Avis de tempête : Angéla Morelli (nouvelle)

Comme je vous le disais dans mon billet sur « Pourquoi pars-tu, Alice? », je ne suis pas une grande fan de chick litt mais à l’occasion d’une LC autour de la chick litt pour Québec en Novembre et après avoir passé du temps avec Karine cet été, je ne pouvais pas ne pas lire Angéla Morelli, sa grande amie!

Et franchement, dès le début, je ne pouvais pas ne pas pas penser à Karine puisque l’histoire se passe chez elle et que la cousine de l’héroïne s’appelle Karine! C’est d’ailleurs notre Karine qui a aidé Angéla a fignoler les dialogues québécois pour qu’ils sonnent juste et les lecteurs français qui sont déjà allés au Québec reconnaitront les questionnements face à certaines expressions (pendant mon séjour, je notais les choses que j’allais demander à Jules et Karine pour être sure d’avoir compris!)

Alors, il faut savoir que c’est une nouvelle, et j’avoue que comme je l’ai lu sur ma liseuse, je ne m’attendais pas du tout à ce qu’elle soit si courte. J’aurais aimé que ça soit plus long car forcément, tout va un peu trop vite et perd en réalisme et d’épaisseur.

Candice (pourquoi ce prénom? j’avoue que je ne comprends pas pourquoi les personnages de chick litt doivent avoir ces prénoms improbables) est une parisienne pur jus qui quitte la France sur une coup de tête pour aller voir sa cousine Karine au Québec. Le fait que ce soit en plein hiver, en février, et qu’il fasse -30° ne l’a pas effleuré et elle débarque dans le Saguenay, à La Baie, uniquement vêtue de bottines, d’une minijupe et d’une petite veste (et l’auteur raconte dans les remerciements que cette anecdote est véridique, c’est ce qu’elle-même a fait en allant au Québec pour la première fois en hiver!).

Sa cousine n’étant pas à l’aéroport, elle est recueillie par le pilote de l’avion (un ami du « chum » de Karine) qui voulant l’amener chez sa cousine dans la tempête de neige se retrouve à devoir la sauver de l’hypothermie en l’hébergeant après un accident de la route. Leur soirée sera l’occasion de quelques malentendus de langage, quelques gaffes de la part de Candice et un réchauffement grâce au feu de cheminée mais pas que… Bref, un peu de séduction et d’humour…

Mais la nouvelle s’arrête au lendemain matin avec un goût de trop peu! Je suis persuadée que cela aurait fait un bon petit roman que j’aurais eu plaisir à lire (mais je pense que je relirai Angéla Morelli quand j’aurai envie d’un peu de légèreté car j’ai bien aimé ce premier aperçu de sa plume!)

Allez donc lire l’avis de Karine!

  chez Karine:) et  Yueyin

 autour de la chick litt

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Arvida : Samuel Archibald (lu par l’auteur et Gildor Roy)

Pas facile de parler d’un recueil de nouvelles et encore moins facile quand on l’a lu en version audio et qu’on ne peut donc pas le feuilleter pour ne serait-ce que retrouver les titres! Pas facile non plus de parler de chaque nouvelles car par essence, étant courtes, je ne veux pas trop en dire sur chacune.

Alors je vais commencer par recopier la quatrième de couverture de l’éditeur :

« À l’autre bout du monde il y a Arvida, ville modèle érigée au début du vingtième siècle par l’industriel américain Arthur Vining Davis.
Le narrateur de ce livre est né là, dans la capitale de l’aluminium, construite en cent trente-cinq jours. Petite utopie nordique peuplée de braves gens, de menteurs compulsifs et de pures crapules. Dans les quatre paroisses d’Arvida, le long du Saguenay et par-delà l’horizon bleuté des monts Valin, on se raconte des histoires de nuits en forêt et de matins difficiles. Des histoires de jeunes filles innocentes et de bêtes sauvages, de meurtre raté et de mutilation rituelle, de roadtrip vers nulle part et de maison hantée. Des histoires tantôt tristes, tantôt drôles, tantôt horribles, et souvent un peu tout ça à la fois, mémorables pour leur profonde authenticité, même si, il faut bien le dire, elles sont toutes à moitié fausses et à moitié inventées.
Digne fils de son conteur de père, Samuel Archibald se révèle dans ces pages un émule de Cormac McCarthy obsédé par Proust, un héritier d’Anne Hébert qui a trop lu Jim Thompson et Stephen King. »

Je vais commencer par dire que je connaissais la ville d’Arvida de nom car Karine m’en avait parlé quand je suis allée chez elle et en effet, certaines de ces nouvelles se passent là-bas ou du côté du Saguenay, un coin que j’ai découvert cet été.

Dans la version que j’ai lu en audio, l’auteur a choisi de lire les nouvelles qui étaient « plus personnelles », celles qui concernaient sa famille ou Arvida ou parlaient de lui et c’est Gildor Roy qui lisait les autres. Il y a donc 14 nouvelles assez différentes les unes des autres. Le fil conducteur sont celles appelées « Arvida »qui parlent la vie de l’auteur et qui apportent une belle conclusion au recueil. Les autres, les fictions, sont très inégales. Certaines sont des sortes de road movies sans autre but que de rouler, d’autres des histoires de petites frappes qui ne savent pas vraiment où ils vont dans leurs magouilles. Des histoires de familles, de maison, d’animaux, de forêt, de chasse, d’amitié. Il y en a pour tous les univers et tous les goûts. Il y en a une que je n’ai pas pu lire en entier (celle qui se passe au Japon et qui parle de mutilations sexuelles) et il y en a une que j’avoue ne pas avoir comprise. Elle est assez longue, commence par une histoire d’ours, mais petit à petit dans une ambiance très onirique, on ne peut que se demander si ça ne parle pas d’inceste (mais je dois avouer que je me suis demandée si je n’avais pas raté le début d’une nouvelle tant celle-ci prenait un virage différent en plein milieu et je suis même revenue en arrière.)

Globalement j’ai aimé la plupart de ces nouvelles et le style de l’auteur mais toutes ne se valent pas.. J’ai aimé les personnages et une certaines poésie qu’il apporte à leurs vies, même quand ils sont parfois des losers ou des gens très ordinaires.

Pour aller plus loin : cliquez ici!

Grâce à ICI-Radio-Canada qui propose (gratuitement) des livres québécois enregistrés par des québécois

  chez Karine:) et  Yueyin

L’enjoliveur : Robert Goolrick

J’avais beaucoup aimé « Arrive un vagabond » de cet auteur et ma gentille ancienne collègue Géraldine m’a offert cette nouvelle du même auteur (pour se « faire pardonner » un malheureux gribouillage de sa petite dernière sur la dernière page d’un livre prêté… Autant dire que j’étais carrément gagnante sur le coup!)

J’ai beaucoup aimé cette nouvelle! Tout d’abord, c’est une jolie édition de Anne Carrière : petit format, couverture épaisse, pages épaisses et jolies illustrations de couverture et dans les pages (par  Jean-François Martin), ce n’est pas essentiel mais c’est agréable.

Au niveau de l’histoire, c’est celle d’un homme qui se remémore son enfance dans les années 50 aux Etats-Unis, auprès de sa famille et plus particulièrement de sa grand-mère. Après avoir parlé de ses jeux d’enfants autour des enjoliveurs (jeux tous aussi dangereux les uns que les autres), il raconte un événement qui lui est arrivé quand il avait 5 ans. Il s’agit d’un accident qui n’a pas vraiment eu lieu, un moment où il aurait pu mourir mais où il n’a eu que des égratignures… Une anecdote qui n’en est même pas vraiment une car personne ne semble se souvenir qu’elle lui est arrivée…

Mais en réalité, cette histoire n’est qu’un prétexte pour parler de sa famille. Une grand-mère adorée à la personnalité forte, des parents qui s’intéressent plus à leurs apéritifs qu’à leurs enfants et une mère qui a sans doute plus à cacher que l’enfant qu’il était ne pouvait l’imaginer. Au fil des digressions autour des problèmes mécaniques, cette nouvelle va donc bien au-delà de l’enjoliveur pour parler d’un tranche d’enfance et présenter des personnages bien dépeints en peu de mots.

Une bonne nouvelle (que j’imagine très bien en film) avec un beau style : je vous la recommande!

 objectif 2017 : –30

objectif PAL chez Antigone

 Géraldine : Merci!

 chez Titine

Double assassinat dans la rue morgue : Edgar Allan Poe

Voici encore un titre libre de droit que j’ai téléchargé sur ma liseuse car il fait partie des classiques de la littérature américaine dont j’avais beaucoup entendu parler et qui manquait à ma culture littéraire! Je n’avais pas réalisé que c’était une nouvelle (j’ai même fait un petit appel au secours sur Facebook avant de le commencer pour m’assurer que j’avais bien téléchargé tout le texte!) J’ai lu quelque part que c’était considéré comme le premier « roman policier », cette nouvelle ayant été écrite en 1841.

L’histoire commence par une sorte de conversation entre Auguste Dupin et le narrateur. Auguste Dupin est quelqu’un de très intelligent avec un fort pouvoir de réflexion et de déduction, une sorte de « mentaliste » (il m’a fait penser à Sherlock Holmes mais je ne connais pas très bien le personnage).

A l’époque, la police française n’arrive pas à résoudre un crime atroce qui a eu lieu dans la rue Morgue à Paris. Mme L’Espanaye et sa fille ont été retrouvées sauvagement assassinées chez elles. Mlle L’Espanaye a été découverte morte et terriblement mutilée enfoncée dans le conduit d’une cheminée et sa mère retrouvée morte dans la cour de l’immeuble… Mais ce qui est incompréhensible c’est que l’appartement était fermé de l’intérieur et que les fenêtres ne pouvaient pas s’ouvrir…

Le mystère est complet mais Auguste Dupin et le narrateur vont se rendre dans l’appartement et à partir de ses dons d’observation, le détective va découvrir ce qui s’est passé…

Bon, la nouvelle étant courte je ne vais pas vous dévoiler ni par quel moyen il a trouvé ni qui est le coupable mais je dois avouer que j’ai trouvé cela un peu tiré par les cheveux et un peu trop rocambolesque à mon goût… Par contre j’imagine bien qu’à l’époque cette histoire a dû être spectaculaire et scandaleuse car les meurtres sont vraiment horribles et le dénouement fantasque!

Je suis quand même contente de l’avoir lu pour ma culture générale!

 chez Titine

Bienvenue! 34 auteurs pour les réfugiés

par Olivier Adam, Pénélope Bagieu, Edmond Baudoin, Nicolas Bedos, Tahar Ben Jelloun, Berberian, Stephanie Blake, Geneviève Brisac, Sorj Chalandon, Philippe Claudel, Marie Darrieussecq, Philippe Delerm, Mathias Enard, Laurent Gaudé, Gauz, Brigitte Giraud, Régis Jauffret, Jul, Lola Lafon, Alain Mabanckou, Pascal Manoukian, Isabelle Monnin, Plantu, Claude Ponti, Jean-Michel Ribes, Lydie Salvayre, Joann Sfar, Abdellah Taïa, Olivier Tallec, Philippe Torreton, Minh Tran Huy, Lewis Trondheim, Valérie Zenatti, Alice Zeniter.

[En décembre j’ai fait des lectures thématiques et j’ai trouvé qu’elles s’enchaînaient si bien que je vous en parle aujourd’hui pour vous encourager à faire le même cheminement littéraire que moi autour de la notion de « migrants » et de « réfugiés ». Il s’agit du texte jeunesse « Eux, c’est nous … », du documentaire « Kotchok – Sur la route des migrants », du recueil de nouvelles « Bienvenue ! 34 auteurs pour les réfugiés » et du roman (audio) « Eldorado ».]

J’ai acheté ce recueil de nouvelles pour deux raisons : une raison égoïste c’est la liste des auteurs dont certains que j’aime beaucoup et que j’étais contente de retrouver (Olivier Adam, Sorj Chalandon, Philippe Claudel, Mathias Enard, Laurent Gaudé,  Alain Mabanckou…) et d’autres que je ne connaissais pas ou pas bien et que j’avais envie de découvrir et puis une raison solidaire car « Tous les bénéfices de la vente de cet ouvrage seront intégralement reversés au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. »

Dans ce recueil il y a des nouvelles, des témoignages plus personnels et des dessins. C’est difficile de rentrer dans les détails dans chaque nouvelle mais le thème central est la notion de « réfugiés » que les auteurs ont choisi d’aborder à leur manière. Parfois du point de vue de l’européen qui est confronté de façon positive ou négative aux réfugiés, parfois dans le questionnement  autour de ce que les personnages ou l’auteur pensent de la situation des refugiés. Parfois les textes ou dessins sont du point de vue des réfugiés. Parfois ce sont des témoignages des auteurs sur des événements qu’ils ont vécus ou des sentiments ressentis en rapport avec des situations liées à la migration, soit qu’ils se soient sentis étranger ou parce qu’ils en ont rencontré.

J’ai beaucoup aimé ces réflexions, chacune avec son style. Je les ai trouvés, beaux, instructifs, émouvants ou « questionnant » (je ne crois pas que ce mot existe, mais je veux dire qu’ils m’ont fait me poser des questions 😉  ) J’ai particulièrement aimé le texte de Mathias Enard que j’ai trouvé très puissant  sur la responsabilité des occidentaux…

Je dois aussi dire que ce recueil a eu à mon avis encore plus d’impacte sur moi pour l’avoir lu après « Eux, c’est nous. » et « Kotchok » et je vous recommande vraiment ces trois lectures ensemble.

 Petit Bac 2016 catégorie « ponctuation »