« Autel California (« Treat me nice Face A ») » de Nine Antico

Quand j’ai choisi cette BD chez Price Minister à l’occasion de leur opération « La BD fait son festival », je ne savais pas du tout de quoi elle parlait mais j’ai toujours aimé toute ce que j’ai lu de Nine Antico alors je me suis laissée tenter.

La BD commence par des pages qui montrent le monde musical des années 50 -Elvis dans des émissions de télé. Puis on découvre les adolescents de cette époque et leur rapport à la musique et aux artistes. La musique traverse toutes les planches de cette BD soit par des paroles, soit par des scènes de groupies (autour des Beatles en particulier) ou par des rencontres avec des chanteurs ou paroliers des groupes à la mode (les Rolling Stones, Jim Morrison…quelle chance!). C’est l’histoire d’une jeune fille (Pamela des Barres, qui a vraiment existé) qui est d’abord plutôt sage et timide, fan des Beatles puis qui devient  la groupie par excellence.

J’étais un peu perdue au début mais je me suis laissée porter par l’ambiance et les dessins. Puis on plonge vraiment dans cette période musicalement foisonnante et pleine de changements pour les jeunes de cette époque.

A la fin, il y a une sorte de lexique/explication de texte sur tout ce qui est vrai et j’ai trouvé cela très utile.

Au niveau des dessins, j’ai retrouvé ceux que j’avais déjà aimés dans Coney Island Baby : noirs et blancs avec beaucoup de fonds noirs, des visages minimalistes. J’aime beaucoup le trait de Nine Antico.

C’est le premier tome (Face A), et je pense que je lirai la Face B!

Dès le début de ma lecture, je suis allée à la recherche des vidéos et morceaux évoqués dans la BD jusqu’à ce que je trouve une playlist toute faite  : je vous la recommande pendant votre lecture qui deviendra alors très vivante!

 

 

BdFaitSonFestival2015 15/20

 objectif 2015 : -15

« Tonight » de Nine Antico

Bande dessinée aux cases arrondies aux dessins aux couleurs franches, rouges, bruns, bleus, jaunes sur des dessins en noir et blanc.

Cette bande dessinée raconte des tranches de la vie de Pauline, dans sa vie de tous les jours.

Pour être plus précise, ce sont plutôt des tranches de plusieurs nuits, découpées par heures : 20h, 22h minuit, 2h, 4h et 6h. Chaque page de chaque tranche horaire correspond à une période différente de la vie de Pauline. La construction de cette bande dessinée n’est pas évidente à suivre au début…mais une fois que ce principe est intégré, j’ai vraiment apprécié!

Cela dit c’est le genre de BD qui gagne à être relue car en la feuilletant à nouveau pour écrire mon billet, j’ai réalisé que les tranches de vie de Pauline se rejoignent : le jeune homme qu’elle rencontre pour la première fois dans une des histoires est le même avec qui elle vit dans une autre. Le voyage en Amérique du Sud avec sa copine est évoqué lorsqu’elle est avec sa mère…

Je n’en dis pas trop sur les différentes « histoires » de Pauline mais au niveau du contenu, c’est la vie d’une jeune fille moderne, qui a la vingtaine, ses histoires de garçons, de copines, de ses relations avec les autres, elle est à la fois un peu langue de vipère et midinette fleur bleue… Ce sont les filles de « Girls don’t cry » qui ont grandi

Ce n’est pas un coup de cœur mais j’ai quand même bien aimé.

 

                            

« Le goût du paradis » de Nine Antico

Cette BD est le témoignage de Virginie Antico -autobiographie, donc- sur sa pré-adolescence et son adolescence. C’est une sorte de journal intime de tous les questionnements que cette grande fille / future femme a sur son image, sur les garçons, les copines, la sexualité

Elle est beaucoup dans la séduction, s’imagine plus âgée, attend avec impatience d’avoir des seins. La sexualité l’intrigue, l’attire et pourtant, elle est perdue quand il s’agit d’imaginer son premier baiser.

J’ai trouvé cet album très juste et je m’y suis beaucoup retrouvée (quand j’étais petite, je rêvais de ressembler aux danseuses de Benny Hill…) Je pense que ce mélange de désir d’être adulte et la peur d’affronter l’adolescence est assez universel et Nine Antico l’a très bien traité.

J’ai peut-être été moins emballée par les dessins que dans « Coney Island baby » et « Girls don’t cry » car le trait  est peut-être moins fluide mais il se prête bien à l’effet « carnet de notes » griffonné.

                                                          

« Coney Island baby » de Nine Antico

Cette bande dessinée raconte les vies de deux icônes du charme et du porno, Petty Page et Linda Lovelace, deux femmes vivant à des époques différentes, dans des milieux différents mais qui ont toutes les deux évolué dans ce que l’on appellerait aujourd’hui « l’industrie du sexe », même si à leurs époques respectives, cela relevait sans doute encore un peu de « l’artisanat ».

Betty Page était une pinup dans les années 50 connue pour ses photos de charmes et Linda Lovelace était une figure emblématique du porno des années 70 avec « Gorge profonde ». On les voit alternativement avancer dans la vie avec un entourage qui ne veut pas toujours le meilleur pour elle. En vieillissant, elles s’éloignent toutes les deux de cet environnement et le rejette même catégoriquement. Betty Page se tourne vers la religion et Linda Lovelace vers le féminisme.

Le message de cette BD est sans doute qu’il faut se méfier de ce que l’on croit vouloir faire librement à 20 ans… il est possible que plus tard on le regrette amèrement, il faut toujours penser que ce qui appartient à votre passé ne vous quitte jamais vraiment.

J’ai beaucoup aimé cette BD qui dépeint un milieu qui n’était sans doute pas aussi sordide qu’il l’est devenu aujourd’hui mais qui est quand même assez glauque, même si sur le moment, les deux jeunes femmes semble malgré tout s’amuser de tout ce qui se passe.

J’ai aussi beaucoup aimé les dessins, en noir et blanc, parfois très simples avec des fonds noirs, des effets de hachurage. Décidément, Nine Antico est une auteur de BD que je vais suivre!

Attention : à ne pas laisser trainer entre toutes les (petites) mains qui passent, il y a quand même des scènes très explicites!

 

 

                          

Cette BD est ma 2ème lecture « lieu » de ma catégorie « Petit Bac BD » pour le 

« Girls don’t cry » de Nine Antico

J’ai d’abord été attirée par cet album à cause sa couverture flashy et au dessin crayonné. Les planches sont colorées de jaune, rouge et bleu qui rehaussent des dessins en noir et blanc aux traits simples et aux cases arrondies. Les teintes donnent un petit effet rétro à l’ensemble. J’ai vraiment aimé le dessin.

L’auteur a crée ses personnages pour le magazine « Muteen » (qui est, je crois un magazine féminin jeune). Chaque planche réunit trois amies, des jeunes filles, sans doute à la fac, qui pensent beaucoup aux garçons, à la mode et surtout à ce que l’on pense d’elles.

Au premier abord, cela pourrait paraitre futile et léger mais il y a souvent une petite touche de second degré et de l’humour un peu cynique. On n’est pas sûr si l’auteur se moque gentiment de ces jeunes filles un peu creuses ou si elle s’adresse à elle. J’ai préféré y lire un regard affectueusement moqueur

« T’imagines un peu, si on était grosses…

-Je crois que je le vivrais très très mal.

-On serait obligées d’être hyper sympa.

-Ou drôles…

-On aurait aucun espoir de se faire draguer ni dans la rue ni en cours, rien.

-Ouah! A quoi bon étudier? Je me serais arrêtée au Brevet…

-Tandis que toutes nos copines cool et minces prieraient, en secret, pour ne pas nous ressembler.

-Les pétasses!

-Il ne nous resterait plus qu’à miser sur notre « Beauté intérieure ».

-Et ce serait pas gagné… » (P 12)

« Et en échange de la paix dans le monde vous seriez prêtes à vous faire une coupe au bol? » (P 13)

 

Une interviewe de l’auteur :