« Chien de printemps » de Patrick Modiano (lu par Edouard Baer)

Francis Janssen est un photographe et le narrateur est un jeune homme qui a rencontré l’artiste dans un café dans les années 60. Il classe les photos du photographe et entre un peu dans sa vie même s’il ne connait pas tout de lui. Ils sont proches d’une certaine manière et pourtant il y a aussi une distance, imposée par Janssen.

Il y a de la poésie, de la mélancolie, de la douceur et du rejet, des souvenirs dans lesquels on pioche comme dans un album photo.

Ce photographe, j’y ai cru, j’avais envie de voir ses photos et c’est en écrivant ce billet que j’ai réalisé qu’il était fictif. Mais j’ai aimé l’intimité transcrite par Modiano, l’impression de réalité et la recherche du passé, le mystère derrière des photos anonymes ou des bribes de vies que j’avais aimé dans « Dora Bruder » et dans « Rues des Boutiques Obscures ».

Ici aussi, la ville est un personnage à part entière et l’ambiance est plus importante que les faits ou l’action.

J’ai aussi aimé la façon de lire d’Edouard Baer (alors que je ne l’avais pas aimé dans « Oona et Salinger », car j’ai trouvé que son ton nonchalant collait très bien au personnage.

Une bonne découverte.

Rue des Boutiques Obscures de Patrick Modiano

 

J’avais beaucoup aimé « Dora Bruder » de Patrick Modiano, que j’avais lu car Galéa avait piqué ma curiosité (cette « modianette » sait donner envie!) Alors quand Sylire a annoncé que la lecture du blogoclub du 1er mars (oui, je suis en avance… jours paires et tout ça…) serait autour de l’auteur, j’ai eu envie de tenter une nouvelle lecture.

J’ai beaucoup aimé cette lecture. Si je devais résumer je dirai que c’est une sorte de polar introspectif et de quête personnelle avec retour dans le passé et déambulations dans les rues du présent…

Guy Roland travaillait comme détective privé pour Hutte depuis 10 ans quand ce dernier prend sa retraite. Guy Roland va alors mener une enquête très personnelle : celle sur son passé car s’il est « Guy Roland » ce n’est que parce qu’Hutte lui a fourni cette identité. En effet, il est amnésique et n’a aucune idée de qui il est.

L’enquête commence par la rencontre avec deux personnes qui pensent le reconnaître… A partir de cette identité potentielle, il rencontre d’autres personnes qui lui font tisser des liens virtuels et ténus entre cette première identité et d’autres personnes. Il découvre qu’il ne peut pas être untel ou untel mais il finit par être sûr de qui il était et tout en fouillant de plus en plus, il commence à se souvenir de bribes de sa vie passée. Mais il est en perpétuelle quête d’un témoin de celle-ci, de quelqu’un qui puisse le reconnaitre vraiment.

J’ai aimé ce voyage dans l’inconnu pour un homme qui cherche à se raccrocher à la moindre parcelle du passé qui pourrait le rapprocher de lui-même. C’est angoissant cette idée de perdre entièrement la mémoire et n’être plus personne. Ne plus trouver de personne pour partager ce passé, particulièrement quand il appartient à la période trouble de la 2ème guerre mondiale… Car si des souvenirs lui reviennent, il ne sait pas vraiment qui il était réellement et pourquoi il a fait telle ou telle chose.

J’ai aimé les promenades de rue en rue (même si je ne connais pas la plupart des lieux) je trouve que cela apporte une sorte de poésie urbaine au roman.

Il y a une certaine lenteur dans ce roman, un rythme qui pourrait en rebuter certain mais personnellement, je l’ai dévoré en deux jours et je me suis vraiment immergée dans cette ambiance particulière.

Mon billet est peut-être un peu confus car je l’ai écrit dans les brumes de la grippe mais je vous le conseille!

 

Denis m’a parlé d’un super site qui concerne Modiano et son amour de Paris!

 

 autour de l’auteur avec Sylire et le  (En cliquant sur le logo vous trouverez le billet de Sylire et les liens vers les autres lectures ; Allons voir ce que les autres ont lu et s’ils ont aimé!)

« Dora Bruder » de Patrick Modiano (lu par Didier Sandre)

Cette lecture a été ma première rencontre avec Patrick Modiano et contrairement à ce que le timing de ma lecture pourrait laisser croire, ce n’est pas son Prix Nobel tout frais qui m’a donné envie de le lire car il était dans ma PAE (Pile à Ecouter) avant cette consécration. C’est Galéa, en bonne Modianette qu’elle est, qui m’a donné envie de découvrir son auteur chouchou! Et je suis très contente car j’ai beaucoup aimé!

Patrick Modiano raconte l’enquête qu’il a menée pour savoir ce qui était arrivé à la jeune Dora Bruder après avoir trouvé une petite annonce dans un journal de 1941 qui évoquait sa disparition. Cette enquête est un prétexte pour parler de l’occupation, de la façon dont les juifs ont été traités en France à cette époque.

C’est aussi l’occasion de parler de l’adolescence et de relations entre les parents et les enfants, notamment les relations entre Patrick Modiano et son propre père et donc l’adolescence des années 60.

C’est une façon très émouvante de parler de l’occupation, de la déportation. J’ai trouvé cette façon assez factuelle et détachée d’en parler très touchante. Les exemples de femmes citées à la fin (dont une femme qui s’appelle Hena qui dans la version audio s’entend Enna 😉 et l’évocation des femmes non juives ayant porté des étoiles jaunes exprès, par provocation et solidarité, m’ont presque mis les larmes aux yeux (et j’étais au supermarché…)

J’ai aussi beaucoup aimé les déambulations dans la ville. On visualise les rues, les bâtiments. Il y a à mon avis une vraie poésie dans cette promenade immobile.

Pour finir, j’ai beaucoup aimé la voix et la façon de lire de Didier Sandre qui est devenu le narrateur et donc un peu Patrick Modiano pour moi  🙂

Ce n’est surement pas le dernier roman que je lirai de cet auteur.