Reste avec moi (Stay with me) : Ayobami Adebayo

Cette histoire se passe au Nigeria dans les années 80. Au centre du roman il y a Yejide, une jeune femme, qui vit avec son mari Akin. Ils sont amoureux depuis qu’ils se sont rencontrés à l’université mais n’arrivent pas à avoir d’enfants. Au début, cela ne leur pose pas de problème, mais la culture au Nigéria fait que la belle-famille s’en mêle et impose une deuxième épouse à Atkin (ce qui est légal) pour qu’il puisse avoir une descendance.

Atkin ne semble pas s’intéresser beaucoup à cette nouvelle femme mais Yejide comprend que la seule façon de garder son homme est de tomber enceinte… Elle se tourne alors vers les traditions et les sorciers pour déjouer le sort…

Tout au long du roman, la maternité pour Yejide et Atkin, sera une quête, une lutte, une folie, un lien et une destruction… Il y a aussi tout un questionnement sur le couple, sur la communication, les mensonges, et le poids des traditions familiales dans ce pays à la culture si différente.

En arrière plan, on apprend des événements politiques qui bouleverse le pays mais c’est vraiment en filigrane, car l’histoire familiale est centrale.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman et la plume de l’auteure qui développe des thématiques très fortes et montre à quel point la place des femmes n’est pas simple dans cette société patriarcale où la reproduction d’un héritier finit par diriger la vie des femmes et des couples. C’est un vrai voyage culturel, géographique et social.

A découvrir!

 

 

 chez Antigone

Point cardinal : Léonor de Récondo

Résumé de l’éditeur Points :« Sur le parking d’un supermarché, Mathilda enlève ses habits de lumière. Sous le maquillage, il y a Laurent. Laurent est un mari, un père. Et au fond de lui, il est une femme. Se travestir quelques heures par semaine ne lui suffit plus. La vérité fait voler en éclats le quotidien avec Solange et les enfants. Laurent souffre mais sait : en dépit de tout, il deviendra celle qu’elle est à l’intérieur… »

J’ai acheté ce roman lors de ma rencontre avec Léonor de Récondo, en juin 2019, chez mes libraires, après avoir lu et aimé « Pietra Viva« , « Amours » et « Manifesto« . Tout ce que je savais, parce qu’elle l’avait dit lors de cette rencontre, c’est que c’était son premier roman contemporain qui parlait d’une femme transgenre.

J’ai recopié le résumé de l’édition que j’ai lue car il installe l’histoire et finalement, au niveau de l’intrigue, il n’y pas grand chose de plus à dire. Mais cela ne veut pas dire que le roman n’est pas riche, au contraire. C’est une histoire vraiment forte, très poignante avec un mélange de quotidien et d’ordinaire et en même temps une tourmente absolument hors du commun, que ce soit pour Laurent qui va enfin tenter de vivre selon ce qu’il /elle sait qu’il/elle est ou pour sa famille et son entourage qui vont devoir s’adapter.

C’est un très beau roman, réaliste et plein d’humanité. Ce n’est pas édulcoré et les réactions des uns et des autres ne sont pas forcément ce que l’on voudrait qu’elles soient. Et pourtant, quand Laurent devient enfin Lauren après des années à se brider, elle va enfin pouvoir se sentir libre et c’est vraiment enthousiasmant pour elle car on a aussi pu voir son mal-être dans le corps d’un homme.

Voici un roman qui montre les sentiments, les ressentis d’une personne transgenre, la lutte contre soi et la peur du regard des autres mais aussi les réactions de l’entourage et c’est très intéressant et enrichissant.

Sur le sujet de la transidentité , je vous conseille aussi « George » avec un point de vue d’un enfant et « Appelez-moi Nathan » une BD qui montre un point de vue d’adolescent.

Voici le premier chapitre qui est vraiment très bien écrit (comme le reste du roman) :

Ces deux Book Faces sont particulièrement symboliques puisque cette couverture sur un homme ou sur une femme change complètement tout en étant la même…

 chez Antigone

avec Manika

Amelia : Kimberly McCreight (lu par Laetitia Godès)

Résumé de l’éditeur : « À New York, Kate élève seule sa fille de 15 ans, Amelia. En dépit d’un rythme professionnel soutenu, elle parvient à être à l’écoute de cette adolescente intelligente et responsable, ouverte et bien dans sa peau. Très proches, elles n’ont pas de secrets l’une pour l’autre. C’est en tout cas ce que croit Kate, jusqu’à ce matin d’octobre où elle reçoit un appel de l’école. On lui demande de venir de toute urgence. Lorsqu’elle arrive, Kate se retrouve face à une cohorte d’ambulances et de voitures de police. Elle ne reverra plus jamais sa fille. Amelia a sauté du toit de l’établissement.
Désespoir et incompréhension. Pourquoi une jeune fille en apparence si épanouie a-t-elle décidé de mettre fin à ses jours ? Rongée par le chagrin et la culpabilité, Kate tente d’accepter l’inacceptable… Mais un jour, elle reçoit un SMS anonyme qui remet tout en question : « Amelia n’a pas sauté. »
Obsédée par cette révélation, Kate s’immisce alors dans la vie privée de sa fille et réalise bientôt qu’elle ne la connaissait pas si bien qu’elle le pensait. À travers les SMS, les mails d’Amelia, les réseaux sociaux, elle va tenter de reconstruire la vie de son enfant afin de comprendre qui elle était vraiment et ce qui l’a poussée à monter sur le toit ce jour-là. La réalité qui l’attend sera beaucoup plus sombre que tout ce qu’elle avait pu imaginer. »

*

Je recopie le résumé car il place bien le début de l’histoire. On va donc revenir en arrière sur l’histoire d’Amelia au travers de ce que sa mère va découvrir sur elle et on va suivre Kate dans sa quête de ce qui est réellement arrivé à sa fille.

Amelia vivait avec sa mère célibataire et il ne lui manquait rien dans la vie à part le fait qu’elle voulait savoir qui était son père, mais sa mère gardait ce secret.

Amelia est une lycéenne de 15 ans à « Grace Hall » un lycée privé assez chic. Elle est très proche de sa meilleure amie Sylvia même si les deux filles sont très différentes, Sylvia étant beaucoup plus délurée qu’Amelia qui elle était une jeune fille plutôt sage.

Sa vie bascule quand elle est sollicitée dans le plus grand secret par un « club » de filles. Officiellement, les « fraternités » et « sororités », ces groupes d’étudiants qui existent dans toutes les facs américaines, sont interdites au lycée Grace Hall mais, comme tous les interdits, certains les bousculent et Amelia se retrouve presque malgré elle et dans le plus grand secret (vis à vis de sa mère, bien sûr, mais aussi de Sylvia), à suivre les directives des cheffes du groupe « Les Magpies »… Cela commence avec du bizutage presque bon enfant et Amelia envisage d’arrêter mais d’une part, elle ressent pour la première fois une attirance sentimentale et physique pour l’une des membres du groupe et d’autre part, elle ne sait plus comment partir sans risquer les ennuis pour elle ou son amie Sylvia… Plus tard, on découvre que les petits jeux se transforment en quelque chose de beaucoup plus effrayant…

La seule personne à qui elle dit tout, c’est un garçon qu’elle n’a jamais rencontré dans la vraie vie mais à qui elle peut tout dire par sms et par mail…

J’ai bien aimé cette histoire qui fait froid dans le dos et qui montre bien la difficulté à trouver sa place en tant qu’adolescent dans la micro société que peut être un lycée. On constate aussi la difficulté des parents à garder le contact avec ses ados et aux ados de savoir jusqu’où ils peuvent communiquer avec leurs parents. C’est très addictif, on a envie de découvrir comme Kate ce qui s’est vraiment passé. On apprend des choses de tous les côtés, des choses que les divers personnages ne savent pas tous. Il y a des rebondissements et des révélations… Un bon page turner (même si en audio, le terme est moins parlant 😉

Je me suis vraiment demandé si ce roman était un roman « adulte » ou « young adult » mais je pense que c’est lié au fait que la version audio est lue par une actrice à la voix très jeune et qui rend bien la façon de s’exprimer très américaine des jeunes filles du roman. Mais c’est à mon avis un roman qui peut être lu dès 14-15 ans.

par Mrs B : Merci!

 Chez Sylire

catégorie « Prénom » de ma ligne « audio »

La guerre de Catherine : Julia Billet et Claire Fauvel

Résumé de l’éditeur : « 1941. Rachel étudie à l’internat de la maison de Sèvres, où ses parents l’ont placée par sécurité. Elle y noue de belles amitiés mais y découvre surtout sa passion, la photographie. Bientôt, les lois contre les Juifs s’intensifient, il n’y a plus de sécurité nulle part en zone occupée. Un réseau de résistants organise la fuite des enfants juifs. Du jour au lendemain, ils quittent tout et doivent oublier, le temps de la guerre, tout de leur vie d’avant, à commencer par leurs prénoms. Rachel devient Catherine. Raconte, lui intiment ses professeurs en l’envoyant sur les routes de la zone libre, un appareil photo à la main. C’est ainsi que nous découvrons le quotidien d’une adolescente juive dans la guerre, ses rencontres, ses peurs mais aussi les quelques moments de répit et de grâce que lui offrira son art. »

*

Cette bande dessinée revient sur le temps de la guerre en abordant des sujets très sérieux comme l’occupation pendant la 2e guerre mondiale, la place des Juifs dans la France occupée, la séparation des familles, la fuite et les secrets liés à la vie cachée pour survivre mais avec le point de vue d’une enfant.

On suit Catherine, qui grandit et devient une adolescente. Il y a donc cet aspect en plus de la Grande Histoire : le regard à la fois innocent et mature de la jeune fille qui traverse la guerre en étant à la fois fragile et aussi forte quand elle doit prendre sous son aile une autre petite fille mais aussi la jeune amoureuse et la photographe qui aiguise son regard pour témoigner de ce qu’elle voit.

Un très bon album pour les 12 ans et plus je pense.

Repéré chez Saxaoul.

catégorie « prénom » de ma ligne BD

Le dompteur de lions (Tome 9) : Camilla Läckberg (lu par Jean-Christophe Lebert)

Je suis les aventures d’Erika Falk depuis que j’ai lu le premier tome pour le prix de ELLE 2009 qui faisait parti de mes premier billets sur le blog alors c’est une série qui a une saveur particulière pour moi! J’essaie d’espacer un peu pour ne pas me lasser et j’en lis presque un par an.

Comme d’habitude il y a une enquête menée par le commissariat de Fjällbacka avec Patrik Hedström et en parallèle, il y a aussi une partie autour d’Erica Falck, et également des passages qui se passent dans le passé et qui semblent coupés du reste de l’histoire.

Ici l’enquête à proprement parler commence quand une toute jeune fille qui avait disparu depuis des mois réapparaît seule dans la campagne et se fait tuer dans un accident dans la route. L’autopsie révèle qu’elle a subit de terribles mutilations aux yeux, à la langue et aux oreilles. Les enquêteurs s’intéressent alors à d’autres cas de jeunes filles ayant disparu pour vérifier s’il y a des points communs et en espérant pouvoir les sauver.

Erika quant à elle est en train de faire ses recherches pour son prochain livre. Elle rencontre régulièrement une femme qui est internée après avoir été condamnée pour l’assassinat de son mari. Quand son mari a été trouvé mort, les policiers avaient aussi trouvé leur fille de 7 ans enchaînée à la cave. Ses enfants ont ensuite été placés, dans une famille d’accueil pour la petite fille martyre et chez sa grand-mère pour le petit garçon. La femme ne se livre pas à Erika et pourtant, on sait qu’elle a des coupures de journaux concernant les disparitions des jeunes filles dans ses affaires.

L’histoire appartenant au passé nous raconte la fille d’une jeune femme qui rencontre un dompteur de lion, en tombe amoureuse et se marie et a d’abord une petite fille… Elle s’aperçoit très vite que sa fille a un problème …

En plus des histoires qui se croisent et s’entremêlent, il y a aussi les histoires du quotidien de Fjällbacka , les histoires personnelles des autres membres de l’équipe et la vie de famille d’Erika et Patrick avec leurs enfants et aussi les malheurs d’Anna, la soeur d’Erika…

En toute franchise j’ai bien aimé ce roman comme on aime retrouver une série et des personnages qu’on connait depuis longtemps mais malgré tout ce n’est certainement pas mon préféré. J’ai trouvé que certains aspects étaient un peu trop évidents, d’autres trop tirés par les cheveux et les parties qui concernent les personnages récurrents sont parfois un peu trop répétitifs (en particulier Anna… qui collectionne vraiment les problèmes alors que tout réussit à Erika…) Bref, un roman à découvrir pour des vacances (ou en audio, c’est très bien aussi!) quand on a suivi la série.

La série d’Erika Falck :

La princesse des glaces (Tome 1) 

Le prédicateur (Tome 2)

Le tailleur de pierre (Tome 3)

L’oiseau de mauvais augure (Tome 4)

L’enfant allemand (Tome 5)

La Sirène (Tome 6)

Le gardien de phare (Tome 7)

La Faiseuse d’anges (Tome 8)

 Chez Sylire

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

 chez Cryssilda (Suède)

Selfies (T7) : Jussi Adler-Olsen (Lu par Julien Chatelet)

Ce roman est la 7ème enquête du Département V (un service qui doit résoudre les « cold cases ») de Carl Mørck, Assad et Rose après « Miséricorde », « Profanation » et « Délivrance » , « Dossier 64 » et « L’effet papillon » et « Promesse ».

Je ne sais sincèrement pas comment commencer ce billet et ce que je dois dire pour ne pas dévoiler trop de choses car dans ce roman, il y a plusieurs trames qui vont avoir le département V comme point commun…

Tout d’abord, Rose, l’un des membres du département qui au fil de la série s’est montrée assez fragile psychologiquement par moments, traverse une très mauvaise passe et cela va beaucoup perturber Carl et Assad, ses collègues et amis. Pour l’aider à surpasser ses traumatismes de l’enfance, ils vont mener une enquête sur son passé.

Il y a aussi une vieille dame qui a été retrouvée morte assassinée dans un parc et cette mort va rappeler à l’ancien parton de Carl une enquête non élucidée alors le département V va rechercher des informations sur le cas de l’assassinat d’une institutrice dans le passé et comparer avec le cas récent.

D’autre part, une assistante sociale perd pied et ne supportant plus les jeunes femmes, immorales écervelées assistées dont elle doit s’occuper elle décide de venger la société toute entière en les tuant une à une…

Je ne vais pas en dire plus mais juste ajouter que si au début on a l’impression d’avoir une grosse pelote de fils emmêlés, il s’avère que l’équipe du département V va démêler tout cela et que finalement, il y aura plus d’une affaire non résolue qui va trouver une solution, une découverte en entraînant une autre!

J’ai bien aimé cette histoire et j’ai été particulièrement touchée par l’histoire de Rose qui est touchante ainsi que l’amitié que lui portent Carl et Assad.

La version audio est toujours aussi agréable à écouter

  Chez Sylire

 chez Cryssilda (Danemark) 

Indésirable : Yrsa Sigurðardóttir

J’ai acheté ce roman suite à la rencontre avec l’auteure en novembre l’an dernier car j’avais beaucoup aimé son roman « ADN« .

Le rythme de ce roman est beaucoup plus lent, il ne faut pas s’attendre à un polar mais plus à un roman noir et j’avoue qu’il fait parfois même un peu peur car il y a des passages où le fantastique n’est pas loin sans que l’ont sache -comme les personnages du roman- s’il y a des fantômes ou s’ils sont en train de perdre la tête…

Deux histoires s’alternent. Au présent, on suit, Óðinn un père qui depuis peu élève seul sa fille après la mort de la mère de la petite. Dans le cadre de son travail, il doit prendre le relais d’une collègue qui vient de mourir et enquêter sur la gestion d’un foyer de jeunes dans lequel deux garçons sont morts dans les années 70.

Les parties concernant le passé se situent à Krókur, le foyer de jeunes, avec comme personnage central Aldis, la très jeune bonne qui s’occupe du ménage et de la cuisine du lieu. Elle se lie avec un des jeunes hommes, plus âgé que les autres et très mystérieux. Dans le foyer, il y a d’ailleurs beaucoup de mystères et l’ambiance est assez inquiétante, oppressante, même.

Óðinn doit revenir sur le passé pour chercher à savoir si la mort de ces deux garçons est liée à de mauvais traitements. Il fait des recherches et cela complète ce que le lecteur connait avec le point de vue de Aldis.

En parallèle de son travail, Óðinn doit faire aussi face à la mort de son ex-femme qui est morte défenestrée et si jusque-là, il avait accepté l’idée que c’était un accident, il commence à s’interroger sur la possibilité que la vérité soit autre… Il se pose la question sur sa part de responsabilité et aussi sur ce que sa fille de 11 ans a pu voir et les angoisses qu’elle doit supporter maintenant et l’impression que des esprits viennent lui rendre visite aussi…

L’ambiance est vraiment angoissante et c’est très réussi!

 chez Antigone

 chez Cryssilda

Les filles du Nord : Mélody Gornet

Madison est une toute jeune adulte qui vient faire ses études à Édimbourg. Elle se tient à l’écart des autres, se réfugie dans son jeu de cartes avec lequel elle fait des patiences et s’enferme dans ses pensées assez torturées et obscures …

A son arrivée en Ecosse, elle rencontre Fern, une étudiante franco-écossaise pleine d’assurance et son ami écossais Arbor qui est un peu son opposé, très calme et discret. Ils arrivent, chacun à leur manière à créer du lien avec Madison mais la jeune fille ne les laisse pas facilement entrer dans son univers. Elle a une vie intérieure très intense mais surtout très perturbée car si elle est partie de France c’est parce qu’elle fuyait quelque chose. Un amour contrarié, un mal-être profond…

Et pourtant, par son enthousiasme et sa passion pour l’histoire de la ville, Fern entraîne Madison dans son sillage et la fait entrer sans ses délires mystico-historiques et lui fait rencontrer des gens de la vraie vie alors qu’elle a tendance à se réfugier dans le monde imaginaire qu’elle a créé dans lequel elle ne « fréquente » que les personnages de son jeu de cartes.

Alors, je ne peux pas dire que je suis emballée par ce roman et pourtant, je l’ai lu jusqu’au bout. J’ai été un peu perturbée par les alternances de récits de la vraie vie, où Madison vit à Édimbourg et de monde imaginaire de Madison dans sa tête avec les personnages de jeu de cartes… J’ai trouvé cela assez artificiel et m’a un peu perdue et j’ai mis du temps à entrer dans l’histoire à cause de cela.

En écrivant mon billet, je me rends compte que ce roman, s’il se laisse lire manque quand même d’épaisseur dans son contenu et que j’ai presque tout oublié quelques jours après l’avoir fini… J’ai trouvé que les parties se passant en Ecosse manquaient de réalisme et que les personnages étaient assez lisses et presque caricaturaux, la trame assez convenue… La seule chose qui m’a tenue, était que je voulais savoir ce qui avait perturbé Madison… Je suis passée à côté…

Merci à   et aux Editions Thierry Magnier

Entre Dieu et moi, c’est fini : Katarina Mazetti

Résumé de l’éditeur : « Linnea a seize ans, plein de complexes, et pas mal de questions qui lui trottent dans la tête. La seule qui la comprenait, c’était Pia. Sa meilleure amie, son amie pour la vie. Enfin, pour cent vingt jours, « sans compter les week-ends », Linnea a fait le calcul une fois. Maintenant que Pia est morte.

Avec Pia, elle pouvait parler de tout : de l’amour, de la mode, de Markus, le beau gosse dont toutes les filles rêvent, de son père qu’elle voit deux fois par an, de sa mère qui a une liaison tumultueuse. Et de Dieu. Qu’est-ce que ça signifie « croire en Dieu »? Car ce n’est pas exactement la même chose que le père Noël. Une chose est sûre, ce n’est pas la peine de compter sur Dieu pour résoudre les équations du second degré.

Seulement, voilà, Pia s’est jetée sous un train. Alors, Linnea se souvient, puisque comme dit son excentrique grand-mère, « pour pouvoir oublier quelque chose, il faut d’abord bien s’en souvenir « .

*

Pour commencer, je dois vous dire que le classement en « roman adulte » ou « roman jeunesse » pour ce livre ne va pas forcément de soi. Moi je l’ai trouvé dans le rayon « grands ados » de la médiathèque et j’ai vu qu’il était considéré comme un des ouvrages jeunesse de l’auteur (qui écrit pour les jeunes et pour les adultes). Certains, le voient plutôt pour les adultes mais personnellement, j’ai absolument eu l’impression de lire un roman jeunesse du fait du sujet et de la manière dont sont dépeints les personnages et leurs pensées. Mais tout cela est subjectif! On pourrait dire qu’il est entre les deux, autant pour les jeunes adultes que les adultes plus âgés 😉

Ensuite, je dois ajouter que c’est le premier tome d’une trilogie mais personnellement, je n’ai pas eu envie de poursuivre la série. Mais je dois dire que j’ai trouvé les couvertures de la collection Babel vraiment belles :

J’ai recopié le résumé de l’éditeur car il est très complet et parce que même si j’écris mon billet assez peu de temps après l’avoir lu et que le roman est très court, je dois avouer que je ne me souvenais déjà plus des détails.

Ce qu’il me reste c’est une impression assez mitigée de conversations entre des adolescentes, comme on a pu en avoir mille quand on était soi-même ado, un peu philosophique (de bazar) avec des réflexions sur la famille, sur l’amour et sur Dieu (enfin, non, moi je n’ai pas le souvenir d’avoir autant pensé à Dieu que ces deux jeunes filles…). J’ai trouvé que les dialogues manquaient beaucoup de naturel. Est-ce dû au passage par la traduction ou est-ce que l’auteur qui n’a pas su se mettre à la place de jeunes filles de 15 ans? Je ne pourrais pas le dire (si quelqu’un l’a lu en suédois et a eu la même impression que moi…)

Alors oui, le sujet est touchant : Alinéa a eu une histoire d’amitié brève mais intense, comme elle aurait pu avoir une passion amoureuse, comme on peut avoir des attachements passionnés à l’adolescence et cette amitié est rendue dramatique par le fait que son amie Pia soit morte. Mais pour être franche, je n’ai pas été touchée par Alinéa que j’ai trouvé souvent assez autocentrée (très ado, quoi 😉

Je pense que ce roman pourra plaire aux jeunes filles de 14-17 ans car elles auront sans doute l’impression qu’on les considère comme des adules avec ce texte. Moi, il ne m’a pas particulièrement plu.

 chez Cryssilda (Suède)

Caché dans la maison des fous : Didier Daeninckx

Résumé de l’éditeur Bruno Doucey : « 1943, asile de fous de Saint-Alban en Lozère. Deux psychiatres organisent la résistance à l’embrigadement des fous et à leur négation. L’un, Tosquelles, a fui l’Espagne franquiste ; l’autre, Bonnafé, communiste, est un ami des surréalistes. Ils cachent les résistants blessés de la région. Ils y accueillent une jeune fille juive résistante, Denise Glaser, en même temps que le poète Paul Éluard et sa compagne Nusch. Éluard y passe huit mois, avec cette double menace de l’enfermement des êtres et de l’enfermement du monde dans la barbarie, cette double résistance à la normalité et à la folie. Dans cet hôpital, où l’on favorise le surgissement de ce que l’on nommera plus tard l’art brut, le poète-résistant découvre, sous le regard fasciné de Denise, comment la parole des « fous » garantit la parole des poètes. Une plongée vertigineuse à laquelle nous convie Didier Daeninckx. »

*

J’ai découvert « Caché dans la maison des fous » lors de la rencontre avec Didier Daeninckx où il nous avait parlé de la genèse de ce court roman et de l’importance pour lui de la poésie, de la psychiatrie et de l’art qu’il a voulu évoquer dans son texte.

Pas facile de raconter cette histoire car c’est un texte court mais très intense et très riche et c’est pour cela que je vous recopie le résumé car il est très complet et que ce n’est pas l’essentiel.

C’est un roman qui permet en filigrane de parler de personnes qui ont sauvé d’autres personnes en les cachant pour les protéger des persecutions dues à des croyances politiques ou religieuses en ces temps de guerre mais aussi montrer une vraie bienveillance envers les « fous », les patients de cet asile où les médecins et les soignants essaient de les traiter le mieux possible pour qu’ils ne meurent pas de faim comme dans tant d’autres establishments mais aussi leur apporter de l’art, de l’art brut.

Une jolie découverte que je vous recommande.

 chez Antigone