Les femmes du North End : Katherena Vermette

Ce roman se passe dans la banlieue de Winnipeg, en hiver, sous la neige. Les chapitres alternent des voix de femmes toutes liées d’une manière ou d’une autre.

Cela commence avec une histoire d’enquête sur une attaque et un viol sordide sur une jeune fille mais ce n’est finalement qu’un déclencheur, un prétexte, car le coeur de cette histoire ce sont les femmes. En effet, l’autrice donne la parole à des femmes qui ont toutes comme point commun d’être Amérindiennes.

Elles sont de tous les âges et ont des modes de vies différents mais elles vivent toutes dans le quartier plus ou moins défavorisé du North End et sont liées par des liens familiaux ou amicaux ou par le hasard des rencontres, bonnes ou mauvaises. Elles portent toutes à leur manière leur héritage amérindien et c’est aussi un pan très important du roman.

Cette histoire va creuser dans leur psychologie, dans les relations humaines, dans leur rapport aux origines. J’ai vraiment beaucoup aimé l’ensemble et les différents portraits de femmes dressés par l’autrice.

Il y a un côté vraiment noir de par le point de départ, violent, et noir par tous les aspects sociaux -gangs, racisme, pauvreté- et plutôt sombre aussi sur le plan des relations entre les hommes et les femmes, mais c’est aussi un très beau roman sur la sororité, sur la transmission et sur la force que les femmes peuvent s’apporter quand elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes. Le personnage de la grand-mère, la Kookom, est particulièrement touchant. Et si les hommes sont plutôt absents, il y a quand même un jeune policier métis (prononcer « Méti », nom d’un peuple autochtone) qui sert de traits d’union et qui semble être celui qui sauve un peu l’image des hommes dans cette communauté de femmes.

J’ai beaucoup aimé et je ne peux que vous le recommander. C’est un premier roman et il a déjà beaucoup de force.

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Merci aux éditions Albin Michel!

S’adapter : Clara Dupont-Monod

Je vais commencer par vous dire que je ne suis pas passée loin du coup de coeur et ce qui m’a empêché de le mettre c’est que j’ai trouvé la troisième et dernière partie un peu longue, mais j’ai beaucoup aimé! Et aussi, je ne savais pas du tout de quoi parlait l’histoire. Je l’ai lu parce qu’il avait eu le prix Goncourt des lycéens et qu’une collègue avec qui j’échange des livres me l’a proposé. Ca a donc été une excellente surprise!

Le point de départ de cette histoire est la naissance d’un bébé dans une famille vivant dans les montagnes des Cévennes. Très vite, les parents s’aperçoivent que le bébé est lourdement handicapé. L’histoire est ensuite racontée du point de vue des enfants de la famille.

L’aîné va s’investir intensément pour son petit frère. Leur relation -à sens unique car l’enfant qui restera toute sa jeune vie un bébé qui ne peut pas communiquer- est fusionnelle, l’aîné voulant toujours tout faire pour que son frère soit le plus confortable et le plus épanoui possible. Mais cette relation va aussi formater sa relation aux autres et il aura beaucoup de mal à lâcher prise et laisser les autres entrer dans sa vie de peur de les perdre.

La cadette se voit dépossédée de son aîné qui ne voit plus que l’enfant et elle ne le supporte pas. Elle est dégoûtée par l’enfant handicapé, elle ne peut pas le toucher et ne veut rien avoir à faire avec lui. Elle lui en veut de lui voler l’attention de son frère aîné et de détruire ses parents. Elle est emplie de colère et d’autodestruction.

Des années après la mort de l’enfant, un dernier enfant rejoint la famille et c’est le point de vue de celui qui n’a pas connu l’enfant inadapté mais qui sent le poids de ce dernier sur ses épaules. Il se sent lui-même inadapté pour d’autres raisons et a l’impression de devoir forcer sa place dans la famille, particulièrement auprès de ses aînés.

J’ai trouvé très intéressant ces différents points de vue : les frères et sœurs de l’enfant handicapés, leur place dans la famille, leur place autour de cet enfant. J’ai aussi beaucoup aimé le style et particulièrement toute la place que la nature a dans ce roman.

De cette autrice j’avais aimé Le roi disait que j’étais diable.

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par ma collègue Catherine
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2021

Les enfants d’une autre (Other people’s children) : Joanna Trollope

Attention : si vous êtes sur le point d’emménager avec quelqu’un qui a déjà des enfants ce roman peut vous faire peur… ou vous éclairer… je ne sais pas s’il faut vous encourager ou vous dissuader de le lire 😉

En effet, ce roman parle de familles recomposées et de la difficulté d’être la belle-mère, celle qui prend la place de l’autre…

Ici, nous suivons deux couples et plusieurs enfants. Dans un des couples, Mathew, un père de 3 enfants entre 10 et 15 ans a quitté Nadine, une mère au caractère hautement explosif et instable qui manipule ses enfants qui montrent une loyauté exacerbée vis à vis de leur mère qui entraine une hostilité sans borne vis à vis de leur belle-mère. Il est maintenant marié à Josie, mère de Rufus, un petit garçon de 8 ans, vraiment adorable qui ne comprend pas bien ce qui lui arrive.

Josie était auparavant mariée avec Tom, le père de Rufus et ce dernier a aussi deux enfants adultes, dont Dale, sa fille de 25 ans qui n’a jamais aimé le fait que son père se remarie après la mort de sa mère. Toutes ces années après elle ne supporte toujours pas l’idée de partager son père lorsque celui-ci rencontre Elizabeth et tombe amoureux d’elle. Rufus, quant à lui, aime beaucoup Elizabeth et trouve avec elle et son père un apaisement qu’il n’y a plus chez sa mère et Mathew à cause des conflits avec les 3 ados…

Les relations familiales racontées dans ce roman sonnent vraiment justes! Je n’ai jamais été directement confrontée à cette situation personnellement, mais pendant ma lecture, j’ai pensé à différentes anecdotes racontées par des amies qui les ont vécues. Personnellement, la lecture de ce roman me ferait réfléchir à deux fois avant de m’engager avec quelqu’un qui a des enfants, car comme le dit un des personnages : ce n’est pas impossible mais ce n’est pas facile. Et on peut très bien comprendre pourquoi. Dans ces histoires, Joanna Trollope montre bien que c’est compliqué pour tout le monde : pour les enfants qui n’ont pas choisis qu’on bouleverse leurs vies, pour le parent qui ne vit pas au quotidien avec ses enfants, pour le parent qui doit essayer de se faire accepter… C’est un réel casse-tête et elle arrive à montrer tout cela sans porter de jugement.

J’ai aimé l’écriture rythmée et j’ai dévoré ce roman comme on regarderait une série sans pouvoir s’arrêter. Je me suis d’ailleurs dit que cela ferait une très bonne adaptation télévisée, une bonne mini-série comme les anglais savent les faire et en écrivant ce billet j’ai découvert que cela avait été le cas en 2000 mais pas moyen de voir une bande annonce ou un extrait vidéo.

De Joanna Trollope, j’avais déjà lu et aimé « Les femmes de ses fils » et je trouve qu’elle est très forte pour dépeindre les vies de familles ordinaires avec tous ses petits et grands problèmes!

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catégorie famille

Nina Simone, mélodie de la lutte : Sophie Adriansen

Résumé de l’éditeur : « Elle est jeune, elle est douée. Mais parce qu’elle est noire, Eunice Waymon doit renoncer à son rêve de devenir concertiste classique. Alors, à l’été 1954, à Atlantic City, dans un bar grill accueillant des ivrognes et un piano droit, pour que sa mère pasteure ne sache pas qu’elle se produit dans ce genre d’endroit, elle devient Nina Simone. Il lui faudra dix ans d’une carrière remarquable pour que germent en elle les graines du militantisme en faveur des droits civiques. En 1963, désormais mère, et alors que Martin Luther King vient d’affirmer qu’il a un rêve, elle choisira d’utiliser la seule arme qu’elle ait jamais eue entre les mains : la musique. Sous la plume de Sophie Adriansen, au cœur d’une Amérique en proie à la ségrégation et au racisme, se dessine la figure inoubliable de Nina Simone. La femme, l’artiste hors du commun et la militante infatigable qu’elle a été. Une légende dont les motifs de colère sont toujours d’actualité. »

*

Nina Simone est une artiste que j’aime beaucoup et je vous en ai déjà parlé sur le blog au travers d’un très bel album jeunesse que j’avais lu avec Bastien : « Nina » de Alice Brière-Haquet et Bruno Liance et d’un documentaire sur Netflix : « What happened, Miss Simone?« . Alors, quand Sophie Adriansen m’a proposé de lire son livre biographique sur Nina Simone, j’ai bien entendu dit oui tout de suite, d’autant que j’ai eu de très belles rencontres littéraires avec cette autrice par le passé avec « Le syndrome de la vitre étoilée« , « Linea Nigra« , « La remplaçante » (BD avec Mathou) et « Max et les poissons » (jeunesse).

La collection « Les indomptées » propose des « biographies subjectives » de femmes et dans ce cas particulier, l’autrice explique à la fin qu’elle a fait le choix de parler des années où Nina Simone était « l’artiste engagée, haranguant le public depuis le tabouret de son piano ou scandant debout sa révolte au micro » sans pour autant raconter toute sa vie jusqu’à sa mort.

C’est une biographie subjective en cela qu’elle n’est pas exhaustive mais je l’ai trouvée vraiment intéressante. Tout d’abord, elle s’intéresse à l’essor d’une artiste talentueuse, musicienne classique dont les ambitions seront contrariées du fait d’être née noire au mauvais endroit au mauvais moment et qui se révélera dans une musique plus populaire (elle n’a jamais aimé les étiquettes de « jazz » ou de « soul » mais en tout cas, ce n’était pas du classique).

Puis; la jeune femme va s’investir dans la cause des droits civiques et s’impliquer dans le movement pour l’égalité des droits entre les Noirs et les Blancs dans le sud des Etats-Unis. Elle le fera par ses actes, ses mots et aussi ses chansons.

J’ai beaucoup aimé le fait que l’autrice insère régulièrement des petites informations sur la société de l’époque, sur des faits en lien avec la situation des Noirs aux Etas-Unis à chaque périodes évoquées par la biographie, des mises en perspective.

J’ai aussi aimé qu’à la fin, Sophie Adriansen replace Nina Simone aussi dans sa vie et explique ce qui la rattache à elle, car quitte à faire une biographie subjective, je trouve intéressant de savoir pourquoi un auteur ou une autrice a choisi de parler d’une personnalité!

Je ne suis en générale pas une grande adepte des documentaires et biographies mais j’ai lu celle-ci comme un roman et ça pour moi c’est un signe de réussite!

Pour conclure voici des chansons engagées de Nina Simone :

Une lecture commune en différé avec Blandine et Nath Sci qui vont en parler plus tard !

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catégorie « art »
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avec un peu de retard

L’origine des autres : Toni Morrison

Je ne résiste jamais à un bookface!

Ma relation avec Toni Morrison est ambivalente : j’ai adoré certains titres comme « Beloved« , « Home » et « Un don » , j’ai moins aimé « Délivrances » et j’ai abandonné « Tar Baby » et « L’oeil le plus bleu ». Je me suis dit que j’allais lui laisser une chance avec ce livre que j’ai trouvé par hasard chez un bouquiniste en décembre.

*

Résumé de l’éditeur : « Le prix Nobel, Toni Morrison, revient sur les thèmes qui imprègnent son travail et dominent de plus en plus clairement la politique nationale et mondiale : la « race », la peur, les frontières, le mouvement de masse des populations, le désir d’appartenance. Qu’est-ce que la « race » et pourquoi est-ce si important ? Qu’est-ce qui motive la tendance de l’être humain à créer les Autres ? Pourquoi la présence de ces Autres nous fait-elle si peur ?
Dans le cadre d’une intervention à Harvard, faisant partie de la série des prestigieuses conférences « Norton Lectures », Toni Morrison réfléchit à ces questions – ainsi qu’à d’autres questions vitales – au sujet de l’identité. Dans sa quête de réponses, l’auteur se replonge dans ses propres souvenirs mais également dans l’histoire, la politique, et surtout la littérature qui joue un rôle important – notamment la littérature de William Faulkner, Flannery O’Connor et Joseph Conrad – dans la notion de « race » aux États-Unis, que ce soit de manière positive ou négative. L’auteur s’intéresse à ce que signifie être noir, à la notion de pureté des « races » et à la façon dont la littérature utilise la couleur de peau pour décrire un personnage ou faire avancer un récit. Élargissant la portée de son discours, Toni Morrison étudie également la mondialisation et le déplacement des populations à notre époque. »

*

Ce n’est pas un roman, mais une série de six conférences qu’elle a données à Harvard en 2016. C’est un livre court (90 pages) mais ce n’est pas pour autant une lecture « légère ». Moi qui ne suis pas une grande adepte des essais, je vais avoir un peu de mal à vous en parler en détail.

C’est pourquoi je vous ai donné le résumé de l’éditeur et aussi parce que même si j’écris ce billet moins d’une semaine après avoir lu le livre, je ne me souviens presque de rien… La seule chose dont je me souviens c’est que c’était intéressant sur le moment, plutôt érudit (en même temps… c’était pour Harvard…) et que j’ai aimé quand elle faisait des parallèles littéraires mais sinon, c’est le vide complet pour vous dire précisément de quoi il s’agit exactement…

Je crois que Toni et moi, c’est fini cette fois 😉

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C’est l’anniversaire de Toni Morrison aujourd’hui!
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Alabama 1963 : Ludovic Manchette et Christian Niemec (Lu par Marie Bouvier)

Résumé de l’éditeur : « Birmingham, Alabama, 1963. Le corps sans vie d’une fillette noire est retrouvé. La police s’en préoccupe de loin. Mais voilà que d’autres petites filles noires disparaissent… Bud Larkin, détective privé bougon, alcoolique et raciste, accepte d’enquêter pour le père de la première victime. Adela Cobb, femme de ménage noire, jeune veuve et mère de famille, s’interroge : « Les petites filles, ça disparaît pas comme ça… ». Deux êtres que tout oppose. A priori.
Sous des airs de polar américain, Alabama 1963 est avant tout une plongée captivante dans les États-Unis des années 1960, sur fond de ségrégation, de Ku Klux Klan et d’assassinat de Kennedy. »

*

Je suis assez partagée sur ce roman. Je vais commencer par dire que j’ai aimé la version audio que j’ai trouvée très bien lue. J’ai aussi aimé l’angle du polar pour parler de faits de société de l’Amérique dans les états du Sud dans les années 1960. Et pour des personnes qui ne connaissent pas trop cette époque et la situation de la ségrégation c’est une bonne entrée pour découvrir tout cela.

Mais (vous l’attendiez le « mais » n’est-ce pas?) j’avoue que je ne suis pas convaincue pour autant. C’est sans doute parce que c’est un sujet que je connais bien et sur lequel j’ai beaucoup lu et j’ai trouvé cela un peu artificiel. J’ai trouvé qu’une grande partie de l’univers de ce roman était inspiré de « La couleur des sentiments » (il y a même une allusion directe quand une femme noire raconte que sa cousine Minnie avait fait quelque chose de terrible à sa patronne blanche…) et pourtant j’ai été très étonnée dans l’entretien avec les auteurs qu’ils n’en parlent pas… Mais je ne saurais pas vous dire pourquoi, je trouvais que ça ne sonnait pas juste… J’ai un peu eu l’impression que les auteurs avaient coché des cases qu’il fallait remplir pour faire un roman qui parle des relations raciales dans le Sud mais que cela manquait d’authenticité. Et puis j’avoue que j’ai trouvé les personnages un peu caricaturaux.

Je n’ai pas non plus particulièrement adhéré au fait que toute la résolution de l’intrigue policière repose sur des dons de voyance d’un des personnages. J’ai trouvé le procédé un peu « facile ».

Peut-être que ce roman ressemble un peu trop à un résumé de film ou de série (que j’aurais sans doute plus apprécié).

Alors je ne vous déconseille pas pour autant ce roman qui se laisse lire de façon assez plaisante (et encore plus en version audio) mais j’en attendais sans doute trop et je suis déçue. Si vous le lisez en vous disant que vous lirez un polar sympathique et ça fera sans doute une très bonne lecture de vacances mais je vous conseille surtout « La couleur des sentiments » 😉

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MERCI!
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avec Anne, Blandine et Natiora : allons voir leurs avis!
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Catégorie « chiffre »
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La femme qui fuit : Anaïs Barbeau-Lavalette

Résumé de l’éditeur : « Elle s’appelait Suzanne Meloche. Était aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus global en 1948. Fonda une famille avec le peintre Marcel Barbeau. Abandonna très tôt ses deux enfants.
Afin de remonter le cours de la vie de sa grand-mère, qu’elle n’a pas connue, l’auteur a engagé une détective privée et écrit à partir des indices dégagés. À travers ce portrait de femme explosive, restée en marge de l’histoire, Anaïs Barbeau-Lavalette livre une réflexion sur la liberté, la filiation et la création d’une intensité rare et un texte en forme d’adresse, directe et sans fard, à celle qui blessa sa mère à jamais.
« 

*

Anaïs Barbeau-Lavalette raconte l’histoire de sa grand-mère qu’elle n’a jamais vraiment connue en s’adressant à elle dans ce récit en la tutoyant (j’ai eu un peu de mal avec cet aspect du roman d’ailleurs) pour nous dresser le portrait de cette femme qui a eu une vie hors norme et qui a quitté son mari et abandonné ses enfants alors qu’ils étaient tout petits.

Les deux principaux aspects de cette histoire sont pour moi le fait qu’on y montre une femme qui toute sa vie a cherché à être reconnue et indépendante jusqu’à partir, tout simplement, laisser sa vie derrière elle pour repartir à zéro. D’ailleurs juste avant j’avais lu la BD « Sousbrouillard » dans laquelle il y a un personnage similaire.

Et puis, il y a tout un aspect culturel qui m’a beaucoup plu, c’est tout l’environnement de l’art moderne québécois auquel appartient Suzanne, son mari et ses amis. Je ne connais pas du tout ce courant artistique mais j’ai trouvé assez passionnant de le découvrir.

Je vous conseille cette histoire si vous aimez l’art et les histoires où les femmes essaient par tous les moyens (même les plus durs pour leur entourage et sans doute pour elles) de changer de vie.

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Lu en 2021

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chez Karine:) et  Yueyin (avec beaucoup de retard!)
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Catégorie famille

Les vacances : Julie Wolkenstein

Ce roman alterne le point de vue des deux personnages principaux qui vont se croiser puis s’accompagner tout le long du roman. Il s’agit de Sophie Bogoroditsk, une professeur à l’université de Caen sur le point de partir en retraite, spécialiste reconnue de la Comtesse de Ségur et Paul de Freneuse, un jeune homme, étudiant en thèse qui travaille sur des films qui ne sont jamais sortis et qui sont perdus, notamment sur Les Petites Filles Modèles de Rohmer, son premier film tourné en 1952 .

A priori, ils n’auraient jamais du se rencontrer mais Sophie a accepté de participer à une conférence en Californie sur l’adaptation des Petites Filles Modèles par Rohmer et comme elle ne connait rien au cinéma de Rohmer, c’est à l’IMEC (l’Institut Mémoires de l’Édition Contemporaine), près de Caen, qu’elle va rencontrer Paul car ils veulent tous les deux étudier le même dossier sur le sujet.

Et je ne vais en dire plus sur l’intrigue car cela se transforme en une sorte de road movie entre Caen, l’Eure et Saint Pair dans la Manche avec une enquête, pas vraiment policière, mais une enquête dans le passé autour du film de Rohmer, avec recherches sur les différents protagonistes de l’époque.

J’ai beaucoup aimé ce roman, que j’ai dévoré! J’ai particulièrement aimé les différences de points de vue entre Sophie et Paul, de part leurs âges et leurs positions dans la vie universitaire. D’ailleurs j’ai aussi beaucoup aimé être plongé dans cette vie universitaire (il y a un petit côté David Lodge pour ceux qui connaissent).

Le fait que j’ai grandi et fait mes études universitaires à Caen et que j’habite à quelques minutes de Saint Pair (et que le personnage de Sophie me fasse aussi un peu penser à ma tante) a sans doute aussi contribué à mon grand intérêt pour le roman : je m’y voyais!

Et pour ceux que ça inquiéterait : je ne connais pas vraiment Rohmer (et ce que j’en ai vu ne m’a jamais vraiment plu) et je n’ai jamais lu la Comtesse de Ségur (ou alors peut-être dans ma petite enfance et je n’en garde aucun souvenir) et cela ne m’a absolument pas gêné pour me plonger dans cette histoire!

J’avais eu un coup de coeur pour « Adèle et moi » de Julie Wolkenstein et même si récemment j’ai abandonné « Et toujours en été » à la moitié car je n’accrochais pas à la forme, j’aimais bien le fond alors je pense que c’est une autrice dont je lirai d’autres choses si vous avez des conseils à me donner!

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La carte postale : Anne Berest

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Résumé de l’éditeur : « C’était en janvier 2003. Dans notre boîte aux lettres, au milieu des traditionnelles cartes de voeux, se trouvait une carte postale étrange.
Elle n’était pas signée, l’auteur avait voulu rester anonyme.
L’Opéra Garnier d’un côté, et de l’autre, les prénoms des grands-parents de ma mère, de sa tante et son oncle, morts à Auschwitz en 1942.
Vingt ans plus tard, j’ai décidé de savoir qui nous avait envoyé cette carte postale. J’ai mené l’enquête, avec l’aide de ma mère. En explorant toutes les hypothèses qui s’ouvraient à moi. Avec l’aide d’un détective privé, d’un criminologue, j’ai interrogé les habitants du village où ma famille a été arrêtée, j’ai remué ciel et terre. Et j’y suis arrivée.
Cette enquête m’a menée cent ans en arrière. J’ai retracé le destin romanesque des Rabinovitch, leur fuite de Russie, leur voyage en Lettonie puis en Palestine. Et enfin, leur arrivée à Paris, avec la guerre et son désastre.
J’ai essayé de comprendre comment ma grand-mère Myriam fut la seule qui échappa à la déportation. Et éclaircir les mystères qui entouraient ses deux mariages. J’ai dû m’imprégner de l’histoire de mes ancêtres, comme je l’avais fait avec ma sœur Claire pour mon livre précédent, Gabriële.
Ce livre est à la fois une enquête, le roman de mes ancêtres, et une quête initiatique sur la signification du mot « Juif » dans une vie laïque.
« 

*

J’ai eu envie de lire ce roman dès cet été quand ma libraire Fanny croisée dans la rue me disait qu’elle était en train de le lire pour la rentrée littéraire et qu’elle sentait déjà que ça allait être un coup de coeur. Alors quand je me suis fait un cadeau littéraire cet automne, je me suis tournée vers ce titre! Et pour la petite histoire, quand je suis allée me faire vacciner j’étais en train de le lire et cela a entraîné une discussion avec l’infirmière et je crois lui avoir donné envie de le lire! Un livre qui bénéficie du bouche à oreille, on dirait! J’espère vous donner envie à votre tour!

Cette histoire a plusieurs niveaux : de nos jours, Claire Berest raconte l’enquête qu’elle mène avec sa mère sur l’origine d’une carte postale mystérieuse qui a été envoyée chez sa mère, au nom de sa grand-mère et qui ne comportait que quatre prénoms : Ephraïm et Emma, les grands-parents de sa mère et Noémie et Jacques sa tante et son oncle, tous morts dans les camps de concentration pendant la 2e guerre mondiale.

C’est alors une biographie de la famille qui nous est présentée, remontant à la jeunesse de Ephraïm et Emma, leurs errances, leurs voyages, leur installation en France, leur vie de Juifs en France et la guerre, leur déportation, leur mort. C’est aussi au travers de la vie de Myriam, la grand-mère de l’autrice, la seule de la famille a ne pas avoir été déportée et celle de son mari ,Vincente Picabia, une plongée dans la résistance. Mais il y a aussi la difficile vie d’après pour Myriam, la seule rescapée de la famille, et le silence qui a toujours accompagné cette période ce qui a été très dure à vivre pour Lélia, sa fille, la mère de l’autrice.

Donc, l’enquête menée par les deux femmes a un caractère presque de détective et aussi d’historien mais aussi de sociologue car cela amène des réflexions sur ce que c’est d’être Juif et également un côté très psychologique avec des considérations sur la transmission et sur le poids du passé familial.

J’ai adoré cette histoire d’une grande richesse et comme souvent quand on aime beaucoup, on en parle mal! Sachez que c’est une histoire qui mêle l’émotion et les faits historiques, qui est à la fois une introspection familiale et une enquête passionnante et que j’ai pris beaucoup de plaisir à la lire.

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Lu en 2021
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Catégorie « objet »

Let the dead speak : Jane Casey

et un petit Book Face!

Ce roman n’est pas traduit en français mais c’est le 7e tome d’une série avec le personnage de Maeve Kerrigan mais seuls les deux premiers tomes ont été traduits sous les titres « Par le feu » et « Dernier Jugement ». J’ai acheté ce roman dans un « charity shop » anglais en Bretagne et si je ne savais pas en l’empruntant que c’était un roman avec un personnage récurrent, je m’en suis vite doutée mais cela n’a pas gêné ma lecture car on comprend très bien grâce aux allusions dans le roman.

Chloe Emery rentre chez elle de manière imprévue pour découvrir que sa mère a disparu et que la maison est couverte de sang. La police va enquêter mais c’est bien compliqué car le corps n’est pas retrouvé.

Chloe a 18 ans mais elle est considérée comme limitée intellectuellement et elle a été confiée à ses voisins. Le père de famille était présent quand Chloé a constaté la disparition de sa mère alors la police s’intéresse aussi à lui. Dans la rue, il y a aussi un jeune homme qui dans le passé a été impliqué dans une attaque au couteau.

Au fil de l’enquête, des secrets se dévoilent chez tous les protagonistes sans pour autant que l’on sache tout de suite s’ils sont en lien avec la disparition de la mère. Et la question est de savoir où est le corps.

En parallèle, on suit la vie privée de Maeve Kerrigan qui vient de monter en grade et qui continue de travailler avec ses anciens collègues dont son ancien coéquipier, avec qui elle une relation particulière entre l’amitié et l’exaspération, et une nouvelle recrue, une jeune femme pas encore très aguerrie.

J’ai aimé ce roman car il ya beaucoup de mystère et toute l’enquête porte sur une crime sans même avoir de corps.

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 chez Cryssilda