Les femmes du North End : Katherena Vermette

Ce roman se passe dans la banlieue de Winnipeg, en hiver, sous la neige. Les chapitres alternent des voix de femmes toutes liées d’une manière ou d’une autre.

Cela commence avec une histoire d’enquête sur une attaque et un viol sordide sur une jeune fille mais ce n’est finalement qu’un déclencheur, un prétexte, car le coeur de cette histoire ce sont les femmes. En effet, l’autrice donne la parole à des femmes qui ont toutes comme point commun d’être Amérindiennes.

Elles sont de tous les âges et ont des modes de vies différents mais elles vivent toutes dans le quartier plus ou moins défavorisé du North End et sont liées par des liens familiaux ou amicaux ou par le hasard des rencontres, bonnes ou mauvaises. Elles portent toutes à leur manière leur héritage amérindien et c’est aussi un pan très important du roman.

Cette histoire va creuser dans leur psychologie, dans les relations humaines, dans leur rapport aux origines. J’ai vraiment beaucoup aimé l’ensemble et les différents portraits de femmes dressés par l’autrice.

Il y a un côté vraiment noir de par le point de départ, violent, et noir par tous les aspects sociaux -gangs, racisme, pauvreté- et plutôt sombre aussi sur le plan des relations entre les hommes et les femmes, mais c’est aussi un très beau roman sur la sororité, sur la transmission et sur la force que les femmes peuvent s’apporter quand elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes. Le personnage de la grand-mère, la Kookom, est particulièrement touchant. Et si les hommes sont plutôt absents, il y a quand même un jeune policier métis (prononcer « Méti », nom d’un peuple autochtone) qui sert de traits d’union et qui semble être celui qui sauve un peu l’image des hommes dans cette communauté de femmes.

J’ai beaucoup aimé et je ne peux que vous le recommander. C’est un premier roman et il a déjà beaucoup de force.

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Merci aux éditions Albin Michel!

La danse de l’eau :Ta-Nehisi Coates (lu par Alex Fondja)

Résumé de l’éditeur : « Le jeune Hiram Walker est né dans les fers. Le jour où sa mère a été vendue, Hiram s’est vu voler les souvenirs qu’il avait d’elle. Tout ce qui lui est resté, c’est un pouvoir mystérieux que sa mère lui a laissé en héritage. Des années plus tard, quand Hiram manque se noyer dans une rivière, c’est ce même pouvoir qui lui sauve la vie. Après avoir frôlé la mort, il décide de s’enfuir, loin du seul monde qu’il ait jamais connu.
Ainsi débute un périple plein de surprises, qui va entraîner Hiram de la splendeur décadente des plantations de Virginie aux bastions d’une guérilla acharnée au cœur des grands espaces américains, du cercueil esclavagiste du Sud profond aux mouvements dangereusement idéalistes du Nord. Dans son premier roman, Ta-Nehisi Coates livre un récit profondément habité, qui rend leur humanité à tous ceux dont l’existence fut confisquée, et qui trouvèrent le courage de conquérir leur liberté. Alex Fondja incarne avec autant de fougue que de maîtrise l’épopée d’Hiram.
« 

Pas simple de parler de ce roman! Vraiment pas simple! Je vais faire de mon mieux pour vous en parler mais je laisse le résumé de l’éditeur pour vous éclairer plus.

Au coeur de ce roman, il y a Hiram Walker, esclave et fils du maître … mais surtout esclave… Ce roman est à la fois l’histoire de sa vie, son histoire familiale, son évolution au sein de la plantation et sa quête personnelle pour la liberté mais aussi une histoire plus universelle de l’esclavage et des mouvements abolitionnistes, des Blancs et des Noirs qui s’impliquent pour libérer les esclaves ensemble. Un des personnages est d’ailleurs Harriet Tubman, qui devient ici une sorte de figure mystique.

Hiram va passer de l’esclavage subi, à la découverte de la liberté dans le Nord, pour ensuite revenir dans le Sud, différent, éclairé de sa nouvelle connaissance du monde tel qu’il peut être pour essayer de sauver des être chers et surtout pour retrouver la mémoire de son enfance.

En effet, la mémoire est un thème important : la mémoire phénoménale d’Hiram, la mémoire du passé lointain, en Afrique, la mémoire de sa vie avec sa mère qu’il a complètement occultée et la mémoire des forces magiques qu’Hiram partageait avec sa mère sans le savoir (le côté magique est un thème récurrent de la littérature Afro-Américaine).

J’ai aimé ce roman qui montre tous les aspects de l’esclavage, même certains que je ne connaissais pas et c’est pourtant une thématique qui me tient beaucoup à coeur.

Je vous le recommande même si je me demande s’il n’est peut-être pas évident si on n’est pas un peu familier avec le sujet de l’esclavage aux Etats-Unis et de la littérature afro-américaine. Mais je me trompe peut-être sur ce point et j’ai hâte de lire d’autres avis que le mien. En tout cas, je ne peux que vous conseiller de le découvrir dans sa version audio car le livre est très bien lu par Alex Fondja.

De cet auteur j’ai aimé l’essai Une colère noire – Lettre à mon fils.

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La Maison des voix : Donato Carrisi (Lu par Sylvain Agaësse)

Pietro Gerber est un psychiatre qui utilise l’hypnose et qui est spécialisé dans les enfants, comme son père auparavant. Un jour, il reçoit un appel d’une consœur australienne qui lui explique que sa patiente Hanna Hall avec qui elle a commencé une thérapie par l’hypnose va arriver en Italie et qu’elle voudrait qu’il poursuive le travail avec elle car ses traumatismes sont liés à l’enfance et son expérience serait utile.

Quand elle est sous hypnose, Hanna Hall raconte son enfance très particulière avec ses parents. Ses souvenirs montrent une vie qui relève presque du conte avec toujours la sensation de fuite, de secrets et de mystère.

Mais en dehors des séances, la relation entre Hanna Hall et Pietro Gerber est très tendue. Elle devient même angoissante car le thérapeute a l’impression que sa patiente le manipule et il devient inquiet.

Il s’en suit une sorte d’enquête entre le passé raconté dans les séances d’hypnose ou dans la vraie vie. Lui-même doit accepter de revenir sur son passé…

C’est un roman psychologique assez prenant avec une version audio qui va bien avec l’ambiance.

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Mise à feu : Clara Ysé (Lu par l’autrice)

Résumé de l’éditeur : « Nine et Gaspard vivent dans la maison de leur mère, l’Amazone. Nouchka, leur pie, veille sur le trio. La nuit du réveillon, un incendie ravage le paradis de l’enfance. Le lendemain, le frère et la soeur se réveillent seuls chez leur oncle, l’inquiétant Lord.
Ils reçoivent tous les mois une lettre de l’Amazone qui leur dit préparer dans le Sud la nouvelle demeure qui les réunira bientôt. Quel pacte d’amour et de rêve vont-ils nouer pour conjurer l’absence ? Récit magique et cruel, féérie moderne, roman d’initiation et d’aventure, ode à la liberté, à l’adolescence, à la tendresse, aux amitiés qui sauvent, Mise à feu envoûte par son émotion. La douce voix grave de Clara Ysé en décuple la puissance poétique et musicale. Les virgules musicales ont été composées par Camille El Bacha.

*

Pas facile de parler de ce livre : j’ai bien aimé mais je ne suis pour autant pas sure à 100% d’avoir tout compris… Je me suis laissée porter par les mots (très joli style) et l’univers (entre le conte et le réalisme) et la voix de l’autrice qui lisait vraiment bien son texte.

Sur le fond, c’est une histoire d’enfance et d’adolescence dans laquelle les adultes ne sont pas des personnes modèles -au contraire- et où les enfants ne peuvent compter que sur eux-mêmes pour essayer de grandir le plus sereinement possible. Une mère originale surnommée l’Amazone par ses enfants, qui vit dans un mode de vie excentrique, un incendie et des enfants envoyés chez leur oncle, surnommé le Lord, un homme étrange qui est un peu une figure d’ogre (et une pie avec qui les jeunes peuvent parler).

On ne sait pas trop où est la frontière entre la réalité d’une vie compliquée et le fantasme des enfants pour se protéger de cette réalité. C’est un petit ovni littéraire que j’ai aimé. Cela m’a fait penser à « En attendant Bojangles » par certains aspects.

Un jour ce sera vide : Hugo Lindenberg (Lu par Clément Hervieu-Léger)

Résumé de l’éditeur : « C’est un été en Normandie. Le narrateur est encore dans cet état de l’enfance où tout se vit intensément, où l’on ne sait pas très bien qui l’on est, où une invasion de fourmis équivaut à la déclaration d’une guerre qu’il faudra mener de toutes ses forces. Un jour, il rencontre un autre garçon sur la plage, Baptiste. Se noue entre eux une amitié d’autant plus forte qu’elle se fonde sur un déséquilibre : Baptiste a des parents parfaits, une maison parfaite. Sa famille est l’image d’un bonheur que le narrateur cherche partout, mais qui se refuse à lui. Flanqué d’une grand-mère à l’accent prononcé, et d’une tante « monstrueuse », notre narrateur rêve, imagine, se raconte des histoires, tente de surpasser la honte sociale et familiale qui le saisit face à son nouvel ami.« 

*

Je dois avouer qu’au moment où j’écris ce billet, j’ai gardé très peu de souvenirs de ma lecture au niveau de l’histoire. En lisant le résumé d’Audiolib, je me remémore une histoire d’enfance, d’un petit garçon solitaire tiraillé entre sa famille hors norme (une grand-mère et une tante) et son amitié pour un petit garçon dont la famille « idéale » l’attire presque plus que son petit camarade. Donc, finalement, je n’ai pas tout oublié mais je n’ai pas non plus était marquée par l’histoire.

Mais je vais continuer à être franche et dire aussi que je n’ai pas vraiment cru à cette histoire : l’enfant a 10 ans mais il me semblait parfois qu’il était beaucoup plus jeune ou plus vieux et même parfois adulte avec certaines pensées. Et puis même si au tout début je suis bien rentrée dans le roman, je me suis très vite ennuyée malgré un lecteur tout à fait agréable.

Bref, je suis passée à côté de ce roman (bien qu’il ait eu le Prix du Livre Inter…)

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Ce que nous confions au vent : Laura Imai Messina (Lu par Clara Brajtman)

L’histoire se situe au Japon. Yui vit dans le deuil après avoir perdu sa mère et sa petite fille lors du tsunami en 2011. Elle est journaliste dans une radio et un soir, une personne parle du « téléphone du vent », une cabine téléphonique publique désaffectée dans un jardin dans une montagne en plein vent… Ce téléphone est là pour permettre aux personnes en deuil ou en crise de parler à leurs absents en imaginant que leurs paroles seront portées par le vent.

Yui va voir ce téléphone mais si elle n’arrive pas à parler à sa mère et à sa fille, elle rencontre Takeshi et sa petite fille qui ne parle plus depuis la mort de sa mère. Tous les deux vont se lier d’amitié et aller régulièrement dans ce jardin du téléphone. Là-bas, ils vont rencontrer d’autres endeuillés ou de malheureux, qui vont eux aussi trouver un réconfort en mettant des mots sur leur tristesse. Ce téléphone n’est pas magique mais il permet d’apaiser les deuils par la parole, par les échanges entre des personnes qui n’ont pas forcément de liens les uns entre les autres.

Je n’aime pas les romans « feel good » car je trouve qu’ils tirent artificiellement sur les bons sentiments et ce roman N’est PAS un roman feel good et pourtant c’est un roman qui fait du bien et qui montre des gens qui très progressivement se mettent à aller mieux malgré les drames qu’ils ont traversés et je pense que c’est pour ça que j’ai eu coup de coeur : je l’ai trouvé très subtile, très beau, très émouvant sans pour autant avoir eu l’impression que l’autrice voulait me tirer la larme ou le sourire.

Je n’ai pas trouvé que c’était un roman triste (même si le sujet n’est pas gai) mais un roman doux et lumineux et je ne peux que vous le conseiller.

J’ai beaucoup aimé la version audio dans laquelle la lectrice apporte beaucoup de douceur et de neutralité. Une réussite!

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Les sœurs de Montmorts : Jérôme Loubry (lu par Slimane Yefsah)

L’histoire commence de façon assez mystérieuse quand une jeune journaliste est emmenée en voiture vers le village de Montmorts par une femme qui lui confie un dossier qui contient l’histoire récente de ce village. L’histoire que nous lisons ensuite est celle que la jeune femme découvre elle-même.

En novembre 2021, Julien Perrault, vient de prendre ses fonctions de chef de la police dans le village Montmorts. C’est un village particulier car il appartient à un richissime propriétaire qui joue aussi le rôle de maire. D’ailleurs, Julien Perrault est très surpris de l’incroyable dotation de materiel du commissariat et encore plus surpris d’apprendre qu’il n’y a pas de crime dans ce village. Les seules « affaires » en cours sont des histoires étranges : un berger qui est devenu fou et qui a massacré toutes ses bêtes avant de se suicider, un homme qui se plaint de bruits de voisinage ou un homme qui porte plainte contre la bibliothèque car il n’y trouve pas le livre de son auteur préféré qui ne semble pas exister…

A peine arrivé, le nouveau commissaire fait face à une mort suspecte et ce n’est pas la dernière… Le roman prend alors une tournure de polar avec une touche de sous-entendu surnaturel et l’atmosphère devient de plus en plus pesante, assez noire et mystérieuse.

Tout s’éclaircit à la fin quand la journaliste arrive au village…

J’ai aimé ce roman qui est original et plein de rebondissements et j’ai trouvé la version audio très réussie et j’ai beaucoup aimé la voix du lecteur.

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L’Ange de Munich : Fabiano Massimi (Lu par Nicolas Matthys)

Résumé de l’éditeur : « Munich, 1931. Angela Raubal, 23 ans, est retrouvée morte dans la chambre d’un appartement de Prinzregentenplatz. À côté de son corps inerte, un pistolet Walther. Tout indique un suicide et pousse à classer l’affaire.
Sauf qu’Angela n’est pas n’importe qui. Son oncle et tuteur légal, avec lequel elle vivait, est le leader du parti national socialiste des travailleurs, Adolf Hitler. Les liens troubles entre lui et sa nièce font d’ailleurs l’objet de rumeurs dans les rangs des opposants comme des partisans de cet homme politique en pleine ascension. Détail troublant : l’arme qui a tué Angela appartient à Hitler. Entre pressions politiques, peur du scandale et secrets sulfureux, cet événement, si il éclatait au grand jour, pourrait mettre un terme à la carrière d’Hitler. Et faire du commissaire Sauer, chargé de l’enquête, un témoin très gênant.
Dans une République de Weimar moribonde, secouée par les présages de la tragédie nazie, Fabiano Massimi déploie un roman fascinant, basé sur une histoire vraie et méconnue, mêlant documents d’archives et fiction avec le brio d’un Philip Kerr.
« 

*

Je ne vais pas chercher à faire un résumé du livre, celui fait par l’éditeur est bien suffisant et dit de quoi il s’agit.

Quand j’ai commencé cette lecture j’avais une légère appréhension : j’avais un peu peur du mélange historique, fictif et polar. Et pourtant, dès le début je suis rentrée dans cette histoire et je l’ai dévorée! J’ai beaucoup aimé ce mélange justement (d’autant que l’auteur explique à la fin qu’il s’est beaucoup documenté et que tous les faits historiques -même ceux qui semblent les plus improbables- sont tous avérés et qu’il n’a inventé aucun élément en lien avec Hitler et sa nièce.)

J’ai vraiment aimé l’ambiance de Munich à l’époque de la montée du nazisme. J’ai trouvé intéressant le traitement des personnages qu’ils soient politiques ou policiers. Les policiers sont d’ailleurs très humains et l’aspect polar nous tient bien en haleine.

Une très bonne découverte pour moi avec une version audio réussi qui donnait vraiment vie aux personnages et à l’histoire.

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S’adapter : Clara Dupont-Monod

Je vais commencer par vous dire que je ne suis pas passée loin du coup de coeur et ce qui m’a empêché de le mettre c’est que j’ai trouvé la troisième et dernière partie un peu longue, mais j’ai beaucoup aimé! Et aussi, je ne savais pas du tout de quoi parlait l’histoire. Je l’ai lu parce qu’il avait eu le prix Goncourt des lycéens et qu’une collègue avec qui j’échange des livres me l’a proposé. Ca a donc été une excellente surprise!

Le point de départ de cette histoire est la naissance d’un bébé dans une famille vivant dans les montagnes des Cévennes. Très vite, les parents s’aperçoivent que le bébé est lourdement handicapé. L’histoire est ensuite racontée du point de vue des enfants de la famille.

L’aîné va s’investir intensément pour son petit frère. Leur relation -à sens unique car l’enfant qui restera toute sa jeune vie un bébé qui ne peut pas communiquer- est fusionnelle, l’aîné voulant toujours tout faire pour que son frère soit le plus confortable et le plus épanoui possible. Mais cette relation va aussi formater sa relation aux autres et il aura beaucoup de mal à lâcher prise et laisser les autres entrer dans sa vie de peur de les perdre.

La cadette se voit dépossédée de son aîné qui ne voit plus que l’enfant et elle ne le supporte pas. Elle est dégoûtée par l’enfant handicapé, elle ne peut pas le toucher et ne veut rien avoir à faire avec lui. Elle lui en veut de lui voler l’attention de son frère aîné et de détruire ses parents. Elle est emplie de colère et d’autodestruction.

Des années après la mort de l’enfant, un dernier enfant rejoint la famille et c’est le point de vue de celui qui n’a pas connu l’enfant inadapté mais qui sent le poids de ce dernier sur ses épaules. Il se sent lui-même inadapté pour d’autres raisons et a l’impression de devoir forcer sa place dans la famille, particulièrement auprès de ses aînés.

J’ai trouvé très intéressant ces différents points de vue : les frères et sœurs de l’enfant handicapés, leur place dans la famille, leur place autour de cet enfant. J’ai aussi beaucoup aimé le style et particulièrement toute la place que la nature a dans ce roman.

De cette autrice j’avais aimé Le roi disait que j’étais diable.

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par ma collègue Catherine
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2021

Lorsque la vie déraille : Frank Andriat

J’ai gagné ce livre chez Anne après le mois belge 2021 et je l’avais gardé exprès pour en parler lors du mois belge 2022!

C’est un recueil de nouvelles qui ont toutes pour point commun de se dérouler dans des trains. Avant de dire quelques mots sur chaque nouvelle, je peux commencer par vous dire que j’ai aimé l’ensemble, les sujets abordés et le style de l’auteur qui se lit très bien!

Résumé de l’éditeur : «  »Son train était prévu à 7h46 vers Bruxelles-Nord d’où il monterait dans le 8h06 vers Liège et Eupen. À 9h22, il descendrait à Verviers-Central. Elle l’attendrait sur le quai, “au pied des escaliers”, avait-elle précisé. Il se sentait un peu fou, comme le soir de leur première rencontre parisienne, quand il s’était retrouvé seul, sans elle, avec pourtant la certitude qu’elle était la femme de sa vie. » Des voyages, des instantanés de vie surpris dans les trains. L’existence s’y conjugue, au fil des rencontres, à toutes les personnes du singulier et du pluriel. Des nouvelles comme des huis clos où l’être humain se retrouve face à ses fragilités, à ses drames, mais aussi à sa faculté de résilience. Des nouvelles d’amour et de vie où chacun peut se reconnaitre. »

*

Un grand homme : Quand des auteurs se retrouvent ensemble dans un train qui les emmène vers un salon du livre et que l’un d’entre eux, persuadé d’avoir plus de valeur que les autres, se montre sous son pire jour et met tout le monde mal à l’aise. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle qui sent le vécu! J’avais d’ailleurs lu un jour un témoignage d’un auteur qui racontait qu’un auteur de « littérature sérieuse » s’était montré assez méprisant envers des auteurs de littérature jeunesse lors d’un salon du livre…

Crains les trains ! : Un homme a beaucoup de mal à laisser sa femme prendre un train pour qu’elle aille en déplacement pendant une grève SNCF. Il fait tout pour l’en dissuader… Sans lui dire pourquoi, il craint cette ligne de train en particulier.

Lorsque la vie déraille : Un couple s’est séparé deux mois pour faire un break et le jour où ils doivent se retrouver, l’homme prend le train mais une mésaventure va transformer un banal trajet de train en une aventure assez noire!

Avec des sourires et de la paix : Une histoire avec pour personnages des adolescents qui prennent chaque jour le même train pour aller au lycée. Ils ne sont pas vraiment amis mais se fréquentent par habitude. Ils ne se connaissent pas si bien et ce jour-là, une des jeunes filles va découvrir qu’elle ne supporte plus l’attitude des autres quand il s’agit de préjugés sur un nouvel arrivant. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle qui pourrait aussi plaire à des lecteurs ados.

La notification : Un homme prend le train une fois par mois pour aller voir sa maîtresse. Cette dernière et sa compagne sont absolument opposées au niveau mode de vie et caractères mais il se sent bien avec les deux. Un retard dans le train va avoir des conséquences sur son arrangement.

Une histoire d’amour : Un couple, plus tout jeune, revient d’un rendez-vous médical. Ils sont emplis de tristesse et reviennent sur leur vie ensemble au fil des rencontres qu’ils font dans le train ce jour-là. C’est un très beau couple, amoureux et qui essaie de dépasser la souffrance qu’ils ressentent. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle que j’ai trouvé extrêmement touchante.

Merci à Anne pour cette découverte (cliquez sur son nom pour voir son avis sur ce recueil) et merci aux éditions Quadrature pour cet envoi!

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Pour le mois Belge chez Anne