Nous étions le sel de la mer : Roxanne Bouchard

J’ai choisi de lire ce roman pour la lecture commune autour du polar parce que j’avais vu sur internet qu’il y avait une enquête mais je dois vous dire que le côté « policier » est presque anecdotique et que le roman est vraiment très riche et que finalement, c’est plus une quête de soi, une recherche d’identité qu’une enquête policière.

Pas simple de vous en parler du coup  car je ne veux pas trop en dire… Alors, le roman commence avec la rencontre de Catherine qui ne va pas très bien, elle est déprimée et quitte la ville pour aller à Caplan en Gaspésie car elle a reçu une lettre dont nous ne savons rien au début.

Caplan est un petit port de pêche en peu en dehors des sentiers touristiques de la Gaspésie et les gens qui y vivent sont une petite communauté où tout le monde connaît tout le monde, avec des histoires un peu cachées, des hommes un peu bourrus, à l’accent et au patois assez prononcé (il y a un petit côté marins bretons chez ces pêcheurs de Gaspésie!) Catherine arrive et fait petit à petit sa place dans cet univers où on prône la lenteur et qui semble hors du temps. Elle n’est pas forcément acceptée facilement, surtout quand elle explique qui elle cherche…

Un pêcheur revient un jour avec un corps dans ses filets et cette personne est justement celle que Catherine voulait rencontrer…

Le sergent Moralès, qui vient de s’installer à Caplan, est d’office mis sur l’enquête mais il se trouve confronté à la difficulté d’essayer de mener une enquête dans un village où les gens ne veulent rien révéler.

J’ai beaucoup aimé ce roman. J’ai aimé la langue, le style qui est vraiment beau, souvent poétique. Il y a de très beaux passages sur le temps qui passe, sur les relations humaines, sur l’amour, que ce soit l’amour amoureux ou l’amour filial. La nature a une grande place aussi.

Je vous le recommande (peut-être après vous être peu familiarisé avec le québécois car il y a des passages qui sont peut-être difficiles à comprendre ou à apprécier pour une première incursion dans cette langue mais ça ne m’a pas gênée personnellement) et je pense que je lirai un autre roman de cette auteur! Si vous en avez un à me recommander pour Québec en novembre 2018, je suis preneuse 😉

  chez Karine:) et  Yueyin

« polar »

Conversation avec un enfant curieux : Michel Tremblay

Je connaissais Michel Tremblay de nom et je crois même avoir tenté de lire un de ces livres il y a longtemps mais je crois qu’à l’époque je n’étais pas assez familiarisée avec le « phrasé québécois » et la retranscription de l’accent et je n’avais pas dû le finir. Mais je suis ravie de lui avoir donné une nouvelle chance grâce à Québec en Novembre car j’ai beaucoup aimé!

Comme je le disais, la langue typiquement québécoise est forcément très présente dans ce récit d’enfance québécoise mais je pense aussi que j’ai plus apprécié car je connais mieux le Québec et son histoire, la place de l’église catholique par exemple, et du coup je comprenais mieux pas mal d’aspects de ce roman.

Donc, c’est l’histoire d’un certain Michel Tremblay (j’imagine que c’est autobiographique? mais est-ce romancé? je laisse les experts québécois me répondre!) un jeune garçon très très curieux, qui passe son temps à poser des question et à remettre en question tout ce qui lui est dit car il veut COMPRENDRE.

Il est question de la famille puisque la famille de Michel est très nombreuse et très présente. On parle beaucoup de la religion et de l’école (Michel ne passe pas loin de l’excommunication plus d’une fois à force de poser des questions pour mieux comprendre les incohérences de la religion, pour notre plus grand plaisir! D’autant plus que les parents seraient plutôt d’accord avec lui, mais il ne faudrait surtout pas aller trop loin et blasphémer… on ne sait jamais!) Le cinéma et la lecture sont aussi au coeur des préoccupations de Michel et de sa famille.

C’est vraiment drôle (le problème de lire sur ma liseuse c’est que je ne sais pas encore comment corner des pages et revenir en arrière pour copier des passages… Si c’est possible et que vous savez, dites le moi : j’ai une Kobo) mais c’est aussi une tranche de la vie au Québec à cette époque (les années 50 je pense) et c’est vraiment très intéressant de ce point de vue aussi!

Bref une très bonne découverte et je pense qu’en novembre prochain je lirai un autre titre de cet auteur québécois emblématique.

  chez Karine:) et  Yueyin

 autour de Michel Tremblay

Karine a d’ailleurs lu le même titre

La bête à sa mère : David Goudreault (lu par l’auteur)

Alors attention, âmes sensible soyez prêtes, car ce roman est loin d’être tendre! Il est trash et glauque et noir mais en même temps, ce cynisme est souvent drôle (humour noir, hein!) et aussi plutôt triste au fond car c’est un constat d’échec de notre société.

Voici la quatrième de couverture qui est en réalité le début du roman :

« Ma mère se suicidait souvent. Elle a commencé toute jeune, en amatrice. Très vite, maman a su obtenir la reconnaissance des psychiatres et les égards réservés aux grands malades. Pendant que je collectionnais des cartes de hockey, elle accumulait les diagnostics. »

Le personnage principal commence sa vie dans un environnement tellement peu propice qu’il est placé de famille d’accueil en famille d’accueil… car n’étant pas un garçon simple ou facile à vivre, il ne reste jamais longtemps… Alcool, drogues, jeux vidéos, rap, petits larcins, et maltraitance sur animaux (il ne fait pas bon être un chat en sa présence)… Il grandit pour devenir une petite frappe désabusée, déviant et totalement en dehors de la société…

Un jour, il pense avoir retrouvé sa mère et sa quête pour entrer en contact avec elle est à la fois drôle et pathétique, désespérée et dramatique…

Je ne veux pas en dire plus mais si vous aimez les anti-héros, l’humour noir et les sujets de société traités de manière décalée, ce roman devrait vous plaire. Moi je l’ai trouvé jubilatoire mais vraiment je ne pense pas qu’il soit pour tout le monde (j’insiste sur le fait que les chats prennent cher!)

Je l’ai lu en audio, lu par l’auteur et c’était vraiment un gros plus car l’accent québécois marié à l’écriture du québécois m’a vraiment fait voyagé, mais même si vous le lisez en version papier, vous retrouverez la langue québécois dans les tournures de phrases et vous pourrez voyager aussi!

 Chez Sylire

Grâce à ICI-Radio-Canada qui propose (gratuitement) des livres québécois enregistrés par des québécois

  chez Karine:) et  Yueyin

Pourquoi pars-tu, Alice? : Nathalie Roy

La chick litt, ce n’est pas trop mon truc mais de temps en temps, ça ne fait pas de mal! Et je dois dire que j’ai été agréablement surprise par ce roman. Peut-être parce que le personnage principal est une prof de 43 ans (j’en ai 44 🙂 ) et que même s’il y a bien une rencontre avec un homme dans l’histoire ce n’est pas l’essentiel.

Alice Dansereau, est donc prof, mère de deux ados et compagne d’un homme dont le travail d’avocat prend une grade place dans la vie. Elle attendait avec impatience ses vacances en amoureux en Italie avec Martin qui partage sa vie depuis plus de 20 ans, se disant qu’enfin, ils allaient pouvoir se retrouver un peu sans enfants. Quand Martin lui annonce qu’à cause d’un procès ils ne pourront pas partir en vacances, Alice est tellement déçue qu’elle se retrouve presque malgré elle sur la route, laissant derrière elle sa famille.

Elle était pourtant juste partie faire une course sur le scooter de sa fille (partie aux Etats-Unis pour les vacances) mais sur un coup de tête, elle décide de ne pas rentrer : un peu pour faire râler son homme, un peu pour prouver qu’elle peut le faire et penser un peu à elle plutôt qu’aux autres comme elle le fait en permanence.

Ce vent de liberté, d’abord en scooter, puis en voiture, ce tour du Canada va lui permettre de se regarder en face, de réfléchir à qui elle est, ce qu’elle veut dans sa vie. Elle va se poser la question de sa place dans sa famille, dans son couple mais également dans sa propre vie. Elle va se façonner une nouvelle image, prendre confiance en elle.

Elle fait des rencontres : des étudiants musiciens, qui l’embarquent dans leur sillage pour chanter dans un festival, une collègue en vacances qui l’encourage à se poser les bonnes questions sur ce qu’elle veut tirer de cette escapade et puis il y a Raphaël. Leur rencontre (ou plutôt leurs rencontres puisqu’ils se croisent plusieurs fois par hasard dans le périple d’Alice) va participer à l’épanouissement d’Alice qui va se découvrir sous de nouvelles facettes au travers du regard de cet homme très séduisant.

Donc, il y a pas mal de codes du genre qui sont respectés dans ce roman mais sous la légèreté teintée d’humour et de séduction, il y a aussi un peu plus de profondeur dans l’histoire car qui, a 40 et quelques années, n’est pas déjà passé par ces questionnements? J’ai trouvé ça très réaliste et sympathique : une bonne surprise.

Et puis il ne fat pas oublier que l’on voyage au Québec dans les paysages (j’ai envie de visiter la Gaspésie maintenant!) et dans la langue! Et pour finir sur une note québécoise, si vous avez vu la vidéo de Karine et moi où je dois deviner des expressions typiques, vous comprendrez mon amusement en lisant au moins deux expressions proposées par Karine dans ce roman  « tirer une bûche » et « écœurant » 🙂

Et puis autre anecdote, c’est grâce à Jules que j’ai eu envie de découvrir cette auteur car elle l’apprécie beaucoup et forcément j’ai aimé retrouver parmi les lieux cités dans ce roman la ville de Jules (je ne vous dis pas laquelle pour garder le mystère) et pour moi ça avait une saveur particulière! Allez donc lire l’avis de Jules!

 

  chez Karine:) et  Yueyin

 autour de la chick litt

L’impureté : Larry Tremblay

Voici un roman bien difficile à présenter… Quand je l’ai commencé je ne savais presque rien sur l’histoire, j’avais juste lu la quatrième de couverture et je savais que l’histoire était celle de la vie après la mort de la romancière à succès, Alice Livingston, qui laisse un roman inédit derrière elle, un roman qui allait bouleverser la vie de son mari…

Voilà, j’ai presque envie de vous laisser avec ça et de vous dire que j’ai beaucoup aimé sans en dire plus car ce que j’ai aimé est lié à la surprise de lecture.

Mais je vais essayer d’être plus précise sans trop en dire et surtout à ne pas dévoiler des choses que je ne savais pas en le lisant (ceux qui l’ont lu comprendront mon embarras!).

Donc au début du roman, on suit la vie actuelle de Antoine, le mari d’Alice, juste après la mort de celle-ci. Il a du mal à faire son deuil et qui porte un regard désabusé sur le succès littéraire de sa femme qu’il ne comprend pas vraiment. Ses relations avec son fils Jonathan sont très compliquées, ils ne se voient plus même depuis la mort de la romancière. On alterne ces moments avec un retour en arrière sur la jeunesse d’Antoine quand il était un étudiant un peu cynique et nihiliste qui se lie d’amitié avec Félix un jeune homme très pieux et idéaliste dont il bouscule les croyances et les idéaux amoureux, impliquant dans cela Alice qu’il a rencontrée à cette époque.

Et puis, il y a un roman dans un roman : « Un cœur pur », le roman posthume d’Alice qui s’avère être largement inspiré de la vie d’Antoine et Félix, même si les noms sont modifiés. Ce roman se termine sur une fin coup de poing dont Antoine ne devrait pas sortir indemne…

Cependant, ce n’est  pas pour autant la fin du roman « L’impureté » mais je n’en dirai pas plus.

J’ai beaucoup aimé tout le jeu sur la  fiction et la réalité et la fiction dans la fiction (cela peut vous paraître étrange mais en lisant vous comprendrez). J’ai aimé toutes les réflexions sur la morale, sur la valeur que certains personnages donnent à certaines pensées par rapport à d’autres, sur le fait que certaines personnes s’arrogent le droit de déterminer la vie d’autres, comme une toute puissance, sur les non-dits … Comme je vous le disais, il n’est pas simple d’en parler mais c’est un court roman qui amène à se poser des questions.

J’ai vraiment envie de lire d’autres romans de cet auteur dont j’ai aimé le style.

   chez Karine:) et  Yueyin

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali

Un funambule sur le sable : Gilles Marchand

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre au début de cette lecture mais j’ai vite compris qu’on était dans une sorte de conte ancré dans la réalité. Un enfant est né avec un violon dans la tête -littéralement, un instrument de musique- et personne ne comprend comment cela est possible. Les médecins n’ont pas d’explications.

Tout d’abord surprotégé par sa famille, il finit par aller à l’école mais son violon dans la tête -son handicap invisible mais sonore puisque son violon peut se mettre à jouer à n’importe quel moment- ne lui facilite pas la vie. Il peut aussi parler avec les oiseaux mais ce « don » est lui aussi plutôt un handicap car il passe pour un fou.

Au cours de sa scolarité, il devient ami avec Max qui lui aussi est handicapé mais pour sa part un handicap qui se voit. Il est fou de musique et leur amitié est une sorte de solidarité contre le reste du monde.

On suit Stradi -son surnom devenu son nom- au lycée, amoureux fou de Lélie puis malheureux quand son handicap les sépare. Il fuit le monde, vers l’océan qui le protège puis il retrouve le bonheur même s’il doit se remettre en question profondément.

C’est une vie de différence, une vie de musique qui isole. Une vie d’amitié, d’amour et de recherche d’acceptation de soi.

J’ai apprécié cette lecture mais j’ai fini par me lasser un peu. Je me suis dit que le roman aurait gagné à être un peu resserré, plus concis. J’ai parfois pensé à un roman pour jeunes adultes-grands adolescents. Je l’ai trouvé bien écrit, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Vian dans l’histoire et dans la poésie des images évoquées, il y a de beaux sentiments, une fausse légèreté. Mais malgré tout il m’a manqué un petit quelque chose pour que le roman me marque vraiment.

 

Merci à  et 

 avec Mumu dans le bocage et Manika (Allons voir leurs avis)

A Girl From Earth est d’un avis plutôt  proche du mien (cliquez sur son nom)

Vernon Subutex Tome 3 : Virginie Despentes (lu par Jacques Frantz)

J’avais beaucoup aimé le tome 1 et le tome 2 de Vernon Subutex (avec une préférence pour le tome 1 que j’avais trouvé rock’n’roll à souhait!) et c’est avec plaisir que j’ai retrouvé la voix de Jacques Frantz qui depuis le début EST Vernon Subutex pour moi!

J’ai beaucoup aimé ce troisième (et dernier) tome. On retrouve les personnages croisés dans les 2 premiers tomes et même si j’avais laissé passer un peu de temps entre le 2ème tome et celui-ci, j’ai vite fait les liens et retrouvé mes marques parmi les nombreux personnages.

Il y a une histoire qui sert de trame, de fil rouge à ce tome, comme depuis le début de la série mais ce que j’aime le plus dans « Vernon Subutex » c’est la galerie de personnages qui par leurs pensées, leurs modes de vie, leurs revendications, leur rêves et leurs échecs dressent un portrait de la société française de notre époque avec tous les avis contrastés et extrêmes que cela peut inclure.

Comme c’est un troisième tome, je ne vais pas rentrer dans les détails mais si vous avez aimé le premier je vous recommande vraiment ce tome qui est dans la même veine. La fin est très réussie!

Bravo encore à Jacques Frantz qui a vraiment donné vie à tous ces personnages!

 Chez Sylire

Merci à

Lithium : Aurélien Gougaud

Je suis un peu embêtée avec ce billet car je l’écris assez vite après l’avoir lu et … je ne sais pas quoi dire… Je n’ai pas de souvenirs marquants de cette lecture. Je me souviens de l’avoir lu sans déplaisir, je n’ai pas eu envie de l’abandonner, j’ai même trouvé des passages assez jolis et c’est facile à lire mais… je ne me souviens presque de rien…

Je vais recopier le résumer de l’éditeur, ça sera plus simple :

« Elle, vingt-trois ans, enfant de la consommation et des réseaux sociaux, noie ses craintes dans l’alcool, le sexe et la fête, sans se préoccuper du lendemain : un principe de vie. Il vient de terminer ses études et travaille sans passion dans une société où l’argent est roi. Pour eux, ni passé ni avenir. Perdus et désenchantés, deux jeunes d’aujourd’hui qui cherchent à se réinventer.

Dans un texte crépusculaire, Aurélien Gougaud entremêle leurs voix, leurs errances, leur soif de vivre, touchant au plus près la vérité d’une génération en quête de repères. Un premier roman d’une surprenante maturité, qui révèle le talent d’un jeune auteur de vingt cinq ans. »

Sur quelques jours, il y a une alternance entre deux personnages, un jeune homme et une jeune femme, ils ont la vingtaine, ils vivent une vie de leur temps. Lui, je me souviens qu’il travaillait sans trop de scrupules dans une entreprise ayant pour objectif d’arnaquer les personnes âgées en leur faisant acheter des portes ou des fenêtres à prix d’or et elle, je me souviens qu’elle quitte son boulot sur un coup de tête et décide aussi sur un coup de tête de partir en Australie du jour au lendemain…  ils finissent par se croiser…

C’est sans doute un récit d’une jeunesse désabusée et cherchant des repères, ils sont entre la grande adolescence et l’âge adulte. Alors est-ce que l’auteur a voulu montrer la vacuité de la vie de ces jeunes salariés qui entrent dans la vie active et qui se cherchent encore… Mais si c’est le cas, il a réussi… une fois refermé, l’histoire m’a parue vide 😉

Je n’ai pas compris pourquoi ils n’avaient pas de prénoms, il est « Il » et elle est « elle »… ça n’apporte rien au récit à mon avis. Mais à part cela, j’ai trouvé le style plutôt agréable à lire et je lirai peut-être un autre roman de cet auteur dont c’était le premier texte publié.

Je vous envoie vers le billets de Saxaoul qui vous donnera peut-être plus envie que moi.

Merci à chez qui j’ai gagné ce livre!

– 31

 chez Antigone

Le secret de la manufacture de chaussettes inusables : Annie Barrows

le secret

Je ne savais rien de ce roman quand ma collègue Marie Cécile me l’a offert et j’ai attendu cet été pour le lire pour le « Pavé de l’été » de Brize et pour le mois américain de Titine. Je dois avouer que le titre et la couverture me faisaient un peu peur et ne me tentaient pas particulièrement, j’avais peur que ce soit un de ces romans un peu « facile », un peu « guimauve » ou « pseudo-comique » qui me lassent très vite mais ce n’était pas du tout le cas !

L’histoire se passe dans une petite ville américaine à la fin des années 1930. Layla Beck est une jeune fille de bonne famille de Washington qui a été envoyée à Macedonia pour gagner son indépendance car elle a refusé un mariage arrangé par son père. Elle doit écrire l’histoire de Macedonia pour une agence gouvernementale et se débrouiller pour vivre de son maigre salaire. Pour son travail, elle devra interroger les habitants et découvrir le passé de la ville en démêlant le vrai du faux, le folklore de la vérité historique.

Elle loue une chambre chez les Romeyne, une famille atypique. Il y a Jottie, célibataire qui vit avec ses deux sœurs, des jumelles qui vivent ensemble la semaine mais rejoignent leurs maris respectifs le weekend. Jottie élève ses deux nièces : Bird et Willa. Le père des filles, Felix, est un homme un peu « sulfureux », très charismatique qui va et vient dans la maison sans que personne ne sache vraiment ce qu’il fait alors qu’Emmett, le plus jeune frère est plus rangé. La famille Romeyne possédait autrefois l’usine locale : la manufacture de chaussettes inusables. Mais des événements les ont fait chuter dans la société.

Le tableau est posé et l’enquête de Layla concernant la ville va indirectement creuser le passé de cette petite société bien huilée et surtout de la famille Romeyne. Willa, de son côté, du haut de ses 12 ans va aussi mener sa petite enquête en parallèle de Layla et malgré elles, elles vont déterrer des histoires qui ont façonné les relations entre les différents personnages, des secrets, des non-dits, des mensonges… Plus rien ne pourra être pareil après certaines révélations.

Ce roman est plus profond qu’il n’y parait au premier abord. Il met en avant des personnalités fortes et complexes, des relations familiales fusionnelles, des histoires d’amours. Le titre américain « The truth according to us » (« La vérité selon nous ») est bien plus conforme au sujet du roman car dans cette histoire chacun est à la recherche d’une vérité ou cherche à faire croire une vérité qui dépend des points de vue des uns et des autres.

On y évoque aussi un pan de l’histoire américaine dans une petite ville, la dépression économique, la place de l’alcool dans la société, les différentes catégories sociales.

J’ai dévoré ces 660 pages en 5 jours (en vacances certes mais je ne pouvais pas le lâcher !) A découvrir !

2016 objectif 2017 : -27          objectif PAL chez Antigone

lectures communes avec Manika. Allons voir son avis!

books_giftpar ma collègue Marie-Cécile : Merci!

mois américain chez Titine

pave-2017-large chez Brize

Ciel d’acier : Michel Moutot

J’avais tenté de lire ce roman il y a quelques temps mais à une période où mon esprit n’était pas dispo et je lui avait donné une seconde chance vu les avis positifs qu’il suscitait! Le hasard a voulu qu’il soit tiré au sort au Book Jar et que je « devais » donc le lire début septembre -juste après mon voyage en Amérique du Nord- et ma lecture en a été rendue encore plus vivante car le roman se passe entre New York et le Québec où je venais d’aller! Et encore un hasard : normalement, je devais mettre en ligne ce billet le 12 septembre car c’est le livre qui a été tiré au sort pour le Book Jar mais après l’avoir lu, je ne peux que le mettre en ligne le 11 septembre car cette date est centrale au roman puisqu’une grande partie du roman parle des conséquences des attentats du 11 septembre 2001.

Les personnages principaux de ce roman sont les « ironworkers » (les bâtisseurs d’acier) Mohawks qui sont des Indiens venant du Canada qui sont réputés pour leurs grandes qualités en construction de ponts géants et de gratte-ciels (la légende voulant qu’ils n’aient pas le vertige). Nous suivons plus particulièrement John Laliberté et sa famille au fil des années et des constructions.

Le roman débute le 11 septembre 2001 quand John qui travaillait sur un chantier dans Manhattan (ainsi que de nombreux « ironworkers ») s’est porté volontaire pour découper les structures métalliques des Twin Towers qui venaient de s’effondrer et aider les secours à circuler dans les décombres.

John est particulièrement attaché à ces tours car son père -ainsi que de nombreux Mohawks) avait participé à la construction des tours du World Trade Center et il a même été le seul ouvrier à mourir pendant les travaux. Le roman nous emmène d’ailleurs aussi en 1970 en pleine construction des tours.

Nous remontons aussi au 19ème siècle auprès des Mahawks à Kahnawake au Canada et on découvre comment les hommes de cette tribu sont passés d’experts en navigation fluviale à des bâtisseurs de haute voltige réputés.

L’histoire fait des allers-retours dans le temps jusqu’à la construction de 1WTC Freedom Tower, la tour construite pour remplacer les Twin Towers. Une boucle familiale et architecturale est alors bouclée.

Cette histoire est passionnante. On y découvre les Mahawks et leur mode de vie, passé et présent. On découvre aussi le mondes « ironworkers » et les constructions des buildings géants des Etats-Unis (et pour moi qui suis allée à New York, c’était particulièrement fascinant de voir l’envers du décors!) C’est aussi une histoire familiale très humaine. Et puis, il y a aussi tout ce qui concerne « l’après 11 septembre », un aspect reportage sur la « déconstruction » des tours et les conséquences des attentats. C’est très réaliste car la 4ème de couverture explique que l’auteur « était correspondant à New York au moment des attentats  a reçu le prix Louis Hachette pour sa couverture des attentats du 11 septembre ». Il était donc bien placé pour intégrer ces éléments dans cette fiction.

Une très bonne lecture que je vous recommande vraiment!

Pour visualiser les constructions dont parle le roman, je vous renvoie vers mon billet sur New York (clic clic)

Et voici quelques photos de buildings en construction que nous avons prises à New York cet été et auxquelles je n’ai pu que penser pendant ma lecture.

Nous ne l’avions pas prévu, mais je découvre aujourd’hui qu’Icath a aussi ce roman aujourd’hui! Allons voir son avis!

 chez Antigone

par  Eva (Cliquez sur son nom pour voir son avis)

 chez Titine