« Les cahiers d’Esther -Histoires de mes 10 ans » de Riad Sattouf

 

Cette BD est composée d’une planche par page et une anecdote de la vie d’Esther par page mais l’ensemble de la BD montre une année de la vie de la fillette de 9-10 ans. Elle parle de sa famille (son père qui est formidable, beau, gentil et fort, sa mère qui est gentille (mais très discrète) et son frère qui est au collège, un horrible individu qui l’embête tout le temps et qui est un digne représentant de la gente masculine (empirée par l’adolescence) selon les critères d’Esthèr.

Car pour Esther, qui est à cet âge entre la petite fille et la préado, les garçons sont avant tout les pires êtres sur terre mais aussi l’objet d’une certaine fascination (enfin, les « bad boys » surtout, ceux qui ressemblent à des garçons du collège !).

Elle nous raconte aussi sa vie à l’école avec ses copines, ses jeux, enfantins encore, et les rivalités entre les clans et la violence qui existe aussi chez les plus grands (même si son père est persuadé que de la mettre dans une école privée la préservera de cela).

Au fil des pages, elle évoque son amour de la musique pop (style Tal et Kendji Girac) et de la danse (son idée de la perfection c’est d’être souple pour bien danser) et sa passion pour l’Iphone (que son père lui refuse avant le collège).

Elle est à la fois gentille et mignonne par certains aspects, un peu naïve et innocente et parfois assez méchante et contente d’elle. C’est un savant mélange de ce qu’est la fin de l’enfance quand on veut tout être à la fois et qu’on ne s’est pas encore bien trouvé. 

C’est aussi une photographie d’une époque (qui sera vite datée par contre je pense) et de notre société à un moment précis.

Par contre, je m’interrogeais aussi sur la continuité des planches : est-ce que chaque planche est d’abord parue en feuilleton ? Car il y a souvent des rappels de pages précédentes (pour les noms, les liens entre les personnages ou les situations) et quand on lit la BD à la suite, c’est un peu répétitif et lassant.

Bravo à Riad Sattouf d’avoir su donner chair à cette petite Esther.  Alors moi je suis curieuse de savoir qui est cette « Esther » vu que chaque planche est annotée « Ecrits d’après les histoires vraies d’Esther A. »

           

« L’Arabe du futur 2 -Une jeunesse au Moyen Orient (1984-1985) » de Riad Sattouf

 

J’avais lu le Tome 1 de « L’arabe du futur » et j’avais bien aimé alors quand ma collègue m’a proposé de me prêter le tome 2 j’ai tout de suite dit oui mais je dois dire que mon avis est plus mitigé que la première fois.

On retrouve le petit Riad qui vit avec ses parents et son petit frère en Syrie. Le village est toujours aussi sommaire et arriéré, le point de vue est toujours celui de l’enfant alors on voit la vie quotidienne, l’école, ses parents, ses amis…

J’ai beaucoup de mal à en parler car en réalité je me suis un peu ennuyée. J’ai trouvé cet album très répétitif et je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. Le père qui prend toutes les décisions arbitrairement n’a aucune empathie pour sa famille, la mère est toujours aussi molle et ne s’implique jamais et même Riad qui semble ne pas évoluer beaucoup…

Il y a des scènes très drôles par moments (celle de l’achat des fournitures scolaire par exemple), des choses dures, comme les scènes de l’école. Mais je regrette qu’il n’y ait moins de passages plus « politiques » que j’avais appréciés dans le premier tome. J’ai vraiment trouvé moins d’intérêt à cet album et je ne pense pas que je lirai le suivant…

 objectif 2016 : -7

 par Marianne : Merci!

 

catégorie « gros mot » pour ma ligne BD

« L’Arabe du futur -Une jeunesse au Moyen Orient (1978-1984) Tome 1 » de Riad Sattouf

Riad Sattouf est né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne qui se sont rencontrés à l’université. Ils vivent d’abord en France puis, déçu de ne pas trouver de poste intéressant en France, le père décide d’aller avec sa famille en Libye, où il a trouvé un poste de professeur d’université. Plus tard, ils déménagent en Syrie, le pays d’origine du père de Sattouf qui retrouve sa famille. Il est passé d’un idéalisme un peu angélique sur le panarabisme quand il était étudiant à une vision plus radicale, acceptant sans sourcilier beaucoup d’aberrations dans les deux dictatures  dans lesquelles ils vivent. Mais il garde aussi toujours à l’esprit que les arabes doivent être éduqués et il veut cela pour son fils aussi pour en faire un « arabe du futur », lui-même ayant été le seul de sa famille à avoir fait des études.

La vie en Lybie est montrée comme un mélange d’utopie et de dictature et la vie en Syrie semble un retour en arrière quasi moyenâgeux par certains aspects.

L’histoire est racontée du point de vue du petit Riad, enfant à la fois adulé pour sa blondeur par les adultes et rejeté par les enfants pour les mêmes raisons. Il raconte des souvenirs de cette enfance particulière : souvenirs sur des aspects politiques sans doute entretenus par des adultes et avec le recul du temps passé mais aussi des souvenirs naïfs qui rendent le récit très réaliste. 

Le père semble vraiment égoïste, ne tenant que rarement compte de ce que ressentent sa femme et son fils, ne s’occupant que de ses idéaux et de ses désirs intellectuels ou familiaux et je dois dire que la mère m’a complètement exaspérée, acceptant tant de choses inacceptables, de mon point de vue, ne s’imposant jamais auprès de son mari…

J’ai plutôt aimé découvrir la vie quotidienne de ces pays avec leurs dictateurs à leurs « débuts » : on comprend qu’on a vendu du « rêve » aux habitants, on a entretenu des peurs et même des gens intelligents se sont pris au « jeu » sans réussir à garder l’esprit critique (pour le père de Riad Sattouf en tout cas). Je pense que je lirai le tome 2.

 par Kristina : Merci!

Roaarrr Challenge

« La vie secrète des jeunes » de Riad Sattouf

Depuis 2004, Riad Sattouf dessine (dessinait?) des tranches de vie pour Charlie Hebdo.

Il rapporte des scènes fugaces de la vie quotidienne, des gens croisés dans la rue, dans le métro, dans des salons du livre.

C’est drôle ou grinçant, c’est criant de vérité, il a vraiment un oeil « caméra ».

Moi qui adore suivre des bribes de conversations des autres dans les lieux publics (Bulise ma vieille copine qui me connait bien dit que j’ai « branché mes antennes » quand ça m’arrive!!) , j’ai beaucoup aimé ces petites « chroniques ».

Par contre, cet album est un recueil de planches publiées à un rythme hebdomadaire et il vaut peut-être mieux « picorer » » quelques histoires par-ci par-là pour ne pas se lasser.

Extrait de la préface par Riad Sattouf : « […] je n’ai jamais inventé la moindre de ces histoires. Tout est absolument véridique. […] Je vois des trucs et j’essaie de les raconter. Le côté « impossible à croire » peut venir du point de vue que je choisis quand je retraduis la scène en bande dessinée, point de vue qui ne correspond pas forcément au point de vue que j’avais dans la réalité. Sur le papier, je remets complétement en scène l’histoire dont j’ai été le témoin… »