Kaspar le chat du Grand Hotel : Michael Morpurgo (Billet avec Bastien)

Johnny Trott est un jeune groom au Savoy, un grand hôtel de Londres. Un jour, une cantatrice russe s’installe à l’hôtel avec son chat Kaspar, un vrai prince! La comtesse Kandinsky traite Johnny avec beaucoup d’affection, d’autant plus qu’il y a un vrai lien qui se tisse entre le jeune homme et le chat. Johnny trouve auprès de la comtesse ce qu’il n’a jamais connu auprès d’une mère.

Malheureusement, un accident arrive et Johnny se retrouve seul à devoir s’occuper de Kaspar  en cachette car il est interdit pour le personnel d’avoir un animal de compagnie. Kaspar en pleine déprime, se laisse mourir de désespoir et de faim… Johnny ne sait pas quoi faire… Jusqu’à ce qu’Elisabeth, une fillette américaine, cliente de l’hôtel qui ne pense qu’à vivre des aventures dans les couloirs et les étages (elle m’a fait penser au personnage de Nina dans « Un gentleman à Moscou » pour les lecteurs adultes qui l’ont lu) découvre le secret et réussisse à faire manger Kaspar. Les deux amis retrouvent goût à la vie auprès de l’intrépide enfant et ils deviennent tous amis.

Au moment de se séparer, quand la famille d’Elisabeth monte à bord du Titanic, Johnny prend une décision insensée : il reste à bord… Et évidement, tout le monde sait ce qui est arrivé lors de ce voyage…

Ce roman est très agréable à lire. Les personnages sont variés et bien brossés, ils ont tous leur personnalité -même Kaspar! Le roman permet de faire découvrir la vie du personnel d’un grand hôtel an Angleterre au début du 20e siècle, mais montre aussi que des relations peuvent exister malgré les différences sociales et aussi que chacun a le droit à une deuxième chance. Il y est question d’amitié, de courage, de belles rencontres. On parle même un peu de la première guerre mondiale. Il ne faut surtout pas oublier de lire la postface (mais seulement à la fin, bien sûr!) dans laquelle l’auteur explique d’où lui est venue son inspiration.

Le lecteur traversera différentes émotions et ce roman confirme bien le talent de Michael Morpurgo pour à un large spectre de lecteurs : il fait vraiment partie de ces auteurs que parents et enfants peuvent lire ensemble!

Voici l’avis de Bastien (9 ans et demi) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« C’est l’histoire d’un groom orphelin au Savoy, un hôtel très luxueux à Londres. Il va devoir accueillir la comtesse Kandinsky et le Prince Kasper (Kasper est un chat!).

Quand un désastreux événement a lieu, Johnny (le groom) va devoir s’occuper du chat Kasper.

Mais il va faire une rencontre qui va l’emmener loin, très loin… Mais je n’en dis pas plus pour garder le suspense…

J’ai bien aimé ce livre, parce que ça parle d’un chat et car ça parle aussi du Titanic.

Il y a certains moments de tristesse. »

 chez Lou et Titine

Miss Marple au club du mardi + Le club du mardi continue : Agatha Christie

Ces deux recueils de nouvelles regroupent 13 nouvelles qui étaient à l’origine un seul volume quand Agatha Christie les a publiées sous le titre anglais « The Thirteen Problems ». Ces nouvelles sont liées par une trame : elles se situent toutes à St. Mary Mead. Les premières (1 à 6) se passent auprès de Miss Marple, il y a son neveu Raymond West, qui est écrivain, Joyce Lemprière, une jeune artiste, Sir Henry Clithering, ancien haut fonctionnaire de Scotland Yard, Dr Pender, un pasteur de la paroisse et Mr. Petherick, un avoué. Les autres nouvelles (7 à 12) ont lieu un an après chez le Colonel Arthur Bantry et sa femme Dolly chez qui leur ami Sir Henry Clithering est de passage et il y a à nouveau Miss Marple ainsi que l’actrice Miss Jane Helier et le Dr Lloyd. La dernière nouvelle remet en contact Sir Henry Clithering avec Miss Marple à Saint Mary Mead.

J’ai retrouvé ces détails sur internet et je me suis rendue compte que si j’avais parfois confondu Joyce Lempière et Jane Helier c’était normal car l’édition « Club des masques » que j’ai lue n’a pas respecté l’ordre des nouvelles d’origine et donc il y a quelques confusions sur les personnages réunis. Ce n’est pas très grave pour la compréhension des histoires car elles sont toutes indépendantes mais c’est quand même dommage pour l’unité du recueil.

Le point commun de toutes ces nouvelles est que chaque personnage va proposer une histoire criminelle et demander aux autres participants de dénouer cette affaire à partir des quelques indices et indications données. Tout le monde émet des hypothèses mais c’est toujours Miss Marple qui, tout en donnant l’impression de ne pas vraiment être concentrée, en tricotant, apporte la solution à toutes les enquêtes évoquées, argumentant comme d’habitude qu’elle a juste observé la vie à Saint Marie Mead qu’elle n’a jamais quitté et que la nature humaine peut se retrouver partout.

Je ne vais pas vous parler de chaque nouvelle car elles sont assez courtes et je ne voudrais pas trop en dévoiler mais ce que je peux vous dire c’est que j’ai vraiment apprécié ces nouvelles et ce format qui fait que l’on a vraiment une mini enquête policière à chaque fois. Je vous recommande ces deux titres ou « Miss Marple et le club du mardi » dans lequel les 13 nouvelles sont maintenant regroupées en un seul volume. Mais au cas où vous auriez la même édition que moi, voici l’ordre à suivre :

  1. Le Club du Mardi (The Tuesday Night Club)
  2. Le Sanctuaire d’Astarté (The Idol House of Astarte)
  3. Les Lingots d’or (Ingots of Gold)
  4. Le Perron sanglant (The Blood-Stained Pavement)
  5. Motif contre occasion (Motive vs Opportunity)
  6. Le Pouce de saint Pierre (The Thumb Mark of St Peter)
  7. Le Géranium bleu (The Blue Geranium)
  8. La Demoiselle de compagnie (The Companion)
  9. Les Quatre Suspects (The Four Suspects)
  10. Une tragédie de Noël (A Christmas Tragedy)
  11. L’Herbe de mort (The Herb of Death)
  12. L’Affaire du bungalow (The Affair at the Bungalow)
  13. Une noyée au village (Death by Drowning)

55e et 56e Agatha Christie de ma collection

chez Lou et Titine

catégorie « objet » (=club de golf)

Une mer si froide : Linda Huber (Lu par Hélène Lausseur)

Il va être très compliqué de parler de ce livre car je ne veux pas trop en dire…

Nous sommes en Cornouailles en Angleterre mi-août et nous suivons une famille : Maggie, Colin les parents, et leurs enfants, Olivia qui a trois ans et son grand frère Jo. Malheureusement, un instant d’inattention fait qu’Olivia a disparu et personne ne l’a vue après le moment où elle a quitté sa mère sur la plage pour rejoindre son père et son frère dans les mares dans les rochers. Maggie, percluse de culpabilité n’arrive pas à supporter cette disparition et après avoir accepté qu’elle a dû se noyer, elle ne peut pas vraiment reprendre le cours de sa vie avant d’avoir retrouvé le corps de sa fille.

En parallèle, nous suivons aussi Jenifer et sa petite fille Hailey, qui a cinq ans et qui commence l’école dans une nouvelle maison et une nouvelle ville. Jennifer, enceinte de jumeaux, est seule car son mari est aux Etats-Unis pour des affaires familiales. La plus grande partie du roman va être centrée sur Hailey qui a du mal à s’adapter à l’école et sa maîtresse Katie va essayer de l’accompagner au mieux.

Le lecteur sait très vite qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez Jenifer qui a beaucoup de choses à cacher… Et qu’elle se cache à elle-même d’ailleurs.

C’est un thriller qui ne joue pas vraiment sur le mystère car on sait ce qui se passe assez vite mais plus sur la psychologie des personnages et sur l’empathie qu’il crée. En effet, comment ne pas être angoissé comme les parents de Olivia? Comment ne pas ressentir le malaise qui émane de Jennifer comme Katie? Comment ne pas souffrir avec Hailey? En tout cas, j’ai vraiment apprécié cette audiolecture dont j’ai aussi aimé la lectrice qui sait faire vivre l’histoire.

Une bonne découverte vers laquelle je ne serais peut-être pas allée si je m’étais basée sur le titre et la couverture pour être tout à fait honnête!

par Mrs B! Merci!

 Chez Sylire

chez Lou et Titine

Notre Jack : Michael Morpurgo (illustré par David Gentleman)

Ca faisait longtemps que je n’avais pas lu de livre de Michael Morpurgo, un de mes auteurs jeunesse chouchous.

L’histoire se passe de nos jours avec un petit garçon anglais qui vit avec ses parents et son frère Otto près de Stratford Upon Avon. Il y a toujours eu chez lui un casque en fer qui était un jouet pour Otto et qui a fait partie de la vie de famille sans qu’on en fasse grand cas.

Puis, alors qu’il a 14 ans, Michael, pacifiste convaincu, apprend que sa classe va faire un voyage en Belgique sur les champs de bataille de la 1ère guerre mondiale et que son professeur veut monter une comédie musicale sur le sujet.

Il refuse d’y participer, même si sa famille argumente en expliquant que tout le monde devrait connaître ce pan de l’histoire. Son frère trouve les mots pour le persuader en lui disant que ce n’était pas parce qu’il n’approuvait pas la guerre que c’était une bonne raison de ne pas la regarder en face, « peu importe à quel point ça [le] rend triste ou [le] met en colère. »

Pour préparer ce voyage, leur professeur leur demande de se renseigner sur leurs familles pour savoir s’ils avaient des liens avec la 1ère guerre mondiale. Dans la famille de Michael, ils trouvent le carnet et des notes du grand-père du grand-père de Michael : Jack. Ce dernier n’est jamais revenu de la guerre et était toujours surnommé « Notre Jack » dans la famille. Le casque lui appartenait ainsi qu’un vase fait d’un morceau d’obus. Dans le carnet, il y a des lettres, des poèmes, des textes de Shakespeare (car Jack était acteur à Stratford Upon Avon)

Une exposition est montée avec toutes les trouvailles des élèves et le voyage à Ypres en Belgique est émouvant pour tout le monde.

Comme souvent avec Michael Morpurgo, le passé et la guerre sont liés au présent pour apporter une leçon au travers la transmission par un ancien. Ici, c’est par le témoignage et les écrits d’un aïeul et c’est encore une fois très réussi!

Il est à noter que le livre est très joliment illustré par un artiste dont j’ai un beau livre d’aquarelles sur Londres et j’ai reconnu le trait tout de suite!

 chez Blandine

 chez Lou et Titine

L’écorchée : Donato Carrisi (Lu par Antoine Tomé)

Résumé de l’éditeur : « Sept ans après s’être mesurée au Chuchoteur, Mila Vasquez travaille aux Limbes, le département des personnes disparues. L’enquêtrice excelle dans son domaine. Peut-être parce qu’elle est incapable d’éprouver la moindre émotion. Ou peut-être parce qu’elle-même porte dans sa chair la marque des ténèbres. On a tous ressenti l’envie de s’évanouir dans la nature. De fuir le plus loin possible. De tout laisser derrière soi. Or chez certains, cette sensation ne passe pas. Elle leur colle à la peau, les obsède, les dévore et finit par les engloutir. Un jour, ils se volatilisent corps et biens. Nul ne sait pourquoi. Bientôt, tout le monde les oublie. Sauf Mila.
ET PUIS, SOUDAIN, CES DISPARUS RÉAPPARAISSENT POUR TUER.
Face à eux, Mila devra échafauder une hypothèse convaincante, solide, rationnelle. Une hypothèse du mal. Mais pour les arrêter, il lui faudra à son tour basculer dans l’ombre. »

*

Après avoir lu « Le chuchoteur » il y a quelques années, j’ai eu envie, pour le mois italien de retrouver cet auteur qui m’avait vraiment marquée à l’époque. Pour commencer, je dois dire que si on retrouve le personnage de la policière Mila Vasquez qui est présente dans le roman précédant et que l’affaire du chuchoteur est évoquée, ce n’est pas à proprement parlé une suite (même si c’est « vendu » comme tel). J’avais d’ailleurs oublié les détails du premier roman qui auraient pu m’aider à comprendre les allusions faites et même si je regrettais un peu de ne pas les avoir en tête, ça ne gêne pas la compréhension de ce roman mais j’ai trouvé que quitte à reprendre un personnage, l’auteur aurait pu développer un peu plus les informations qu’il avait dû donner dans le premier tome car j’avais du mal à cerner Mila. Je n’ai pas trouvé ce tome aussi fort que le premier et au moment d’écrire mon billet, j’ai même un peu de mal à me souvenir des détails  alors que je l’ai audiolu il y a peu de temps.

Donc, l’histoire est celle d’assassinats perpétrés par des personnes disparues depuis des années, qui reviennent du jour au lendemain dans la société pour tuer des gens d’une manière qui, au départ, ressemble à de la vengeance puis qui semble moins logique. Chaque « réapparu » tue quelqu’un et laisse des indices que seule Mila peut décrypter et elle va partir à la recherche non seulement des criminels actuels mais replonger aussi dans le passé pour chercher des points communs entre eux et découvrir comment ils ont disparus à l’époque.

Mila est aidée par un par un enquêteur Simon Berrish, un homme à qui les gens se confient facilement mais qui vit en autarcie dans le milieu de la police. Ils sont donc deux personnages assez sombres qui vont se serrer les coudes dans cette enquête.

J’ai apprécié cette audiolecture sur le moment tout en me disant que c’était quand même un peu confus. Pourtant, la toute fin me donne quand même envie de lire la suite (« L’égarée ») même si j’ai un peu peur que le suivant me plaise encore un peu moins que le premier 😉

 Chez Sylire

Chez Martine

catégorie « partie du corps »

Appelez-moi Nathan : Catherine Castro et Quentin Zuttion

L’histoire commence avec Lila, une petite fille puis une adolescente… Mais en fait, depuis toujours, Lila sait qu’elle n’est pas une fille et elle n’est pas Lila… Son nom choisi est Nathan et il veut que tout le monde arrive à le considérer comme ce qu’il sait qu’il est : un garçon… Pas une fille « garçon manqué », pas une lesbienne, non, il ne veut pas « devenir un garçon » car il « est » un garçon, c’est quelque chose que Nathan sait…

Evidemment, ce n’est pas une situation facile à exprimer et faire comprendre à son entourage. Quand Nathan est encore Lila, il commence par porter des vêtements masculins et une coupe « garçonne » mais au bout d’un moment cela ne suffit pas… Les seins et les règles deviennent des tortures permanentes.

Ses amis acceptent la situation très bien, les parents ont besoin de plus de temps… (ce qui est compréhensible) mais une fois que chacun a accepté qui était réellement Nathan, tout est mis en oeuvre pour lui permettre de devenir lui-même aux yeux de tous et notamment de la loi.

J’ai trouvé cet album très touchant, poignant même car on ne sait pas forcément ce qui traverse les personnes transgenres et cet album permet par le biais graphique de transmettre la souffrance ressentie. L’environnement adolescent de la vie de Lila/Nathan est aussi très intéressant car cet album montre à la fois des vies d’adolescents ordinaires et les tourments de Nathan et c’est un vrai appel à la tolérance et à la compréhension d’un sujet sérieux auprès des jeunes lecteurs.

The Autist Reading en a parlé il y a peu de temps. Et je vous conseille aussi le roman jeunesse « George » sur une tranche d’âge plus jeune.

catégorie « lecture » (nom de l’éditeur) pour ma ligne BD

Les croques -Tome 1-Tuer le temps : Léa Mazé (Billet avec Bastien)

J’avais repéré cette BD lors d’un rendez-vous de la BD du mercredi et je me souviens avoir demandé à la personne qui en avait parlé si ça pourrait plaire à Bastien mais j’ai oublié qui c’était, désolée. Quand j’ai vu que Masse Critique proposait ce titre, je l’ai coché pour moi et Bastien!

Céline et Colin sont des jumeaux qui vivent avec leurs parents au pied d’un cimetière car leurs parents s’occupent d’une entreprise de pompes funèbres. Ils vivent très mal leur metier car au collège tout le monde se moquent d’eux et leur donnent des surnoms en rapport avec les croques-morts… Ils ne sont pas très sérieux au collège et finissent par être exclus plusieurs jours et doivent rester à la maison.

Leurs relations familiales sont très tendues les adultes semblent sur les nerfs et les enfants les dérangent toujours… Céline et Colin doivent s’acquitter de leur punition qui est de nettoyer le cimetière et se réfugient auprès de Poussin, le graveur de pierres tombales qui travaille pour leurs parents, avec qui ils s’entendent très bien.

En traînant entre les tombes, ils remarquent des signes étranges gravés sur les pierres tombales et ils se décident à mener l’enquête pour résoudre cette énigme et tuer le temps…

Ce premier tome se termine par un grand suspense et ma réaction a immédiatement été : « Ah non! » et j’ai ensuite été chercher la date de sortie du tome 2 (car je sais que je le lirai!) et c’est prévu pour la fin septembre 2019!

J’ai aimé les dessins et j’ai particulièrement aimé les couleurs.

Voici l’avis de Bastien (9 ans et demi) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« C’est l’histoire de deux enfants qui habitent dans un cimetière et qui doivent subir les railleries de leurs camarades. Mais leur vie va être changée par une marque trouvée sur une tombe. Ils vont alors se lancer dans une enquête dans le cimetière mais à la fin… Je n’en dis pas plus pour laisser du suspense…

J’ai bien aimé ce livre car il y a de l’aventure et du suspense … mais beaucoup trop de suspense à la fin et je veux le tome 2!

Je n’ai rien de particulier à dire sur les dessins, c’est comme n’importe quelle BD. »

Merci à   et Les Editions de la Gouttière

La petite peste philosophe -Anatomie d’une débâcle : Vanna Vinci

Quatrième de couverture : « Elle est nihiliste, parle comme une jeune femme de trente ans, passe son temps sur Internet, demande un lifting pour son anniversaire, est spécialiste du sotto voce et lit Kant en cas d’insomnie. Heureusement, la petite peste philosophe a un interlocuteur à sa mesure, une peluche, Lillo, son confesseur qu’elle adore parce qu’il l’écoute sans poser de questions et surtout accepte toutes ses fantaisies. Bref, cette petite fille, vous allez adorer la détester ! »

J’ai choisi cette bande dessinée uniquement parce que son auteur est italienne et je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. L’histoire commence par un chapitre intitulé « Genèse » et avec la naissance de l’héroïne, le jour de l’accouchement, ou plus exactement, son refus de naître. Le dialogue entre le bébé et le gynécologue est assez surréaliste car non seulement  l’enfant à naître parle très bien mais elle a des idées bien arrêtées sur le monde dans lequel elle ne veut pas entrer…

Tout le reste est à l’avenant : la petite fille est cynique à souhait et réagit non pas comme une jeune femme de trente ans comme le dit la 4eme de couverture, mais plutôt comme un vieux grincheux… Bien qu’elle dépasse pas l’enfance dans cet album.

Les relations avec sa mère, son doudou, ses camarades de classe et … un cochon qui parle, intellectuel et distingué qui danse très bien le tango… sont l’occasion de faire ressortir son nihilisme et son cynisme…

Au départ, j’ai trouvé des points communs avec « Mortelle Adèle » (je me demande vraiment d’ailleurs si les auteurs de cette série jeunesse ne se sont pas largement inspirés de « La petite philosophe », c’est tellement frappant) mais plus adaptée aux adultes qu’aux enfants, plus « intellectuel », qui se prend un peu trop au sérieux… Personnellement, si j’ai souri par moments, je me suis assez vite lassée. C’est un peu trop répétitif et cela sonne faux. Je ne suis pas entrée dans l’univers de cette petite fille car la personnalité est vraiment trop décalée de l’âge supposé du personnage. J’aurais peut-être plus adhéré si elle avait eu 13 ans, cela aurait été plus réaliste…

Je vous recommande plutôt Mortelle Adèle (Tome 1 / Tome 3) 😉

Chez Martine

catégorie « partie du corps » pour ma ligne BD

Kérosène : Alain Bujak et Piero Macola

Résumé de l’éditeur : « Janvier 2010. Mont-de-Marsan. Alain Bujak se dirige vers le Camp du rond, « chez les manouches ». Il y a rendez-vous avec Marie, la doyenne. Juste après la Seconde Guerre mondiale, ils se sont installés là, Marie avec ses parents, ses frères et sœurs, dans les baraques en bois laissées vacantes par les prisonniers allemands qui venaient de partir. Le Camp du rond est situé en bout de piste d’une base militaire aérienne. C’est une Zone A. Personne ne devrait y vivre compte tenu du bruit et des rejets de kérosène, dangereux pour la santé. L’ancienne équipe municipale a revendu le terrain à l’armée pour un euro symbolique. La nouvelle mairie décide de reloger les familles. Mais comment respecter leurs choix et leur identité, tout en respectant les normes et les lois ? L’isolement dû au racisme est bien plus violent que la misère…

Dans les Landes, le plus vieux camp de gitans de France doit être démantelé pour laisser place à une base militaire. A faire disparaître cet espace qui porte la mémoire de la communauté, c’est la communauté elle-même qu’on renverse et une identité qu’on gomme. Comment ceux qui ont toujours vécu en extérieur, et en dehors des villes pourraient supporter de vivre dans des logements ordinaires ? Est-il possible de trouver racine ailleurs, lorsqu’on est d’abord déracinés ? »

*

Cet album est un récit et pour ne pas dénaturer les faits, j’ai préféré recopier les informations trouvées sur le site de Futuropolis. J’ai emprunté cet album par hasard pour le mois italien parce que le dessinateur est Italien et je suis vraiment ravie de cette découverte. Je ne suis pas passée loin du coup de coeur et je peux commencer par vous recommander cette BD!

Tout d’abord, c’est un récit et un album qui prend le temps d’apprendre à connaître ces « manouches ». L’auteur, ne se précipite pas, il les observe, les écoute et leur donne la parole et on a vraiment l’impression d’être chez eux et avec eux et c’est vraiment très enrichissant. On laisse passer les mois et on voit l’évolution d’un projet autour de cette communauté, la manière dont ils le vivent, l’acceptent plus ou moins bien, leur installation et leurs réactions.

J’ai aimé l’atmosphère qui en résulte tant dans le texte que dans les dessins au crayonné aux couleurs douces. C’est vraiment un album subtil et riche. L’album a aussi cette originalité d’être accompagné de clichés, des photos prises par Alain Bujak lors de ses visites du camps et plus tard aux nouveaux logements. Ces photos accentuent vraiment l’impression « d’y être ».

C’est vraiment un très beau moment humain que les auteurs nous font vivre.

Et une fois n’est pas coutume, je peux signaler que c’est une lecture qui vous est aussi recommandée par L’Homme!

Un aperçu avec quelques planches ici.

  chez Stephie

Chez Martine

Martin Eden : Jack London (Lu par Denis Podalydès)

Je connaissais Jack London comme un auteur classique de la littérature américaine mais plutôt orienté sur la littérature d’aventures dans les grands espaces et ce n’est pas un univers qui me tente du tout. Alors forcément, j’appréhendais un peu cette audiolecture imposée par le prix Audiolib mais ça a été une excellente surprise et j’ai vraiment beaucoup aimé ce roman qui est  très bien lu par Denis Podalydès qui devient vraiment Martin Eden.

Martin Eden est un jeune marin de milieu modeste qui un jour rencontre Ruth Morse une jeune fille d’une bonne famille bourgeoise lorsque le frère de celle-ci l’invite pour le remercier de l’avoir défendu dans une bagarre dans la rue. Il tombe immédiatement sous le charme de cette jeune femme cultivée (elle est étudiante à l’université) et élégante. Elle, de son côté, le prend sous son aile, un peu comme un projet, pour l’éduquer, le façonner. De son côté, pour lui plaire et pour entrer dans le moule de la bonne société à laquelle la jeune femme appartient, il se lance à corps perdu dans les études, dans les livres pour se cultiver et s’améliorer tant dans sa façon de s’exprimer ou de se tenir…

Et puis il découvre l’écriture. Au départ, il voit ça comme un moyen de gagner de l’argent facilement et puis il devient un passionné, un acharné de littérature. Il a vraiment développé son esprit critique et son envie d’écrire le mieux possible et d’exprimer des choses vraies et fortes est intense chez lui. Il est prêt à subir la misère en attendant d’être reconnu.

Petit à petit, l’amour naît entre Rose et Martin mais leurs différences restent grandes même si ce ne sont pas les mêmes tout au long du roman. Mais la vie de Martin a tellement évoluée, intellectuellement, qu’il ne se retrouve plus dans le monde bourgeois auquel il aspirait et il ne peut pas respecter les pseudo intellectuels formatés qu’il croise chez Rose. Il apprécie particulièrement son amitié avec Russ Brissenden un autre intellectuel avec qui il a une vraie connexion.

Jack London est homme fascinant, dans toutes son évolution au fil du roman et ce roman est passionnant pour le côté littéraire (c’est un roman parfait pour les amateurs de littérature!) et aussi pour la peinture sociale du début du 20e siècle aux Etats-Unis puisque qu’on passe des bas-fonds et la misère jusqu’à la haute société bourgeoise en passant par les milieux intellectuels un peu underground.

Un livre à découvrir!

 Chez Sylire

Des avis de co-jurées : Aproposdelivres, Sandrine, Sylire

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

Ligne animal (= un oiseau) pour le