« Passion Arabe » de Gilles Kepel

Je n’ai pas réussi à rentrer dans ce document très universitaire dans la forme comme dans le fond. Politique, géopolitique, politique internationale : je ne suis pas du tout attirée par  ces sujets et mes yeux sautaient d’une ligne à l’autre sans réussir à me concentrer ou m’intéresser.

Je vais donc être tout à fait honnête : je n’ai pas lu Passion Arabe. J’ai essayé mais je n’ai pas pu me forcer, je n’avais vraiment pas envie de le lire.

Je n’ai d’ailleurs pas du tout su comment le noter car je ne pouvais pas juger de la qualité de ce livre, si je l’ai abandonné ce n’est pas que parce que je ne l’ai pas aimé ou que je l’ai trouvé mauvais mais parce qu’il n’était tout simplement pas pour moi. J’ai préfère ne pas le noter.

J’ai quand même eu l’impression d’être un peu inculte de ne pas avoir l’envie de m’intéresser à ce sujet mais L’Homme qui me connaît m’a dit en voyant le sujet  : « Mais ce n’est vraiment pas pour toi, tu ne lis jamais ce genre d’article dans les magazines »… Oui, j’avoue je m’intéresse plus à la fiction…Et j’ai été honnête avec le Prix de ELLE (ce billet est celui que je leur ai envoyé, mis à part ce dernier paragraphe sur mon inculture) et voilà ce qu’elles m’ont répondu : «  L’absence de note ne peut être qu’exceptionnelle, cependant, Nous comprenons votre difficulté à noter le document « Passion Arabe »… J’avoue que je me suis sentie un peu moins bête en lisant ça!

Les autres jurées ont souvent trouvé ce documentaire exigent et sérieux mais elles ont souvent aimé…

Lu dans le cadre du  2014

D’ailleurs vous pouvez aller fouiner sur les blogs des copines jurées de ELLE : 

Ankya,  AwaBiancaBlandine

Eva, FleurGaléa, Kirili

MarjorieMarieMeelly, Micmélo

MiorMusmePascale,

TynnValérieVirginie

Pascale en parle chez elle

Micmélo en parle chez elle

« Longue division » de Derek Nikitas

Dans ce roman, deux histoires s’intercalent sans lien apparent.

Jodie qui est une femme de ménage à Atlanta vole 5000 dollars dans une maison puis s’enfuit avec la voiture d’un ami pour partir à la recherche de son fil qui a été adopté et qu’elle n’a pas vu depuis longtemps. Ce dernier est un adolescent qui se découvre homosexuel et qui ne le vit pas très bien. Elle le rejoint et prend la route avec lui.

L’autre histoire est celle d’un frère qui part avec un ami de la fac pour retrouver sa sœur qui traine avec des dealers. L’ami en question est amoureux de la sœur et il se retrouve au milieu d’une fusillade durant laquelle le frère et la sœur sont tués. Un policier est indirectement impliqué et est le seul à savoir que ce garçon était sur les lieux du massacre. La femme du policier est mourante, sa fille étudiante noie son angoisse dans l’alcool.

Les deux histoires finissent par être liées par des personnages mais cela ne semble qu’un prétexte pour lier deux histoires indépendantes, d’autant que cela n’arrive qu’assez tard dans le roman.

Autant le dire tout de suite, je me suis ennuyée pendant cette lecture. L’alternance entre les deux histoires ne permet jamais de s’installer dans une histoire ou dans une autre et cela traine un peu en longueur. J’ai aussi trouvé l’histoire confuse, les personnages caricaturaux et les situations irréalistes. J’ai vraiment eu l’impression que l’auteur écrivait son roman pour qu’un film en soit fait et il utilise beaucoup de « ficelles » hollywoodiennes (ou à vrai dire de séries télés) et j’ai eu le sentiment d’être prise en otage d’un projet qui ne s’adressait pas forcément à moi, lectrice, mais à un potentiel réalisateur.

Mais ce qui m’a vraiment exaspérée c’est le gadget d’écriture qui fait que l’auteur ne finit pas ses phrases en fin de chapitre et omet des mots en début de chapitre… Je n’ai pas du tout vu l’intérêt de cet effet, cela n’apportait rien d’autre que de la confusion (à moins que ce soit une indication cinématographique : « Ici : faire un fondu enchainé » ?)

Je suis passée à côté de ce roman. Je suis allée jusqu’au bout pour voir si j’allais être surprise à la fin mais sans succès.

 

Lu dans le cadre du  2014

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« Fitzgerald le désenchanté » de Lilian Kerjan

Cette biographie de Francis Scott Fitzgerald raconte la vie de l’homme et sa vie d’auteur. Cet homme qui a une vie mouvementé avec Zelda, sa femme, qu’il aime mais qui est malade –psychologiquement. Il a du mal à se fixer, à trouver de la stabilité, que ce soit dans son entourage ou géographiquement.

C’est aussi le portrait de l’auteur –un homme qui veut écrire et qui est exigent avec lui-même mais qui doit aussi beaucoup écrire pour des raisons économiques. Avec Zelda, ils jouent un peu un rôle, le couple « à la mode » et vivent souvent au-dessus de leurs moyens.

En tout cas, le titre « Le désenchanté »  lui va parfaitement.

Ce qui m’a le plus plu dans cette biographie, c’est la société qui est dépeinte, les années folles, les intellectuels et les riches oisifs. J’avais l’impression de retrouver les riches américains que l’on rencontre dans les romans d’Agatha Christie !

Je ne suis pas une adepte des biographies, ça ne me passionne guère en général mais celle-ci a au moins eu le mérite de me donner envie de lire Fitzgerald et j’ai d’ailleurs immédiatement commencé « Gatsby » en livre audio !

Lu dans le cadre du  2014

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L’avis d’Eva et Bianca et Marjorie en  cliquant sur leurs noms.

« Cherchez la femme » de Alice Ferney

Ce roman est une saga familiale qui commence par la rencontre de Nina et Vladimir, les parents, et qui nous dépeint leur vie de couple et de parents et la vie de leur fils Serge, jusqu’à l’âge mûr. Mais cette histoire est tout le contraire d’une « belle histoire », c’est plutôt un manifeste anti-mariage car les personnages sont tous bien malheureux : les gens mariés se déchirent, se font du mal, se battent… mais restent ensemble et quand ils divorcent, ils n’arrivent pas à le faire franchement et se font encore plus de mal.

Nina, épousée jeune en veut à son mari de ne pas être devenue celle qu’elle croit qu’elle aurait pu être mais plutôt que d’évoluer, se met à boire. Vladimir, traverse la vie en riant, il aime sa femme sans se soucier de ce qu’elle ressent. Ils ont tous les deux une admiration sans bornes pour leur fils parfait, Serge. Serge, très intelligent, grandit en se considérant exceptionnel et ne vit que pour être admiré de tous (il est « puant » de supériorité et d’indifférence aux autres), Marianne, élevée par Brune une femme vraiment méchante avec sa fille, est une jeune femme plutôt aimable et ouverte mais sa tolérance envers son mari Serge vire à la bêtise car non seulement elle supporte tout en devenant une vraie carpette mais elle ne sait pas le laisser partir quand il la quitte…

Et pourtant si cette histoire est plutôt sinistre sur sa vision des rapports humains c’est un bon roman car les personnages sont très bien écrits : ils sont exaspérants. C’est une  famille dysfonctionnelle avec ses membres parfois odieux, aimant les autres trop ou trop peu, s’aimant eux-mêmes trop ou se détestant et s’autodétruisant, s’aimant mal les uns les autres… Ces gens ne devraient pas rester ensemble mais ne savent pas se quitter.

Alors bien sûr, la concentration de personnes névrosées dans une même famille est assez excessive! C’est un peu exagéré que TOUS les membres d’une famille soient si peu aimables, mais ces personnages haïssables sont très réussis car on a tous connus des gens plus ou moins comme ça, on peut retrouver des traits de personnes réelles dans certains aspects de chacun des personnages… Si  je suis honnête je vous dirais que je m’y suis même retrouvée aussi parfois ! J’ai aimé ces personnages tout à fait détestables car ils étaient bien écrits. J’ai aimé être dérangée par ces situations que je n’aurai sans doute pas acceptée dans la vie, j’avais envie de secouer tout ce petit monde !

Sur le fond, j’ai aimé ce roman car il ne laisse pas indifférent. Par contre, sur la forme, mon enthousiasme a été atténué par le fait que je l’ai trouvé trop long. Je pense que l’auteur a trop délayé son propos avec des considérations parfois pseudo-psychologiques et par des passages parfois trop « bavards » qui auraient mérités quelques ellipses

Y a-t-il un message dans ce roman ? On pourrait penser que c’est « Ne vous mariez pas ! » ou alors « Faites attention à ne pas vous oublier dans le mariage ! » ou alors « Le mariage est une fatalité ! » … Moi je n’ai pas cherché de message, j’ai juste suivi ces personnages jusqu’au bout pour voir justement jusqu’où ils iraient les uns contre les autres…

Lu dans le cadre du  2014

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Vous trouverez l’avis d’Eva et Bianca en cliquant sur leurs noms!

 

  Lecture « Verbe » pour ma ligne générale du 

« Absences » de Alice LaPlante

Difficile de dire si ce roman est vraiment un polar mais en tout cas c’est un roman assez angoissant car on y découvre la maladie d’Alzheimer de l’intérieur.

Jennifer, ancienne chirurgienne orthopédique, ponte dans son domaine, est atteinte de cette maladie et oublie tout au fur et à mesure, ou ne se souvient que de bribes du passé ou transpose le passé sur le présent, confondant les personnes qui traversent sa vie.

Sa meilleure amie et voisine, Amanda, a été assassinée et Jennifer est accusée car après sa mort, ses doigts ont été parfaitement amputés et c’était la spécialité de Jennifer.

L’intérêt du roman est que l’on navigue entre passé et présent et que petit à petit un portait de la famille de Jennifer (son mari et ses enfants aujourd’hui adultes) et de ses relations avec Amanda se dessine et n’est pas tout à fait conforme à l’image donnée. Les deux amies, deux femmes fortes, étaient proches et pourtant très différentes et n’ont pas traversé une vie commune si simple.

J’ai aimé l’originalité de ce roman qui fait que le lecteur traverse le même brouillard que celui traversé par Jennifer mais qui pourtant fait ressortir des faits qui permettent à l’enquête d’être menée en arrière plan. Le coupable est découvert mais ce n’est peut-être pas le plus important.

Lu dans le cadre du  2014

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« Dictionnaire amoureux de Marcel Proust » de Jean-Paul et Raphaël Enthoven

Ce dictionnaire porte parfaitement son nom : « Dictionnaire AMOUREUX de Proust » mais devrait peut-être avoir comme sous-titre « POUR les amoureux de Proust » car franchement, pour quelqu’un comme moi qui ne connaît pas du tout l’œuvre de Proust (et qui n’a jamais été attiré par celle-ci) et qui ne connait rien à la vie de l’homme, ce document n’a pas vraiment d’intérêt. En effet, une grande partie des entrées de ce dictionnaire évoque des personnages, des lieux ou des événements appartenant à l’œuvre de Proust (et donc ne me parlaient pas du tout) et d’autres entrées du dictionnaire étaient vraiment anecdotiques ou faisaient des suppositions peu étayées qui même sans connaître Proust m’ont parues un peu légères…

Je dois dire que ce livre n’était pas pour moi mais qu’il n’est pas non plus un livre « tout public » : il s’adresse vraiment à des initiés et j’ai un peu de mal à voir sa place dans un prix de lectrices qui ne sont pas forcément portées sur Proust.

Par contre, le style est plaisant, facile à lire et les rubriques pas trop longues. D’ailleurs, peut-être qu’un spécialiste de Proust n’y trouverait pas son compte justement. Ce qui m’a manqué, c’était quelques mots sur son œuvre et sa vie, une sorte de mini biographie… Mais ce n’était pas le propos de ce livre.

En sortant de ce livre j’ai surtout envie d’en savoir plus sur l’homme et sur son texte mais je n’ai pas particulièrement accroché …

J’ai trouvé très difficile de noter car je ne suis pas la cible de ce livre, je ne dénigre pas ses qualités mais je le note en fonction de mon plaisir de lecture…

 7/14

 

Lu dans le cadre du  2014

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« La théorie du chaos » de Leonard Rosen

Henri Poincarré est commissaire à Interpol. Proche de la retraite, c’est un homme droit et respectueux des lois. Le procès d’un criminel de guerre qu’il a arrêté en Bosnie va commencer à La Haye et alors qu’il est sur le point de rentrer chez lui à Lyon, il doit s’occuper d’une enquête sur une explosion qui a eu lieu à Amsterdam.

James Fenster, un génie des mathématiques a été assassiné par une attaque à la bombe savamment orchestrée dans sa chambre d’hôtel alors qu’il devait faire une conférence sur les mathématiques et l’économie mondialisée lors du sommet de l’OMC.

Lors de cette enquête, Poincarré est amené à rencontrer Quito, un leader de la cause indigène anti mondialisation, qui connaissait Fenster et qui était aussi à Amsterdam. Curieusement, Madeleine Rainier, la fiancée du mathématicien, était également à Amsterdam mais pas dans le même hôtel et a autorisé l’incinération du corps avant de disparaitre. Dana Chambi, la jeune professeur de mathématiques qui a pris la suite de Fenster à l’université disparait. Des gens très haut placés se disputent à coup de procès faramineux pour obtenir le disque dur de Fenster. Des mystères et des incohérences commencent à faire surface autour du jeune mathématicien…

Quand le procès de Stipo Banović, le criminel Bosniaque, entraîne des conséquences dramatiques sur la vie entière de Poincarré qui va devenir alors un homme qui n’a plus rien à perdre et qui doit trouver la solution à l’enquête d’Amsterdam à tout prix.

En toile de fond, il y a aussi des attentats chrétiens par le mouvement religieux des « soldats de l’enlèvement », qui veulent accélérer la deuxième venue du Christ sur terre qui est sensée se produire le 15 août et qui sèment la terreur.

Je ne peux pas trop en dire car tous les éléments finissent par être liés d’une façon ou d’une autre.

Les travaux du mathématicien sur la modélisation de la nature (je n’ai pas tout compris mais ça ne m’a pas gênée dans ma lecture !) et les évocations de la théorie du chaos et l’effet papillon (Henri Poincarré étant un descendant du « vrai » Henri Poincarré un mathématicien réputé), les discussions socio-économiques, les conséquences que peuvent avoir les manipulations des marchés boursiers sont des éléments très concrets de ce roman qui n’est pour autant pas dénué de rythme et d’éléments de thriller bien construits. Il y a bien sûr quelques côtés un peu tirés par les cheveux, mais le fait qu’on soit dans les services d’Interpol, permet d’accepter certains aspects un peu « espionnage ». Il y a aussi certains aspects presque poétiques et pourtant liés aux mathématiques!

J’ai apprécié les personnages qui sont intéressants, les relations entre ces personnes sont riches. Poincarré particulièrement est très humain avec sa facette familiale, homme tendre et blessé, et sa facette professionnelle, agent très efficace. Il y a aussi une solidarité entre ces hommes qui risquent leurs vies dans leurs enquêtes.

Je me suis donc laissée prendre par ce roman très efficace.

Lu dans le cadre du  2014

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L’avis de Micmélo est ici!

 

 

 

 

18ème  lecture du challenge 2013-2014 

5/6  

 

 14 ème lecture pour le   

 

 

 

« Courir sur la faille » de Naomi Benaron

Dans ce roman on découvre le Rwanda à la veille d’un génocide. Jean-Patrick Nkuba est un jeune d’origine Tutsi qui a grandi dans un environnement protégé et tolérant. Après la mort accidentelle de son père, il va vivre à la campagne chez son oncle.

A cette époque la vie est déjà compliquée pour les Tutsis d’accéder aux études –ils doivent être les meilleurs pour pouvoir espérer avoir des places en éducation supérieure. Jean-Patrick est repéré pour ses capacités sportives et il est pressenti pour participer aux Jeux Olympiques d’Atlanta au 800 mètres.

On suit alors l’évolution de la situation politique du Rwanda et la vie de Jean-Patrick. C’est à la fois l’histoire du pays, l’histoire de la haine entre deux ethnies au sein d’un même pays, des haines ancestrales qui se réveillent petit à petit, qui s’intensifient et qui atteignent des proportions inimaginables –le génocide– les attaques gratuites et les meurtres entre voisins et même amis…

Au milieu de ces tourments, Jean-Patrick qui naïvement croit encore à la tolérance car il a été élevé dans cet état d’esprit, se focalise sur son projet de vie : courir le 800 mètres aux Jeux Olympique pour le Rwanda. Béa, sa petite amie, fille de journaliste engagé, est elle-même très impliquée dans l’opposition à ce régime de haine. Le frère de Jean-Patrick est soldat dans l’armée rebelle Tutsi. Et il y a aussi des amis américains, témoins horrifiés mais impuissants du drame.

Ce roman montre bien la montée d’abord silencieuse d’un état autoritaire et la vie qui tente de continuer normalement, de se dérouler dans une certaine normalité, jusqu’à ce que cela soit impossible puisque le pays passe dans une zone de non-droit.

La passion sportive de Jean-Patrick semble le préserver un temps de ce qui l’entoure mais on voit bien avec ce roman que personne ne peut faire confiance à personne dans ce pays où l’identité ethnique est plus importante que la valeur des personnes.

J’ai bien aimé ce voyage au Rwanda au cœur d’une période historique que je ne connaissais pas vraiment et j’ai aimé ces personnages, -même si Jean-Patrick est souvent trop naïf mais Béa est un personnage de jeune femme investie dans la vie de son pays qui est intéressant. J’ai toutefois trouvé qu’il y avait quelques longueurs au milieu du roman, on aurait pu passer plus vite de la vie normale au chaos. Et la fin est peut-être un peu « guimauve » alors que ce n’était pas le cas du reste du roman. Mais globalement c’est une lecture qui m’a plu. 

 

Lu dans le cadre du  2014

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ValérieVirginie

 

 

1/6

 

 

 

 12ème lecture pour le   

« Petites scènes capitales » de Sylvie Germain

Dans ce roman sous forme de scénettes, de moments de vie familiale,  on découvre Lili qui vit avec son père après que sa mère les ait quittés puis est morte. Sa vie est bouleversée quand son père se remarie avec une femme qui a déjà 4 enfants : une grande fille, un grand fils et des jumelles qui ont à un jour près exactement le même âge qu’elle. Dès leur arrivée, Lili sent qu’elle a perdu « sa » place et est sans cesse en quête d’une reconnaissance de la part de son père. La mort d’une des jumelles va traumatiser la famille. Cette famille qui vit dans les secrets qui sont dévoilés petit à petits. Il y a des grandes révélations et des blessures profondes pour tous les membres de cette famille/puzzle composée de tant de pièces particulières. Il y a des douleurs du quotidien vraiment bien rendues dans ce texte. Il y a aussi une réflexion sur l’identité et sur l’amour familial.

Le style de Sylvie Germain est vraiment très beau, c’est une écriture fluide et poétique. Il y a des pages sur l’enfance de Lili qui sont vraiment belles. Elle sait faire parler les sensations, les descriptions de mouvements, des émotions… J’ai trouvé que c’était vraiment un beau roman.

Et pourtant je n’ai pas été totalement emportée car si la forme est vraiment belle, j’ai eu le sentiment qu’il n’était pas abouti au niveau du fond. J’ai eu le sentiment qu’en faisant grandir Lili, en faisant exploser la famille, l’auteur ne savait plus trop comment clore son roman et la fin m’a semblé un peu laborieuse. Il me manquait une vraie fin.

Mais ce fut tout de même une belle découverte!

Lu dans le cadre du  2014

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ValérieVirginie

L’avis de Eva en cliquant sur son nom!

Une « quasi-Lecture Commune » avec Sandrine!

 

 

2/6

 

« Attentat express » de Caroline Poiron (et Sid Ahmed Hammouche et Patrick Vallelian)

Je ne partais pas avec un à priori très positif en ouvrant ce livre car je ne suis pas beaucoup l’actualité et je ne suis pas une grande fan de l’écriture journalistique et pourtant ce document m’a très agréablement surprise, je l’ai lu en ayant vraiment le sentiment d’apprendre des choses et en n’étant pas pour autant en train de lire un hebdomadaire d’actualités.

Caroline Poiron est photographe et journaliste et était la femme de Gilles Jacquier, lui-même grand reporter pour France 2 qui a été tué dans un attentat en Syrie lorsqu’ils étaient tous les deux en reportage là bas en janvier 2012.

Le livre commence par raconter (très bien, avec un style agréable) leur départ de France, les démarches suivies par Gilles Jacquier pour entreprendre leur séjour, grâce à une religieuse, soit disant neutre qui avait ses entrées officielles en Syrie. Une fois sur place, elle raconte leur parcours et l’impression grandissante qu’ils ont d’être « baladés », manipulés par cette religieuse et qu’on veut leur faire voir, leur faire dire des choses. Et puis, contre leur volonté on les emmène à Homs et un attentat se produit qui cause la mort de Gilles Jacquier. Les heures qui suivent sont dignes d’un film d’espionnage car Caroline Poiron et deux journalistes Suisses (Sid Ahmed Hammouch et Patrick Vallélian avec qui elle écrit ce livre) doivent se battre pour garder la main mise sur le corps de Gilles Jacquier.

Et puis la seconde partie du documentaire est une enquête sur cet attentat qui parait très suspect à ceux qui étaient présents, qui ressemble beaucoup à une mise en scène pour stigmatiser les rebelles anti-Bachard Al Assad et les pointer du doigt comme ceux qui ont tué un journaliste occidental. L’enquête porte sur la religieuse qui semble corrompue et sur les dirigeants syriens.

C’est un documentaire assez édifiant sur ce pays, sur cette dictature qui tente de manipuler le monde entier. C’est effrayant car c’est réel. C’est également un très bon documentaire sur les journalistes et reporters de guerre car on voit leur travail de l’intérieur. Et la manière qu’a Caroline Poiron d’aborder ce récit, cette enquête, de façon très personnelle, apporte pour moi un vrai plus.

Je suis contente d’avoir découvert ce livre, sans le Prix de ELLE, je dois avouer que je ne l’aurai sans doute pas lu.

« Le comité de la révolution d’Al-Khaldyé a décidé de baptiser une rue de notre quartier au nom de Gilles Jacquier. Son destin est à jamais lié à celui de la Syrie. Il fait partie de notre histoire désormais.

[…]

Cette marque de respect n’est pas une exception. Chaque fois que je rencontre des Syriens de l’intérieur du pays comme de l’extérieur, ils me prennent dans leurs bras et me présentent leurs condoléances en m’assurant que la Syrie nouvelle n’oubliera pas ses morts. Qu’elle n’oubliera pas mon mari.

Fallait-il aller en Syrie? Fallait-il prendre le risque de mourir pour Homs? Ma réponse, notre réponse à Patrick, Sid et moi est claire et nette : oui, oui et oui.

C’est notre métier. Il comporte des risques. nous les assumons. Mais nous refusons de fermer les yeux sur un crime dont nous avons été les témoins directs. » P 282

« Et, aujourd’hui qui couvre encore la Syrie? De moins en moins de médias internationaux. Du coup, l’opinion publique n’y comprend quasiment plus rien, simplifie en mettant face à face un régime laïc et des islamistes assoiffés de sang. La Syrie baigne désormais dans une mer de sang, dans l’indifférence de la communauté internationale. La situation pourrit. » p 283

 

Lu dans le cadre du  2014

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 2ème titre de la catégorie « aliment/boisson » (un « express » = un café) » pour le