« Un brillant avenir » de Catherine Cusset

Pour commencer je vous conseille de ne pas lire la 4ème de couverture qui en dit trop tout en étant assez banale et pas vraiment représentative du roman.

Cette histoire est celle d’une femme, de son enfance déracinée, en Roumanie communiste avec une famille atypique, de sa jeunesse et son histoire d’amour avec Jacob -rejeté par sa famille parce qu’il est juif-, son fils Alexandru et plus tard leur vie de famille aux États Unis où elle s’appelle alors Helen.

C’est aussi l’histoire de ses relations humaines avec le monde qui l’entoure et plus particulièrement sa belle-fille française, Marie, avec qui elle a des relations très inégales.

C’est donc l’histoire d’une vie, l’histoire d’une survie dans des environnements parfois hostiles, en tout cas, le désir de toujours protéger et mettre sa famille en premier, même si pour cela il faut parfois mettre de côté ses sentiments, se « blinder » contre les autres.

L’originalité de ce roman c’est que cette vie et les relations humaines très fortes qui font le récit -qu’elles soient fortes d’amour, de haine, d’indifférence ou de défiance-, ne sont pas racontées de façon linéaires et chronologiques. Le récit est fait d’allers et retours entre le passé lointain de l’enfance, de l’entrée dans l’âge adulte et dans un présent plus ou moins proche.

Toutes ces étapes de vie apportent à chaque fois un nouvel éclairage sur ce qu’on sait d’Elena /Helen et de ses relations aux autres et petit à petit on la comprend mieux.

J’ai beaucoup aimé ce roman dans lequel je suis tout de suite rentrée et que j’ai dévoré. Il nous apprend que nous sommes une sorte de caléidoscope fabriqué avec tous les morceaux de notre passé et de nos relations aux autres. On voit le personnages évoluer au cours d’une vie, c’est très touchant.

2008                                                 -2 (Merci à Valérie pour ce cadeau!)

avec Tiphanie  et Géraldine (cliquez pour leurs avis)

« Magnus » de Sylvie Germain

Voici un roman dont il n’est pas facile de parler sans trop en dire. C’est un roman tout en mouvement dans une quête d’identité permanente.

On commence avec un petit garçon – Franz-Georg – accompagné de son ours en peluche Magnus, qui vit dans une famille où le père est médecin nazi, responsable de camps de la mort. L’enfant a perdu la mémoire de ses premières années lors d’une maladie et il grandit dans l’innocence de ce qui l’entoure et l’admiration pour son père jusqu’à la déchéance de celui-ci et la fin de la guerre.

Il change alors de nom et part vivre à Londres chez un oncle qu’il ne connaissait pas.

Plus tard, lors d’un voyage au Mexique, il est frappé par une sorte de vision qui lui apprend des choses essentielles sur son passé réel. Il découvre qu’il n’a jamais été celui qu’il croyait et devient alors « Magnus ».

Des rencontres, des amours, des amitiés, des visons, des voix venues de l’intérieur ou du passé l’aident à se construire ou plutôt à se chercher.

C’est vraiment un roman riche et passionnant (à part, je dois l’avouer les 30 dernière pages qui m’ont un peu ennuyée).

Le style est agréable avec une sorte de poésie simple. La construction est originale avec des chapitres entrecoupés de citations littéraires ou de poèmes, de « notules » qui apportent des information « pratiques sur des personnages » ou des « Résonances » qui font échos à des passages précédents du texte.

Après « Le Rapport de Brodeck » de Philippe Claudel (2007) et « Le Club des incorrigibles optimistes » de Michel Guenassia (2009), voici donc encore un Prix Goncourt des Lycéens (attribué en 2005) qui m’a beaucoup plus. J’admire les jeunes qui ont attribué le prix à ce roman fort et original.

  -15 / 59 +6= 65 (3 prêts de copine + 2 emprunts à la médiathèque + 1 offert à L’Homme choisi sur ma LAL ) (PAL = 50)

 

« Un secret » de Philippe Grimbert

Philippe Grimbert raconte son histoire (un peu romancée mais sur une base réélle), l’histoire de sa famille ou plutôt l’histoire d’un secret de famille si étroitement lié à l’Histoire avec un grand H que les protagonistes en portent une grande culpabilité.

Enfant malingre, il cherche sans cesse l’admiration des ses parents beaux et sportifs qui semblent le tenir un peu à distance. Il s’invente un frère aîné, plus beau, plus fort, plus à l’image de ce que son père aimerait. L’inconscient fait son travail

Un jour vers 15 ans, Louise, une amie de la famille lui dévoile le secretLa vie de ses parents avant qu’ils ne soient ses parents… La femme et le fils que son père a eu avantL’identité juive de sa famille, les conséquences de la deuxième guerre mondiale, les déportations, ceux qui disparaissent et ceux qui survivent

Il y a dans ce secret le poids de la culpabilité de deux personnes qui se sont aimées sur un fond d’horreur et qui ont préféré « effacer » cette période d’avant pour continuer à vivre.

C’est très fort… Philippe Grimbert raconte donc son enfance et « l’enquête » qu’il mène à l’adolescence pour apprendre à connaître son identité.

Vous pouvez en savoir plus avec cette interview de Philippe Grimbert dans le « Lire » de janvier 2005

Il a obtenu les Goncourt des Lycéens en 2004 et e Grand Prix des lectrices de ELLE 2005, un film en a été tiré en 2007.