Au fond de l’eau : Paula Hawkins (lu par Julien Chatelet, Clémentine Domptail, Ingrid Donnalieu, Marie-Eve Dufresne et Lola Naymark)

Julia (qui veut qu’on l’appelle Jules) revient sur les lieux de son passé douloureux quand elle a été appelée après la mort de sa soeur Nel, noyée dans la rivière qui traverse Beckford. Tout porte à croire que c’est un suicide, même si Jules, qui n’a pas vu sa soeur depuis des années, a du mal à y croire. Lena, la fille de Nel, elle, semble en être persuadée. Jules est très mal à l’aise car sa nièce de 15 ans ne semble pas affectée par la mort de sa mère, juste en colère.

Quelques mois plus tôt, la meilleure amie de Nel avait également été retrouvée noyée dans cette même rivière et la mère de la jeune fille en voulait énormément à Nel qu’elle juge responsable ou en tout cas, qu’elle accusait d’avoir influencé sa fille à cause du travail qu’elle effectuait sur l’écriture d’un livre concernant les suicides dans la rivière du village. En effet, cette rivière a été un lieu de jugement par la noyade de sorcières, dans le passé, mais également un lieux où des femmes se noyaient volontairement.

Cela avait d’ailleurs été aussi le cas de la mère du policier en charge de l’enquête, quand ce dernier était enfant.

Le roman raconte donc la vie de ce village à différentes époques puisqu’il y a aussi des retours sur l’enfance de Nel et Jules (et tout le bagage psychologique que les deux soeurs portaient depuis ce temps là et qui a façonné leurs relations) et plus loin aussi avec l’évocation d’autres femmes mortes par l’eau, et la mort de la jeune ado plus récemment.

Chaque personnage s’exprime en alternance et apporte un éclairage à ces différentes parties du récit et cela devient une enquête plus profonde qu’on aurait pu le penser.

J’ai beaucoup aimé ce roman et j’ai immédiatement pensé à la série télévisée « Broadchurch« . Je me suis dit que ce roman ferait un très bon scenario pour une quatrième série! Tous les ingrédients sont là : des histoires personnelles pour chaque villageois qui sont tous plus ou moins impliqués dans quelque chose, qui ne disent pas tout sur eux ou sur le passé. Des personnages bien définis et un personnage de policier qui arrive de l’extérieur, qui ne connait pas les tenants et les aboutissants de cette micro société et qui a un point de vue extérieur.

La version audio avec de nombreux lecteurs rend l’histoire très claire et dynamique.

Je vous recommande ce roman.

 Chez Sylire

 par Sylire (cliquez pour lire son avis)

  chez Lou et Cryssilda

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La fille d’avant : JP Delaney (lu par Ingrid Donnadieu et Floriane Muller)

Le roman est construit avec les histoires de deux femmes qui s’alternent, deux femmes qui ont de nombreux points communs. Il y a Jane et Emma, qui est la fille d’avant…

Tout d’abord, Emma et son petit ami cherchent un appartement à Londres mais c’est compliqué car Emma a été agressée lors d’un cambriolage dans leur logement et elle est encore angoissée. En parallèle, Jane qui vient de subir un deuil traumatisant, cherche un logement pour changer d’air…  Alors les agents immobiliers leur parlent d’un logement très particulier… Il s’agit du « One Folgate Street » (pourquoi est-ce que le traducteur ne l’a pas appelé le « 1 (un) Folgate Sreet »?) une maison ultra minimaliste, moderne, une oeuvre par un architecte exigeant qui ne laisse pas n’importe qui vivre dans ses murs. En effet, Edward Monkford, son créateur, choisit les locataires sur dossier aux questions très personnelles et sur entretien et s’il accepte quelqu’un, il lui impose des règles d’usage extrêmement strictes pour pouvoir loger dans cet espace censé être parfait, neutre, froid et pourtant apaisant… et d’accepter un certain « flicage » technologique…

On comprend que ces deux femmes appartiennent à des périodes différentes et pourtant, toutes deux vont tomber sous le charme de Edward Monkford, sorte de parfait gentleman, riche et excentrique. Elles vont commencer une relation amoureuse avec lui.

Mais les choses prennent une tournure différente quand Jane apprend que Emma est morte au One Folgate Street. Elle veut en savoir plus et mène une enquête pour savoir ce qui s’est réellement passé et pour comprendre les relations qu’il y avait entre Edward et Emma.

Ce roman est un thriller psychologique que j’ai beaucoup aimé car avec l’alternance des points de vue on découvre des similitudes entre les deux femmes qui font froid dans le dos et on se demande jusqu’où elles auront la même vie. On s’interroge aussi sur la réelle personnalité de tous les protagonistes car ce qu’on sait des uns et des autres est forcément présenté de façon partiale et on doit démêler le vrai du faux. Il y a un effet de répétition que j’ai trouvé intéressant.

Au niveau de la version audio, il y a deux lectrices mais je dois avouer que je n’arrivais pas vraiment à les distinguer (ce qui n’était pas gênant non plus vu que chaque chapitre commence par le nom du personnage féminin dont on va suivre l’histoire). Je pense que quitte à choisir deux lectrices autant choisir deux types de voix vraiment différentes. Là, ça aurait pu être la même lectrice qui modifie un peu sa diction, ça n’apportait pas forcément un vrai plus.

 Chez Sylire

 avec Sylire (Cliquez pour lire son avis)

 par Estellecalim (cliquez pour lire son avis)

catégorie « passage du temps »

  chez Lou et Cryssilda

Black sheep : Susan Hill

Ce roman m’a été prêté par mon amie Mrs B et je ne savais pas trop à quoi m’attendre mais je peux vous dire qu’elle m’a dit que ça lui avait fait penser à « Le jour d’avant » de Sorj Chalandon et elle avait raison.

En effet, ce roman se passe dans un village minier au coeur d’une famille de mineurs. Une famille dont le père et tous les fils sont mineurs et dont la vie de la mère est entièrement orientée sur ses mineurs. La mine est une présence omniprésente en arrière plan, les fumées, le charbon, une certaine noirceur pèse sur le village.

Dans cette famille, il y a aussi un jeune fils et une fille, la seule de la famille, Ted and Rose, et eux, vont chercher tous les deux chercher à se libérer de cette obligation de faire partie de la mine. Ted en grandissant s’affirmera en s’opposant à la mine et à son père en allant travailler à la ferme auprès de moutons en plein air plutôt que sous la terre. Il  deviendra le « mouton noir » de la famille dès cet instant. Rose, s’échappe en se mariant, mais elle réalise que le mariage n’est pas une liberation mais un autre enfermement… Tous les deux sont un peu rebelles et leur relation sera intimement liée dans un drame.

Je ne veux pas en dire plus car ce roman est court mais il est aussi très dense. C’est un portrait social et humain. Cela parle de la place de l’individu au sein d’une famille et d’une société. Cela parle d’une quête de liberté pas facile à atteindre.

Ce que j’ai aussi beaucoup aimé dans ce roman c’est qu’il est intemporel, on ne sait pas trop à quelle époque cela se passe. J’ai fait une petite vérification historique (à partir d’un événement dont je ne parlerai pas dans ce billet) et tout ce que je peux dire c’est qu’il se passe obligatoirement avant 1964 et j’imaginais bien qu’il se situait dans les années 40-50 mais Mrs B, elle, imaginait que ça se passait plutôt au début du 20ème siècle. Et je trouve ça assez fort car on pourrait aussi imaginer que ça se passe de nos jours.

Le style est précis et sans fioritures. Comme je vous le disais, le roman est court mais certainement pas creux.

Pour l’instant, il n’est pas traduit, mais je vous le conseille si vous lisez en anglais.

 par Mrs B : Merci!

pour ma 2ème ligne « animal »

chez Lou et Cryssilda

The forgotten garden (Le jardin des secrets) : Kate Morton

J’aime beaucoup Kate Morton et si j’ai attendu un moment avant de lire celui-ci c’est parce que c’est un pavé que je pensais lire en été. Mais j’ai profité de la fin des dernières vacances pour le lire pour le mois anglais et je n’ai pas regretté, je l’ai dévoré! Par contre, ce billet n’est pas facile à écrire, parce que non seulement le roman est un pavé de 640 pages mais en plus il est raconte une sorte de saga familiale entre l’Angleterre et l’Australie qui nous fait voyager de 1900 à 2005 avec des temps forts en 1900, 1913, 1930, 1975 et 2005… Alors je ne sais pas par quel bout vous parler de cette histoire pour ne pas trop en dire 😉

Alors, je vais commencer par le commencement. En 1913, une petite fille de 4 ans arrive en Australie par un bateau venant d’Angleterre. Elle est seule et personne ne la réclame à l’arrivée. Elle est recueillie par un couple d’Australiens qui l’appellent Nell (car la petite fille ne se souvient pas de son nom) et elle vivra avec eux sans se souvenir de sa vie d’avant. En 1930, le jour de ses 21 ans, son père lui avoue la vérité… Le seul lien qu’elle a avec son passé c’est un livre de contes illustré.

En 2005, Cassandra, la petite fille de Nell, vient de perdre sa grand-mère. Elle se doutait qu’elle héritait de cette dernière mais elle a la grande surprise d’apprendre qu’elle avait acheté un cottage en Angleterre, en 1975, juste avant que Cassandra vienne vivre avec elle après que la fille de Nell (la mère de Cassandra) l’ai abandonnée.

Cassandra apprend quelques détails sur le passé de sa grand-mère par ses grands-tantes et elle décide d’aller en Angleterre pour voir le cottage et aussi pour creuser le passé et comprendre d’où Nell venait…

L’histoire remonte alors en 1900 et raconte l’histoire d’une petite fille dans les bas-fonds de Londres, qui rejoint une famille de notables anglais dans une grande propriété à la campagne de Cornouailles. Eliza devient très amie avec Rose, la fille de la famille, sa cousine et nous suivrons l’évolution de leurs relations et de la vie de la maisonnée à Tregenna. Eliza deviendra une conteuse hors paire…

Nous suivons aussi l’histoire de Nell en 1975 quand elle est venue en Angleterre sur les trace de son passé et qu’elle a acheté un cottage à Tregenna après qu’elle ait découvert qu’elle avait un lien avec les personnages vivant dans la grande maison…

Le lecteur apprend des choses sur cette saga à chaque époque avec chaque personnage et les pièces du puzzle se mettent en place au fur et à mesure, petit à petit, et pourtant, les personnages eux-mêmes ne sauront pas tout. Les contes du livre de Nell, les contes d’Eliza, émaillent le récit et lui apportent une touche à la fois mystérieuse et magique et à la fois un éclairage poétique sur la réalité.

J’ai beaucoup aimé cette histoire qui est beaucoup plus facile à comprendre et à suivre que mon billet ne le laisse sans doute entendre 😉 Il y a des passages par différentes époques vraiment passionnants, et des relations humaines très fortes.

Je vous le recommande!

 chez Antigone

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali   pour la place que prend le livre de contes et les contes au sein du récit.

chez Lou et Cryssilda

Le crime de l’Orient Express : Agatha Christie (+ adaptations filmées)

Je connais par coeur cette histoire d’Agatha Christie et je considère que c’est de ses meilleurs romans que je conseille toujours aux gens qui n’ont jamais lu la reine du crime!

J’ai certainement lu « Le crime de l’Orient Express » quand j’étais toute jeune mais ensuite j’ai vu plusieurs adaptations cinématographiques et du coup, je n’étais pas tellement tentée de le relire me disant que ça ne valait sans doute pas la peine. Mais quand j’ai emmené mes élèves au cinéma pour voir la dernière version en date, je me suis dit que ça ressemblait beaucoup (vraiment beaucoup!) à une adaptation de la version de la chaîne anglaise ITV et je me suis donc dit qu’il fallait que je le relise pour voir ce qui était dans le livre et ce qui n’y était pas!

La première adaptation que j’ai vue, il y a très longtemps date de 1974 (je ne l’ai pas vue à sa sortie quand même, étant née en 1973!) Réalisée par Sidney Lumet et elle a un casting incroyable et elle m’a vraiment marquée! C’est une très bonne version, notamment grâce à ses acteurs formidables (Lauren Bacall, Jacqueline Bisset, Sean Connery, Vanessa Redgrave, Jean-Pierre Cassel, Ingrid Bergman, Anthony Perkins…)

La deuxième version est celle de ITV avec David Suchet comme Hercule Poirot et je dois dire que David Suchet est un parfait Hercule Poirot, le plus fidèle, physiquement parlant, à celui d’Agatha Christie je pense et aussi au niveau du caractère. Mais dans cet épisode, il est un peu trop mystique à mon goût, faisant des prières et ayant un cas de conscience quasi religieux qui ne lui ressemble pas du tout. Cette version est aussi très sombre mais l’ambiance est bonne.

La dernière version en date est celle de Kenneth Branagh qui est sortie en novembre 2017 et que j’ai montrée à mes élèves au cinéma après avoir étudié la bande annonce. J’ai bien aimé ce film, les images et l’ambiance sont vraiment réussies. Hercule Poirot est cependant un peu surprenant : un peu trop « dynamique » pour correspondre vraiment au personnage écrit par Agatha Christie (je ne crois pas qu’Hercule Poirot ait couru une seule fois dans sa vie et là, il fait des cascades 😉 Par contre, il est parfaitement contente de lui!

Il y a donc des points communs dans les deux dernières versions. On présente une fin d’enquête avant le début de l’intrigue à bord de l’Orient Express, sans doute là pour montrer le grand talent d’enquêteur d’Hercule Poirot, mais évidement, cela n’est pas nécessaire dans le roman. Un des personnage féminin des deux dernières versions filmées est dépeint de la même manière mais elle est totalement différente dans le roman et il y a même une anecdote concernant la taille et symétrie des oeufs  la coque de Hercule Poirot qui est dans les deux films mais pas dans le roman (ce qui confirme mon impression que la dernière version est plus une adaptation de l’adaptation 😉

Je vais juste vous dire quelques mots de l’intrigue pour ne rien déflorer (surtout ne LISEZ PAS wikipédia!!!).

Hercule Poirot qui doit rejoindre Londres d’urgence prend un billet pour l’Orient Express de Istanbul à Calais à la dernière minute. A bord, il est abordé par Mr Ratchett, un des passagers, qui veut l’engager pour sa protection, ce qu’il refuse.

Mr Ratchett est découvert un matin assassiné de 12 coups de couteau, juste la nuit où le train est immobilisé par la neige au milieu de nulle part et donc que le coupable n’a pas pu s’échapper et est toujours dans le train.

Hercule Poirot découvre que la victime s’appelle en réalité M. Cassetti et qu’il était responsable de l’enlèvement et la mort d’une petite fille aux Etats-Unis, la petite Daisy Armstrong. Son meurtre a certainement un lien avec cette affaire.

Tout le monde est interrogé et les suspects deviennent de plus en plus nombreux mais les alibis sont aussi complètement solides et Hercule Poirot va faire marcher ses petites cellules grises pour trouver le coupable.

Je vous conseille fortement de le lire car pour moi c’est un classique de la littérature policière!

chez Lou et Cryssilda

 du mois anglais autour du « polar »

catégorie « lieu ou moyen de transport » de ma ligne Agatha Christie

Ecrire en deuxième division : Jeff Sourdin

Résumé de l’éditeur (« La part commune« , qui fait de très jolis objets livres) :

« Pouvais-je leur dire que ma tournée de salons m’emmenait de Rentrées-les-oies à Verrues-les-Genoux ? J’avais dormi dans une roulotte en Mayenne, goûté de l’excellente terrine de lapin dans l’Orne et croisé Xavier Zwerskyx, l’étoile montante du scrabble français à Sorties-les-Poubelles. Quant à mon contrat, il ne comptait qu’un seul zéro. Le vrai. L’unique.

Dans cette chronique décalée de l’écriture, le narrateur, Rubempré pour vous servir, livre ses impressions du monde littéraire vu d’en bas. Entre fantasme et résignation, rêves de gloire et inévitables déboires, l’écrivain de deuxième division se demande si le bonheur d’écrire ne se cache pas à l’abri du succès, en compagnie d’un boucher bougon, d’un maire envahissant, d’une voisine désirable et d’un chien encombrant. »

Jeff Sourdin est un auteur dont j’ai aimé les deux romans que j’ai lus (et que je vous recommande fortement : cliquez sur son nom) et si celui-ci est assez différent, plus dans l’humour, il est malgré tout assez profond sur le monde de l’écriture en prenant à rebrousse poil le monde de l’édition, des salons du livre et des auteurs « de deuxième division ».

Le narrateur est un auteur publié mais peu diffusé et peu lu et il raconte sa vie entre l’écriture -compliquée- de son nouveau roman, ses relations avec son voisinage, son groupe d’amis auteurs, sorte de SOS amitié pour les auteurs mal-connus.

Mais sous couvert d’humour et de légèreté, le roman raconte aussi les affres des auteurs qui écument les petits salons et qui doivent en permanence se justifier d’être des auteurs. Il y a aussi une réflexion sur l’écriture et le monde littéraire et c’est vraiment intéressant!

A lire si vous aimez les auteurs, les salons du livre, si vous êtes auteurs, en devenir, modestes ou très connus, si vous voulez sourire en découvrant la face cachée de la littérature, celle qu’on ne voit pas à la Grande Librairie 😉

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ma 2ème ligne pour la catégorie « art »

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

Le livre que je ne voulais pas écrire : Erwan Larher

Il n’est pas simple du tout de parler de ce roman…

Je n’avais pas été très emballée par « Marguerite n’aime pas ses fesses » mais quand j’ai lu le billet de Saxaoul concernant « Le livre que je ne voulais pas écrire », je me suis dit que j’allais lui laisser une seconde chance, car il me semblait que Erwan Larher allait traiter d’un sujet fort d’une façon différente.

De quoi s’agit-il? Erwan Larher était présent au concert des Eagles of Death Metal au Bataclan le soir du 13 novembre 2015 à Paris et il a été touché par une balle. Et pourtant, la vie d’Erwan Larher continue… Ses amis tentent de le persuader d’écrire sur cet événement, pour diverses raisons mais lui ne veut pas le faire…

Et puis, presque malgré lui, il écrit ce livre, qui est à la fois un témoignage très personnel et une sorte de portrait collectif ce ce qui s’est passé ce soir-là, un roman et un travail de réflexion sur l’écriture, un roman qu’il ne voulait pas écrire mais qu’il a parfaitement réussi.

Au coeur de ce roman, il y a bien sûr le drame, avant, pendant et après (et encore plus tard car l’après ne s’arrête pas si vite). Vous allez sans doute me croire naïve, car si comme tout le monde j’ai suivi de près ce qui s’est passé ce soir-là (même si j’ai évité les chaîne d’infos car je ne voulais pas voir trop de choses terribles), je dois vous avouer que j’ai pris conscience en lisant ce roman que pendant la fusillade, les gens hurlaient…  Mais il y a aussi beaucoup d’amour et d’amitié. Erwan Larher m’a donné l’impression d’être un homme plein d’amour!

Je ne sais pas trop quoi vous dire mais j’ai trouvé ce roman passionnant et plein d’humanité. Je l’ai lu à Paris et cela a ajouté un petit quelque chose à ma lecture. Je vous le conseille car il  apporte un regard très personnel et pourtant il m’a beaucoup parlé alors que je suis à mille lieues de l’auteur.

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ma 3ème ligne pour la catégorie « objet »

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

Linea nigra : Sophie Adriansen

Ce billet va être compliqué à écrire et très personnel car comme pour « Le syndrome de la vitre étoilée » dont je vous ai parlé avant hier, ce roman m’a vraiment bousculé, m’a beaucoup parlé…

Ce roman est la suite du « syndrome de la vitre étoilée » et parle de la grossesse : avant et pendant et aussi de l’accouchement : avant, pendant et après. Au niveau de la construction du roman, cela suit le même schéma que le roman précédant : des souvenirs, le moment présent, des articles, des témoignages, des brèves remarques de l’entourage. C’est très varié et cela dit beaucoup de choses entre généralités et réflexions personnelles du personnage principal.

Alors, j’ai mis un coup de coeur mais j’aurais pu mettre un coup de poing aussi… Maintenant, je vais parler de mon expérience, cela ne vous intéresse peut-être pas, je peux le comprendre mais ce roman appelle ce genre de témoignage… Il est pour moi nécessaire après la lecture et pendant la lecture, beaucoup de choses sont remontées pour moi.

Ma grossesse s’est très bien passée mais quand je suis arrivée à la maternité, le jour du terme, pour un contrôle, il a été décidé par mon gynéco (de garde ce weekend là) que j’allais rester le soir et être déclenchée le lendemain matin (car soit disant, j’avais eu un peu de tension et peu de liquide amniotique…) Le lendemain, après le déclenchement chimique, il ne se passe pas grand chose sauf que j’ai perdu les eaux -à cause du déclenchement (et la sage femme me dit « Pour quelqu’un qui n’était pas sensé avoir beaucoup de liquide, ça coule longtemps… »)… Il est donc décidé que le lendemain, on me déclencherait à nouveau… Deuxième déclenchement, puis péridurale, puis détresse de mon bébé (grosse angoisse pour moi quand je vois toute l’équipe médicale qui cherche les battements du coeur de mon bébé). Et puis en fin de journée, on m’annonce que comme mon col n’est pas du tout dilaté (pas plus de 4-5 cm … après deux déclenchements…), on me ferait une césarienne… Ma seule consolation fut que L’Homme ait eu le droit de rester avec moi et après la naissance, ait pu mettre Bastien en peau à peau en attendant que je sois prête…

Après la naissance, Bastien dormait tout le temps, ne tétait pas bien et l’allaitement a été très difficile. Je suis intiment persuadée que mon bébé est né fatigué de ces deux jours de contractions inutiles liées aux déclenchements… Il a d’abord perdu du poids… La césarienne n’a pas non plus été une partie de plaisir car en plus de me clouer au lit deux jours, je suis aussi sortie de la maternité avec un problème avec ma cicatrice (je vous épargne le film d’horreur quand lors de la douche du jour du départ, j’ai eu l’impression qu’elle avait explosé…) .

Au retour à la maison, l’allaitement difficile et le grand sommeil de Bastien a fait qu’il a encore perdu du poids… Il n’a retrouvé son poids de naissance qu’au bout d’un mois… J’ai aussi connu des moments d’incompréhension face aux pleurs de Bastien dans les premières semaines, je pleurais aussi beaucoup et je me revois encore arriver à la PMI, comme une bouée de secours, les yeux rouges avec mon bébé, et normalement il n’y aurait du avoir personne pour me recevoir mais je pense que la fille de l’accueil a senti que ça n’allait pas et a demandé à une infirmière de me recevoir. Cette personne m’a rassurée en me disant que Bastien faisait peut-être du reflux et m’a conseillé de prendre un rendez-vous avec un médecin… Personne ne m’avait dit que je pouvais aller chez le médecin pour les pleurs de mon bébé… Je n’ai pas le souvenir d’avoir vu qui que ce soit pour m’aider…

Bref… Rien de dramatique, rien de grave, mais j’ai quand même l’impression d’avoir été volée de mon accouchement, j’ai l’impression qu’on a gâché mes premiers moments avec mon bébé car d’une part, il était fatigué de sa naissance et moi, j’étais totalement démunie… Je dois dire que je n’ai pas vraiment l’impression d’avoir accouché « pour de vrai »… Et ça c’est resté au fond de moi encore aujourd’hui…

Ce roman m’a fait comprendre que ce que j’avais ressenti était légitime. J’ai souvent eu l’impression que ce roman parlait de moi ou mettait des mots sur des choses que j’ai ressenties…

Je finis avec de nombreux extraits du livres qui m’ont touchés. Merci à l’auteur d’avoir su trouver ces mots qui m’ont fait du bien, quelque part, qui m’ont permis de faire la paix avec mon expérience.

Je vous recommande ce roman si vous avez accouché, si vous allez accoucher, si vous pensez accoucher un jour ou si vous avez des femmes autour de vous qui vont un jour accoucher et même si vous êtes un homme, car la maternité n’est pas qu’une affaire de femmes!

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 avec Petite NoisetteAllons voir son avis!

3ème ligne « couleur »

Le syndrome de la vitre étoilée : Sophie Adriansen

J’avais noté ce titre dans ma LAL et c’est là que Lasardine l’a repéré pour me l’offrir car elle l’avait beaucoup aimé mais au moment où je l’ai lu je ne me souvenais plus trop de quoi il parlait. Je l’ai lu en une journée alors que j’étais en arrêt maladie et je dois dire que ce roman m’a littéralement cueillie…

Stéphanie est en couple depuis 10 ans, et avec son compagnon, ils décident d’avoir un enfant mais un couple sur 5 a des difficultés à concevoir et ils sont ce couple. Stéphanie est cette fille entourée de copines qui tombent enceintes, elle la fille qui regarde son paquet de tampons en se disant qu’elle ne va pas en racheter au cas ou elle n’en aurait pas besoin, elle est cette fille qui  calcule quand naîtra son enfant si elle tombe enceinte ce mois-ci, elle est celle qui doit entendre les conseils et les remarques qui se veulent bienveillantes (ou pas) qui blessent…

Elle est celle pour qui « procréer » remplace « faire l’amour », celle qui passe entre les mains des médecins et qui souffre, celle qui se met à calculer et compter, celle qui grossit sans pour autant devenir mère et puis celle qui s’aperçoit que l’envie d’enfant a peut-être fini par prendre le dessus sur l’envie et sur l’amour…

J’ai été très bousculée par cette lecture car j’ai eu l’impression que l’auteur parlait en quelque sorte de moi… un « moi » d’il y a quelques années… un « moi » d’il y a 18 ans, un « moi » d’il y a 10 ans, un « moi » d’il y a 4 ans… Cette fille, ça a aussi été moi par bien des aspects… Pas exactement traits pour traits (je ne suis pas passée par les FIV et autres) mais cette histoire m’a terriblement parlée et c’est tellement intime que c’est dur pour moi d’écrire ce billet…

J’ai beaucoup aimé ce roman qui est raconté un peu comme un journal. L’envie d’enfant est racontée comme un parcours souvent douloureux mais aussi une porte pour une certaine introspection et une découverte de soi. Personnellement, il a réveillé beaucoup de choses en moi.

Au niveau de la construction, il y a des retours en arrière, des articles, des extraits de romans (ce qui m’a le moins plu peut-être), des chapitres d’une ligne ou deux faits de témoignages : c’est un roman original et dynamique.

Je vous le conseille même si je suis consciente de ne pas réussir à en parler comme je le voudrais, comme souvent pour les lectures fortes.

Après-demain, je vous parlerai de la suite : Linea Nigra

 Lasardine : Merci beaucoup! (Pour voir son billet, cliquez sur son nom)

En sacrifice à Moloch : Åsa Larsson (lu par Odile Cohen)

Ce roman se passe en Suède et plus précisément en Laponie, à Kiruna, donc dans un paysage assez sauvage et dans des conditions climatiques inhabituelles pour moi 😉

L’histoire commence quand un ours est abattu après avoir dévoré un chien et les chasseurs découvrent un os humain dans l’estomac de l’animal. Un homme qui avait disparu après avoir justement été attaqué par un ours quelques temps auparavant.

Plus tard, Rebecka Martinsson et Krister Ericsson, son ami, policier maître-chien sont poussés par le voisin de la jeune femme, le vieux Sivving pour aller voir si tout va bien pour son amie Sol-Britt Uusitalo qui ne donne pas signe de vie… Et pour cause, car elle a été violemment assassinée chez elle. Son petit-fils Marcus, 8 ans dont elle s’occupait depuis la mort accidentel de son fils, a disparu et c’est grâce aux chiens de Krister  qu’il est retrouvé caché et traumatisé, ne se souvenant pas de ce qu’il a vu. Krister prend soin de Marcus en attendant que la cousine de la victime s’occupe de lui.

Rebecka Martinsson, substitut du procureur et Anna-Maria Mella, inspectrice, commencent à enquêter mais Carl Von Post, un autre procureur, arriviste et prétentieux réussit à faire retirer l’enquête à Rebecka. Mais cette dernière décide de continuer l’enquête sur son temps libre avec l’aide d’un médecin légiste anticonformiste. Elle va creuser des liens familiaux quand elle réaliste que l’homme tué par l’ours était le père de la victime…

En parallèle de cette histoire criminelle, on retourne dans le passé, juste avant la 1ère guerre mondiale, là aussi à Kiruna, et on va suivre la vie d’Elina Pettersson, une jeune institutrice qui mourut en 1926, elle aussi assassinée… et qui se trouve être l’arrière grand-mère de Sol-Britt…

Je dois avouer que je suis allée faire un tour sur internet pour chercher les noms des personnages parce que j’ai déjà du mal à retenir les noms en lisant les romans nordiques en version papier, alors, vous imaginez en version audio quand je n’ai même pas vu les noms écrits 😉

J’ai bien aimé ce roman qui se lit bien et qui est bien lu par  Odile Cohen mais je dois avouer que je me suis en partie doutée de l’intrigue au bout d’un tiers (pas exactement de la résolution de l’enquête mais le fil conducteur). J’ai trouvé qu’il y avait quelques incohérences également qui sont peut-être dus à une différence de mentalité avec les Suédois mais je m’étonne de la façon dont a été gérée la prise en charge du petit garçon abandonné et du peu de précautions prises pour le protéger… Mais j’ai bien aimé les allers-retours entre le passé et le présent.

Pour l’anecdote, c’était un hasard, mais j’ai lu ce roman juste après « La ferme du bout du monde » et j’y ai trouvé beaucoup de points communs : l’alternance entre le passé et le présent, une lignée familiale, une jeune femme très attachée à son pays sauvage qui s’éloigne de la grande ville (et autres que je ne vais pas révéler ici) et cela m’a plutôt amusée de constater cela!

Les avis de mes co-jurés : Meuraie

 Chez Sylire

  avec Sylire et Sandrine : allons voir leurs avis!

catégorie « prénom » de ma ligne audio