13 Reasons Why : Jay Asher (lu par Florine Orphelin et Gauthier Battoue)

Ce roman est à l’origine d’une série Netflix à succès (je n’ai pas Netflix mais j’avais entendu parler de la série !) et j’étais donc curieuse de découvrir cette histoire qui s’adresse à des jeunes adultes.

Clay Jensen, un jeune lycéen, vient de recevoir des cassettes audio « à l’ancienne » numérotées de 1 à 13… Il a pour consigne de les écouter en sachant qu’il sera mentionné dans l’une de ces cassettes et quand il les aura toutes écoutées, il devra les envoyer à la personne citées après lui.

La personne qui parle sur ces cassettes est Hannah Baker, une jeune fille du lycée qui vient de se suicider et qui avant de se donner la mort, s’est enregistrée pour donner 13 raisons qui l’ont poussées à passer l’acte. Sur chaque face de cassette, elle raconte ce qu’une personne en particulier a fait pour lui rendre la vie difficile, voir de la lui gâcher réellement et expliquer en quoi cela a créé une chaîne qui l’a poussée à bout.

Clay écoute avec crainte ces cassettes, attendant d’être cité sans comprendre quel rôle il a pu jouer dans la mort d’Hannah car lui avait beaucoup d’affection pour elle.  Il écoute aussi avec un certain malaise et une certaine fascination ce que d’autres que lui ont fait pour « mériter » d’être sur ces cassettes.

Le récit alterne la voix d’Hannah qui raconte des anecdotes sur son passé et les réflexions de Clay qui s’interroge sur le déroulement de cette expérience et sur ce qu’a vécu Hannah. Au début, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que le suicide était un peu extrême par rapport aux brimades ressenties par Hannah et puis, le récit monte en tension et le malaise grandit.

Au niveau de la version audio, les lecteurs sont les jeunes acteurs qui ont doublé la série. J’ai trouvé qu’il y a avait un peu trop de légèreté, presque du sourire dans la voix d’Hannah ce que j’ai trouvé incompatible avec une personne qui est censée les avoir enregistrées juste avant de se suicider. Par contre, j’ai trouvé Gauthier Battoue excellent! Il sait transmettre les émotions de ce jeune homme désarçonné par ce qu’il entend, sans pathos, sans exagération. Au niveau lecteur audio, il m’a fait penser un peu à un jeune Pierre-François Garel!

Je suis contente d’avoir découvert cette histoire qui met cependant quand même mal à l’aise car on ne peut pas s’empêcher de se demander si nous n’avons pas été un maillon d’une chaîne dramatique malgré nous.

En regardant la bande annonce de la série, je constate que le roman laisse beaucoup plus de place à l’imagination, ne faisant qu’effleurer les problèmes rencontrer par Hannah et laissant Clay seul face à ces 13 révélations. Ce qui rend l’histoire vraiment concise et forte. Il faudrait sans doute que je regarde la série pour comparer.

Merci à 

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La disparition de Stephanie Mailer : Joël Dicker (lu par Philippe Sollier)

 

Je ne sais pas par quel bout prendre mon résumé mais à vrai dire je dois avouer que je ne sais pas par quel bout prendre ce roman car je dois vous dire que j’ai été très déçue…

Bon, pour vous parler rapidement de l’histoire, le 30 juillet 1994, un quadruple meurtre a eu lieu dans la ville d’Orphéa dans les Hamptons. Le crime a été résolu par Jesse Rosenberg et Derek Scott. 20 ans plus tard, Stephanie Mailer qui est journaliste disparaît et est retrouvée noyée peu de temps après alors qu’elle venait de dire au policier Jesse Rosenberg qu’il n’avait pas trouvé le bon coupable à l’époque.

Avec l’aide d’Anna Kanne, jeune inspectrice d’Orphéa, Jesse et Derek reprennent l’enquête de l’époque en cherchant les raisons de la mort de Stephanie…

Alors, il y a des allers-retours dans le passé pour revenir en 1994 au moment de l’enquête, mais aussi des retours comme de longs flash-backs sur la vie de presque tous les personnages… et ils sont nombreux et ce n’est pas toujours nécessaire… Et puis il y a une rocambolesque histoire de théâtre… festival de théâtre en carton parce qu’on en parle pour 1994 et pour 2014 mais il est totalement artificiel… D’ailleurs pour être franche, tout sonne faux dans cette histoire.. On dirait un décor creux…

Ce qui m’a le plus marqué dans ce roman, c’est qu’il y a énormément de répétitions inutiles, (et je ne vous parle même pas du nombre de fois où on entend « 1994 » ou « le quadruple meurtre de 1994 », à l’écrit ça passe peut-être mais à l’oral, ça devient presque un tic!). Certains personnages disent ou découvrent des faits et ils sont ensuite répétés par d’autres…

C’est fouillis… Pour tout dire j’avais un peu l’impression de lire un premier jet dans lequel Joël Dicker aurait laissé ses notes sur la vie de ses personnages pour mieux les cerner mais que finalement il avait tout laissé tel quel… Parfois on se dit  « Mais on a changé d’histoire là? Il a arrêté de nous parler de la disparition de Stephanie Mailer ou du quadruple meurtre de 1994 et il nous raconte une histoire qui n’a rien à voir? » (Je pense notamment à l’histoire de Dakota et aussi à celle de l’éditeur New Yorkais et sa maîtresse… Elles prennent beaucoup de place dans l’histoire pour rien…)

Et puis, c’est plein d’incohérences, de raccourcis… Je me suis même demandé si l’éditeur avais oublié de passer derrière pour corriger car il aurait pu en faire un bon petit polar resserré… Mais là, j’avais l’impression que tout ce qui était passé par la tête de l’auteur est resté dans le roman…

Quand j’ai fini cette lecture la première chose que je me suis dite c’est « Tout ça pour ça?? » En plus c’est un pavé en plus : 640 pages et en audio, c’est 18h20… Heureusement que je faisais la route pour le boulot sinon j’aurais sans doute abandonné)

Concernant la version audio, le lecteur a du mérite car il est seul pour une foule de personnages et franchement, c’était trop pour un seul homme… surtout quand il s’agissait de faire des voix de femmes souvent exagérées… C’était typiquement le genre de romans qui aurait mérité plusieurs lecteurs… Mais il a fait de son mieux!

Bref, je suis désolée d’égratigner autant ce roman d’autant que j’avais très envie de le lire car j’avais eu un coup de coeur pour « La vérité sur l’affaire Harry Quebert » (que je vous conseille d’ailleurs en audio!) et que j’avais aimé (mais un peu moins que le premier) « Le livre des Baltimore »… Je pense que celui-ci sera mon dernier de l’auteur!

Merci à 

Idéal standard : Aude Picault

Claire est une jeune femme d’une petite trentaine d’années, infirmière en néonatalogie et célibataire. Elle traverse sa vie en enchaînant les histoires en rêvant de rencontrer le grand amour… en vain…

Quand elle rencontre Frank et qu’ils emménagent ensemble, elle pense avoir enfin accompli sa vie et avoir atteint le but dont elle rêvait.

Mais au fur et à mesure, elle ne se sent pas si bien dans son quotidien. La réalité ne correspond pas forcément à son rêve et elle fini par se rendre compte qu’elle fait beaucoup de concessions pour effacer les choses qui la gênent dans cette relation, certes « standard » mais loin d’être « idéale ». Frank n’est pas un prince charmant (loin de là) et elle ne s’y retrouve pas non plus…

Cette bande dessinée, avec son héroïne fraiche et réaliste montre bien que l’on peut être prêtes à accepter beaucoup de choses qui nous déplaisent pour rentrer dans un moule que l’on a soi-même conçu, pour rester dans une vie qui ressemble à une réalité idéale alors qu’elle ne nous correspond pas vraiment.

J’ai envie de dire que ça sent le vécu et personnellement, je me suis reconnue dans certains aspects à différentes époques de ma vie! (je ne dirai pas lesquels 😉

Je vous conseille cet album, qui n’est pas une BD « girly » même si elle traite de la vision du couple pour une jeune femme, mais plus par sa prise de conscience de ce qu’on veut et ce qu’on ne veut pas.

A découvrir (attention, ça peut aussi faire ouvrir les yeux sur son couple 😉

  chez Noukette

catégorie « Mot positif » pour ma ligne  BD

Le jardin de minuit : Edith

Cette BD est « librement adapté(e) du roman de Philippa Pearce », c’est à dire une adaptation du roman jeunesse anglais « Tom et le jardin de minuit » de Philippa Pearce publié en 1958 qui est devenu un classique adapté sous diverses formes mais que je ne connaissais pas du tout!

En Angleterre, Tom est obligé de passer ses vacances chez son oncle et sa tante, à contre coeur, car son frère a la rougeole et il ne peut pas rester avec lui. Ils habitent un rez de chaussée dans un immeuble en ville et comme Tom est en quarantaine à cause de la rougeole de son frère Peter, n’a pas le droit de sortir et il s’ennuie… Son oncle et sa tante sont gentils mais ce sont les années 50 et il n’y  a pas grand chose à faire dans cette maison.

La seule chose qui sort de l’ordinaire (et qui agace beaucoup son oncle), c’est l’horloge de la vieille dame du premier étage, la propriétaire, qui sonne une 13ème heure après minuit…

Une nuit, justement, Tom n’arrivait pas à dormir et en voulant prendre l’air dans la cour de l’immeuble, il découvre un immense jardin, verdoyant et ensoleillé… Il le visite et pourtant le lendemain, il se rend compte que sa tante et son oncle n’ont aucune idée de l’existence de ce jardin…

Chaque soir, Tom va dans ce jardin. Il y croise des gens qui ne le voient pas, il est devenu invisible et presque immatériel. Tom n’est pas invisible pour tout le monde. Une petite fille, Hatty, qui semble vivre à l’époque victorienne, elle, le voit. Ils s’entendent bien et pourtant, à chaque fois que Tom va dans le jardin, Hatty semble ne pas suivre le même déroulement du temps que lui…

Cette BD est vraiment charmante pour une histoire mystérieuse qui m’a un peu fait penser à « Le temps n’est rien » de Audrey Niffenegger et aussi « Ces jours qui disparaissent » de Timothé Le Boucher car il y est question de mondes parallèles avec un temps qui s’écoule différemment selon les personnes et les lieux. Une belle histoire d’amitié entre rêve et réalité. C’est aussi un portait de l’Angleterre des années 50 et l’Angleterre du 19ème siècle.

J’ai aimé les dessins qui donnent vraiment vie aux émotions ressenties par les personnages. Une très bonne découverte.

 chez Lou et Cryssilda

La petite librairie des gens heureux : Veronica Henry

A Peasebrook, un petit village des Cotswolds en Angleterre, Emilia vient d’accompagner son père dans ses derniers instants. C’était un père célibataire qui avait élevé sa fille tout seul dans sa librairie « Nightingale Books » qu’il avait créé et qui était au coeur du village. Emilia reprend les rênes de la boutique mais si cela lui semble une évidence vis à vis de son père, elle s’aperçoit vite que ce dernier n’avait pas été très rigoureux concernant ses finances et que cette aventure va se révéler plus compliquée que prévue.

Des personnages gravitent autour d’Emilie et de la librairie : un promoteur immobilier aux dents longues qui veut à tout prix racheter la librairie et qui engage Jackson, son homme de main pour persuader Emilie de vendre. Sarah, la propriétaire du manoir, notable du village dont la fille Alice est sur le point de se marier, Dillon le jardinier, Thomassina la prof de cuisine hyper timide, Béa la jeune mère qui a quitté Londres avec son mari pour une vie meilleure, June une femme plus âgée qui donne un coup de main à la boutique, l’ami musicien…

Chacun a ses failles, ses secrets, ses désirs cachés et les problèmes qui surviennent finissent par se retrouver entremêlés autour de la librairie plus ou moins directement… que ce soit parce qu’ils sont liés à Julius le père d’Emilie, soit parce qu’ils aiment les livres ou justement parce qu’ils ne les aiment pas…  Le titre anglais de ce roman est « How to find love in a Bookshop » (« Comme trouver l’amour dans une librairie ») et je le trouve plus approprié car au fond dans cette histoire les gens ne sont pas vraiment heureux à priori mais la librairie va servir de liant et les personnages vont trouver l’amour au fil de l’histoire.

C’est un roman « feel good », un peu bateau sans doute, avec des méchants, des gens qui auraient pu être méchants mais qui ne le sont pas tant que ça et des gentils discrets qui se révèlent… J’ai beaucoup pensé à Maeve Binchy que j’ai beaucoup aimé à une époque. C’est un roman facile à lire avec des bons sentiments, mais ça fait du bien parfois.

D’autant que le vrai plus de ce roman c’est qu’il se passe au milieu d’une librairie qu’on aurait vraiment envie de visiter! Et il y a régulièrement des listes de livres sur une même thématique correspondant à certains personnages et c’est vraiment sympa aussi.

Je vous recommande cette lecture quand vous avez envie d’une lecture un peu doudou, sans prise de tête, axée sur les livres.

  chez Lou et Cryssilda

2ème ligne de la catégorie « mot positif »

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

Ragdoll : Daniel Cole (lu par Damien Ferrette)

C’est curieux, parfois on lit un livre et pendant la lecture on l’apprécie et puis quelques temps plus tard, le souvenir est assez flou et on se souvient plus des défauts que des bons côtés… c’est ce qui m’arrive avec ce roman. J’ai passé un bon moment sur le coup mais j’ai du mal à vous en parler… D’une part parce que j’ai l’impression d’avoir oublié beaucoup de choses, d’autre part parce que tout d’un coup, l’histoire me semble vraiment fouillis et enfin parce que je me rends compte que je ne suis pas sure d’avoir tout compris 😉 Bref… je ne vous donne sans doute pas envie de poursuivre la lecture de ce billet et pourtant, je répète : pendant la lecture j’ai passé un bon moment 😉

L’histoire est celle de « Wolf » Fawkes un inspecteur de police à Londres, qui a eu des ennuis quelques temps auparavant quand il était en charge d’une enquête sur un serial killer qui brûlait ses victimes…

Un corps, constitué de parties du corps de six victimes recousues ensemble, a été découvert par la police dans un appartement tout près du logement de « Wolf ». Un point intrigue l’inspecteur : la main de la victime pointe justement vers la fenêtre de son appartement, il se sent donc visé.

L’ex-femme de Wolf est une journaliste sur une chaîne d’infos à sensations et elle a reçu des photos du cadavre et une liste de 6 futures victimes ainsi que les dates de leur mort… Le dernier nom étant Wolf…

C’est alors une course poursuite avec le temps, tout d’abord pour protéger les victimes potentielles mais aussi pour découvrir à qui appartiennent les parties du cadavre que les journalistes et les policiers appellent « Ragdoll » (la poupée de chiffon).

Wolf est aidé de l’inspectrice Baxter, qui l’a connu au moment où il était responsable de l’enquête sur le « tueur crématiste », elle sait donc à quel point il a été fragilisé par cette affaire et cherche à le protéger autant que lui cherche à cacher ses failles à elle.

Les enquêtes du passé et du présent sont liées, on va vite s’en rendre compte. Il y a une place très importante de la presse d’infos trash et un vrai mystère sur la capacité du tueur à frapper de façon spectaculaire sans jamais se faire prendre. On est vraiment surpris à chaque fois (quoi que… à force d’être surpris, on l’est un peu moins, non?)

Et puis, il y a toute partie que j’ai trouvé obscure et qui a son importance concernant le dénouement (en eau de boudin, au passage… Il faut savoir qu’il y a une suite : « L’appât »)… J’ai vraiment trouvé que la résolution de l’enquête, le fond même de tout cela était tiré par les cheveux (ou alors pas assez clair pour moi).

Comme vous pouvez le constater, c’est un avis en demie-teinte. Je serais vraiment intéressée par d’autres avis, n’hésitez pas à me donner le vôtre!

  chez Lou et Cryssilda

3ème ligne « animal » (= Race de chat) pour le 

Je te vois : Clare Mackintosh (lu par Marcha Van Boven)

Zoé Walker, passe beaucoup de temps le matin et le soir dans les transports en commun entre sa banlieue de Londres et son travail. Un jour, en feuilletant les petites annonces dans un journal, elle croit se reconnaître dans une photo pour une petite annonce d’un site de rencontres. Elle se reconnaît mais cela ne peut pas être elle… Ses deux enfants, de jeunes adultes qui vivent toujours avec elle, et son compagnon Simon ne semblent pas prendre cette ressemble très au sérieux.

Quelques temps plus tard, Zoé commence à paniquer quand elle reconnait une victime d’un meurtre qu’elle avait également déjà vue dans une autre petite annonce pour le même site de rencontres. Elle contacte alors la police pour leur parler de ce lien. Kelly Swift, une policière, la prend au sérieux et va essayer de trouver le lien entre ces différentes affaires.

Au-delà de l’enquête, ce thriller est surtout un roman social dans lequel on découvre une Angleterre quotidienne de la banlieue de Londres. J’ai parfaitement visualisé les lieux, j’imaginais vraiment une série policière et sociétale comme les anglais savent si bien les faire!

Les personnages qui gravitent autour de Zoé ont chacun leur histoire personnelle : Simon, son nouveau compagnon, journaliste, son fils, jeune homme qui commence juste à travailler, sa fille jeune femme aspirante actrice un peu futile qui vient de tomber amoureuse d’un metteur en scène, son ex mari chauffeur de taxi, son amie, restauratrice qui a deux cafétérias. Mais il y a aussi la policière dont la soeur jumelle a subi un viol quand elle était étudiante et qui semble avoir plus de mal à s’en remettre que la victime.

Et puis, il y a des intermèdes qui sont la voix de la personne responsable du site internet qui explique par bribes son fonctionnement tout en faisant comprendre que toutes les femmes sont potentiellement vues et suivies : « Je te vois »…

J’ai beaucoup aimé ce roman qui m’a bien emporté même si avec du recul, il y  a sans doute quelques facilités. Mais ça a été une lecture très agréable, pleine de rebondissements.

Je vous la recommande si vous aimez les thrillers ancrés dans le quotidien mais peut-être pas si vous prenez le métro tous les jours dans une grande ville 😉

 avec Sylire (Cliquez pour lire son avis)

  chez Lou et Cryssilda

Merci à 

The tidal zone (Après la fin) : Sarah Moss

Adam est père au foyer -officiellement, il est universitaire qui est sensé aussi écrire un livre sur la reconstruction de la cathédrale de Coventry. Mais il est surtout celui qui s’occupe de tout dans la maison et pour ses deux filles, Miriam, 15 ans et Rose qui est en primaire, pendant que sa femme, Emma, passe des journées extrêmement longues à travailler en tant que médecin généraliste.

Un jour, la routine de leur vie est chamboulée quand pour une raison inconnue et mystérieuse Miriam a arrêté de respirer et son coeur s’est arrêté avant d’être sauvée juste à temps… Elle va passer de longues journées à l’hôpital pour essayer d’éclaircir ce qui s’est passé dans son corps.

Mais cet événement ouvre les portes de l’angoisse des parents et plus particulièrement de Adam qui est le personnage au centre du roman. C’est une réelle rupture dans ses certitudes, il a maintenant toujours peur pour sa fille, pour ses filles et pourtant la vie doit continuer.

Cette période ouvre aussi un questionnement sur sa vie de couple, sur les ressentiments qu’il éprouve envers sa femme. Ici, les rôles sont inversés et c’est l’homme qui a le rôle du quotidien et la femme qui se perd dans le monde professionnel. D’autant plus qu’étant médecin et n’ayant pas de réponse concernant la santé de leur fille, elle ne se sent pas particulièrement utile.

Il y a aussi des retours sur le père d’Adam qui était un hippie pur produit des années 60 auprès duquel il a vécu une enfance dans une communauté sur la côte sauvage anglaise. Il y a aussi des passages entiers sur le travail de recherche d’Adam la cathédrale de Coventry après le bombardement de la deuxième guerre mondiale. Et si ces passages semblent peut-être détachés de l’histoire de base, il y a malgré tout un lien dans l’idée de se définir, de se reconstruire, de trouver sa place dans le monde à plusieurs niveaux.

Le titre anglais « The tidal zone » signifie zone de marée et cela correspond bien à mon avis à ce roman.

J’ai beaucoup aimé cette histoire qui raconte une tranche de vie d’une famille pas tout à fait ordinaire qui essaie de vivre le plus normalement possible malgré des changements.

C’est très bien écrit avec des personnages vraiment réalistes et auxquels on peut s’identifier. Je les ai trouvés tous touchants à leur manière. Je vous recommande ce roman.

 chez Antigone

  chez Lou et Cryssilda

pour ma 2ème ligne « passage du temps »

Opération Copperhead : Jean Harambat

La bande dessinée commence quand les comédiens David Niven et Peter Ustinov se retrouvent sur le tournage de « Mort sur le Nil » en 1977 (excellent film d’ailleurs 😉 )  et qu’ils se remémorent leurs souvenirs de guerre.

En effet, en 1943, les deux hommes étaient tous les deux dans l’armée anglaise. Ils travaillaient tous les deux au service cinématographique de l’armé et Niven était la star d’un film de propagande pour valoriser l’armée Britannique. Ils sont approchés par Winston Churchill pour participer à une opération de contre-espionnage. Il s’agit de trouver un sosie du général Montgomery, le général des forces alliées, afin de le montrer dans des situations qui permettraient de faire croire à Hitler que le débarquement aurait lieu dans le Sud de la France.

Ils découvrent un soldat appelé Meyrick Edward Clifton James qui ressemble beaucoup à Montgomery et qui s’amuse déjà à l’imiter et ils vont le façonner et faire en sorte qu’il devienne son double.

Pendant cette opération, David Niven tombe sous le charme d’une belle et mystérieuse femme fatale qui chante dans un cabaret et ils doivent également passer leur temps à cadrer la doublure de Monty car il tombe régulièrement dans l’alcool.

Cette BD est vraiment loufoque et amusante tout en montrant bien Londres pendant la guerre, avec le flegme Britannique qui fait que la vie continue pour les anglais malgré la guerre. Et au-delà de la guerre c’est aussi le portrait d’une époque et du monde du cinéma.

En avant propos, l’auteur annonce que « tout n’est pas entièrement vrai, mais tout n’est pas entièrement faux. » Mais l’opération « Copperhead » avec ce sosie de Montgomery elle a bien existé!

Les dessins rendent très bien l’époque avec un petit côté retro qui est parfait!

Voici un article très intéressant sur la BD.

  chez Lou et Cryssilda

  chez Stephie

Au fond de l’eau : Paula Hawkins (lu par Julien Chatelet, Clémentine Domptail, Ingrid Donnalieu, Marie-Eve Dufresne et Lola Naymark)

Julia (qui veut qu’on l’appelle Jules) revient sur les lieux de son passé douloureux quand elle a été appelée après la mort de sa soeur Nel, noyée dans la rivière qui traverse Beckford. Tout porte à croire que c’est un suicide, même si Jules, qui n’a pas vu sa soeur depuis des années, a du mal à y croire. Lena, la fille de Nel, elle, semble en être persuadée. Jules est très mal à l’aise car sa nièce de 15 ans ne semble pas affectée par la mort de sa mère, juste en colère.

Quelques mois plus tôt, la meilleure amie de Nel avait également été retrouvée noyée dans cette même rivière et la mère de la jeune fille en voulait énormément à Nel qu’elle juge responsable ou en tout cas, qu’elle accusait d’avoir influencé sa fille à cause du travail qu’elle effectuait sur l’écriture d’un livre concernant les suicides dans la rivière du village. En effet, cette rivière a été un lieu de jugement par la noyade de sorcières, dans le passé, mais également un lieux où des femmes se noyaient volontairement.

Cela avait d’ailleurs été aussi le cas de la mère du policier en charge de l’enquête, quand ce dernier était enfant.

Le roman raconte donc la vie de ce village à différentes époques puisqu’il y a aussi des retours sur l’enfance de Nel et Jules (et tout le bagage psychologique que les deux soeurs portaient depuis ce temps là et qui a façonné leurs relations) et plus loin aussi avec l’évocation d’autres femmes mortes par l’eau, et la mort de la jeune ado plus récemment.

Chaque personnage s’exprime en alternance et apporte un éclairage à ces différentes parties du récit et cela devient une enquête plus profonde qu’on aurait pu le penser.

J’ai beaucoup aimé ce roman et j’ai immédiatement pensé à la série télévisée « Broadchurch« . Je me suis dit que ce roman ferait un très bon scenario pour une quatrième série! Tous les ingrédients sont là : des histoires personnelles pour chaque villageois qui sont tous plus ou moins impliqués dans quelque chose, qui ne disent pas tout sur eux ou sur le passé. Des personnages bien définis et un personnage de policier qui arrive de l’extérieur, qui ne connait pas les tenants et les aboutissants de cette micro société et qui a un point de vue extérieur.

La version audio avec de nombreux lecteurs rend l’histoire très claire et dynamique.

Je vous recommande ce roman.

 Chez Sylire

 par Sylire (cliquez pour lire son avis)

  chez Lou et Cryssilda