Thanks for the memories (Merci pour les souvenirs) : Ceclia Ahern

Résumé de l’éditeur : « Après un accident qui a bouleversé sa vie et détruit son mariage, Joyce Conway ne doit la vie qu’à une transfusion sanguine. Mais des phénomènes étranges commencent à se produire. Elle se souvient de choses qu’elle n’a pas vécues. Elle peut parler des heures durant des rues pavées et sinueuses de Paris, ville qu’elle n’a jamais visitée, ou disserter sur l’architecture baroque. Et, toutes les nuits, elle rêve d’une petite fille aux cheveux blonds. Dès lors, Joyce n’aura plus qu’un but : découvrir à tout prix qui lui a donné son sang, dans l’espoir de comprendre ce qui lui arrive. Et retrouver le charmant Américain dont elle a fait la connaissance le jour de sa sortie de l’hôpital. Un roman plein d’esprit, profondément humain, qui vous fera rire, pleurer et réfléchir sur ce qui fait la beauté de la vie. »

C’est un roman que je n’ai pas choisi mais qui m’a été prêté par ma mère et je l’ai lu pour le mois celte puisque l’autrice est irlandaise.

J’ai écrit mon billet juste après l’avoir lu mais je n’arrive pas à vous raconter l’histoire… Je l’ai lu sans déplaisir mais là, je ne sais pas comment en parler car avec du recul, l’histoire me parait trop incohérente pour la raconter et les personnages juste effleurés et surtout j’ai trouvé qu’il y avait des longueurs… Au début, le côté léger m’a plutôt convenu car je l’ai lu à une période un peu stressante mais je dois avouer que je me suis un peu lassée à la fin et j’ai lu les 100 dernières pages un peu en accéléré. Ce que je retiendrai de positif c’est la relation entre Joyce et son père vieillissant.

Ce roman m’a fait penser à une comédie légère qu’on regarde d’un oeil, qu’on apprécie sur le moment malgré les incohérences mais qu’on oublie aussitôt. Je me doutais bien que je ne serais pas emballée car à chaque fois que je lis un livre qui est un peu « feel good », je finis par m’ennuyer, je crois que je ne suis pas du tout bon public.

par ma maman

chez Cryssilda

Défense de tuer : Louise Penny

Cela faisait des années que je voyais passer cette autrice sur la blogo, particulièrement au moment de Québec en Novembre et particulièrement chez Aifelle alors cette année, j’ai décidé que je me lançais enfin dans la découverte de son personnage récurrent « Armand Gamache ».

Résumé de l’éditeur : « Au plus fort de l’été, le Manoir Bellechasse, un hôtel luxueux des Cantons-de-l’Est, accueille les membres d’une riche famille anglo-canadienne réunis pour rendre hommage à leur défunt patriarche. L’inspecteur-chef Armand Gamache, venu célébrer avec sa femme leur trente-cinquième anniversaire de mariage, constate rapidement le troublant comportement de cette famille aux apparences parfaites. Sous la surface trop lisse bouillonne une inavouable rancune longtemps refoulée. Dans les esprits comme dans le ciel, l’atmosphère s’alourdit. Bientôt une tempête s’abat, laissant derrière elle un cadavre étrangement mis en scène. Mais qui aurait l’audace de commettre un homicide sous les yeux de l’inspecteur ?« 

Dans le billet sur les petites phrases de Bastien du mois d’octobre j’avais partagé une de ses remarques sur ce roman : « C’est du plagiat d’Agatha Christie! Elle aussi y a des couvertures avec des oiseaux morts et j’ai lu le résumé de ton livre, c’est aussi un roman policier ! » Et bien, il n’avait pas tort! J’ai vraiment eu l’impression de lire un Agatha Christie des temps modernes (et encore, à peine plus modernes étant donné que le lieu où se passe l’intrigue est tellement isolé que les téléphones et internet ne fonctionnent pas!). En effet, un lieu isolé, un hôtel au charme suranné, une famille aisée avec des membres adultes qui ne peuvent pas se supporter tout en essayant de maintenir des apparences, un inspecteur de police au milieu de tout cela pour résoudre un crime qui concerne cette même famille dans une sorte de huis clos… Et moi qui adore Agatha Christie, vous vous doutez que ce n’était pas pour me déplaire!

Le petit plus particulièrement québécois, c’est l’importance de la place des familles « anglos » (c’est à dire les anglophones) au Québec, le pouvoir qu’elles ont longtemps eu et croient toujours avoir (la famille en question, pense d’ailleurs que Gamache et sa femme étaient un petit commerçant et une femme de ménage sous prétexte qu’ils étaient francophones par exemple).

J’ai vraiment bien aimé et je pense que c’est une autrice que je relirai!

autour de l’autrice avec Aifelle, Anne, Eimelle, Hélène, Nadège

 chez Karine:) et  Yueyin

Catégorie Nos joies répétitives – Pierre Lapointe  Un roman qui fait partie d’une série.

Rivière Tremblante : Andrée A. Michaud

De l’autrice, j’avais beaucoup aimé « Bondrée » qui était un polar qui n’en était pas vraiment un alors quand j’ai vu que la médiathèque avait cet autre roman d’elle, je me suis laissée tenter!

Dans ce roman, la première moitié alterne deux histoires personnelles : d’un côté, il y a l’histoire de Marnie qui lorsqu’elle était enfant, en 1979 a vu son meilleur amis Michael, de 12 ans, disparaître dans les bois de de Rivière-aux-Trembles. Le jeune garçon n’a jamais été retrouvé par la police et 30 ans plus tard quand Marnie revient dans sa ville d’enfance, elle réalise qu’elle est loin d’avoir fait le deuil de cette disparition non résolue.

En parallèle, nous suivons Bill dont la fille de presque 9 ans, Billie, a disparu sans laisser de trace en 2009. La petite fille n’a jamais été retrouvée par la police et cette disparation va détruire son couple car il y a beaucoup de ressentiment de la part de la mère de Billie. Bill ne se remet pas de la perte de sa fille et 3 ans plus tard, il s’isole dans le village de la Rivière-aux-Trembles pour se couper un peu de son monde.

Ces deux histoires n’ont pas de rapport entre elles, à part le fait que les deux personnages se retrouvent au même moment dans le même lieu et qu’à l’époque des disparitions de leurs proches, ils avaient plus ou moins été soupçonnés d’être responsables… C’est pourquoi quand un jeune garçon disparait dans les environs de la Rivière-aux-Trembles, la police va s’acharner sur eux…

Mais comme dans Bondrée, l’aspect « mystère » et enquête n’est pas l’essentiel du roman. C’est en réalité un roman très psychologique qui traite vraiment bien du traumatisme de la disparition d’un enfant dans la vie d’un parent ou d’un jeune et le fait de supporter la culpabilité, l’incertitude de ce qui s’est passé, ce deuil qui ne peut jamais vraiment être fait.

Une histoire très touchante!

chez Karine:) et Yueyin

Catégorie Place de la République – Coeur de pirate Un roman qui a traversé l’océan.

La délivrance : Jennifer Tremblay

C’est une amie qui m’a donné ce livre et je ne me souvenais plus du tout de quoi il s’agissait et j’avoue avoir eu un peu peur de voir qu’il s’agissait de théâtre mais en en réalité ce n’est pas compliqué à lire car plus qu’une pièce à différents personnages (que je trouve vraiment compliqué à lire en livre) c’est plus un long monologue et cela se lit très facilement. A noter que dans le résumé de l’éditeur, j’ai appris que « La délivrance est la troisième partie d’une trilogie théâtrale entamée avec La liste et poursuivie avec Le carrousel » mais cela ne ma pas du tout gênée.

Ce texte est très court (55 pages en tout sur ma liseuse) mais très fort, très poétique. On commence avec une femme, mourante, à l’hôpital, qui insiste auprès de sa fille aînée pour que cette dernière contacte son frère car cette mère ne veut pas mourir sans avoir revu son fils…

La majorité de ce texte est donc le monologue de cette soeur qui s’adresse à son frère et qui raconte l’histoire de son enfance, de ses parents, de sa famille recomposée, de ce beau-père (le père de son frère) qui a manipulé la famille et qui a causé la rupture qui mène à ce désir désespéré d’une mère de revoir son fils et le besoin de la soeur de montrer à son frère la réalité de ce qu’il n’a pas connu…

C’est vraiment très émouvant car on voit à quel point des non-dits, des manipulations et des histoires à sens unique peuvent détruire des familles et faire peser beaucoup de sentiments contradictoires sur les épaules des enfants, même adultes.

J’ai beaucoup aimé le style et le propos de ce texte.

avec Sylire : Allons voir son avis!

 chez Karine:) et Yueyin

Catégorie Tu m’aimes-tu – Richard Desjardins Un roman où il y a de l’amour.

Vous plaisantez monsieur Tanner : Jean-Paul Dubois

Il y a une petite anecdote autour de cette lecture. L’Homme me l’a offert à Noël dernier en souvenir de tous les travaux que nous avons faits dans la maison l’été précédant (c’est le sujet du roman) et quand j’ai ouvert mon cadeau, j’ai tout de suite filé dans la bibliothèque (enfin, plus exactement dans le carton contenant les livres des auteurs commençant par D car nous avions commencé à préparer le déménagement!) pour rechercher le livre que L’Homme m’avait offert en juin 2007 pour me faire un clin d’oeil aux travaux que j’avais fait dans la maison dans laquelle nous vivions à l’époque! J’ai tellement aimé cette coincidence que dans le déménagement j’ai gardé les deux exemplaires!

Ce roman c’est celui qu’il faut éviter de lire avant de se lancer dans de la rénovation d’une maison parce que c’est quand même un scénario catastrophe! En effet, monsieur Tanner, le héros malheureux de ce roman vient d’hériter d’une maison qu’il faut retaper et il fait appelle à une galerie d’artisans tous aussi improbables les uns que les autres, de toutes les nationalités, de compétences très variables, des escrocs patentés aux artisans presque artistes en passant par des maladroits, des malchanceux et des religieux à l’extrême.

Monsieur Tanner est un peu pris au piège de son projet, il a avance petit à petit et ne peut plus reculer et il est totalement dépendant de ces artisans. Il subit…

C’est assez drôle tout en faisant un peu froid dans le dos quand on se dit à quoi on a échappé quand les travaux se sont bien passés. J’ai juste trouvé que l’escalade de catastrophes étaient un peu exagérée et la fin un peu abrupte m’a un peu laissée sur ma faim.

avec Manika : allons voir son avis!

 chez Antigone

par L’Homme

Ohio : Stephen Markley

Résumé de l’éditeur : « Par un fébrile soir d’été, quatre anciens camarades de lycée désormais trentenaires se trouvent par hasard réunis à New Canaan, la petite ville de l’Ohio où ils ont grandi.

Bill Ashcraft, ancien activiste humanitaire devenu toxicomane, doit y livrer un mystérieux paquet. Stacey Moore a accepté de rencontrer la mère de son ex-petite amie disparue et veut en profiter pour régler ses comptes avec son frère, qui n’a jamais accepté son homosexualité. Dan Eaton s’apprête à retrouver son amour de jeunesse, mais le jeune vétéran, qui a perdu un œil en Irak, peine à se raccrocher à la vie. Tina Ross, elle, a décidé de se venger d’un garçon qui n’a jamais cessé de hanter son esprit.

Tous incarnent cette jeunesse meurtrie et désabusée qui, depuis le drame du 11-Septembre, n’a connu que la guerre, la récession, la montée du populisme et l’échec du rêve américain. Chacun d’entre eux est déterminé à atteindre le but qu’il s’est fixé.

À la manière d’un roman noir, cette fresque sociale et politique hyperréaliste s’impose comme le grand livre de l’Amérique déboussolée et marque l’entrée en littérature d’un jeune écrivain aussi talentueux qu’ambitieux. »

*

Je n’avais pas prévu d’acheter de livre de la rentrée littéraire, j’étais entrée dans la librairie chouchou pour faire des cadeaux et puis, j’ai regardé ce roman et mon libraire m’a dit que ça avait été un coup de coeur pour lui. En lisant la quatrième de couverture, ça m’a un peu fait penser à « Retour à Little Wing » (dans les faits pas vraiment!) et mon libraire m’a dit deux mots sur le côté très contemporain et noir et j’ai craqué alors que je n’avais même pas encore vu passer la couverture du livre sur internet (et pourtant en matière d’achats de livres brochés, je suis en général plus prudente que cela 😉 (Bon depuis, je vois que plein de lecteurs l’ont lu et aimé!)

J’ai commencé ce gros livre de plus de 500 pages au pire moment pour une prof : juste avant la rentrée scolaire… Résultat, j’ai lu très très doucement car je manquais de temps libre et de temps de cerveau disponible et je l’ai donc lu en 18 jours… mais je l’ai lu avec un vrai plaisir et jamais l’envie de l’abandonner. Au contraire, c’est un roman qui me manquait quand je ne le lisais pas, j’avais vraiment envie de le retrouver!

Je ne sais pas si je vais vous « raconter l’histoire » car c’est très compliqué mais plutôt vous dire à quel point je suis admirative de l’auteur qui a réussi à faire un récit complexe qui se lit avec une grande facilité tout en nous faisant voyager dans le temps.

En racontant une nuit où des personnes qui se sont connues à l’époque du lycée vont se retrouver, se croiser (ou sont passées à côté des autres sans le savoir), il va tisser des connexions entre l’époque où ils se sont connus, entre leurs vies  d’adultes quand ils sont partis, et il ajoute à cela des éléments concernant la marche du monde et les conséquences que cela a sur les individus : les attentats du 11 septembre qui surviennent quand ils sont au lycée et qui vont influencer leurs relations sur le coup mais qui vont aussi influencer des choix de vie, que ce soit dans le patriotisme et l’armée ou dans l’opposition au système, la vie des soldats sur les terrains de combats et les conséquences lorsqu’ils reviennent aux Etats-Unis…

Mais d’autres thématiques sociales extrêmement fortes sont aussi évoquées comme les relations amoureuses adolescentes, les « clans » au lycée, les abus sexuels, l’homosexualité, la place de la religion dans une Amérique bien pensante, l’usage de drogues, la précarité…

Et puis, il arrive aussi à glisser du mystère ce qui fait que ce roman se lit à la fois comme un documentaire, comme un roman noir et même un thriller tout en développant énormément la psychologie des personnages.

Ce roman est pour moi un grand roman sur la société américaine actuelle entre les années 2000 et nos jours dans l’Amérique profonde! J’imagine très bien une série télé hyper réaliste tiré de ce roman (et vu sa richesse, il y aurait pas mal d’épisodes!)

Et pour finir, ce qui m’a le plus étonnée c’est de lire que c’était un premier roman! Si l’auteur est capable de cela avec un premier roman, je peux vous dire que j’ai hâte de lire d’autres romans de lui car il maîtrise vraiment ce qu’il fait!

Bon, je vous ai mis le résumé de l’éditeur en début de billet car je n’ai finalement pas réussi à vraiment vous dire de quoi ça parlait et je vous mets une vidéo de Stephen Markley qui vous fait un résumé d’une minute, mais franchement, je ne peux que vous le recommander, il est excellent!

 chez Titine

L’arbre-Monde : Richard Powers

Quand j’ai participé à l’émission 78 des Bibliomaniacs en traduisant et en doublant Jean Hegland, j’avais noté ce livre dont elle avait parlé avec beaucoup de passion et quand l’occasion s’est présentée pour moi d’acheter ce livre, je me suis laissée tenter même si le fait que ce soit un pavé de plus de 700 pages me faisait un peu peur… D’autant plus que je dois vous dire que je ne trouve pas que la 4e de couverture rende justice au roman. Le résumé m’a presque refroidie alors que j’avais envie de le lire après avoir entendu des avis positifs de lecteurs…

Et pourtant, j’avais tort de m’inquiéter : je l’ai dévoré! Par contre, je ne sais pas comment faire pour vous parler de ce roman en lui rentrant vraiment justice car c’est une merveille bien compliquée à raconter! Si je devais juste résumer je dirai que c’est un roman écologiste qui est passionnant, une épopée romanesque et foisonnante!

Il faut savoir que le debut du roman ressemble à des nouvelles sans lien les unes avec les autres. Chaque chapitre raconte l’histoire de personnages et on sent que le lien entre ces personnes et les arbres a une grande importance. Ces personnes qui ont des histoires, des origines, des âges et des vies très différents vont se retrouver liés les uns aux autres et surtout leur rapport aux arbres et la protection des arbres va devenir leur cause commune….

Les arbres sont d’ailleurs le centre du roman et c’est extrêmement bien documenté. Pour avoir lu « La vie secrète des arbres » de Peter Wohlleben je peux vous dire que l’on apprend beaucoup de choses au sujet des arbres qui sont vraies d’un point de vue scientifique. C’est aussi un roman qui parle de conscience écologique et politique avec une mise en avant romanesque mais réaliste des éco-combattants qui cherchent à défendre les arbres mais pas seulement car c’est aussi un roman sur la transmission, sur l’evolution des personnages, la manière dont ils grandissent et changent et aussi la manière dont ils vivent dans la société occidentale moderne..

Comme vous pouvez le voir, il m’est presque impossible de parler de ce roman car il est d’une grande richesse et balaye toute la société américaine. L’auteur sait très habilement mêler la fiction (il sait incroyablement bien mener son récit et ses personnages sur 700 pages) et des faits. C’est un roman à la fois distrayant que l’on lit avec passion et qui nous instruit, nous élève.

J’avais abandonné deux romans coup sur coup juste avant et celui-ci m’a tout de suite accroché mais je vous conseille quand même de choisir un moment où vous avez le temps de vous plonger dedans. La fin (les 150 dernières pages je dirais, m’ont un peu moins passionnée mais j’abordais ma reprise de travail et mon esprit n’était plus assez disponible, je m’étais mise à picorer et le rythme c’est relâché. Mais par contre je n’ai pas vu passer les 500 première pages!

Evidemment, je ne peux que vous le recommander!

Pour aller au-delà de mon billet, je vous conseille évidemment l’émission des Bibliomaniacs mais aussi le podcast « Histoires d’Amérique » consacré à « L’arbre-monde » que j’ai trouvé vraiment intéressant!

 chez Titine

chez Brize

Un pied au paradis : Ron Rash

Ce roman commence comme un polar : un shérif part à la recherche de Holland Winchester que la mère a signalé comme disparu. Elle est non seulement persuadée qu’il est mort mais elle pense aussi que c’est son voisin Billy Holcombe qui l’aurait tué parce que son fils fréquentait sa femme…

Mais en réalité, l’enquête n’a que peu d’importance : le shérif est assez vite convaincu que Mme Winchester a raison mais ne peut pas le prouver car il ne trouve pas de corps et le lecteur connait lui aussi très vite la vérité mais ce n’est pas ce qui compte le plus…

Tout d’abord, c’est le roman d’un lieu car les deux familles vivent côte à côte dans un endroit isolé et assez sauvage des Appalaches. Les éléments naturels jouent sur l’atmosphère au fil de l’histoire qui se déroule sur 18 ans : au début, la météo -une période de canicule- perturbe les cultures de tabac et a une influence sur l’enquête, la rivière est comme un personnage, et à la fin, le fait que la compagnie d’électricité inonde la vallée pour construire un barrage est aussi un élément important…

Les événements sont racontés par différents personnages qui font avancer le récit, les uns après les autres : le shérif, le voisin, la femme du voisin, le fils et l’adjoint… Chacun apporte des informations supplémentaires sur la disparition de Holland Winchester mais surtout sur la vie de tous ces personnages et dessinent le portrait d’une époque…

Ce sont les années 1950 et au travers des différents personnages, il est question de tentative de sortir de son milieu par les études, de la guerre et du retour à la vie civile, du mariage, des difficultés d’avoir des enfants… Les personnages sont des taiseux, des personnes qui ne disent pas grand chose, qui cachent beaucoup de choses mais qui sont prêts à tout par amour, par loyauté, par fierté… Ils ont tous leurs failles, leurs regrets, leurs forces…

Je me rends compte que j’ai beaucoup de mal à parler de ce roman et à transmettre tout ce que j’ai aimé mais j’ai vraiment beaucoup aimé et je ne suis pas passée loin du coup de coeur (peut-être à cause de la toute fin qui m’a moins convaincue) mais je ne peux que vous le conseiller et j’ai très envie de lire d’autres romans de cet auteur.

Pour son côté « faux polar mais vrai roman de personnages et d’atmosphère », j’ai un peu pensé à « Dans les angles morts » et « Bondrée » que je vous conseille aussi.

Repéré chez (cliquez sur le logo pour écouter l’émission)

 chez Titine

Long week-end : Joyce Maynard

En 1987, Henry a 13 ans et ses parents sont divorcés. Il vit avec sa mère et voit son père et la nouvelle famille de ce dernier une fois par semaine. C’est un ado assez banal, pas très à l’aise avec lui-même et avec ses pensées d’adolescent plein d’hormones… Assez banal, sauf que sa famille n’est pas tout à fait ordinaire, sa mère s’étant peu à peu coupée du monde et ils vivent tous les deux un peu en autarcie, faisant les courses en très grandes quantités pour éviter d’avoir à ressortir de la maison trop souvent, ne voyant jamais personne. Quand son père lui demande comment va sa mère, Henry sent bien que le sous-entendu est sur la santé mentale de cette dernière… Mais ils vivent ensemble de manière assez harmonieuse malgré cette vie un peu hors normes.

Et puis, la veille du long week-end de « Labor Day », fin août avant la rentrée scolaire, Henry et Adèle sont allés dans une grande surface et Henry va croiser la route de Frank, un homme blessé, qui saigne et qui boite. Il va lui dire qu’il travaille là et lui demande de l’emmener hors du magasin. Pris au dépourvu, Henry le présente à sa mère et malgré toutes ses difficultés à interagir avec les autres, Adèle l’emmène chez eux.

Il se trouve que Frank est un prisonnier condamné pour meurtre des années auparavant qui vient de s’évader. Mais une fois arrivé chez Henry et Adèle, ce n’est pas un homme menaçant qui va s’installer, au contraire. Frank semble avoir choisi Adèle et le charme opère entre les deux et Henry va observer une transformation chez sa mère qui auprès de Frank va s’ouvrir et s’épanouir, comme revivre… C’est comme si Frank ouvrait toutes les fenêtres de la maison et laissait entrer le soleil et la fraîcheur dans une maison jusqu’ici renfermée.

Henry, lui, va être traversé de sentiments contradictoires, entre la joie de voir sa mère se sentir bien, la jalousie de voir que c’est Frank qui sait la rendre heureuse, la peur de perdre sa mère, l’envie que Frank soit son père, la colère d’être le témoin de la relation sensuelle entre les deux adultes…

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman pour son ambiance, pour les relations entre les personnages (le couple de Adèle est Frank est vraiment touchant), l’adolescent qu’est Henry est vraiment bien écrit avec tout son bagage d’être en devenir qui se cherche…

Et puis ce roman est l’occasion de mettre en avant des histoires personnelles qui peuvent être universelles, l’amour, la maternité et les fausses couches, la fragilité psychologique… tout cela est très bien amené.

Un très bon roman!

avec Alexielle : Allons voir son avis!

chez Titine

La mère d’Eva : Silvia Ferreri

Il est rare qu’on me propose des services presse (les fameux SP) et encore plus rare que je les accepte car si je ne connais pas l’auteur ou le livre, je suis un peu frileuse, mais cette fois-ci le résumé m’a attiré car je connais quelqu’un qui est concerné par le sujet et je me suis dit que si je n’aimais pas je pourrais toujours l’offrir à cette personne… Et puis, Sylire a parlé de sa lecture car elle avait adoré et moi, j’ai été cueillie par ma lecture, je ne m’attendais à rien et j’ai eu un coup de coeur!

Ce roman donne la parole à la mère d’Eva qui s’adresse à sa fille pendant que cette dernière est en train de se faire opérer. La mère italienne attend dans une clinique en Serbie que sa fille Eva devienne Alessandro… Elle l’accompagne et lui confie par la pensée ses craintes, ses doutes et en lui parlant, elle nous raconte l’histoire d’Eva mais aussi l’histoire de leur famille et surtout son histoire de mère.

Ce roman sur la transsexualité, sur le changement d’identité de genre, c’est aussi un roman sur la maternité. C’est un témoignage très fort, très beau d’une mère qui a été bousculée par la recherche d’identité de sa fille, d’abord dans le déni, puis dans le rejet pour enfin être dans l’acceptation…

Ce n’est pas un roman à l’eau de rose où tout est simple et facile, c’est un roman très réaliste sur toutes les étapes traversées par Eva et ses parents mais c’est une histoire qui montre une évolution humaine et une évolution dans les relations entre les personnages.

C’est vraiment très touchant car on peut s’identifier aux personnages, on apprend à comprendre Eva et son désir d’avoir un corps de garçon qui correspond à ce qu’elle est vraiment, on suit les parents désemparés. On voit que l’amour n’est pas forcément la seule condition pour accepter des changements si grands dans une vie mais qu’à la fin, l’amour sera ce qui permet d’accepter cette nouvelle vie, comme redonner naissance…

J’ai aimé le fond mais j’ai aussi le plume de l’autrice et il est à noter que c’est un premier roman!

Sur le sujet de la trans-identité , je vous conseille aussi « George » avec un point de vue d’un enfant et « Appelez-moi Nathan » une BD qui montre un point de vue d’adolescent et le roman « Point cardinal« .

Merci aux éditions Hervé Chopin

 chez Martine

catégorie prénom