Harvey : Emma Cline

Lecture assortie à ma tenue 😉

Quand j’allais commencer à lire ce livre, j’ai fait quelques recherches sur l’autrice et j’étais intriguée car je ne trouvais pas ce titre dans sa bibliographie et j’ai découvert que c’était en fait une nouvelle intitulée « White Noise » qui faisait partie initialement d’un recueil de nouvelles intitulé « Daddy : stories » (en anglais). Les éditions « La Table Ronde » ont d’ailleurs aussi édité la nouvelle « Los Angeles » de ce recueil et ils ont aussi le titre « Daddy » mais en lisant le résumé je n’arrive pas à comprendre s’il s’agit du même recueil de plusieurs nouvelles ou juste la nouvelle « The Nanny ». Je suis très curieuse et j’ai bien envie de lire le recueil entier!

Cette nouvelle parle d’un certain « Harvey » dans lequel on reconnait bien évidemment Harvey Weinstein (mais ce n’est pourtant entièrement biographique, j’ai même fait quelques recherches pour vérifier des faits.)

L’autrice prend le partie de raconter la veille du verdict du procès du protagoniste. Il est persuadé qu’il ne sera pas condamné -il minimise ce dont il est accusé (les femmes qui l’accusent savaient bien ce qu’elles faisaient, d’après lui, il n’a rien à se reprocher!) et il est déjà en train de se projeter sur des idées d’avenir après avoir cru voir l’auteur Don DeLillo à côté de la maison où il vit reclus, se voyant déjà adapter le roman « White Noise ».

A côté de cette arrogance, on voit aussi un homme diminué physiquement, au corps qui se délite et qui doit être assisté et cherche du réconfort auprès d’un médecin au traitement douteux pour son dos et auprès de sa fille (personnage fictif) qui semble assez mal à l’aise au moment de rendre visite à son père avec sa petite-fille.

J’ai bien aimé cette nouvelle qui montre finalement un homme à deux facettes, entre le monstre sans scrupule et inconscient du fait qu’il arrive à la fin d’une ère et un homme blessé sans force et sans charisme. Et les deux aspects ne sont pas glorieux. Et d’ailleurs, j’étais un peu mal à l’aise au début de lire ce quotidien et ces désillusions égoïstes d’un homme qui avait été tellement puissant avant et puis on voit petit à petit comment l’autrice montre la chute de l’homme.

EDIT de « La table ronde » : « Harvey est un texte à part, il ne fait pas partie du recueil Daddy. White noise est le titre de la courte nouvelle (publiée en 2020 dans le New Yorker), qui a servi de point de départ à Harvey. »

Merci aux Éditions de La Table Ronde chez qui j’ai gagné ce livre lors du mois Américain sur Instagram l’an dernier !

Etats-Unis

Lorsque la vie déraille : Frank Andriat

J’ai gagné ce livre chez Anne après le mois belge 2021 et je l’avais gardé exprès pour en parler lors du mois belge 2022!

C’est un recueil de nouvelles qui ont toutes pour point commun de se dérouler dans des trains. Avant de dire quelques mots sur chaque nouvelle, je peux commencer par vous dire que j’ai aimé l’ensemble, les sujets abordés et le style de l’auteur qui se lit très bien!

Résumé de l’éditeur : «  »Son train était prévu à 7h46 vers Bruxelles-Nord d’où il monterait dans le 8h06 vers Liège et Eupen. À 9h22, il descendrait à Verviers-Central. Elle l’attendrait sur le quai, “au pied des escaliers”, avait-elle précisé. Il se sentait un peu fou, comme le soir de leur première rencontre parisienne, quand il s’était retrouvé seul, sans elle, avec pourtant la certitude qu’elle était la femme de sa vie. » Des voyages, des instantanés de vie surpris dans les trains. L’existence s’y conjugue, au fil des rencontres, à toutes les personnes du singulier et du pluriel. Des nouvelles comme des huis clos où l’être humain se retrouve face à ses fragilités, à ses drames, mais aussi à sa faculté de résilience. Des nouvelles d’amour et de vie où chacun peut se reconnaitre. »

*

Un grand homme : Quand des auteurs se retrouvent ensemble dans un train qui les emmène vers un salon du livre et que l’un d’entre eux, persuadé d’avoir plus de valeur que les autres, se montre sous son pire jour et met tout le monde mal à l’aise. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle qui sent le vécu! J’avais d’ailleurs lu un jour un témoignage d’un auteur qui racontait qu’un auteur de « littérature sérieuse » s’était montré assez méprisant envers des auteurs de littérature jeunesse lors d’un salon du livre…

Crains les trains ! : Un homme a beaucoup de mal à laisser sa femme prendre un train pour qu’elle aille en déplacement pendant une grève SNCF. Il fait tout pour l’en dissuader… Sans lui dire pourquoi, il craint cette ligne de train en particulier.

Lorsque la vie déraille : Un couple s’est séparé deux mois pour faire un break et le jour où ils doivent se retrouver, l’homme prend le train mais une mésaventure va transformer un banal trajet de train en une aventure assez noire!

Avec des sourires et de la paix : Une histoire avec pour personnages des adolescents qui prennent chaque jour le même train pour aller au lycée. Ils ne sont pas vraiment amis mais se fréquentent par habitude. Ils ne se connaissent pas si bien et ce jour-là, une des jeunes filles va découvrir qu’elle ne supporte plus l’attitude des autres quand il s’agit de préjugés sur un nouvel arrivant. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle qui pourrait aussi plaire à des lecteurs ados.

La notification : Un homme prend le train une fois par mois pour aller voir sa maîtresse. Cette dernière et sa compagne sont absolument opposées au niveau mode de vie et caractères mais il se sent bien avec les deux. Un retard dans le train va avoir des conséquences sur son arrangement.

Une histoire d’amour : Un couple, plus tout jeune, revient d’un rendez-vous médical. Ils sont emplis de tristesse et reviennent sur leur vie ensemble au fil des rencontres qu’ils font dans le train ce jour-là. C’est un très beau couple, amoureux et qui essaie de dépasser la souffrance qu’ils ressentent. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle que j’ai trouvé extrêmement touchante.

Merci à Anne pour cette découverte (cliquez sur son nom pour voir son avis sur ce recueil) et merci aux éditions Quadrature pour cet envoi!

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Pour le mois Belge chez Anne

K.626 : Léonor de Récondo

Quand mon amie Mrs B m’a prêté ce livre, je ne savais pas du tout de quoi il parlait, elle m’a juste dit qu’elle avait aimé le style de Léonor de Récondo (qui est une autrice que nous aimons toutes les deux). Ce texte est un très court  texte, une nouvelle (à moins que ce soit une novella? je n’ai jamais vraiment su…). Dans une belle édition aux pages épaisses, on apprend d’abord que les éditeurs ont prévu de faire une collection Süßmayr autour de Franz-Xaver Süßmayr, le musicien qui a terminé le Requiem de Mozart, appelé par les connaisseurs « K.626 ».

Je ne connaissais pas du tout ce pan de l’histoire de Wolfgang Amadeus Mozart et j’avoue que je ne connaissais pas du tout sa vie mais il se trouve que moi qui ne suis pas du tout férue de musique classique j’ai toujours adoré le Requiem de Mozart, depuis que je l’ai découvert  en cours de musique au collège. Je me revois encore faire des heures de voiture toute seule avec le Requiem à fond, en ayant l’impression d’être dans un film! 😉

L’histoire ici n’est pas tant musicale qu’humaine car ce court texte est une lettre que Franz-Xaver Süßmayr écrit à Constanze, la femme (ou plutôt la veuve) de celui qui n’est nommé que « W ». C’est elle qui a expressément demandé à Süßmayr de finir la composition inachevée. Il se trouve que le jeune homme était un « disciple » de Mozart, qu’il avait transcrit le génie au moment de la création mais c’était aussi (et surtout dans ce texte) l’amant de Constanze.

Ce texte nous le montre alors qu’il s’est « exilé » loin de Constanze, isolé dans la nature, il est torturé par son amour sensuel pour la femme de celui dont il ne se sent pas digne de poursuivre le travail. Et c’est à la fois l’angoisse de la page blanche et les affres de la passion.

Très beau texte, très belle plume même si le fond manque peut-être un peu de contenu pour ceux qui comme moi ne connaissaient pas Franz-Xaver Süßmayr et j’ai aussi trouvé cela un peu court à mon goût. Par contre, cette déclaration d’amour et cette angoisse créatrice sont très bien rendues.

J’ai écrit ce billet en écoutant le Requiem :

par mon amie Mrs B

chez Mélanie et @mel_coccinelle

Friday Black : Nana Kwame Adjei-Brenyah

Résumé de l’éditeur : « Avec ce premier livre incroyablement inventif, Nana Kwame Adjei-Brenyah s’est imposé aux États-Unis comme une nouvelle voix explosive dans la lignée de Colson Whitehead et Marlon James. Entremêlant dystopie, satire et fantastique, et ses nouvelles donnent à voir avec une effarante lucidité la violence et la déshumanisation de notre monde.

Qu’il mette en scène le procès d’un Blanc accusé du meurtre effroyable de cinq enfants noirs (et qui sera acquitté), le parcours d’un jeune qui tente de faire diminuer son « degré de noirceur » pour décrocher un emploi, le quotidien d’un vendeur de centre commercial confronté à des clients devenus zombies, ou celui des employés d’un parc d’attractions faisant du racisme ordinaire une source de divertissement, Adjei-Brenyah le fait avec une maîtrise et une maturité stupéfiantes. On renferme ce livre hébété : si la fiction peut contribuer à bousculer les mentalités, alors Friday Black est une puissante arme littéraire. »

*

Ce recueil de nouvelles est vraiment intéressant et d’une grande richesse. C’est assez violent, il faut le savoir, mais la violence est toujours justifiée que ce soit dans l’horreur de ce que les Noirs ont a subir vis à vis des blancs (comme dans la nouvelle d’ouverture « Les 5 de Finkelstein » qui montre l’aberration d’un système judicaire où un homme blanc peut massacrer des enfants noirs en toute impunité ce qui engendre une dérive vengeresse, ou dans « Zimmer land » un parc d’attraction où les blancs peuvent vivre leurs pires instincts racistes) ou dans les dérives de la société de consommation américaine où l’argent et la possession transforment les gens en monstres (comme dans « Friday Black » ou « Comment vendre un blouson selon les recommandations du Roi de l’hiver »).

Mais il y a aussi des nouvelles qui représentent un futur imaginaire très noir, dystopie où le lavage de cerveau a fait des ravages dans la société comme dans « L’ère » ou quand un univers sans fin qui se répète entraîne une violence terrible comme dans « Après l’éclair ».

Je ne cite pas toutes les nouvelles mais elles ont toute leur intérêt. Ce qui aurait pu me perdre, c’est le côté un peu fantastique ou science fiction qui n’est pas mon genre de prédilection mais ces nouvelles sont assez bien écrites pour m’avoir fait rentrer dans l’univers de l’auteur. Il a aussi le mérite d’être varié dans ses choix.

Je suis très curieuse de découvrir l’auteur dans un roman!

Titine en parle aussi!

Pour le rendez-vous : « Livre publié en 2020-2021 »

Merci aux éditions Albin Michel!

You can’t keep a good woman down (non traduit) : Alice Walker

En 2018 je vous parlais d’un de mes livres cultes d’Alice Walker : « La couleur pourpre ». J’ai étudié ce roman pour mes études universitaires et à l’époque j’avais lu tous les livres de l’autrice que j’avais pu trouver. J’ai lu ce recueil de nouvelles la première fois en 1995 et je suis très contente de l’avoir relu car j’avais complétement oublié cette lecture mais j’ai beaucoup aimé! Malheureusement, ce recueil n’est pas traduit, j’ai cherché partout mais je n’ai pas trouvé trace d’une traduction.

Je ne vais pas rentrer dans les détails de chaque nouvelle mais juste vous dire que si vous lisez en anglais et que vous aimez les histoires de femmes, vous aimerez ces nouvelles. Les femmes noires, le féminisme, les relations humaines, déséquilibrées que ces femmes doivent subir. Je sais que je ne vous en dis pas beaucoup mais je trouve ça toujours dur de parler de nouvelles!

J’ai vraiment aimé son style et les sujets abordés. Je pense que je relirai mes autres livres d’Alice Walker petit à petit au grès des African History Month challenges 😉

catégorie « être humain »

Fendre l’armure : Anna Gavalda (lu par Rachel Arditi, Gregori Baquet, Stéphane Boucher et Chloé Lambert)

J’ai rencontré Anna Gavalda il y a longtemps avec « Je voudrai que quelqu’un m’attende quelque part », des nouvelles que j’avais beaucoup aimées. Ce recueil de 7 nouvelles raconte des tranches de vies et je dois commencer par dire qu’elles sont extrêmement bien lues par les différents acteurs qui font vraiment vivre les textes.

J’ai beaucoup aimé la première, « L’amour courtois » particulièrement bien lue et qui a mon avis se prête particulièrement à la version audio car le language est très parlé et ça apporte un vrai plus. L’histoire d’une jeune femme qui a du mal à se laisser approcher par les autres.

Dans « La maquisarde », c’est une histoire très touchante d’une jeune mère, veuve qui a du mal à se remettre et qui boit trop, qui rencontre une autre jeune femme.

Dans « Happy Meal », un homme raconte le calvaire d’être obligé d’aller au MacDo pour faire plaisir à une jeune personne.

Dans « Mes points de vie », c’est l’histoire d’un homme qui est convoqué par la directrice de l’école de son fils et qui va prendre une leçon de vie.

Et dans « Un garçon », c’est un jeune homme qui rentre en train d’un weekend alcoolisé et qui revient sur sa jeunesse.

J’ai aimé la plupart de ces nouvelles qui ne sont pas toutes égales et qui sont assez différentes, mais je n’ai pas du tout accroché à celle qui s’appelle « Le fantassin » auquel je ne comprenais rien 😉 et que j’ai abandonnée.

Elles ont pour thématique l’amour, que ce soit l’amour filial ou des relations amoureuses, qu’elles soient heureuses ou contrariées.

par Sylire : cliquez sur son nom pour voir son avis.

 Chez Sylire

catégorie « objet » pour ma ligne audio

Wenjack : Joseph Boyden

 

Difficile de classer ce texte : est-ce un très court roman ou une nouvelle? Est-ce un récit sous forme de poème ou un biographie romancée? En tout cas, une chose est certaine : c’est un très beau texte sur un sujet poignant, raconté avec beaucoup de pudeur et de poésie. Je ne sais pas si ce texte est traduit, j’ai eu du mal à le trouver même en anglais, je l’ai commandé à une librairie de livres d’occasion aux Etats-Unis (en passant par Ama*on… pas le choix malheureusement).

J’ai découvert ce texte lors d’une conférence sur les horreurs qui ont été commises à l’encontre des peuples amérindiens (« First Nations ») quand les enfants étaient retirés de leurs familles pour être placés dans les « Residential Schools » qui n’étaient rien de moins que des centres de rétentions et de lavage de cerveaux pour détruire toute part indigène de ces enfants. Dans mon billet sur le roman jeunesse « Kill the Indian in the child »  (qui raconte également la vie de Chanie Wenjack, un jeune garçon qui a vraiment existé et qui est mort en fuyant son « internat » sordide) je vous en disais plus sur le sujet et j’avais aussi mis des liens qui pourront compléter ce billet. Pour éviter des redites, n’hésitez pas à aller y faire un tour.

Dans ce texte de Joseph, Boyden, c’est donc l’histoire de Chanie Wenjack qui nous est contée. J’utilise ce mot exprès car l’auteur ici a choisi de nous raconter la fuite du jeune garçon, ses derniers jours, vus au travers du regard d’esprits de la nature qui prennent corps dans des animaux qui croisent le chemin du garçon. Il adapte donc les traditions amérindiennes à cette histoire réelle et atroce. Chaque chapitre donne la parole à un animal et la première page du chapitre est illustré de cet animal.

C’est un texte très touchant pour une histoire dramatique à l’échelle d’un pays (voir d’un continent!)

Pour aller plus loin sur le sujet (Cliquez sur la photo)

Une vidéo avec Joseph Boyden sur l’histoire de Chanie Wenjack et sur les Residentials Schools (en anglais) :

Aujourd’hui, je vous parle aussi du roman « Jeu blanc » de Richard Wagamese qui est aussi sur cette thématique des Premières Nations et des Residential schools.

 chez Antigone

 chez Karine:) et  Yueyin (Un invité Canadien au Québec)

Miss Marple au club du mardi + Le club du mardi continue : Agatha Christie

Ces deux recueils de nouvelles regroupent 13 nouvelles qui étaient à l’origine un seul volume quand Agatha Christie les a publiées sous le titre anglais « The Thirteen Problems ». Ces nouvelles sont liées par une trame : elles se situent toutes à St. Mary Mead. Les premières (1 à 6) se passent auprès de Miss Marple, il y a son neveu Raymond West, qui est écrivain, Joyce Lemprière, une jeune artiste, Sir Henry Clithering, ancien haut fonctionnaire de Scotland Yard, Dr Pender, un pasteur de la paroisse et Mr. Petherick, un avoué. Les autres nouvelles (7 à 12) ont lieu un an après chez le Colonel Arthur Bantry et sa femme Dolly chez qui leur ami Sir Henry Clithering est de passage et il y a à nouveau Miss Marple ainsi que l’actrice Miss Jane Helier et le Dr Lloyd. La dernière nouvelle remet en contact Sir Henry Clithering avec Miss Marple à Saint Mary Mead.

J’ai retrouvé ces détails sur internet et je me suis rendue compte que si j’avais parfois confondu Joyce Lempière et Jane Helier c’était normal car l’édition « Club des masques » que j’ai lue n’a pas respecté l’ordre des nouvelles d’origine et donc il y a quelques confusions sur les personnages réunis. Ce n’est pas très grave pour la compréhension des histoires car elles sont toutes indépendantes mais c’est quand même dommage pour l’unité du recueil.

Le point commun de toutes ces nouvelles est que chaque personnage va proposer une histoire criminelle et demander aux autres participants de dénouer cette affaire à partir des quelques indices et indications données. Tout le monde émet des hypothèses mais c’est toujours Miss Marple qui, tout en donnant l’impression de ne pas vraiment être concentrée, en tricotant, apporte la solution à toutes les enquêtes évoquées, argumentant comme d’habitude qu’elle a juste observé la vie à Saint Marie Mead qu’elle n’a jamais quitté et que la nature humaine peut se retrouver partout.

Je ne vais pas vous parler de chaque nouvelle car elles sont assez courtes et je ne voudrais pas trop en dévoiler mais ce que je peux vous dire c’est que j’ai vraiment apprécié ces nouvelles et ce format qui fait que l’on a vraiment une mini enquête policière à chaque fois. Je vous recommande ces deux titres ou « Miss Marple et le club du mardi » dans lequel les 13 nouvelles sont maintenant regroupées en un seul volume. Mais au cas où vous auriez la même édition que moi, voici l’ordre à suivre :

  1. Le Club du Mardi (The Tuesday Night Club)
  2. Le Sanctuaire d’Astarté (The Idol House of Astarte)
  3. Les Lingots d’or (Ingots of Gold)
  4. Le Perron sanglant (The Blood-Stained Pavement)
  5. Motif contre occasion (Motive vs Opportunity)
  6. Le Pouce de saint Pierre (The Thumb Mark of St Peter)
  7. Le Géranium bleu (The Blue Geranium)
  8. La Demoiselle de compagnie (The Companion)
  9. Les Quatre Suspects (The Four Suspects)
  10. Une tragédie de Noël (A Christmas Tragedy)
  11. L’Herbe de mort (The Herb of Death)
  12. L’Affaire du bungalow (The Affair at the Bungalow)
  13. Une noyée au village (Death by Drowning)

55e et 56e Agatha Christie de ma collection

chez Lou et Titine

catégorie « objet » (=club de golf)

Différente : Marlène Tissot (Lu par Margot Châron)

Margot est une jeune femme qui semble un peu simplette, gentille et douce mais un peu naïve. Elle travaille avec Gisèle avec qui elle s’entend bien. Elle se sent assez assez à l’aise pour lui raconter que quand elle était enfant, son oncle « soulevait sa jupe et tirait sur l’élastique de sa culotte pour regarder ses fesses. Il l’étouffait avec sa main pour l’empêcher de crier. » Elle raconte cela sans paraître réaliser ce que cela implique. Son autre oncle fait en sorte que son frère soir condamné mais Margot ne s’est pas laissée abattre par ces événements, comme s’ils lui étaient passés au-dessus. Elle dit souvent qu’un médecin lui avait dit qu’elle n’était pas idiote mais « différente » et elle est très attachée à cela.

Et effectivement, Margot est différente. Peut-être plus lente intellectuellement mais surtout pleine de joie de vivre et d’envie de voir le meilleur dans ce qui l’entoure.

Gisèle prend très mal les confidences de Margot, elle ne voulait pas savoir et le seul regret de la jeune femme, c’est la peur d’avoir perdue son amie, qui est un peu comme une figure de mère, après s’être confiée.

J’ai trouvé ce texte très touchant et le personnage de Margot est lumineux. Une belle découverte et la lectrice donne vraiment vie au personnage.

La particularité de la maison d’édition 15K est de proposer des textes courts et celui-ci dure 24 mn. c’est sans doute intéressant pour certains audiolecteurs qui n’ont pas envie de rester trop longtemps sur le même texte audio mais pour moi c’était trop court, j’aurais apprécié de trouver ce texte dans un recueil de nouvelles mais une seule nouvelle ne dure même pas le temps de mon trajet pour aller au travail alors je suis un peu restée sur ma faim.

Mais cette remarque mise à part, je dois dire que j’ai vraiment aimé cette nouvelle.

Lauréat « fiction » 2019 du

 Chez Sylire

Fénitchka (suivi de Une longue dissipation) : Lou Andreas-Salomé (Lu par Anna Mouglalis)

Sans la pré-sélection du prix Lire dans le Noir, je n’aurais sans doute jamais entendu parler de ces nouvelles et de son auteur. Je me suis renseignée et j’ai découvert que Lou Andreas-Salomé était une femme de lettres allemande d’origine Russe qui s’est trouvée liée -amicalement et/ou amoureusement ou intellectuellement avec Friedrich Nietzsche, Rainer Maria Rilke, Sigmund Freud… Elle était une femme plutôt libre et moderne pour son époque et ses deux nouvelles écrites en 1896 et 1898 mettent en scène des jeunes femmes qui semblent être des miroirs de l’auteur.

« Fénitchka » : Fénitchka est une jeune femme qui rencontre un homme à Paris. Il croit que cette étudiante Russe est une fille plus légère qu’elle ne l’est en réalité et celle-ci l’éconduit. Mais à la suite, ils deviennent amis. Le hasard les fait se retrouver en Russie. Leur amitié se renoue et ces deux intellectuels échangent souvent sur le sentiment amoureux et sur la liberté de ne pas se marier car Fénitchka est bien en avance sur son temps dans ses relations amoureuses et dans son désir de ne pas se plier au rôle qui est traditionnellement attribué aux femmes.

*

« Une longue dissipation » : La narratrice est une jeune femme devenue artiste, à Paris. Mais quand elle était jeune, elle était fiancée à un médecin, un cousin dont elle était folle amoureuse et pour lequel, à l’époque, elle aurait été capable de tout donner, de se plier à ses désirs, prête à devenir la femme parfaite et soumise même si en réalité, elle s’ennuyait. Cet homme l’a quittée un jour et c’est à partir de ce moment qu’elle est partie vivre une vie libre d’artiste. En revenant voir sa mère qui vit toujours chez son cousin, elle découvre que ce dernier a toujours des sentiments pour elle et que s’il l’a quittée c’était pour ne pas lui couper les ailes, car il sentait qu’elle allait contre sa nature de femme libre en s’attachant à lui. Autour d’autres personnages de femmes (une domestique qui travaille pour plus tard devenir enseignante et une jeune baronne lourdement handicapée), cette nouvelle est l’occasion de discourir sur la place de la femme dans la société et le couple et sur l’amour et la liberté.

*

Ces nouvelles sont vraiment très modernes et avant de savoir qu’elles avaient été écrites au tournant du 20 ème siècle, je me disais qu’elle pouvait avoir été écrites dans les années 1960 avec tous ces questionnements sur la place des femmes et sur l’impact que la société a sur les relations entre les hommes et les femmes.

J’ai trouvé le style beau et le propos intéressant. Par contre, c’est le deuxième livre audio que j’écoute qui est lu par Anna Mouglalis et je n’aime pas du tout sa voix qui est beaucoup trop grave, trop basse au point où parfois je ne comprenais pas ce qu’elle disait. Cela transformait le texte en marmonnement… il a fallut que je me concentre vraiment pour ne pas perdre le fil et c’est dommage.

 Chez Sylire