Avant le gel : Henning Mankell

Je sais qu’Henning Mankell a ses fan (et particulièrement son personnage Kurt Wallander) mais je n’avais lu que « Meurtriers sans visage » de lui, il y a longtemps et « Les chaussures italiennes » récemment mais sans Wallander et je n’avais donc aucune attentes particulières.

L’histoire commence avec un personnage qui vient d’échapper à la tuerie/suicide collectif de Jim Jones à Guyana alors qu’il était un disciple du gourou. Puis nous nous sommes en Suède au début des années 2000 et la police est informée que des cygnes ont été vus en train de brûler en plein vol. Cette information n’est pas tellement prise au sérieux avant qu’un taureau ait à son tour été brûlé vif. Wallander s’intéresse à cette affaire et au même moment, une femme est découverte sauvagement assassinée… ou plutôt… sa tête et ses mains sont retrouvés mais pas le reste du corps. La question est de savoir si les différents cas sont liés.

En parallèle, on suit Linda Wallander, la fille du policier, qui vient de revenir dans sa ville de jeunesse en attendant de prendre son poste d’aspirante policière après l’été. Elle renoue avec ses anciennes amies, en particulier Anna. Cette dernière disparaît brusquement sans donner de nouvelles et Linda s’inquiète terriblement et commence à fouiller dans la vie et dans l’appartement de son amie pour essayer de la retrouver…

Cette histoire policière nous emmène dans l’univers du fanatisme religieux mais c’est aussi centré sur Linda et ses relations aux autres : amies et famille.

J’ai plutôt bien aimé mais j’ai quand même trouvé quelques longueurs, particulièrement dans les passages concernant la disparition de Anna et les considérations religieuses. J’ai beaucoup aimé le personnage de Kurt Wallander. Dans ce tome, il vit avec sa fille Linda, qui doit avoir la trentaine je pense et cette dernière réagit souvent envers son père comme si elle était encore adolescente. C’est sans doute assez réaliste (qui n’a pas eu l’impression de retomber dans l’adolescence au bout de quelques jours chez ses parents? 😉 ) mais c’était assez énervant au bout d’un moment. Ce qui m’a aussi énervée c’est qu’elle prenne des libertés dans des situations potentiellement dangereuses qui ne me semble pas du tout aller avec son envie de devenir policière.

 

(Le dernier livre de ma PAL de cette année-là!)

 chez Antigone

 ma Best

 chez Cryssilda

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Les chaussures italiennes : Henning Mankell (lu par Marc-Henri Boisse)

 

Fredrik Welin a soixante-six ans et il vit seul avec son vieux chien et sa vieille chatte sur une île isolée de la mer Baltique. Ses seules visites sont celles du facteur, qui est aussi un peu son patient car Frederik était autrefois chirurgien. Mais depuis une douzaine d’années, il s’est coupé du monde, et en cet hiver, où comme chaque jour, il creuse un trou dans la glace pour se baigner dans l’eau glaciale il ne réalise pas que sa vie va prendre un tournant qui va bouleverser sa vie devenue si routinière.

En effet, une femme en déambulateur arrive sur la glace.. Cette femme c’est Harriet la presque fiancée qu’il a abandonné sans lui donner de nouvelles quarante ans auparavant quand il est parti étudier aux Etats-Unis et avec qui il n’a jamais repris contact après. Harriet est mourante et elle veut qu’il  honore une promesse qu’il lui avait faite toutes ses années passées.

Avec Harriet, une sorte de road trip va commencer pour Frederik ou plus exactement une sorte de tour en montagnes russes car en prenant la route avec Harriet, sa vie prendre un tournant spectaculaire : d’autres femmes vont entrer dans sa vie, des femmes qui directement ou indirectement en faisaient partie et qui vont le faire se remettre en question et l’ouvrir au monde et à lui-même.

Ce roman porte un regard très touchant sur la vieillesse, sur l’âge où on regarde son passé et qu’on peut encore changer des choses et Frederik saisit à bras le corps cette opportunité de changer sa fin de vie. C’est très touchant.

 Chez Sylire

 chez Cryssilda

Journal d’un vampire en pyjama (suivi de Carnet de board) : Mathias Malzieu (lu par l’auteur)

Journal d’un vampire en pyjama

Ce livre est un document écrit comme un roman poético-humouristique avec des jeux de mots et des images presque naïves et pourtant ce témoignage est poignant et réaliste car réél. Mathias Malzieu, le chanteur du groupe Dionysos découvre par hasard qu’il souffre d’une maladie très grave, l’aplasie médullaire, qui attaque sa moelle osseuse. Et cela tombe particulièrement mal car il est sur le point de sortir son film « La mécanique du coeur » et il n’a pas le temps de s’occuper de lui…

Et pourtant il n’a pas le choix et c’est une question de vie ou de mort… Alors commence la valse des hôpitaux, les tests, les transfusions qui le transforment en « vampire en pyjama »… Une bataille à la fois pour se soigner mais pour aussi essayer de gagner du temps pour mener son projet de film, un combat qu’il mène avec l’aide de sa famille, de Rosy son amoureuse et puis surtout le personnel des hôpitaux.

Ce texte est un témoignage vraiment touchant car comme c’est un journal, il y retrace au jour le jour l’évolution de la maladie, avec ses doutes, ses craintes, ses bravades pour se protéger et protéger les siens. Je dois dire aussi que ce journal est une belle déclaration d’amour pour les infirmières et le personnel soignant qui l’ont vraiment accompagné et c’est vraiment beau à lire!

Le ton, plein d’une poésie enfantine et pourtant terre à terre donne un petit goût acidulé à ce témoignage qui aurait pu être tellement noir. Un très beau texte sur la maladie avec tous ses aspects mais aussi l’espoir.

« Ce livre est le vaisseau spécial que j’ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d’amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n’ai rien eu à inventer. Si ce n’est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon cœur. »

Carnet de board

Ce texte qui suit « Journal d’un vampire en pyjama » est un journal aussi mais cette fois-ci un journal de voyage. Mathias Malzieu avait émit le souhait, s’il se sortait de sa maladie, de traverser l’Islande en skate board à moteur… Alors une fois guéri, il s’est lancé dans cette aventure!

Ce récit de voyage est assez fascinant car il se retrouve tout petit sur son skate board (d’abord à moteur puis tout simple) dans l’immensité de l’Islande… Car si l’Islande est un petit pays en taille, c’est un pays immense dans sa grandeur géographique et culturel.

On visite avec lui, on découvre le pays, on se perd, on rencontre des Islandais, on est face à la mer, face au ciel, face aux aurores boréales. C’est un vrai voyage mais c’est aussi une sorte de défi et de revanche.

Une belle conclusion!

Merci à 

 Chez Sylire

catégorie « Mort »

 chez Cryssilda

Le moindre des mondes : Sjón

J’ai acheté ce livre après ma rencontre avec l’auteur, Sjón, dans ma librairie, parce qu’il m’avait vraiment intéressé. Pourtant, j’avais dit que je n’achèterais plus de roman islandais car je me suis rendue compte à chaque fois que je n’étais pas du tout emportée dans leurs univers… Mais j’ai été faible car l’homme était vraiment passionnant… et après avoir lu ce très court roman, je déclare à nouveau et cette fois pour la dernière fois je pense : la littérature islandaise n’est pas faite pour moi!

Voici ce qu’en dit l’éditeur :

« Un jour tout blanc de neige et de glace, le révérend Baldur Skuggason, part à la chasse, fusil à l’épaule, fureur au ventre. Pendant ce temps, Fridrik le botaniste cloue un cercueil, celui d’Abba, handicapée de naissance. Ces trois personnages, la bête féroce, le lettré et la douce enfant vont de façon étonnant mêler leur histoire. »

Alors… comment vous parler de cette histoire… Le positif, c’est la langue, très poétique, un beau style qui fait vraiment voyager en Islande, géographiquement mais aussi dans l’esprit islandais, si je me base sur ce que l’auteur nous a dit de l’amour des Islandais pour les mots. D’ailleurs dans le texte on peut lire :

« Il déclara à ses compagnons de voyage :

-J’ai vu l’univers! Il est constitué de poèmes!

Les Danois se dirent qu’il avait parlé là en « rigtig Islænding », c’est à dire en authentique Islandais. »

Mais par contre en ce qui concerne l’histoire je ne peux pas dire que je sois sous le charme… Les trois personnages évoqués dans la quatrième de couverture sont bien présents mais les histoires sont assez cloisonnées et comme le roman est très court, on n’a pas vraiment le temps de s’attacher à eux et à prendre le temps de voir le lien. Ils sont un peu trop survolés à mon goût. Et puis il y a une scène un peu onirique de délire où une renard a aussi un rôle important…

Bref j’ai été un peu perdue dans ce roman que je ne conseillerais qu’aux amateurs du style islandais dont je ne fais décidément pas partie!!

 chez Cryssilda

La saga de Grimr : Jérémie Moreau

Résumé de l’éditeur : « La Saga de Grimr est une quête d’identité tragique dans un décor grandiose. Le héros y est confronté à chacun des piliers de la culture islandaise : le prestige de la généalogie, le culte de la loi et la superstition. 1783. L’Islande, accablée par la misère, doit encore subir le joug du Danemark. Et le sort de Grimr, devenu orphelin, est plus cruel encore dans ce pays où l’homme se définit d’abord par son lignage. Doté d’une force impressionnante, il se sait capable de rivaliser avec les plus fameux héros de saga même s’il n’est le fils de personne. Il ne lui manque que l’opportunité de prouver sa valeur… »

Nous sommes en Islande au 18ème siècle et un encart nous informe de la situation  du pays à l’époque :

Nous rencontrons Grimr, un jeune garçon roux au moment même où il devient orphelin à cause d’une irruption volcanique. Au lieu d’être recueilli il est tout d’abord attrapé par des vendeurs d’enfants puis sauvé par un voleur impressionné par la force presque surhumaine de cet enfant malheureux. Autant dire que l’âpreté de l’Islande et la vie difficile dans ce pays à cette époque est campée dès le début de l’histoire!

Grimr est donc le fils de personne mais il se lie à Vigmar le Valeureux (ou plutôt le Voleur!) et quand à nouveau il se retrouve seul, à cause de la noirceur de l’homme cette fois plutôt que de la nature, il part alors en quête d’une nouvelle vie. Mais il n’est vraiment pas simple d’être sans racine dans un pays où tout est lié à la famille. L’amour n’est pas facile non plus quand on est un jeune homme taciturne qui a souffert de ses relations avec les autres et qui par sa différence souffre encore. Et pourtant Grimr veut être aimé…

Le pays est un personnage à part entière avec sa nature dure et belle, avec ses traditions, avec ses dangers. On ressent vraiment les conditions climatiques et géographiques/géologiques mais aussi la mélancolie de Grimr un géant rude mais si sensible aussi.

Les dessins servent magnifiquement l’histoire!

Une très belle découverte faite grâce au billet de Moka.

  chez Moka 

 chez Cryssilda

Roaarrr Challenge

Rencontre avec Sjón

Samedi 25 novembre, à l’occasion du festival normand sur les pays nordiques Les Boréales, l’auteur islandais Sjón est venu chez moi, à la librairie Le Détour.

  • L’Islande, la littérature, la poésie

L’intervenant qui présente Sjón nous apprend que l’auteur a commencé à écrire très tôt, d’abord de la poésie et il était influencé par les surréalistes. Il a aussi écrit pour la chanteuse Björk. Il nous explique que l’Islande est un pays où les livres ont une place capitale. A l’époque médiévale, les islandais ont plus écrit que tous les autres pays d’Europe réunis, notamment les « sagas ». Ces grandes histoires qui ont traité de façon très détaillée des grandes histoires du monde ont encore une influence sur les écrivains Islandais qui peuvent se tourner vers elles et que les gens portent en eux comme un héritage. Pendant les années sombres de l’occupation danoise, les islandais ont continué de développer leur littérature. Après l’indépendance, la littérature s’est encore élargie et elle est très vivante dans le monde entier. L’Islande a toujours réussi a réunir deux tendances, la tradition et les nouveautés. Il a aussi évoqué les influences des grands courants littéraires étrangers qui ont beaucoup apporté à la littérature islandaise.

Sjón ajoute que l’Islande était très pauvre et la seule activité qui existait c’était la création littéraire. Il dit que l’Islande n’a pas de cathédrales, pas de peintures, pas grand chose mais ils ont des œuvres littéraires qui prouvent leur existence. Il précise que les islandais croient que le monde est fait de parole, de belles paroles et donc de poèmes.

Quelqu’un lui demande de donner sa définition de la poésie. Il répond qu’à 15 ans il a découvert qu’avec la poésie il pouvait créer des images avec des mots. C’est l’interaction entre le monde réel visible et l’invisible que l’on peut créer avec des mots et pour lui, c’est ça la force de la poésie. Il ajoute qu’il a été séduit très tôt par les surréalistes et pour lui la poésie n’était pas seulement un phénomène esthétique mais aussi une formule magique qui peut sauver le monde.

Il dit aussi qu’en Islande, on apprend que la littérature appartient à tout le monde. La littérature doit être ouverte à tous, à tous ceux qui ont besoin de lire ou besoin d’écrire. Quand il avait 15 ans, il croyait que c’était naturel non seulement d’écrire des poèmes mais aussi de les publier et qu’on les lisent.

Quatre de ses romans ont été publiés en France et son recueil de poèmes « Oursins et moineaux » vient juste de sortir en France. A la fin de la rencontre,  il nous a lu un poème en islandais si vous voulez l’entendre cliquez sur ce lien pour trouver la vidéo sur ma page FB- lu ensuite en français par sa traductrice. Il plaisante sur le fait que la poésie des oursins relie Granville à Reykjavik.

  • Sjón et l’écriture

Fanny, ma libraire, nous a lu le début du roman « Le moindre des mondes » (elle lit très bien!) et elle nous montre que même si c’est un roman, avec une histoire, la mise en page très aérée ressemble à un recueil de poésie et le style est aussi très poétique.

L’intervenant explique que l’une des caractéristiques de l’écriture de Sjón c’est que même s’il traite de personnages ou de sujets terre à terre, c’est dans un style très poétique. Il parle souvent de personnages réprouvés qui sont souvent sauvés par la poésie ou l’art. Sjón précise que ses œuvres reflètent sa foi dans l’art poétique, narratif et c’est ce qu’il peut reporter sur ses personnages et les améliorer et les sauver par cet amour de l’art. Il croit que l’art existe pour que les gens puissent se sauver, quelles que soit leurs vies.

  • « Le garçon qui n’existait pas » : cinéma et homosexualité

Le personnage principal de ce roman est un jeune homme, homosexuel et prostitué à Reykjavik en 1918 qui vit dans des conditions difficiles et qui revit quand il découvre le cinéma. Le cinéma est une source de rêve. Il va être fasciné par le personnage d’Irma Vep et l’actrice Musidora. C’était important pour lui de choisir de parler de films qui ont vraiment été projetés à Reykjavik à cette époque et cela lui a fait particulièrement plaisir de découvrir que « Les vampires » avaient été projeté car c’était un film très apprécié par les surréalistes et cela lui permettait de jeter un pont entre les surréalistes et lui, entre les amateurs de ce film et lui. Le personnage d’Irma Vep représente la modernité, l’esprit révolutionnaire de l’Islande de cette époque.

Quand on lui demande quelle part de réalité il y a dans ses romans, il explique qu’en général tous ses romans sont basés sur des gens qui ont vraiment existé … plus ou moins! Dans ce roman, le seul personnage qui ait vraiment existé c’est Sola, la jeune femme qu’il a basé sur une femme qui avait été une des deux premières femmes à avoir le permis, la première femme à obtenir un diplôme de peintre et qui a 80 ans montait encore en haut d’échelle pour peindre!

Quand à lui et le personnage principal, il raconte qu’il a aussi beaucoup marché dans Reykjavik quand il avait 15 ans et il adorait le cinéma mais il n’est pas homosexuel et a grandi dans une famille aimante mais ils ont quand même assez de points communs.

Une des raisons qui l’ont décidé à écrire sur un garçon homosexuel dans une société qui ne voulait pas admettre qu’il existait c’est qu’il est de la même génération que les premiers garçons  à sortir du placard. Il a eu beaucoup d’amis qui ont été aux prises avec ces difficultés et beaucoup ont dû fuir dans d’autres pays. Beaucoup d’entre eux sont ensuite revenus au pays, certains atteints du sida et beaucoup sont morts. Il estimait que c’était à lui, écrivain, d’honorer leur mémoire en quelque sorte. Le livre est dédié à son oncle qui est mort du sida. Il voulait rendre hommage à leur combat. Son oncle faisait partie de la génération de ceux « qui n’existaient pas ».

A la question sur la place des homosexuels en Islande aujourd’hui, il répond que l’Islande est un des 10 pays où la place des homosexuels est la plus égalitaire au niveau des droits. A la fin des années 80, il y a eu une lutte pour ces droits. C’était une leçon de droits humains pour toute la nation.

  • L’Islande : une île

Quand on lui a demandé si les Islandais souffraient d’une sensation d’enfermement dans une petite île, il a répondu que quand on habite sur une île et qu’on est arrivé sur cette île il y a 1800 ans on sait que l’océan n’est pas un mur mais une voie.  La culture islandaise a toujours été en contact avec le monde.

  •  Sjón et Björk

Quand il avait 19 ans, un ami guitariste lui a présenté sa fiancée de 16 ans : c’était Björk. Ils sont devenus amis et entre les années 1981 et 86 ils faisaient partie d’un groupe de personnes qui voulaient changer le monde au travers de la musique et de la poésie. En 1995 quand Björk était en train d’écrire des chanson, elle lui a demandé de travailler avec elle. il a d’abord refusé en disant qu’elle écrivait très bien et n’avait pas besoin de lui mais le lendemain, elle l’a rappelé et il a accepté parce qu’il était son ami! Il a écrit la chanson « Isobel » et ensuite  ils ont collaboré sur d’autres textes. A chaque fois qu’ils ont travaillé ensemble, ils ont l’impression de retourner à l’époque où ils voulaient changer le monde.

J’avais dit que je n’achèterais pas de livre de Sjón car jusqu’ici je n’ai pas eu beaucoup de chance avec mes lectures islandaises mais bon, je suis faible et j’ai craqué, j’ai acheté « Le moindre des mondes » que j’ai fait dédicacer. 😉

Encore une fois, un grand merci à Fanny et Raphaël de la librairie Le Détour pour cette rencontre très intéressante!

 chez Cryssilda

La petite et le vieux : Marie-Renée Lavoie

Voici un roman que j’ai acheté au Québec sur les conseils de Karine et sachant qu’il n’y a pas de résumé sur la 4ème de couverture, je l’ai commencé sans idée préconçue!

La « petite » c’est Hélène, une petite fille de 8 ans qui voudrait qu’on l’appelle Jo et être un garçon ou plus exactement, elle aimerait être « Lady Oscar », le personnage de son dessin animé préféré. On est au coeur des années 80, elle vit avec son père, un prof un peu dépressif, sa mère, à la poigne de fer (quand elle dit «C’é toute», il n’y a pas argumenter!) et ses soeurs. Ils vivent dans un quartier populaire où semblent vivre pas mal de personnes sortant  de l’asile. Pour essayer de participer discrètement à la vie familiale et pour se montrer aussi chevaleresque que son modèle Lady Oscar, elle fait croire qu’elle a déjà 10 ans et livre des journaux tôt le matin puis plus tard devient serveuse dans un bingo.

Le « vieux » c’est Monsieur Roger, son nouveau voisin, un vieil homme assez bougon et solitaire qui passe son temps à « sacrer » (c’est à dire dire des gros mots en lien avec la religion, typiquement québécois) qui dit qu’il n’attend que de mourir.

Ces deux là s’apprivoisent et s’attachent! Ils deviennent important l’un pour l’autre, se surveillent, se protègent. Ils passent par des coups durs mais ils sont là l’un pour l’autre.

C’est une vraie belle histoire, très touchante. Tous les personnages sont vraiment attachants que ce soit les personnages principaux mais aussi aussi les personnages secondaires même juste croisés. J’ai beaucoup aimé l’écriture et les personnages et je lirai certainement un autre titre de l’auteur!

lectures communes   avec Aifelle et A Girl from Earth

et c’est presque une LC en différé avec Anne et Hélène qui l’ont lu pour Québec en Novembre aussi!

  chez Karine:) et  Yueyin

La marche en forêt : Catherine Leroux

J’ai acheté ce roman avec Karine au Québec après l’avoir noté dans ma LAL suite aux conseils de Yueyin lors d’une précédente édition de Québec en Novembre (cliquez sur leurs noms pour leurs avis).

Ça ne va pas être facile de vous parler de cette histoire car elle a une construction particulière faite d’allers et retours dans le temps, en passant d’une personne à une autre.

Le coeur du roman est l’histoire d’une grande famille élargie, les Brulé : parents, enfants, petits-enfants, oncles, tantes et cousins ainsi de les conjoints et une partie recomposée. Cette famille est loin d’être simple et épanouie. Ils traversent tous des drames, des crises, des moments de vie compliqués ou des relations particulières les uns avec les autres. Selon des différents membres de la famille et les moments de vie, ils sont proches ou en pleine tension. Il y a de l’amour, de la haine, des ressentiments, des attirances… On les suit dans leurs histoires familiales, amoureuses, dans leurs espoirs et leurs déceptions, dans leurs beaux moments et dans leurs périodes noires.

Il y a aussi des passages qui interrompent le récit sur la famille Brûlé et qui concernent une femme au 19 ème siècle : Alma. Une femme un peu sauvage qui finit en une sorte de Calamitiy Jane.

Comme je vous le disais, la construction n’est pas forcément simple à suivre, surtout au début car j’ai mis du temps à comprendre qui était qui. J’avais l’impression de trop zapper de l’un à l’autre. Il y a un arbre généalogique au début du roman mais il est plus trompeur qu’autre chose car certains personnages ne sont pas mentionnés et en fait, on n’en a pas pas besoin. Un passage du roman m’a fait sourire car c’est exactement ce que je ressentais à ce moment de ma lecture :

Mais, je dois aussi vous dire que le début de ma lecture correspondait à une période où je lisais moins par manque de temps et je « picorais » mon livre ce qui est une très mauvaise idée avec ce genre de roman. A partir de la moitié du roman, j’ai pu lire de manière plus continue et j’ai beaucoup plus apprécié!

Globalement j’ai bien aimé ce roman. J’ai beaucoup aimé le style, très poétique et j’ai aimé ce portrait de famille construit par des fragments de ses différents membres  comme des éclats de miroirs brisés car finalement, cette famille est pleine de fissures mais elle constitue malgré tout une unité. J’aurais sans doute encore plus aimé si mon début de lecture avait été moins haché mais je pense poursuivre ma découverte de l’auteur l’an prochain pour Québec en Novembre 2018 😉

Et pour en savoir plus sur la magnifique photos de couverture de ce roman, allez faire un tour chez Kathel!

  chez Karine:) et  Yueyin

Fèves au lard et à la mélasse

Tout d’abord, je tiens à dire que cette recette est une adaptation d’une recette que j’ai trouvé dans le livre de cuisine québécoise que Jules m’a offert cet été   (cliquez pour en savoir plus sur ce livre). Je n’ai pas suivi exactement la recette du livre à la lettre.

Ensuite, les vraies québécoises qui ont vu la photo de ma recette sur FB m’ont signalé que les « vraies » fèves au lard ne ressemblaient pas du tout à ça (normalement c’est avec des haricots blancs et ça ressemble plus à du cassoulet) mais je vous invite à regarder la photo illustrant la recette et mon plat et je pense qu’on peut dire que c’est quand même ressemblant 😉

Bref, on va dire que c’est une recette d’inspiration québécoise et nous avons aimé!

Ingrédients pour 6 personnes (pour la recette que moi j’ai faite, pas forcément les ingrédients du livre) :

  • 450g de fèves épluchées surgelées (de chez Picard pour ma part)
  • 1 tranche de poitrine fumée par personne (ou plus selon l’appétit)
  • 1 ou 2 oignons
  • Thym
  • Bouillon de volaille
  • 1 cuillère à soupe de moutarde
  • 2 cuillères à soupe de mélasse
  • sel, poivre

Préparation :

  • Couper la poitrine fumée en gros morceaux et faire revenir  dans une sauteuse dans de l’huile d’olive puis réserver.
  • Émincer les oignons, saupoudrer de thym (selon vos goûts) et faire revenir dans la sauteuse 5 mn.
  • Ajouter les morceaux de poitrine fumée.
  • Couvrir avec le bouillon.
  • Dans un petit bol, mélanger la moutarde et la mélasse et ajouter à la préparation en mélangeant avec une cuillère en bois
  • Ajouter les fèves (je ne les ai pas décongelée)
  • Laisser mijoter à couvert à feu doux pendant 20 mn

Pendant ce temps là, j’ai préparé une purée de pomme de terre.

Bon appétit!

 Les dimanches en cuisine chez Syl

  chez Karine:) et  Yueyin

A toi : Kim Thùy et Pascal Janovjak (lu par les auteurs)

Ce texte est en réalité une correspondance entre les deux auteurs. Ils sont tous les deux romanciers, ils se sont rencontrés à Cannes (si je ne me trompe pas, je n’ai pas le livre papier pour feuilleter et vérifier), ils se connaissent à peine mais ils ont envie d’échanger et de poursuivre une conversation commencée dans la vraie vie mais ils habitent l’une à Montréal et l’autre à Ramallah. Il n’y a pas d’histoire amoureuse ou de séduction entre les deux « personnages », non, ils sont vraiment dans un échange en tant qu’êtres humains.

Ils se parlent de toutes sortes de sujets, intimes ou universels, sur le passé avec les origines de Kim Thùy et de la famille de Pascal Janovjak, sur leur présent et particulièrement la vie de Pascal Janovjak. Il y a aussi des choses très quotidiennes et des réflexions très poétiques. Il y a comme une urgence à se livrer et à regarder le monde.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce texte, je ne saurai vous citer d’exemples (problème de l’audio) mais j’ai trouvé ça vraiment beau, très humain.

Je ne saurais que vous recommander de découvrir ces lettres en audio si vous aimez ce support de lecture car les auteurs lisent leurs lettres eux-même et j’avais vraiment l’impression d’être avec eux au moment où ils racontaient les différents événements ou livraient leurs réflexions.

Pour vous en savoir plus, voici ce que l’édition Libre Expression en dit :

« 8823 KM. Kim dort. Je suis seul face à ses derniers mots. Tous les jours, ils tombent dans ma boîte. Ce ne sont pas des lettres, juste des signes tapés sur un écran, envoyés à la vitesse de la lumière, par-delà mers et continents. Si cela avait été des lettres, il y aurait sur le papier des parfums d’océan, des traces de nuages. »

Et voici ce que l’édition Liana Levi en dit :

« Ils ne se connaissent pas, ils n’ont encore rien lu l’un de l’autre, lorsqu’un prix littéraire les réunit à l’automne 2010. Quelques heures entre parenthèses, à des milliers de kilomètres de leur quotidien respectif, durant lesquelles Kim Thúy et Pascal Janovjak nouent une complicité rare. Quand la première regagne Montréal et le second Ramallah, ils décident de poursuivre la conversation par-delà un océan et six fuseaux horaires. Au rythme des souvenirs et des anecdotes, leur correspondance esquisse le parcours de deux enfants de l’exil et du nomadisme. Elle aborde aussi le thème de la filiation et l’appétit d’écrire. 
Tissant adroitement l’intime et l’universel, À toi est une subtile méditation sur la fragilité de la vie et l’ouverture au monde. »

 Cliquez sur la photo pour lire un article intéressant sur les deux auteurs!

J’ai aussi lu « Ru » de Kim Thùy et je l’avais aussi écouté lire ce même texte.

Grâce à ICI-Radio-Canada qui propose (gratuitement) des livres québécois

  chez Karine:) et  Yueyin