Beloved : Toni Morrison (Lu par Anne Alvaro)

Je pourrais faire très bref et vous dire que ce livre est tout simplement un chef d’oeuvre et qu’il est non seulement magistralement écrit mais qu’il est également d’une richesse historique et humaine sur la condition des Afro-Américains pendant et après l’esclavage et qu’en plus, la version audio est extrêmement bien lue et vous dire de le lire et c’est tout! Parce que c’est clairement ce que j’ai ressenti pendant toute ma lecture. Une force, une humanité, une richesse folle… Et je ne sais pas par quel bout commencer à vous raconter l’histoire car elle est tellement tissée et faite d’allers-retours, de réel et de fantastique ou folklorique, de beauté et de noirceur…

Je n’arrive pas vraiment à mettre des mots clairs et c’est souvent le cas avec les coups de coeur …

Mon coup de coeur va aussi à Anne Alvaro qui a réussi à donner une voix, une voix puissante et réelle, parfois rauque parfois rythmée qui a totalement compensé le fait que la langue « afro-américaine » n’ait pas été reproduite (et c’est heureux car c’est souvent mal fait). Elle a donné une identité à ce texte. Bravo!

Alors parce que mon envolée ne suffit peut-être pas , je vais vous recopier le résumé d’Audiolib :

« Le 124 était habité de malveillance. Imprégné de la malédiction d’un bébé… »
À Bluestone Road, près de Cincinnati, vers 1870, les meubles volent, la lumière allume au sol des flaques de sang, des gâteaux sortent du four marqués de l’empreinte d’une petite main de bébé. Dix-huit ans après son acte de violence et d’amour maternel, Sethe l’ancienne esclave et les siens sont encore hantés par la petite fille de deux ans qu’elle a égorgée. Jusqu’au jour où une inconnue, Beloved, arrivée mystérieusement au 124, donne enfin à cette mère hors-la-loi la possibilité d’exorciser son passé. Parce que pour ceux qui ont tout perdu, la rédemption ne vient pas du souvenir, mais de l’oubli.
Ce roman aux résonances de tragédie grecque, au style d’une flamboyante beauté lyrique, a reçu en 1988 le prix Pulitzer, et a figuré pendant des mois en tête des listes de best-sellers en Grande-Bretagne et aux États-Unis. »

*

Pour moi, c’était une relecture car j’avais lu ce roman en anglais quand j’avais 21 ans pendant mes études universitaires mais si j’avais conscience de lire un grand livre, je ne suis pas sure d’avoir eu la maturité pour percevoir toutes les facettes de ce roman.

Il est donc question d’esclavage et de liberté, de maternité et de sororité, d’amour et de haine, du passé et du présent…

Je suis confuse mais je ne veux que vous dire  : « Lisez-le! »

 Chez Sylire

Avec un peu de retard

catégorie « prénom »

Un meurtre est-il facile? : Agatha Christie

Au début du confinement, j’ai eu beaucoup de mal à lire et après avoir reposé deux livres qui ne me motivaient pas du tout, je me suis dit que j’allais me tourner vers une valeur sure et j’ai bien fait! En effet Agatha Christie est toujours là pour me sortir d’une mauvaise passe de lecture! Et en plus, cela me permettait de participer avec au moins un titre au challenge de mars de Lou et Hilde!

Ce roman commence dans un train quand Luke Fitzwilliam, qui vient de rentrer en Angleterre après avoir pris sa retraite de la police à l’étranger, rencontre une vieille dame qui lui raconte qu’elle vient à Londres pour aller à Scotland Yard car elle est persuadée que dans son village il y a eu une série de meurtres. Elle cite les noms des victimes présumées sans pour autant dire qui elle croit coupable. Luke ne croit pas à ce qu’il pense être des divagations, mais le nom de la femme lui reste en mémoire car elle lui rappelle sa tante et quand il voit dans le journal qu’elle a été tuée dans un accident de la circulation, il commence à s’interroger.

Avec la complicité d’un de ses vieux amis dont la cousine vit dans ce village, il va s’installer là-bas pour essayer de mener l’enquête sous couvert d’écrire un livre sur les coutumes anciennes.

Bridget, la cousine de son ami (qui est censée être aussi sa cousine) est sur le point d’épouser  Lord Gordon Whitfield dont elle était la secrétaire. Magnat de la presse, imbu de lui-même, il règne en parfait Lord sur le village. En apprenant à connaître les victimes potentielles (qui sont toutes mortes d’accidents ou de maladie), Luke rencontre les autres habitants : d’honorables messieurs, de braves dames, un excentrique antiquaire, un jeune médecin ambitieux… En réalité, personne qui ne puisse vraiment correspondre à un tueur en série…

Avec Agatha Christie, il faut bien se dire que c’est forcément la personne à laquelle on ne s’attend pas et naturellement on passe sa lecture à se dire : « ça ne peut pas être lui ou elle… » ou justement « ça doit être lui ou elle! » Et j’ai marché, j’ai eu envie de savoir et j’ai eu plaisir à retrouver l’ambiance du petit village anglais, les relations entre des personnes qui pourraient être nos voisins, le petit côté désuet de l’ensemble.

57e Agatha Christie de ma collection

chez Lou et Hilde

catégorie « Crime et justice »

L’homme qui savait la langue des serpents : Andrus Kivirähk (lu par Emmanuel Dekoninck)

Résumé d’Audiolib : « Voici l’histoire du dernier des hommes qui parlait la langue des serpents, de sa sœur qui tomba amoureuse d’un ours, de sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui guerroyait sans jambes, de son oncle qu’il aimait tant, d’une jeune fille qui croyait en l’amour, d’un sage qui ne l’était pas tant que ça, d’une paysanne qui rêvait d’un loup-garou, d’un vieil homme qui chassait les vents, d’une salamandre qui volait dans les airs, d’australopithèques qui élevaient des poux géants, d’un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons un peu épouvantés par tout ce qui précède.
Peuplé de personnages étonnants, empreint de réalisme magique et d’un souffle inspiré des sagas scandinaves, L’Homme qui savait la langue des serpents révèle l’humour et l’imagination franchement délirante d’Andrus Kivirähk. Le roman retrace dans une époque médiévale réinventée la vie peu banale d’un jeune homme qui, vivant dans la forêt, voit le monde de ses ancêtres disparaître et la modernité l’emporter. »

*

Je ne savais absolument rien de ce roman avant de le connaître et j’ai été très étonnée! Ce roman qui se déguise en roman historique sur le passé de l’Estonie, c’est surtout un conte complètement délirant sur des légendes du pays de l’auteur mais aussi une réflexion quasi philosophique sur l’évolution et la modernité. En effet, le personnage principal est un des derniers hommes des bois d’Estonie, il côtoie des australopithèques qui sont la génération d’avant et il observe et juge les Estoniens qui évoluent et qui deviennent des villageois et adoptent la nouvelle religion chrétienne, tout en ayant un regard critique sur les croyances de son propre peuple.

Ce roman est vraiment intelligent et fait réfléchir à notre société actuelle au travers les évolutions des sociétés du passé mais c’est aussi un texte complètement loufoque, jubilatoire et très drôle! Comme je le disais, il y a du conte mais il y a aussi des parallèles avec le monde moderne pour se moquer (beaucoup de la religion) quand par exemple, l’auteur parle de « mode » quand les jeunes estoniens modernes rêvent de devenir moines et nonnes…

Alors en gardant l’esprit ouvert, partez dans ce voyage historique et sociologique très divertissant mais pas seulement.

La version audio est extrêmement bien lue par Emmanuel Dekoninck qui devient tous les personnages et qui fait qu’on plonge complètement dans cette histoire.

La postface donne des explications sur la véracité des faits sur l’histoire de l’Estonie est c’est un très bon complément à cette lecture.

 Chez Sylire

catégorie « animal » de ma ligne audio

Miroir de nos peines : Pierre Lemaitre (Lu par l’auteur)

Après avoir audiolu « Au-revoir là-haut » qui avait été un coup de coeur pour le prix Audiolib 2014 et « Couleurs de l’incendie » en 2018, je savais que j’attendrais de pouvoir audiolire le 3e opus de la saga de Pierre Lemaitre car c’est l’auteur le lecteur et j’aime beaucoup sa façon de lire et j’ai donc été vraiment ravie de trouver ce titre dans la sélection du prix Audiolib 2020.

Je vais commencer par dire que j’ai toujours aimé la manière dont Pierre Lemaitre lit ses romans : il y met de la verve, de la passion et sait transmettre l’humour et les émotions du texte. J’ai aussi aimé tout le côté romanesque de ce troisième roman d’une série qui n’en est pas vraiment une. Mais je dois aussi dire que c’est celui que j’ai le moins aimé des trois et qu’il était sans doute temps que l’auteur passe à autre chose car j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs et qu’il cherchait un peu à faire des liens qui n’étaient pas forcément nécessaires.

Attention, ça ne veut pas dire que je n’ai pas aimé du tout mais que je n’ai pas aimé autant que je l’aurais voulu.

L’histoire se situe en France en 1940. On croise les destins de plusieurs personnages qui a priori n’ont rien à voir les uns avec les autres mais qui vont finir par  voir leurs destins se croiser. Il y a Louise, qui a 30 ans et qui était la petite fille de la logeuse de « Au revoir là-haut ». Elle est institutrice et serveuse à Paris et un jour, un docteur, client du restaurant où elle travaille lui demande d’accepter d’être payée pour qu’il la voit nue. La fin tragique de cette rencontre va lui faire découvrir tout un pan de la vie de sa mère qu’elle ne connaissait pas et elle va partir sur les routes de France à la recherche d’un frère qu’elle espère pouvoir rencontrer.

Il y a aussi Gabriel, sergent-chef de l’armée française juste avant la débâcle qui voudrait juste bien faire et reprendre le cours de sa vie. Sa rencontre avec Raoul, caporal assez malin pour éviter de se faire prendre alors qu’il est de tous les mauvais coups, va tout d’abord être douloureuse mais quand ils se retrouveront seuls sur les routes de France, il vont se révéler être une bonne équipe.

Et puis, il y a un personnage multi facettes, manipulateur hors pair qui va passer d’avocat à porte parole du gouvernement pour ensuite se transformer en élément fédérateur… Bien sûr pour son profit personnel, mais pas seulement…

Mais j’en oublie car il y a vraiment de nombreux personnages, (trop peut-être, je dois avouer qu’il y a des moments où je me perdais un peu) et de nombreux bouleversements. Bien sûr, c’est la guerre et cela exacerbe tout et puis les passés des uns et des autres, les secrets de famille et les  mesquineries, les actes de générosités, le courage qui se développe ou qui fuit : toute la nature humaine est réunie dans ce roman.

Aussi surprenant que cela puisse paraître dans un roman sur la 2e guerre mondiale et l’exode, ce que je retiens, c’est l’humour et le côté fantasque même si je persiste à penser que Pierre Lemaitre a eu du mal à quitter cette saga et a eu envie d’en dire trop. Il aurait sans doute pu alléger son roman, il n’en aurait pas été moins bon.

 Chez Sylire

catégorie « Objet » de ma ligne audio

La tête sous l’eau : Olivier Adam (Lu par Alice de Lencquesaing et Lorenzo Lefebvre)

Résumé de l’éditeur : « Quand mon père est ressorti du commissariat, il avait l’air perdu. Il m’a pris dans ses bras et s’est mis à pleurer. Un court instant j’ai pensé : ça y est, on y est. Léa est morte.
Puis il s’est écarté et j’ai vu un putain de sourire se former sur son visage. Les mots avaient du mal à sortir. Il a fini par balbutier : « On l’a retrouvée. Merde alors. On l’a retrouvée. C’en est fini de ce cauchemar. »
Il se trompait. Ma sœur serait bientôt de retour parmi nous mais on n’en avait pas terminé. »

*

Il faut que je commence par dire que j’ai lu ce livre audio en janvier et avec l’African American History Month challenge de février et mon déménagement, je n’ai pas fait de brouillon et aujourd’hui alors que j’écris mon billet en mars, je m’aperçois que je ne sais plus trop quoi dire sur ce roman… Ce que je peux dire c’est que j’en garde un bon souvenir de lecture, à la fois par la manière dont il était lu et par l’histoire, sur le moment, mais il est certain qu’il ne m’a pas non plus laissé un souvenir impérissable. Je dirais que c’est une lecture qui change les idées sur le moment, assez accrocheuse mais qui ne m’a pas marquée (mais c’est déjà bien de prendre plaisir à lire sur le coup, n’est-ce pas?)

C’est un roman écrit pour les adolescents avec des personnages adolescents et même si Olivier Adam dit qu’il l’a écrit pour que ce soit un roman généraliste aussi, je dois quand même dire que quand je l’ai commencé, je ne savais pas que c’était un roman jeunesse et que je m’en suis vite doutée. On sent quand même une certaine « facilité ».

L’histoire est celle d’une famille qui a quitté Paris pour s’installer en Bretagne. Les parents l’ont fait pour eux mais les enfants déjà adolescents sont déracinés. Le garçon, plus jeune, n’était pas très sociable et n’a pas trop souffert du départ mais il n’arrive pas pour autant à se faire trop d’amis, la fille, plus âgée, est extrêmement malheureuse d’avoir perdu ses amis, surtout, une personne qu’elle aimait et avec qui elle avait une relation amoureuse intense (et là, je me suis doutée très très tôt de la nature de cet amour, je ne sais pas si c’était censé être un petit twist ou pas…)

Tout bascule quand Léa disparaît du jour au lendemain sans laisser de trace. Fugue, kidnapping, vivante ou morte? Personne ne sait rien et cela fait des mois que la famille est détruite par cette absence…

Et puis, le commissariat appelle pour annoncer à la famille que Léa a été retrouvée… Mais revenir d’un cauchemar, ce n’est pas vraiment revenir car si elle a été retrouvée, elle n’en a pas fini de son expérience, du danger et elle garde aussi un secret( dont je me suis doutée aussi assez facilement).

Alors, je ne sais pas si c’est parce que j’ai lu « Lumière noire » de Lisa Gardner qui parle du retour de kidnapping et du traumatisme et « Amelia » de Kimberly McCreight qui parle des secrets que les jeunes peuvent avoir vis à vis de leurs parents qui font que je suis restée sur ma faim mais il m’a manqué un petit quelque chose.

par ma copine Mrs B

 Chez Sylire

La couleur du trois : Leni Zumas

Je vais commencer par vous dire que j’ai beaucoup aimé ce roman mais en vous prévenant que j’ai failli l’abandonner au bout d’une soixantaine de pages car je ne comprenais rien! Alors, il faut dire que j’ai commencé ma lecture en plein déménagement, en le picorant et c’était une grosse erreur! Pour entrer dans ce roman, il faut se plonger dedans et lire au moins les 60 premières pages presque d’une traite pour suivre. Avant d’abandonner, j’ai lu la 4eme de couverture pour essayer de situer un peu à quoi m’attendre et j’ai relu tout ce que je venais de lire en 3 jours, d’une seule traite, et je n’ai plus arrêté!

Dans ma première tentative de lecture, une deuxième chose a failli me détacher de l’histoire : la traductrice a choisi d’utiliser le mot « branchu » à tour de bras pour parler de ce que je comprenais être des gens « branchés », « bobos » « hipsters « … Mais personnellement je n’avais JAMAIS entendu ce mot… (« les branchus », « un branchu »…) Et du coup, ça m’énervait, je ne voyais plus que ça : j’ai retrouvé 7 fois le mot entre les pages 21 et 77!) J’en ai parlé sur les réseaux sociaux et une copine (Eva, merci!) m’a trouvé un article super intéressant où Leni Zumas explique qu’elle a inventé beaucoup de mots et, dans ce cas précis, elle a utilisé « spark » ou « sparkle » un mot ancien, familier, du 17 ou 18e siècle voulant dire « quelqu’un de bien habillé comme un dandy » car elle ne voulait pas utiliser hipster trop vu. J’ai d’ailleurs effectivement trouvé le mot « spark » dans le Webster Dictionnary 1828 où ça a bien ce sens et j’ai trouvé aussi une traduction du sens ancien qui serait « gaillard », « noceur »… Personnellement, je trouve que la traductrice n’a pas choisi le bon mot en prenant « branchu » qui donne un côté grotesque plus que le côté un peu prétentieux et méprisant que l’auteur a sans doute voulu donner, j’aurais plus vu une invention avec l’idée d’éclat comme dans « spark »… Une fois que j’ai compris cela, c’est passé car à part ça, l’autrice a de très belles trouvailles de texte, des images originales et une construction inhabituelle (qui nécessite une lecture attentive au début, le temps de s’en imprégner, c’est vrai!).

Comme ma lecture de la 4e de couverture m’a permis de me replonger dans le roman, je vous la recopie ici :

« Quinn, la trentaine passée, est célibataire, sans enfants, et sur le point de perdre son emploi. Comme si sa précarité financière n’était pas suffisamment angoissante, elle doit faire face au retour en ville de Cam, son premier petit ami, dont elle s’est séparée dans des circonstances qu’elle préférerait oublier. Cette réapparition fait remonter à la surface le traumatisme de ses années adolescentes  ̶  la mort violente de sa sœur cadette  ̶ , qu’elle croyait pourtant avoir enfoui au plus profond d’elle-même par des tactiques toutes personnelles…
Hypnotique et dérangeant, La Couleur du trois explore un monde fait de souvenirs chers et de blessures ouvertes qui dessinent la présence vacillante d’un fantôme. Sur fond de musique grunge, ce roman introspectif décalé, à l’héroïne marquée du sceau de la tragédie, nous parle de ce qui est tapi dans l’ombre. Et affirme le talent d’une auteure incandescente, dont l’œuvre est à la fois intime et engagée. »

Donc, dans ce roman, plusieurs époques s’alternent, parfois dans un même chapitre. Dans chacun, Quinn est au centre. Nous sommes dans son enfance avec son frère et sa soeur, dans le présent dans sa vie quotidienne, dans le passé plus proche quand elle était membre d’un group de musique ayant eu un petit succès, et nous sommes aussi dans ses délires obsessionnels… Car Quinn est une jeune femme traumatisée qui a du mal à vivre une vie normale. On apprend assez vite que sa soeur est morte et cette mort, tragique à plus d’un point, va créer des névroses terribles chez Quinn. Puis, au lycée, elle, va rencontrer Cam, qui va devenir son petit ami et avec qui elle va monter un groupe. Dans son présent, elle est n’est plus musicienne mais vie plutôt une vie assez inadaptée, entourée de Mink, son amie barmaid et Geck, son ami junkie, tous les deux anciens membres du groupe… Aucun d’entre eux n’est vraiment inséré dans la vraie vie. Ils trimbalent tous un lourd bagage lié à leurs années de jeunesse. Le retour de Cam en ville, va réveiller chez elle des souvenirs liés à cette époque.

Et puis, il y a aussi Riley, son frère qui a une vie bien rangée pour sa part mais sans doute trop bien rangée et ses parents, Mert et Fod qui semblent faire comme s’ils n’avaient jamais eu d’autre fille et ne comprennent pas forcément les névroses de Quinn.

Quinn est en fait obsédée par la mort de sa soeur, elle s’est créé des stratégies pour vivre avec mais elle imagine une sorte de ver qui est après elle, ou bien est-ce le fantôme de sa soeur qui la poursuit?

En relisant ce résumé, je comprendrais que vous n’ayez pas envie de le lire car j’ai beaucoup de mal à en parler et pourtant c’est vraiment une histoire et un roman que j’ai aimés malgré ou grâce à sa complexité car comme dans la vraie vie, on a l’impression qu’une pensée en entraîne une autre. Ce n’est pas forcément linéaire mais les divagations de Quinn finissent par dresser le portrait d’une vie, une histoire de famille, une histoire du passage de la jeunesse à l’âge adulte avec de nombreux traumatismes qui n’ont jamais été vraiment pris en compte et qui déteignent sur le présent.

Bref, laissez vous tenter, gardez l’esprit ouvert car cette autrice a une plume qui vaut la peine d’être suivie. Je l’avais déjà aimée avec « Les heures rouges« .

Merci à   et Les Presses de la Cité

catégorie « Couleur »

Une longue impatience : Gaëlle Josse (lu par Dominique Blanc)

Résumé de l’éditeur : « Ce soir-là, Louis, seize ans, n’est pas rentré à la maison. Anne, sa mère, dans ce village de Bretagne, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, voit sa vie dévorée par l’attente, par l’absence qui questionne la vie du couple et redessine celle de toute la famille.
Chaque jour, aux abords de la folie, aux limites de la douleur, Anne attend le bateau qui lui ramènera son fils. Pour survivre, elle lui écrit la fête insensée qu’elle offrira pour son retour. Telle une tragédie implacable, l’histoire se resserre sur un amour maternel infini.
Avec Une longue impatience, Gaëlle Josse signe un roman d’une grande retenue et d’une humanité rare, et un bouleversant portrait de femme, secrète, généreuse et fière. Anne incarne toutes les mères qui tiennent debout contre vents et marées. »

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Je vous ai recopié le résumé d’Audiolib car je ne sais pas par quel bout commencer  pour faire mon propre résumé car c’est un roman dans lequel on apprend beaucoup de choses sur une famille, une femme, un fils mais par allers et retours. Anne, la mère, écrit des lettres à son fils absent dans lesquelles elle revient sur leur passé ensemble, puis le passé avec son nouveau mari et puis elle raconte aussi des choses sur la vie quotidienne. Elle lui raconte ses recherches d’abord pour le retrouver après qu’il soit parti sans donner de nouvelles puis, une fois qu’elle a compris qu’il avait pris la mer, elle dit aussi son attente de lui, sa longue impatience de le revoir. Et d’ailleurs, elle lui raconte comment elle l’accueillerait, en détaillant le repas qu’elle confectionnerait, un repas et des plats qui sont aussi l’excuse pour égrainer des souvenirs partagés.

Si j’ai du mal à parler de cette histoire c’est que ce ne sont pas vraiment les faits ni l’ordre dans lesquels ils sont racontés qui comptent mais les émotions fortes et tendres qui sont transmises dans ce texte qui est en fait un longue déclaration d’amour d’une mère à son fils et ce n’est pas simple de vous raconter ça. Ce texte, je l’ai tout simplement trouvé beau et en plus, il est très bien lu par Dominique Blanc qui est devenue Anne pour moi. Et la fin… Quelle fin poignante! Je ne ne vais rien dire évidemment à part que j’ai pleuré en peignant les étagères de ma cuisine… Et pleurer en lisant, c’est fort, c’est beau!

Alors, je ne vais pas chercher à argumenter, je ne peux que vous conseiller de lire ce roman et si vous aimez la lecture audio, n’hésitez pas à l’audiolire. C’était pour ma part ma première rencontre avec l’autrice et j’ai bien envie de la relire alors si vous voulez me conseiller un autre titre je veux bien (même si la barre est haute ici dans le style et les émotions!)

 Chez Sylire

Le Petit livre Black music : Hervé Bourhis et Brüno et Black Music – 40 artistes de la musique noire : Olivier Cachin

Le Petit livre Black music : Hervé Bourhis et Brüno

Cet album entre BD et encyclopédie est une vraie bible de la musique noire aux Etats-Unis et j’ai vraiment adoré la découvrir. J’ai pris mon temps, je ne l’ai pas lu en une seule fois mais plutôt par décennie. Après une introduction, les auteurs présentent la musique noire de 1940 à 2014.

J’ai trouvé cela passionnant! J’ai aimé retrouver les musiques que j’écoutais beaucoup dans ma vingtaine et puis d’autres plus récents que je connais mal mais que j’ai trouvé intéressant de découvrir!

Et puis ce que j’ai particulièrement apprécié c’étaient les brèves et anecdotes culturelles et les grands pans historiques des Afro-Américains qui sont aussi évoqués dans ce livre . C’est vraiment l’album parfait pour l »African American History Month challenge! Et j’ai bien envie de me l’acheter!

J’ai trouvé une playlist sur Youtube qui reprend toute la musique de cet album « Le Petit livre Black music »

catégorie « son » pour ma ligne BD


Black Music : 40 artistes de la musique noire : Olivier Cachin

J’ai aussi feuilleté ce petit album que j’ai trouvé dans la section jeunesse de la médiathèque mais je dois dire que je n’ai pas vraiment apprécié ce livre (et je l’ai lu bien avant de lire l’autre donc ce n’était pas à cause d’une comparaison peu flatteuse.) Je l’ai trouvé très superficiel et assez creux et surtout je n’ai pas bien compris pourquoi il y avait plusieurs artistes blancs alors qu’il manquait un certain nombre de légendes Afro-Américaines…

C’est assez simpliste et réducteur à mon avis.

L’avis de Mistikrak


Thématique « musique »

Et pour rester dans la thématique « Musique » je vous recommande cet article en français : « 10 chansons « black » au panthéon » (playlist commentée), cet article en anglais (avec également du son) : « Say it Loud: Anthems of Black Pride and Empowerment« , cet autre article (en anglais avec aussi une playlist) : « 15 Essential Songs you Must Listen to for African-American Music Appreciation Month » et un dernier lien en anglais avec des chansons à écouter aussi : « 10 Songs That Make You Proud to be Black« .

Une colère noire – Lettre à mon fils : Ta-Nehisi Coates

Il n’est vraiment pas simple du tout d’écrire un billet sur ce livre pour plusieurs raisons. Et principalement parce que c’est un documentaire qui mêle un témoignage très personnel mais aussi une analyse de la société américaine du point de vue d’un Afro-Américain. Il écrit à son fils de 15 ans pour lui parler de comment il a vécu sa vie d’homme noir aux Etats-Unis, la peur qu’il a ressenti en permanence en grandissant car être Noir n’est jamais anodin dans ce pays qui a vécu avec l’esclavage.

Il parle des personnes qui l’ont influencé, qui l’ont fasciné, qui ont donné du sens à sa vie, comme Malcolm X. Mais au fil de sa vie et de ses rencontres, il se remet aussi en question. Ce texte n’est pas manichéen, il réfléchit et évolue et cela donne une grande richesse à son propos. C’est à la fois factuel, émouvant, révoltant. C’est autant plein d’espoir que de craintes.

Ce texte est passionnant car il dresse vraiment un portrait de l’intérieur de ce que peuvent ressentir les Afro-Américains, vraiment à différents niveaux. J’ai vraiment aimé ce document, j’ai coché plein de passages et je peux vous dire que si le sujet vous intéresse comme moi, vous devez lire ce livre qui pour moi est absolument parfait pour l’African American History Month challenge!

Voici quelques passages que j’ai relevés, mais j’aurais pu en mettre bien plus.

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8 ans au pouvoir: entretien avec l’auteur Ta-Nehisi Coates

catégorie « objet » pour ma ligne générale

Histoire d’un rêve : Gary Younge

Résumé de l’éditeur : « Le 28 août 1963, devant la foule rassemblée à l’occasion de la célèbre Marche sur Washington, Martin Luther King prononce un discours qui marquera l’histoire des États-Unis et du monde entier. « I have a dream » est une formule connue de tous, mais que se cache-t-il réellement derrière ces mots martelés par King ? Gary Younge nous raconte ce rêve, depuis sa genèse jusqu’à ses résonances contemporaines en nous immergeant au cœur de cette allocution devenue mythique.
Il dépeint le contexte social et politique de l’époque au sein duquel il est bon de redonner à Martin Luther King sa juste place – décrié par beaucoup, adulé par d’autres, ses prises de position n’ont pas toujours fait l’unanimité au sein de la communauté afro-américaine. Le contexte également de la rédaction du discours, avec des anecdotes insolites comme l’intervention d’un de ses conseillers à la veille de la Marche critiquant l’anaphore légendaire  : «  C’est plat, c’est cliché. Vous l’avez déjà trop utilisée.  » Un conseil suivi par King qui se ravisera finalement devant les micros en improvisant avec son talent d’orateur. Puis nous sommes transportés de l’estrade jusqu’à la foule, du bureau de Kennedy jusqu’aux réunions du FBI. Gary Younge nous conduit au plus près de l’événement en nous entraînant dans une narration quasi romanesque qui s’intéresse à toutes les facettes, certaines totalement inconnues, de ce moment historique.
Histoire d’un rêve est un livre passionnant pour comprendre la journée du 28 août 1963 et ses conséquences politiques jusqu’aux élections de Barack Obama puis de Donald Trump. Gary Younge compose un ouvrage documenté avec rigueur et porté par une émotion toute particulière  : celle d’assister au discours de King, puis de confronter son rêve à notre réalité. »

J’ai gagné ce livre au moment du Mois américain sur Instagram et vous pensez bien que j’ai immédiatement pensé à l’African American History Month challenge quand j’ai su que j’allais le recevoir! Mais je dois tout de suite vous avouer que j’ai abandonné cette lecture… Je ne suis pas une adepte des documentaires, je ne sais pas pourquoi mais c’est très rare que j’arrive à vraiment entrer dans un documentaire. Je suis une fille de fiction, les documentaires je les préfère en audiovisuel!

Alors cela n’enlève rien aux qualités de ce texte (j’ai lu le début puis, j’ai zappé sur les différentes parties) qui est très complet et intéressant car il commence par une remise dans le contexte de ce discours en parlant de la ségrégation, des droits civiques et de l’image de Martin Luther King. Il creuse sur la genèse de ce fameux discours (qui ne devait pas parler de rêve au début!) et il parle aussi du jour du discours et analyse ce fameux texte.

Bref, il vaut le coup d’être lu … si on aime les documentaires! Et comme je l’ai gagné et que je veux qu’il est une deuxième vie, je propose de le faire gagner. Pour cela seule condition être quelqu’un qui fréquente et commente assez régulièrement sur le blog. Faites mois signe en commentaire si vous voulez le gagner.

D’autres livres sur Martin Luther King sur le blog :