Yorkshire puddings (pour un vrai Sunday Roast)

Le « Sunday Roast » c’est LE repas familial du dimanche en Angleterre. Le Sunday roast idéal se compose d’une viande rôtie, accompagnée de deux types de légumes -les anglais adorent leurs « meat and two veg » (de la viande et deux légumes)… (Au passage pour l’anecdote linguistique, l’expression « meat and two veg » est aussi l’équivalent de notre expression imagée française « les bijoux de famille » 😉 ) Pour un Sunday roast, il y a donc souvent des pommes de terre rôties (« roast potatoes »), des haricots verts et des carottes et des Yorkshire puddings, qui sont des petits « soufflés/flans » indéfinissables, le tout baigné dans de la sauce appelée « gravy » qui est une sauce brune de jus de viande que la majorité des anglais font à partir d’une poudre appelée « Bisto » (en France, on peut utiliser un fond de viande en poudre) 😉 Personnellement cela me rappelle le « Sunday roast » de ma grand-mère et de ma maman toutes les deux Britanniques!

Ingrédients pour 6 Yorkshire puddings :

  • moules à muffins (il existe en Angleterre des moules à Yorkshire pudding, ma grand-mère en avait mais on ne les a pas gardés)
  • 100g de farine
  • 2 oeufs
  • 200ml de lait (de soja pour une version sans lactose)
  • 1 cuillère à café d’huile par moule à muffin

Préparation :

  • Préchauffer le four Th 6-7
  • Dans un bol, verser la farine.
  • Faire un puits dans la farine et verser les oeufs.
  • Mélanger
  • Ajouter progressivement le lait jusqu’à ce que le mélange soit fluide
  • Laisser reposer entre 20 mn et une heure.
  • Mettre une cuillère à café d’huile dans chaque moule à muffin et mettre au four 5 mn (l’huile doit être très chaude au moment de verser la pâte.)
  • Verser la pâte dans les moules
  • Remettre à cuire 20-25 mn
  • 5 mn avant la fin, ouvrir la porte du four pour laisser échapper la vapeur.
  • Servir avec une viande, des légumes et de la « gravy », vous aurez alors le parfait « Sunday roast »!

 Les gourmandises en cuisine chez Syl

chez Lou et Cryssilda

Toad in the hole (il n’y a pas de crapaud dans les ingrédients c’est juste un plat de saucisses au four!)

Cette recette qui littéralement se traduit par « Crapaud dans le trou » ne contient aucun crapaud, je vous rassure! Ce n’est pas de la grande cuisine et pour ma part c’est une recette assez régressive car c’est un souvenir d’enfance. En effet, ma grand-mère Britannique -qui n’était pas une grande cuisinière- faisait cette recette et j’aimais beaucoup. A l’occasion du mois anglais, je me suis dit que j’allais la tenter en famille! C’est une recette qu’on ne sert pas dans un dîner de gala, hein, c’est plus un plat familial, ça ne paie pas de mine mais elle a été validée!

Ingrédients :

  • 100g de farine
  • 2 oeufs
  • 200ml de lait (de soja pour une version sans lactose)
  • 1 cuillère à soupe d’huile
  • saucisses (2 par personne, selon le nombre de personnes qui vont manger le plat et la taille des saucisses!)

Préparation :

  • Préchauffer le four Th 6-7
  • Dans un bol, verser la farine.
  • Faire un puits dans la farine et verser les oeufs.
  • Mélanger
  • Ajouter progressivement le lait jusqu’à ce que le mélange soit fluide
  • Laisser reposer entre 20 mn et une heure.
  • Placer les saucisses et l’huile dans un plat à gratin et faire cuire 20 mn (ajouter l’huile même si vous pensez que les saucisses sont assez grasses car la matière grasse très chaude est importante pour la deuxième partie de la cuisson.)
  • Augmenter le four TH 7-8
  • Verser la pâte dans le plat par dessus les saucisses.
  • Remettre à cuire 20-25 mn
  • Pendant les 5 dernières minutes, laisser le four ouvert pour faire échapper la vapeur

 Les gourmandises en cuisine chez Syl

chez Lou et Cryssilda

Le crime de l’Orient Express : Agatha Christie (+ adaptations filmées)

Je connais par coeur cette histoire d’Agatha Christie et je considère que c’est de ses meilleurs romans que je conseille toujours aux gens qui n’ont jamais lu la reine du crime!

J’ai certainement lu « Le crime de l’Orient Express » quand j’étais toute jeune mais ensuite j’ai vu plusieurs adaptations cinématographiques et du coup, je n’étais pas tellement tentée de le relire me disant que ça ne valait sans doute pas la peine. Mais quand j’ai emmené mes élèves au cinéma pour voir la dernière version en date, je me suis dit que ça ressemblait beaucoup (vraiment beaucoup!) à une adaptation de la version de la chaîne anglaise ITV et je me suis donc dit qu’il fallait que je le relise pour voir ce qui était dans le livre et ce qui n’y était pas!

La première adaptation que j’ai vue, il y a très longtemps date de 1974 (je ne l’ai pas vue à sa sortie quand même, étant née en 1973!) Réalisée par Sidney Lumet et elle a un casting incroyable et elle m’a vraiment marquée! C’est une très bonne version, notamment grâce à ses acteurs formidables (Lauren Bacall, Jacqueline Bisset, Sean Connery, Vanessa Redgrave, Jean-Pierre Cassel, Ingrid Bergman, Anthony Perkins…)

La deuxième version est celle de ITV avec David Suchet comme Hercule Poirot et je dois dire que David Suchet est un parfait Hercule Poirot, le plus fidèle, physiquement parlant, à celui d’Agatha Christie je pense et aussi au niveau du caractère. Mais dans cet épisode, il est un peu trop mystique à mon goût, faisant des prières et ayant un cas de conscience quasi religieux qui ne lui ressemble pas du tout. Cette version est aussi très sombre mais l’ambiance est bonne.

La dernière version en date est celle de Kenneth Branagh qui est sortie en novembre 2017 et que j’ai montrée à mes élèves au cinéma après avoir étudié la bande annonce. J’ai bien aimé ce film, les images et l’ambiance sont vraiment réussies. Hercule Poirot est cependant un peu surprenant : un peu trop « dynamique » pour correspondre vraiment au personnage écrit par Agatha Christie (je ne crois pas qu’Hercule Poirot ait couru une seule fois dans sa vie et là, il fait des cascades 😉 Par contre, il est parfaitement contente de lui!

Il y a donc des points communs dans les deux dernières versions. On présente une fin d’enquête avant le début de l’intrigue à bord de l’Orient Express, sans doute là pour montrer le grand talent d’enquêteur d’Hercule Poirot, mais évidement, cela n’est pas nécessaire dans le roman. Un des personnage féminin des deux dernières versions filmées est dépeint de la même manière mais elle est totalement différente dans le roman et il y a même une anecdote concernant la taille et symétrie des oeufs  la coque de Hercule Poirot qui est dans les deux films mais pas dans le roman (ce qui confirme mon impression que la dernière version est plus une adaptation de l’adaptation 😉

Je vais juste vous dire quelques mots de l’intrigue pour ne rien déflorer (surtout ne LISEZ PAS wikipédia!!!).

Hercule Poirot qui doit rejoindre Londres d’urgence prend un billet pour l’Orient Express de Istanbul à Calais à la dernière minute. A bord, il est abordé par Mr Ratchett, un des passagers, qui veut l’engager pour sa protection, ce qu’il refuse.

Mr Ratchett est découvert un matin assassiné de 12 coups de couteau, juste la nuit où le train est immobilisé par la neige au milieu de nulle part et donc que le coupable n’a pas pu s’échapper et est toujours dans le train.

Hercule Poirot découvre que la victime s’appelle en réalité M. Cassetti et qu’il était responsable de l’enlèvement et la mort d’une petite fille aux Etats-Unis, la petite Daisy Armstrong. Son meurtre a certainement un lien avec cette affaire.

Tout le monde est interrogé et les suspects deviennent de plus en plus nombreux mais les alibis sont aussi complètement solides et Hercule Poirot va faire marcher ses petites cellules grises pour trouver le coupable.

Je vous conseille fortement de le lire car pour moi c’est un classique de la littérature policière!

chez Lou et Cryssilda

 du mois anglais autour du « polar »

54e Agatha Christie de ma collection

catégorie « lieu ou moyen de transport » de ma ligne Agatha Christie

Le mois anglais va commencer!

C’est la 7ème année consécutive que je participe à ce mois thématique pour mon plus grand plaisir! Je m’y prépare depuis mai!

De quoi s’agit-il ? Il faut parler sur son blog de tout ce qui concerne l’Angleterre (attention, on a bien dit mois « ANGLAIS », pas « Britannique » !) : en littérature, on peut lire des livres écrits PAR des auteurs anglais ou qui se situent EN Angleterre. On peut aussi parler de la culture anglaise : musique, films, séries et art sous toutes ses formes et on peut aussi faire voyager en Angleterre et manger de la cuisine anglaise !

Si vous voulez, vous pouvez piocher des idées de lecture communes dans les billets suivants chez Lou et Cryssilda et même en proposer. Il y a aussi un groupe facebook si vous voulez échanger encore plus.

      chez Lou et Cryssilda.

De mon côté, voici mon programme (non définitif, bien sûr !)

Concernant les livres déjà lus en mai, vous pourrez trouver mes avis sur :

LU

Le jardin des secrets (LU)

Des livres audio :(LU)

(En cours de lecture)

Le 6 juin pour le rendez-vous de la BD du mercredi :(LU)

Le 12 juin car c’est le livre qui remplace le livre n°3 tiré au sort au Book Jar :(pas traduit)  (LU)

Pour le rendez-vous audio de Sylire le 16 juin :(LU)

(LU)

Le 20 juin pour le rendez-vous de la BD du mercredi :(LU)

J’ai aussi envie de lire des livres de ma PAL :

Ecoute la ville tomber

Après la fin

Quand tu es parti

Sur ma liseuse :(Ce titre vient d’obtenir le prix de ELLE!)

Bien sûr, je pense comme d’habitude que j’ai les yeux plus gros que le temps de lecture que j’ai devant moi en juin (surtout quand on est prof de collège, le mois de juin n’est pas celui où on a le plus de temps entre les bulletins et les conseils de classe 😉

Je vous emmènerai aussi en voyage en photos : à Oxford, Eton et aux Studios Harry Potter.

Et pour reprendre des forces et pour accompagner le thé je vous proposerai un « Summer berries and almond cake »  avec  Les gourmandises en cuisine chez Syl

Voilà un mois qui devrait être bien sympa comme d’habitude! Si vous souhaitez me proposer des lectures communes, n’hésitez pas, rien n’est gravé dans le marbre (à part les rendez-vous déjà fixés)! Ma PAL anglaise est la suivante (mais il y a des pavés que je préfère garder pour cet été car j’aurai peur de ne pas avoir de temps pour mettre des billets anglais tout le mois de juin 😉 ) :

Ma PAL livres :

  1. Atkinson Kate : Life after life PAL 2015
  2. Patrick Gale : Notes from an exhibition (Tableaux d’une exposition) (prêté par mum en mai) PAL 2018
  3. Sarah Moss : The tidal zone (acheté à Jersey en octobre) PAL 2017
  4. O’Farrel Maggie : After you’d gone  (prêté par Mum) PAL 2016
  5. O’Farrel Maggie : This must be the place (acheté à Londres mars)  PAL 2017
  6. The bricks that built the houses : Kate Tempest (acheté à Oxford en mars) PAL 2018

Ma PAL audio  :

  1. Ragdoll : Daniel Cole

Ma PAL numérique  :

  1. Papillon de nuit : Ellory R.J.
  2. Les Mysteres d’Avebury – Robert Goddard
  3. Les mères : Samantha Hayes
  4. Veronica Henry : La petite librairie des gens heureux
  5. Le Fil des souvenirs : Victoria Hislop
  6. Anna Hope – La salle de bal
  7. Sue Townsend : Dans la peau de Coventry

Avant le gel : Henning Mankell

Je sais qu’Henning Mankell a ses fan (et particulièrement son personnage Kurt Wallander) mais je n’avais lu que « Meurtriers sans visage » de lui, il y a longtemps et « Les chaussures italiennes » récemment mais sans Wallander et je n’avais donc aucune attentes particulières.

L’histoire commence avec un personnage qui vient d’échapper à la tuerie/suicide collectif de Jim Jones à Guyana alors qu’il était un disciple du gourou. Puis nous nous sommes en Suède au début des années 2000 et la police est informée que des cygnes ont été vus en train de brûler en plein vol. Cette information n’est pas tellement prise au sérieux avant qu’un taureau ait à son tour été brûlé vif. Wallander s’intéresse à cette affaire et au même moment, une femme est découverte sauvagement assassinée… ou plutôt… sa tête et ses mains sont retrouvés mais pas le reste du corps. La question est de savoir si les différents cas sont liés.

En parallèle, on suit Linda Wallander, la fille du policier, qui vient de revenir dans sa ville de jeunesse en attendant de prendre son poste d’aspirante policière après l’été. Elle renoue avec ses anciennes amies, en particulier Anna. Cette dernière disparaît brusquement sans donner de nouvelles et Linda s’inquiète terriblement et commence à fouiller dans la vie et dans l’appartement de son amie pour essayer de la retrouver…

Cette histoire policière nous emmène dans l’univers du fanatisme religieux mais c’est aussi centré sur Linda et ses relations aux autres : amies et famille.

J’ai plutôt bien aimé mais j’ai quand même trouvé quelques longueurs, particulièrement dans les passages concernant la disparition de Anna et les considérations religieuses. J’ai beaucoup aimé le personnage de Kurt Wallander. Dans ce tome, il vit avec sa fille Linda, qui doit avoir la trentaine je pense et cette dernière réagit souvent envers son père comme si elle était encore adolescente. C’est sans doute assez réaliste (qui n’a pas eu l’impression de retomber dans l’adolescence au bout de quelques jours chez ses parents? 😉 ) mais c’était assez énervant au bout d’un moment. Ce qui m’a aussi énervée c’est qu’elle prenne des libertés dans des situations potentiellement dangereuses qui ne me semble pas du tout aller avec son envie de devenir policière.

 

(Le dernier livre de ma PAL de cette année-là!)

 chez Antigone

 ma Best

 chez Cryssilda

Les chaussures italiennes : Henning Mankell (lu par Marc-Henri Boisse)

 

Fredrik Welin a soixante-six ans et il vit seul avec son vieux chien et sa vieille chatte sur une île isolée de la mer Baltique. Ses seules visites sont celles du facteur, qui est aussi un peu son patient car Frederik était autrefois chirurgien. Mais depuis une douzaine d’années, il s’est coupé du monde, et en cet hiver, où comme chaque jour, il creuse un trou dans la glace pour se baigner dans l’eau glaciale il ne réalise pas que sa vie va prendre un tournant qui va bouleverser sa vie devenue si routinière.

En effet, une femme en déambulateur arrive sur la glace.. Cette femme c’est Harriet la presque fiancée qu’il a abandonné sans lui donner de nouvelles quarante ans auparavant quand il est parti étudier aux Etats-Unis et avec qui il n’a jamais repris contact après. Harriet est mourante et elle veut qu’il  honore une promesse qu’il lui avait faite toutes ses années passées.

Avec Harriet, une sorte de road trip va commencer pour Frederik ou plus exactement une sorte de tour en montagnes russes car en prenant la route avec Harriet, sa vie prendre un tournant spectaculaire : d’autres femmes vont entrer dans sa vie, des femmes qui directement ou indirectement en faisaient partie et qui vont le faire se remettre en question et l’ouvrir au monde et à lui-même.

Ce roman porte un regard très touchant sur la vieillesse, sur l’âge où on regarde son passé et qu’on peut encore changer des choses et Frederik saisit à bras le corps cette opportunité de changer sa fin de vie. C’est très touchant.

 Chez Sylire

 chez Cryssilda

Journal d’un vampire en pyjama (suivi de Carnet de board) : Mathias Malzieu (lu par l’auteur)

Journal d’un vampire en pyjama

Ce livre est un document écrit comme un roman poético-humouristique avec des jeux de mots et des images presque naïves et pourtant ce témoignage est poignant et réaliste car réél. Mathias Malzieu, le chanteur du groupe Dionysos découvre par hasard qu’il souffre d’une maladie très grave, l’aplasie médullaire, qui attaque sa moelle osseuse. Et cela tombe particulièrement mal car il est sur le point de sortir son film « La mécanique du coeur » et il n’a pas le temps de s’occuper de lui…

Et pourtant il n’a pas le choix et c’est une question de vie ou de mort… Alors commence la valse des hôpitaux, les tests, les transfusions qui le transforment en « vampire en pyjama »… Une bataille à la fois pour se soigner mais pour aussi essayer de gagner du temps pour mener son projet de film, un combat qu’il mène avec l’aide de sa famille, de Rosy son amoureuse et puis surtout le personnel des hôpitaux.

Ce texte est un témoignage vraiment touchant car comme c’est un journal, il y retrace au jour le jour l’évolution de la maladie, avec ses doutes, ses craintes, ses bravades pour se protéger et protéger les siens. Je dois dire aussi que ce journal est une belle déclaration d’amour pour les infirmières et le personnel soignant qui l’ont vraiment accompagné et c’est vraiment beau à lire!

Le ton, plein d’une poésie enfantine et pourtant terre à terre donne un petit goût acidulé à ce témoignage qui aurait pu être tellement noir. Un très beau texte sur la maladie avec tous ses aspects mais aussi l’espoir.

« Ce livre est le vaisseau spécial que j’ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent. Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d’amour aussi. Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n’ai rien eu à inventer. Si ce n’est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon cœur. »

Carnet de board

Ce texte qui suit « Journal d’un vampire en pyjama » est un journal aussi mais cette fois-ci un journal de voyage. Mathias Malzieu avait émit le souhait, s’il se sortait de sa maladie, de traverser l’Islande en skate board à moteur… Alors une fois guéri, il s’est lancé dans cette aventure!

Ce récit de voyage est assez fascinant car il se retrouve tout petit sur son skate board (d’abord à moteur puis tout simple) dans l’immensité de l’Islande… Car si l’Islande est un petit pays en taille, c’est un pays immense dans sa grandeur géographique et culturel.

On visite avec lui, on découvre le pays, on se perd, on rencontre des Islandais, on est face à la mer, face au ciel, face aux aurores boréales. C’est un vrai voyage mais c’est aussi une sorte de défi et de revanche.

Une belle conclusion!

Merci à 

 Chez Sylire

catégorie « Mort »

 chez Cryssilda

Le moindre des mondes : Sjón

J’ai acheté ce livre après ma rencontre avec l’auteur, Sjón, dans ma librairie, parce qu’il m’avait vraiment intéressé. Pourtant, j’avais dit que je n’achèterais plus de roman islandais car je me suis rendue compte à chaque fois que je n’étais pas du tout emportée dans leurs univers… Mais j’ai été faible car l’homme était vraiment passionnant… et après avoir lu ce très court roman, je déclare à nouveau et cette fois pour la dernière fois je pense : la littérature islandaise n’est pas faite pour moi!

Voici ce qu’en dit l’éditeur :

« Un jour tout blanc de neige et de glace, le révérend Baldur Skuggason, part à la chasse, fusil à l’épaule, fureur au ventre. Pendant ce temps, Fridrik le botaniste cloue un cercueil, celui d’Abba, handicapée de naissance. Ces trois personnages, la bête féroce, le lettré et la douce enfant vont de façon étonnant mêler leur histoire. »

Alors… comment vous parler de cette histoire… Le positif, c’est la langue, très poétique, un beau style qui fait vraiment voyager en Islande, géographiquement mais aussi dans l’esprit islandais, si je me base sur ce que l’auteur nous a dit de l’amour des Islandais pour les mots. D’ailleurs dans le texte on peut lire :

« Il déclara à ses compagnons de voyage :

-J’ai vu l’univers! Il est constitué de poèmes!

Les Danois se dirent qu’il avait parlé là en « rigtig Islænding », c’est à dire en authentique Islandais. »

Mais par contre en ce qui concerne l’histoire je ne peux pas dire que je sois sous le charme… Les trois personnages évoqués dans la quatrième de couverture sont bien présents mais les histoires sont assez cloisonnées et comme le roman est très court, on n’a pas vraiment le temps de s’attacher à eux et à prendre le temps de voir le lien. Ils sont un peu trop survolés à mon goût. Et puis il y a une scène un peu onirique de délire où une renard a aussi un rôle important…

Bref j’ai été un peu perdue dans ce roman que je ne conseillerais qu’aux amateurs du style islandais dont je ne fais décidément pas partie!!

 chez Cryssilda

La saga de Grimr : Jérémie Moreau

Résumé de l’éditeur : « La Saga de Grimr est une quête d’identité tragique dans un décor grandiose. Le héros y est confronté à chacun des piliers de la culture islandaise : le prestige de la généalogie, le culte de la loi et la superstition. 1783. L’Islande, accablée par la misère, doit encore subir le joug du Danemark. Et le sort de Grimr, devenu orphelin, est plus cruel encore dans ce pays où l’homme se définit d’abord par son lignage. Doté d’une force impressionnante, il se sait capable de rivaliser avec les plus fameux héros de saga même s’il n’est le fils de personne. Il ne lui manque que l’opportunité de prouver sa valeur… »

Nous sommes en Islande au 18ème siècle et un encart nous informe de la situation  du pays à l’époque :

Nous rencontrons Grimr, un jeune garçon roux au moment même où il devient orphelin à cause d’une irruption volcanique. Au lieu d’être recueilli il est tout d’abord attrapé par des vendeurs d’enfants puis sauvé par un voleur impressionné par la force presque surhumaine de cet enfant malheureux. Autant dire que l’âpreté de l’Islande et la vie difficile dans ce pays à cette époque est campée dès le début de l’histoire!

Grimr est donc le fils de personne mais il se lie à Vigmar le Valeureux (ou plutôt le Voleur!) et quand à nouveau il se retrouve seul, à cause de la noirceur de l’homme cette fois plutôt que de la nature, il part alors en quête d’une nouvelle vie. Mais il n’est vraiment pas simple d’être sans racine dans un pays où tout est lié à la famille. L’amour n’est pas facile non plus quand on est un jeune homme taciturne qui a souffert de ses relations avec les autres et qui par sa différence souffre encore. Et pourtant Grimr veut être aimé…

Le pays est un personnage à part entière avec sa nature dure et belle, avec ses traditions, avec ses dangers. On ressent vraiment les conditions climatiques et géographiques/géologiques mais aussi la mélancolie de Grimr un géant rude mais si sensible aussi.

Les dessins servent magnifiquement l’histoire!

Une très belle découverte faite grâce au billet de Moka.

  chez Moka 

 chez Cryssilda

Roaarrr Challenge

Rencontre avec Sjón

Samedi 25 novembre, à l’occasion du festival normand sur les pays nordiques Les Boréales, l’auteur islandais Sjón est venu chez moi, à la librairie Le Détour.

  • L’Islande, la littérature, la poésie

L’intervenant qui présente Sjón nous apprend que l’auteur a commencé à écrire très tôt, d’abord de la poésie et il était influencé par les surréalistes. Il a aussi écrit pour la chanteuse Björk. Il nous explique que l’Islande est un pays où les livres ont une place capitale. A l’époque médiévale, les islandais ont plus écrit que tous les autres pays d’Europe réunis, notamment les « sagas ». Ces grandes histoires qui ont traité de façon très détaillée des grandes histoires du monde ont encore une influence sur les écrivains Islandais qui peuvent se tourner vers elles et que les gens portent en eux comme un héritage. Pendant les années sombres de l’occupation danoise, les islandais ont continué de développer leur littérature. Après l’indépendance, la littérature s’est encore élargie et elle est très vivante dans le monde entier. L’Islande a toujours réussi a réunir deux tendances, la tradition et les nouveautés. Il a aussi évoqué les influences des grands courants littéraires étrangers qui ont beaucoup apporté à la littérature islandaise.

Sjón ajoute que l’Islande était très pauvre et la seule activité qui existait c’était la création littéraire. Il dit que l’Islande n’a pas de cathédrales, pas de peintures, pas grand chose mais ils ont des œuvres littéraires qui prouvent leur existence. Il précise que les islandais croient que le monde est fait de parole, de belles paroles et donc de poèmes.

Quelqu’un lui demande de donner sa définition de la poésie. Il répond qu’à 15 ans il a découvert qu’avec la poésie il pouvait créer des images avec des mots. C’est l’interaction entre le monde réel visible et l’invisible que l’on peut créer avec des mots et pour lui, c’est ça la force de la poésie. Il ajoute qu’il a été séduit très tôt par les surréalistes et pour lui la poésie n’était pas seulement un phénomène esthétique mais aussi une formule magique qui peut sauver le monde.

Il dit aussi qu’en Islande, on apprend que la littérature appartient à tout le monde. La littérature doit être ouverte à tous, à tous ceux qui ont besoin de lire ou besoin d’écrire. Quand il avait 15 ans, il croyait que c’était naturel non seulement d’écrire des poèmes mais aussi de les publier et qu’on les lisent.

Quatre de ses romans ont été publiés en France et son recueil de poèmes « Oursins et moineaux » vient juste de sortir en France. A la fin de la rencontre,  il nous a lu un poème en islandais si vous voulez l’entendre cliquez sur ce lien pour trouver la vidéo sur ma page FB- lu ensuite en français par sa traductrice. Il plaisante sur le fait que la poésie des oursins relie Granville à Reykjavik.

  • Sjón et l’écriture

Fanny, ma libraire, nous a lu le début du roman « Le moindre des mondes » (elle lit très bien!) et elle nous montre que même si c’est un roman, avec une histoire, la mise en page très aérée ressemble à un recueil de poésie et le style est aussi très poétique.

L’intervenant explique que l’une des caractéristiques de l’écriture de Sjón c’est que même s’il traite de personnages ou de sujets terre à terre, c’est dans un style très poétique. Il parle souvent de personnages réprouvés qui sont souvent sauvés par la poésie ou l’art. Sjón précise que ses œuvres reflètent sa foi dans l’art poétique, narratif et c’est ce qu’il peut reporter sur ses personnages et les améliorer et les sauver par cet amour de l’art. Il croit que l’art existe pour que les gens puissent se sauver, quelles que soit leurs vies.

  • « Le garçon qui n’existait pas » : cinéma et homosexualité

Le personnage principal de ce roman est un jeune homme, homosexuel et prostitué à Reykjavik en 1918 qui vit dans des conditions difficiles et qui revit quand il découvre le cinéma. Le cinéma est une source de rêve. Il va être fasciné par le personnage d’Irma Vep et l’actrice Musidora. C’était important pour lui de choisir de parler de films qui ont vraiment été projetés à Reykjavik à cette époque et cela lui a fait particulièrement plaisir de découvrir que « Les vampires » avaient été projeté car c’était un film très apprécié par les surréalistes et cela lui permettait de jeter un pont entre les surréalistes et lui, entre les amateurs de ce film et lui. Le personnage d’Irma Vep représente la modernité, l’esprit révolutionnaire de l’Islande de cette époque.

Quand on lui demande quelle part de réalité il y a dans ses romans, il explique qu’en général tous ses romans sont basés sur des gens qui ont vraiment existé … plus ou moins! Dans ce roman, le seul personnage qui ait vraiment existé c’est Sola, la jeune femme qu’il a basé sur une femme qui avait été une des deux premières femmes à avoir le permis, la première femme à obtenir un diplôme de peintre et qui a 80 ans montait encore en haut d’échelle pour peindre!

Quand à lui et le personnage principal, il raconte qu’il a aussi beaucoup marché dans Reykjavik quand il avait 15 ans et il adorait le cinéma mais il n’est pas homosexuel et a grandi dans une famille aimante mais ils ont quand même assez de points communs.

Une des raisons qui l’ont décidé à écrire sur un garçon homosexuel dans une société qui ne voulait pas admettre qu’il existait c’est qu’il est de la même génération que les premiers garçons  à sortir du placard. Il a eu beaucoup d’amis qui ont été aux prises avec ces difficultés et beaucoup ont dû fuir dans d’autres pays. Beaucoup d’entre eux sont ensuite revenus au pays, certains atteints du sida et beaucoup sont morts. Il estimait que c’était à lui, écrivain, d’honorer leur mémoire en quelque sorte. Le livre est dédié à son oncle qui est mort du sida. Il voulait rendre hommage à leur combat. Son oncle faisait partie de la génération de ceux « qui n’existaient pas ».

A la question sur la place des homosexuels en Islande aujourd’hui, il répond que l’Islande est un des 10 pays où la place des homosexuels est la plus égalitaire au niveau des droits. A la fin des années 80, il y a eu une lutte pour ces droits. C’était une leçon de droits humains pour toute la nation.

  • L’Islande : une île

Quand on lui a demandé si les Islandais souffraient d’une sensation d’enfermement dans une petite île, il a répondu que quand on habite sur une île et qu’on est arrivé sur cette île il y a 1800 ans on sait que l’océan n’est pas un mur mais une voie.  La culture islandaise a toujours été en contact avec le monde.

  •  Sjón et Björk

Quand il avait 19 ans, un ami guitariste lui a présenté sa fiancée de 16 ans : c’était Björk. Ils sont devenus amis et entre les années 1981 et 86 ils faisaient partie d’un groupe de personnes qui voulaient changer le monde au travers de la musique et de la poésie. En 1995 quand Björk était en train d’écrire des chanson, elle lui a demandé de travailler avec elle. il a d’abord refusé en disant qu’elle écrivait très bien et n’avait pas besoin de lui mais le lendemain, elle l’a rappelé et il a accepté parce qu’il était son ami! Il a écrit la chanson « Isobel » et ensuite  ils ont collaboré sur d’autres textes. A chaque fois qu’ils ont travaillé ensemble, ils ont l’impression de retourner à l’époque où ils voulaient changer le monde.

J’avais dit que je n’achèterais pas de livre de Sjón car jusqu’ici je n’ai pas eu beaucoup de chance avec mes lectures islandaises mais bon, je suis faible et j’ai craqué, j’ai acheté « Le moindre des mondes » que j’ai fait dédicacer. 😉

Encore une fois, un grand merci à Fanny et Raphaël de la librairie Le Détour pour cette rencontre très intéressante!

 chez Cryssilda