Martin Eden : Jack London (Lu par Denis Podalydès)

Je connaissais Jack London comme un auteur classique de la littérature américaine mais plutôt orienté sur la littérature d’aventures dans les grands espaces et ce n’est pas un univers qui me tente du tout. Alors forcément, j’appréhendais un peu cette audiolecture imposée par le prix Audiolib mais ça a été une excellente surprise et j’ai vraiment beaucoup aimé ce roman qui est  très bien lu par Denis Podalydès qui devient vraiment Martin Eden.

Martin Eden est un jeune marin de milieu modeste qui un jour rencontre Ruth Morse une jeune fille d’une bonne famille bourgeoise lorsque le frère de celle-ci l’invite pour le remercier de l’avoir défendu dans une bagarre dans la rue. Il tombe immédiatement sous le charme de cette jeune femme cultivée (elle est étudiante à l’université) et élégante. Elle, de son côté, le prend sous son aile, un peu comme un projet, pour l’éduquer, le façonner. De son côté, pour lui plaire et pour entrer dans le moule de la bonne société à laquelle la jeune femme appartient, il se lance à corps perdu dans les études, dans les livres pour se cultiver et s’améliorer tant dans sa façon de s’exprimer ou de se tenir…

Et puis il découvre l’écriture. Au départ, il voit ça comme un moyen de gagner de l’argent facilement et puis il devient un passionné, un acharné de littérature. Il a vraiment développé son esprit critique et son envie d’écrire le mieux possible et d’exprimer des choses vraies et fortes est intense chez lui. Il est prêt à subir la misère en attendant d’être reconnu.

Petit à petit, l’amour naît entre Rose et Martin mais leurs différences restent grandes même si ce ne sont pas les mêmes tout au long du roman. Mais la vie de Martin a tellement évoluée, intellectuellement, qu’il ne se retrouve plus dans le monde bourgeois auquel il aspirait et il ne peut pas respecter les pseudo intellectuels formatés qu’il croise chez Rose. Il apprécie particulièrement son amitié avec Russ Brissenden un autre intellectuel avec qui il a une vraie connexion.

Jack London est homme fascinant, dans toutes son évolution au fil du roman et ce roman est passionnant pour le côté littéraire (c’est un roman parfait pour les amateurs de littérature!) et aussi pour la peinture sociale du début du 20e siècle aux Etats-Unis puisque qu’on passe des bas-fonds et la misère jusqu’à la haute société bourgeoise en passant par les milieux intellectuels un peu underground.

Un livre à découvrir!

 Chez Sylire

Des avis de co-jurées : Aproposdelivres, Sandrine, Sylire

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

Ligne animal (= un oiseau) pour le

Ça raconte Sarah : Pauline Delabroy-Allard (Lu par Clara Brajtman)

Le roman commence par une scène très touchante : une femme se couche avec son amante, Sarah, qui est clairement très malade.

Après cette première scène, on découvre l’histoire de cette femme avant qu’elle ne rencontre Sarah. C’est une jeune femme, mère célibataire, jeune professeur et qui mène une vie assez rangée. Elle est dans un entre deux, ce qu’elle appelle « en latence ». C’est à ce moment qu’elle rencontre Sarah.

Sarah est un peu son opposée : musicienne, jeune femme très libre et indépendante, ne s’occupant pas du regard des autres. Elles deviennent amies, elle apporte un nouveau souffle à la vie de la jeune femme.

Et puis, commence entre elles une relation sexuelle, une première pour les deux jeunes femmes, et à partir de là, elles entrent dans une spirale de passion dévorante, charnelle, intense, dépendante et petit à petit destructrice.

Et puis, les jeunes femmes se quittent et Sarah a un cancer du sein.

Une deuxième partie commence alors. Une fuite. La jeune femme qui est persuadée que Sarah est morte à cause d’elle, quitte tout sur un coup de tête (son travail, sa fille…) et part vivre en Italie, d’abord chez une amie puis dans l’appartement d’une connaissance… Et là, elle vit dans une sorte de délire, sans lien avec l’extérieur (elle a détruit son téléphone portable)…

Bon, je vais être franche avec vous, quelques jours après avoir terminé cette audiolecture, j’avais presque tout oublié. Si la première partie montre bien comment une passion peut être destructrice, prendre la vie des personnes concernées sans leur laisser tellement de répit, je n’ai pas du tout cru à la deuxième partie (et j’irai même jusqu’à dire que je ne l’ai pas comprise…) C’est un peu comme s’il y avait une apposition de deux romans différents, n’ayant rien à voir l’un avec l’autre… Cette partie est complètement irréaliste alors que la première partie est ancré dans une réalité à laquelle on peut s’identifier. Je me suis même demandée si c’était des faits « réels » ou un délire du personnage… Particulièrement du fait qu’elle ne s’inquiète pas du tout de sa petite fille et qu’elle n’a pas d’argent… Seul point positif de cette partie : on se promène dans les rues de Trieste en Italie…

Je ne peux pas dire que la version audio apporte quoi que ce soit (elle n’est pas mauvaise, dans mon souvenir, mais comme le reste du roman, elle ne m’a pas marquée)… Heureusement que cela ne durait que 4h40 parce que je pense que j’aurais abandonné…

Vous l’aurez compris, je ne vous recommande pas ce roman!

 Chez Sylire

Voici les avis de quelques co-jurées : Aproposdelivres, Estellecalim, Sandrine

catégorie « Lecture »

Chez Martine

Frère d’âme : David Diop (Lu par Babacar M’Baye Fall)

Résumé de l’éditeur : « Un matin de la Grande Guerre, le capitaine Armand siffle l’attaque contre l’ennemi allemand. Les soldats s’élancent. Dans leurs rangs, Alfa Ndiaye et Mademba Diop, deux tirailleurs sénégalais parmi tous ceux qui se battent alors sous le drapeau français. Quelques mètres après avoir jailli de la tranchée, Mademba tombe, blessé à mort, sous les yeux d’Alfa, son ami d’enfance, son plus que frère. Alfa se retrouve seul dans la folie du grand massacre, sa raison s’enfuit. Lui, le paysan d’Afrique, va distribuer la mort sur cette terre sans nom. Détaché de tout, y compris de lui-même, il répand sa propre violence, sème l’effroi. Au point d’effrayer ses camarades. Son évacuation à l’Arrière est le prélude à une remémoration de son passé en Afrique, tout un monde à la fois perdu et ressuscité dont la convocation fait figure d’ultime et splendide résistance à la première boucherie de l’ère moderne. »

*

Pas facile de parler de ce court roman (3h45 d’écoute) très fort. Je peux commencer par vous dire que la version audio est très bonne car le lecteur est africain et son accent, sa diction donne vraiment vie au personnage d’Alpha. De plus il ya dans le style de ce roman beaucoup de poésie apportée par des répétitions, que ce soit de mots ou de phrases et la version lue donne au texte une dimension de conte oral vraiment réussie, c’est un vrai plus (mais je ne suis pas sûre que j’aurais adhéré au texte dans sa version papier).

L’auteur raconte la guerre et l’horreur des tranchées mais aussi la place compliquée des tirailleur sénégalais qui sont utilisés presque comme des « armes humaines », là pour effrayer les ennemis, mais qui sont également déshumanisés, ne comprenant pas la langue de leur armée et ne comprenant pas ce qui se passe autour d’eux.

La guerre fait ressortir le côté obscure d’Alpha qui veut bien faire mais qui devient une sorte d’incarnation du semeur de morts que l’armée a voulu faire de lui, poussant le zèle jusqu’à devenir une sorte de collectionneur de morts.

Les divagations d’Alpha vont le faire aussi revenir sur son passé en Afrique et ce sont des passages très touchants, en totale opposition avec les parties concernant la guerre.

Il y a beaucoup de qualité à ce roman, mais le délire dans lequel le personnage d’Alpha entre dans la deuxième partie du roman m’a un peu lassée et j’ai apprécié qu’il soit court.

 Chez Sylire

Voici les avis de quelques co-jurées : Aproposdelivres, Sandrine, Sylire

 chez Blandine

Appelle-moi par ton nom / Plus tard ou jamais (Call me by your name) : André Aciman

Elio revient sur l’été de ses 17 ans dans les années 80, qu’il a passé comme tous les ans avec ses parents dans leur maison de vacances en Italie. Son père, qui est professeur d’université, accueille chaque été un assistant qui partage leur vie tout en travaillant. Cette année, c’est Oliver, un jeune universitaire de 27 ans, intelligent et nonchalant.

Très vite Elio se sent attiré par Oliver, une attirance intellectuelle et physique. Le jeune homme découvre avec cette attirance les premiers vrais émois émotionnels, sexuels, amoureux même. Ils s’observent et Elio est persuadé que rien ne pourra sortir de ce désir, Oliver le tenant à distance. Les deux hommes ont d’ailleurs des relations avec deux jeunes voisines.

Mais petit à petit, sous le soleil italien, ils se rapprochent et toute la tension sexuelle de ce premier amour, à priori impossible, prend chaire et culmine lors d’un weekend à Rome qui sera leur chant du cygne.

On suit l’evolution de leurs vies après cette parenthèse d’un été mais le coeur du récit est vraiment cette période très intense. C’est très sensuel et le fait que cette relation soit homosexuelle n’est pas une barrière pour s’identifier car tous ceux qui ont vécu un jour les affres des premières attirances, des premiers doutes et désirs et les premières fins d’histoires pourront s’y retrouver.

C’est un beau texte, plein de poésie, de chaleur, de sensualité. J’ai beaucoup aimé.

Un film a été tiré de ce roman (d’ailleurs, le livre avait été publié en France sous le titre « Plus tard ou jamais » et il est ressorti sous un nouveau titre, la traduction du titre original) mais en regardant la bande annonce, je retrouve bien l’ambiance mais je me demande bien comment toute l’introspection et les doutes et le désir d’Elio est rendu en images. Il faudra que j’essaie de le voir un jour!

 chez Antigone

Chez Martine

Eleanor Oliphant va très bien (Eleanor Oliphant is Completely Fine) : Gail Honeyman

Eleanor Oliphant a une vie bien rangée et bien réglée. Elle est extrêmement soucieuse de choisir les mots justes, s’appliquant à toujours s’exprimer le plus correctement possible et de respecter les bonnes manières. Mais Eleanor a beaucoup de mal avec les codes sociaux. Son intelligence et sa culture font qu’elle est un peu comme sortie d’une autre époque et qu’elle ne comprend pas les gens qui l’entourent, elle ne comprend pas les manières actuelles et passe à côté du second degré et des non-dits. Et pourtant, Eleanor a 30 ans et travaille dans une grande ville… Elle est à part, ne se gênant pas pour remettre les gens à leur place sans penser à mal et à être parfois trop franche. Pour ceux qui connaissent la série « The big bang theory », elle m’a fait pensé à Sheldon tout au long de ma lecture.)

Sa vie réglée comme du papier à musique depuis toujours (appartement, travail, vodka le weekend pour faire passer le temps plus vite) va être bousculée par deux événements à peu près au même moment. Lors d’une inhabituelle sortie dans un bar, elle croise le regard d’un musicien sur scène et est persuadée que c’est l’homme de sa vie et décide donc de se transformer pour aider un peu le destin, ce qui va la faire essayer de coller aux codes de féminité auxquels elle ne s’était jamais intéressée jusqu’ici (ce qui entraîne des passages vraiment drôles!)

L’autre événement se produit lorsqu’en sortant du travail avec son collègue informaticien, Raymond, elle est croise un vieil homme qui fait un malaise devant eux dans la rue et le fait d’appeler les secours va la lier à Raymond et à la victime. Pour la première fois, elle est confronté à l’empathie, aux relations humaines et sociales et elle s’aperçoit que ça lui est très agréable.

Il faut savoir aussi qu’Eleanor revient de loin. On sait certaines choses dès le début mais beaucoup d’informations sur son passé sont distillées petit à petit, l’air de rien au fil de son évolution. Elle a une importante brûlure au visage qui date de son enfance et elle a été placée en familles d’accueil mais reste en contact avec celle qu’elle appelle « mummy » en anglais (c’est à dire, le nom vraiment enfantin pour maman). Il est clair dès le début qu’il y a quelque chose dans son passé qui n’est pas dit et les transformations dans la vie d’Eleanor, que ce soit dans son fonctionnement social ou dans sa personnalité et son rapport aux autres vont lui permettre d’y voir plus clair.

Eleanor répète souvent qu’elle va très bien mais c’est un peu de l’auto persuasion mais elle finira par aller mieux!

J’ai eu un coup de coeur pour ce roman qui est à la fois drôle et sérieux : la différence, la solitude et les relations humaines dans notre société sont très importants mais ces sujets sont traités aussi avec des touches de légèreté quand il s’agit de mettre en lumière certains aspects de notre société actuelle sous le regard très candide d’Eleanor.

Il y a aussi tout une thématique autour des traumatismes de l’enfance et c’est vraiment réussi!

Je vous recommande vraiment ce roman qui n’est pas un « feel-good » mais qui très intelligemment fait qu’en le refermant on se sent bien et on a envie d’être gentil avec les gens que nous croisons!

 chez Antigone

catégorie animal (= un animal fantastique du monde de J. R. R. Tolkien)

Avec toutes mes sympathies : Olivia de Lamberterie (lu par l’auteure)


Résumé de l’éditeur : « Les mots des autres m’ont nourrie, portée, infusé leur énergie et leurs émotions. Jusqu’à la mort de mon frère, le 14 octobre 2015 à Montréal, je ne voyais pas la nécessité d’écrire. Le suicide d’Alex m’a transpercée de chagrin, m’a mise aussi dans une colère folle. Parce qu’un suicide, c’est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de se souvenir des jours heureux.
Moi, je ne voulais pas me taire.
Alex était un être flamboyant, il a eu une existence belle, pleine, passionnante, aimante et aimée. Il s’est battu contre la mélancolie, elle a gagné. Raconter son courage, dire le bonheur que j’ai eu de l’avoir comme frère, m’a semblé vital. Je ne voulais ni faire mon deuil ni céder à la désolation. Je désirais inventer une manière joyeuse d’être triste.
Les morts peuvent nous rendre plus libres, plus vivants. »

*

Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en lisant ce documentaire. Je connaissais Olivia de Lamberterie de nom (j’ai quand même participé deux fois au prix des lectrices de Elle!) et je savais qu’elle parlait de la mort de son frère mais je n’en savais pas plus.

En fait, dans ce texte, Olivia de Lamberterie parle certes de la mort de son frère qui s’est suicidé, mais elle parle surtout de leur vie ensemble, leur jeunesse, leur famille et puis aussi de la vie que l’on vit avec un frère parfois flamboyant, parfois mélancolique, avec la crainte de ce qui peut se passer à n’importe quel moment.

Après la mort de ce frère aimé, il y a alors le récit de la vie sans lui, la vie impossible à supporter… Avec finalement l’envie de revivre pour soi et pour l’être aimé…

J’ai beaucoup aimé ce témoignage qui m’a particulièrement touchée parce qu’il y a plus de 10 ans, un ami s’est suicidé et même si je n’avais pas une relation aussi proche qu’Olivia de Lamberterie avec son frère, cela a cependant réveillé des souvenirs…

Dans ce texte, il n’y a pas que le drame et le désespoir mais aussi du quotidien heureux, ordinaire, familial. Il y a aussi la vie d’Olivia de Lamberterie, la lectrice acharnée et femme du milieu littéraire ainsi que sa vie de femme. Mais jamais très loin, il y a toujours ce frère aimé et torturé.

J’ai eu un coup de coeur pour ce récit très touchant sans être voyeur, très intense et avec de l’espoir et tellement d’amour. Ce livre audio est très bien lu par l’auteure, avec beaucoup d’émotion et de pudeur. J’ai eu plusieurs fois les larmes aux yeux et j’ai même choisi d’arrêter de l’écouter à un moment car je commençais à pleurer en conduisant vers le travail…

 Chez Sylire

Voici les avis de quelques co-jurées : Aproposdelivres, Estellecalim, Meuraie, Sandrine, Sylire

La toile du monde : Antonin Varenne (Lu par Julien Defaye)

Aileen Bowman, est une journaliste américaine de trente-cinq ans, célibataire et très indépendante, au point d’en paraître suspecte aux yeux de son entourage. Fille de fermier dans un ranch, elle a grandi pratiquement à cheval et ne vit qu’en pantalon ce qui est extrêmement subversif pour son époque et quand elle débarque en France pour couvrir l’Exposition Universelle de Paris de 1900 pour le New York Tribune, elle se fait tout de suite remarquer. Elle va adopter l’utilisation de la bicyclette pour pouvoir continuer à porter ses pantalons.

Au cours de ses pérégrinations dans la ville, Aileen va se trouver mêlée au monde l’art et même devenir une muse. Elle va aussi rencontrer un ingénieur de la construction du nouveau Métropolitain. Elle est observatrice journaliste de l’Exposition Universelle mais elle écrit aussi des textes beaucoup plus littéraires et subversifs sur cette exposition, en faisant de Paris une femme  et en lui donnant la parole.

Dans sa vie privée, Aileen est aussi très libre dans ses rapports aux autres et dans sa sexualité mais elle reste aussi très seule.

J’ai aimé les aspects très artistiques et historiques du roman et le personnage d’Aileen. Je me suis plongée dans ce Paris en pleine mutation, comme la société de l’époque.

Ce roman est le troisième d’une série qui a commencé avec « Trois mille chevaux vapeur » puis « Equateur » et si on peut les lire séparément, je dois dire que la partie qui concerne la vie d’Aileen avant, aux Etats-Unis et la quête familiale qui l’a motivée à venir à Paris, m’a beaucoup moins intéressée et c’est sans doute parce que c’était en lien avec le roman précédent.  Donc, je pense que pour ceux qui n’ont pas lu « Equateur » pourront trouver quelques longueurs sur la fin. Mais globalement, j’ai bien aimé ce roman dont j’ai apprécié la version audio.

 Chez Sylire

catégorie « lieu »

Voici les avis de quelques co-jurées : Aproposdelivres, Sandrine, Sylire

Quand le requin dort : Milena Agus (Lu par Audrey D’Hulstère)

Résumé de l’éditeur : « Sardes depuis le Paléolithique supérieur, les Sevilla-Mendoza ignorent la normalité. Un père entiché de voyages lointains, une mère perdue devant la vie, une tante plongée dans des amours sans lendemain, un frère sourd à tout sauf à son piano. Celle qui décrit l’étrange et attachante ambiance familiale, avec une impassible candeur, est une adolescente engluée dans une liaison inavouable… Une liaison qu’elle cache à sa famille, où pourtant on parle d’amour et de sexe sans inhibitions. On y parle aussi de Dieu, dont on n’arrive pas à décider s’il existe ou pas. Plutôt qu’à lui, autant s’en remettre à la superstition pour affronter les dangers de l’existence. Celle-ci se déroule comme si on était dans la gueule d’un requin. Un requin qui vous enserre entre ses dents et vous empêche de vivre. On essaye d’en sortir quand il dort… Dans ce livre, le plus poignant de Milena Agus, on retrouve sa voix inimitable, capable de toutes les audaces. » 

*

J’ai audiolu ce roman en janvier et j’ai décidé de garder mon avis pour le mois Italien… Mais j’ai fait la bêtise de ne pas écrire de brouillon tout de suite après ma lecture et spontanément je ne me souvais de presque rien… Et pourtant, j’ai retrouvé un commentaire que j’avais fait au moment où je le lisais et je disais que j’aimais beaucoup et que je trouvais le roman et les personnages touchants…

La seule chose dont je me souvenais immédiatement, c’est le fait que la narratrice est une très jeune femme dans une famille un peu originale et qu’elle vit une histoire avec un homme. C’est une histoire secrète car elle est uniquement basée sur le sexe et si le résumé dit « sans inhibitions », c’est plus que cela, c’est une relation sado-masochiste dans laquelle, la jeune femme subit plus qu’autre chose mais revient toujours car elle rêve d’amour. C’est assez malsain mais pas gratuit car il y a un cheminement personnel qui en découle.

En relisant le résumé, je me souviens aussi de la mère dépressive qui ne trouve le sourire qu’en dansant avec un ancien amoureux de sa soeur, du père volage et envolé qui a laissé sa famille pour vivre ses rêves de voyages, de la tante trop jolie qui rêve d’un mari mais qui collectionne les amants, du frère qui vit dans une bulle musicale, toujours accroché à son piano. C’est une famille dysfonctionnelle par plein d’aspects et pourtant très aimante par d’autres et effectivement, je comprends pourquoi je les avais trouvés touchants

Alors, finalement, en me creusant un peu la tête pour me remémorer ce roman, même si tous les détails ne me reviennent pas,  je me souviens pourquoi j’avais aimé, je revois ces personnages que l’on voit évoluer en trébuchant dans leurs vies et je ressens encore l’ambiance, alors je vous le recommande.

 Chez Sylire

catégorie animal pour ma ligne audio

Chez Martine

Nom de code : super pouvoirs : Thomas Gunzig (Billet avec Bastien)

En Amérique du Sud, une coulée de boue vient de détruire une partie d’un village et un adolescent se fait remarquer en sauvant une petite fille coincée dans un puits alors qu’il n’avait pas d’oxygène pour rester plus de 10 mn sans respirer…

Et pour cause, c’était très facile pour lui car Hugo, Elisa et Pedro qui vivent dans le bidonville depuis qu’ils ont été recueillis bébés par leur mère adoptive ont tous les trois des particularités physiques extraordinaires : l’un n’a pas besoin de respirer, l’autre, n’a pas besoin de dormir et la dernière n’a pas besoin de manger. Jusque là, ils vivaient bien avec leurs super pouvoirs mais maintenant, ils doivent se cacher car le secret a été découvert et un homme d’affaire américain a lancé après eux un général qui vient jusqu’au village pour les menacer.

Juste avant, la femme qui les a recueillis bébés, leur a raconté la vérité sur leur naissance et leur a donné des informations sur leurs origines. Les trois amis décident de partir à l’aventure malgré les dangers pour découvrir d’où ils viennent et comprendre pourquoi ils ont ces pouvoirs.

Pour cela ils doivent entrer dans un pays qui est complètement fermé depuis un putsch militaire et qui vit sous une dictature. Sur place, ils vont être aidés par des personnes qui sont des résistants.

Cette histoire pleine d’aventures et un peu fantastique (ou scientifique) ouvre aussi les esprits des jeunes lecteurs sur des situations politiques et sociales qui existent vraiment. Il ya aussi toute une partie qui concerne une multinationale pharmaceutique et des modifications génétiques. C’est un roman assez riche et une bonne découverte.

Bastien m’a demandé s’il pouvait le lire et j’ai accepté car il n’y a qu’une scène qui pourrait ne pas « être de son âge » (quand une jeune fille rejoint un garçon dans sa chambre mais c’est très sous-entendu donc je n’ai pas pensé que ça pouvait le choquer et d’ailleurs quand je lui ai demandé s’il avait tout compris et s’il avait des questions, il m’a juste demandé si le pays avec les militaires existait vraiment) mais son niveau de lecture est un peu au-dessus de sa tranche d’âge et je conseille cette lecture plutôt à partir de 11-12 ans, mais ça pourrait plaire jusqu’à 14-16 ans.

Voici l’avis de Bastien (9 ans et demi) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« C’est l’histoire de trois enfants, Hugo, Pedro et Elisa, qui ont été adoptés par la « Vieille Dolores » et ils ont des petits super pouvoirs : Hugo ne respire pas, Pedro ne dort pas et Elisa ne mange pas.

La Vieille Dolores leur raconte qu’ils ont été trouvés avec un bracelet en cuir avec une inscription. Ils vont partir dans une aventure à la quête de leurs origines.

J’ai bien aimé ce livre car ça parle de super pouvoirs, d’aventures et d’un tas d’autres choses que j’apprécie. J’ai beaucoup aimé la façon dont c’était raconté. Je le recommanderai pas à d’autres copains de mon âge parce que je pense que moi, ça m’a plu parce que je lis plus qu’eux. Ca pourrait plaire à des collégiens.

Je trouve que c’est raconté de la même façon que Percy Jackson alors je pense que certains enfants de mon âge qui lisent Percy Jackson pourraient aimer. »

Pour le mois Belge chez Anne et Mina 

Yasmina et les mangeurs de patates : Wauter Mannaert (Billet avec Bastien)

J’avais repéré cette BD chez Mes pages versicolores et je me suis tout de suite dit qu’elle pourrait me plaire ainsi qu’à Bastien et c’était bien le cas!

Yasmina est une petite jeune fille qui adore cuisiner des légumes. Elle fait à manger tous les jours pour son père qui se donne beaucoup de mal pour joindre les deux bouts en travaillant à contre coeur dans une fritterie. Yasmina peut s’improviser chef cuisinier grâce à l’aide de Cyrille et Marco, deux jardiniers qui cultivent des jardins ouvriers dans le voisinage, en cueillant  des plantes sauvages sur le chemin de l’école ou même en volant quelques fruits et légumes dans le jardin de sa voisine qui cultive aussi son indépendance avec un certain mystère.

Mais un jour, les jardins sont rachetés par une firme industrielle de pommes de terre qui voit les choses en grand et qui inonde le marché de produits alimentaires industriels qui non seulement rendent accros les consommateurs mais qui transforment aussi leur comportement.

Avec l’aide de ses amis jardiniers, de son père et même de la voisine du dessus, Yasmina va s’engager physiquement pour rétablir la santé de ses compatriotes en essayant de contrer l’industrie agro-alimentaire dans ce qu’elle présente de pire pour rétablir les vrais aliments.

Cette bande dessinées jeunesse est vraiment réussie car elle allie de l’humour et l’aventure à des sujets d’actualité vraiment sérieux comme le pouvoir des grosses entreprises qui ne pensent qu’au profit au détriment de la santé des citoyens mais aussi une précarité d’une certaine partie de la société. Les dessins et les couleurs sont très agréables avec des cases suggérées et des pleines pages. J’ai beaucoup aimé l’ensemble.

Voici l’avis de Bastien (9 ans et demi) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« C’est l’histoire d’une petite fille qui adore cuisiner et qui prépare toujours le repas de son père qui travaille dans un magasin de frites.

Elle va voir ses voisins Cyrille et Marco qui ont des jardins mais qui sont très opposés dans leur façon de s’en occuper.

C’est alors qu’arrive une nouvelle marque de patates industrielles et que tout le monde en devient accro. Tous ceux qui en mangent ont un comportement étrange.

Yasmina, son père, Cyrille et Marco vont tout faire pour stopper cette nouvelle industrie et faire revenir les légumes bio.

J’ai adoré ce livre car 1) le titre est rigolo, 2) l’histoire parle du bio et du combat contre l’industrie, 3) il y a beaucoup d’aventure, 4) Cyrille et Marco sont très rigolos et 5) les lapins qui sont au début sont très rigolos aussi.

Je n’ai pas vraiment d’avis sur les dessins mais ils sont bien. »

catégorie végétal

Pour le mois Belge chez Anne et Mina