Wenjack : Joseph Boyden

 

Difficile de classer ce texte : est-ce un très court roman ou une nouvelle? Est-ce un récit sous forme de poème ou un biographie romancée? En tout cas, une chose est certaine : c’est un très beau texte sur un sujet poignant, raconté avec beaucoup de pudeur et de poésie. Je ne sais pas si ce texte est traduit, j’ai eu du mal à le trouver même en anglais, je l’ai commandé à une librairie de livres d’occasion aux Etats-Unis (en passant par Ama*on… pas le choix malheureusement).

J’ai découvert ce texte lors d’une conférence sur les horreurs qui ont été commises à l’encontre des peuples amérindiens (« First Nations ») quand les enfants étaient retirés de leurs familles pour être placés dans les « Residential Schools » qui n’étaient rien de moins que des centres de rétentions et de lavage de cerveaux pour détruire toute part indigène de ces enfants. Dans mon billet sur le roman jeunesse « Kill the Indian in the child »  (qui raconte également la vie de Chanie Wenjack, un jeune garçon qui a vraiment existé et qui est mort en fuyant son « internat » sordide) je vous en disais plus sur le sujet et j’avais aussi mis des liens qui pourront compléter ce billet. Pour éviter des redites, n’hésitez pas à aller y faire un tour.

Dans ce texte de Joseph, Boyden, c’est donc l’histoire de Chanie Wenjack qui nous est contée. J’utilise ce mot exprès car l’auteur ici a choisi de nous raconter la fuite du jeune garçon, ses derniers jours, vus au travers du regard d’esprits de la nature qui prennent corps dans des animaux qui croisent le chemin du garçon. Il adapte donc les traditions amérindiennes à cette histoire réelle et atroce. Chaque chapitre donne la parole à un animal et la première page du chapitre est illustré de cet animal.

C’est un texte très touchant pour une histoire dramatique à l’échelle d’un pays (voir d’un continent!)

Pour aller plus loin sur le sujet (Cliquez sur la photo)

Une vidéo avec Joseph Boyden sur l’histoire de Chanie Wenjack et sur les Residentials Schools (en anglais) :

Aujourd’hui, je vous parle aussi du roman « Jeu blanc » de Richard Wagamese qui est aussi sur cette thématique des Premières Nations et des Residential schools.

 chez Antigone

 chez Karine:) et  Yueyin (Un invité Canadien au Québec)

Miss Marple au club du mardi + Le club du mardi continue : Agatha Christie

Ces deux recueils de nouvelles regroupent 13 nouvelles qui étaient à l’origine un seul volume quand Agatha Christie les a publiées sous le titre anglais « The Thirteen Problems ». Ces nouvelles sont liées par une trame : elles se situent toutes à St. Mary Mead. Les premières (1 à 6) se passent auprès de Miss Marple, il y a son neveu Raymond West, qui est écrivain, Joyce Lemprière, une jeune artiste, Sir Henry Clithering, ancien haut fonctionnaire de Scotland Yard, Dr Pender, un pasteur de la paroisse et Mr. Petherick, un avoué. Les autres nouvelles (7 à 12) ont lieu un an après chez le Colonel Arthur Bantry et sa femme Dolly chez qui leur ami Sir Henry Clithering est de passage et il y a à nouveau Miss Marple ainsi que l’actrice Miss Jane Helier et le Dr Lloyd. La dernière nouvelle remet en contact Sir Henry Clithering avec Miss Marple à Saint Mary Mead.

J’ai retrouvé ces détails sur internet et je me suis rendue compte que si j’avais parfois confondu Joyce Lempière et Jane Helier c’était normal car l’édition « Club des masques » que j’ai lue n’a pas respecté l’ordre des nouvelles d’origine et donc il y a quelques confusions sur les personnages réunis. Ce n’est pas très grave pour la compréhension des histoires car elles sont toutes indépendantes mais c’est quand même dommage pour l’unité du recueil.

Le point commun de toutes ces nouvelles est que chaque personnage va proposer une histoire criminelle et demander aux autres participants de dénouer cette affaire à partir des quelques indices et indications données. Tout le monde émet des hypothèses mais c’est toujours Miss Marple qui, tout en donnant l’impression de ne pas vraiment être concentrée, en tricotant, apporte la solution à toutes les enquêtes évoquées, argumentant comme d’habitude qu’elle a juste observé la vie à Saint Marie Mead qu’elle n’a jamais quitté et que la nature humaine peut se retrouver partout.

Je ne vais pas vous parler de chaque nouvelle car elles sont assez courtes et je ne voudrais pas trop en dévoiler mais ce que je peux vous dire c’est que j’ai vraiment apprécié ces nouvelles et ce format qui fait que l’on a vraiment une mini enquête policière à chaque fois. Je vous recommande ces deux titres ou « Miss Marple et le club du mardi » dans lequel les 13 nouvelles sont maintenant regroupées en un seul volume. Mais au cas où vous auriez la même édition que moi, voici l’ordre à suivre :

  1. Le Club du Mardi (The Tuesday Night Club)
  2. Le Sanctuaire d’Astarté (The Idol House of Astarte)
  3. Les Lingots d’or (Ingots of Gold)
  4. Le Perron sanglant (The Blood-Stained Pavement)
  5. Motif contre occasion (Motive vs Opportunity)
  6. Le Pouce de saint Pierre (The Thumb Mark of St Peter)
  7. Le Géranium bleu (The Blue Geranium)
  8. La Demoiselle de compagnie (The Companion)
  9. Les Quatre Suspects (The Four Suspects)
  10. Une tragédie de Noël (A Christmas Tragedy)
  11. L’Herbe de mort (The Herb of Death)
  12. L’Affaire du bungalow (The Affair at the Bungalow)
  13. Une noyée au village (Death by Drowning)

55e et 56e Agatha Christie de ma collection

chez Lou et Titine

catégorie « objet » (=club de golf)

Différente : Marlène Tissot (Lu par Margot Châron)

Margot est une jeune femme qui semble un peu simplette, gentille et douce mais un peu naïve. Elle travaille avec Gisèle avec qui elle s’entend bien. Elle se sent assez assez à l’aise pour lui raconter que quand elle était enfant, son oncle « soulevait sa jupe et tirait sur l’élastique de sa culotte pour regarder ses fesses. Il l’étouffait avec sa main pour l’empêcher de crier. » Elle raconte cela sans paraître réaliser ce que cela implique. Son autre oncle fait en sorte que son frère soir condamné mais Margot ne s’est pas laissée abattre par ces événements, comme s’ils lui étaient passés au-dessus. Elle dit souvent qu’un médecin lui avait dit qu’elle n’était pas idiote mais « différente » et elle est très attachée à cela.

Et effectivement, Margot est différente. Peut-être plus lente intellectuellement mais surtout pleine de joie de vivre et d’envie de voir le meilleur dans ce qui l’entoure.

Gisèle prend très mal les confidences de Margot, elle ne voulait pas savoir et le seul regret de la jeune femme, c’est la peur d’avoir perdue son amie, qui est un peu comme une figure de mère, après s’être confiée.

J’ai trouvé ce texte très touchant et le personnage de Margot est lumineux. Une belle découverte et la lectrice donne vraiment vie au personnage.

La particularité de la maison d’édition 15K est de proposer des textes courts et celui-ci dure 24 mn. c’est sans doute intéressant pour certains audiolecteurs qui n’ont pas envie de rester trop longtemps sur le même texte audio mais pour moi c’était trop court, j’aurais apprécié de trouver ce texte dans un recueil de nouvelles mais une seule nouvelle ne dure même pas le temps de mon trajet pour aller au travail alors je suis un peu restée sur ma faim.

Mais cette remarque mise à part, je dois dire que j’ai vraiment aimé cette nouvelle.

Lauréat « fiction » 2019 du

 Chez Sylire

Fénitchka (suivi de Une longue dissipation) : Lou Andreas-Salomé (Lu par Anna Mouglalis)

Sans la pré-sélection du prix Lire dans le Noir, je n’aurais sans doute jamais entendu parler de ces nouvelles et de son auteur. Je me suis renseignée et j’ai découvert que Lou Andreas-Salomé était une femme de lettres allemande d’origine Russe qui s’est trouvée liée -amicalement et/ou amoureusement ou intellectuellement avec Friedrich Nietzsche, Rainer Maria Rilke, Sigmund Freud… Elle était une femme plutôt libre et moderne pour son époque et ses deux nouvelles écrites en 1896 et 1898 mettent en scène des jeunes femmes qui semblent être des miroirs de l’auteur.

« Fénitchka » : Fénitchka est une jeune femme qui rencontre un homme à Paris. Il croit que cette étudiante Russe est une fille plus légère qu’elle ne l’est en réalité et celle-ci l’éconduit. Mais à la suite, ils deviennent amis. Le hasard les fait se retrouver en Russie. Leur amitié se renoue et ces deux intellectuels échangent souvent sur le sentiment amoureux et sur la liberté de ne pas se marier car Fénitchka est bien en avance sur son temps dans ses relations amoureuses et dans son désir de ne pas se plier au rôle qui est traditionnellement attribué aux femmes.

*

« Une longue dissipation » : La narratrice est une jeune femme devenue artiste, à Paris. Mais quand elle était jeune, elle était fiancée à un médecin, un cousin dont elle était folle amoureuse et pour lequel, à l’époque, elle aurait été capable de tout donner, de se plier à ses désirs, prête à devenir la femme parfaite et soumise même si en réalité, elle s’ennuyait. Cet homme l’a quittée un jour et c’est à partir de ce moment qu’elle est partie vivre une vie libre d’artiste. En revenant voir sa mère qui vit toujours chez son cousin, elle découvre que ce dernier a toujours des sentiments pour elle et que s’il l’a quittée c’était pour ne pas lui couper les ailes, car il sentait qu’elle allait contre sa nature de femme libre en s’attachant à lui. Autour d’autres personnages de femmes (une domestique qui travaille pour plus tard devenir enseignante et une jeune baronne lourdement handicapée), cette nouvelle est l’occasion de discourir sur la place de la femme dans la société et le couple et sur l’amour et la liberté.

*

Ces nouvelles sont vraiment très modernes et avant de savoir qu’elles avaient été écrites au tournant du 20 ème siècle, je me disais qu’elle pouvait avoir été écrites dans les années 1960 avec tous ces questionnements sur la place des femmes et sur l’impact que la société a sur les relations entre les hommes et les femmes.

J’ai trouvé le style beau et le propos intéressant. Par contre, c’est le deuxième livre audio que j’écoute qui est lu par Anna Mouglalis et je n’aime pas du tout sa voix qui est beaucoup trop grave, trop basse au point où parfois je ne comprenais pas ce qu’elle disait. Cela transformait le texte en marmonnement… il a fallut que je me concentre vraiment pour ne pas perdre le fil et c’est dommage.

 Chez Sylire

La parure et autres nouvelles : Guy de Maupassant (Lu par Philippe Lejour)

Quand j’étais au lycée, j’ai beaucoup lu de nouvelles de Maupassant et j’aimais beaucoup ça. Quand j’ai reçu cette lecture audio pour la pré-sélection du prix Lire dans le Noir, j’étais ravie de redécouvrir Maupassant par ses nouvelles. J’ai apprécié la version audio mais je dois dire que ce ne sont sans doute pas les meilleures nouvelles que j’ai lues de lui. Mais on ne peut pas nier que Maupassant sait en peu de mots dresser des portraits très humains des hauts et des bas de la société.

Voici quelques mots sur ces 4 nouvelles :

« La parure » : Mathilde Loisel est mariée à un modeste employé d’un ministère mais elle rêve de richesses et de bonne société. Un jour, son mari reçoit une invitation pour une grande fête dans le grand monde. Son mari se sacrifie pour lui acheter une belle tenue et elle emprunte une parure de diamants à une amie riche. Cette soirée se passe merveilleusement bien, Mathilde Loisel est la reine de la soirée, elle fait très bonne impression. C’est certainement un des plus beaux moments de sa vie… Jusqu’à ce qu’en rentrant chez elle, elle découvre qu’elle a perdu la parure de son amie… Cela changera le cours de leur vie…

« L’enfant » : Jacques Bourdillère, un noceur patenté tombe amoureux d’une jeune fille. Il la demande en mariage mais ils doivent attendre car les parents de la jeune fille ne voit pas d’un bon oeil sa vie dissolue. Il rompt avec sa maîtresse mais malgré tout, le soir de son mariage, il reçoit une lettre d’un médecin qui lui annonce qu’une femme vient d’accoucher d’un enfant et qu’elle va certainement mourir…

« Mon oncle Jules » : Joseph Davranche  raconte à un ami pourquoi il donne de l’argent à un mendiant. Il explique qu’il avait un oncle Jules qui devait beaucoup d’argent à sa famille. Il était parti en Amérique sans rembourser et il était le mouton noir de la famille, jusqu’à ce qu’ils reçoivent une lettre annonçant qu’il les rembourserait bientôt. Alors que la soeur de Joseph vient de se marier avec un prétendant qui peut-être s’est laissé persuader par cet « oncle d’Amérique », toute la famille prend le ferry pour Jersey et là, ils croisent un homme qui ressemble plus à un mendiant qu’autre chose et qui travaille pour le capitaine mais surtout qui ressemble beaucoup à l’Oncle Jules…

« La mère Sauvage » : La mère Sauvage est une femme assez discrète et dure à la peine. Son mari est mort, tué par les gendarmes et son fils est à la guerre. Sa ferme a été réquisitionnée pour loger des soldats Prussiens. Elle vit auprès d’eux s’occupe d’eux en restant taciturne sans s’exprimer vraiment. Un jour, elle reçoit une lettre lui annonçant la mort de son fils au combat et tout en gardant son calme va décider de se venger de ce destin qui s’acharne contre elle…

 Chez Sylire

La vengeance du pardon : Eric-Emmanuel Schmitt

Ce livre est un recueil de 4 nouvelles et elles ont toutes comme point commun de parler du pardon à divers niveaux : le pardon envers les autres, envers soi-même ou celui que l’on refuse ou que l’on espère…

Evidemment c’est compliqué de parler de nouvelles car de part leur format court, il ne faut pas trop en dire sur l’intrigue. Voici quelques mots sur chaque nouvelle :

« Les soeurs Barbarin » raconte l’histoire de deux sœurs jumelles qui ont vécu dans la rivalité : l’une étant toujours jalouse et l’autre toujours prête à lui pardonner toutes ses mesquineries et méchanceté…

*

« Madame Butterfly » raconte l’histoire d’une rencontre entre un jeune homme plein d’avenir et d’une jeune fille intellectuellement limitée qui ont une aventure sexuelle du point de vue du garçon mais qui est une histoire d’amour pour la jeune fille. Un enfant naît mais c’est seulement plus tard que les liens se renouent…

*

« La vengeance du pardon » raconte l’histoire d’une femme dont la fille a été assassinée parc un tueur en série. Pourtant cette femme rend visite régulièrement à cet homme en prison, elle lui parle, le fait parler et semble chercher à le comprendre. Le lecteur qui peut trouver son attitude dérangeante comprend à la fin, qu’elle lui fait un cadeau empoisonné.

*

« Dessine-moi un avion » raconte l’histoire d’un vieil homme passionné d’aviation qui porte de lourds secrets liés à la 2ème guerre mondiale et à son amour des avions. Il se lit d’amitié avec une petite fille,  sa voisine avec qui il va partager la lecture du « Petit Prince ». Ce sera le lien avec le passé…

*

J’ai aimé ces nouvelles qui font la part belle aux personnages et à la psychologie. Elles sont très bien construites et bien écrites, mêlant le mystère et l’envie de savoir où l’auteur veut nous emmener. Une bonne découverte.

 avec Jostein : Allons voir son avis!

Avis de tempête : Angéla Morelli (nouvelle)

Comme je vous le disais dans mon billet sur « Pourquoi pars-tu, Alice? », je ne suis pas une grande fan de chick litt mais à l’occasion d’une LC autour de la chick litt pour Québec en Novembre et après avoir passé du temps avec Karine cet été, je ne pouvais pas ne pas lire Angéla Morelli, sa grande amie!

Et franchement, dès le début, je ne pouvais pas ne pas pas penser à Karine puisque l’histoire se passe chez elle et que la cousine de l’héroïne s’appelle Karine! C’est d’ailleurs notre Karine qui a aidé Angéla a fignoler les dialogues québécois pour qu’ils sonnent juste et les lecteurs français qui sont déjà allés au Québec reconnaitront les questionnements face à certaines expressions (pendant mon séjour, je notais les choses que j’allais demander à Jules et Karine pour être sure d’avoir compris!)

Alors, il faut savoir que c’est une nouvelle, et j’avoue que comme je l’ai lu sur ma liseuse, je ne m’attendais pas du tout à ce qu’elle soit si courte. J’aurais aimé que ça soit plus long car forcément, tout va un peu trop vite et perd en réalisme et d’épaisseur.

Candice (pourquoi ce prénom? j’avoue que je ne comprends pas pourquoi les personnages de chick litt doivent avoir ces prénoms improbables) est une parisienne pur jus qui quitte la France sur une coup de tête pour aller voir sa cousine Karine au Québec. Le fait que ce soit en plein hiver, en février, et qu’il fasse -30° ne l’a pas effleuré et elle débarque dans le Saguenay, à La Baie, uniquement vêtue de bottines, d’une minijupe et d’une petite veste (et l’auteur raconte dans les remerciements que cette anecdote est véridique, c’est ce qu’elle-même a fait en allant au Québec pour la première fois en hiver!).

Sa cousine n’étant pas à l’aéroport, elle est recueillie par le pilote de l’avion (un ami du « chum » de Karine) qui voulant l’amener chez sa cousine dans la tempête de neige se retrouve à devoir la sauver de l’hypothermie en l’hébergeant après un accident de la route. Leur soirée sera l’occasion de quelques malentendus de langage, quelques gaffes de la part de Candice et un réchauffement grâce au feu de cheminée mais pas que… Bref, un peu de séduction et d’humour…

Mais la nouvelle s’arrête au lendemain matin avec un goût de trop peu! Je suis persuadée que cela aurait fait un bon petit roman que j’aurais eu plaisir à lire (mais je pense que je relirai Angéla Morelli quand j’aurai envie d’un peu de légèreté car j’ai bien aimé ce premier aperçu de sa plume!)

Allez donc lire l’avis de Karine!

  chez Karine:) et  Yueyin

 autour de la chick litt

Arvida : Samuel Archibald (lu par l’auteur et Gildor Roy)

Pas facile de parler d’un recueil de nouvelles et encore moins facile quand on l’a lu en version audio et qu’on ne peut donc pas le feuilleter pour ne serait-ce que retrouver les titres! Pas facile non plus de parler de chaque nouvelles car par essence, étant courtes, je ne veux pas trop en dire sur chacune.

Alors je vais commencer par recopier la quatrième de couverture de l’éditeur :

« À l’autre bout du monde il y a Arvida, ville modèle érigée au début du vingtième siècle par l’industriel américain Arthur Vining Davis.
Le narrateur de ce livre est né là, dans la capitale de l’aluminium, construite en cent trente-cinq jours. Petite utopie nordique peuplée de braves gens, de menteurs compulsifs et de pures crapules. Dans les quatre paroisses d’Arvida, le long du Saguenay et par-delà l’horizon bleuté des monts Valin, on se raconte des histoires de nuits en forêt et de matins difficiles. Des histoires de jeunes filles innocentes et de bêtes sauvages, de meurtre raté et de mutilation rituelle, de roadtrip vers nulle part et de maison hantée. Des histoires tantôt tristes, tantôt drôles, tantôt horribles, et souvent un peu tout ça à la fois, mémorables pour leur profonde authenticité, même si, il faut bien le dire, elles sont toutes à moitié fausses et à moitié inventées.
Digne fils de son conteur de père, Samuel Archibald se révèle dans ces pages un émule de Cormac McCarthy obsédé par Proust, un héritier d’Anne Hébert qui a trop lu Jim Thompson et Stephen King. »

Je vais commencer par dire que je connaissais la ville d’Arvida de nom car Karine m’en avait parlé quand je suis allée chez elle et en effet, certaines de ces nouvelles se passent là-bas ou du côté du Saguenay, un coin que j’ai découvert cet été.

Dans la version que j’ai lu en audio, l’auteur a choisi de lire les nouvelles qui étaient « plus personnelles », celles qui concernaient sa famille ou Arvida ou parlaient de lui et c’est Gildor Roy qui lisait les autres. Il y a donc 14 nouvelles assez différentes les unes des autres. Le fil conducteur sont celles appelées « Arvida »qui parlent la vie de l’auteur et qui apportent une belle conclusion au recueil. Les autres, les fictions, sont très inégales. Certaines sont des sortes de road movies sans autre but que de rouler, d’autres des histoires de petites frappes qui ne savent pas vraiment où ils vont dans leurs magouilles. Des histoires de familles, de maison, d’animaux, de forêt, de chasse, d’amitié. Il y en a pour tous les univers et tous les goûts. Il y en a une que je n’ai pas pu lire en entier (celle qui se passe au Japon et qui parle de mutilations sexuelles) et il y en a une que j’avoue ne pas avoir comprise. Elle est assez longue, commence par une histoire d’ours, mais petit à petit dans une ambiance très onirique, on ne peut que se demander si ça ne parle pas d’inceste (mais je dois avouer que je me suis demandée si je n’avais pas raté le début d’une nouvelle tant celle-ci prenait un virage différent en plein milieu et je suis même revenue en arrière.)

Globalement j’ai aimé la plupart de ces nouvelles et le style de l’auteur mais toutes ne se valent pas.. J’ai aimé les personnages et une certaines poésie qu’il apporte à leurs vies, même quand ils sont parfois des losers ou des gens très ordinaires.

Pour aller plus loin : cliquez ici!

Grâce à ICI-Radio-Canada qui propose (gratuitement) des livres québécois enregistrés par des québécois

  chez Karine:) et  Yueyin

L’enjoliveur : Robert Goolrick

J’avais beaucoup aimé « Arrive un vagabond » de cet auteur et ma gentille ancienne collègue Géraldine m’a offert cette nouvelle du même auteur (pour se « faire pardonner » un malheureux gribouillage de sa petite dernière sur la dernière page d’un livre prêté… Autant dire que j’étais carrément gagnante sur le coup!)

J’ai beaucoup aimé cette nouvelle! Tout d’abord, c’est une jolie édition de Anne Carrière : petit format, couverture épaisse, pages épaisses et jolies illustrations de couverture et dans les pages (par  Jean-François Martin), ce n’est pas essentiel mais c’est agréable.

Au niveau de l’histoire, c’est celle d’un homme qui se remémore son enfance dans les années 50 aux Etats-Unis, auprès de sa famille et plus particulièrement de sa grand-mère. Après avoir parlé de ses jeux d’enfants autour des enjoliveurs (jeux tous aussi dangereux les uns que les autres), il raconte un événement qui lui est arrivé quand il avait 5 ans. Il s’agit d’un accident qui n’a pas vraiment eu lieu, un moment où il aurait pu mourir mais où il n’a eu que des égratignures… Une anecdote qui n’en est même pas vraiment une car personne ne semble se souvenir qu’elle lui est arrivée…

Mais en réalité, cette histoire n’est qu’un prétexte pour parler de sa famille. Une grand-mère adorée à la personnalité forte, des parents qui s’intéressent plus à leurs apéritifs qu’à leurs enfants et une mère qui a sans doute plus à cacher que l’enfant qu’il était ne pouvait l’imaginer. Au fil des digressions autour des problèmes mécaniques, cette nouvelle va donc bien au-delà de l’enjoliveur pour parler d’un tranche d’enfance et présenter des personnages bien dépeints en peu de mots.

Une bonne nouvelle (que j’imagine très bien en film) avec un beau style : je vous la recommande!

 objectif 2017 : –30

objectif PAL chez Antigone

 Géraldine : Merci!

 chez Titine

Double assassinat dans la rue morgue : Edgar Allan Poe

Voici encore un titre libre de droit que j’ai téléchargé sur ma liseuse car il fait partie des classiques de la littérature américaine dont j’avais beaucoup entendu parler et qui manquait à ma culture littéraire! Je n’avais pas réalisé que c’était une nouvelle (j’ai même fait un petit appel au secours sur Facebook avant de le commencer pour m’assurer que j’avais bien téléchargé tout le texte!) J’ai lu quelque part que c’était considéré comme le premier « roman policier », cette nouvelle ayant été écrite en 1841.

L’histoire commence par une sorte de conversation entre Auguste Dupin et le narrateur. Auguste Dupin est quelqu’un de très intelligent avec un fort pouvoir de réflexion et de déduction, une sorte de « mentaliste » (il m’a fait penser à Sherlock Holmes mais je ne connais pas très bien le personnage).

A l’époque, la police française n’arrive pas à résoudre un crime atroce qui a eu lieu dans la rue Morgue à Paris. Mme L’Espanaye et sa fille ont été retrouvées sauvagement assassinées chez elles. Mlle L’Espanaye a été découverte morte et terriblement mutilée enfoncée dans le conduit d’une cheminée et sa mère retrouvée morte dans la cour de l’immeuble… Mais ce qui est incompréhensible c’est que l’appartement était fermé de l’intérieur et que les fenêtres ne pouvaient pas s’ouvrir…

Le mystère est complet mais Auguste Dupin et le narrateur vont se rendre dans l’appartement et à partir de ses dons d’observation, le détective va découvrir ce qui s’est passé…

Bon, la nouvelle étant courte je ne vais pas vous dévoiler ni par quel moyen il a trouvé ni qui est le coupable mais je dois avouer que j’ai trouvé cela un peu tiré par les cheveux et un peu trop rocambolesque à mon goût… Par contre j’imagine bien qu’à l’époque cette histoire a dû être spectaculaire et scandaleuse car les meurtres sont vraiment horribles et le dénouement fantasque!

Je suis quand même contente de l’avoir lu pour ma culture générale!

 chez Titine