You can’t keep a good woman down (non traduit) : Alice Walker

En 2018 je vous parlais d’un de mes livres cultes d’Alice Walker : « La couleur pourpre ». J’ai étudié ce roman pour mes études universitaires et à l’époque j’avais lu tous les livres de l’autrice que j’avais pu trouver. J’ai lu ce recueil de nouvelles la première fois en 1995 et je suis très contente de l’avoir relu car j’avais complétement oublié cette lecture mais j’ai beaucoup aimé! Malheureusement, ce recueil n’est pas traduit, j’ai cherché partout mais je n’ai pas trouvé trace d’une traduction.

Je ne vais pas rentrer dans les détails de chaque nouvelle mais juste vous dire que si vous lisez en anglais et que vous aimez les histoires de femmes, vous aimerez ces nouvelles. Les femmes noires, le féminisme, les relations humaines, déséquilibrées que ces femmes doivent subir. Je sais que je ne vous en dis pas beaucoup mais je trouve ça toujours dur de parler de nouvelles!

J’ai vraiment aimé son style et les sujets abordés. Je pense que je relirai mes autres livres d’Alice Walker petit à petit au grès des African History Month challenges 😉

catégorie « être humain »

The Lewis man (L’homme de Lewis) : Peter May

C’est le deuxième tome de ce qui est connu comme « La trilogie écossaise » dont j’avais beaucoup aimé le premier tome « L’île des chasseurs d’oiseaux« .

Alors, je dois vraiment faire attention à ne pas en dire trop car il y a des choses que l’on découvre dans le 1er tome et je ne veux pas vous spoiler si vous ne l’avez pas encore lu et je ne dois pas en dire trop non plus sur l’histoire car la construction est assez complexe à raconter car faite d’allers-retours dans le passé.

Nous retrouvons Fin Macleod qui était policier mais qui revient sur Lewis, l’île des Hébrides dont il est originaire après avoir quitté sa vie d’Edinbourg, où il retrouve un certain nombre de personnages du premier tome, dont Marsaili Macdonald, son amour de jeunesse.

Un cadavre a été retrouvé dans les tourbières : parfaitement conservé, il n’est pourtant pas aussi ancien que la police ne le pensait. C’est le cadavre d’un jeune homme qui a dû être assassiné dans les années 1950 et les analyses ADN le rapprochent de Tormod Macdonald, le père de Marsaili.

Tormod est un vieil homme qui s’enfonce de plus en plus dans la maladie d’Alzheimer et Fin, qui n’est plus policier mais qui est proche de la famille va aider la police locale pour essayer de trouver le lien entre le vieillard et le cadavre.

Le récit alterne la vie quotidienne et les relations des personnages rencontrés dans « L’île des chasseurs d’oiseaux », l’enquête de Fin pour creuser dans le passé de Tormod, et surtout les pensées de Tormod lui-même qui passe de sa confusion sur ce qui concerne sa vie de tous les jours qu’il ne reconnait plus à son passé depuis son enfance jusqu’à sa jeunesse qui lui paraît beaucoup plus clair. Le lecteur apprend avant Fin et les autres que Tormod est loin d’être celui que les habitants de Lewis pensent connaître.

Ce récit est confus comme celui de quelqu’un qui perd la tête mais tel un patchwork, il forme une histoire très forte sur une enfance très malheureuse et un drame terrible.

J’ai beaucoup aimé ce roman, j’ai aimé l’ambiance de ces îles du bout du monde, le côté « cold case », l’enquête sur le passé qui dévoile un aspect social et historique de l’Ecosse des années 1950. J’ai aussi trouvé que le traitement des pensées de ce vieil homme malade était très réussi.

Je vous conseille vraiment ce roman mais surtout de les lire dans l’ordre car on passe à côté de beaucoup de choses sinon. De mon côté, je compte bien lire le 3e tome « Le braconnier du lac perdu ».

par ma copine Mrs B : Merci!

(enfin, celle de ma copine Mrs B!)

chez Cryssilda

Un autre tambour : William Melvin Kelley

Résumé de l’éditeur : « Juin 1957. Un après-midi dans une petite ville du Sud profond des États-Unis , Tucker Caliban, un jeune fermier noir, recouvre de sel son champ, abat sa vache et son cheval, met le feu à sa maison, puis quitte la ville. Le jour suivant, toute la population noire déserte la ville à son tour.
Quel sens donner à cet exode spontané ? Quelles conséquences pour la ville soudain vidée d’un tiers de ses habitants ? L’histoire est racontée par ceux qui restent : les Blancs. Des enfants, hommes et femmes libéraux ou conservateurs. Une histoire alternative et audacieuse, un roman choc, tant par sa qualité littéraire que sa vision politique. »

*

En septembre 2019, j’ai repéré ce titre chez trois blogueuses (Kathel, Marilyne et Sylire) et j’ai tout de suite pensé que ce roman serait parfait pour l’African American History Month challenge et j’ai donc pris mon courage à deux mains et j’ai écrit à la maison d’édition pour leur demander s’ils voulaient bien m’envoyer ce roman (ce que je ne fais jamais!) et je suis ravie de ma lecture!

J’ai aimé ce roman et à vrai dire je ne sais pas trop comment en parler et je ne vais pas raconter autre chose que ce que dit le résumé. Je me suis laissée porter par le déroulement de l’intrigue, qui, passant d’un narrateur, d’un point de vue à un autre, se fait petit à petit en revenant dans le passé plus ou moins éloigné.  Toutes ces anecdotes, tous ces moments, forment un patchwork qui permet d’avoir une vision d’ensemble de cet événement totalement improbable qu’est le départ de tous les Noirs d’un état du Sud ségrégationniste.

Ce roman donne l’occasion de mettre en lumière la situation des Noirs aux Etats-Unis, pendant l’esclavage puis la vie après l’esclavage où les Afro-Américains restent en général au service des Blancs dans le Sud du pays. Mais il y est aussi question du Nord des Etats-Unis qui est l’endroit vers lequel ceux qui partent vont mais c’est aussi un endroit qui va permettre aux jeunes blancs qui vont y étudier de découvrir qu’il existe une autre vie possible entre les Noirs et les Blancs.

Ce roman tout en étant très distrayant dans sa forme qui ressemble à une enquête et ses personnages vraiment finement écrits, est aussi vraiment intéressant pour son aspect plus politique car c’est une réelle critique de la société Américaine et ses rapports au racisme…  C’est d’autant plus marquant que ce roman a été écrit par un auteur Afro-Américain en 1962, en pleins mouvements pour les droits civiques et ce n’est certainement pas anodin. Il faut aussi savoir que c’était le premier roman de l’auteur qui avait 24 ans et la maîtrise dans l’écriture est remarquable!

Je ne peux que vous recommander cette lecture qui était vraiment parfaite pour ce challenge!

Merci aux Editions Delcourt

catégorie « son » de la 2e ligne générale

L’orangeraie : Larry Tremblay

L’histoire se situe dans un lieu indéterminé mais on devine le Moyen ou Proche Orient, Pakistan ou Afghanistan par exemple, à une époque indéterminée mais qui rappelle les périodes de combats des années récentes et pourtant il y a aussi un côté « conte », « parabole » dans la première partie de ce court roman.

Aziz et Amed sont des jumeaux de 9 ans qui vivent avec leurs parents et grands-parents, tranquillement au coeur de l’orangeraie de la famille. Mais tout bascule dans leur vie quand une bombe tue les grands-parents en détruisant leur maison. C’est alors que Soulayed, un homme influant de la région, vient, accompagné d’hommes armés, pour demander à Zahed de venger ses parents en choisissant un de ses garçons pour l’envoyer se sacrifier avec une ceinture explosive.

Ce choix terrible est approuvé avec honneur par le père mais pas par la mère qui va essayer de trouver une solution « moins terrible » pour obéir à son mari…

La deuxième partie du roman nous présente la suite des événements des années plus tard avec l’enfant devenu jeune adulte qui vit avec un secret et une culpabilité profonde… Il trouvera dans le théâtre le moyen de libérer la parole et éclairer les occidentaux qui l’entourent sur la réalité -sa réalité- de la guerre.

Ce roman est tout d’abord vraiment très bien écrit, avec de la poésie et des phrases ciselées. Et puis, le sujet est vraiment poignant… En tant que mère, on ne peut que se mettre à la place de la mère d’Aziz et Amed. Ce roman est l’occasion de parler du fanatisme et de la guerre par le regard d’enfants et c’est absolument superbe et fort.

Je ne peut que vous encourager à découvrir ce très beau roman.

chez Karine:) et  Yueyin

catégorie végétal

Wenjack : Joseph Boyden

 

Difficile de classer ce texte : est-ce un très court roman ou une nouvelle? Est-ce un récit sous forme de poème ou un biographie romancée? En tout cas, une chose est certaine : c’est un très beau texte sur un sujet poignant, raconté avec beaucoup de pudeur et de poésie. Je ne sais pas si ce texte est traduit, j’ai eu du mal à le trouver même en anglais, je l’ai commandé à une librairie de livres d’occasion aux Etats-Unis (en passant par Ama*on… pas le choix malheureusement).

J’ai découvert ce texte lors d’une conférence sur les horreurs qui ont été commises à l’encontre des peuples amérindiens (« First Nations ») quand les enfants étaient retirés de leurs familles pour être placés dans les « Residential Schools » qui n’étaient rien de moins que des centres de rétentions et de lavage de cerveaux pour détruire toute part indigène de ces enfants. Dans mon billet sur le roman jeunesse « Kill the Indian in the child »  (qui raconte également la vie de Chanie Wenjack, un jeune garçon qui a vraiment existé et qui est mort en fuyant son « internat » sordide) je vous en disais plus sur le sujet et j’avais aussi mis des liens qui pourront compléter ce billet. Pour éviter des redites, n’hésitez pas à aller y faire un tour.

Dans ce texte de Joseph, Boyden, c’est donc l’histoire de Chanie Wenjack qui nous est contée. J’utilise ce mot exprès car l’auteur ici a choisi de nous raconter la fuite du jeune garçon, ses derniers jours, vus au travers du regard d’esprits de la nature qui prennent corps dans des animaux qui croisent le chemin du garçon. Il adapte donc les traditions amérindiennes à cette histoire réelle et atroce. Chaque chapitre donne la parole à un animal et la première page du chapitre est illustré de cet animal.

C’est un texte très touchant pour une histoire dramatique à l’échelle d’un pays (voir d’un continent!)

Pour aller plus loin sur le sujet (Cliquez sur la photo)

Une vidéo avec Joseph Boyden sur l’histoire de Chanie Wenjack et sur les Residentials Schools (en anglais) :

Aujourd’hui, je vous parle aussi du roman « Jeu blanc » de Richard Wagamese qui est aussi sur cette thématique des Premières Nations et des Residential schools.

 chez Antigone

 chez Karine:) et  Yueyin (Un invité Canadien au Québec)

Blanc mortel (T4) (Lethal white) : Robert Galbraith

Pour commencer je vous conseille vraiment de commencer par « L’appel du coucou » puis « Le ver à soie » et « La carrière du mal » avant de lire ce roman car si l’enquête principale est différente à chaque fois, les relations entre les personnages principaux sont très importantes et évoluent au fur et à mesure et c’est un des grands plaisirs de cette série de retrouver Cormoran Strike et Robin Ellacott!

D’ailleurs le début du roman est consacré à leur relation, reprenant immédiatement à la suite de la fin du roman précédant avec le mariage de Robin et si vous ne connaissez pas les tenants et aboutissants des liens qui unissent Robin, Matthew  et Cormoran (et plus tard dans le roman, l’ex de Cormoran) vous perdrez sans doute une partie de l’intérêt de cet opus.

L’histoire qui concerne l’enquête commence quand un jeune homme très perturbé débarque dans l’agence de détectives privés pour demander à Cormoran Strike d’enquêter sur quelque chose qu’il dit avoir vu quand il était enfant, 20 ans auparavant… Une histoire confuse concernant une fillette qui aurait été assassinée… Cormoran s’intéresse à ce que lui a raconté ce Billy qui suite à un épisode psychotique s’est enfui après lui avoir donné seulement quelques informations personnelles.

Pour en savoir plus, il va se confronter à un groupe politisé d’extrême gauche et en parallèle, il est contacté par Jasper Chiswell, un membre du parlement Britannique, appartenant à la haute société, qui veut que l’agence de Cormoran et Robin enquête sur un chantage qu’on exerce sur lui. Les deux affaires ne devraient pas vraiment avoir de lien … et pourtant…

Cette affaire est très complexe car il y a énormément de non-dits et de secrets. De plus, le fait que cela se passe dans le milieu politique fait que tout ne peut pas être dit et il y a également le côté très hypocrite de cette famille de la haute société avec ses propres codes qui ne facilite pas les choses pour les détectives.

Mais Robin sait prendre de multiples facettes et sait mettre à profit sa force d’observation tout au long de l’enquête…

Je ne peux pas en dire beaucoup plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte mais ce que je peux vous dire c’est que c’est un pavé (771 pages dans mon édition anglaise) et je l’ai lu en 5 jours non stop… Je ne pouvais pas le quitter, jusqu’à la dernière page car on en apprend tout le long! J’ai vraiment beaucoup aimé!

Challenge du Pavé de l’été de Brize

avec Didingc, Saxaoul et Noukette : Allons voir leurs avis!

catégorie couleur

Appelle-moi par ton nom / Plus tard ou jamais (Call me by your name) : André Aciman

Elio revient sur l’été de ses 17 ans dans les années 80, qu’il a passé comme tous les ans avec ses parents dans leur maison de vacances en Italie. Son père, qui est professeur d’université, accueille chaque été un assistant qui partage leur vie tout en travaillant. Cette année, c’est Oliver, un jeune universitaire de 27 ans, intelligent et nonchalant.

Très vite Elio se sent attiré par Oliver, une attirance intellectuelle et physique. Le jeune homme découvre avec cette attirance les premiers vrais émois émotionnels, sexuels, amoureux même. Ils s’observent et Elio est persuadé que rien ne pourra sortir de ce désir, Oliver le tenant à distance. Les deux hommes ont d’ailleurs des relations avec deux jeunes voisines.

Mais petit à petit, sous le soleil italien, ils se rapprochent et toute la tension sexuelle de ce premier amour, à priori impossible, prend chaire et culmine lors d’un weekend à Rome qui sera leur chant du cygne.

On suit l’evolution de leurs vies après cette parenthèse d’un été mais le coeur du récit est vraiment cette période très intense. C’est très sensuel et le fait que cette relation soit homosexuelle n’est pas une barrière pour s’identifier car tous ceux qui ont vécu un jour les affres des premières attirances, des premiers doutes et désirs et les premières fins d’histoires pourront s’y retrouver.

C’est un beau texte, plein de poésie, de chaleur, de sensualité. J’ai beaucoup aimé.

Un film a été tiré de ce roman (d’ailleurs, le livre avait été publié en France sous le titre « Plus tard ou jamais » et il est ressorti sous un nouveau titre, la traduction du titre original) mais en regardant la bande annonce, je retrouve bien l’ambiance mais je me demande bien comment toute l’introspection et les doutes et le désir d’Elio est rendu en images. Il faudra que j’essaie de le voir un jour!

 chez Antigone

Chez Martine

Eleanor Oliphant va très bien (Eleanor Oliphant is Completely Fine) : Gail Honeyman

Eleanor Oliphant a une vie bien rangée et bien réglée. Elle est extrêmement soucieuse de choisir les mots justes, s’appliquant à toujours s’exprimer le plus correctement possible et de respecter les bonnes manières. Mais Eleanor a beaucoup de mal avec les codes sociaux. Son intelligence et sa culture font qu’elle est un peu comme sortie d’une autre époque et qu’elle ne comprend pas les gens qui l’entourent, elle ne comprend pas les manières actuelles et passe à côté du second degré et des non-dits. Et pourtant, Eleanor a 30 ans et travaille dans une grande ville… Elle est à part, ne se gênant pas pour remettre les gens à leur place sans penser à mal et à être parfois trop franche. Pour ceux qui connaissent la série « The big bang theory », elle m’a fait pensé à Sheldon tout au long de ma lecture.)

Sa vie réglée comme du papier à musique depuis toujours (appartement, travail, vodka le weekend pour faire passer le temps plus vite) va être bousculée par deux événements à peu près au même moment. Lors d’une inhabituelle sortie dans un bar, elle croise le regard d’un musicien sur scène et est persuadée que c’est l’homme de sa vie et décide donc de se transformer pour aider un peu le destin, ce qui va la faire essayer de coller aux codes de féminité auxquels elle ne s’était jamais intéressée jusqu’ici (ce qui entraîne des passages vraiment drôles!)

L’autre événement se produit lorsqu’en sortant du travail avec son collègue informaticien, Raymond, elle est croise un vieil homme qui fait un malaise devant eux dans la rue et le fait d’appeler les secours va la lier à Raymond et à la victime. Pour la première fois, elle est confronté à l’empathie, aux relations humaines et sociales et elle s’aperçoit que ça lui est très agréable.

Il faut savoir aussi qu’Eleanor revient de loin. On sait certaines choses dès le début mais beaucoup d’informations sur son passé sont distillées petit à petit, l’air de rien au fil de son évolution. Elle a une importante brûlure au visage qui date de son enfance et elle a été placée en familles d’accueil mais reste en contact avec celle qu’elle appelle « mummy » en anglais (c’est à dire, le nom vraiment enfantin pour maman). Il est clair dès le début qu’il y a quelque chose dans son passé qui n’est pas dit et les transformations dans la vie d’Eleanor, que ce soit dans son fonctionnement social ou dans sa personnalité et son rapport aux autres vont lui permettre d’y voir plus clair.

Eleanor répète souvent qu’elle va très bien mais c’est un peu de l’auto persuasion mais elle finira par aller mieux!

J’ai eu un coup de coeur pour ce roman qui est à la fois drôle et sérieux : la différence, la solitude et les relations humaines dans notre société sont très importants mais ces sujets sont traités aussi avec des touches de légèreté quand il s’agit de mettre en lumière certains aspects de notre société actuelle sous le regard très candide d’Eleanor.

Il y a aussi tout une thématique autour des traumatismes de l’enfance et c’est vraiment réussi!

Je vous recommande vraiment ce roman qui n’est pas un « feel-good » mais qui très intelligemment fait qu’en le refermant on se sent bien et on a envie d’être gentil avec les gens que nous croisons!

 chez Antigone

catégorie animal (= un animal fantastique du monde de J. R. R. Tolkien)

On the come up : Angie Thomas

J’ai repéré ce titre chez Jackie Brown qui en a parlé juste après que j’ai lu « The hate U give« , le premier roman de l’auteur. Je n’ai pas attendu et je l’ai acheté en Angleterre en mars et je l’ai lu dans la foulée (au départ je voulais attendre février prochain pour l’African American History Month Challenge mais en réalité j’ai une PAL et une LAL assez conséquentes pour ne pas avoir à attendre 😉 et une LC avec Karine m’a motivée aussi!

Cette histoire n’est pas une suite de « The hate U give » mais elle se passe dans le même quartier et la mort d’un jeune, tué par un policier, suivie d’émeutes, est évoquée donc on est bien dans le même univers que dans le premier roman.

L’héroïne, Bri, est une jeune fille Noire de 16 ans qui vit dans un quartier compliqué, avec des gangs et peu de chances d’évolution pour la jeunesse. Son père qui était un rappeur assez influent dans le quartier a été assassiné par un gang des années auparavant. Bri et ses deux meilleurs amis vont dans un lycée extérieur spécialisé dans les arts qui prend des jeunes des « quartiers » et depuis les émeutes, des gardiens fouillent les lycéens à l’entrée…

Bri est passionnée de rap et elle est douée. Elle est capable d’exprimer ses sentiments et ses ressentis avec des phrases rimées et percutantes. Sa tante l’encourage et la pousse à participer à une « battle » en public et c’est un vrai succès… Bri envisage même de gagner de l’argent en décrochant un contrat pour sauver sa famille de la misère dans laquelle ils sont en train de sombrer.

Un jour, les gardiens à l’entrée du lycée, qui avaient déjà montrés des signes de préjugés raciaux, s’en prennent arbitrairement à Bri et la plaquent au sol comme une délinquante qu’elle n’est pas… La colère inspire le jeune fille et elle écrit un rap virulent contre cette situation et cette chanson est enregistrée et diffusée. « On the come up » fait le buzz mais elle ne fait pas l’unanimité dans son entourage car pour dénoncer le fait que les jeunes Noirs sont toujours pris à partie, Bri donne d’elle une image de « racaille » armée prête à en découdre …

Influencée par l’ancien manager de son père, Bri qui a toujours le souhait de gagner de l’argent vite, risque de se perdre en acceptant de donner la mauvaise image d’elle.

Ce roman est vraiment riche car il y est question de l’histoire familiale de Bri avec sa mère, ancienne droguée sevrée depuis 8 ans,  qui fait de son mieux pour s’occuper dignement de sa fille et de son fils, diplômé qui est revenu vivre avec sa mère et sa soeur en travaillant dans une pizzeria pour aider à la maison. Il y a donc aussi toute l’évocation de la difficulté pour les jeunes de s’en sortir, même en faisant des études, de devoir quitter le quartier pour pourvoir évoluer sereinement. On y parle aussi d’une conscience politique qui se développe dans la veine du « Black Lives Matter » et aussi la place des gangs (Pooh, la tante de Bri est dealer de drogue dans un gang) et de leurs rivalités. Et l’homosexualité est aussi un sujet abordé et ce n’est pas anodin.

J’ai beaucoup aimé. Attention, ce roman n’est pas encore traduit… et je souhaite bon courage au traducteur vu qu’il y a beaucoup de passages de rap qui sont à la fois un mélange de langage très spécifique à ce style musical et au quartier et la communauté Afro-Américaine et de poésie rythmée/rimée.

avec Karine : Allons voir son avis!

Meurtres pour mémoire : Didier Daeninckx

L’histoire commence en 1961 lors d’une grande manifestation d’Algériens qui refusent le couvre-feu qui leur est imposé. Cette révolte est réprimée dans la violence et le sang par les CRS. Des centaines de manifestants sont victimes -morts ou blessés- de cette repression.

Roger Thiraud est professeur d’histoire dans un lycée. C’est un homme sans histoires qui rentre un soir après ses cours pour rejoindre sa femme enceinte. Il assiste, impuissant, à la manifestation des Algériens et contre toute attente, il est exécuté froidement par un CRS.

Le roman change alors d’époque puisqu’on se retrouve une vingtaine d’années plus tard.

Bernard Thiraud est un jeune homme, étudiant spécialisé en histoire médiévale comme son père. Avec sa fiancée, il part en vacances au Maroc mais ils font une pause à Toulouse où Bernard fait des recherches dans les archives du Capitole et de la Préfecture. Le deuxième jour, en sortant, il est attendu par un homme qui le poursuit pour le tuer de sang froid.

L’inspecteur Cardin, nouveau venu à Toulouse, doit prendre en charge l’enquête en l’absence de son supérieur. Il s’intéresse à la victime : pourquoi est-ce que l’étudiant s’est arrêté faire des recherches à Toulouse. Est-ce que sa mort peut avoir un lien avec la mort de son père en 1961?

Il remonte jusqu’aux services des RG à Paris où il a des contacts pour en savoir plus sur la façon dont a été gérée la répression de la manifestation des Algériens. Mais il s’étonne aussi du fait que le fils avait repris les mêmes recherches que son père à Toulouse.

Ce roman se lit comme un polar mais c’est plus une toile de fond et c’est plus l’aspect historique qui compte que ce soit la guerre d’Algérie ou la Deuxième Guerre Mondiale. Et en réalité, l’aspect le plus fort, c’est le côté politique car ce roman est aussi une dénonciation à mot à peine cachée de Maurice Papon dont le passé pendant l’occupation en Gironde et le passé de Préfet de Paris en 1961 se rejoignent dans le roman … Quand j’ai rencontré Didier Daeninckx, il a expliqué pourquoi il avait voulu écrire ce roman sur Maurice Papon -pour le dénoncer.

J’ai aimé ce roman pour toutes ses facettes, très riches tout en gardant sa forme plus légère du polar. Je suis contente d’avoir lu ce roman qui est certainement devenu un classique du genre!

 chez Antigone

avec Usva  : Allons voir son avis!