Fénitchka (suivi de Une longue dissipation) : Lou Andreas-Salomé (Lu par Anna Mouglalis)

Sans la pré-sélection du prix Lire dans le Noir, je n’aurais sans doute jamais entendu parler de ces nouvelles et de son auteur. Je me suis renseignée et j’ai découvert que Lou Andreas-Salomé était une femme de lettre allemande d’origine Russe qui s’est trouvée liée -amicalement et/ou amoureusement ou intellectuellement avec Friedrich Nietzsche, Rainer Maria Rilke, Sigmund Freud… Elle était une femme plutôt libre et moderne pour son époque et ses deux nouvelles écrites en 1896 et 1898 mettent en scène des jeunes femmes qui semblent être des miroirs de l’auteur.

« Fénitchka » : Fénitchka est une jeune femme qui rencontre un homme à Paris. Il croit que cette étudiante Russe est une fille plus légère qu’elle ne l’est en réalité et celle-ci l’éconduit. Mais à la suite, ils deviennent amis. Le hasard les fait se retrouver en Russie. Leur amitié se renoue et ces deux intellectuels échangent souvent sur le sentiment amoureux et sur la liberté de ne pas se marier car Fénitchka est bien en avance sur son temps dans ses relations amoureuses et dans son désir de ne pas se plier au rôle qui est traditionnellement attribué aux femmes.

*

« Une longue dissipation » : La narratrice est une jeune femme devenue artiste, à Paris. Mais quand elle était jeune, elle était fiancée à un médecin, un cousin dont elle était folle amoureuse et pour lequel, à l’époque, elle aurait été capable de tout donner, de se plier à ses désirs, prête à devenir la femme parfaite et soumise même si en réalité, elle s’ennuyait. Cet homme l’a quittée un jour et c’est à partir de ce moment qu’elle est partie vivre une vie libre d’artiste. En revenant voir sa mère qui vivait toujours chez son cousin, elle découvre que son cousin a toujours des sentiments pour elle et que s’il l’a quittée c’était pour ne pas lui couper les ailes, car il sentait qu’elle allait contre sa nature de femme libre en s’attachant à lui. Autour d’autres personnages de femmes (une domestique qui travaille pour plus tard devenir enseignante et une jeune baronne lourdement handicapée), cette nouvelle est l’occasion de discourir sur la place de la femme dans la société et le couple et sur l’amour et la liberté.

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Ces nouvelles sont vraiment très modernes et avant de savoir qu’elles avaient été écrites au tournant du 20ème siècle, je me disais qu’elle pouvait avoir été écrite dans les années 1960 avec tous ces questionnements sur la place des femmes et sur l’impacte que la société a sur les relations entre les hommes et les femmes.

J’ai trouvé le style beau et le propos intéressant. Par contre, c’est le deuxième livre audio que j’écoute qui est lu par Anna Mouglalis et je n’aime pas du tout sa voix qui est beaucoup trop grave, trop basse au point où parfois je ne comprenais pas ce qu’elle disait. Cela transformait le texte en marmonnement… il a fallut que je me concentre vraiment pour ne pas perdre le fil et c’est dommage.

 Chez Sylire

La parure et autres nouvelles : Guy de Maupassant (Lu par Philippe Lejour)

Quand j’étais au lycée, j’ai beaucoup lu de nouvelles de Maupassant et j’aimais beaucoup ça. Quand j’ai reçu cette lecture audio pour la pré-sélection du prix Lire dans le Noir, j’étais ravie de redécouvrir Maupassant par ses nouvelles. J’ai apprécié la version audio mais je dois dire que ce ne sont sans doute pas les meilleures nouvelles que j’ai lues de lui. mais on ne peut pas nier que Maupassant sait en peu de mots dresser des portraits très humains des hauts et des bas de la société.

Voici quelques mots sur ces 4 nouvelles :

« La parure » : Mathilde Loisel est mariée à un modeste employé d’un ministère mais elle rêve de richesses et de bonne société. Un jour, son mari reçoit une invitation pour une grande fête dans le grand monde. Son mari se sacrifie pour lui acheter une belle tenue et elle emprunte une parure de diamants à une amie riche. Cette soirée se passe merveilleusement bien, Mathilde Loisel est la reine de la soirée, elle fait très bonne impression. C’est certainement un des plus beaux moments de sa vie… Jusqu’à ce qu’en rentrant chez elle, elle découvre qu’elle a perdu la parure de son amie… Cela changera le cours de leur vie…

« L’enfant » : Jacques Bourdillère, un noceur patenté tombe amoureux d’une jeune fille. Il la demande en mariage mais ils doivent attendre car les parents de la jeune fille ne voit pas d’un bon oeil sa vie dissolue. Il rompt avec sa maîtresse mais malgré tout, le soir de son mariage, il reçoit une lettre dun médecin qui lui annonce qu’une femme vient d’accoucher d’un enfant et qu’elle va certainement mourir…

« Mon oncle Jules » : Joseph Davranche  raconte à un ami pourquoi il donne de l’argent à un mendiant. Il explique qu’il avait un oncle Jules qui devait beaucoup d’argent à sa famille. Il était parti en Amérique sans rembourser et il était le mouton noir de la famille, jusqu’à ce qu’ils reçoivent une lettre annonçant qu’il les rembourserait bientôt. Alors que la soeur de Joseph vient de se marier avec un prétendant qui peut-être s’est laissé persuadé par cet « oncle d’Amérique », toute la famille prend le ferry pour Jersey et là, ils croisent un homme qui ressemble plus à un mendiant qu’autre chose et qui travaille pour le capitaine mais surtout qui ressemble beaucoup à l’Oncle Jules…

« La mère Sauvage » : La mère Sauvage est une femme assez discrète et dur à la peine. Son mari est mort, tué par les gendarme et son fils est à la guerre. Sa ferme a été réquisitionnée pour loger des soldats Prussiens. Elle vit auprès d’eux s’occupe d’eux en restant taciturne sans s’exprimer vraiment. Un jour, elle reçoit une lettre lui annonçant la mort de son fils au combat et tout en gardant son calme va décide de se venger de ce destin qui s’acharne contre elle…

 Chez Sylire

La vengeance du pardon : Eric-Emmanuel Schmitt

Ce livre est un recueil de 4 nouvelles et elles ont toutes comme point commun de parler du pardon à divers niveaux : le pardon envers les autres, envers soi-même ou celui que l’on refuse ou que l’on espère…

Evidemment c’est compliqué de parler de nouvelles car de part leur format court, il ne faut pas trop en dire sur l’intrigue. Voici quelques mots sur chaque nouvelle :

« Les soeurs Barbarin » raconte l’histoire de deux sœurs jumelles qui ont vécu dans la rivalité : l’une étant toujours et l’autre toujours prête à lui pardonner toutes ses mesquineries et méchanceté…

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« Madame Butterfly » raconte l’histoire d’une rencontre entre un jeune homme plein d’avenir et d’une jeune fille intellectuellement limitée qui ont une aventure sexuelle du point de vue du garçon mais qui est une histoire d’amour pour la jeune fille. Un enfant naît mais c’est seulement plus tard que les liens se renouent…

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« La vengeance du pardon » raconte l’histoire d’une femme dont la fille a été assassinée parc un tueur en série. Pourtant cette femme rend visite régulièrement à cet homme en prison, elle lui parle, le fait parler et semble chercher à le comprendre. Le lecteur qui peut trouver son attitude dérangeante comprend à la fin, qu’elle lui fait un cadeau empoisonné.

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« Dessine-moi un avion » raconte l’histoire d’un vieil homme passionné d’aviation qui porte de lourds secrets liés à la 2ème guerre mondiale et à son amour des avions. Il se lit d’amitié avec une petite fille,  sa voisine avec qui il va partager la lecture du « Petit Prince ». Ce sera le lien avec le passé…

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J’ai aimé ces nouvelles qui font la part belle aux personnages et à la psychologie. Elles sont très bien construites et bien écrites, mêlant le mystère et l’envie de savoir où l’auteur veut nous emmener. Une bonne découverte.

 avec Jostein : Allons voir son avis!

Avis de tempête : Angéla Morelli (nouvelle)

Comme je vous le disais dans mon billet sur « Pourquoi pars-tu, Alice? », je ne suis pas une grande fan de chick litt mais à l’occasion d’une LC autour de la chick litt pour Québec en Novembre et après avoir passé du temps avec Karine cet été, je ne pouvais pas ne pas lire Angéla Morelli, sa grande amie!

Et franchement, dès le début, je ne pouvais pas ne pas pas penser à Karine puisque l’histoire se passe chez elle et que la cousine de l’héroïne s’appelle Karine! C’est d’ailleurs notre Karine qui a aidé Angéla a fignoler les dialogues québécois pour qu’ils sonnent juste et les lecteurs français qui sont déjà allés au Québec reconnaitront les questionnements face à certaines expressions (pendant mon séjour, je notais les choses que j’allais demander à Jules et Karine pour être sure d’avoir compris!)

Alors, il faut savoir que c’est une nouvelle, et j’avoue que comme je l’ai lu sur ma liseuse, je ne m’attendais pas du tout à ce qu’elle soit si courte. J’aurais aimé que ça soit plus long car forcément, tout va un peu trop vite et perd en réalisme et d’épaisseur.

Candice (pourquoi ce prénom? j’avoue que je ne comprends pas pourquoi les personnages de chick litt doivent avoir ces prénoms improbables) est une parisienne pur jus qui quitte la France sur une coup de tête pour aller voir sa cousine Karine au Québec. Le fait que ce soit en plein hiver, en février, et qu’il fasse -30° ne l’a pas effleuré et elle débarque dans le Saguenay, à La Baie, uniquement vêtue de bottines, d’une minijupe et d’une petite veste (et l’auteur raconte dans les remerciements que cette anecdote est véridique, c’est ce qu’elle-même a fait en allant au Québec pour la première fois en hiver!).

Sa cousine n’étant pas à l’aéroport, elle est recueillie par le pilote de l’avion (un ami du « chum » de Karine) qui voulant l’amener chez sa cousine dans la tempête de neige se retrouve à devoir la sauver de l’hypothermie en l’hébergeant après un accident de la route. Leur soirée sera l’occasion de quelques malentendus de langage, quelques gaffes de la part de Candice et un réchauffement grâce au feu de cheminée mais pas que… Bref, un peu de séduction et d’humour…

Mais la nouvelle s’arrête au lendemain matin avec un goût de trop peu! Je suis persuadée que cela aurait fait un bon petit roman que j’aurais eu plaisir à lire (mais je pense que je relirai Angéla Morelli quand j’aurai envie d’un peu de légèreté car j’ai bien aimé ce premier aperçu de sa plume!)

Allez donc lire l’avis de Karine!

  chez Karine:) et  Yueyin

 autour de la chick litt

Arvida : Samuel Archibald (lu par l’auteur et Gildor Roy)

Pas facile de parler d’un recueil de nouvelles et encore moins facile quand on l’a lu en version audio et qu’on ne peut donc pas le feuilleter pour ne serait-ce que retrouver les titres! Pas facile non plus de parler de chaque nouvelles car par essence, étant courtes, je ne veux pas trop en dire sur chacune.

Alors je vais commencer par recopier la quatrième de couverture de l’éditeur :

« À l’autre bout du monde il y a Arvida, ville modèle érigée au début du vingtième siècle par l’industriel américain Arthur Vining Davis.
Le narrateur de ce livre est né là, dans la capitale de l’aluminium, construite en cent trente-cinq jours. Petite utopie nordique peuplée de braves gens, de menteurs compulsifs et de pures crapules. Dans les quatre paroisses d’Arvida, le long du Saguenay et par-delà l’horizon bleuté des monts Valin, on se raconte des histoires de nuits en forêt et de matins difficiles. Des histoires de jeunes filles innocentes et de bêtes sauvages, de meurtre raté et de mutilation rituelle, de roadtrip vers nulle part et de maison hantée. Des histoires tantôt tristes, tantôt drôles, tantôt horribles, et souvent un peu tout ça à la fois, mémorables pour leur profonde authenticité, même si, il faut bien le dire, elles sont toutes à moitié fausses et à moitié inventées.
Digne fils de son conteur de père, Samuel Archibald se révèle dans ces pages un émule de Cormac McCarthy obsédé par Proust, un héritier d’Anne Hébert qui a trop lu Jim Thompson et Stephen King. »

Je vais commencer par dire que je connaissais la ville d’Arvida de nom car Karine m’en avait parlé quand je suis allée chez elle et en effet, certaines de ces nouvelles se passent là-bas ou du côté du Saguenay, un coin que j’ai découvert cet été.

Dans la version que j’ai lu en audio, l’auteur a choisi de lire les nouvelles qui étaient « plus personnelles », celles qui concernaient sa famille ou Arvida ou parlaient de lui et c’est Gildor Roy qui lisait les autres. Il y a donc 14 nouvelles assez différentes les unes des autres. Le fil conducteur sont celles appelées « Arvida »qui parlent la vie de l’auteur et qui apportent une belle conclusion au recueil. Les autres, les fictions, sont très inégales. Certaines sont des sortes de road movies sans autre but que de rouler, d’autres des histoires de petites frappes qui ne savent pas vraiment où ils vont dans leurs magouilles. Des histoires de familles, de maison, d’animaux, de forêt, de chasse, d’amitié. Il y en a pour tous les univers et tous les goûts. Il y en a une que je n’ai pas pu lire en entier (celle qui se passe au Japon et qui parle de mutilations sexuelles) et il y en a une que j’avoue ne pas avoir comprise. Elle est assez longue, commence par une histoire d’ours, mais petit à petit dans une ambiance très onirique, on ne peut que se demander si ça ne parle pas d’inceste (mais je dois avouer que je me suis demandée si je n’avais pas raté le début d’une nouvelle tant celle-ci prenait un virage différent en plein milieu et je suis même revenue en arrière.)

Globalement j’ai aimé la plupart de ces nouvelles et le style de l’auteur mais toutes ne se valent pas.. J’ai aimé les personnages et une certaines poésie qu’il apporte à leurs vies, même quand ils sont parfois des losers ou des gens très ordinaires.

Pour aller plus loin : cliquez ici!

Grâce à ICI-Radio-Canada qui propose (gratuitement) des livres québécois enregistrés par des québécois

  chez Karine:) et  Yueyin

L’enjoliveur : Robert Goolrick

J’avais beaucoup aimé « Arrive un vagabond » de cet auteur et ma gentille ancienne collègue Géraldine m’a offert cette nouvelle du même auteur (pour se « faire pardonner » un malheureux gribouillage de sa petite dernière sur la dernière page d’un livre prêté… Autant dire que j’étais carrément gagnante sur le coup!)

J’ai beaucoup aimé cette nouvelle! Tout d’abord, c’est une jolie édition de Anne Carrière : petit format, couverture épaisse, pages épaisses et jolies illustrations de couverture et dans les pages (par  Jean-François Martin), ce n’est pas essentiel mais c’est agréable.

Au niveau de l’histoire, c’est celle d’un homme qui se remémore son enfance dans les années 50 aux Etats-Unis, auprès de sa famille et plus particulièrement de sa grand-mère. Après avoir parlé de ses jeux d’enfants autour des enjoliveurs (jeux tous aussi dangereux les uns que les autres), il raconte un événement qui lui est arrivé quand il avait 5 ans. Il s’agit d’un accident qui n’a pas vraiment eu lieu, un moment où il aurait pu mourir mais où il n’a eu que des égratignures… Une anecdote qui n’en est même pas vraiment une car personne ne semble se souvenir qu’elle lui est arrivée…

Mais en réalité, cette histoire n’est qu’un prétexte pour parler de sa famille. Une grand-mère adorée à la personnalité forte, des parents qui s’intéressent plus à leurs apéritifs qu’à leurs enfants et une mère qui a sans doute plus à cacher que l’enfant qu’il était ne pouvait l’imaginer. Au fil des digressions autour des problèmes mécaniques, cette nouvelle va donc bien au-delà de l’enjoliveur pour parler d’un tranche d’enfance et présenter des personnages bien dépeints en peu de mots.

Une bonne nouvelle (que j’imagine très bien en film) avec un beau style : je vous la recommande!

 objectif 2017 : –30

objectif PAL chez Antigone

 Géraldine : Merci!

 chez Titine

Double assassinat dans la rue morgue : Edgar Allan Poe

Voici encore un titre libre de droit que j’ai téléchargé sur ma liseuse car il fait partie des classiques de la littérature américaine dont j’avais beaucoup entendu parler et qui manquait à ma culture littéraire! Je n’avais pas réalisé que c’était une nouvelle (j’ai même fait un petit appel au secours sur Facebook avant de le commencer pour m’assurer que j’avais bien téléchargé tout le texte!) J’ai lu quelque part que c’était considéré comme le premier « roman policier », cette nouvelle ayant été écrite en 1841.

L’histoire commence par une sorte de conversation entre Auguste Dupin et le narrateur. Auguste Dupin est quelqu’un de très intelligent avec un fort pouvoir de réflexion et de déduction, une sorte de « mentaliste » (il m’a fait penser à Sherlock Holmes mais je ne connais pas très bien le personnage).

A l’époque, la police française n’arrive pas à résoudre un crime atroce qui a eu lieu dans la rue Morgue à Paris. Mme L’Espanaye et sa fille ont été retrouvées sauvagement assassinées chez elles. Mlle L’Espanaye a été découverte morte et terriblement mutilée enfoncée dans le conduit d’une cheminée et sa mère retrouvée morte dans la cour de l’immeuble… Mais ce qui est incompréhensible c’est que l’appartement était fermé de l’intérieur et que les fenêtres ne pouvaient pas s’ouvrir…

Le mystère est complet mais Auguste Dupin et le narrateur vont se rendre dans l’appartement et à partir de ses dons d’observation, le détective va découvrir ce qui s’est passé…

Bon, la nouvelle étant courte je ne vais pas vous dévoiler ni par quel moyen il a trouvé ni qui est le coupable mais je dois avouer que j’ai trouvé cela un peu tiré par les cheveux et un peu trop rocambolesque à mon goût… Par contre j’imagine bien qu’à l’époque cette histoire a dû être spectaculaire et scandaleuse car les meurtres sont vraiment horribles et le dénouement fantasque!

Je suis quand même contente de l’avoir lu pour ma culture générale!

 chez Titine

Bienvenue! 34 auteurs pour les réfugiés

par Olivier Adam, Pénélope Bagieu, Edmond Baudoin, Nicolas Bedos, Tahar Ben Jelloun, Berberian, Stephanie Blake, Geneviève Brisac, Sorj Chalandon, Philippe Claudel, Marie Darrieussecq, Philippe Delerm, Mathias Enard, Laurent Gaudé, Gauz, Brigitte Giraud, Régis Jauffret, Jul, Lola Lafon, Alain Mabanckou, Pascal Manoukian, Isabelle Monnin, Plantu, Claude Ponti, Jean-Michel Ribes, Lydie Salvayre, Joann Sfar, Abdellah Taïa, Olivier Tallec, Philippe Torreton, Minh Tran Huy, Lewis Trondheim, Valérie Zenatti, Alice Zeniter.

[En décembre j’ai fait des lectures thématiques et j’ai trouvé qu’elles s’enchaînaient si bien que je vous en parle aujourd’hui pour vous encourager à faire le même cheminement littéraire que moi autour de la notion de « migrants » et de « réfugiés ». Il s’agit du texte jeunesse « Eux, c’est nous … », du documentaire « Kotchok – Sur la route des migrants », du recueil de nouvelles « Bienvenue ! 34 auteurs pour les réfugiés » et du roman (audio) « Eldorado ».]

J’ai acheté ce recueil de nouvelles pour deux raisons : une raison égoïste c’est la liste des auteurs dont certains que j’aime beaucoup et que j’étais contente de retrouver (Olivier Adam, Sorj Chalandon, Philippe Claudel, Mathias Enard, Laurent Gaudé,  Alain Mabanckou…) et d’autres que je ne connaissais pas ou pas bien et que j’avais envie de découvrir et puis une raison solidaire car « Tous les bénéfices de la vente de cet ouvrage seront intégralement reversés au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. »

Dans ce recueil il y a des nouvelles, des témoignages plus personnels et des dessins. C’est difficile de rentrer dans les détails dans chaque nouvelle mais le thème central est la notion de « réfugiés » que les auteurs ont choisi d’aborder à leur manière. Parfois du point de vue de l’européen qui est confronté de façon positive ou négative aux réfugiés, parfois dans le questionnement  autour de ce que les personnages ou l’auteur pensent de la situation des refugiés. Parfois les textes ou dessins sont du point de vue des réfugiés. Parfois ce sont des témoignages des auteurs sur des événements qu’ils ont vécus ou des sentiments ressentis en rapport avec des situations liées à la migration, soit qu’ils se soient sentis étranger ou parce qu’ils en ont rencontré.

J’ai beaucoup aimé ces réflexions, chacune avec son style. Je les ai trouvés, beaux, instructifs, émouvants ou « questionnant » (je ne crois pas que ce mot existe, mais je veux dire qu’ils m’ont fait me poser des questions 😉  ) J’ai particulièrement aimé le texte de Mathias Enard que j’ai trouvé très puissant  sur la responsabilité des occidentaux…

Je dois aussi dire que ce recueil a eu à mon avis encore plus d’impacte sur moi pour l’avoir lu après « Eux, c’est nous. » et « Kotchok » et je vous recommande vraiment ces trois lectures ensemble.

 Petit Bac 2016 catégorie « ponctuation »

Les oliviers du Négus : Laurent Gaudé (Lu par l’auteur)

Ce titre est un recueil de nouvelles écrites et lues (très bien d’ailleurs!) par Laurent Gaudé. Si j’ai choisi de parler ce ces nouvelles le même jour que « Le soleil des Scorta » du même auteur c’est que la première nouvelle se passe dans la même région d’Italie et que j’avais l’impression de retourner dans un lieu familier même si les époques étaient différentes.

La première nouvelle, « Les oliviers du Négus » est l’histoire de la vie d’un homme qui vient de mourir et qui va être enterré dans le cimetière  de son village. Le narrateur est l’un des rares à se déplacer car le vieil homme qui avait combattu en Ethiopie dans l’armée du Duce en était revenu blessé dans son âme, amer et partait régulièrement dans son monde, peuplé de l’armée de Frederic II. Récit très touchant qui pourrait être celui d’un personnage secondaire du Soleil des Scorta.

Dans « Le bâtard du bout du monde », on retourne en arrière à l’époque de l’empire romain mais dans bien loin de l’Italie chaude et sèche car Lucius, un centurion dur et combattant, bâtard qui s’est construit dans la défense de l’Empire, se retrouve dans la boue et perd complètement pied mentalement et physiquement. Il est pris par les Barbares qui le font marcher, quasi mourant jusqu’à Rome pour annoncer la fin… J’ai trouvé qu’il y avait quelque chose de la force épique et intemporelle de « La mort du Roi Tsongor » dans ce texte.

« Je finirai à terre » se situe dans la campagne française (mais cela pourrait être n’importe où) pendant la guerre de 14-18. La terre qui ne supporte plus d’être meurtrie et détruite par les bombes crée une force vengeresse et meurtrière en boue et glaise : un golem qui prend forme humaine et tue les hommes pour se venger des mauvais traitements qu’on lui fait subir. Cette nouvelle  fantastique est aussi un texte presque réaliste qui fait réfléchir aux actions des hommes envers la terre…guerre, exploitation intensive, écologie.

Dans « Tombeau pour Palerme », on revient en Italie mais une Italie contemporaine car c’est un récit poignant d’un juge anti-mafia qui raconte ses derniers jours et qui raconte son combat en rendant hommage à celui qu’il appelle son frère, juge qui a été exécuté dans un attentat (le Juge Falcon), il raconte son combat pour une Sicile libérée de la Mafia mais aussi sa vie entre parenthèse dans l’attente de la mort. J’ai trouvé ce texte intense et très fort.

Je suis contente d’avoir découvert ces nouvelles qui donnent à mon avis un bel aperçu du style de Laurent Gaudé dans ses différentes facettes. Je dois dire que j’ai aimé tout ce que j’ai lu de lui jusqu’ici!

     par Sylire (Son avis en cliquant sur son nom)

 Chez Sylire

Les deux messieurs de Bruxelles : Eric-Emmanuel Schmitt (Lu par l’auteur)

Je choisis de parler de ce recueil de nouvelles aujourd’hui, le 14 février, car Sophie/Vicim a eu l’idée de nous faire écrire un billet sur le thème de l’amour en cette Saint Valentin et en écoutant ces nouvelles, j’ai trouvé que le lien entre chacune était l’amour. D’ailleurs, à la fin, Eric Emmanuel Schmitt termine avec des extraits de son journal de l’époque de l’écriture de ces textes et il y livre ses réflexions, ses impressions (ce qui est vraiment passionnant) et il évoque lui-même l’amour comme lien qui est apparu presque malgré lui!

Dans la première « Les deux messieurs de Bruxelles », il est question d’un couple d’homosexuels qui vit une vie de famille par procuration. C’est une belle leçon d’amour.

Dans « Le chien », c’est l’amour d’un homme pour son chien -un amour qui va au-delà de juste l’affection pour l’animal qui est ici un symbole de la vie.

Dans « Ménage à trois », c’est l’histoire d’un couple mais aussi un amour admiratif de la part du mari actuel pour celui qui est mort au point où celui-ci a une vraie place dans ce couple.

Dans « Un coeur sous la cendre », c’est une histoire d’amour maternel qui est mis à mal au moment d’une greffe d’organe.

Et enfin, dans « L’enfant fantôme », c’est l’histoire d’un couple qui a eu recourt à une IVG pour des raisons médicales et qui a reversé tout l’amour qu’ils avaient dans leur couple jusqu’à ce qu’un accident leur apporte un autre éclairage sur leur vie.

Il est assez difficile de parler de nouvelles car je ne veux pas trop en dire pour ne pas les déflorer mais je peux vous dire que j’ai trouvé ces textes très bien écrits et très riches dans leurs thèmes. Il y a beaucoup de bienveillance envers les personnages.

J’ai également beaucoup apprécié le journal dont je vous parlais au début car il y parle de la création et de ses impressions au moment de l’écriture. C’est un vrai plus que j’avais déjà beaucoup apprécié à la lecture de « La part de l’autre ».

Quant à la lecture par Eric-Emmanuel Schmitt, je l’ai trouvée excellente. Il a su donner vie à ses personnages avec beaucoup de justesse.

  par Sylire (cliquez pour voir son billet) Merci!


Commentaires laissés sur Canalblog à l’époque :
  •  J’ai pris beaucoup de plaisir à écouter ses nouvelles moi aussi. Quant à l’auteur, un excellent conteur, tu as raison de le souligner.
Posté par sylire, vendredi 14 février 2014
  • J’ai vraiment passé un bon moment! Merci!
Posté par ennapapillon, vendredi 14 février 2014
  • J’aime beaucoup EE Schmitt. je vais me laisser tenter.
Posté par MrsB, vendredi 14 février 2014
  • J’avais un peu peur de lire des nouvelles mais elles étaient vraiment bien écrites et touchantes!
Posté par ennapapillon, vendredi 14 février 2014
  • J’adore les carnets de l’auteur à la fin de ses romans, et encore plus quand il les lit. J’ai vraiment beaucoup aimé la nouvelle qui sert de titre au recueil.
Posté par val-m-les-livres, vendredi 14 février 2014
  • Je trouve cela un vrai plus de suivre son cheminement en cours d’écriture! J’ai beaucoup aimé aussi la première nouvelle.
Posté par ennapapillon, vendredi 14 février 2014
  • il va falloir que je lise de cet auteur un jour…alors pourquoi pas commencer par des nouvelles…mais a l’eau de rose…pfouffff…
Posté par rachel, vendredi 14 février 2014
  • Ah non, elles ne sont pas du tout à l’eau de rose! Il parle d’amour sous toutes ses formes, mais jamais mièvre!
Posté par ennapapillon, vendredi 14 février 2014
  • okidou c’est note alors….
Posté par rachel, samedi 15 février 2014
  • 😉
Posté par ennapapillon, samedi 15 février 2014
  • Merci de ta participation, je note ce livre audio !
Posté par vicim/sophie, vendredi 14 février 2014
  • le hasard a bien fait les choses Je ne suis pas une grande romantique mais de l’amour il y en a sous toutes ces formes ici
Posté par ennapapillon, vendredi 14 février 2014
  • Je n’ai toujours pas réussi à passer à la lecture audio. Pourtant j’ai essayé… avec ce titre. C’était pourtant une bonne idée de commencer par des nouvelles et même si j’ai apprécié celles que j’ai écoutées, ce n’est pas un type de lecture qui me convient pour l’instant.
Posté par Noukette, samedi 15 février 2014
  • J’ai vraiment adopté ce type de lecture mais je peux comprendre qu’on ait du mal à se concentrer sur une histoire
Posté par ennapapillon, samedi 15 février 2014
  • Je devrais peut-être me laisser retenter par cette lecture. Parler des différentes sortes d’amour c’est une bonne idée. Mais je n’avais pas beaucoup aimé La dame en rose, j’avais trouvé ça trop…
Posté par Secrète Louise, samedi 15 février 2014
  • J’ai trouvé toutes ces nouvelles très justes et bien écrites. J’espère qu’elles te plairont. Moi j’ai eu un coup d coeur pour Oscar et la dame rose mais je peux comprendre qu’on le trouve « trop »
Posté par ennapapillon, samedi 15 février 2014
  • Il est sur ma PAL. J’aime bien les nouvelles et le théâtre d’E-E Schmitt, il va falloir que je retrouve où j’ai pu fourrer ce livre.
Posté par praline, samedi 15 février 2014
  • Moi de mon côté je ne connaissais pas vraiment ses nouvelles et j’ai vraiment aimé, je les ai trouvées justes et abouties. Bonne recherche avant une bonne lecture
Posté par ennapapillon, samedi 15 février 2014
  • Merci pour ce billet Enna ! Je suis très loin d’avoir tout lu d’EES, mais jusqu’à présent, il ne m’a jamais déçue. Visiblement, ce recueil de nouvelles ne sera pas celui qui me fera changer d’opinion ! Une valeur sûre ce Monsieur Schmitt.
Posté par Marion, mercredi 19 février 2014
  • moi qui ne suis pas une fana de nouvelles j’ai beaucoup aimé en tout cas et si tu le trouve en livre audio c’est sympa aussi car il lit très bien ses textes!
Posté par ennapapillon, mercredi 19 février 2014
  • J’ai beaucoup aimé. J’ai trouvé cela à la fois frais et grave. Très beau.
Posté par Melusine1701, dimanche 23 février 2014
  • Oui, il y a un savant mélange d’émotions dans ces nouvelles!
Posté par ennapapillon, dimanche 23 février 2014
  • j’aime beaucoup EES, mais pas encore découvert ce titre… par contre pour moi ça se fera sur papier!
Posté par lasardine, lundi 24 février 2014
  • Je pense qu’il te plaira si tu aimes déjà l’auteur. Les personnages et les histoires sont pleine d’humanité.
Posté par ennapapillon, lundi 24 février 2014