La salle de bal : Anna Hope

Résumé de l’éditeur : « Lors de l’hiver 1911, l’asile d’aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l’enfance. Si elle espère d’abord être rapidement libérée, elle finit par s’habituer à la routine de l’institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l’intérieur. Ils sont néanmoins réunis chaque vendredi dans une somptueuse salle de bal. Ella y retrouvera John, un «mélancolique irlandais». Tous deux danseront, toujours plus fébriles et plus épris. 
À la tête de l’orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser. Séduit par l’eugénisme et par le projet de loi sur le Contrôle des faibles d’esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades. Projets qui pourraient avoir des conséquences désastreuses pour Ella et John. « 

J’avais repéré ce titre chez Saxaoul qui m’avait donné envie de le lire mais je crois que ce roman a pâti d’un mauvais timing de lecture. A la même époque, j’avais déjà mis de côté un autre roman qui était un peu exigeant et je pensais que cette lecture serait plus facile et pourtant, j’étais fatiguée et occupée et j’ai trop picoré, lu par petites tranches et je ne suis donc pas vraiment rentrée dans l’histoire pleinement. Et je me suis un peu ennuyée malheureusement. Mais je reste persuadée que j’aurais pu aimer ce roman si je l’avais lu à un autre moment car j’ai trouvé le style vraiment agréable et beau.

Ce que j’ai trouvé beau et touchant dans cette histoire, c’est l’évolution des personnages qui sont enfermés non pas parce qu’ils sont « fous » mais parce qu’ils ne sont pas adaptés à la société dans laquelle ils vivent. Ils sont enfermés dans un carcan et on voit petit à petit l’espoir qui transparaît entre John et Ella. Ils sont en quête de liberté et leur rencontre leur permet de s’en donner les moyens.

Il y a aussi Clem, qui est comme née à la mauvaise époque, elle a soif de connaissances et n’arrive pas à entrer dans le moule rigide dans lequel sa famille aisée veut la faire rentrer. Elle s’autodétruit et vivra par procuration la liberté de Ella dont elle sera une alliée.

Et enfin, il y a le personnage de Charles, le médecin de l’asile. Le médecin malgré lui sans doute. Il aurait tant rêvé être musicien professionnel. Mais il lutte contre lui même et se plonge à corps perdu dans son travail en apportant la musique comme thérapie pour ses patients mais surtout dans ses rêves de grandeur dans un projets d’eugénisme des « faibles d’esprit ». Mais ce n’est pas la seule frustration dans sa vie personnelle et progressivement, c’est le personnage qui sombre le plus dans la folie.

Pour conclure, je vous conseille cette lecture mais en essayant de vous ménager de bonnes périodes de lecture pour bien vous imprégner de la vie des personnages car ils le méritent. Je pense que c’est une auteur à qui je donnerai une seconde chance.

 chez Titine

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La disparition de Stephanie Mailer : Joël Dicker (lu par Philippe Sollier)

 

Je ne sais pas par quel bout prendre mon résumé mais à vrai dire je dois avouer que je ne sais pas par quel bout prendre ce roman car je dois vous dire que j’ai été très déçue…

Bon, pour vous parler rapidement de l’histoire, le 30 juillet 1994, un quadruple meurtre a eu lieu dans la ville d’Orphéa dans les Hamptons. Le crime a été résolu par Jesse Rosenberg et Derek Scott. 20 ans plus tard, Stephanie Mailer qui est journaliste disparaît et est retrouvée noyée peu de temps après alors qu’elle venait de dire au policier Jesse Rosenberg qu’il n’avait pas trouvé le bon coupable à l’époque.

Avec l’aide d’Anna Kanne, jeune inspectrice d’Orphéa, Jesse et Derek reprennent l’enquête de l’époque en cherchant les raisons de la mort de Stephanie…

Alors, il y a des allers-retours dans le passé pour revenir en 1994 au moment de l’enquête, mais aussi des retours comme de longs flash-backs sur la vie de presque tous les personnages… et ils sont nombreux et ce n’est pas toujours nécessaire… Et puis il y a une rocambolesque histoire de théâtre… festival de théâtre en carton parce qu’on en parle pour 1994 et pour 2014 mais il est totalement artificiel… D’ailleurs pour être franche, tout sonne faux dans cette histoire.. On dirait un décor creux…

Ce qui m’a le plus marqué dans ce roman, c’est qu’il y a énormément de répétitions inutiles, (et je ne vous parle même pas du nombre de fois où on entend « 1994 » ou « le quadruple meurtre de 1994 », à l’écrit ça passe peut-être mais à l’oral, ça devient presque un tic!). Certains personnages disent ou découvrent des faits et ils sont ensuite répétés par d’autres…

C’est fouillis… Pour tout dire j’avais un peu l’impression de lire un premier jet dans lequel Joël Dicker aurait laissé ses notes sur la vie de ses personnages pour mieux les cerner mais que finalement il avait tout laissé tel quel… Parfois on se dit  « Mais on a changé d’histoire là? Il a arrêté de nous parler de la disparition de Stephanie Mailer ou du quadruple meurtre de 1994 et il nous raconte une histoire qui n’a rien à voir? » (Je pense notamment à l’histoire de Dakota et aussi à celle de l’éditeur New Yorkais et sa maîtresse… Elles prennent beaucoup de place dans l’histoire pour rien…)

Et puis, c’est plein d’incohérences, de raccourcis… Je me suis même demandé si l’éditeur avais oublié de passer derrière pour corriger car il aurait pu en faire un bon petit polar resserré… Mais là, j’avais l’impression que tout ce qui était passé par la tête de l’auteur est resté dans le roman…

Quand j’ai fini cette lecture la première chose que je me suis dite c’est « Tout ça pour ça?? » En plus c’est un pavé en plus : 640 pages et en audio, c’est 18h20… Heureusement que je faisais la route pour le boulot sinon j’aurais sans doute abandonné)

Concernant la version audio, le lecteur a du mérite car il est seul pour une foule de personnages et franchement, c’était trop pour un seul homme… surtout quand il s’agissait de faire des voix de femmes souvent exagérées… C’était typiquement le genre de romans qui aurait mérité plusieurs lecteurs… Mais il a fait de son mieux!

Bref, je suis désolée d’égratigner autant ce roman d’autant que j’avais très envie de le lire car j’avais eu un coup de coeur pour « La vérité sur l’affaire Harry Quebert » (que je vous conseille d’ailleurs en audio!) et que j’avais aimé (mais un peu moins que le premier) « Le livre des Baltimore »… Je pense que celui-ci sera mon dernier de l’auteur!

Merci à 

catégorie prénom

La petite librairie des gens heureux : Veronica Henry

A Peasebrook, un petit village des Cotswolds en Angleterre, Emilia vient d’accompagner son père dans ses derniers instants. C’était un père célibataire qui avait élevé sa fille tout seul dans sa librairie « Nightingale Books » qu’il avait créé et qui était au coeur du village. Emilia reprend les rênes de la boutique mais si cela lui semble une évidence vis à vis de son père, elle s’aperçoit vite que ce dernier n’avait pas été très rigoureux concernant ses finances et que cette aventure va se révéler plus compliquée que prévue.

Des personnages gravitent autour d’Emilie et de la librairie : un promoteur immobilier aux dents longues qui veut à tout prix racheter la librairie et qui engage Jackson, son homme de main pour persuader Emilie de vendre. Sarah, la propriétaire du manoir, notable du village dont la fille Alice est sur le point de se marier, Dillon le jardinier, Thomassina la prof de cuisine hyper timide, Béa la jeune mère qui a quitté Londres avec son mari pour une vie meilleure, June une femme plus âgée qui donne un coup de main à la boutique, l’ami musicien…

Chacun a ses failles, ses secrets, ses désirs cachés et les problèmes qui surviennent finissent par se retrouver entremêlés autour de la librairie plus ou moins directement… que ce soit parce qu’ils sont liés à Julius le père d’Emilie, soit parce qu’ils aiment les livres ou justement parce qu’ils ne les aiment pas…  Le titre anglais de ce roman est « How to find love in a Bookshop » (« Comme trouver l’amour dans une librairie ») et je le trouve plus approprié car au fond dans cette histoire les gens ne sont pas vraiment heureux à priori mais la librairie va servir de liant et les personnages vont trouver l’amour au fil de l’histoire.

C’est un roman « feel good », un peu bateau sans doute, avec des méchants, des gens qui auraient pu être méchants mais qui ne le sont pas tant que ça et des gentils discrets qui se révèlent… J’ai beaucoup pensé à Maeve Binchy que j’ai beaucoup aimé à une époque. C’est un roman facile à lire avec des bons sentiments, mais ça fait du bien parfois.

D’autant que le vrai plus de ce roman c’est qu’il se passe au milieu d’une librairie qu’on aurait vraiment envie de visiter! Et il y a régulièrement des listes de livres sur une même thématique correspondant à certains personnages et c’est vraiment sympa aussi.

Je vous recommande cette lecture quand vous avez envie d’une lecture un peu doudou, sans prise de tête, axée sur les livres.

  chez Lou et Cryssilda

2ème ligne de la catégorie « mot positif »

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

Ragdoll : Daniel Cole (lu par Damien Ferrette)

C’est curieux, parfois on lit un livre et pendant la lecture on l’apprécie et puis quelques temps plus tard, le souvenir est assez flou et on se souvient plus des défauts que des bons côtés… c’est ce qui m’arrive avec ce roman. J’ai passé un bon moment sur le coup mais j’ai du mal à vous en parler… D’une part parce que j’ai l’impression d’avoir oublié beaucoup de choses, d’autre part parce que tout d’un coup, l’histoire me semble vraiment fouillis et enfin parce que je me rends compte que je ne suis pas sure d’avoir tout compris 😉 Bref… je ne vous donne sans doute pas envie de poursuivre la lecture de ce billet et pourtant, je répète : pendant la lecture j’ai passé un bon moment 😉

L’histoire est celle de « Wolf » Fawkes un inspecteur de police à Londres, qui a eu des ennuis quelques temps auparavant quand il était en charge d’une enquête sur un serial killer qui brûlait ses victimes…

Un corps, constitué de parties du corps de six victimes recousues ensemble, a été découvert par la police dans un appartement tout près du logement de « Wolf ». Un point intrigue l’inspecteur : la main de la victime pointe justement vers la fenêtre de son appartement, il se sent donc visé.

L’ex-femme de Wolf est une journaliste sur une chaîne d’infos à sensations et elle a reçu des photos du cadavre et une liste de 6 futures victimes ainsi que les dates de leur mort… Le dernier nom étant Wolf…

C’est alors une course poursuite avec le temps, tout d’abord pour protéger les victimes potentielles mais aussi pour découvrir à qui appartiennent les parties du cadavre que les journalistes et les policiers appellent « Ragdoll » (la poupée de chiffon).

Wolf est aidé de l’inspectrice Baxter, qui l’a connu au moment où il était responsable de l’enquête sur le « tueur crématiste », elle sait donc à quel point il a été fragilisé par cette affaire et cherche à le protéger autant que lui cherche à cacher ses failles à elle.

Les enquêtes du passé et du présent sont liées, on va vite s’en rendre compte. Il y a une place très importante de la presse d’infos trash et un vrai mystère sur la capacité du tueur à frapper de façon spectaculaire sans jamais se faire prendre. On est vraiment surpris à chaque fois (quoi que… à force d’être surpris, on l’est un peu moins, non?)

Et puis, il y a toute partie que j’ai trouvé obscure et qui a son importance concernant le dénouement (en eau de boudin, au passage… Il faut savoir qu’il y a une suite : « L’appât »)… J’ai vraiment trouvé que la résolution de l’enquête, le fond même de tout cela était tiré par les cheveux (ou alors pas assez clair pour moi).

Comme vous pouvez le constater, c’est un avis en demie-teinte. Je serais vraiment intéressée par d’autres avis, n’hésitez pas à me donner le vôtre!

  chez Lou et Cryssilda

3ème ligne « animal » (= Race de chat) pour le 

Je te vois : Clare Mackintosh (lu par Marcha Van Boven)

Zoé Walker, passe beaucoup de temps le matin et le soir dans les transports en commun entre sa banlieue de Londres et son travail. Un jour, en feuilletant les petites annonces dans un journal, elle croit se reconnaître dans une photo pour une petite annonce d’un site de rencontres. Elle se reconnaît mais cela ne peut pas être elle… Ses deux enfants, de jeunes adultes qui vivent toujours avec elle, et son compagnon Simon ne semblent pas prendre cette ressemble très au sérieux.

Quelques temps plus tard, Zoé commence à paniquer quand elle reconnait une victime d’un meurtre qu’elle avait également déjà vue dans une autre petite annonce pour le même site de rencontres. Elle contacte alors la police pour leur parler de ce lien. Kelly Swift, une policière, la prend au sérieux et va essayer de trouver le lien entre ces différentes affaires.

Au-delà de l’enquête, ce thriller est surtout un roman social dans lequel on découvre une Angleterre quotidienne de la banlieue de Londres. J’ai parfaitement visualisé les lieux, j’imaginais vraiment une série policière et sociétale comme les anglais savent si bien les faire!

Les personnages qui gravitent autour de Zoé ont chacun leur histoire personnelle : Simon, son nouveau compagnon, journaliste, son fils, jeune homme qui commence juste à travailler, sa fille jeune femme aspirante actrice un peu futile qui vient de tomber amoureuse d’un metteur en scène, son ex mari chauffeur de taxi, son amie, restauratrice qui a deux cafétérias. Mais il y a aussi la policière dont la soeur jumelle a subi un viol quand elle était étudiante et qui semble avoir plus de mal à s’en remettre que la victime.

Et puis, il y a des intermèdes qui sont la voix de la personne responsable du site internet qui explique par bribes son fonctionnement tout en faisant comprendre que toutes les femmes sont potentiellement vues et suivies : « Je te vois »…

J’ai beaucoup aimé ce roman qui m’a bien emporté même si avec du recul, il y  a sans doute quelques facilités. Mais ça a été une lecture très agréable, pleine de rebondissements.

Je vous la recommande si vous aimez les thrillers ancrés dans le quotidien mais peut-être pas si vous prenez le métro tous les jours dans une grande ville 😉

 avec Sylire (Cliquez pour lire son avis)

  chez Lou et Cryssilda

Merci à 

The tidal zone (Après la fin) : Sarah Moss

Adam est père au foyer -officiellement, il est universitaire qui est sensé aussi écrire un livre sur la reconstruction de la cathédrale de Coventry. Mais il est surtout celui qui s’occupe de tout dans la maison et pour ses deux filles, Miriam, 15 ans et Rose qui est en primaire, pendant que sa femme, Emma, passe des journées extrêmement longues à travailler en tant que médecin généraliste.

Un jour, la routine de leur vie est chamboulée quand pour une raison inconnue et mystérieuse Miriam a arrêté de respirer et son coeur s’est arrêté avant d’être sauvée juste à temps… Elle va passer de longues journées à l’hôpital pour essayer d’éclaircir ce qui s’est passé dans son corps.

Mais cet événement ouvre les portes de l’angoisse des parents et plus particulièrement de Adam qui est le personnage au centre du roman. C’est une réelle rupture dans ses certitudes, il a maintenant toujours peur pour sa fille, pour ses filles et pourtant la vie doit continuer.

Cette période ouvre aussi un questionnement sur sa vie de couple, sur les ressentiments qu’il éprouve envers sa femme. Ici, les rôles sont inversés et c’est l’homme qui a le rôle du quotidien et la femme qui se perd dans le monde professionnel. D’autant plus qu’étant médecin et n’ayant pas de réponse concernant la santé de leur fille, elle ne se sent pas particulièrement utile.

Il y a aussi des retours sur le père d’Adam qui était un hippie pur produit des années 60 auprès duquel il a vécu une enfance dans une communauté sur la côte sauvage anglaise. Il y a aussi des passages entiers sur le travail de recherche d’Adam la cathédrale de Coventry après le bombardement de la deuxième guerre mondiale. Et si ces passages semblent peut-être détachés de l’histoire de base, il y a malgré tout un lien dans l’idée de se définir, de se reconstruire, de trouver sa place dans le monde à plusieurs niveaux.

Le titre anglais « The tidal zone » signifie zone de marée et cela correspond bien à mon avis à ce roman.

J’ai beaucoup aimé cette histoire qui raconte une tranche de vie d’une famille pas tout à fait ordinaire qui essaie de vivre le plus normalement possible malgré des changements.

C’est très bien écrit avec des personnages vraiment réalistes et auxquels on peut s’identifier. Je les ai trouvés tous touchants à leur manière. Je vous recommande ce roman.

 chez Antigone

  chez Lou et Cryssilda

pour ma 2ème ligne « passage du temps »

Au fond de l’eau : Paula Hawkins (lu par Julien Chatelet, Clémentine Domptail, Ingrid Donnalieu, Marie-Eve Dufresne et Lola Naymark)

Julia (qui veut qu’on l’appelle Jules) revient sur les lieux de son passé douloureux quand elle a été appelée après la mort de sa soeur Nel, noyée dans la rivière qui traverse Beckford. Tout porte à croire que c’est un suicide, même si Jules, qui n’a pas vu sa soeur depuis des années, a du mal à y croire. Lena, la fille de Nel, elle, semble en être persuadée. Jules est très mal à l’aise car sa nièce de 15 ans ne semble pas affectée par la mort de sa mère, juste en colère.

Quelques mois plus tôt, la meilleure amie de Nel avait également été retrouvée noyée dans cette même rivière et la mère de la jeune fille en voulait énormément à Nel qu’elle juge responsable ou en tout cas, qu’elle accusait d’avoir influencé sa fille à cause du travail qu’elle effectuait sur l’écriture d’un livre concernant les suicides dans la rivière du village. En effet, cette rivière a été un lieu de jugement par la noyade de sorcières, dans le passé, mais également un lieux où des femmes se noyaient volontairement.

Cela avait d’ailleurs été aussi le cas de la mère du policier en charge de l’enquête, quand ce dernier était enfant.

Le roman raconte donc la vie de ce village à différentes époques puisqu’il y a aussi des retours sur l’enfance de Nel et Jules (et tout le bagage psychologique que les deux soeurs portaient depuis ce temps là et qui a façonné leurs relations) et plus loin aussi avec l’évocation d’autres femmes mortes par l’eau, et la mort de la jeune ado plus récemment.

Chaque personnage s’exprime en alternance et apporte un éclairage à ces différentes parties du récit et cela devient une enquête plus profonde qu’on aurait pu le penser.

J’ai beaucoup aimé ce roman et j’ai immédiatement pensé à la série télévisée « Broadchurch« . Je me suis dit que ce roman ferait un très bon scenario pour une quatrième série! Tous les ingrédients sont là : des histoires personnelles pour chaque villageois qui sont tous plus ou moins impliqués dans quelque chose, qui ne disent pas tout sur eux ou sur le passé. Des personnages bien définis et un personnage de policier qui arrive de l’extérieur, qui ne connait pas les tenants et les aboutissants de cette micro société et qui a un point de vue extérieur.

La version audio avec de nombreux lecteurs rend l’histoire très claire et dynamique.

Je vous recommande ce roman.

 Chez Sylire

 par Sylire (cliquez pour lire son avis)

  chez Lou et Cryssilda

La fille d’avant : JP Delaney (lu par Ingrid Donnadieu et Floriane Muller)

Le roman est construit avec les histoires de deux femmes qui s’alternent, deux femmes qui ont de nombreux points communs. Il y a Jane et Emma, qui est la fille d’avant…

Tout d’abord, Emma et son petit ami cherchent un appartement à Londres mais c’est compliqué car Emma a été agressée lors d’un cambriolage dans leur logement et elle est encore angoissée. En parallèle, Jane qui vient de subir un deuil traumatisant, cherche un logement pour changer d’air…  Alors les agents immobiliers leur parlent d’un logement très particulier… Il s’agit du « One Folgate Street » (pourquoi est-ce que le traducteur ne l’a pas appelé le « 1 (un) Folgate Sreet »?) une maison ultra minimaliste, moderne, une oeuvre par un architecte exigeant qui ne laisse pas n’importe qui vivre dans ses murs. En effet, Edward Monkford, son créateur, choisit les locataires sur dossier aux questions très personnelles et sur entretien et s’il accepte quelqu’un, il lui impose des règles d’usage extrêmement strictes pour pouvoir loger dans cet espace censé être parfait, neutre, froid et pourtant apaisant… et d’accepter un certain « flicage » technologique…

On comprend que ces deux femmes appartiennent à des périodes différentes et pourtant, toutes deux vont tomber sous le charme de Edward Monkford, sorte de parfait gentleman, riche et excentrique. Elles vont commencer une relation amoureuse avec lui.

Mais les choses prennent une tournure différente quand Jane apprend que Emma est morte au One Folgate Street. Elle veut en savoir plus et mène une enquête pour savoir ce qui s’est réellement passé et pour comprendre les relations qu’il y avait entre Edward et Emma.

Ce roman est un thriller psychologique que j’ai beaucoup aimé car avec l’alternance des points de vue on découvre des similitudes entre les deux femmes qui font froid dans le dos et on se demande jusqu’où elles auront la même vie. On s’interroge aussi sur la réelle personnalité de tous les protagonistes car ce qu’on sait des uns et des autres est forcément présenté de façon partiale et on doit démêler le vrai du faux. Il y a un effet de répétition que j’ai trouvé intéressant.

Au niveau de la version audio, il y a deux lectrices mais je dois avouer que je n’arrivais pas vraiment à les distinguer (ce qui n’était pas gênant non plus vu que chaque chapitre commence par le nom du personnage féminin dont on va suivre l’histoire). Je pense que quitte à choisir deux lectrices autant choisir deux types de voix vraiment différentes. Là, ça aurait pu être la même lectrice qui modifie un peu sa diction, ça n’apportait pas forcément un vrai plus.

 Chez Sylire

 avec Sylire (Cliquez pour lire son avis)

 par Estellecalim (cliquez pour lire son avis)

catégorie « passage du temps »

  chez Lou et Cryssilda

Black sheep : Susan Hill

Ce roman m’a été prêté par mon amie Mrs B et je ne savais pas trop à quoi m’attendre mais je peux vous dire qu’elle m’a dit que ça lui avait fait penser à « Le jour d’avant » de Sorj Chalandon et elle avait raison.

En effet, ce roman se passe dans un village minier au coeur d’une famille de mineurs. Une famille dont le père et tous les fils sont mineurs et dont la vie de la mère est entièrement orientée sur ses mineurs. La mine est une présence omniprésente en arrière plan, les fumées, le charbon, une certaine noirceur pèse sur le village.

Dans cette famille, il y a aussi un jeune fils et une fille, la seule de la famille, Ted and Rose, et eux, vont chercher tous les deux chercher à se libérer de cette obligation de faire partie de la mine. Ted en grandissant s’affirmera en s’opposant à la mine et à son père en allant travailler à la ferme auprès de moutons en plein air plutôt que sous la terre. Il  deviendra le « mouton noir » de la famille dès cet instant. Rose, s’échappe en se mariant, mais elle réalise que le mariage n’est pas une liberation mais un autre enfermement… Tous les deux sont un peu rebelles et leur relation sera intimement liée dans un drame.

Je ne veux pas en dire plus car ce roman est court mais il est aussi très dense. C’est un portrait social et humain. Cela parle de la place de l’individu au sein d’une famille et d’une société. Cela parle d’une quête de liberté pas facile à atteindre.

Ce que j’ai aussi beaucoup aimé dans ce roman c’est qu’il est intemporel, on ne sait pas trop à quelle époque cela se passe. J’ai fait une petite vérification historique (à partir d’un événement dont je ne parlerai pas dans ce billet) et tout ce que je peux dire c’est qu’il se passe obligatoirement avant 1964 et j’imaginais bien qu’il se situait dans les années 40-50 mais Mrs B, elle, imaginait que ça se passait plutôt au début du 20ème siècle. Et je trouve ça assez fort car on pourrait aussi imaginer que ça se passe de nos jours.

Le style est précis et sans fioritures. Comme je vous le disais, le roman est court mais certainement pas creux.

Pour l’instant, il n’est pas traduit, mais je vous le conseille si vous lisez en anglais.

 par Mrs B : Merci!

pour ma 2ème ligne « animal »

chez Lou et Cryssilda

The forgotten garden (Le jardin des secrets) : Kate Morton

J’aime beaucoup Kate Morton et si j’ai attendu un moment avant de lire celui-ci c’est parce que c’est un pavé que je pensais lire en été. Mais j’ai profité de la fin des dernières vacances pour le lire pour le mois anglais et je n’ai pas regretté, je l’ai dévoré! Par contre, ce billet n’est pas facile à écrire, parce que non seulement le roman est un pavé de 640 pages mais en plus il est raconte une sorte de saga familiale entre l’Angleterre et l’Australie qui nous fait voyager de 1900 à 2005 avec des temps forts en 1900, 1913, 1930, 1975 et 2005… Alors je ne sais pas par quel bout vous parler de cette histoire pour ne pas trop en dire 😉

Alors, je vais commencer par le commencement. En 1913, une petite fille de 4 ans arrive en Australie par un bateau venant d’Angleterre. Elle est seule et personne ne la réclame à l’arrivée. Elle est recueillie par un couple d’Australiens qui l’appellent Nell (car la petite fille ne se souvient pas de son nom) et elle vivra avec eux sans se souvenir de sa vie d’avant. En 1930, le jour de ses 21 ans, son père lui avoue la vérité… Le seul lien qu’elle a avec son passé c’est un livre de contes illustré.

En 2005, Cassandra, la petite fille de Nell, vient de perdre sa grand-mère. Elle se doutait qu’elle héritait de cette dernière mais elle a la grande surprise d’apprendre qu’elle avait acheté un cottage en Angleterre, en 1975, juste avant que Cassandra vienne vivre avec elle après que la fille de Nell (la mère de Cassandra) l’ai abandonnée.

Cassandra apprend quelques détails sur le passé de sa grand-mère par ses grands-tantes et elle décide d’aller en Angleterre pour voir le cottage et aussi pour creuser le passé et comprendre d’où Nell venait…

L’histoire remonte alors en 1900 et raconte l’histoire d’une petite fille dans les bas-fonds de Londres, qui rejoint une famille de notables anglais dans une grande propriété à la campagne de Cornouailles. Eliza devient très amie avec Rose, la fille de la famille, sa cousine et nous suivrons l’évolution de leurs relations et de la vie de la maisonnée à Tregenna. Eliza deviendra une conteuse hors paire…

Nous suivons aussi l’histoire de Nell en 1975 quand elle est venue en Angleterre sur les trace de son passé et qu’elle a acheté un cottage à Tregenna après qu’elle ait découvert qu’elle avait un lien avec les personnages vivant dans la grande maison…

Le lecteur apprend des choses sur cette saga à chaque époque avec chaque personnage et les pièces du puzzle se mettent en place au fur et à mesure, petit à petit, et pourtant, les personnages eux-mêmes ne sauront pas tout. Les contes du livre de Nell, les contes d’Eliza, émaillent le récit et lui apportent une touche à la fois mystérieuse et magique et à la fois un éclairage poétique sur la réalité.

J’ai beaucoup aimé cette histoire qui est beaucoup plus facile à comprendre et à suivre que mon billet ne le laisse sans doute entendre 😉 Il y a des passages par différentes époques vraiment passionnants, et des relations humaines très fortes.

Je vous le recommande!

 chez Antigone

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali   pour la place que prend le livre de contes et les contes au sein du récit.

chez Lou et Cryssilda