Les Passeurs de livres de Daraya -Une bibliothèque secrète en Syrie : Delphine Minoui

Je ne suis pas une grande fan de documentaires et témoignages alors si j’ai un coup de coeur pour ce genre de livre c’est que vraiment j’ai été très touchée!

Pour ne pas dénaturer le fond de ce livre je vous recopie le résumé de l’éditeur :

« De 2012 à 2016, la banlieue rebelle de Daraya a subi un siège implacable imposé par Damas. Quatre années de descente aux enfers, rythmées par les bombardements au baril d’explosifs, les attaques au gaz chimique, la soumission par la faim. Face à la violence du régime de Bachar al-Assad, une quarantaine de jeunes révolutionnaires syriens a fait le pari insolite d’exhumer des milliers d’ouvrages ensevelis sous les ruines pour les rassembler dans une bibliothèque clandestine, calfeutrée dans un sous-sol de la ville.

Leur résistance par les livres est une allégorie : celle du refus absolu de toute forme de domination politique ou religieuse. Elle incarne cette troisième voix, entre Damas et Daech, née des manifestations pacifiques du début du soulèvement anti-Assad de 2011, que la guerre menace aujourd’hui d’étouffer. Ce récit, fruit d’une correspondance menée par Skype entre une journaliste française et ces activistes insoumis, est un hymne à la liberté individuelle, à la tolérance et au pouvoir de la littérature.

Delphine Minoui est grande reporter au Figaro, spécialiste du Moyen-Orient. Prix Albert Londres 2006 pour ses reportages en Iran et en Irak, elle sillonne le monde arabo-musulman depuis 20 ans. Après Téhéran, Beyrouth et Le Caire, elle vit aujourd’hui à Istanbul, où elle continue à suivre de près l’actualité syrienne. »

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Ce texte est vraiment passionnant, bouleversant et émouvant. Je l’ai déjà prêté plusieurs fois et offert une fois et ce n’est sans doute pas la dernière fois!

Dans ce livre on apprend énormément de choses sur ce qui s’est passé en Syrie et à Daraya plus précisément (et même moi qui m’étais intéressée à la situation à l’époque où j’ai couru le marathon de Paris pour récolter des dons pour l’UNICEF et les enfants en Syrie, je ne savais pas tout ça). On s’interroge sur les positions des différents grands pouvoirs impliqués et on est complètement effaré par ce que subit le peuple pris au piège, pris en otage de ces combats terriblement destructeurs.

Et puis, il y a les livres… Il y a ces hommes, jeunes hommes privés de leurs études, privés de leurs espoirs, qui ne supportent pas de voir ces livres perdus et qui les sauvent, comme on sauverait des enfants et qui créent cette bibliothèque secrète, ce lieu de savoir et de paix sous les bombes qui détruisent tout, ce lieu d’ouverture d’esprit quand les corps sont enfermés, ce lieu de nourritures intellectuelles en pleine famine créée par les blocus…

L’amour des livres, le besoin de savoirs et la passion de l’esprit quand tout le reste semble perdu et voué à la destruction pourrait paraître dérisoire mais finalement, il devient essentiel et c’est d’une beauté émouvante.

Vous qui lisez des blogs de lecture, vous qui devez être des amoureux des livres, je n’ai qu’une chose à vous dire : lisez ce livre!

Repéré chez Amandine qui m’avait donné envie!

« Documentaire 2018 »

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

catégorie métier

Des hommes qui lisent : Edouard Philippe

Tout d’abord, si j’ai lu ce livre ce n’était pas pour des raisons politique, l’auteur étant bien le premier ministre mais ce n’est pas pour cela que je l’ai lu! Mon père, à qui un ami l’a offert, me l’a prêté parce qu’il sait que j’adore lire et il s’est dit que le sujet m’intéresserait.

En effet, Edouard Philippe écrit ici un essai où il parle principalement de son lien avec la lecture. Il parle aussi un peu de politique (mais pas trop), un peu de la ville du Havre dont il est originaire et a été maire, de sa politique de la promotion de la lecture. Mais il parle aussi de ses ancêtres, de son père, de la boxe …

Il parle surtout de ce qui a fait de lui un lecteur passionné et de la place que les livres ont toujours eu pour lui dans son enfance, dans son cheminement d’homme. Et j’ai trouvé ces parties vraiment intéressantes et je pense que nombreux seraient les lecteurs compulsifs que nous sommes tous un peu ici à nous reconnaître dans ces parties!

A noter que le livre se termine par une bibliographie commentée par l’auteur qui donne une liste de livres ou d’auteurs qui l’ont marqués.

Je dois quand même reconnaître que j’ai parfois un peu lu en diagonales certains passages qui m’intéressaient moins mais j’ai relevé plusieurs passages qui vous intéresseront peut-être comme moi! (Moi aussi, j’ai toujours eu du mal avec l’orthographe, malgré ma propension à beaucoup lire quand j’étais jeune! mais contrairement à lui, je prête très volontiers mes livres 🙂

C’est un livre sans doute inégal mais court et vous pouvez l’emprunter à la médiathèque pour vous concentrer sur les passages spécifiques aux bibliophiles!

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 chez Antigone

par mon papa

catégorie « lecture »

Avec toutes mes sympathies : Olivia de Lamberterie (lu par l’auteure)


Résumé de l’éditeur : « Les mots des autres m’ont nourrie, portée, infusé leur énergie et leurs émotions. Jusqu’à la mort de mon frère, le 14 octobre 2015 à Montréal, je ne voyais pas la nécessité d’écrire. Le suicide d’Alex m’a transpercée de chagrin, m’a mise aussi dans une colère folle. Parce qu’un suicide, c’est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de se souvenir des jours heureux.
Moi, je ne voulais pas me taire.
Alex était un être flamboyant, il a eu une existence belle, pleine, passionnante, aimante et aimée. Il s’est battu contre la mélancolie, elle a gagné. Raconter son courage, dire le bonheur que j’ai eu de l’avoir comme frère, m’a semblé vital. Je ne voulais ni faire mon deuil ni céder à la désolation. Je désirais inventer une manière joyeuse d’être triste.
Les morts peuvent nous rendre plus libres, plus vivants. »

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Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en lisant ce documentaire. Je connaissais Olivia de Lamberterie de nom (j’ai quand même participé deux fois au prix des lectrices de Elle!) et je savais qu’elle parlait de la mort de son frère mais je n’en savais pas plus.

En fait, dans ce texte, Olivia de Lamberterie parle certes de la mort de son frère qui s’est suicidé, mais elle parle surtout de leur vie ensemble, leur jeunesse, leur famille et puis aussi de la vie que l’on vit avec un frère parfois flamboyant, parfois mélancolique, avec la crainte de ce qui peut se passer à n’importe quel moment.

Après la mort de ce frère aimé, il y a alors le récit de la vie sans lui, la vie impossible à supporter… Avec finalement l’envie de revivre pour soi et pour l’être aimé…

J’ai beaucoup aimé ce témoignage qui m’a particulièrement touchée parce qu’il y a plus de 10 ans, un ami s’est suicidé et même si je n’avais pas une relation aussi proche qu’Olivia de Lamberterie avec son frère, cela a cependant réveillé des souvenirs…

Dans ce texte, il n’y a pas que le drame et le désespoir mais aussi du quotidien heureux, ordinaire, familial. Il y a aussi la vie d’Olivia de Lamberterie, la lectrice acharnée et femme du milieu littéraire ainsi que sa vie de femme. Mais jamais très loin, il y a toujours ce frère aimé et torturé.

J’ai eu un coup de coeur pour ce récit très touchant sans être voyeur, très intense et avec de l’espoir et tellement d’amour. Ce livre audio est très bien lu par l’auteure, avec beaucoup d’émotion et de pudeur. J’ai eu plusieurs fois les larmes aux yeux et j’ai même choisi d’arrêter de l’écouter à un moment car je commençais à pleurer en conduisant vers le travail…

 Chez Sylire

Voici les avis de quelques co-jurées : Aproposdelivres, Estellecalim, Meuraie, Sandrine, Sylire

I am not your Negro : James Baldwin et Raoul Peck

Résumé de l’éditeur : « Dans ses dernières années, le grand écrivain américain James Baldwin a commencé la rédaction d’un livre sur l’Amérique à partir des portraits de ses trois amis assassinés, figures de la lutte pour les droits civiques : Medgar Evers, Malcolm X et Martin Luther King Jr. Partant de ce livre inachevé, Raoul Peck a reconstitué la pensée de Baldwin en s’aidant des notes prises par l’écrivain, ses discours et ses lettres. Il en a fait un documentaire – salué dans le monde entier et sélectionné aux Oscars – aujourd’hui devenu un livre, formidable introduction à l’oeuvre de James Baldwin. Un voyage kaléidoscopique qui révèle sa vision tragique, profonde et pleine d’humanité de l’histoire des Noirs aux États-Unis et de l’aveuglement de l’Occident. »

Avant de lire ce texte je n’avais jamais lu James Baldwin et j’ai découvert un homme engagé et à la plume à la fois incisive et poétique. Le travail de Raoul Peck a été de reprendre des textes écrits par James Baldwin pour un livre resté inachevé, des passages de lettres, des extraits d’interviews ou d’émissions de télévision où James Baldwin échangeaient avec d’autres interlocuteurs et de saupoudrer le tout de citations de films, photos…

Ce livre est un témoignage très fort de ce qu’était (et est encore) la question de la place des Noirs aux Etats-Unis. James Baldwin évoque ses amitiés avec des hommes qui ont eu une place majeure dans l’histoire de son pays mais il parle aussi des gens ordinaires qui vivaient le racisme ordinaire et institutionnalisé dans le pays.

J’ai adoré. C’est un document passionnant et émouvant. Historiquement c’est très intéressant, et surtout, c’est encore malheureusement encore tellement actuel.

Après avoir lu ce livre, j’ai tout de suite eu envie de voir le film (j’ai fait une suggestion d’achat à la médiathèque et la bibliothécaire m’a sous-entendu que c’était tout à fait ce genre de films qui pourrait être acheté!). Voici la bande annonce :

Et le hasard a voulu que dans la revue « America », il y avait une article de James Baldwin où il parle du « Blues » (mais pas le Blues musical), et de la place des Noirs dans la société américaine et c’est passionnant!

Pour l’anecdote, cet article, inédit en France apparemment, avait été publié en dans Playboy… Je trouve cela assez incroyable de penser qu’un magazine plutôt léger sur le plan de ses photos, publiait de longs articles de fond  sur un sujet qui en  1964 était loin d’être consensuel aux Etats-Unis par auteur lui aussi loin d’être politiquement correct…. C’est étonnant! En tout cas cet article aurait pu être écrit hier plutôt que 55 ans auparavant!

ligne « gros mot »

Confessions de Nat Turner (recueillies par Thomas R. Gray)

Attention, il ne faut pas confondre ce texte avec « Les Confessions de Nat Turner » de William Styron. Ici, il ne s’agit pas de fiction mais des vraies confessions de Nat Turner, recueillies en prison par Thomas R. Gray en 1831 auprès de l’homme ayant conduit une révolte d’esclave qui a entraîné un terrible massacre parmi les Blancs (hommes, femmes et enfants) de plusieurs plantations en Virginie.

Difficile de savoir si Nat Turner était uniquement un fanatique religieux persuadé d’être un prophète sujet à des visions ou un homme ne pouvant plus supporter sa condition d’esclave. Mais ce texte a le mérite de montrer les conditions de désespoir d’hommes qui n’avaient plus rien à perdre et qui ont préféré tuer et mourir que de subir…

Le texte est suivi de « Une révolte en noir et blanc » de Michael Roy qui apporte un éclairage historique et sociologique très intéressant sur l’esclavage et les révoltes.

Ces « confessions » ont été ensuite reprises et romancées par William Styron en 1967 et d’après ce que j’ai lu, ses choix sont aujourd’hui assez controversés car l’auteur aurait choisi de dépeindre Nat Turner à charge, comme un illuminé mystique mais aussi obsédé sexuel allant jusqu’au viol ce qui  n’apparaît pas du tout dans « Confessions » et qui a participé à véhiculer le mythe de l’esclave noir pervers envers les femmes blanches.

Et plus récemment, un film a été adapté de ces confessions. Il s’agit de « The Birth of a Nation » réalisé par Nate Parker mais cette fois, le parti pris du réalisateur est de montrer Nat Turner comme un héros, un penseur politique qu’il n’était pas forcément.

Et pour approfondir sur l’esclavage, je vous conseille l’article  de la revue « America« , qui est très intéressant.

Wangari Maathai, la femme qui plante des millions d’arbres : Franck Prevot et Aurélia Fronty

Résumé de l’éditeur : « Persuadée bien avant la « mode verte » qu’en préservant la Terre, on protège les hommes, Wangari Maathai a lancé une opération, vaste et symbolique, de reboisement de l’Afrique par les femmes. Trente millions d’arbres ont déjà été plantés en trente ans.
Mais les droits des femmes, la démocratie, la non-violence sont aussi au cœur de tous les combats qui font sa vie. Elle a reçu le Prix Nobel de la Paix en 2004. »

Cet album est une biographie de Wangari Maathai, une Kényane qui dès son enfance a compris l’importance des arbres pour la survie des hommes. Elle va mettre toute son énergie à reboiser son pays mais aussi à soutenir la population pour gagner en liberté.

C’est l’occasion, avec cet album, de parler des injustices liées à la couleur de la peau, la pauvreté, l’écologie et la lutte contre la dictature. C’est un album passionnant sur une femme extraordinaire qui mériterait d’être mieux connue!

J’ai trouvé les illustrations vraiment superbes!

Un bel album très instructif pour le portrait d’une femme d’une grande beauté d’âme!

A lire!

Elle a reçu le Prix Nobel de la Paix en 2004 (La première femme africaine à le recevoir!) :

 catégorie « végétal » de ma ligne jeunesse

C’était au temps des mammouths laineux : Serge Bouchard (lu par l’auteur)

Je ne connaissais pas du tout Serge Bouchard avant d’audiolire ce livre que j’ai surtout choisi pour son titre qui sort de l’ordinaire. Et c’est au cours de ma lecture que j’ai appris/compris que c’était un anthropologue québécois et un homme de radio très connu au Québec.

« C’était au temps des mammouths laineux » est un recueil de textes qu’il a écrit entre les années 2000 et 2011 (mais je ne sais pas s’il les avait écrit pour la radio, pour la presse ou pour un autre support.) Il traite de nombreux thèmes très différents : sa vision du monde moderne (ce sont les textes que j’ai le moins aimés car il a un peu un discours réac’ « c’était mieux avant » et « la technologie c’est le mal » et ça c’était un peu lourd), sa vie personnelle avec des textes très émouvants sur la vieillesse de sa mère qui attend la mort, sur son ami et complice de travail à la radio, sur son ami innu dont il raconte la vie et leur amitié et surtout la maladie et la mort de sa première femme, texte qu’il lit avec des moments de grande émotion dans la voix, passages qui m’ont aussi serrés la gorge quand je l’ai écouté.

L’autre thématique très importante et vraiment passionnante de ce recueil c’est la passion, l’amour et la profonde déférence que Serge Bouchard a envers les Premières Nations du Canada (ou plus largement d’Amérique du Nord). C’est vraiment intéressant de l’entendre parler de son sujet de prédilection en tant qu’anthropologue. C’est un vrai portrait des nations qu’il présente, à juste titre, comme des sacrifiés de la colonisation. Il développe aussi un mépris et même une haine de cette puissance blanche dominante qui a effacé le plus possible les peuples autochtones. J’ai beaucoup appris avec ces textes.

Il faut ajouter que j’ai eu la chance de découvrir cette vingtaine de textes lus par l’auteur avec une certaine gouaille et un parlé québécois qui servait vraiment le propos. Les québécois connaissent d’ailleurs sans doute bien sa voix. Je vous recommande d’ailleurs la version audio!

A découvrir en le téléchargeant gratuitement sur Ici Radio Canada

 Chez Sylire

 catégorie « animal »

   chez Karine:) et  Yueyin

Petit éloge du running : Cécile Coulon

Aujourd’hui, alors que vous lisez ce billet, il y a des chances que je sois encore en train de courir encore un marathon après  Paris en 2012La Rochelle en 2013 (avec abandon au bout de 21 km pour cause de blessure), le Mont Saint Michel en 2014le marathon vert de Rennes en 2015, le Mont Saint Michel en 2016, et mon abandon à Paris en 2017

Alors vous pensez bien que quand je suis tombée par hasard sur ce petit livre, en plein dans ma 7ème préparation de marathon, peu de temps avant de courir le 5ème, je me suis dit qu’il n’y avait pas de hasard et je l’ai acheté! (Bon… le fait que ce soit Cécile Coulon qui l’ait écrit et dont j’avais adoré « Le coeur du pélican » n’y était pas pour rien non plus!)

Cécile Coulon est une grande coureuse et c’est donc un sujet qu’elle maîtrise vraiment. Elle écrit son essai en suivant le rythme et le découpage d’un marathon et elle en profite pour mêler des informations historiques, littéraires et sportives sur la course à pied. Elle y ajoute des touches très personnelles de coureuse mais aussi d’écrivain car elle ne pourrait pas écrire si elle ne courait pas! Et son essai est aussi très sociologique : elle parle des coureurs, que ce soit les coureurs « du dimanche » ou les marathoniens et comme je me situe entre les deux (je me considère un peu comme une « marathonienne du dimanche » … vu mes temps 😉 ) je m’identifiais bien!

Je pense que c’est un essai qui parlera fortement aux personnes qui courent, et pas seulement des marathons, et aussi à ceux qui aimeraient courir et ceux qui ne comprennent pas pourquoi on peut avoir envie de courir 😉

Forcément, je n’ai pu que penser à Autoportrait de l’auteur en coureur de fond : Haruki Murakami !

Voici ce que Cécile Coulon dit sur les départs de courses et ça sonne très juste :

Et puis, ça c’est ce qu’elle dit sur le fameux « mur » du marathon… Celui qui m’a achevée ou presque plus d’une fois et que je crains pour aujourd’hui :

« Si vous avez lu Harry Potter, vous avez forcément frissonné à partir du tome 3, quand apparaissent les Détraqueurs, ces gardes de la prison d’Azkaban, infâmes, fantomatiques, qui aspirent l’âme et les forces de ceux qu’ils choisissent d’affaiblir. Eh bien, au marathon, le mur, c’est un Détraqueur invisible mais gigantesque, présent à la fois dans les jambes et dans la tête de celui qui doit lui faire face. »

Body Positive Attitude : Ely Killeuse

J’ai découvert Ely Killeuse sur Instagram et son livre m’a paru intéressant.

L’auteur commence par son histoire personnelle face aux régimes depuis son enfance et je me suis pas mal retrouvée dans certains aspects (mais je n’ai jamais été boulimique vomitive, peut-être juste compulsive). Elle parle bien du « cercle infernal » : on fait un régime, ça marche, on veut perdre plus, ça ne marche plus, on déprime, on reprend… et on remet ça.

Elle parle aussi du rapport à la balance et au chiffre de notre poids (et ça, je vais être honnête, c’est vraiment le point sur lequel il faut encore que je travaille!) car ce chiffre sur cette machine infernale définit souvent comment on s’accepte ou on s’aime au lieu de se faire confiance et se regarder. On se définit malheureusement souvent par un nombre « idéal », qui pourtant ne correspond à rien. Dix femmes faisant le même poids sur la balance auront dix morphologies différentes!

Elle parle aussi des chiffres concernant les vêtements indiquant la taille qui ne veulent souvent rien dire puisque dans un même magasin, la même taille sur l’étiquette peut nous aller ou pas. Il faut aller vers des vêtements qui nous vont et sont confortables et non un chiffre sur une étiquette. Bon, idéalement, toutes les tailles seraient représentées dans les boutiques généralistes, petites ou grandes.

Un autre point qui m’a beaucoup intéressé et que je vais essayer d’appliquer dans ma vie de tous les jours, ce sont les « quatre accords toltèques » qui permettent d’être bienveillants avec les autres et avec soi-même et donc de mieux s’aimer et vivre avec soi!

Ely parle des complexes et pas seulement ceux qui sont liés au poids et ce qu’elle dit peut être adapté à chacun d’entre nous selon ses propres complexes.

Elle est aussi réaliste, ceci n’est pas un grimoire de magie et il faudra peut-être du temps pour y arriver et surtout, il faut savoir accepter que l’on passe par des bas mais que cela ne doit pas nous définir.

Elle nous conseille la bienveillance envers nous-même, s’entraîner à porter un regard positif sur soi :

Et un de ses conseils est quelque chose en quoi je crois complètement et que j’applique au quotidien : le sourire!

Dans le livre, il y a aussi des recettes et des exercices de sport.

J’ai beaucoup aimé ce livre que j’ai trouvé plein de bon sens et sincère. Je m’y suis retrouvée dans pas mal d’aspects et j’ai envie d’essayer d’appliquer pas mal de ses conseils. D’ailleurs, avant de lire le livre d’Ely Killeuse, je suivais son compte Instagram (elle a aussi une page Facebook et un blog). Je suis aussi Happy Fit sur Instagram (elle est cité dans le livre d’ailleurs) (elle a aussi une page Facebook) et toutes les deux m’ont vraiment fait avancer sur moi et cet été je me suis acheté 3 shorts alors que je n’en avais pas portés depuis 20 ans et je suis aussi allée à la plage en maillot de bain deux pièces…

Bref, si vous avez des complexes, quels qu’ils soient et que vous voulez travailler dessus, je vous conseille ce livre et je le conseille aussi aux jeunes filles qui entrent dans l’adolescence pour qu’elles portent un regard moins dur sur elles que nous ne l’avons fait!

Il y a quelques années, je vous avais déjà montré cette carte que j’aime beaucoup. Elle a été crée par Emily McDowell (d’ailleurs j’aime beaucoup cette femme qui a créé des cartes pleine d’empathie (les Empathy cards) pour les personnes qui ont de longues maladies, cancers et autres souffrances durant lesquelles les amis ne savent pas toujours quoi dire) qui sortent carrément de l’ordinaire.

Je trouve qu’elle correspond bien à l’état d’esprit du Body Positive!

Traduction par mes soins de cette carte que j’aime particulièrement (même si elle est un peu « verte »)  :

Je promets de ne pas être une conne envers moi-même. Bordel, je promets de m’aimer.

Je me souviendrai que ma valeur personnelle ne se base pas sur mon apparence, combien je pèse ou combien de personnes me suivent sur internet, ou quelque autre merdes stupides qui n’ont rien avec qui je suis.

J’encouragerai d’autres filles ou femmes à prendre le pouvoir. Je serai gentille, violemment gentille. J’aurai de l’humour. Je ferai de mon mieux pour ne pas faire de commérages, causer des drames ou juger les autres (ou moi-même).

Je me souviendrai que ce n’est pas parce qu’une journée a été mauvaise que j’ai une mauvaise vie. Et même lors des journées les plus merdiques, je me rappellerai que je me suffis.

catégorie mot positif

Une vie : Simone Veil (lu par Marie-Dominique Bayle)

Avis de l’éditeur : « Simone Veil accepte de se raconter à la première personne. Personnage au destin exceptionnel, elle est la femme politique dont la légitimité est la moins contestée, en France et à l’étranger ; son auto-biographie était attendue depuis longtemps. Elle s’y montre telle qu’elle est : libre, véhémente, sereine. »

Cette autobiographie de Simone Veil m’a passionnée! Je ne connaissais finalement pas grand chose de sa vie : son passage dans les camps bien sûr, la légalisation de l’avortement, évidemment, mais sinon c’était assez flou et pourtant c’était une femme qui me faisait une très bonne impression et j’avais été assez touchée au moment de sa mort (les discours de ses fils à ses obsèques m’avaient terriblement émue!)

Dans cette autobiographie, Simone Veil commence par parler de son enfance, heureuse, en famille. Puis elle aborde son expérience des camps et elle raconte cela avec beaucoup de pudeur et sans être larmoyante, c’est bouleversant.

Ensuite elle parle de ses études et de son besoin viscéral de travailler, faire quelque chose de sa vie -héritage de sa mère- même si elle aurait pu se contenter d’être mère au foyer. Elle revient sur son travail au cœur des prisons puis son implication dans le gouvernement, sous la présidence de Giscard d’Estaing, en tant que ministre de la Santé  et son combat passionnant pour le droit à l’avortement.

Puis elle évoque son travail pour la construction et le développement de l’Europe mais aussi ses convictions féministes.

J’ai vraiment lu le portrait d’une femme admirable (même si je l’aurais plus appréciée, si elle n’avait pas soutenu Nicolas Sarkozy de façon sans équivoque 🙂 ). Une femme réaliste, déterminée, courageuse et forte, qui ne se laissait impressionner par personne! Mais elle montre aussi par petites touches pudiques le portrait d’une fille, d’une épouse et d’une mère que l’on ne peut que trouver touchante. Je me souviens particulièrement du passage où elle parle d’un déjeuner avec l’un des ces petits fils adolescent avec qui elle faisait une virée en librairie et de leurs échanges sur la littérature.

Au niveau de la version audio, je dois dire que le début est particulièrement émouvant car c’est Simone Veil qui lit elle-même le premier chapitre sur son enfance. Ensuite, la lectrice qui prend le relais a très bien su donner vie à cette vie! Bravo!

 par Estellecalim

pour ma ligne « passage du temps »