compte que toutes les filles le trouvent beau… Il traverse la vie sans vraiment la vivre…

Jusqu’à ce qu’une nouvelle élève arrive à l’école, s’assoit à côté de lui en classe et fait voler un vent de nouveauté dans la vie d’Ernest sans même se rendre compte qu’elle bouleverse son quotidien en étant tout simplement elle-même. Victoire de Montardent avec sa famille très nombreuse et survoltée et son franc parlé et sa bonne humeur (et n’ayons pas peur des mots, son sans gêne) elle bouscule la vie d’Ernest mais aussi de sa grand-mère…

Ernest qui a goûté un autre style de vie commence à s’interroger sur son passé, sur son père et finit aussi par parler à sa grand-mère.

J’ai bien aimé certains aspects de ce roman, comme le personnage de Victoire qui permet de balayer la triste de vie d’Ernest et de sa grand-mère en lui apportant tout simplement de la vie et j’ai aimé les sentiments et questionnements du petit garçon face à sa solitude et l’absence de parents. J’ai aussi été touchée par cette grand-mère qui semble s’être privée de sentiments pour se protéger de trop de souffrances. Mais j’ai trouvé que tout allait trop vite et surtout tout ce qui concernait le père de Ernest que j’aurais aimé voir plus développé (ou alors pas du tout).

C’est une histoire à la fois touchante et amusante mais qui manquait d’un petit quelque chose pour moi.

pour la catégorie « objet » de ma ligne jeunesse

Séquoia : Régine Joséphine et Julie Grugeaux (Billet avec Bastien)

Voici l’avis de Bastien (8 ans et demi-CE2) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« Ça parle d’arbres qui marchent et sont guidés par un ancien. Un jour, ils croisent la route des hommes et les arbres sont pris d’admiration pour eux car ils parlent.

Le chef de la tribu des hommes que les arbres ont rencontrés s’appelle Sylv et il comprend que les arbres peuvent leur donner la force de se réchauffer avec le feu.

Et je ne dis pas plus de choses pour garder le suspense.

Les dessins sont très beaux.

Ça prouve que les arbres sont importants pour les hommes et qu’il faut essayer  de les protéger.

Et mon avis de maman :

Ma première réaction a été de me dire que c’était un très bel album! Les illustrations sont vraiment superbes, colorées, avec des effets de matières, de surimpression, chaleureuses. C’est un régal à feuilleter.

Mais au-delà du côté esthétique, c’est aussi un bel album par son contenu. Une fable sur les liens entre les arbres et les hommes, sur les relations d’entraide qui peuvent être mises en péril par l’égoïsme. Cela permet aussi de parler d’écologie mais aussi du respect des traditions et des anciens.

C’est touchant et presque philosophique. Un livre à lire que l’on soit adulte ou enfant!

 sélection CE2-CM1

catégorie « mot unique » pour ma 3ème ligne

Mots rumeurs, mots cutter : Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

J’ai souvent vu ce titre passer sur les blogs et quand je suis allée à Rennes au festival Rue des Livres et j’ai eu la chance de croiser Charlotte Bousquet sur un stand et j’ai craqué!

Cette BD commence comme une tranche de vie de collège avec et son côté très réaliste de relations entre les copines, les copains, les cours, la futilité de ces petits moments. Et pourtant, au-delà des histoires de drague, de rivalité entre copines et de fêtes, on bascule un jour dans le harcèlement.

Léa rencontre Mattéo en cours, il est redoublant et ses copines craquent sur lui et quand il commence à l’intéresser à Léa, cela ne plait pas du tout aux autres filles de la classe. Un soir lors d’une fête, alors que la bande de copines a trop bu et a joué à « action ou vérité », une photo compromettante de Léa a été prise et diffusée à tout le collège sans qu’elle soit au courant…

Son copain la quitte, et la vie devient un cauchemar pour la jeune fille car non seulement tout le monde la traite comme une pestiférée mais en plus elle subit des violence verbales, physiques et des brimades anonymes… C’est un enfer pour Léa qui ne sait pas vers qui se tourner…

Ce sujet du harcèlement est toujours très important à évoquer avec et pour les jeunes et le format BD me parait vraiment une bonne idée car c’est très abordable.

J’ai aussi aimé le fait que Léa soit une ado « cool » avec des copines et des amours, pas forcément la caricature de la fille effacée qui se fait harceler. Elle se montre même parfois pas toujours super sympa avec les autres, elle se permet quelques jugements hâtifs mais pourtant, son monde apparemment facile et normal va s’écrouler par cette violence. Et cela montre bien aux jeunes lecteurs que tout le monde peut être concerné. Et enfin, j’ai apprécié que la résolution de cette affaire passe par l’intervention d’une autre élève qui en tenant tête aux harceleurs permet à Léa de comprendre que ce qu’elle subit est inacceptable et elle arrive enfin à en parler à des adultes. Et cela aussi c’est important car c’est un message que j’essaie de faire passer à mes élèves : « Si vous voyez quelqu’un qui est malheureux à cause d’autres personnes, il faut d’abord dire à ces personnes d’arrêter et si ça ne marche pas, il faut encourager la victime à parler à quelqu’un. »

C’est une BD qui devrait être dans tous les CDI et j’ai conseillé à ma documentaliste de l’acheter!