Enfant de salaud : Sorj Chalandon

Sorj Chalandon est un de mes auteurs préférés et j’ai lu tous ses romans (je les lis sans même savoir de quoi ils parlent) et j’ai assisté à plusieurs rencontres avec lui. J’avais un peu moins aimé son dernier roman car je n’y avais pas retrouvé tout à fait le style que j’aimais mais j’ai beaucoup aimé celui-ci.

Dans « Profession du père« , Sorj Chalandon racontait l’histoire de son père mythomane et dans ce roman, il explore à nouveau le passé de son père en se concentrant sur la période de la deuxième guerre mondiale.

Le narrateur est journaliste qui couvre le procès de Klaus Barbie et cela coïncide avec sa découverte du dossier judiciaire de son père qui a été condamné à la fin de la guerre. Il est totalement bousculé par ce qu’il découvre car cela confirme ce que son grand père avait dit un jour alors qu’il était enfant : «Ton père portait l’uniforme allemand. Tu es un enfant de salaud !  »

Mais au-delà de cette découverte, au-delà de la trahison au pays, il y a la réalisation que son père a traversé la période de la guerre en changeant de camps sans arrêt et surtout qu’il a passé sa vie à mentir et qu’il continue. Ce que le narrateur ne supporte pas, ce n’est pas tant la trahison que le mensonge.

Le procès de Klaus Barbie est un arrière plan très émouvant et le narrateur, en invitant son père à y assister, espérait que cela reveille la conscience de ce dernier.

J’ai aimé ce roman pour le côté historique et romanesque mais aussi parce que c’est une histoire de relation père-fils et de recherche de liens. Et c’est d’autant plus touchant que c’est l’histoire de Sorj Chanlandon et de son père.

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est ACtC-3fhpD91oVu8DxcNteNlndYaeakSrcL6hOqDvO7E0giRHJkfA--gJGZ7lvg-LCqi-lO-zlFlwBijcrql3K9L1RZZ6Inc4sMiAaw8mpHpK-hNF8NT5dnGU120FqhaCXUfZV4UDRFCo21XBiD-mBPI9qc2mw=w223-h226-no

Catégorie être humain

Le père, La mère, Le fils : Florian Zeller

Je suis allée voir le film « The Father » réalisé par Florian Zeller avec Anthony Hopkins qui a eu l’Oscar du meilleur scenario adapté et meilleur acteur (totalement mérité, Anthony Hopkins est incroyable dedans!) et j’ai été bouleversée par cette histoire.

Mon amie Mrs B avec qui j’avais vu le film m’a conseillé de lire la pièce de théâtre « Le fils » de Florian Zeller et ma collègue Catherine m’a prêté ce recueil de 3 pièces de théâtre. Curieusement, l’éditeur n’a pas choisi de mettre ces textes dans l’ordre de création des pièces mais cela passe bien. Je les ai lues dans l’ordre proposé.

le père

Résumé de l’éditeur : « Le père (création septembre 2012, théâtre Hébertot) : André, âgé de 88 ans est encore réactif pour son âge mais présente les premiers signes d’une maladie qui pourrait bien faire penser à la maladie d’Alzheimer. Il a pour fille Anne qui l’aime et ne cherche que son bien et sa protection. Mais l’avance de la maladie est inexorable. Nous assistons alors à la dégénérescence progressive de cet homme, au désarroi de sa famille et au manque de communication croissant avec l’avancée de sa perte de mémoire. Tout disparait petit à petit, les décors, les repères, les bonheurs familiaux… On assiste impuissant à sa déchéance et à ses derniers moments de lucidité. »

J’ai commencé par la pièce que je connaissais grâce au film dont je me souvenais très bien et pendant ma lecture, je voyais les acteurs (tous excellents) et la mise en scène du film (très originale). J’ai eu un coup de coeur pour l’écriture et l’histoire mais je me demandais si la lecture de cette pièce aurait été si évidente si je n’avait pas vu le film avant. En effet, l’auteur fait vivre la perte de repères de cet homme qui perd la mémoire en jouant sur les personnages censés être les mêmes pour André mais qui sont d’autres personnes et des lieux qui changent un peu.

J’ai été vraiment très touchée par cette histoire car mon père est à peine plus jeune que le père dans cette histoire (et en plus je m’appelle Anne!) alors forcément ça m’a particulièrement parlé.

*

La mère

Résumé de l’éditeur : « La mère (création 2010, Théâtre de Paris) : la pièce raconte la douleur et la solitude d’Anne, qui voit ses enfants partir et se retrouve toute seule dans sa maison. La narration n’est pas linéaire, et le lecteur est invité à parcourir un labyrinthe, qui est celui des pensées du personnage égaré de la mère. Quand on a tout donné pour sa famille, comment survivre lorsque celle-ci n’existe quasiment plus ? Anne erre seule dans son appartement aux murs gris et trompe l’angoisse entre alcool et médicaments. Son quotidien devient brumeux. Entre deux scènes présentées sous différents angles le lecteur, lui aussi perdu dans les vapeurs des rêves et des divagations de cette femme si touchante, ne sait plus exactement ce qui est réel et ce qui ne l’est pas.« 

J’ai beaucoup moins aimé cette pièce. J’ai eu beaucoup de mal avec le style car je n’arrivais pas à savoir si c’était censé être drôle (certains passages sont assez absurdes) ou pathétique. C’est finalement assez dramatique mais j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages.

*

le fils

Résumé de l’éditeur : « Le fils (création février 2018, Comédie des Champs-Élysées) : Nicolas a 17 ans et vit chez sa mère, Anne. Son père, Pierre, vient d’avoir un enfant avec sa nouvelle compagne, Sofia. Anne informe Pierre que leur fils, adolescent dépressif, n’est plus allé au lycée depuis trois mois.
Pierre discute alors avec Nicolas qui demande à venir vivre avec Sofia et lui. Pierre accepte, le change de lycée et va mettre en oeuvre tout ce qui lui est possible pour redonner le goût de vivre à son fils. Mais le père est confronté aux pulsions suicidaires de son fils qui perd pied.
Sa survie n’est plus désormais que prostration, automutilation et accusations culpabilisantes envers son géniteur.
« 

Cette pièce est très touchante car elle montre vraiment le désespoir d’un jeune homme, lycéen, dépressif et suicidaire et la difficulté pour les parents de l’accompagner et de supporter cette situation.

*

par ma collègue C.

Florida : Olivier Bourdeaut

« Ma mère s’emmerdait, elle m’a transformée en poupée. Elle a joué avec sa poupée pendant quelques années et la poupée en a eu assez. Elle s’est vengée. »

La quatrième de couverture est assez concise et mystérieuse et c’est très bien comme ça! Je ne savais pas grand chose de cette histoire avant de la commencer à part que le début parle de concours de « mini-Miss » et je vais essayer de ne pas en dire trop.

C’est donc l’histoire d’une jeune femme qui revient sur sa jeunesse. Elle a été exploitée par sa mère qui s’est servie de son image pour briller en faisant de sa fille une bête de concours de mini-Miss. Dans une famille assez dysfonctionnelle (mère obsessionnelle, père transparent), la jeune fille se cherche et fini par se mettre en rupture avec sa vie d’avant de nombreuses manières, le plus souvent en passant par des transformations physiques.

En effet, son identité est toujours associée à son corps que ce soit dans l’opposition à l’image de la perfection attendue par sa mère ou par l’exploitation de cette image parfaite ou dans la création d’un nouveau corps qui deviendrait son propre projet artistique, jusqu’à la destruction

Je reste vague pour ne pas déflorer les différentes étapes que traverse cette jeune femme mais c’est un roman que j’ai apprécié, très psychologique sur la place du corps dans dans la construction de l’identité. C’est assez noir.

Mais si j’ai un bémol sur ce roman, c’est assez étrange, mais même si cela se passe en Floride et je n’arrivais pas à y croire, pendant ma lecture, j’avais tout le temps l’impression que ça se passait dans le nord de la France… Il manquait pour moi un peu d’authenticité. Mais ce n’est qu’un détail d’ambiance, j’ai aimé le reste du roman!

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est ACtC-3d6rytwO6_YaN4XNK57cBkQG8O_BoE9kXGelqL8PHLEJwZBnjGgAPTCvUKQ0Y3hBdRL3M1cwtk1USs4XCp2pK5-jF71ZD4DXUpZf1bw1B7V2IWPVZNqJmoXaNzfuScjbpDr61DoBnUbpCCIzoz52eBh=w250-h372-no

Hamnet : Maggie O’Farrell (Lu par Sarah Biasini)

Résumé de l’éditeur : « Un jour d’été 1596, dans la campagne anglaise, une petite fille tombe gravement malade. Son frère jumeau, Hamnet, part chercher de l’aide car aucun de leurs parents n’est à la maison… Agnes, leur mère, n’est pourtant pas loin, en train de cueillir des herbes médicinales dans les champs alentour ; leur père est à Londres pour son travail ; tous deux inconscients de cette maladie, de cette ombre qui plane sur leur famille et menace de tout engloutir. Porté par une écriture d’une beauté inouïe, ce nouveau roman de Maggie O’Farrell est la bouleversante histoire d’un frère et d’une sœur unis par un lien indéfectible, celle d’un couple atypique marqué par un deuil impossible. C’est aussi l’histoire d’une maladie  » pestilentielle  » qui se diffuse sur tout le continent. Mais c’est avant tout une magnifique histoire d’amour et le tendre portrait d’un petit garçon oublié par l’Histoire, qui inspira pourtant à son père, William Shakespeare, sa pièce la plus célèbre. »

*

Cette histoire est celle de la famille de William Shakespeare au travers des derniers jours de son fils Hamnet, c’est toute l’histoire de sa famille qui nous est racontée et la vie quotidienne de l’Angleterre du 16e siècle. William Shakespeare, appelé tour à tour le frère aîné, le fils aîné, le père, le mari mais jamais par son nom, est pourtant au centre de cette histoire.

Hamnet, voit sa soeur jumelle tomber malade de « la pestilence » mais ce n’est pas elle qui va en succomber et cette période qui va entourer la mort du garçon va être l’occasion pour Agnès, la mère d’Hamnet (Anne Hathaway), de revenir sur le passé : sa rencontre avec le père de ses enfants, les relations entre le jeune homme et ses parents, le deuil impossible après la mort d’Hamnet, la vie à Stratford si différente de la vie de son mari à Londres…

Mais si le roman s’appelle Hamnet et que Shakespeare est en filigrane partout dans l’histoire, le personnage principal est en réalité Agnès, la mère, l’épouse, l’étrange femme. Elle est montrée un peu comme une « sorcière », une femme qui dès son plus jeune âge a hérité des connaissances sur la nature et les plantes de sa mère décédée. Elle sait soigner par les plantes et elle sent les choses et a des visions. C’est un personnage vraiment intéressant et riche. Et malgré ses connaissances, malgré ses « pouvoirs », elle est cueillie par le malheur de la perte d’un enfant et ces passages sont vraiment très touchants.

Le deuil est d’ailleurs un autre sujet du roman et la manière dont le mère et le père le vivent différemment est aussi bien amené.

Au-dela du récit, ce roman est aussi un roman historique : on y découvre la vie dans la petite ville de Stratford mais aussi de Londres au 16e siècle (et personnellement, le fait d’avoir visité la maison de Shakespeare et le cottage d’Anne Hathaway a rendu ce roman encore plus vivant pour moi car je voyais vraiment bien les lieux) ainsi que le mode de vie de cette époque.

J’ai beaucoup aimé ce roman que j’ai trouvé très bien lu et je ne peux que vous le recommander!

Maggie O’Farrell est une autrice que j’aime beaucoup et d’elle j’ai déjà lu « L’étrange disparition de Esme Lennox« , « Cette main qui a pris la mienne« , « En cas de forte chaleur« , « Quand tu es parti » et « Assez de bleu dans le ciel« . 

MERCI!
Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est ACtC-3dwI4-S4Mvr263HOKAuen0fgGLEjoufB0UN_QsIplAiA_cNyW9f94dWwLCa-C-vEIfWoMpJetuSIzNdit5Dyss672cityfVcNPEOTlobNhMH8B1D23bX5CMVIBlvjwBHX-c5LzWoW2-pp2PaRI_-JR0Tg=w285-h217-no
Catégorie prénom

Au risque des ténèbres (The Risk of Darkness) : Susan Hill

Résumé de l’éditeur français : « Où rôdent les hommes avait laissé l’inspecteur Simon Serrailler d’humeur sombre : son enquête piétinait. Après des semaines d’une traque sinistre, toujours aucune trace du petit David Angus, disparu sur le chemin de l’école… Dans Au risque des ténèbres, il renoue avec l’action. L’inspecteur trouve enfin la bonne piste qui le conduit jusqu’à une femme, Edwina. Mais qui est vraiment cette serial killer sans mobile, sans pathologie et sans antécédents ? Le geste d’un meurtrier d’enfants reste-t-il toujours un mystère ? »

*

J’ai acheté ce livre dans un « charity shop » d’occasion, sans savoir de quoi il s’agissait vraiment et j’ai compris en le commençant que c’était le 3e tome d’une série avec le même policier dans la même ville mais en réalité cela ne m’a pas gêné car les anciennes affaires, que ce soit policières ou familiales, sont évoquées assez clairement pour que l’on devine.

Sans rentrer dans les détails de cette histoire policière, il y est question d’un ravisseur d’enfants mais en réalité au-delà de l’enquête sur qui, quand et pourquoi, c’est plus la psychologie de ceux qui gravitent autour de cette criminelle qui compte : la mère dans le déni, la voisine inconsciente, les policiers décontenancés par ce personnage…

Mais ce n’est pas le seul point policier du roman (et c’est aussi assez appréciable car souvent dans la littérature policière, on a l’impression qu’une seule affaire occupe toute une brigade), il y a des problèmes de délinquance, mais aussi une personne paraissant plutôt normale qui bascule dans la folie…

Et puis, des histoires autour de la vie privée de l’inspecteur Serailler : ses histoires d’amour, sa soeur, ses parents ainsi que d’autres personnages. J’ai apprécié qu’on vive avec eux, qu’on les suive dans leurs doutes et leurs imperfections.

Enfin, ce qui aurait pu m’agacer mais qui finalement allait bien avec l’esprit du roman assez réaliste : on n’a pas réponse à tout… Peut-être en saura-t-on plus dans un prochain tome mais si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave car cela ressemble à la vraie vie… Parfois on doit continuer d’avancer sans avoir toutes les réponses.

J’ai donc beaucoup aimé, le style et l’histoire et je serai contente de retrouver l’inspecteur Simon Serailler, dans les tomes précédents ou suivants!

Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est ACtC-3fhpD91oVu8DxcNteNlndYaeakSrcL6hOqDvO7E0giRHJkfA--gJGZ7lvg-LCqi-lO-zlFlwBijcrql3K9L1RZZ6Inc4sMiAaw8mpHpK-hNF8NT5dnGU120FqhaCXUfZV4UDRFCo21XBiD-mBPI9qc2mw=w223-h226-no
Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est ACtC-3ceiWdUkBO8GsF9I0G9QHtXEDqS9_SEEWhNbXqoL-OGoc2kQiKr9efDGCRy6lbDyJA5o7QD2r3DZieOmIRcEDRksYm1vySkoZMoUdCmFJZqoXo0oRQWJR_9KsdWHkvnd4297ntf4i1i8avMlZT0z4Xi=s150-no
Chez Antigone
Cette image a un attribut alt vide ; le nom du fichier est ACtC-3cDmmo-8u3_uJz8_gmb9Y9lMP606JcZCWE1TPLzVjIBo2pqTxldQ_q53B6FnkMc0ebCXzZuTa8DMjG2UI-jzs8lQP9CVtESzCfYXuXb7Jcgc0bL-Qu_AOFUf1ZEz-bg0RP2--ZqCx-6NCIL-MDRgIYA=w400-h226-no

Seule en sa demeure : Cécile Coulon (lu par Rachel Arditi)

De Cécile Coulon, j’ai lu et aimé « Le coeur du pélican« , « Petit éloge du jogging« , « Trois saisons d’orage » et « Une bête au paradis« . Et j’ai donc eu envie de découvrir son dernier roman avant même d’avoir lu le moindre avis dessus!

Pas facile de résumer ce roman … Je n’aime pas trop ce qui est dit dans la 4e de couverture (que ce soit celle de la version papier ou de la version audio).

On devine que l’histoire se passe au 19e siècle dans une région proche de la nature, pas loin de la Suisse. Aimée est une jeune femme de 18 ans qui va épouser sans amour le riche propriétaire terrien Candre Marchère. Il est veuf et sans enfant, cultivé et très solitaire, très croyant et froid et Aimée ne sait pas trop comment vivre auprès lui. Il n’est pas facile pour elle de se faire une place dans la maison avec Henria, la domestique qui a élevé Candre après la mort de sa mère, en même temps que son fils Angelin, qui vit encore avec eux, comme une ombre silencieuse.

Aimé qui a été élevée par un père militaire et une mère austère avec un cousin fantasque et un peu rustre, ne commence à se sentir bien dans sa nouvelle vie que lorsqu’elle prend des cours de musique avec Emeline qui vient exprès de Suisse.

Mais des questions se posent sur la disparition de la première femme de Candre et l’ambiance va devenir de plus en plus pesante…

Ce roman est vraiment un roman d’ambiance qui s’épaissit de plus en plus. On commence comme un roman du 19e avec ce mariage dans la bonne société et petit à petit on glisse vers un côté presque gothique teinté d’enquête pour finir dans un roman psychologique. Il y a toute une part de sensualité et de noirceur.

J’ai vraiment aimé ce roman, j’ai trouvé qu’il était très équilibré dans le récit et la langue est vraiment belle. J’ai aussi aimé la version audio.

MERCI!

Rien n’est noir : Claire Berest

Résumé de l’éditeur : « « À force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter. Mais qui a envie de vivre abrité des orages? Et tout ça n’est pas triste, mi amor, parce que rien n’est noir, absolument rien.
Frida parle haut et fort, avec son corps fracassé par un accident de bus et ses manières excessives d’inviter la muerte et la vida dans chacun de ses gestes. Elle jure comme un charretier, boit des trempées de tequila, et elle ne voit pas où est le problème. Elle aime les manifestations politiques, mettre des fleurs dans les cheveux, parler de sexe crûment, et les fêtes à réveiller les squelettes. Et elle peint.
Frida aime par-dessus tout Diego, le peintre le plus célèbre du Mexique, son crapaud insatiable, fatal séducteur, qui couvre les murs de fresques gigantesques.» »

*

Je ne connais pas vraiment Frida Kahlo, je reconnais son visage et certains de ses tableaux les plus connus mais je ne suis pas une fan. J’appréhendais un peu ma lecture car je suis rarement réceptive aux biographies romancées et c’est ce que ce roman est mais j’appréhendais aussi car la majorité des gens qui l’ont lus avaient aimé…

Ma lecture avait bien commencé car j’étais plutôt intéressée par l’histoire de la jeune Frida Kahlo, jeune femme passionnée qui doit surmonter un terrible accident qui va façonner toute sa vie et sa relation passionnelle avec Diego Riviera artiste de renom au Mexique, plus âgé qu’elle et avec qui elle va se marier et vivre une vie intense mais instable.

Mais je vais être honnête et vous dire qu’à partir de la moitié, quand le couple va aux Etats-Unis,  j’ai commencé à m’ennuyer et j’ai fini par lire la fin en diagonale, je n’arrivais plus à m’intéresser à leurs histoires de couple répétitives. J’ai trouvé aussi un peu dommage qu’il n’y ait pas plus d’informations sur le travail de Frida Kahlo (d’ailleurs, j’ai lu la version brochée et je pense que ça aurait été vraiment un plus d’avoir des reproductions des tableaux évoqués dans le livre).

Par contre, j’ai aimé le style empreint de poésie.

L’avis de Sylire qui m’avait donné envie (même si personnellement je n’ai pas réussi à lire la version audio car je n’aimais pas du tout la manière dont il était lu par l’autrice).

Pour en savoir plus sur la vie de Frida Kahlo (et voir certaines de ses oeuvres) et sur le couple.

2020
Catégorie couleur

L’étranger dans la maison : Shari Lapena (lu par Odile Cohen)

Tom rentre un jour du travail pour trouver sa maison vite, sa femme est partie sans prendre son sac à main ou son téléphone et sans fermer la porte à clé. Inquiet, il appelle ses amies puis la police. Et pourtant, quand des policiers viennent chez lui, ils ne sont même pas au courant de son coup de téléphone car ils venaient le prévenir que Karen était à l’hôpital après avoir eu un accident de voiture suite à une conduite trop rapide. Elle est en vie mais a perdu la mémoire et ne se souvient pas de la raison de sa présence dans ce quartier malfamé où elle n’avait aucune raison d’être ni de la raison de sa panique à quitter la maison.

Plus tard, un cadavre est retrouvé dans le même secteur de l’accident de Karen et la police s’interroge alors s’il y a un lien entre les deux événements.

Karen ne retrouve pas tout de suite la mémoire mais elle se souvient que depuis quelques temps elle avait le sentiment que quelqu’un rentrait chez eux et bougeait des choses. Pourtant, elle n’a rien dit, ni à son mari, ni à la voisine, une amie proche.

L’enquête et le récit montrent que tous les protagonistes ont des secrets qu’ils se cachent mutuellement et qui montre que le vernis de ce quartier tranquille se fendille et que tout n’est pas si lisse.

J’ai passé un bon moment de lecture même si avec du recul je dois reconnaître que j’ai trouvé que les ficelles étaient peut-être peu grosses et que je ne garderai sans doute pas cette histoire longtemps en tête mais la version audio est réussie.

De cette autrice j’ai aussi lu « Le couple d’à côté ».

par Mrs B
Canada

L’hôtel de verre : Emily St John Mandel

Je ne sais pas comment vous parler de ce livre que j’ai aimé mais qui est bien compliqué à résumer… Tout d’abord, je dois dire que j’avais beaucoup aimé Station Eleven de l’autrice mais ce roman est très différent. J’ai acheté ce roman après avoir écouté une émission des Bibliomaniacs mais au moment de le lire je me souvenais surtout que la trame du roman était basée sur un personnage qui était une version romancée de Bernard Madoff l’escroc qui avait fait scandale dans le monde de la finance.

Le début du roman m’a un peu désarçonnée car c’est un peu un patchwork d’informations, nous présentant des personnages différents, avec des allers-retours dans le passé et on ne voit pas tout de suite les liens entre toutes ces informations.

Au bout de la page 140 et la 2e partie, le rythme s’accélère et on rentre dans le vif du sujet sur l’escroquerie et on retrouve les personnages déjà croisés et le puzzle prend forme. La construction reste originale avec des sortes de regroupements de thématiques plutôt que juste chronologiques.

J’ai beaucoup aimé ce roman qui creuse la psychologie de personnages très différents et finalement l’aspect financier n’est qu’un prétexte pour étudier la nature humaine.

Canada

The quality of silence : Rosamund Lupton

L’histoire se déroule en Alaska où Yasmin et sa fille Ruby, viennent d’Angleterre pour retrouver leur mari et père, Matt, un réalisateur de documentaires animaliers qui est venu étudier la faune dans le nord de l’Alaska en hiver.

Le village où Matt logeait vient d’être complétement détruit pas un incendie et la police est certaine qu’il est mort. Yasmin n’accepte pas cette information et décide d’essayer de le retrouver mais c’est très compliqué car seuls les camions qui rejoignent les plateformes pétrolières peuvent rouler sur ces routes glacées.

Elle réussit à trouver quelqu’un qui l’emmène, elle et sa fille de 10 ans, mais elles vont devoir se débrouiller toutes seules dans une situation particulièrement hostile tout d’abord par les conditions naturelles qui les entourent : le froid et la nuit permanente, accentuées par une tempête mais aussi parce qu’elles doivent subir des menaces humaines et se retrouvent dans une sorte de course poursuite de l’extrême.

Le récit raconte donc cette aventure et est entrecoupée de souvenir de Yasmin dans sa relation avec son mari et des interventions de sa fille Ruby.

Voici pour la base de l’histoire mais ce que je n’ai pas dit et qui est le plus intéressant et touchant dans ce roman c’est que Ruby, la petite fille, est sourde profonde et il y a vraiment toute une dimension psychologique et l’histoire apporte un éclairage vraiment enrichissant sur la vie d’une personne sourde (qui plus est une enfant).

Enfin, il y a aussi tout un côté écologique et économique qui est traité par l’opposition entre les entreprises qui exploitent les plateformes de fracking et les nations autochtones et la nature.

Mes reserves sur ce roman seraient sur le côté invraisemblable de la fuite que Yasmin et Ruby entreprennent en conduisant un camion monstrueux dans des conditions qui nécessiteraient j’imagine une formation spécifique…

Mais malgré cela, j’ai vraiment bien accroché à ce roman qui malheureusement n’est pas traduit à ce jour.

par ma maman