Né d’aucune femme : Franck Bouysse (lu par Simon Duprez et Cachou Kirsch)

La première chose que je voudrai dire c’est que j’ai vu ce roman classé en catégorie « polar » plusieurs fois, notamment dans des prix, comme le prix des lectrices de Elle qu’il a gagné dans cette catégorie et je ne suis pas du tout d’accord avec ce choix. C’est un roman sombre, noir, parfois dur mais ce n’est pas un polar…

Je n’ai pas envie d’en dire trop car si j’avais entendu de bons échos de ce roman, je n’avais rien lu dessus, donc je l’ai commencé l’esprit très ouvert et j’ai envie de vous laisser le découvrir comme moi.

Je vais juste vous dire qu’un prêtre va découvrir le journal d’une femme dans un asile et y lire son témoignage sur une vie de malheurs. C’était une jeune fille qui aura été abandonnée et brisée, utilisée et qui a haï et aimé et qui a tout perdu… Il est question de famille , de filiation, de maternité. Il y a de la cruauté terrible et de l’amour qui ne se dit pas. Il y a du désespoir, des regrets et de l’espoir.

C’est un roman dur mais c’est avant tout un très beau roman, avec des personnages vraiment bien écrits. J’ai vraiment aimé cette histoire qui se passe un peu hors du temps, il est difficile de le situer, il a un côté intemporel : ça pourrait être au moyen âge, ça pourrait être dans les années 50, ça pourrait être aujourd’hui tant les thèmes traités et les personnages décrits sont quasiment universels.

J’ai aussi beaucoup aimé le style et la place que prend la nature dans le récit et la grande humanité que l’on découvre dans des situations assez inhumaines.

La version audio est excellente!

Chez Sylire

Merci à


Catégorie « polar » 2019

Manifesto : Léonor de Récondo (Lu par l’autrice et Jacques Chaussepied)

J’ai entendu parlé de ce roman lors de ma rencontre avec l’autrice quand elle nous a dit qu’elle venait juste d’enregistrer sa partie de Manifesto pour Audiolib alors j’attendais avec impatience la sortie du livre audio car j’avais beaucoup aimé sa lecture de Amours.

C’est un roman en partie autobiographique et en partie imaginaire puisque Léonor de Récondo raconte la dernière nuit de son père qu’elle a passée avec lui et sa mère à l’hôpital et qu’elle croise avec des conversations imaginaires entre son père Félix et « Ernesto » Hemingway.

Les passages très personnels sur les derniers instants avec son père sont très touchants par leur réalisme et par l’émotion que l’on peut imaginer vivre soi-même et ils sont aussi l’occasion de se remémorer son père, l’artiste, l’homme curieux et intéressé par toutes sortes de choses. Les passages de conversations entre les deux hommes âgés sont l’occasion d’avoir un regard plus large sur la vie de Félix, comme son enfance, l’exil d’Espagne, la guerre et l’art, en faisant des parallèles entre les souvenirs de Félix et ceux d’Ernesto.

J’ai beaucoup aimé ce roman que j’ai trouvé plein de vie avec les personnages d’Ernesto et Félix qui sont des hommes qui ont remplis leurs vies d’expériences et de sensations, artistiques et humaines et c’est aussi un texte plein de douceur et d’émotions filiales avec le regard que pose Léonor, la fille adulte, sur ce père mourant mais aussi le regard de Léonor, petite fille, sur son père dans ses souvenirs.

Je ne sais pas si c’est parce que mes propres parents ont l’âge du père de l’autrice que cela m’a particulièrement touchée mais je pense que cela peut toucher tout le monde. J’ai trouvé que l’idée de mêler la « vraie vie » et ces conversations imaginaires était très originale et apportait vraiment une dimension littéraire et que cette partie appartenant à la fiction permettait aussi d’apporter une vision presque historique à la vie de son père.

Au niveau de la version audio, c’est Léonor de Récondo qui lit les parties qui se passent à l’hôpital et Jacques Chaussepied qui lit les parties de Ernesto et Félix et c’est vraiment bien, cela apporte un rythme très musical à cette audiolecture.

Pour en savoir plus sur ce que Léonor de Récondo dit elle-même de ce roman, vous pouvez aller lire la partie « Manifesto » dans ce billet!

Chez Sylire

avec Sylire : Allons voir son avis!

Merci à

La disparition de Josef Mengele : Olivier Guez (Lu par l’auteur)

Résumé de l’éditeur : « 1949 : Josef Mengele arrive en Argentine.
Caché derrière divers pseudonymes, l’ancien médecin tortionnaire à Auschwitz croit pouvoir s’inventer une nouvelle vie à Buenos Aires. L’Argentine de Perón est bienveillante, le monde entier veut oublier les crimes nazis. Mais la traque reprend et le médecin SS doit s’enfuir au Paraguay puis au Brésil. Son errance de planque en planque, déguisé et rongé par l’angoisse, ne connaîtra plus de répit… jusqu’à sa mort mystérieuse sur une plage en 1979.
Comment le médecin SS a-t-il pu passer entre les mailles du filet, trente ans durant ?
La Disparition de Josef Mengele est une plongée inouïe au coeur des ténèbres. Anciens nazis, agents du Mossad, femmes cupides et dictateurs d’opérette évoluent dans un monde corrompu par le fanatisme, la realpolitik, l’argent et l’ambition. Voici l’odyssée dantesque de Josef Mengele en Amérique du Sud. Le roman-vrai de sa cavale après-guerre. »

*

J’avais offert ce roman à L’Homme car il aime beaucoup les romans basés sur des faits réels. J’ai essayé de le lire mais je n’ai pas du tout réussi à rentrer dedans, quelque chose me gênait dans le côté froid et très factuel de cette histoire. Et puis l’avis de Sylire qui l’a lu en audio m’a donné envie de lui donner une deuxième chance. J’avais un peu peur car il est lu par l’auteur et ce n’est pas toujours une réussite mais là, c’est très bien passé!

Je ne vais pas vous en dire plus que le résumé de l’éditeur mais ce que j’ai aimé dans ce roman c’est ce qui m’avait rebuté à ma première lecture (oui, je suis contradictoire, j’avoue) c’est à dire le côté froid et factuel. En effet, Josef Mengele ne montre pas de regrets et il est montré comme quelqu’un qui cherche à échapper à son passé à moindre frais, plein de mépris pour tous.

C’est quelqu’un qui est montré comme un être assez médiocre qui se sent supérieur et c’est sans doute proche de la réalité. Il a réussi à échapper à tout et quand il a des cas de conscience c’est plus parce qu’il estime ne pas avoir assez profité de sa vie que pour des regrets sur ses actions de tortionnaire car il est montré en permanence persuadé d’avoir fait ce qu’il fallait pour son pays.

Ce n’est pas une lecture facile car que ce soit le personnage odieux de Josef Mengele ou la manière dont les pays dans lesquels il a vécu pendant son exil l’ont accueillis font froid dans le dos.

C’est donc un roman historique mais aussi un roman qui raconte l’histoire d’un homme somme toute assez ordinaire, d’une froideur glauque.

Pendant mon audiolecture, je me demandais comment l’auteur avait vécu son écriture de ce roman, comment il avait supporté de « penser comme Josef Mengele » et l’entretien avec l’auteur à la fin du livre est en cela intéressante.

J’ai beaucoup apprécié cette audiolecture.

 Chez Sylire

prêté par Sylire (son avis en cliquant sur son nom) : Merci!

Trois saisons d’orage : Cécile Coulon

Résumé de l’éditeur : « Les Fontaines. Une pierre cassée au milieu d’un pays qui s’en fiche. Un morceau du monde qui dérive, porté par les vents et les orages. Une île au milieu d’une terre abrupte. Je connais les histoires de ce village, mais une seule les rassemble toutes. Elle doit être entendue. L’histoire d’André, de son fils Benedict, de sa petite-fille, Bérangère. Une famille de médecins. Celle de Maxime, de son fils Valère, et de ses vaches. Une famille de paysans. Et au milieu, une maison. Ou ce qu’il en reste.
Trois générations confrontées à l’Histoire et au fol orgueil des hommes ayant oublié la permanence hiératique de la nature.
Saga portée par la fureur et la passion, Trois Saisons d’orage peint une vision de la seconde partie du XXe siècle placée sous le signe de la fable antique. Les Trois-Gueules, « forteresse de falaises réputée infranchissable », où elle prend racine, sont un espace où le temps est distordu, un lieu qui se resserre à mesure que le monde, autour, s’étend. Si elles happent, régulièrement, un enfant au bord de leurs pics, noient un vieillard dans leurs torrents, écrasent quelques ouvriers sous les chutes de leurs pierres, les villageois n’y peuvent rien ; mais ils l’acceptent, car le reste du temps, elles sont l’antichambre du paradis.
Cécile Coulon renoue ici avec ses thèmes de prédilection – la campagne opposée à la ville, la lutte sans merci entre l’homme et la nature –, qui sont les battements de cœur du très grand succès que fut Le Roi n’a pas sommeil (Éd. Viviane Hamy, 2012). »

*

Je n’ai pas envie de chercher à résumer ce roman et ce que l’éditeur en dit est suffisant : c’est une saga familiale dans une campagne isolée en pleine évolution. Il y a une grande place faite à la puissance de la nature et aux relations familiales et aux relations humaines en général ainsi qu’un portrait tout en opposition de la campagne et la ville.

J’ai aimé ces personnages, j’ai aimé leurs forces, leurs failles, leurs doutes et leur assurance… J’ai aimé cette nature qui est un personnage à part entière du roman…

Mais ce qui m’a surtout énormément plu c’est la plume de Cécile Coulon : j’ai trouvé une poésie dans son texte, une écriture à la fois réaliste et tellement belle… Pour moi, ses mots coulent de source, ils sont évidents et  dès la première page je me suis dit « ça, c’est de l’écriture poétique! »

Je ne suis pas très explicite dans mon envie de vous donner envie mais je peux juste ajouter que je me suis attachée à chacun des personnages et j’avais envie de voir les paysages où ils évoluent et même si cette saga familiale est assez courte au vue du nombre de pages, elle nous fait aussi voyager dans une société en pleine évolution.

Et puis le style!

Je vous recommande vraiment ce roman!

L’Homme à Noël : Merci!

 chez Antigone

Le parfum Histoire d’un meurtrier : Pattrick Süskind (Lu par François Berland)

Résumé de l’éditeur : « Au XVIIIème siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus horribles de son époque.
Il s’appelait Jean-Baptiste Grenouille.
Sa naissance, son enfance furent épouvantables et tout autre que lui n’aurait pas survécu.
Mais Grenouille n’avait besoin que d’un minimum de nourriture et de vêtements, et son âme n’avait besoin de rien. Or ce monstre de Grenouille avait un don, ou plutôt un nez unique au monde, et il entendait bien devenir, même par les moyens les plus atroces, le Dieu tout-puissant de l’univers, car « qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le cœur des hommes ».
C’est son histoire abominable… et drolatique, qui nous est racontée dans Le Parfum, un best-seller mondial. »

*

J’avais lu ce roman quand j’étais au lycée et je me souvenais très vaguement de l’histoire mais j’avais le souvenir d’un très bon roman (c’est loin le lycée pour moi!). Quand j’ai repéré le livre audio à la médiathèque, je me suis dit que ce serait  l’occasion de le relire autrement (car je n’aime pas trop relire les livres en version papier mais en audio, ça me plait!)

Ce roman raconte la vie d’un être hors du commun né au 18e siècle dans des conditions d’une terrible pauvreté et qui va d’abord être passé de mains en mains. Il a une particularité qu’une nourrice a remarqué : il ne sent rien, aucune odeur, ni bonne ni mauvaise et cela a pour conséquence qu’il grandit au mieux en passant inaperçu, au pire en mettant les gens mal à l’aise par cette drôle d’impression qui vient de cette absence d’existence olfactive.

Les odeurs sont pourtant particulièrement importantes pour Grenouille car lui, est capable de tout sentir, d’une manière extrêmement précise. Il collectionne d’ailleurs en quelque sorte les odeurs et parfums, les meilleurs comme les pires et se construit à leur contact. Il est capable de reconnaître des parfums que le nez humain ne distingues normalement pas.

Un jour, il est attiré par une odeur qui lui semble la meilleure au monde et découvre que c’est celle dégagée par une jeune fille rousse. Désirant plus que tout posséder ce parfum, il tue la jeune fille mais ne vit que dans le souvenir de cette odeur qu’il veut retrouver.

Il réussit à rejoindre la boutique du célèbre parfumeur Giuseppe Baldini où il apprend toutes les techniques possibles pour fabriquer des parfums. Plus tard, il va fuir le monde et vivre une période d’ermite où il fuit les odeurs des hommes et vit très mal son absence d’odeur.

Il reprend donc la route pour aller à Grasse où il commence à travailler chez un autre parfumeur et c’est à Grasse qu’il va retrouver une nouvelle jeune fille rousse qui exhale le même parfum que celle de Paris. Il va alors préparer sa capture de ce parfum de façon plus durable en devenant un meurtrier de jeunes femmes en attendant de pouvoir accomplir son meurtre ultime, celui qui lui permettra de recréer LE parfum.

Cette histoire est un conte qui nous emmène à la fois dans une âme noire mais dans le monde des sensations par les odeurs et les parfums, il se termine d’ailleurs par une scène très onirique de débauche sensuelle totalement décadente!  Jean-Baptiste Grenouille est un être torturé qui n’arrive pas à vivre avec les autres et qui ne ressent aucune empathie pour les autres, les femmes qu’il tue n’étant que des véhicules de parfums.

Un roman que je suis très contente d’avoir relu, je l’ai trouvé très fort!

La version audio est lue de façon assez théâtralisée mais elle passe très bien!

 Chez Sylire

 

No et moi : Delphine de Vigan (lu par Lola Naymark)

Lou est une adolescente très mature pour son âge, elle est surdouée mais en même temps elle est en décalage avec le reste du monde qui l’entoure. Elle a des petites manies, comme des listes et des collections et elle a un regard à la fois très fin et très curieux sur le monde. Elle peine à se faire une place dans sa famille avec une mère depressive qui ne semble plus voir sa fille après la mort de la petite soeur et un père qui essaie malgré tout de maintenir un semblant d’ordinaire. Elle est en avance à l’école et ne se reconnait pas parmi les lycéens qui l’entourent et pourtant, elle est attirée par Lucas, le bad boy torturé de la classe.
Un jour, par défi, et par peur lorsqu’elle doit faire un exposé sociologique, elle décide d’interviewer une jeune SDF. De fil en aiguille, elle va apprendre à connaître No, cette jeune fille qui vit une vie à mille lieues de la sienne. Elle va « l’apprivoiser », No va se laisser approcher et laisser entrer Lou dans sa vie. Et cette relation, leur amitié leur apportera à toutes les deux. Elles s’accompagneront mutuellement, avec l’aide de Lucas. Auprès de No, tout le monde va évoluer, que ce soit Lou et Lucas et même les parents de Lou.
Mais est-ce que No peut vraiment rester dans la société, en est-elle capable?
Un joli roman d’initiation et de partage. Une belle relation et de beaux personnages dans cet âge de transition qu’est l’adolescence.
Dans cette version audio, la lectrice, à la voix jeune, porte très bien le personnage de Lou.
Je vous le recommande.

Une joie féroce : Sorj Chalandon

L’histoire est celle de Jeanne, une femme qui approche de la quarantaine, une femme assez discrète qui vit avec Matt, un homme froid et distant. Ils ont une vie assez banale même s’ils ont aussi du mal à se relever de la mort de leur enfant. Et puis, Jeanne apprend qu’elle a un cancer du sein et elle va devoir changer, s’élever et le cancer sera le point de départ. D’abord un choc qui l’anéantit, elle doit en plus subir l’éloignement égoïste de son mari.

Pendant cette période de soins, Jeanne va faire la connaissance de Brigitte une autre malade qui est pleine de vie et de vitalité. Elle va la bousculer, la pousser dans ses retranchements, la soutenir, lui donner la force de se relever. Grâce à elle, Jeanne décide de se battre. J’ai été touchée par ces passages sur l’évolution du personnage qui grandit en passant par toutes sortes de sentiments.

Avec Brigitte, il y a sa compagne Assia et une autre malade, la jeune Mélody. Les quatre femmes vivent alors ensemble et le combat contre la maladie et leur rapport perturbé à la maternité vont les rapprocher. Et c’est alors que leur histoire va basculer dans un autre combat et le roman va changer de ton et d’atmosphère.

En effet, elles vont devenir une bande de criminelles et vont risquer gros pour une bonne cause, en tout cas une cause qui a du sens pour elles, une cause qui parle à leur « sororité », à leur maternité… Le roman devient alors plus un roman noir de gangsters improvisés. Et même si le ton est moins subtil et la situation assez irréaliste, on veut savoir comment cela va tourner.

Et puis, la fin nous montre que les transformations des unes et des autres auront un impact sur le long terme. Jeanne ne sera plus jamais la même, elle est plus forte et cela grâce à toutes ces rencontres, tous ses drames qui, au lieu de l’écraser, l’ont faite grandir.

Si vous suivez ce blog depuis un moment, vous n’êtes pas sans savoir que je suis une « sorjette », c’est à dire une grande fan de Sorj Chalandon! J’ai tout lu de lui et je l’ai rencontré plusieurs fois et depuis quelques années je lis ses romans dès leur sortie sans même lire le résumé ou un article de blog ou de presse 😉

Si j’ai bien aimé ce roman que je qualifierai de bon roman, avec juste ce qu’il faut d’émotions (j’ai été touché par de nombreux aspects) et de rythme, je dois avouer -malgré mon admiration pour l’auteur- que ce n’est pas un très bon Sorj Chalandon. L’histoire m’a plu mais il m’a manqué le style de Sorj Chalandon que je trouve d’habitude si fin et fort.

Je conclurai en disant que ce roman vaut le coup d’être lu mais qu’il ne faut pas en attendre autant que dans les autres romans de l’auteur car il aurait pu / dû être bien meilleur mais il reste cependant bien meilleur que d’autres romans alors lisez-le sans à priori 😉

catégorie adjectif

Dans la forêt : Jean Hegland

Je ne sais pas comment parler de ce roman… Je sens que je ne serai pas à la hauteur… Je veux dire « C’est un beau livre! », « C’est un livre puissant! », « C’est un livre poignant! »… Ca suffirait peut-être? 😉

Je ne sais pas non plus par où commencer car le roman est fait d’allers-retours et je ne veux pas dévoiler des choses qu’on découvre petit à petit… Alors je vais essayer d’être simple…

Nous sommes avec Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, dans la forêt. C’est Nell qui nous raconte leur histoire dans son journal et elle nous raconte leur vie commune, leur famille (le père et la mère sont décédés), leurs occupations (Nell passe son temps à lire l’encyclopédie et Eva passe son temps à s’entraîner avec acharnement à la danse classique), leur environnement et leur passé commun ainsi que des choses plus personnelles…

Tout ça pourrait paraître assez banal à première vue, sauf que les deux jeunes filles sont seules dans la maison familiale au milieu de la forêt, absolument seules car il s’est passé quelque chose dans le monde dans lequel elles vivent (un monde qui est le nôtre, à vrai dire) : plus d’électricité, plus de carburant, plus de nourriture et de produits manufacturés et beaucoup de morts… Personne ne sait vraiment ce qui s’est passé, des rumeurs courent depuis un certain temps… mais Nell et Eva sont isolées dans leur maison loin de tout et doivent se débrouiller avec leurs reserves et avec leur force de caractère…

Au début de ces changements de mode de vie, elles étaient avec leurs deux parents, puis juste leur père, puis seules. Elles ont dû tout apprendre pour survivre en se reconnectant à la nature, avec pour seule aide quelques livres et du bon sens. Elles doivent aussi réussir à s’accrocher à la vie avec leur mental et en se soutenant mutuellement. Elles essaient de se créer une vie avec le plus de normalité possible dans ce nouveau monde si différent et même opposé à celui dans lequel elles ont grandi.

Ce roman est très beau dans ce qu’il dit sur la nature -entre danger et source de vie- sur les liens entre les deux sœurs -entre soutien et rivalités. C’est à la fois un roman plein de désespoir et sur l’espoir. C’est un roman extrêmement humain alors qu’il décrit un monde déshumanisé en filigrane.

C’est poétique, c’est percutant et c’est émouvant…

Il y a du conte dans ce roman mais c’est aussi un roman qui fait réfléchir à notre monde actuel, qui pourrait tellement être celui de Nell et Eva et à ce que nous pourrions faire pour éviter d’en arriver là…

C’est aussi un roman féministe car on nous présente deux jeunes filles que rien n’avait vraiment préparé à se débrouiller seules dans la nature et qui doivent se débrouiller sans aide masculine et qui dépassent toutes les épreuves qui leur sont présentées par la connaissance (grâce aux livres), à leur bon sens et leur observation de ce qui les entoure et grâce au soutien qu’elles se portent l’une envers l’autre. C’est aussi un beau message pour des lectrices de tous âges!

J’ai appris que le roman avait été publié en 1997 aux Etas-Unis et cela lui donne encore plus de poids je trouve!

Vous venez donc de lire un avis écrit d’un seul jet, assez fouillis sans doute mais qui essaie juste de vous dire : Lisez-le! 🙂

Un film canadien en a été tiré en 2015 :

 

J’ai découvert ce roman en écoutant l’émission de mars 2017 des 

par Fanfan et Steph : Mille mercis!

 chez Titine (pour la journée consacrée à un roman féministe/ écrit par une femme)

avec Estellecalim sur le fil 😉

Une femme entre nous : Greer Hendricks et Sarah Pekkanen (lu par Camille Lamache)

Ce billet est très difficile à écrire car je ne dois pas trop en dire étant donné que les auteures ont réussi à nous faire aller où elles voulaient et c’est très bien amené, je ne me suis pas du tout doutée de ce qui allait se passer!

Le roman commence avec deux histoires croisées. Il y a celle de Nellie, une jeune femme qui va se marier avec un homme plus âgé et plus riche et très amoureux d’elle. Cette jeune institutrice et barmaid quitte son mode de vie assez libre pour vivre le parfait amour. On sait cependant que quelque chose dans son passé d’étudiante la tracasse et également que Richard avait auparavant une femme…

La deuxième femme est Vanessa. Elle est divorcée depuis peu et elle a tout perdu. Elle vit très mal sa séparation et vit avec sa tante. Quand elle apprend que son ex mari Richard va se remarier avec une jeune femme elle va tout faire pour empêcher ce mariage.

Mais au-delà de ce triangle amoureux autour d’une rupture on va apprendre beaucoup de choses sur les trois personnages, on va dévoiler beaucoup de secrets et découvrir qu’il y a beaucoup de non-dits et de choses cachées que même les protagonistes ne savent pas… Et tout est dévoilé petit à petit…

Je ne peux même pas vous parler des thématiques abordées dans ce roman très psychologique (et pourtant, elles sont très intéressantes) car cela risquerait de vous dévoiler des choses. Je préfère vous encourager à le lire pour vous faire happer et « avoir » 😉

par Mrs B : merci!

 Chez Sylire

 chez Titine

Le couple d’à côté : Sharpi Lapena (Lu par Taric Mehani)

Résumé de l’éditeur : « Vous ne savez jamais ce qui se passe de l’autre côté du mur. Le soir où Anne et Marco sont invités à dîner chez leurs voisins, la baby-sitter leur fait faux bond. Après six mois de pouponnage et de dépression post-partum, ils avaient pourtant bien besoin de se divertir. Marco, surtout. Qu’à cela ne tienne, insiste ce dernier : les maisons sont mitoyennes, ils emportent avec eux le babyphone et se relaieront toutes les demi-heures pour aller jeter un oeil sur le berceau. La soirée s’étire. La voisine agite sa plastique de rêve sous le nez de Marco, Anne tente de noyer ses complexes sous des rasades de vin. De retour à la maison tard dans la nuit, le bébé a disparu. Victimes ou coupables, manipulateurs ou désespérés, soudés ou infidèles, héritiers ou au bord de la faillite : les qualificatifs pleuvent sur ce couple qui se retrouve en plein dans l’oeil du cyclone. Bas les masques. »

*

Ca commence avec un couple plutôt ordinaire : jeunes parents avec Anne qui s’occupe du bébé pendant que Marco s’occupe de sa boite… Sauf que la jeune maman ne va pas forcément très bien, elle se relève à peine d’une depression post natale et manque de confiance en elle. Ils vont passer une soirée chez les voisins d’à côté, soirée banale sauf qu’ils doivent laisser leur petite fille Cora chez eux car la voisine ne veut pas d’enfants chez elle… Cette même voisine qui semble chercher à séduire Marco…

Une soirée presque normale malgré tout si un drame ne les attendais pas à leur retour : Cora a disparu…

Kidnappée?  Tuée?  Par un intrus? Par ses parents? Délibérément? Par accident?

Les questions sont très ouvertes car on s’aperçoit très vite que tous les protagonistes, que ce soit les parents de Cora, les grands-parents, les voisins ont une multitude de choses à cacher et une profusion de secrets… On pense comprendre, on fait des découverte et puis un autre secret, une autre révélation vient bousculer nos certitudes.

Ce roman est un bon thriller très accrocheur mais quelques semaines après ma lecture je dois avouer que l’ensemble est un peu flou mais je vous le recommande si vous cherchez un polar plein de secrets et de faux semblants.

 Chez Sylire

avec Sylire : allons voir son avis!

 chez Titine