Un peu plus loin sur la droite : Fred Vargas (lu par Philippe Allard)

J’aime beaucoup Fred Vargas qui est une auteur qui sait écrire des polars dans lesquels l’ambiance, les personnages et l’atmosphère sont parfois plus importants que l’intrigue elle-même.

Ce roman fait partie de la série « des Évangélistes » : le premier étant « Debout les morts« , celui-ci est le deuxième et le troisième est « Dans feu ni lieu« .

Louis (ou Ludwig) Kehlweiler, aussi appelé l’Allemand, est un ancien flic qui travaillait au ministère de l’intérieur. Même s’il n’a plus les contacts officiels, il a conservé tout un réseau d’indics partout en France. Et même s’il ne travaille plus, il continue à faire des surveillances et mener des enquêtes à son compte. Il a pour compagnon un crapaud nommé Bufo qu’il transporte dans sa poche et une amie, vieille prostituée gouailleuse et un peu décrépie, Marthe.

Dans cette enquête, on rencontre les historiens excentriques qu’Armand Vandoosler, l’oncle de l’un d’entre eux, appelle les évangélistes. Marc Vandoosler, le médiéviste, aide Kehlweiler à compiler des faits divers dans les journaux de provinces pour chercher des informations pouvant peut-être présenter un intérêt…

Lors d’une filature, le hasard fait que Louis Kehlweiler découvre un os humain dans les restes d’un extrêmement de chien à Paris et ses recherches vont les mener, lui et Marc Vandoosler (et aussi Mathias un autre « évangéliste », dit « Saint Matthieu » l’archéologue spécialiste de la Préhistoire) jusqu’à un petit village au bord de la mer dans le Finistère, où une vieille dame a été retrouvée morte suite à une chute d’une falaise… Car, l’ancien flic est persuadé qu’il y a quelque chose d’anormal dans cette mort et un lien avec l’os retrouvé à Paris…

Sur place il va donc creuser dans la vie des habitants et avec son air de rien, il va réussir à découvrir des secrets qui remontent dans le passé … du passé plus ou moins lointain.

Ce n’est pas mon Fred Vargas préféré même si la version audio est très bonne. Je l’ai trouvé un peu décousu (il y a certains éléments qui me semblent évoqués mais pas menés jusqu’au bout) et un peu tiré par les cheveux. Par contre ce qui est plaisant c’est l’humour de Fred Vargas dans ses personnages et aussi de savoir qu’on va retrouver certains personnages dans d’autres romans (Marthe, par exemple).

 par Sylire : Merci!

 Chez Sylire

Tu comprendras quand tu seras plus grande : Virginie Grimaldi

J’ai trouvé ce livre dans une boîte à livre et je l’ai pris car j’avais vu cette couverture passer sur beaucoup de blogs et quand ce titre a été tiré au sort pour le Book Jar, j’ai eu beaucoup de retour positifs mais une amie m’a aussi dit qu’elle avait trouvé que c’était « gentillet » et franchement, je suis désolée pour toutes celles qui ont adoré ce roman mais pour ma part, j’ai aussi trouvé ça « gentillet »…

Pour être franche, si je l’ai lu jusqu’au bout c’est uniquement parce que ça se lit très vite (grosse police sur pages épaisses (ne soyez pas effrayés par sa taille).

Tout d’abord, je n’ai pas cru une seconde au personnage de psychologue qu’est Julia qui fait un remplacement dans une maison de retraite. A part aller parler avec les pensionnaires en prenant le café, je n’ai pas bien compris ce qu’elle faisait en tant que psychologue (je serais vraiment curieuse d’avoir l’avis d’une vraie psychologue en maison de retraite.)

Quand elle arrive, elle est un peu au fond du trou : elle a perdu son père et sa grand-mère et son copain l’a quittée et elle vient à Biarritz dans cette maison de retraite avec plein d’a priori sur les personnes âgées mais très rapidement (très très rapidement…) elle s’attache à eux car à part un homme, ils sont tous adorables (tous …).

Elle devient amies avec les autres membres du personnels qui sont aussi ses voisins et évidemment (évidemment…) il y a des histoires d’amour parmi les jeunes et parmi les vieux… Bon, il y a des petits secrets et des plus gros, des rebondissements, des moments tristes et des moments drôles.

Je ne peux pas dire que j’ai détesté, j’ai même été émue par moments et il y a des jolies idées parfois mais j’ai globalement trouvé ça sans grand intérêt car un peu trop plein de bons sentiments et de clichés… J’ai coché plein de pages avec des phrases qui m’ont vraiment gênées par leur caractère « cucul »… Mais je ne m’inquiète pas pour ce roman, j’ai fait un petit tour sur Babelio et je n’ai vu qu’un seul avis aussi négatif que le mien (sur 30 pages d’avis!) et j’ai vu énormément de coups de coeur… ce que je n’arrive pas du tout à comprendre… Mais je pense que la leçon que je dois tirer de cette lecture c’est que le « feel good » n’est pas vraiment ma tasse de thé…

 

 chez Antigone

Les huit montagnes : Paolo Cognetti (lu par Emmanuel Dekoninck)

Je ne suis pas passée loin du coup de coeur pour ce roman et je le recommande vraiment à tous les passionnés de montagne, mais pas seulement!

Ce roman c’est une grande histoire d’amitié et une grande histoire d’amour pour la montagne. C’est l’histoire d’une famille de citadins, qui vivent à Milan toute l’année mais qui rejoignent la montagne chaque été. Le père de Bruno est un homme un peu taciturne qui ne vit que pour ces moments où il va se retrouver, se ressourcer dans la haute montagne et sa mère est une femme généreuse et ouverte qui elle préfère les paysages de la montagne en forêt.

Bruno, lui tout d’abord assez solitaire, devient un jour ami avec Pietro, un enfant de la montagne, qui va devenir son compagnon de jeux, compagnon de montagne mais aussi presque un frère. Ils s’éloignent un peu en grandissant mais se retrouvent à l’âge adulte et renouent des relations fraternelles très fortes et belles.

Mais il y a aussi un élément essentiel à ce roman, c’est la montagne qui est presque un personnage à part entière. La montagne qui est un fond mais qui est aussi un liant entre les hommes, un but à atteindre, un havre de paix. C’est la montagne qui dégage une belle poésie dans ce roman que j’ai trouvé vraiment très beau et fort.

La version audio est très bien lue par Emmanuel Dekoninck.

 Chez Sylire

  avec Meuraïe : allons voir son avis!

Merci à 

Le nouveau nom : Elena Ferrante

Après le 1er tome « L’amie prodigieuse » où on quittait Elena et Lila au moment où cette dernière se marie et on va donc suivre les deux amies alors que Lila, à 16 ans, à peine mariée, réalise que son mari n’est pas celui qu’elle avait imaginé. Elena, elle va poursuivre ses études.

Ce n’est pas facile de vous parler en détails de ce roman car il se passe tant de choses et il y a tant de personnages :  les habitants du quartier, avec les rivalités plus ou moins mafieuses, entre la famille de Lila, son mari et les amis ou enemies.

Il y a aussi la relation entre Lila et Elena qui évolue, qui se modifie en fonction de leurs changements de vie : Lila qui vit une vie d’adulte, qui mène son monde à la baguette, qui rayonne et attire l’attention, en bien ou en mal et qui blesse aussi.

Elena, qui a si longtemps été dans l’ombre de Lila prend de la distance par ses études. Elle s’éloigne du quartier à plus d’un titre, rencontre des gens qui lui permette de s’épanouir, de prendre de l’indépendance.

Dans ce roman, ce n’est pas tant les événements que les personnages qui comptent et aussi tous les sentiments contradictoires que tout un chacun peut ressentir au fil de la vie.

J’ai bien aimé mais ce n’est pas vraiment un roman dont il est simple de parler, on est plus dans le ressenti.

La version audio est très bonne. J’ai eu beaucoup de plaisir à l’audiolire.

 Chez Sylire

Retour à Little Wing : Nickolas Butler

Cette histoire est une belle histoire d’amitié, une histoire d’hommes qui se suivent depuis qu’ils sont enfants dans une petite ville américaine sans prétention. Ils ont tous des vies différentes, des parcours différents, des ambitions différentes… et pourtant, à la trentaine, ils sont toujours proches les uns des autres même si forcément, il y a aussi des incompréhensions et des tensions.

Chaque chapitre donne la parole à un personnage que l’on croise et recroise au cours du roman et qui permet de dérouler une vie entière, des vies variées, mais irrémédiablement liées entre les amis et la ville de Little Wing.

Il y a Lee, qui ado s’est mis à la musique et qui est devenu une rock star mondialement connu (il m’a vraiment fait penser à Bruce Springsteen d’après ce que j’ai lu sur lui dans son autobiographie) mais qui a tellement besoin de se ressourcer chez lui dans « sa » ville auprès de ses vrais amis, loin des paillettes du show biz. Ce personnage est vraiment très touchant car il pourrait personnifier celui qui a tout ce qui fait rêver les autres, mais lui ne rêve que de ce que Harry, son copain d’enfance, son meilleur ami, possède.

Harry est fermier et il travaille sur dans sa ferme pour peu de récompenses, il a une femme qu’il aime et avec qui il a deux enfants. Une vie simple qu’Harry n’échangerait pour rien au monde.

Il y a aussi Ronny qui après avoir été une star de rodéo pendant des années a souffert d’un traumatisme lié à son alcoolisme et en est ressorti changé, un peu abîmé, plus lent qu’avant mais toujours aussi sincère et qui dépend beaucoup de ses amis pour se sentir bien.

Il y a également Kip, qui après avoir été un financier prospère à Chicago est revenu à Little Wing avec un projet censé lui apporter de la richesse et faire revivre la ville à laquelle il se raccroche même si au fond, avec ses ambitions clinquantes et son épouse citadine il a du mal à reprendre sa place dans le cercle même si c’est ce à quoi il aspire tant.

Enfin, il y a aussi Beth, la femme de Harry qui a toujours connu ces hommes qui font partie de son environnement et pour qui elle a compté autant qu’ils comptent les uns sur les autres. D’autres personnages féminins gravitent autour des amis, mais il n’est pas évident pour elles de trouver une place parmi eux.

Ces histoires nous racontent des espoirs, des doutes, des déceptions, des bonheurs, l’amitié, l’amour, l’attachement et le détachement aussi. C’est une histoire assez simple mais vraiment bien écrite, bien amenée. On y croit, on est avec eux, on a envie de rester à eux. J’ai eu un coup de coeur pour ce roman que j’ai lu assez vite et auquel pourtant je pensais aux moments où je ne le lisais pas. Les personnages me manquaient, j’avais envie de savoir ce qui allait leur arriver et pour tout dire en le refermant, j’aurais aimé une suite!

 ma collègue A.

 chez Antigone

 chez Titine

Promenons nous dans les bois (A walk in the woods) : Bill Bryson

J’ai repéré ce livre dans une émission des Bibliomaniacs et soyons clair je n’aurais jamais lu cette histoire sans elles car les récits de voyages, qui plus est les récits de randonnées dans la nature sauvage, ne m’attirent pas du tout 😉 Mais je me suis laissée tenter et je l’ai acheté en Angleterre presque aussitôt (bon, après je l’ai laissé un peu traîner dans ma PAL, heureusement que le mois américain m’a motivée à le sortir 😉

A la quarantaine, Bill Bryson décide de marcher l’Appalachian Trail, un long parcours de randonnée qui traverse montagnes, forêts, parcs naturel sur 3 500 kilomètres, du Maine à la Géorgie. On commence par le suivre dans ses achats de matériel technique et dans ses lectures concernant la faune sauvage qu’il pourra croiser… (Ces passages sont hilarants!) Appréhendant de se retrouver seul dans la nature vraiment sauvage (surtout que dans les parcs américains il y a des ours…), il demande à tous ses contacts si quelqu’un veut l’accompagner et la seule personne qui lui répond est son copain d’enfance Stephen Katz avec qui il avait aussi randonné en Angleterre quand ils étaient étudiants.

Ils ne s’étaient pas vu depuis des années et le Stephen Katz qui débarque chez Bill très gourmand,  pas très affûté et pas très courageux, ce qui n’est pas très engageant. Et pourtant, ils vont marcher, doucement et longtemps. Ils vont se rapprocher, faire des rencontres avec divers types de randonneurs (et c’est encore l’occasion de passages très drôles) et d’animaux.

Bien entendu, même si c’est souvent humoristique, ce n’est pas que cela et Bill Bryson va en profiter pour parler de l’histoire de l’Appalachian Trail et la faune et la flore et il va au passage égratigner l’organisation des parcs naturels américains ainsi que la société de consommation.

C’est un récit instructif et très humain et souvent très drôle (au début, je riais même à voix haute!). Bon, n’étant pas à priori une grande adepte des récits, je me suis un peu lassée sur la fin (quand Bill Bryson randonne seul sans Katz, qui est un personnage truculent!) mais c’est malgré tout un excellent livre que je conseille particulièrement aux amateurs de randonnées et de grands espaces!

Je pense que je lirai peut-être un jour le livre qu’il a écrit après être revenu vivre aux Etats-Unis après avoir passé 20 ans en Grande Bretagne, car je pense que son regard doit être très intéressant (et critique!) « American rigolos : Chroniques d’un grand pays ».

Un film a été tiré de « Promenons dans les bois » par (et avec) Robert Redford qui avait adoré et beaucoup ri en lisant le livre 😉

 chez Antigone

 chez Titine

Vie et Mort de Sophie Stark (The life and death of Sophie Stark) : Anna North

Comme l’indique le titre, le roman va parler de la vie de Sophie Stark, jusqu’à sa mort. Sophie Stark est une jeune femme assez particulière. Cinéaste depuis l’université, elle évolue en même temps que son cinéma. Elle est très talentueuse mais pas vraiment adaptée à la vie en société. J’ai pensé (ce n’est jamais dit dans le roman) qu’elle devait avoir des troubles autistiques qui expliqueraient ses relations particulières aux autres et aussi le fait qu’elle n’arrive presque à s’exprimer que par son art.

Chaque chapitre a un narrateur différent qui parle de Sophie, raconte sa relation avec elle et nous permettent de la cerner un peu. Ces personnes sont celles qui ont le plus comptées pour elle : son frère Robbie qui parle de Sophie jeune, Allison, la femme qu’elle a aimé et avec qui elle a partagé une période de sa vie, qui évoquera le début de son ascension dans le monde du cinéma, Daniel qui en plus d’avoir été le sujet de son premier film étudiant a été aussi un de ses amours, Jacob, un musicien avec qui elle a été mariée, George, le producteur de cinéma qui lui a proposé un film avec plus d’ampleur. Ces témoignages sont entrecoupés d’articles d’un critique de cinéma qui donne son avis sur les différents films de Sophie.

Au fil des histoires racontées, on découvre Sophie mais également les différents narrateurs et cela rend le roman vraiment riche et intéressant.

Ce n’est pas simple d’expliquer pourquoi j’ai aimé ce roman mais j’ai vraiment aimé rentrer dans la vie du personnage de Sophie, qui par son côté un peu froid et à la fois intense, est vraiment intéressant. Elle est à la fois exaspérante et vraiment touchante. J’ai aussi aimé tout ce qui a trait au cinéma, à la création et au monde qui entoure cet environment. On suit aussi différentes périodes de la vie de Sophie et donc on traverse différents aspects de la vie américaine.

J’ai lu ce livre après deux abandons de lecture et je l’ai lu vraiment vite alors je vous le recommande même si je me rends bien compte que je n’arrive pas à en parler à sa juste valeur (comme souvent quand on a aimé, non?)

 chez Antigone

 chez Titine

Purity : Jonathan Franzen

Il faut que je vous avoue que je n’ai pas fini « Purity » mais vu que je me suis arrêtée après avoir lu  567 pages sur 740, je ne l’ai pas compté dans mes abandons de lecture! Et si je fais un billet, c’est en partie pour mettre mes idées au clair sur ce que j’ai pensé de ce roman que, vous vous en doutez déjà, je ne vous recommande pas vivement 😉

Donc, déjà, ce roman fait 740 pages ce qui n’est pas rien… Et je vais commencer par vous donner le résumé de l’éditeur pour l’histoire :

« Purity, alias « Pip », est étudiante à Oakland, en Californie. Elle qui a grandi sans connaître l’identité de son père, élevée par une mère qui ne dévoile rien de sa vie, elle se tourne naturellement vers le journalisme d’investigation. On la dirige alors vers l’Allemand Andreas Wolf, un lanceur d’alertes charismatique rappelant par bien des côtés Edward Snowden et Julian Assange. Depuis la base secrète de son ONG en Bolivie, Andreas se livre à des attaques ciblées sur internet. Tandis qu’ils se rapprochent dans une relation trouble, Andreas avoue à Pip son secret : il a tué un homme. 
Dans un récit époustouflant de virtuosité, Jonathan Franzen plonge dans le passé d’Andreas, qui fut un dissident connu dans l’Allemagne de l’Est des années 80, et jette ses personnages dans les courants violents de l’histoire contemporaine. Purity est un livre où tout le monde ment, pour cacher ses erreurs, ses fautes et ses crimes. C’est un thriller qui n’épargne pas les pouvoirs et ceux qui en abusent. Mais aussi un roman d’amour désespéré dans lequel le sexe et les sentiments s’accordent rarement. On l’aura compris : jamais Franzen n’aura été aussi audacieux, aussi imprévisible que dans ce roman à la fois profond et formidablement divertissant. »

Le roman se découpe en longs chapitres ayant pour personnage principal un personnage différent à chaque fois, personnage que l’on retrouve directement ou indirectement dans les autres chapitres. Les époques sont différentes et ce n’est pas chronologique. Après avoir lu les 3 premiers (longs) chapitres et j’avais l’impression d’avoir lu trois débuts de romans n’ayant pas grand chose à voir les uns avec les autres à part le fait qu’il y ait des personnages en commun mais sans plus.
Quand je suis arrivée au chapitre intitulé  « [LE109N8ORD] », vers la page 500, je m’ennuyais profondément et je lisais en diagonale en zappant beaucoup « mode avance rapide »…
Finalement, j’ai craqué et comme je vous le disais, à la page 567, j’ai abandonné : trop bavard et décousu. Il est clair que l’auteur aime s’écouter raconter des histoires parce qu’on aurait pu faire des coupes. Je ne suis pas masochiste et la première moitié n’était pas déplaisante à lire mais j’attendais sans cesse que le roman prenne une unité au lieu de rester dans cette espèce de patchwork… et je me suis dit que ça n’évoluerait pas forcément sur le dernier chapitre et comme de toute façon, il m’importait peu de savoir comme ça se finissait… tant pis 😉
Si vous l’avez lu et aimé : n’hésitez pas à le dire en commentaires! 😉

 chez Antigone

 Blandine chez qui je l’ai gagné.

 catégorie « mot unique »

La librairie de l’île : Gabrielle Zevin

A.J. Fikry est libraire. C’est même le seul libraire de l’île d’Alice. Il a ouvert cette librairie il y a des années avec sa femme Nic mais depuis la mort accidentelle de cette dernière, AJ est devenu encore plus bougon et peu ouvert aux autres surtout, il n’est pas loin d’être alcoolique.

Un jour, il trouve dans sa librairie un petite fille d’environ 2 ans avec un mot de la mère demandant que son enfant soit élevée au milieu des livres parmi des gens pour qui la lecture compte.

Avec l’aide de Ismay, la soeur de sa défunte épouse qui est toujours proche de lui, il s’occupe de cette petite fille et s’attache tant à la petite Maya, qu’il va l’adopter et devenir un père exemplaire. Il va aussi tomber amoureux d’une représentante de livres qui va l’accompagner dans sa librairie et dans sa nouvelle vie de famille. Ismay, sa belle-soeur avec sa vie personnelle compliquée va être un personnage important de sa vie ainsi que Lambiase, un flic devenu le meilleur ami de AJ.

J’ai plutôt bien aimé ce roman, ou plutôt, j’ai plutôt bien aimé l’idée de ce roman qui a mon avis est beaucoup trop court et du coup, il y a beaucoup trop de raccourcis qui rendent le roman presque incohérent. Avec une centaine de pages en plus, l’auteur aurait pu développer pas mal d’aspects qui auraient enrichis le récit.

L’histoire de cet homme bourru qui se prend d’affection pour une enfant et qui tombe amoureux d’une amoureuse des livres et qui vivent au milieu des livres est touchante et je l’ai appréciée tout comme j’ai apprécié les personages secondaires comme Ismay la belle-soeur pas si parfaite et son mari -auteur raté et volage et le policier moins obtus qu’il n’y parait au début qui monte son club de lecture de littérature policière et même le personnage de la mère de Maya-absente par la force des choses mais très présente dans les pensées, et surtout Maya, petite fille précoce, auteur en herbe de grande valeur… Il y avait vraiment de quoi faire un bon roman chorale…

Mais j’ai parfois eu l’impression qu’il manquait des passages entiers, qu’on ne prenait jamais le temps de développer alors que cela s’y prêtait. Certains romans sont trop bavards (je vous en reparlerai dans mon mon prochain billet de lecture!) mais d’autres se voulant trop concis perdent en réalisme et c’est dommage car ce roman aurait pu être beaucoup plus riche.

Je vous le recommande cependant pour une lecture légère (je l’ai lu en deux jours) en gardant à l’esprit que vous resterez peut-être sur votre faim car ce roman aurait pu être bien meilleur à mon avis. Je pense que ça ferait un bon petit film autour des livres!

 chez Titine

 catégorie lieu

 par Mrs B (et sa soeur, « ma jumelle » de prénom, de jour de naissance et de taille!) : Merci à toutes les deux!

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

Ecoute la ville tomber (The bricks that built the house) : Kate Tempest

J’ai découvert Kate Tempest en voyant cette vidéo d’elle en train de réciter/déclamer/vivre un de ses poèmes sur Radio Nova et j’ai été bluffée par les mots, le rythme et l’intensité :

Ensuite, en février, les Bibliomaniacs ont parlé de son premier roman « Ecoute la ville tomber » et j’ai su qu’il fallait que je le lise en anglais!

J’ai beaucoup aimé ce roman et je ne suis pas loin du tout du coup de coeur.

J’ai aimé le style, la langue choisie par l’auteur, les mots, le rythme qui n’est pas toujours le même, selon les personnages. J’ai trouvé qu’on «entendait» le rythme du texte rien qu’en le lisant. Elle sait aussi créer des images pour faire vivre les émotions ressenties par les personnages, il y a des inventions littéraires très imagées. Je n’ai pas d’exemples à vous donner et j’espère vraiment que ces passages sont bien traduits.

J’ai aimé l’univers dans lequel l’histoire se passe : une Angleterre très actuelle, très ordinaire, très quotidienne celle que l’on retrouve dans les séries très réalistes que les anglais savent si bien faire ou même celle des « soaps » presque misérabilistes mais finalement très vrais.

Je n’ai pas vraiment envie de vous parler de l’histoire car je l’ai découvert sans trop savoir où j’allais. Le premier chapitre nous fait comprendre que trois personnages sont en fuite puis nous revenons un an plus tôt et nous retrouvons les personnages du début (et d’autres) et nous les suivons pendant un an : leurs vies professionnelles (pas toujours honnêtes ou glorieuses), leurs vies amoureuses et amicales, leurs familles et les histoires personnelles de certains personnages secondaires. Il y est question de trafique de drogues, de passion pour la danse, de rencontres qui tirent en arrière et d’autres qui font avancer.

Je sais que ce que je dis ne vous explique pas vraiment de quoi cela parle mais je n’ai pas envie de réduire ce roman à des faits car en réalité, c’est surtout un roman qui parle de gens qui veulent vivre leurs rêves, qui veulent vivre et pas seulement survivre et qui se cherchent et parfois se trouvent.

J’ai aimé ces personnages, très bien dépeints, très finement, en quelque coups de plume, on les voit et on ressent ce qu’ils ressentent. Ce roman est d’ailleurs plus une galerie de portraits qu’un roman avec une intrigue très forte et le titre anglais est d’ailleurs très parlant selon moi, j’y ai vu deux interprétations. Le titre est « Les briques qui ont construit la ville » et pour moi, les personnages sont ces briques et chacun d’entre eux a son importance et construit une trame plus grande, fabrique un ensemble. Et puis, avec les passages plus ponctuels qui racontent le passé des parents ou connaissances des personnages principaux, il y a une sorte de maillage entre les vies des uns et des autres qui me font penser que nous sommes le fruit des vies de ceux qui nous entourent, on se construit en étant nourri de ce que nos parents ont été avant nous. (Je sens que je ne suis pas claire… J’ai beaucoup de mal à écrire ce billet et pourtant, j’ai tellement envie de vous donner envie!)

Le bémol pour moi serait la fin un peu trop caricaturale par rapport au reste qui était pour moi très bien maîtrisé. Je sais que je lirai à nouveau cette jeune auteur dont c’est le premier roman!

Le premier chapitre est époustouflant, comme un poème et j’ai depuis trouvé une lecture par Kate Tempest de ce chapitre et c’est poignant :

En lisant ce roman, j’ai immédiatement pensé à des textes des Arctic Monkeys qui (à leurs débuts en tout cas) écrivent des chansons comme des portraits de gens ordinaires en Angleterre. J’ai pensé à l’album « Whatever people say I am, that’s what I’m not » 

Mais aussi « Favourite worst nightmare » (toujours de Arctic Monkeys) :

 chez Titine