Un gentleman à Moscou : Amor Towles (Lu par Thibault de Montalembert)

Résumé de l’éditeur :

« Au début des années 1920, le comte Alexandre Illitch Rostov, aristocrate impénitent, est condamné par un tribunal bolchévique à vivre en résidence surveillée dans le luxueux hôtel Metropol de Moscou, où le comte a ses habitudes, à quelques encablures du Kremlin. Acceptant joyeusement son sort, le comte Rostov hante les couloirs, salons feutrés, restaurants et salles de réception de l’hôtel, et noue des liens avec le personnel de sa prison dorée   – officiant bientôt comme serveur au prestigieux restaurant Boyarski –, des diplomates étrangers de passage – dont le comte sait obtenir les confidences à force de charme, d’esprit, et de vodka –, une belle actrice inaccessible – ou presque ­–, et côtoie les nouveaux maîtres de la Russie. Mais, plus que toute autre, c’est sa rencontre avec Nina, une fillette de neuf ans, qui bouleverse le cours de sa vie bien réglée au Metropol.
Trois décennies durant, le comte vit nombre d’aventures retranché derrière les grandes baies vitrées du Metropol, microcosme où se rejouent les bouleversements la Russie soviétique. »

Je vous donne le résumé de l’éditeur car j’ai beaucoup de mal à rassembler mes idées pour vous faire un résumé concis de ce livre qui est assez gros avec ses 17 heures d’écoute et ses 576 pages en version papier.

Je dois commencer par vous dire que je me suis un peu ennuyée sur la première moitié et qu’à la fin de la plage 35 (la moitié) j’ai évoqué l’idée d’abandonner et à la plage 36, il y a eu un rebondissement et j’ai fini ce roman avec plaisir.

La première partie m’a parue très longue et répétitive. La suite implique plus de personnages, le comte Alexandre Illitch Rostov devient plus intéressant au contact des personnes qu’il côtoie et on en apprend plus sur l’évolution de la Russie d’un point de vue politique -national et international et même quotidien (sans pour autant sortir de l’hôtel).

Mais c’est quand même dommage qu’il ait fallu la moitié d’un gros roman pour m’intéresser. En version papier, c’est certain que j’aurais abandonné mais j’audiolis en conduisant alors ça ne me donne pas autant l’impression de perdre mon temps. Je dois aussi dire que Thibault de Montalembert est un acteur dont j’aime toutes les lectures et si j’ai tenu la première partie, c’est uniquement grâce à lui.

Alors, quand viendra le moment de faire mon choix dans le classement pour le prix Audiolib je serai bien embêtée car j’ai aimé la fin mais c’est un miracle que je sois arrivée au bout de la première moitié!

Je suis curieuse d’avoir votre avis sur ce roman! Avez-vous eu aussi du mal avec le début?

 Chez Sylire

Aussi lu par Aproposdelivres, AzilisEstellecalimSandrine, Sylire qui sont aussi jurées pour le prix.

catégorie « lieu » de ma ligne audio

Joyeuses Pâques et bon Noël ! : Hubert Ben Kemoun (Billet avec Bastien)

Barnabé a 11 ans et demi et il vit comme une punition d’aller passer trois jours tout seul chez sa grand-mère qu’il n’a pas vu depuis 5 ans. Elle habite à la campagne et il ne la connait pas bien et ça ne l’enchante vraiment pas d’y être.

Sa grand-mère, elle, est ravie de le recevoir mais Barnabé se demande si elle n’est pas un peu folle quand elle lui fait une galette des rois, puis des crêpes, puis une chasse aux oeufs, Noël et même son anniversaire alors qu’aucunes de ces fêtes ne sont sensées être fêtées pendant sa visite.

Une lettre de sa grand-mère qu’il va lire à son retour lui explique pourquoi elle a voulu profiter au maximum de ces quelques jours avec lui.

Le lecteur adulte se doute bien de ce qui se passe avec toutes ces fêtes rassemblées en quelques jours et la lecture de la lettre est émouvante (je dois avouer que j’ai eu les yeux qui piquent!) mais j’ai trouvé ce roman (ou est-ce plutôt une nouvelle?) vraiment trop court, j’aurais aimé qu’il ait plus de matière : il y avait de quoi faire une belle histoire entre ce petit-fils et sa grand-mère, c’était un peu trop survolé à mon goût.

Voici l’avis de Bastien (un peu plus de 9 ans) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« C’est l’histoire d’un petit garçon qui va chez sa grand-mère qu’il ne voit que très rarement.  Mais quand il arrive, il est surpris que sa grand-mère organise toutes les grandes fêtes de l’année pendant son court séjour de 3 jours.

Ce n’est que quand il rentrera chez lui qu’il découvrira pourquoi sa grand-mère a fait cela.

Je n’ai pas trop aimé. Je n’ai pas trouvé très originale la raison du comportement étrange de la grand-mère. J’ai pas trop aimé le sujet.

Peut-être que j’ai pas réussi à m’identifier parce que je vois souvent mes grands-parents (et j’ai pas envie qu’on les voit moins souvent pour que je puisse comprendre le garçon!) »

catégorie « adjectif » de ma ligne jeunesse

 sélection CE2-CM1

Un piano pour Pavel : Mymi Doinet et Amandine Laprun (Billet avec Bastien)

Dans ce court roman, on suit une journée de Pavel, un petit garçon, orphelin, qui va commencer par jouer du piano -très bien- dans une gare, avant de prendre le train seul pour retrouver une nouvelle famille d’accueil.

L’originalité du roman vient du fait que ce n’est pas Pavel qui raconte son histoire mais les objets qu’il côtoie qui vont parler de lui, de ce qu’il fait, de ce qu’il ressent, de son passé… Que ce soit le piano, une poubelle, sa canette de boisson, une partition qui ne le quitte pas depuis le décès de ses parents…

C’est assez touchant mais j’ai trouvé ça un peu court : j’aurais aimé en savoir plus sur Pavel.

Voici l’avis de Bastien (un peu plus de 9 ans) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« C’est l’histoire de Pavel, un petit garçon orphelin à cause d’un accident. Il adore jouer du piano et part en train, seul, pour voir sa nouvelle famille d’accueil.

J’ai bien aimé qu’à chaque chapitre ce sont des objets qui parlent et qui racontent leur point de vue de l’histoire.

Je n’ai pas particulièrement aimé l’histoire mais je l’ai plus appréciée que d’autres livres des Incorruptibles. »

 sélection CE2-CM1

Mistral perdu ou les événements : Isabelle Monnin

J’avais eu un coup de coeur pour « Les gens dans l’enveloppe » de l’auteure et  Saxaoul m’avait donné envie de lire celui-ci.

Résumé de l’éditeur :

« C’est une histoire intime, deux sœurs grandissent ensemble dans la France provinciale des années 1980  ; et puis l’une meurt.
C’est une histoire politique, on croit qu’on appartient à un tout  ; et puis on ne comprend plus rien.
C’est l’histoire du je et du nous, ces deux-là s’intimident, ils se cherchent, parfois ils se trouvent  ; et puis ils se déchirent.
C’est l’histoire de valeurs, elles disent qui on est  ; et puis elles se laissent bâillonner.
C’est l’histoire d’un chanteur préféré, tendre et rebelle  ; et puis il finit par embrasser les flics.
C’est l’histoire d’un hier, où ne comptait que le futur  ; et puis des aujourd’hui, malades du passé.
C’est l’histoire d’un monde qui se croyait fort et paisible  ; et puis il réapprend la haine.
C’est l’histoire qui nous arrive  ; et puis l’impression de ne plus y arriver.
C’est une nostalgie, sans doute, mais pas seulement  : dans la mémoire de ce qui fut, demeurent peut-être les graines de ce qui renaîtra, après la catastrophe. »

*

C’est une lecture particulière car tout au long de ma lecture je n’étais pas sure si c’était un roman  ou un récit autobiographique mais au fond peu importe car c’est écrit dans un style très intéressant, avec une certaine poésie, un rythme, tout en étant ancré dans la réalité, ce qui lui donne un réel caractère littéraire.

Il y a sans doute de la réalité et de la vie personnelle de l’auteur dans cette histoire de deux sœurs qui grandissent ensemble de façon quasi fusionnelle dans une famille de gauche. Mais il y a aussi un caractère universel que ce soit dans l’époque puisqu’elle raconte la vie dans les années 70-80, les aspects culturels et politiques mais aussi tout simplement la vie quotidienne d’enfants puis de jeunes (la narratrice a mon âge à un ou deux ans près, autant vous dire que je me suis grandement identifiée dans le portrait de cette jeunesse) et puis il y a des aspects qui peuvent parler à un grand nombre quand il s’agit des relations entre les deux sœurs et le deuil.

Ce roman est à la fois réjouissant et frais avec le regard de l’enfant sur son époque, nostalgique avec le regard de l’adultes sur son passé et très émouvant quand elle évoque sa soeur car tout le long du roman on sent qu’il va se passer quelque chose et on se met à sa place quand il faut « vivre avec » ce qui arrive.

Une bonne lecture.

Petit clin d’oeil et joli hasard : quelques jours après avoir fini ce livre, j’étais au Victoria & Albert Museum à Londres et je suis tombée sur cette photographie :

 chez Antigone

catégorie « adjectif »

Les loyautés : Delphine de Vigan (Lu par Marie Bouvier, Odile Cohen et Olivier Martinaud)

J’aime beaucoup Delphine de Vigan et j’avais donc prévu de lire ce roman mais l’émission de mes copines des Bibliomaniacs m’avait complètement refroidie et j’avais décidé que je passerai mon chemin et puis Sylire, qui elle aussi avait été échaudée par l’avis des Bibliomaniacs l’a audiolu et a aimé! Alors comme Sylire et moi nous rejoignons souvent sur des lectures, je me suis laissée tenter! Et franchement, je ne regrette pas car j’ai beaucoup aimé.

Hélène est professeure de SVT dans un collège parisien et elle a remarqué un de ses élèves de 5ème qui lui semble aller mal. Elle le trouve fatigué, mal dans sa peau… Et comme c’est une ancienne enfant battue, elle est persuadée d’avoir repéré les signes chez lui de la maltraitance qu’elle a vécue aussi. Les parties qui impliquent Hélène seront l’occasion de revenir sur son passé et sur toutes les démarches qu’elle fera pour essayer de faire réagir ses collègues, l’administration et même la mère du garçon.

Théo Lubin est cet ado qui traverse ses journées au collège avec une certaine distance. Il va mal mais pas pour les raisons que soupçonne son professeur de SVT. Il s’est mis à boire, avec son copain Mathis, au collège, en cachette, comme un jeu ou un défi… en apparence… car en réalité, Théo cherche surtout à oublier sa situation familiale. Ses parents sont divorcés et sa mère fait comme si non seulement son père n’existait pas mais aussi comme si tout ce qui rattachait Théo à son père était toxique. Et surtout, son père est en train de sombrer dans une dépression profonde et cela doit rester un secret…

Mathis, le copain de Théo, sent bien qu’il y a autre chose derrière le fait qu’il boive. il le suit mais il se force un peu. Chez lui, tout va bien… Du moins en apparence… Car en réalité, Cécile, la mère de Mathis et la quatrième voix de ce roman, va mal et son couple extérieurement parfait va mal aussi. Elle ne se sent pas à sa place dans sa propre vie et elle a découvert que son mari n’était pas du tout l’homme idéal qu’elle croyait.

Ces quatre voix, ces quatre vies se croisent dans le roman et il y a beaucoup de mal-être, beaucoup d’appels au secours silencieux, de bonnes intentions qui sont mal perçues et beaucoup de silences étouffants…

Alors, un des reproches fait à ce roman, c’est que le personnage d’Hélène est caricatural et il est vrai qu’elle est montrée comme « LA » prof chevalier blanc, la seule qui se bat pour un élève et que personne n’écoute et il y  plusieurs incohérences qui concerne l’enseignement au collège qui m’ont agacées mais un prof qui s’inquiète pour un élève parce qu’il/elle sent que quelque chose cloche, ça c’est très réaliste (moi-même pendant la lecture de ce roman, je ne pouvais pas m’empêcher de penser à un certain garçon qui, je le sens, cache quelque chose mais nous en avons parlé en équipe…).

Et puis le personnage de Cécile n’était peut-être pas essentiel, peut-être que cette histoire de famille n’était pas nécessaire, il aurait peut-être fallu se resserrer sur la famille de Théo…

Mais au-delà de cela mon expérience de 20 ans d’enseignement me fait dire que ce roman est réaliste par plein d’autres aspects et j’ai été très touchée par Théo qui porte tellement de bagages et des Théo tous les profs en ont croisé un jour et tous les profs ont un jour essayé de faire quelque chose pour les aider…

J’ai trouvé dommage que le roman s’arrête de façon si abrupte (j’ai même cru qu’il me manquait des chapitres dans ma version audio…) j’aurai voulu en savoir plus, suivre encore Théo…

Pour résumer, j’ai aimé ce roman malgré ses défauts. Peut-être que ce qui a gêné certains lecteurs c’était que ce soit Delphine de Vigan qui a écrit ce roman imparfait… Ce n’est pas mon préféré d’elle mais l’histoire m’a quand même vraiment bousculée et c’est peut-être ce qui m’a fait l’audiolire sans me poser trop de questions sur le style ou la cohérence. Le choix de faire lire ce romans à quatre voix par trois lecteurs différents (les deux ado par le même acteur) a sans doute aussi joué dans mon impression positive.

 Chez Sylire

 par Mrs B : Merci!

The hate U give (THUG – La haine qu’on donne) : Angie Thomas (+ Black Lives Matter)

Un Book face!

Résumé de l’édition française (chez Nathan Traduction Nathalie Bru) : « Starr a seize ans, elle est noire et vit dans un quartier difficile, rythmé par les guerres entre gangs, la drogue et les descentes de police. Tous les jours, elle rejoint son lycée blanc situé dans une banlieue chic ; tous les jours, elle fait le grand écart entre ses deux vies, ses deux mondes. Mais tout vole en éclats le soir où son ami d’enfance Khalil est tué. Sous ses yeux, de trois balles dans le dos. Par un policier trop nerveux. Starr est la seule témoin. Et tandis que son quartier s’embrase, tandis que la police cherche à enterrer l’affaire, tandis que les gangs font pression sur elle pour qu’elle se taise, Starr va apprendre à surmonter son deuil et sa colère ; et à redresser la tête. »

Le résumé est très bon, je ne vais pas chercher à en faire un autre mais plutôt tout de suite vous donner mon avis à chaud car j’écris ce billet après avoir dévoré le roman.

C’est un roman ado mais il peut sans complexe être lu par des adultes car il est loin d’être simpliste. La vie de Starr est loin d’être manichéenne. Elle est tiraillée entre la Starr du quartier où elle a grandi, la Starr Noire et la Starr qui est éduquée dans un lycée huppé, la Starr -certes toujours Noire mais pas du « ghetto »… C’est compliqué pour elle car elle a des amis dans les deux parties de sa vie mais elle ne peut pas les rassembler…

Son père, gangster réformé est très fidèle au quartier pour des raisons idéologiques et sa mère, elle, souhaite surtout protéger ses enfants de la violence toujours latente de l’endroit où ils vivent. Starr, elle, se partage, ne voulant pas choisir…

Tout bascule lors d’un drame à la fois terrible et pourtant assez ordinaire : un policier blanc tire sur un jeune noir, sans raison, et Starr, qui était là, peut témoigner… Mais sa parole aura-t-elle assez de force pour dépasser les stéréotypes et faire passer le message qu’être jeune, Noir et vivre dans un ghetto ne sont pas des raisons suffisantes pour être assassiné par la police?

Dans ce roman, on ne fait pas l’impasse sur la violence du quartier dans le quel Starr et sa famille vivent, on n’édulcore pas la place des gangs, l’importance de la drogue et la difficulté à s’élever de sa condition sociale quand on vient de ce genre de quartier. De même, le racisme sous-jacent et souvent lié à l’ignorance est aussi évoqué et j’ai aussi trouvé cela intéressant. En effet les relations amicales et amoureuses de Starr avec les jeunes qui ne sont pas de son milieu sont aussi l’occasion pour le lecteur blanc de s’interroger sur sa vision de la situation et c’est important aussi.

J’ai beaucoup aimé ce roman, j’ai trouvé qu’il sonnait juste et qu’il était aussi instructif sur certains aspects de la vie des Afro-Américains tout en étant contrebalancé par beaucoup d’amour (dans une famille qui se serre les coudes et qui fait tout pour dépasser les difficultés et les préjugés) et aussi de l’humour. Mais surtout qui développe une certaine conscience politique/activiste.

Un très bon roman jeunesse.

Un film tiré du livre vient de sortir (je vais attendre un peu avant de le voir, mais j’essaierai de le voir pour février 2020 😉 mais d’après la bande annonce, il semble fidèle au livre.)

Dès le deuxième chapitre, Starr évoque le fait que ses parents l’ont prévenue de faire attention si elle était arrêtée par la police, d’obéir, de ne pas bouger etc… J’ai immédiatement pensé à la vidéo qui suit, qui montre des parents noirs qui parlent à leurs enfants pour les encourager à avoir confiance en eux sans se préoccuper de ce les gens disent d’eux en raison de la couleur de leur peau ou pour les mettre en garde contre des dangers propres aux Noirs aux Etats-Unis et je trouve que cette vidéo a sa place dans ce challenge :

Cette version est plus courte mais elle est sous-titrée en français :

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« THUG » : la définition de Tupack qui est au coeur du roman est expliquée ici :

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Ce roman fait évidemment tout de suite penser au mouvement « Black lives matter » et si vous ne savez pas ce que c’est, voici une vidéo qui vous en parle :

A la fin du roman, Starr fait une liste de noms qui sont concernés par son engagement et ces noms, on les retrouve aussi dans cet article qui explique aussi de façon très claire ce qu’est le mouvement Black Lives Matter :

Le mouvement Black Lives Matter expliqué en trois minutes

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Pour rester dans la thématique des émeutes raciales et des injustices liées à la police -car ce n’est pas nouveau aux Etats-Unis- j’ai préparé un billet qui revient sur Rodney King et  les émeutes de Los Angeles de 1992.

 chez Antigone

 avec Blandine et Nath Sci 

catégorie «gros mot» pour ma ligne jeunesse

Brown girl dreaming : Jacqueline Woodson

Il faut que je commence par vous dire que j’ai cherché partout et je n’ai pas trouvé trace d’une traduction de ce texte en français et ça m’a tellement choquée que j’ai écrit un mail à Stock, l’éditeur qui a publié « Un autre Brooklyn » pour leur suggérer de le faire! 😉 Ce texte a eu de nombreux prix prestigieux : le National Book Award, Newbery Honor Book, le NAACP (National Association for the Advancement of Colored People) Image Award et le Coretta Scott King Award.

Ce qui fait peut-être peur aux éditeurs français, c’est que ce texte est souvent associé à de la littérature jeunesse ou young adult et que c’est de la poésie alors j’imagine que les deux ensemble n’ont pas vraiment de public garanti mais ce n’est pas du tout cela… C’est une autobiographie en vers (libres) qui raconte la vie de Jacqueline Woodson du jour de sa naissance jusqu’à la pré-adolescence mais cela va bien au-delà de l’aspect « jeunesse ».

Ce texte, au-travers des souvenirs qui sont racontés, au-delà des anecdotes personnelles et familiales, drôles ou tristes, ce texte est une « petite » histoire des Etats-Unis, une « petite » histoire du Sud, un éclairage sur la place des Noirs aux Etats-Unis avant les mouvements pour les droits civiques et après… Il y a une vraie réflexion sur le monde qui entoure cette petite fille qui grandit au milieu du monde.

Et puis, il y a aussi la manière dont elle se situe au sein d’une famille et également, son amour de raconter des histoires qui ne la lâchera pas de toute sa vie.

Ce texte est très bien écrit, très beau et très abordable. Il est passionnant et je ne pouvais pas le lâcher. Et il plairait certainement aux adolescents comme aux adultes!

De plus, si vous avez lu « Un autre Brooklyn », « Brown girl dreaming » vous fera comprendre quelle est la part d’autobiographie dans ce roman.

Je vous propose quelques pages que j’ai particulièrement aimées et qui correspondent bien à mon African American History Month challenge. N’étant ni traductrice professionnelle, ni poète, je ne m’aventure pas à la traduire ici désolée 😉

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Une vidéo de Jacqueline Woodson qui parle de « Brown girl dreaming » (en anglais mais les sous-titres en français sont disponibles) :

Dans cette vidéo, Jacqueline Woodson lit certains passages de « Brown Girl Dreaming » (en anglais mais les sous-titres en français sont disponibles) :

Un article sur l’auteur dans Livres Hebdo.

D’autres billets chez moi sur des livres de Jacqueline Woodson (cliquez sur les couvertures pour voir mes avis) :

Et un roman jeunesse « Le garçon qui n’était pas noir » :

catégorie « couleur »

Henry et la liberté : Ellen Levine et Kadir Nelson (Illustrations)

Résumé de l’éditeur :

« Dans les années 1850, quatre millions d’esclaves vivaient aux États-Unis. Henry Brown était l’un d’entre eux. Son histoire est semblable à celle d’un grand nombre : petit, il a été séparé de ses parents afin d’être vendu à un autre maître ; adulte, sa femme et ses enfants ont subi le même sort et lui ont été arrachés. N’ayant plus rien à perdre, Henry décide de s’enfuir de l’État esclavagiste de Virginie pour gagner sa liberté. Son idée est tout simplement incroyable : il va se cacher dans une boîte et se faire poster dans l’État libre de Philadelphie. Après avoir passé 27 heures dans une caisse en bois, il parvient enfin à destination et est désormais libre !« 

Il faut tout d’abord dire que cet album est magnifiquement illustré par Nelson Kadir (dont je vous ai déjà parlé plus tôt dans le mois).

Quant à l’histoire, elle est très touchante et réaliste : on y voit bien que les êtres humains ne sont que des biens matériels qu’on peut donner à ses enfants ou vendre quand on le souhaite sans tenir compte de leurs sentiments, sans s’inquiéter de séparer les familles en vendant femmes et enfants à divers endroits… C’est terrible et poignant!

Et puis, il y a cette soif de liberté et l’évocation des abolitionnistes, Noirs et Blancs, qui luttent ensemble pour libérer des êtres humains de l’esclavage. C’est une première approche du sujet très intéressante.

Un album pour des plus grands, je dirai à partir de 8-9 ans, accompagnés, pour leur expliquer justement l’esclavage et les abolitionnistes.

Une belle découverte faite chez Mistikrak, une blogueuse que j’ai découverte cette année et qui a la particularité de parler de littérature jeunesse traitant de personnages noirs ou métisses et qui est une mine pour ceux qui cherchent des idées de lectures jeunesse pour le challenge 😉

Pour rester dans la thématique de l’esclavage, je vous renvoie aussi vers mon autre billet du jour sur la série « Racines.

Et pour poursuivre sur l’esclavage, je vous renvoie vers deux romans adultes que j’ai lus il y a quelques temps :

« Underground Railroad » de Colson Whitehead

et « No home » de Yaa Gyasi

 avec Blandine

Bluebird : Tristan Koëgel

Dans les années 40, dans le Sud des Etats-Unis, on rencontre d’abord Minnie une jeune fille noire de 13 ans qui parcourt le pays avec son père un « songster » qui chante tandis qu’elle joue de l’harmonica. Un jour, ils se retrouvent dans une plantation où les ouvriers sont traités de façon très rude par un patron qui se croit encore à l’époque de l’esclavage… Ils sont d’ailleurs « matés » par un contre-maître irlandais et son compagnon indien surnommé « Gros poings » à cause de sa force menaçante…

Minnie et son père trouvent un moment de repos auprès de Papy et les autres ouvriers, ils jouent leur musique et Minnie joue un peu à cache cache avec Elwyn, le fils du contre-maître, qui s’entraîne au violon. Ils apprennent à se connaître même si leur amitié semble impossible.

Pendant cette période, il y a aussi l’importance de la musique et notamment un homme qui vient enregistrer les chanteurs et les musiciens du cru (et cela m’a forcément fait penser à la BD « Lomax Collecteurs de Folk Songs » de Duchazeau, tirée d’une histoire vraie). Mais il y a aussi l’horreur de Ku Klux Klan qui va d’ailleurs causer la fuite de Minnie quand elle voit que son père a été massacré par les hommes encagoulés.

Puis, la parole est donnée à Elwyn, et on découvre que la situation perçue par Minnie n’était pas tout à fait celle qu’elle est vraiment car les Irlandais et l’Indien jouent des rôles et ils ne sont pas ceux que tout le monde croit. Au fil de l’histoire, ils vont d’ailleurs se révéler être de précieux alliés pour les ouvriers noirs qui vont vivre mieux petit à petit mais en secret. Le père de Minnie n’est pas mort comme elle l’avait cru mais personne ne sait où retrouver la jeune fille qui a disparu par le train de Chicago.

A Chicago, on va retrouver Minnie qui s’est fait des amis et qui mène son bonhomme de chemin en essayant d’oublier sa vie d’avant et la musique mais une rencontre avec une voisine lui redonnera envie d’espoir. Elle retrouvera par hasard un ancien du Sud devenu musicien et il lui mettra le pied à l’étrier de la chanson : elle deviendra Minnie Bluebird!

Il y a bien d’autres rebondissements (peut-être un peu trop parfois), c’est une histoire très riche et avec comme base des situations réelles avec la ségrégation, la différence entre les états du Sud et du Nord, la place de la musique. Il y a certaines exagérations et incohérences mais cela participe à l’aspect romanesque du livre. J’ai aimé les différents points de vue et l’atmosphère de ce roman et les personnages qui sont intéressants. J’ai juste moins aimé une partie qui se passe sur un bateau qui à mon avis n’apportait pas grand chose.  Une jolie histoire!

Ce livre regorge d’extraits de musique et j’avais prévu d’aller les rechercher sur internet pour en faire une playlist mais heureusement j’ai découvert qu’elle existait déjà! 

EDIT : Depuis que j’ai écrit ce billet, j’ai fini de visionner la série « Racines » et il y a un épisode où les ouvriers noirs s’allient avec un Blanc, ami avec eux, et le font passer pour quelqu’un de dur avec eux pour que le maître blanc le mette en charge de la surveillance mais dès que le maître n’est pas là, ils vivent en harmonie. Il y a donc peut-être un fond de vérité (même si dans le roman, c’est exagéré.) dans cet épisode.

 avec Nath Sci : allons voir son avis!

 catégorie « animal » de ma ligne jeunesse

Joséphine Baker : Catel et Bocquet

Résumé de l’éditeur : « Entre glamour et humanisme, la vie tumultueuse de la première star mondiale noire. 
Joséphie Baker a 20 ans quand elle débarque à Paris en 1925. En une seule nuit, la petite danseuse américaine devient l’idole des Années Folles, fascinant Picasso, Cocteau, Le Corbusier ou Simenon. Dans le parfum de liberté des années 1930, Joséphine s’impose comme la première star noire à l’échelle mondiale, de Buenos Aires à Vienne, d’Alexandrie à Londres.
Après la guerre et son engagement dans le camp de la résistance française, Joséphine décide de se vouer à la lutte contre la ségrégation raciale. La preuve par l’exemple : au cours des années 1950, dans son château des Milandes, elle adopte douze orphelins d’origines différentes, la tribu arc-en-ciel.
Elle chantera l’amour et la liberté jusqu’à son dernier souffle. » 

Josephine Baker était une petite fille née de parents danseurs et grandit d’abord auprès de sa grand-mère afro américaine et sa grand-tante amérindienne. Puis elle retourne vivre chez sa mère et sa nouvelle famille. Josephine, appelée Tumpie par son entourage, aime plus que tout danser et faire le clown et faire rire les gens. Cela lui joue des tours à l’école mais elle commence à faire des spectacles dans une cave avec une amie et elle a du succès auprès du voisinage. Elle se marie à 13 ans puis devient danseuse professionnelle et finit par partir en tournée dans tous les Etats-Unis…

Elle connait la pauvreté, les violences, misogynes ou raciales, les injustices envers les femmes et les Noirs… Elle connait aussi la joie de vivre, l’amour de la danse et des hommes… Elle est belle, talentueuse, forte et drôle.

Un jour, elle est repérée par une américaine pour participer à ce qui deviendra la célèbre « Revue Nègre » à Paris. La vie de Joséphine deviendra foisonnante de rencontres de toutes sortes de personnalités du monde de la culture des années 20. Elle voyagera dans le monde entier.

Pendant la guerre, elle s’engagera pour la liberté jouant les espionnes et les pilotes d’avion. Puis plus, elle retournera aux Etats-Unis pour montrer son soutien aux mouvements des droits civiques. Elle adoptera 12 enfants de toutes les origines, sera une amoureuse, une artiste, gagnera beaucoup d’argent, perdra beaucoup d’argent…

Quelle femme! Quelle vie! Joséphine était une femme digne d’être un personnage de roman! J’ai adoré cette BD qui m’a donné envie d’en savoir plus sur elle, moi qui ne connaissais que quelques images et quelques chansons d’elle. Elle a eu une vie fascinante et improbable et elle vaut  vraiment le coup d’être connue!

  chez Noukette

catégorie « métier » (=boulanger) pour ma ligne BD