Dreams from my father (Les rêves de mon père) : Barack Obama (lu par l’auteur)

Résumé de l’éditeur français :

« Dans Les Rêves de mon père, Barack Obama raconte son exceptionnel parcours. Celui d’un homme charismatique, candidat à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2008, qui représente désormais l’espoir et le renouveau pour des millions d’Américains. Dès les premières pages de son récit, le ton est donné : ni lyrisme ni pathos, mais une grande sincérité. 
Évoquant le bouleversement provoqué par la mort accidentelle de son père kényan, qu’il n’avait pas revu depuis des années, Barack Obama déroule le fil de ses souvenirs.
Des plages de Hawaï, où il vit avec sa mère blanche américaine, à Jakarta, où il passe une partie de son enfance, des bancs de la prestigieuse université Columbia aux quartiers les plus misérables de Chicago, où il choisit d’exercer le métier d’éducateur, le futur sénateur de l’Illinois retrace le chemin parcouru, jalonné de rencontres fortes. 
Avec franchise, il raconte ses interrogations, ses blessures, ses victoires et ses défaites, celles d’un homme qui n’a jamais cessé de vouloir réconcilier les couleurs de l’Amérique. »

Ce texte est assez passionnant car il raconte d’abord l’histoire d’une enfance particulière aux Etats-Unis : un enfant né d’une mère blanche et d’un père noir (son père était Kényan) et qui vit dans une famille blanche dans les années 60, c’est loin d’être simple. Barack Obama a très peu connu son père mais il a vécu avec son absence et son héritage implicite, et surtout une mère qui a toujours été là pour lui et des grands-parents qui ont su s’adapter à cette situation. Il a eu un mode de vie assez cosmopolite avec une enfance à Hawaï, un beau-père indonésien et une partie de son enfance en Indonésie. Sa jeunesse a été loin d’être parfaite : il est passé par sa crise d’adolescence, testé la drogue et l’alcool avant de se reprendre et d’avancer brillamment dans les études supérieures. Ce témoignage est vraiment sincère et sans concession.

Quand il aborde sa vie de jeune adulte, il parle de son action en tant que travailleur social dans la communauté noire et très modeste de Chicago dans les années 80 et c’est aussi vraiment très intéressant car il semble prendre conscience alors de sa position d’homme noir aux Etats-Unis.

Il y a aussi une grande partie consacrée à une réunion familiale au Kenya après la mort de son père. Des rencontres fortes avec sa grand-mère et sa famille élargie qui lui donne un ancrage dans son héritage paternel.

Au travers de ce témoignage très personnel, c’est aussi un portrait sociologique des Etats-Unis que dresse Barack Obama, une peinture multiculturelle et c’est vraiment intéressant.

Un petit extrait pour vous donner une idée de sa belle lecture :

 Chez Sylire

 par mon amie Mrs B (Thanks!)

Publicités

La confession : John Grisham (lu par José Heuzé)

Ce roman commence par une confession. Un homme vient voir le révérend Keith Schroeder dans le Kansas. Travis Boyette lui annonce qu’il est atteint d’une tumeur au cerveau et en liberté conditionnelle dans un foyer de la ville mais surtout qu’il est le véritable meurtrier de la jeune Nicole en 1998. Il dit qu’il parle ce jour-là car il vient de réaliser que Donté Drumm, qui a été condamné pour ce crime 9 ans plus tôt, va subir la peine capitale au Texas dans les jours suivants.

Keith Schroeder qui ne connaissait pas cette affaire se renseigne et découvre que ce crime a bien eu lieu. Nicole était une jeune pom-pom girl blanche et populaire et Donté Drumm, un jeune footballeur Afro-Américain qui a été injustement accusé mais qui a 18 ans et dans la panique a avoué avant de se rétracter. Et même si le corps de la jeune fille n’a jamais été retrouvé, il est condamné à mort.

Le révérend prend contact avec Robbie Flak, l’avocat de Donté Drumm, pour lui raconter cette confession de Travis Boyette qui a déjà été plusieurs fois condamné pour des crimes sexuels et qui prétend pouvoir montrer où il a enterré le corps de la victime. L’homme d’église et le criminel vont alors prendre la route pour essayer d’arriver à temps à Huntsville pour tenter d’arrêter l’exécution de Donté.

En parallèle, Robbie Flak essaye de persuader une personne qui a fait un faux témoignage au début de l’enquête de se rétracter pour disculper Donté. Mais tout se passe dans l’urgence car tout arrive à la dernière minute et c’est une véritable course contre la montre.

Dans la ville de Slone, où a eu lieu le crime et où vivent les familles de Donté et de Nicole, des tentions commencent à se faire sentir jusqu’à devenir un conflit entre les communautés. Les Noirs et les Blancs s’affrontent et les autorités s’inquiètent des conséquences.

Il est évident que le jeune Donté a été très injustement arrêté et condamné en grande partie parce qu’il était Noir et à cause des préjugés de la part des enquêteurs et des jurés (tous blancs) lors du procès…

Ce roman est difficile à classer car ce n’est pas vraiment un polar étant donné que l’on sait dès le début qu’un innocent est en prison. Ce n’est pas vraiment un thriller non plus, même s’il y a un petit côté « road movie » avec l’angoisse de savoir si les efforts de l’avocat vont aboutir ou pas. Mais je dirai que ce roman est plus un roman « de justice » puisque nous suivons les rouages d’une ancienne enquête et des différentes étapes pour essayer de sauver un jeune homme condamné à tort et qui se retrouve dans le couloir de la mort. On est plongé dans les méandres des procès et de la justice américaine. On suit les différents membres de l’équipe d’avocats et toutes leurs tentatives pour rétablir la vérité.

Mais c’est surtout un roman vraiment engagé et social. Ce roman est une critique très claire de la peine de mort et des dysfonctionnements du système judiciaire. Pour commencer, dans l’état du Texas, une personne peut être condamnée à mort pour un viol et un meurtre alors même qu’il n’y pas de corps et aucune preuve de sa culpabilité. Le roman dénonce aussi la corruption et les arrangements entre les personnes qui font cette justice… C’est assez terrifiant et encore plus quand on est Noir dans un état du Sud aux Etat-Unis où la parole d’un homme de couleur aura toujours moins de poids que celle d’un Blanc…

C’est le deuxième  roman que je lis de John Grisham et j’admire sa capacité à traiter des thématiques de société très forts sous une façade de « polar ». Dans l’ombre de Gray Mountain il parlait de la pollution causée par les mines de charbon et les conséquences sur la nature et sur les hommes et ici il écrit un véritable pamphlet contre la peine de mort et l’intolérance. Je vous recommande ce roman!

Au niveau de la version audio, c’était assez surprenant car il y avait des habillages sonores comme des bruits de fond quand les gens sont des des lieux publics, des voix d’autres personnes en arrière plan. La première fois, j’avais des écouteurs et je ne m’y attendais pas : j’ai cru qu’il y avait quelqu’un d’autre chez moi qui me parlait! Mais à part cela, j’ai bien aimé la lecture par José Heuzé.

 

 Chez Sylire

 avec Sylire

Lomax Collecteurs de Folk Songs : Duchazeau

Dans les années 30, John et Alan Lomax, père et fils, vont à la chasse aux sons dans le Sud profond des Etats-Unis. Ils recherchent les chanteurs noirs pour collecter leurs chansons traditionnelles et garder une trace de ce patrimoine immatériel que sont la musique et les chants. Ces chants, ils les trouvent dans des endroits inattendus : prison, église, lieux de travail et même la rue mais surtout dans la mesure du possible en toute discrétion car ce n’est pas anodin à cette époque et en ces lieux de voir deux hommes blancs se mêler aux Noirs…

En effet, cet album, au-delà de la musique, dresse un portrait sans concession d’un racisme viscéral, ancré dans les mentalités. Un mode de vie qui fait que même si l’esclavage est aboli, les patrons blancs des plantations croient avoir des droits sur leurs employés noirs. Cet album montre bien les tensions entre les deux communautés. On constate aussi la pauvreté qui existe dans le pays à cette époque. C’est un album à la fois musical mais aussi historique et social.

Au niveau musical, ce qui fascinant, c’est de voir les chanteurs s’entendre chanter pour la première fois en écoutant les enregistrement faits par les Lomax : il y a une prise de conscience que ce qu’ils font a une valeur, mérite d’être écouté. Ils découvrent ainsi leur propre potentiel, leurs qualités musicales!

Les dessins en noir et blancs sont très réalistes et efficaces.

Il faut savoir que c’est une histoire vraie et je vous conseille cet article de Fip qui parle d’Alan Lomax et son père dans lequel il y a des enregistrements de ces « collectes musicales » mais surtout à la fin de l’article, il y  a un lien vers une émission sur leur travail et c’est passionnant car cela raconte aussi l’histoire du Blues, l’influence de la musique noire sur la musique moderne et on entend Lomax parler et plein d’autres interventions.

Faites défiler l’article jusqu’à trouver ce lecteur pour écouter l’émission :

  chez Noukette

catégorie « Art » pour ma ligne BD

Underground Railroad : Colson Whitehead (+ version audio lue par Aïssa Maïga)

Ce roman se déroule aux Etats-Unis alors que l’esclavage est encore la norme. Cora, est une jeune fille esclave sur une plantation de coton en Géorgie. Sa grand-mère et sa mère étaient déjà esclaves dans cette même plantation, mais Cora s’est retrouvée seule très jeune car sa mère s’est enfuie et n’a jamais été retrouvée.

Dans cette plantation, la violence existe bien entendu par les maîtres et contremaîtres blancs mais également entre les esclaves. La situation est sûre d’empirer quand le maître va changer car ce dernier est beaucoup plus dur que son frère. C’est justement à cette époque que Caesar, un esclave qui vient d’arriver et qui n’a pas la même histoire (il sait lire par exemple et a connu une vie de famille à peu près harmonieuse avant d’être acheté sur cette plantation), lui propose de s’enfuir avec lui. Et c’est ce qu’ils font… Sans trop réfléchir, ils partent pour des Etats plus libres grâce à l’aide de Blancs et de Noirs faisant partie du réseau du « chemin de fer clandestin » (« Underground Railroad »).

Le voyage de Cora est assez terrible : elle voit des mondes différents, des endroits où les Noirs peuvent se croire libres mais seulement pour réaliser qu’on les utilise différemment. Elle rencontre des gens ouverts et qui se sentent le devoir d’aider leur prochains et d’autres, assoiffés de haine et de vengeance qui ne veulent que la mort.

C’est une épopée avec le personnage de Cora qui semble peut-être un peu passive dans cette aventure mais qui traverse les épreuves malgré tout. Ce roman est une fresque de la vie des Noirs aux Etats-unis à cette époque, je l’ai trouvé vraiment intéressant. J’ai aussi aimé sa construction qui fait revenir sur le passé de certains personnages qui ont leur importance. J’ai vraiment aimé ces rencontres, ces personnages si différents qui dressent un portrait sans concession, positif et négatif de ce pays.

Il y a bien entendu des aspects qui flirtent avec la réalité, qui sont plus symboliques que réalistes (le chemin de fer n’était pas réellement « sous-terrain » et l’organisation était sans doute moins réglée) mais il y a aussi beaucoup de réalisme sur l’état d’esprit des esclavagistes et des esclaves. Ce n’est pas un roman forcément facile, mais je l’ai trouvé passionnant!

Dans le cadre du  j’ai eu l’occasion d’écouter la version audio de « Underground Railroad » lu par Aïssa Maïga. L’histoire m’a bien entendu tout autant plu (je ne l’ai as écouté en entier car je venais tout juste de lire le roman). J’ai trouvé que la lecture était très réussie. Aïssa Maïga lit très bien, elle a une très jolie voix, posée et elle fait vivre le texte sans emphase, sans surjouer. J’ai aussi apprécié que les chapitres soient entrecoupés de musique, guitares et bruits de chaînes, qui rythment la lecture sans pour autant être gênants. C’est très agréable à écouter. Si vous lisez en audio, je vous recommande cette version!

Si vous voulez en savoir plus sur Harriet Tubman et the Underground Railroad, en cliquant sur l’image vous trouverez de la documentation en anglais : 

Et en cliquant sur l’image suivante, vous trouverez un site en français

  + 

 avec Karine et Malorie (Allons voir leurs avis)

catégorie « déplacement »

Letter to my daughter (Lettre à ma fille) : Maya Angelou

J’ai lu ce texte en anglais sur ma liseuse mais il fait parti des quelques textes de l’auteur traduits en français alors je vous livre le résumé de l’éditeur « Les Editions Noir sur blanc » :

« Dédié à la fille que Maya Angelou n’a jamais eue, Lettre à ma fille est une succession de courts textes décrivant les souvenirs qui ont façonné la vie exceptionnelle de l’auteure. Féministe avant l’heure, après une enfance et une adolescence marquées par la violence, elle écrit avec le cœur de millions de femmes qu’elle considère comme ses sœurs de combat. La littérature la sauvera et l’amènera à être la première étudiante noire d’une école privée. Puis elle fréquentera le milieu intellectuel noir-américain et deviendra une grande militante de la condition des femmes noires. C’est grâce à l’écrivain James Baldwin qu’elle se mettra à écrire après la mort de Martin Luther King et deviendra l’auteure que l’on connaît aujourd’hui. »

Dans ce captivant récit, Maya Angelou nous fait partager ses combats et les épreuves qui ont forgé son caractère dans la compassion et le courage. »

Sous couvert d’être une lettre à une fille qu’elle n’a pas eu, Maya Angelou écrit ici aux femmes, toutes les femmes… Elle y parle de race et de féminisme. C’est un peu une histoire de sa vie, sa jeunesse, ses désirs d’émancipation, son rôle de fille, de femme, de mère. Elle y raconte une vie unique mais aussi des aspects assez universels et d’autres qui racontent l’histoire des Noirs aux Etats-Unis.

Ce texte très riche est passionnant! Quelle femme! Quelle poétesse!

Je vous conseille aussi ses autobiographies : Tant que je serai noire : Maya Angelou et Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage : Maya Angelou.

Et aujourd’hui je vous parle aussi des ses poèmes « And still I rise »

« Tu ne peux contrôler tous les événements qui t’arrivent, mais tu peux décider de ne pas être réduite à eux. Essaie d’être un arc-en-ciel dans le nuage d’autrui. Ne te plains pas. Fais tout ton possible pour changer les choses qui te déplaisent et si tu ne peux opérer aucun changement, change ta façon de les appréhender. Ne geins pas. Geindre permet à une brute de savoir qu’il y a une victime dans les parages. Fais en sorte  de ne pas mourir sans avoir fait quelque chose de merveilleux pour l’humanité. »

« J’ai mis un enfant au monde, un fils, mais j’ai des milliers de filles.Vous êtes Noires et Blanches, Juives et Musulmanes, Asiatiques, Hispanophones, Aléoutes. Vous êtes grosses et maigres et jolies et ordinaires, homosexuelles et hétérosexuelles, éduquées et illettrées et je vous parles à vous toutes. Voici ce que j’ai à vous offrir. »

 Thématique « poésie/musique »

And still I rise : Maya Angelou (poèmes)

Pour commencer, j’ai découvert Maya Angelou par ses autobiographies dont je parle ici :

Tant que je serai noire : Maya Angelou
Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage : Maya Angelou

C’est une femme passionnante qui a vécu une vie incroyable! Je vous encourage vivement à lire ces autobiographies!  C’était une une poétesse, auteur, actrice, chanteuse, danseuse et militante américaine des droits civiques et féministe. Elle a reçu la  médaille présidentielle de la liberté des mains de Barack Obama :

J’ai aussi découvert son poème « Phenomenal woman » dans une campagne pour encourager les femmes à faire du sport pour leur propre bien-être et c’était elle qui lisait ce poème. C’est ce qui m’a donné envie de lire ce recueil de poèmes dans le cadre de ce challenge.

Je l’ai lu en anglais d’abord parce que j’avais envie de découvrir ses mots tels qu’elle les avait écrits mais je suis extrêmement déçue de découvrir que ce recueil n’a pas été traduit en français. J’ai eu beaucoup de plaisir à lire ces poèmes et certains sont vraiment jubilatoires! D’une force incroyable!

Je vous propose un sélection en anglais de certains qui m’ont vraiment touchés et je vous mets aussi des liens vers des traductions quand j’en ai trouvées sur internet (mais je suis vraiment choquée qu’une poétesse de cette envergure ne soit pas traduite…) et j’ai trouvé des vidéos où elle lit ses poèmes : à écouter et voir!

  • Phenomenal Woman 
Phenomenal Woman 
Pretty women wonder where my secret lies.
I’m not cute or built to suit a fashion model’s size
But when I start to tell them,
They think I’m telling lies.
I say,
It’s in the reach of my arms,
The span of my hips,
The stride of my step,
The curl of my lips.
I’m a woman
Phenomenally.
Phenomenal woman,
That’s me.
I walk into a room
Just as cool as you please,
And to a man,
The fellows stand or
Fall down on their knees.
Then they swarm around me,
A hive of honey bees.
I say,
It’s the fire in my eyes,
And the flash of my teeth,
The swing in my waist,
And the joy in my feet.
I’m a woman
Phenomenally.
Phenomenal woman,
That’s me.
Men themselves have wondered
What they see in me.
They try so much
But they can’t touch
My inner mystery.
When I try to show them,
They say they still can’t see.
I say,
It’s in the arch of my back,
The sun of my smile,
The ride of my breasts,
The grace of my style.
I’m a woman
Phenomenally.
Phenomenal woman,
That’s me.
Now you understand
Just why my head’s not bowed.
I don’t shout or jump about
Or have to talk real loud.
When you see me passing,
It ought to make you proud.
I say,
It’s in the click of my heels,
The bend of my hair,
the palm of my hand,
The need for my care.
’Cause I’m a woman
Phenomenally.
Phenomenal woman,
That’s me.
  • Still I rise
Dans cette vidéo, Maya Angelou dit son poème « Still I rise » et même si vous ne comprenez pas l’anglais, écoutez là, moi j’ai eu les larmes aux yeux en l’écoutant donner vie à son texte!
Still I rise
You may write me down in history
With your bitter, twisted lies,
You may trod me in the very dirt
But still, like dust, I’ll rise.
Does my sassiness upset you?
Why are you beset with gloom?
’Cause I walk like I’ve got oil wells
Pumping in my living room.
Just like moons and like suns,
With the certainty of tides,
Just like hopes springing high,
Still I’ll rise.
Did you want to see me broken?
Bowed head and lowered eyes?
Shoulders falling down like teardrops,
Weakened by my soulful cries?
Does my haughtiness offend you?
Don’t you take it awful hard
’Cause I laugh like I’ve got gold mines
Diggin’ in my own backyard.
You may shoot me with your words,
You may cut me with your eyes,
You may kill me with your hatefulness,
But still, like air, I’ll rise.
Does my sexiness upset you?
Does it come as a surprise
That I dance like I’ve got diamonds
At the meeting of my thighs?
Out of the huts of history’s shame
I rise
Up from a past that’s rooted in pain
I rise
I’m a black ocean, leaping and wide,
Welling and swelling I bear in the tide.
Leaving behind nights of terror and fear
I rise
Into a daybreak that’s wondrously clear
I rise
Bringing the gifts that my ancestors gave,
I am the dream and the hope of the slave.
I rise
I rise
I rise.
  • Dans la vidéo suivante, Maya Angelou explique qu’elle a écrit un poème sur le travail et qu’elle s’est  rendue compte qu’elle avait écrit un poème sur le travail des hommes, qui travaillent du matin au soir mais qu’elle aussi voulu écrire un poème sur le travail des femmes, qui elles, travaillent encore une fois rentrées à la maison. Dans la vidéo elle lit également les deux poèmes. Je n’ai pas trouvé de traductions (et je ne m’aventurai pas à les traduire moi-même, de peur de gâcher les textes!)
One more round
There ain’t no pay beneath the sun
As sweet as rest when a job’s well done.
I was born to work up to my grave
But I was not born
To be a slave
One more round
And let’s heave it down
One more round
And let’s heave it down
Papa drove steel and Mama stood guard
I never heard them holler cause the work was hard
They were born to work up to their graves
But they were not born
To be worked-out slaves
One more round
And let’s heave it down
One more round
And let’s heave it down
Brothers and sisters know the daily grind
It was not labor made them lose their minds
They were born to work up to their graves
But they were not born
To be worked-out slaves
One more round
And let’s heave it down
One more round
And let’s heave it down
And now I’ll tell you my golden mule
A was born to work but I ain’t no mule
I was born to work up to my grave
But I was not born
To be a slave
One more round
And let’s heave it down
One more round
And let’s heave it down
Woman Work
I’ve got the children to tend
The clothes to mend
The floor to mop
The food to shop
Then the chicken to fry
The baby to dry
I got company to feed
The garden to weed
I’ve got shirts to press
The tots to dress
The can to be cut
I gotta clean up this hut
Then see about the sick
And the cotton to pick.Shine on me, sunshine
Rain on me, rain
Fall softly, dewdrops
And cool my brow again.Storm, blow me from here
With your fiercest wind
Let me float across the sky
‘Til I can rest again.Fall gently, snowflakes
Cover me with white
Cold icy kisses and
Let me rest tonight.
Sun, rain, curving sky
Mountain, oceans, leaf and stone
Star shine, moon glow
You’re all that I can call my own.
  • Ain’t that bad ?

Pas de traduction non plus mais pour l’écouter vous pouvez aller jusqu’à la minute 14 et quelques de la vidéo suivante. Dans ce poème, Maya Angelou écrit une sorte d’hymne à la culture Afro-Américaine (danses, musiques, nourriture etc) et à la fierté d’être Noire en citant de nombreuses figures Afro-Américaines. Pour moi, ce poème représente parfaitement cet African American History Month!

Ain’t that bad ?

Dancin’ the funky chicken
Eatin’ ribs and tips
Diggin’ all the latest sounds
And drinkin’ gin in sips.

Puttin’ down that do-rag
Tighten’ up my ‘fro
Wrappin’ up in Blackness
Don’t I shine and glow?

Hearin’ Stevie Wonder
Cookin’ beans and rice
Goin’ to the opera
Checkin’ out Leontyne Price.

Get down, Jesse Jackson
Dance on, Alvin Ailey 
Talk, Miss Barbara Jordan
Groove, Miss Pearlie Bailey.

Now ain’t they bad?
An ain’t they Black?
An ain’t they Black?
An’ ain’t they Bad?
An ain’t they bad?
An’ ain’t they Black?
An’ ain’t they fine?

Black like the hour of the night
When your love turns and wriggles close to your side
Black as the earth which has given birth
To nations, and when all else is gone will abide.

Bad as the storm that leaps raging from the heavens
Bringing the welcome rain
Bad as the sun burning orange hot at midday
Lifting the waters again.

Arthur Ashe on the tennis court
Mohammed Ali in the ring
Andre Watts and Andrew Young
Black men doing their thing.

Dressing in purples and pinks and greens
Exotic as rum and Cokes
Living our lives with flash and style
Ain’t we colorful folks?

Now ain’t we bad?
An’ ain’t we Black?
An’ ain’t we Black?
An’ ain’t we bad?
An’ ain’t we bad?
An’ ain’t we Black?
An’ ain’t we fine?

 Stevie Wonder  : chanteur/musicien              Leontyne Price : cantatrice

 Jesse Jackson : Militant politique pour les droits civiques        Alvin Ailey : danseur et chorégraphe

 Barbara Jordan : femme politique   Pearlie Bailey : actrice et chanteuse

Arthur Ashe : joueur de tennis                           Mohammed Ali : Boxeur

 Andre Watts : pianiste Andrew Young : militant pour les droits civiques et premier ambassadeur afro-américain aux Nations unies

  • Et maintenant vous pouvez écouter ses poèmes :

Aujourd’hui je vous parle aussi de « Lettre à ma fille »

 (Thématique « Poésie/chanson »)

Martin et Rosa, Martin Luther King et Rosa Parks, ensemble pour l’égalité : Raphaël Frier et Zaü (avec Bastien)

Martin Luther King est pour moi un homme très important pour l’humanité! Je suis très touchée par les combats pour les droits civiques aux Etats-Unis et j’admire l’homme et ses idées. Quand j’ai vu ce livre à la médiathèque, j’ai tout de suite eu envie de partager cette lecture avec Bastien (qui était déjà sensibilisé à cette cause par un dossier qu’il avait lu dans Astrapi et après avoir lu « Nina » nous avions aussi parlé de ce sujet ensemble)

L’album raconte sommairement l’enfance de Rosa Parks et de Martin Luther King puis montre leur combat commun et la situation des Noirs aux Etats-Unis à l’époque de la ségrégation.

C’est illustré et très clair, pour les adultes et les jeunes lecteurs. Il y a aussi des pages qui racontent les origines de cette situation en revenant sur l’esclavage. A la fin de l’album, il y a un cahier plus encyclopédique sur Martin Luther King et Rosa Parks et sur les lois qui s’adresse là soit à des enfants plus grands soit aux adultes qui accompagnent les jeunes lecteurs mais Bastien a quand même aimé que je lui lise pour avoir des explications supplémentaires.

Je dois avouer que certaines pages m’ont vraiment émue, presque aux larmes. Et Bastien a été révolté de découvrir plus en détails les injustices de la vie des Noirs aux Etats-Unis. Cette lecture a suscité beaucoup de réactions et de questionnements. Il a d’abord eu des réactions de violence : « Si j’étais là-bas et que je voyais ça, je tuerai ces gens ! ». Mais avec de vrais questions sur l’origine de ce mal : « Si on avait été là-bas à cette époque, tu crois qu’on aurait pensé pareil? » Bref, une lecture enrichissante pour le parent comme l’enfant sur un sujet toujours essentiel.

Voici l’avis de Bastien (8 ans-CE2) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« Ça parle de Rosa Parks et de Martin Luther King parce qu’ils étaient ensemble pour l’égalité entre les Noirs et les Blancs.

Les Noirs n’avaient pas les mêmes droits que les Blancs, même, ils n’avaient aucuns droits dans le Sud des Etats-Unis par exemple à Montgomery. Ils allaient pas aux mêmes endroits que les Blancs, ils n’avaient pas les mêmes restaurants, pas les mêmes piscines, pas les mêmes écoles, pas les mêmes bus…

Y a des gens Noirs qui se faisaient assassiner et taper par des Blancs et ça passait dans les journaux mais ils n’étaient pas arrêtés, personne ne faisait rien, à part Martin Luther King et Rosa Parks. Et ça, c’est de l’injustice des Blancs envers les Noirs et de l’horreur parce qu’ils les tuent!

Dans ce livre, ils parlent aussi des esclaves en Afrique.

J’ai bien aimé ce livre parce que ça parle d’égalité. »

Cette page sur l’assassinat d’un jeune Noir dont les assassins étaient connus mais n’ont pas été condamnés a beaucoup choqué Bastien

A la suite de cette lecture, nous avons eu envie d’aller plus loin sur la réflexion sur le racisme et j’ai emprunté ce livre pour le lire avec Bastien. Je n’en parlerai pas sur le blog mais c’est un livre que je vous conseille aussi pour avoir des explications simples sur le racisme : (cliquez pour en savoir plus)

Voici un extrait du discours de Martin Luther King « I have a dream » que je fais souvent apprendre à mes élèves de 3eme quand je travaille sur le sujet

 Thématique « Biographie / documentaire »

catégorie « Mot positif » pour ma ligne jeunesse

Bessie Smith des routes du sud à la vallée heureuse : Stéphane Koechlin

J’ai choisi ce livre lors de l’opération Masse Critique car Bessie Smith est une chanteuse de Blues réputée, que j’ai pensé que ça irait parfaitement pour mon challenge Afro-Américain et que ce que je savais d’elle me faisait penser au personnage de Shug Avery dans « La couleur pourpre » dont je vous parlerai le 12 février.

Malheureusement, je n’ai pas du tout accroché. Je n’ai pas du tout réussi à entrer dans le récit de la vie de la chanteuse. L’auteur, qui doit être un spécialiste du Blues, a commencé sa biographie par une longue (très longue!) introduction sur le Blues. Il a fallu attendre de dépasser 100 pages (sur moins de 300) pour vraiment commencer à vraiment parler de Bessie Smith. Avant cela, on nous parle d’autres chanteuses, d’autres artistes, certes importants pour le Blues mais qui ne sont pas Bessie Smith… Et à ce moment-là, je m’étais déjà lassée…

D’autant plus que je n’ai pas du tout aimé le style. J’ai trouvé cela fouillis et confus, manquant de cohérence, assez lourd. On passe d’une personne à l’autre, on site des tas de noms. J’avais même parfois l’impression qu’il y avait des passages mal traduits alors que l’auteur a écrit en français je crois.

Je suis désolée de ne pas avoir pu lire entièrement cette biographie et de ne pas en avoir découvert plus sur Bessie Smith avec ce livre mais j’ai quand même fait quelques petites recherches pour en savoir plus :

Une mini biographie sur RFI 

Une émission sur Bessie Smith sur  France Musique 

Pour écouter Bessie Smith :

Il existe un biopic sur la chanteuse :

Merci à  et  

 Thématique « Biographie / documentaire »

Bergères guerrières : Jonathan Garnier et Amélie Fléchais

Cette BD m’a été conseillée par ma libraire et j’ai tout de suite été sous le charme des dessins et le fait que ce soit une histoire où les filles et les femmes ont le pouvoir et qu’un garçon les admire et veuille faire partie de leur camps! Moi qui élève un petit garçon, je trouve ça très intéressant qu’il lise ce genre d’histoires!

Alors, nous sommes dans un lieu indéterminé (mais ça pourrait être l’Irlande ou l’Ecosse) à une époque indéterminée. Cela fait 10 ans que presque tous les hommes (à part les hommes trop âgés ou physiquement diminués) sont partis faire la guerre très loin et personne n’est revenu. Sur place, les femmes ont dû se débrouiller seules et elles ont crée l’Ordre des Bergères Guerrières pour protéger le village.

Molly et ses copines sont en âge de commencer l’entraînement pour devenir des Bergères Guerrières. Elles y vont avec un enthousiasme varié mais elles apprennent les rudiments et découvrent ce que les femmes sont capables de faire. Molly est aussi amie avec Liam, un petit garçon qui rêve de faire partie lui aussi de l’ordre des Bergères Guerrières et qui fait tout pour se faire accepter!

Ensemble, ils vivent des aventures et s’interrogent aussi sur leurs familles et leurs pères qui sont partis depuis si longtemps. Il y a des moments drôles, mignons et aussi assez émouvants. Et les filles et les femmes sont fortes!

Les dessins sont vraiment très bons, les traits ronds mais francs, les motifs et les couleurs qui font que c’est à la fois doux et dynamique. Les animaux sont très amusants et il y a aussi un petit côté fantastique mais très léger. Un très bon mélange qui m’a plu en tant que lectrice adulte mais aussi à Bastien.

Voici l’avis de Bastien (8 ans-CE2) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« Tous les hommes sont partis à la guerre et il ne reste plus que des femmes et des enfants au village. Et pour défendre le village, elles ont crée l’ordre des Bergères Guerrières et ça parle d’une apprentie qui s’appelle Molly et qui a 10 ans et avec ses copines Abbie et Erin, elle a envie de devenir une « Bergère Confirmée » et même une « Bergère d’Elite » et ça raconte leurs entraînements.

Liam, c’est un garçon, il veut les suivre dans toutes leurs missions et il veut aussi devenir une Bergère Guerrière mais l’ordre est réservé aux filles.

J’ai bien aimé parce que ça parle de combats et j’aime bien tout ce qui est combat. J’aime bien les dessins, ils sont rigolos surtout le chien de Liam!

Il y a du mystère et du suspens à la fin et dès que je l’ai fini j’ai voulu le tome 2 mais maman a dit que quand il sortirait elle me l’achèterait et c’est un exploit parce que j’ai réussi à obtenir ça sans la supplier! »

Pour info, j’ai lu que la série est prévue en 3 tomes, j’espère (et Bastien aussi, vous l’aurez compris) que le deuxième tome sortira bientôt!

Vous pourrez voir quelques pages en allant ici (cliquez sur le côté droit de la première image!

C’était une « quasi lecture commune » inconsciente avec Petite Noisette!

    chez Moka 

Everything Everything : Nicola Yoon (lu par Nastassja Girard)

Madeline est une adolescente pas comme les autres. Depuis qu’elle est toute petite, d’aussi loin qu’elle s’en souvienne, elle doit rester à la maison sans mettre un pied dehors car elle est malade : elle souffre d’un déficit immunitaire aussi appelé « la maladie de l’enfant-bulle ». Madeline ne vit pas dans une bulle à proprement parler mais dans une maison où tout est aseptisé, où l’air est filtré et où personne n’a le droit de rentrer à part sa mère (médecin) et une infirmière qui s’occupe d’elle depuis toujours et parfois un professeur qui aura été préalablement décontaminé car Madeline suis sa scolarité à domicile. Elle se fait une raison, n’a rien connu d’autre et sait qu’elle doit supporter cette solitude pour survivre. Son seul plaisir c’est la lecture…

Mais tout prend une perspective différente quand de nouveaux voisins s’installent en face et que le fils de la famille commence à l’intriguer… Ils se mettent à échanger par internet et Olly, qui est un ado qui doit faire face à une vie de famille bien compliquée aussi et Madeline deviennent amis puis par une rencontre normalement interdite, tombent amoureux.

C’est ainsi que Madeline réalise qu’elle ne supporte plus sa vie enfermée et qu’elle s’interroge réellement sur sa maladie qui fait de sa vie une prison.

Au début de ma lecture j’avoue que j’ai pensé « Oh la la, une histoire d’amour d’ado impossible totalement improbable… » mais au fil de mon écoute je me suis rendue compte que le côté « improbable » était justement le coeur de l’intrigue et ça devient alors beaucoup plus intéressant! Je ne regrette donc pas du tout d’avoir poursuivie et je recommande ce roman aux lecteurs de 12 ans et plus (filles ou garçons car les deux personnages font que ce n’est pas forcément trop genré même si les filles seront sans doute plus attirées à priori) et aux adultes qui aiment les histoires d’ados pas trop cucul 😉

La version audio est bonne car la lectrice a une voix jeune qui correspond bien à Madeline.

Un film en a été tiré :

Merci à