Avenue des Géants : Marc Dugain

Ce roman raconte la vie de Al Kenner mais il est inspiré de Ed Kemper (c’est même une biographie romancée). Deux périodes s’alternent : de nos jours, Al Kenner est en prison à vie et communique avec une visiteuse de prison et le même personnage dans le passé, à partir de ses 15 ans quand sa vie a basculé.

En effet, le jeune Al Kenner, un « géant » de 2,20 mètres, au QI supérieur à celui d’Einstein est un garçon très discret et mal dans sa peu qui vit chez ses grands-parents, mis à l’écart par son père et sa mère séparés. Un matin, exaspéré, il tue froidement sa grand-mère qu’il ne supporte plus et tout de suite après son grand-père. Il commence par fuir, comme pour se libérer mais se dénonce et est mis en hôpital psychiatrique.

Là, auprès de son psychiatre, il va à la fois se livrer un peu mais surtout apprendre beaucoup de choses sur les différentes psychoses. Il porte une histoire familiale particulièrement lourde et ses relations avec sa mère qui sont la cause de « mauvaises pensées » contre lesquelles il lutte…

Une fois sorti de l’hôpital psychiatrique, il reprend une vie à peu près normale même si la fréquentation de sa mère ne l’aide pas forcément et il boit énormément. Il est amené à se rapprocher de la police et même l’aider dans une enquête grâce à ses connaissances sur la psychiatrie. Il est toujours un solitaire qui a du mal à communiquer…

Comme je vous le disais, on sait dès le premier chapitre qu’il a fait quelque chose de grave mais le roman est vraiment bien construit car quand on revient dans le passé, si on sent bien que le personnage de Al n’est pas tout à fait « net », on ne saura qu’à la fin ce qui l’a mené en prison, car on découvre alors une autre perspective à l’histoire qu’on vient de lire.

En plus de ce roman autour d’un personnage, c’est un roman qui brosse le portait des Etats-Unis des années 60-70 avec des pères qui ont fait la deuxième guerre mondiale, des jeunes qui subissent la guerre du Vietnam et la montée des mouvements hippies, un vrai tournant dans la société américaine.

Bien écrit et bien construit, on est touché par ce personnage hors norme qui semble presque avoir deux personnalités, à la fois « gendre idéal » et « personnalité borderline » et le roman le rend très bien.

 ma Best Elise

 chez Antigone

Les petites tempêtes : Valérie Chevalier

Quand j’ai commencé cette lecture j’avais un peu peur de tomber sur un roman à l’eau de rose mais je dois dire que j’ai plutôt été agréablement surprise.

On rencontre Raphaëlle alors qu’elle est adolescente et commence le lycée. Elle vit avec son père (sa mère les a quittés il y a des années) et elle fait la connaissance de Chanterelle, une ado indépendante et au caractère bien trempé qui va devenir sa meilleure amie et la complice de sa vie.

Ce roman est en fait un déroulé de la vie affective de Raphaëlle au fil de sa vie : ses relations fortes et pleine de bienveillance avec son père qui sait lui laisser sa liberté, son amitié indéfectible avec sa meilleure amie Chanterelle, ses choix professionnels quand elle va se lancer dans la vie d’artiste peintre et ses rencontres amoureuses plus ou moins sérieuses, plus ou moins sexuelles…

Elle va traverser des tempêtes, certaines petites, certaines plus grandes et aller de Monréal à Newberry aux Etats-Unis et passer plusieurs mois à Paris.

Ce que j’ai aimé dans ce roman c’est que l’auteur ne nous sert pas le « parfait amour » à longueur de pages. Au contraire, les relations amoureuses de Raphaëlle sont plutôt « normales », passagères et la construisent petit à petit. Les éléments essentiels à sa vie sont son père et son amie. Elle passe par des hauts er des bas comme chacun d’entre nous peut en connaître.

J’ai aussi aimé sa passion pour la peinture et la partie à Paris où sont évoqués les différences culturelles entre le Québec et la France!

Si vous souhaitez un moment de détente sans prise de tête, c’est un petit roman plutôt sympathique.

  chez Karine:) et  Yueyin

Manikanetish : Naomi Fontaine

L’an denier, j’avais eu un coup de coeur pour la version audio du premier roman de Naomi Fontaine : Kuessipan alors je savais que je lirai celui-ci quand j’ai vu qu’elle en avait écrit un autre. J’ai eu la chance de l’acheter lors de son passage au Festival Amercica.

Et c’est à nouveau un coup de coeur. Quelle plume! Cette jeune auteur écrit vraiment bien, tout en finesse, avec une certaine poésie pourtant tout à fait ancrée dans la réalité. Elle dit les choses d’une belle façon, tout sonne juste. C’est d’une belle fluidité.

L’auteur sait s’effacer derrière son texte et pourtant, le texte parle d’elle. Pas uniquement d’elle car elle parle du peuple Innu (anciennement connu sous le nom des Montagnards), de la vie à la réserve de Uashat mais aussi plus particulièrement des jeunes avec qui elle travaille. En peu de mots, elle sait tisser une communauté

On suit Yammie, toute jeune enseignante fraîchement diplômée qui décide de quitter Québec et son petit ami pour retourner à Uashat, sur la Côte-Nord pour prendre son premier poste à l’école Manikanetish (Petite Marguerite). Elle vient de cet endroit, elle y est née mais sa mère est partie à Québec avec elle quand elle avait 7 ans et elle est dans une position particulière de celle qui EST Innue mais qui n’a pas vécu au sein de la communauté. Son retour pour y enseigner est autant pour elle le besoin de transmettre que d’apprendre de ceux qu’elle va côtoyer.

Cette histoire est donc celle de Yammie, de sa famille, de cette jeune femme de son époque qui apprend à s’approprier des codes et retrouver ses racines mais surtout, c’est l’histoire -les histoires- de ses élèves.

Elle rencontre des jeunes parfois en perdition, parfois qui s’accrochent pour s’en sortir malgré les difficultés rencontrées. Décrochage scolaire, maternité précoce, étudiantes élevant déjà un ou deux enfants, suicides, deuils familiaux…

Elle ne va pas essayer de les « sauver » mais de leur apporter une écoute, un enseignement qui les revalorise et aussi, un peu sous la contrainte de son directeur elle va les pousser un peu dans leurs retranchements en leur faisant monter et jouer « Le Cid » dans le cadre d’un atelier théâtre.

Ce roman est très touchant, pas du tout manichéen, il ne cache pas les difficultés à enseigner et les difficultés à vivre dans une réserve, il montre des personnages vraiment attachants et des situations de vie pas simples.

J’ai vraiment aimé et je sais que je lirai son prochain aussi!

Quelques extraits, mais j’aurais pu noter une page deux 😉 :

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Petite anecdote : Au festival America, dans la queue pour la dédicace, j’ai parlé quelques  minutes avec la personne devant moi, elle a évoqué qu’elle avait un blog mais je n’ai pas rebondi mais j’ai entendu le prénom qu’elle donnait à Naomi Fontaine et c’est une fois rentrée chez moi que j’ai réalisé que ce prénom correspondait à la blogueuse Sharon que je connais virtuellement depuis un moment alors on peut dire qu’on s’est rencontrées sans s’en rendre compte 😉

Je n’ai pas eu la chance d’assister à la table ronde sur la thématique des Premières Nations mais j’ai regardé la captation qui en a été faite et c’est passionnant. Cela ne concerne pas seulement les Premières Nations au Québec mais Naomi Fontaine intervient et à l’occasion de cette lecture commune autour de le littérature autochtone, je trouve que c’est très intéressant de se plonger dans leurs univers.

  chez Karine:) et  Yueyin

 autour de la littérature autochtone et sur ce titre plus particulièrement avec  Argali, Karine et Sharon : Allons voir leurs avis!

Le fleuve : Sylvie Drapeau (lu par l’auteur)

Je ne m’attendais rien en commençant cette lecture audio et j’ai tout de suite été saisie par le style plein de douceur et la très belle façon dont l’auteur lit son propre texte. Et puis l’histoire, racontée du point de vue d’une petite fille d’abord puis l’enfant qui grandit est à la fois pleine d’amour et pleine de la nostalgie de l’enfance et puis pleine du drame qui survient.

La narratrice (l’auteur d’après ce que j’ai compris) raconte donc une enfance pleine de liberté dans la campagne de  la Côte-Nord, avec le fleuve comme une figure vivante, à la fois attirant et inquiétant. Les enfants, de nombreux frères et soeurs de tous âges, qu’elle surnomme « la meute », passent leurs journées à vivre des aventures dehors. La petite fille qui a 5 ans a une admiration sans borne pour Roch, son frère aîné :  elle le suit, il est fort et courageux, il est téméraire et aventurier… Et pourtant, c’est lui qui va disparaître, noyé dans le fleuve…

Ce drame va bien évidemment bouleverser la famille entière. L’enfant va raconter ses parents qui doivent survivre à cette mort. Elle va raconter l’équilibre de la meute qui change… Et puis elle va raconter la vie qui continue.

Qu’est-ce que ce texte est beau! Émouvant et touchant et superbe! J’ai été vraiment très émue mais pas seulement par les moments dramatiques : les passages sur l’enfance sont formidables et les passages sur le retour à la vie de la famille sont aussi très jolis… Tout m’a plu!

Le fait que l’auteur soit une aussi actrice est un réel atout pour cette lecture audio car elle le lit, elle le joue avec une vraie justesse, une grande sincérité.

C’est un coup de coeur et je vous recommande vraiment la version audio.

A découvrir en le téléchargeant gratuitement sur Ici Radio Canada

 Chez Sylire

   chez Karine:) et  Yueyin

Je suis un écrivain japonais : Dany Laferrière

Je dois commencer par vous dire que j’ai abandonné cette lecture après en avoir lu la moitié… Et que juste avant j’ai mis de côté après un tiers « Le cri des oiseaux fous » (mais je vais laisser une seconde chance à ce titre, peut-être pour Québec en Novembre 2019, car la langue est belle et le propos très intéressant…. Je pense que ce n’était pas le bon moment pour ce livre et moi!). Mais pour cette lecture commune autour de Dany Laferrière, j’avais envie de participer quand même car c’est un auteur dont j’ai aimé ce que j’ai lu jusqu’ici. Avant le blog, il y a très longtemps, j’avais lu et beaucoup aimé « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer » et j’ai eu un coup de coeur pour « L’énigme du retour » et j’ai découvert l’homme et l’auteur grâce à un entretien avec Jean-Luc Hess. Mais je dois admettre que je n’ai pas du tout réussi à entrer dans « Je suis un écrivain japonais »…

Alors, je vais vous recopier le résumé de l’éditeur québécois pour vous donner une idée de l’histoire : « Il vit à Montréal, il lit Mishima et Basho, il drague des japonaises, il passe sa journée au café, il projette d’écrire un roman ou de faire un film, mais plus particulièrement un roman ou un film à la manière des maîtres japonais.
C’est ce qu’il raconte à une journaliste japonaise en tournée dans la métropole québécoise, et c’est ainsi que le scandale éclate à Tokyo. Comment peut-on, quand on vit à Montréal, se prendre pour un écrivain et un cinéaste japonais ? Jusqu’à son éditeur, qui l’appelle pour lui dire son mécontentement de ne pas avoir reçu ce roman qui l’a déjà rendu célèbre sur les rives du Pacifique.
Dany Laferrière est ici plus que jamais fidèle à lui-même. Fête de l’intelligence et des sens, Je suis un écrivain japonais est une célébration de la littérature et du plaisir, des femmes et des écrivains, dans l’ordre et dans le désordre. »

Et je vais être franche avec vous, pour moi, j’ai surtout remarqué le désordre car très vite, je n’ai rien compris 😉 J’ai trouvé que ça partait un peu dans tous les sens et puis la littérature japonaise et moi ça fait deux, je ne suis pas vraiment fan, alors Dany Laferrière a sans doute bien réussi  son coup : il m’a autant perdue qu’un « vrai » écrivain japonais l’aurait fait!

Cependant, j’ai relevé plusieurs phrases que j’ai trouvées belles, fines et très bien pensées ce qui me fait dire que ce n’est pas l’auteur qui ne m’a pas plu mais ce roman en particulier. Ce n’est donc sans doute pas mon dernier Dany Laferrière. D’autant que j’aime beaucoup l’homme que je trouve vraiment passionnant!

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Cliquez sur la photo pour écouter un interview de l’auteur au sujet de ce roman 

 autour de l’auteur Dany Laferrière dans le cadre de    chez Karine:) et  Yueyin

Miss Sarajevo : Ingrid Thobois

 

Dans ce roman, Joachim, la quarantaine, doit revenir à Rouen après la mort de son père alors qu’il n’y est pas retourné depuis 20 ans. C’est un photographe de guerre et dans le trajet en train qui le ramène à Rouen sur les pas de sa jeunesse, son esprit va voyager dans le temps et dans l’espace. Il va revisiter ses drames, les détricoter…

On remonte dans le passé pour comprendre l’histoire très complexe de sa famille. On devine, on comprend, le drame intime d’une famille où les parents meurtris -détruits- par un événement tragique n’ont plus su s’aimer, ni vraiment aimer leurs enfants … et la conséquence qui a été la destruction de leur fille adolescente qui a fini par se défenestrer… Moment particulièrement terrible pour Joachim, alors étudiant, qui était présent dans l’appartement familial quand cela s’est produit et qui a ensuite subi le silence pesant de ses parents.

Le deuxième drame qui revient à l’esprit de Joachim pendant ce voyage, c’est son passage par Sarajvo, au début des années 90,  peu de temps après la mort de sa soeur. En plein dans la guerre des Balkans, conflit terrible où les habitants de Sarajevo risquent leur vie -littéralement- à chaque coin de rue… Il est hébergé par une femme et sa fille. Le fils qui est dans l’armée les rejoint parfois. La jeune fille n’a pas mis les pieds hors de l’appartement depuis un an avant de participer à un improbable concours de « Miss Sarajevo ». Pendant ces deux mois, en deuil de sa soeur, il est confronté à la mort qui plane et entouré de gens qui vivent…

Il n’y pas de lien apparent entre les deux pans de vie de Joachim mais pourtant il les tisse dans ses souvenirs avec cette mort qui plane autour de lui. J’ai l’impression que ses parents se sont toute leur vie retranchés eux aussi dans le silence des secrets et de la culpabilité comme cette famille de Sarajevo pour se « protéger » de quelque chose. J’ai trouvé intéressant que dans son métier de photographe de guerre, Joachim semble avoir ce besoin d’aller au devant du danger et ce besoin aussi de tout fixer en images (et pourtant à Sarajevo, il prenait des « photos » sans pellicule, comme s’il se libérait de quelque chose)…

Finalement, mon impression est étrange car je ne suis ni vraiment emballée ni mitigée mais plutôt partagée. J’ai aimé beaucoup de choses dans ce roman : l’histoire, l’entremêlement des faits et le style que j’ai trouvé très beau et pourtant ma lecture n’a pas été aussi enthousiaste qu’elle aurait pu l’être… C’est curieux, je suis un peu déçue… et je ne sais pas pointer ce qui m’a manqué. Peut-être un peu de rythme ou un peu plus de lien entre les deux histoires?

#MRL18 #Rakuten

Merci à ma « marraine » des Matchs de la Rentrée Littéraire : Antigone (cliquez sur son nom pour voir son billet sur ce roman)

Pour en savoir plus sur le concours « Miss Sarajavo » qui a vraiment existé, cliquez sur la photo :

catégorie « art » car c’est le titre d’une chanson de U2

Un peu plus loin sur la droite : Fred Vargas (lu par Philippe Allard)

J’aime beaucoup Fred Vargas qui est une auteur qui sait écrire des polars dans lesquels l’ambiance, les personnages et l’atmosphère sont parfois plus importants que l’intrigue elle-même.

Ce roman fait partie de la série « des Évangélistes » : le premier étant « Debout les morts« , celui-ci est le deuxième et le troisième est « Dans feu ni lieu« .

Louis (ou Ludwig) Kehlweiler, aussi appelé l’Allemand, est un ancien flic qui travaillait au ministère de l’intérieur. Même s’il n’a plus les contacts officiels, il a conservé tout un réseau d’indics partout en France. Et même s’il ne travaille plus, il continue à faire des surveillances et mener des enquêtes à son compte. Il a pour compagnon un crapaud nommé Bufo qu’il transporte dans sa poche et une amie, vieille prostituée gouailleuse et un peu décrépie, Marthe.

Dans cette enquête, on rencontre les historiens excentriques qu’Armand Vandoosler, l’oncle de l’un d’entre eux, appelle les évangélistes. Marc Vandoosler, le médiéviste, aide Kehlweiler à compiler des faits divers dans les journaux de provinces pour chercher des informations pouvant peut-être présenter un intérêt…

Lors d’une filature, le hasard fait que Louis Kehlweiler découvre un os humain dans les restes d’un extrêmement de chien à Paris et ses recherches vont les mener, lui et Marc Vandoosler (et aussi Mathias un autre « évangéliste », dit « Saint Matthieu » l’archéologue spécialiste de la Préhistoire) jusqu’à un petit village au bord de la mer dans le Finistère, où une vieille dame a été retrouvée morte suite à une chute d’une falaise… Car, l’ancien flic est persuadé qu’il y a quelque chose d’anormal dans cette mort et un lien avec l’os retrouvé à Paris…

Sur place il va donc creuser dans la vie des habitants et avec son air de rien, il va réussir à découvrir des secrets qui remontent dans le passé … du passé plus ou moins lointain.

Ce n’est pas mon Fred Vargas préféré même si la version audio est très bonne. Je l’ai trouvé un peu décousu (il y a certains éléments qui me semblent évoqués mais pas menés jusqu’au bout) et un peu tiré par les cheveux. Par contre ce qui est plaisant c’est l’humour de Fred Vargas dans ses personnages et aussi de savoir qu’on va retrouver certains personnages dans d’autres romans (Marthe, par exemple).

 par Sylire : Merci!

 Chez Sylire

Tu comprendras quand tu seras plus grande : Virginie Grimaldi

J’ai trouvé ce livre dans une boîte à livre et je l’ai pris car j’avais vu cette couverture passer sur beaucoup de blogs et quand ce titre a été tiré au sort pour le Book Jar, j’ai eu beaucoup de retour positifs mais une amie m’a aussi dit qu’elle avait trouvé que c’était « gentillet » et franchement, je suis désolée pour toutes celles qui ont adoré ce roman mais pour ma part, j’ai aussi trouvé ça « gentillet »…

Pour être franche, si je l’ai lu jusqu’au bout c’est uniquement parce que ça se lit très vite (grosse police sur pages épaisses (ne soyez pas effrayés par sa taille).

Tout d’abord, je n’ai pas cru une seconde au personnage de psychologue qu’est Julia qui fait un remplacement dans une maison de retraite. A part aller parler avec les pensionnaires en prenant le café, je n’ai pas bien compris ce qu’elle faisait en tant que psychologue (je serais vraiment curieuse d’avoir l’avis d’une vraie psychologue en maison de retraite.)

Quand elle arrive, elle est un peu au fond du trou : elle a perdu son père et sa grand-mère et son copain l’a quittée et elle vient à Biarritz dans cette maison de retraite avec plein d’a priori sur les personnes âgées mais très rapidement (très très rapidement…) elle s’attache à eux car à part un homme, ils sont tous adorables (tous …).

Elle devient amies avec les autres membres du personnels qui sont aussi ses voisins et évidemment (évidemment…) il y a des histoires d’amour parmi les jeunes et parmi les vieux… Bon, il y a des petits secrets et des plus gros, des rebondissements, des moments tristes et des moments drôles.

Je ne peux pas dire que j’ai détesté, j’ai même été émue par moments et il y a des jolies idées parfois mais j’ai globalement trouvé ça sans grand intérêt car un peu trop plein de bons sentiments et de clichés… J’ai coché plein de pages avec des phrases qui m’ont vraiment gênées par leur caractère « cucul »… Mais je ne m’inquiète pas pour ce roman, j’ai fait un petit tour sur Babelio et je n’ai vu qu’un seul avis aussi négatif que le mien (sur 30 pages d’avis!) et j’ai vu énormément de coups de coeur… ce que je n’arrive pas du tout à comprendre… Mais je pense que la leçon que je dois tirer de cette lecture c’est que le « feel good » n’est pas vraiment ma tasse de thé…

 

 chez Antigone

Les huit montagnes : Paolo Cognetti (lu par Emmanuel Dekoninck)

Je ne suis pas passée loin du coup de coeur pour ce roman et je le recommande vraiment à tous les passionnés de montagne, mais pas seulement!

Ce roman c’est une grande histoire d’amitié et une grande histoire d’amour pour la montagne. C’est l’histoire d’une famille de citadins, qui vivent à Milan toute l’année mais qui rejoignent la montagne chaque été. Le père de Bruno est un homme un peu taciturne qui ne vit que pour ces moments où il va se retrouver, se ressourcer dans la haute montagne et sa mère est une femme généreuse et ouverte qui elle préfère les paysages de la montagne en forêt.

Bruno, lui tout d’abord assez solitaire, devient un jour ami avec Pietro, un enfant de la montagne, qui va devenir son compagnon de jeux, compagnon de montagne mais aussi presque un frère. Ils s’éloignent un peu en grandissant mais se retrouvent à l’âge adulte et renouent des relations fraternelles très fortes et belles.

Mais il y a aussi un élément essentiel à ce roman, c’est la montagne qui est presque un personnage à part entière. La montagne qui est un fond mais qui est aussi un liant entre les hommes, un but à atteindre, un havre de paix. C’est la montagne qui dégage une belle poésie dans ce roman que j’ai trouvé vraiment très beau et fort.

La version audio est très bien lue par Emmanuel Dekoninck.

 Chez Sylire

  avec Meuraïe : allons voir son avis!

Merci à 

Le nouveau nom (T2) : Elena Ferrante (lu par Marina Moncade)

Après le 1er tome « L’amie prodigieuse » où on quittait Elena et Lila au moment où cette dernière se marie et on va donc suivre les deux amies alors que Lila, à 16 ans, à peine mariée, réalise que son mari n’est pas celui qu’elle avait imaginé. Elena, elle va poursuivre ses études.

Ce n’est pas facile de vous parler en détails de ce roman car il se passe tant de choses et il y a tant de personnages :  les habitants du quartier, avec les rivalités plus ou moins mafieuses, entre la famille de Lila, son mari et les amis ou enemies.

Il y a aussi la relation entre Lila et Elena qui évolue, qui se modifie en fonction de leurs changements de vie : Lila qui vit une vie d’adulte, qui mène son monde à la baguette, qui rayonne et attire l’attention, en bien ou en mal et qui blesse aussi.

Elena, qui a si longtemps été dans l’ombre de Lila prend de la distance par ses études. Elle s’éloigne du quartier à plus d’un titre, rencontre des gens qui lui permette de s’épanouir, de prendre de l’indépendance.

Dans ce roman, ce n’est pas tant les événements que les personnages qui comptent et aussi tous les sentiments contradictoires que tout un chacun peut ressentir au fil de la vie.

J’ai bien aimé mais ce n’est pas vraiment un roman dont il est simple de parler, on est plus dans le ressenti.

La version audio est très bonne. J’ai eu beaucoup de plaisir à l’audiolire.

 Chez Sylire