« Le libraire de Kaboul » (« The bookseller of Kabul ») de Asne Seierstad

Asne Seierstad est une journaliste norvégienne habituée des zones de guerre ou des zones dangereuses.

Dans la préface, elle raconte qu’elle a vécu quelques mois avec Sultan Khan, un libraire de Kaboul et sa famille en Afghanistan. Ne parlant par leur langue, elle comptait sur les quelques membres de la famille parlant anglais pour communiquer et recueillir les histoires personnelles et familiales ainsi que les confidences.

Toujours dans la préface, elle explique qu’elle a écrit son livre « sous forme littéraire mais qu’il est basé sur de vrais événements qui lui ont été racontés » et que, quand elle « décrit les pensées et les sentiments, le point de départ était ce que les gens lui ont dit avoir pensé ou ressenti. »

J’ai abandonné ce roman (??) avant la moitié car je n’ai pas aimé le style. J’ai trouvé que le récit n’avait justement pas vraiment une « forme littéraire », que c’était écrit de façon très factuelle, très journalistique. Pourquoi pas en faire un documentaire, mais à ce moment-là, elle aurait du parler en son nom en citant les témoignages et non en transformant les gens en personnages. Les parties concernant les « personnages » sont assez décousues, sans lien évident les uns avec les autres, plus comme des galeries de portraits. La famille du libraire n’est finalement qu’un prétexte pour parler de l’Afghanistan au sens large.

J’ai trouvé que l’ensemble manquait beaucoup d’émotion et de vrai ressenti, et c’était assez artificiel.

Peut-être est-ce dû au fait que j’ai lu et beaucoup aimé « Les cerfs-volants de Kaboul » et « Mille soleils splendides » de Khaled Hosseini qui allient parfaitement un style et des personnages vivants et fouillés tout en donnant une vision réaliste et poignante sur la vie en Afghanistan.

EDIT du 25 septembre : Ma tante qui habite en Norvège m’a donné quelques information sur Asne Seierstand…

« Quand il est sorti, ce livre a fait du bruit étant écrit par une journaliste femme à Kaboul et qui avait aussi l’expérience de la guerre en Irak. Depuis plusieurs années, le libraire et sa femme font des procès à cette journaliste pour avoir révéler des affaires de famille qui les discréditent dans leur pays si bien qu’ils ont émigré (Canada, Norvège, Pakistan). D’autres membres de la famille réclament aussi des dommages. Vrai ou faux, difficile de savoir mais je pense qu’ils ont aussi un avocat norvégien connu ici pour être un peu prêt à tout pour une bonne pub et des affaires pas toujours très clean »

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« L’ange de Grozny » de Asne Seierstad

 

Livre lu pour la séléction du mois de décembre du Prix de ELLE, catégorie « Documentaire ».

 

 

 

 

 

 

 

Dans « L’ange de Grozny », Asne Seierstad nous parle d’histoires individuelles et de catastrophes humaines. Des peurs ancestrales des tchétchènes et de leurs espoirs aussi. On revient sur l’histoire de la Russie et de la Tchétchénie où l’on découvre une société en colère et blessée. On s’aperçoit aussi du poids de la religion. Elle parle du passé et du présent et s’interroge sur l’avenir de ce pays.

 

« Timour est rossiyanin, mais pas rousski. Il est citoyen de Russie, mais pas russe. Timour est tchétchène. Outre le russe, il parle sa langue maternelle, le tchétchène, mais il n’a jamais appris à écrire. Il connaît sa culture à travers les légendes et les mythes, mais n’en a jamais appris l’histoire. Il sait qu’il est musulman mais n’a jamais appris à prier. Il sait qu’il va se battre, mais ne sait pas contre qui. » Page 17

 

Asne Seierstad découvre d’abord la Tchétchénie en tant que journaliste free-lance pendant la guerre en 1995. Elle y retourne en cachette en 2006. Elle habite chez Hadizat –l’ange de Grozny– cette femme exemplaire qui recueille des orphelins, les gamins détruits par la guerre et les conséquences de celle-ci. Elle rencontre ainsi de nombreuses personnes vivant en Tchétchénie qui ont subi des horreurs depuis l’époque stalinienne jusqu’à nos jours.

 

J’ai trouvé cela bien écrit : un mélange de propos factuels et journalistiques et d’un style plus personnel. C’est un document très intéressant qui éclaire sur le monde. Un portait noir de la Tchétchénie et peu reluisant de la Russie.

 

« […] C’est ce qu’on appelle la Tchétchénisation du conflit. Les bourreaux et les victimes sont eux même tchétchènes. Mais c’est le Kremlin qui décide qui va détenir le pouvoir. Ses hommes de main opèrent dans l’ombre. Et au grand jour. » Page 178