Une pause s’impose (mais avec une PAL de vacances conséquente!)

Aujourd’hui, les vacances de mon académie commencent (nous avons décalé les vacances pour travailler l’équivalents des jours non fériés de la semaine du 8 mai… donc là, c’est parti pour deux semaines et demi de vacances) et je compte bien en profiter 😉

Pendant ces vacances, on n’ira pas au bout du monde mais ça va faire du bien de changer d’air! On commence par quelques jours à Paris (avec un tour au Parc Astérix pour faire une surprise à Bastien … autant vous dire que c’est un peu un sacrifice de mère 😉 Après on ira peut-être quelques jours à Rennes.

Je compte bien lire, me reposer, courir et passer du temps en famille (et malheureusement travailler un peu aussi, car je ramène des évaluations filmées de 6ème qui ne sont pas terribles et je dois préparer plein de nouveaux cours)!

Je prends donc quelques jours de pause sur le blog et je reviendrai le mardi 1er mai avec le bilan de mes lectures d’avril!

Le 2 mai, ça sera le billet « Oyez! Oyez! »

Le vendredi 4 mai, il y aura le rappel J-1 pour la photo du 5/5 à 5h05 et/ ou 17h05. Je vous parlerai aussi de « La déesse des petites victoires ».

Le samedi 5 mai, ce sera le rappel Jour J de la photo du 5/5 et dans la journée, ma photo, et une nouvelle newsletter pour la semaine suivante!

Pendant les vacances voici ce que j’ai prévu de lire :

Ma lecture en cours à finir : « A l’encre Russe »

Puis quelques livres achetés en 2018 que je ne veux pas faire traîner dans la PAL :

« Linea Nigra »

« Le livre que je ne voulais pas écrire »

« Ecrire en deuxième division »

Et un Agatha Christie pour le mois anglais… Je connais l’histoire par coeur car j’ai vu 3 adaptations filmées différentes et que je l’avais déjà lu ado, mais il faut toujours revenir aux sources : 

« Le crime de l’Orient Express »

Comme je vous le disais l’autre jour, je pense que je suis un peu gourmande et c’est sans compter sur une réservation de BD qui arrivera peut-être aussi à la médiathèque 😉

A bientôt et en attendant : bonnes lectures!

Rencontre avec Sylvère Denné et Sophie Ladame, auteurs de « Bleu amer »

En mars je vous parlais d’une BD qui m’avait beaucoup plu  (cliquez pour lire mon billet) et quand j’ai appris que mes libraires chouchous de la librairie Le Détour allaient les recevoir, j’étais ravie et impatiente de les rencontrer.

La rencontre a commencé par par des dédicaces dans la barque qui se trouve devant la librairie, une dédicace très jolie, différente pour chacun et avec un moment de discussion avec les auteurs. Je leur ai donné la carte du blog en leur disant que j’avais parlé de leur BD mais ils étaient déjà au courant grâce à Mo qui les avait prévenus. En effet, Mo les a rencontré à Angoulême et ils se souvenaient très bien de cette rencontre 😉 ). J’étais très touchée que Sylvère Denné me remercie de mon billet parce qu’ils étaient contents d’avoir de la visibilité (enfin, pas sûr que mon petit blog donne beaucoup de visibilité mais ça me ferait vraiment plaisir si vous vous laissiez tenter par cette BD grâce à moi!).

Une discussion informelle a commencé avec les lecteurs et les auteurs sur la barque, au soleil. C’était vraiment un joli moment. Alors ce compte rendu ne sera pas du tout exhaustif et linéaire car c’était une discussion à bâtons rompus avec l’un ou l’autre des auteurs et les différents participants. Mais je peux vous dire qu’ils sont vraiment sympathiques et intéressants!

Les auteurs

Sylvère Denné et Sophie Ladame viennent de Saint Malo et sont amis depuis plusieurs années mais cette bande dessinée est non seulement leur premier travail en commun mais également leur première BD. Sophie Ladame a auparavant travaillé sur des carnets de voyages et Sylvère Denné a d’abord travaillé 10 ans dans l’immobilier mais il avait envie de travailler dans le monde de l’édition. Il a trouvé que c’était un milieu difficile à pénétrer et a aussi été libraire avant de déménager à Saint Malo où en plus d’écrire il est aussi serveur et libraire, c’est aussi un grand lecteur. Sophie a 3 enfants (qu’elle a eu dans pendant la période d’écriture de Bleu Amer, « 3 enfants en deux ans et demi, ça n’a pas facilité l’avancé du projet » a plaisanté Sylvère qui lui-même va devenir papa dans quelques mois, une perspective qui semble l’inquiéter un peu 😉 . Ils ont aussi un nouveau projet en cours de route (mais c’est top secret car ils sont à la recherche de l’éditeur 😉 mais ils nous en touché deux mots quand même!

La presse

Ils nous ont dit à quel point c’était important pour des auteurs de BD d’être visibles. Il y avait un bel article dans Ouest France, et ils vont aussi passer dans un reportage sur France 3 Normandie mais il y aura aussi un portrait de Sophie dans l’émission Littoral et dans Echappées Belles (gardez l’oeil ouvert!)

La mer

La mer est importante pour eux. Tout d’abord, ils se sont rencontrés autour de la Route du Rhum (même si c’était dans une fête, pas sur un bateau 😉 et Sophie est une grande navigatrice : elle a traversé l’Atlantique à la voile avec son père (et c’est là qu’elle a commencé à dessiner). Mais elle a aussi évoqué son passage sur le Renard (à Saint Malo) et la discussion a aussi embrayé sur les vieux gréements des environs, comme la Granvillaise, la Cancalaise et le Marité!

Bleu Amer

C’est un projet qui a leur a pris 2 ans et demi. Ils ont pris du temps pour élaborer leur méthode de travail. Sophie vient du carnet de voyage qui est dans l’immédiat mais elle a trouvé agréable de travailler sur une BD qui donnait le temps de s’installer.

Ils ont beaucoup travaillé ensemble sur le projet. Ils voulaient un seul lieu, peu de personnages pour avoir plus de temps pour être plus exigeants sur le reste, la mise en scène, les personnages, leurs caractères. Ils avaient une liste de thématiques qu’ils voulaient traiter comme la trahison, la loyauté, le rapport à l’étranger et sans dialogue.

« Bleu amer » a été tiré à 3000 exemplaires, ce qui est beaucoup pour une BD mais ils n’ont pas vraiment de retour sur les ventes (même si ce jour-là, il y a eu pas mal de ventes et que les jours où ils vont en dédicace ou en festival, ils ont l’impression que cela se vend bien.)

Au départ, l’album devait être édité par quelqu’un d’autre qui a fini par abandonner le projet. Ils sont alors allés au festival  Quai des Bulles, à Saint Malo, avec leur dossier sous le bras pour démarcher des éditeurs et c’est comme cela qu’ils ont pu travailler avec « La boite à bulles ».

Leur livre est dédicacé à des amis auteurs qui les ont épaulés et encouragés mais aussi à l’éditeur qui devait au départ s’occuper de l’album. Sophie précise qu’elle y tenait! Et d’ailleurs, il regrette sans doute maintenant 😉

Une personne a fait remarqué que cette BD qui fait réfléchir à ce que l’on aurait fait pendant la guerre fait aussi un parallèle avec la situation de migrants actuellement.

Chausey

Pour cette BD en huis clos, ils voulaient un lieu sans voiture, au calme (Sylvère plaisante en disant que Sophie venait du dessin de bateaux, ils ne se voyaient pas dans un milieu urbain.) Sylvère connaissait Chausey et c’était un lieu qui faisait envie aussi à Sophie et pour elle c’était important de se sentir bien dans un lieu qu’elle allait dessiner longtemps.

C’était pour eux un vrai choix de faire peu de dialogues car les habitants de Chausey sont des « taiseux ».

L’archipel de Chausey est vraiment un lieu magique (un rêve pour les navigateurs comme le dit Sophie) et ils parlaient de faire une dédicace à Chausey cet été! Et pendant qu’ils étaient là, il a aussi été question de leur retour à Granville pour le festival des Voiles de Travail en août.

 

Une belle rencontre pour une BD très forte et belle! A découvrir!

Merci à Sylvère Denné et Sophie Ladame pour leur gentillesse et leur disponibilité et aussi à Fanny et Raphaël, qui sont vraiment des libraires hors pair!

 

  chez Mo

Une vie : Simone Veil (lu par Marie-Dominique Bayle)

Avis de l’éditeur : « Simone Veil accepte de se raconter à la première personne. Personnage au destin exceptionnel, elle est la femme politique dont la légitimité est la moins contestée, en France et à l’étranger ; son auto-biographie était attendue depuis longtemps. Elle s’y montre telle qu’elle est : libre, véhémente, sereine. »

Cette autobiographie de Simone Veil m’a passionnée! Je ne connaissais finalement pas grand chose de sa vie : son passage dans les camps bien sûr, la légalisation de l’avortement, évidemment, mais sinon c’était assez flou et pourtant c’était une femme qui me faisait une très bonne impression et j’avais été assez touchée au moment de sa mort (les discours de ses fils à ses obsèques m’avaient terriblement émue!)

Dans cette autobiographie, Simone Veil commence par parler de son enfance, heureuse, en famille. Puis elle aborde son expérience des camps et elle raconte cela avec beaucoup de pudeur et sans être larmoyante, c’est bouleversant.

Ensuite elle parle de ses études et de son besoin viscéral de travailler, faire quelque chose de sa vie -héritage de sa mère- même si elle aurait pu se contenter d’être mère au foyer. Elle revient sur son travail au cœur des prisons puis son implication dans le gouvernement, sous la présidence de Giscard d’Estaing, en tant que ministre de la Santé  et son combat passionnant pour le droit à l’avortement.

Puis elle évoque son travail pour la construction et le développement de l’Europe mais aussi ses convictions féministes.

J’ai vraiment lu le portrait d’une femme admirable (même si je l’aurais plus appréciée, si elle n’avait pas soutenu Nicolas Sarkozy de façon sans équivoque 🙂 ). Une femme réaliste, déterminée, courageuse et forte, qui ne se laissait impressionner par personne! Mais elle montre aussi par petites touches pudiques le portrait d’une fille, d’une épouse et d’une mère que l’on ne peut que trouver touchante. Je me souviens particulièrement du passage où elle parle d’un déjeuner avec l’un des ces petits fils adolescent avec qui elle faisait une virée en librairie et de leurs échanges sur la littérature.

Au niveau de la version audio, je dois dire que le début est particulièrement émouvant car c’est Simone Veil qui lit elle-même le premier chapitre sur son enfance. Ensuite, la lectrice qui prend le relais a très bien su donner vie à cette vie! Bravo!

 par Estellecalim

pour ma ligne « passage du temps »

Mots rumeurs, mots cutter : Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini

J’ai souvent vu ce titre passer sur les blogs et quand je suis allée à Rennes au festival Rue des Livres et j’ai eu la chance de croiser Charlotte Bousquet sur un stand et j’ai craqué!

Cette BD commence comme une tranche de vie de collège avec et son côté très réaliste de relations entre les copines, les copains, les cours, la futilité de ces petits moments. Et pourtant, au-delà des histoires de drague, de rivalité entre copines et de fêtes, on bascule un jour dans le harcèlement.

Léa rencontre Mattéo en cours, il est redoublant et ses copines craquent sur lui et quand il commence à l’intéresser à Léa, cela ne plait pas du tout aux autres filles de la classe. Un soir lors d’une fête, alors que la bande de copines a trop bu et a joué à « action ou vérité », une photo compromettante de Léa a été prise et diffusée à tout le collège sans qu’elle soit au courant…

Son copain la quitte, et la vie devient un cauchemar pour la jeune fille car non seulement tout le monde la traite comme une pestiférée mais en plus elle subit des violence verbales, physiques et des brimades anonymes… C’est un enfer pour Léa qui ne sait pas vers qui se tourner…

Ce sujet du harcèlement est toujours très important à évoquer avec et pour les jeunes et le format BD me parait vraiment une bonne idée car c’est très abordable.

J’ai aussi aimé le fait que Léa soit une ado « cool » avec des copines et des amours, pas forcément la caricature de la fille effacée qui se fait harceler. Elle se montre même parfois pas toujours super sympa avec les autres, elle se permet quelques jugements hâtifs mais pourtant, son monde apparemment facile et normal va s’écrouler par cette violence. Et cela montre bien aux jeunes lecteurs que tout le monde peut être concerné. Et enfin, j’ai apprécié que la résolution de cette affaire passe par l’intervention d’une autre élève qui en tenant tête aux harceleurs permet à Léa de comprendre que ce qu’elle subit est inacceptable et elle arrive enfin à en parler à des adultes. Et cela aussi c’est important car c’est un message que j’essaie de faire passer à mes élèves : « Si vous voyez quelqu’un qui est malheureux à cause d’autres personnes, il faut d’abord dire à ces personnes d’arrêter et si ça ne marche pas, il faut encourager la victime à parler à quelqu’un. »

C’est une BD qui devrait être dans tous les CDI et j’ai conseillé à ma documentaliste de l’acheter!

 

Intimité : Hanif Kureishi

Ce livre m’a été offert en janvier par mon collègue A qui m’a prévenu en me le donnant que c’était un roman « spécial »… La lecture commune prévue avec Rachel m’a motivée pour le lire mais je dois dire que s’il n’avait pas été très court je l’aurais sans doute abandonné (j’ai d’ailleurs lu la fin en diagonale…) car même s’il était court, il m’a paru interminable!

Avant de vous dégoûter (mais ne comptez pas sur moi pour vous donner envie, peut-être que Rachel y parviendra ;-)) je vais vous dire de quoi il s’agit… En fait, le résumé sera bref … L’histoire est sensée se dérouler pendant une nuit, la dernière soirée qu’il compte passer dans sa maison de famille car après 6 ans de mariage, il va quitter sa femme et ses deux enfants. Il s’ennuie à mourir avec sa femme même s’il adore ses fils et il profite de cette nuit de réflexion pour revenir sur sa vie de couple…

Cela aurait pu être intéressant, il y a des choses qui m’ont parlées, je n’ai pas forcément eu une vie affective très linéaire et j’ai connu ces moments d’ennui et j’ai certainement été à la place de Susan mais j’ai trouvé que le personnage  de l’homme (je ne me souviens même plus de son nom) était d’une hypocrisie terrible et assez odieux car il brosse un portrait très négatif de sa femme, elle semble être la cause de l’échec de leur couple (mais il ne lui en parle pas, il le subit) mais il admet aussi l’avoir régulièrement trompée et même avoir aimé quelqu’un d’autre pendant leur mariage… alors qu’ils n’ont été marié que 6 ans… Et puis, au lieu de parler à sa femme et préparer ses enfants, il va partir comme un voleur dans sans rien dire à personne et il se tracasse de savoir quels livres et quels vêtements il va emporter avec lui…

Bref j’ai détesté ce personnage cynique et désagréable au possible et au niveau du style je me suis beaucoup ennuyée car il y a beaucoup d’aller et retour dans le temps et beaucoup de tergiversations… Un échec de lecture pour moi.

 mon collègue A.

 avec Rachel : Allons voir son avis!

chez Titine 

Où va le blog cette semaine ?

Où va le blog cette semaine?

Le soleil est enfin arrivé en Normandie et les vacances scolaires arrivent… Autant dire que tout va bien!

Demain dimanche 22 avril, je vous parlerai de « Intimité » en LC avec Rachel et d’une BD jeunesse « Mots cutters, mots rumeur ».

Mardi 24 avril, je vous donnerai mon avis sur « Une vie », l’autobiographie de Simone Veil, en audio.

Mercredi 25 avril, je vous ferai un compte rendu de la rencontre avec Sylvère Denné et Sophie Ladame, les auteurs de la BD « Bleu amer »

Et enfin, il y aura aussi un petit billet pour vous annoncer que je prends une pause de blog pour partir quelques jours en famille car « une pause s’impose »! (Et à part le billet sur ma rencontre d’auteurs, j’ai plein e billets d’avance, déjà tapés, pour le courant du mois de mai!)

En ce moment, je lis  « A l’encre Russe » de Tatiana de Rosnay (après deux abandons de romans, je rentre enfin dans une histoire, croisons les doigts que ça dure!). En audio, je lis  « En sacrifice à Moloch » d’Åsa Larsson lu par Odile Cohen, le dernier titre du Prix Audiolib.

Mes prochaines lectures :

 

« Alexandrin ou L’art de faire des vers à pied »

« Linea Nigra »

« Le livre que je ne voulais pas écrire »

« Ecrire en deuxième division »

Oui, je suis un peu gourmande 😉

A bientôt! Bonne semaine et bonnes lectures!

Les amandes vertes Lettres de Palestine : Anaële et Delphine Hermans

Cette bande dessinée raconte l’échange de lettres entre deux sœurs, les deux auteurs. L’une d’entre elle part 10 mois en Palestine pour une organisme humanitaire et si la sœur restée en Belgique envoie des cartes postales de son quotidien ordinaire, celle qui est partie lui envoie de longues lettres depuis la Palestine qui sont retranscrites sous forme de récit dessiné.

On découvre ce pays avec les yeux de l’occidentale innocente qui prend conscience au contact des gens qu’elle fréquente là-bas de la réalité d’une vie en permanence dans le danger et dans l’incertitude. Elle est désabusée, elle n’arrive pas à accepter le « C’est normal » qu’elle entend sans cesse car rien n’est normal et tout semble si injuste.

Sans faire de politique, c’est plus un constat des conditions de vie de gens ordinaires et en cela c’est très touchant. Cela montre aussi à quel point c’est une situation bien compliquée. Beaucoup de questionnements sont soulevés et la jeune femme en apprendra aussi sur elle-même sur place.

Une lecture BD a mettre en parallèle avec « Chroniques de Jérusalem » de Guy Delisle.

Je n’ai pas été vraiment sous le charme des dessins mais le fond est intéressant.

 par ma Best

 deuxième ligne couleur

Les petites gens : Vincent Zabu et Thomas Campi

J’ai repéré ce titre chez Bulles d’Air un mercredi de la BD et elle m’a donné envie de lire cette BD alors je l’avais déjà croisée à la médiathèque sans jamais l’emprunter!

Cette bande dessinée raconte les vies de certaines personnes qui vivent dans la même rue. Paul, Monsieur Armand, Lucie, Louis et son papa, Irina…

Ils se croisent, se parlent, ou pas, ils ont des histoires personnelles qui les perturbent et leurs relations de voisinage vont petit à petit les aider à y voir plus clair dans leurs vies de « petites gens » assez ordinaires auxquels on peut tous s’identifier un peu et j’ai passé un bon moment en leur compagnie.

C’est une jolie tranche de vies et de communauté, parfois triste, parfois drôle souvent touchante. Mention spéciale au personnage de Monsieur Armand qui se fait passeur de livres avec sa bibliothèque improvisée dans son appartement du rez de chaussée, presque un médecin/psychologue littéraire!

Les couleurs chaudes, fauves sont vraiment agréables.

La vérité sort de la bouche de Bastien

 Bastien a 8 ans et 6 mois… Voici ses petites phrases et ses bons mots volontaires ou involontaires!
  • On lui dit qu’on le trouve beau :
    «On t’a bien réussi!
    Vous m’avez bien réussi! Mais quand je dis ça, je sais pas si c’est un compliment pour vous ou pour moi! Les deux !»

 

  • Son père mange des noisettes et amandes et Bastien le regarde :
    «Papa! C’est quoi cette gavade!»

 

  • «Quelquefois dans les livres, y a une petite question avec une réponse pas sûre mais sur laquelle en fait va s’appuyer tout le livre.  Par exemple, là, ils se demandent où est passé l’or d’une épave et ils répondent «Oh… l’épave a sans doute été pillée…» «Sans doute», ça veut dire que c’est pas sûr mais je pense que ça va être la grande histoire! Vu que je lis beaucoup de livres, je commence à connaître cette technique!»

 

  • Il va à l’anniversaire d’un copain plus âgé que lui. Ce copain a fait une affiche pour «vendre sa petite soeur», je blague en disant que sa petite soeur a peut-être aussi fait une affiche avec «grand frère à vendre». Bastien rétorque : «Moi, je t’achèterais!» et le copain d’ajouter «Je te ferais un prix!»

 

  • «Si quelqu’un me faisait ça, il tâterait de mes poings!»

 

  • J’appelle Bastien à 10h :
    «Bastien lève toi, il est midi!
    Midi? Midi!!!
    -Poisson d’avril!
    Ah! Je m’en doutais bien. Mais je suis content que vous jouez le jeu! Continuez comme ça !»

 

  • «Est-ce que ça existe «un tiers d’heure»?»
    -Non, ça ne se dit pas même si «un quart d’heure» existe.

 

  • «Je ne sais pas encore quel métier je veux faire. Peut-être minerologue, géologue, étymologique, entomologiste ou marin…
    -Marin? C’est nouveau ça? D’où ça sort?
    Mais j’ai le droit!
    -Bien sûr! Et tu ne veux plus être écrivain?
    Si mais je veux d’abord écrire deux ou trois romans pour moi sans les faire publier et après je vais choisir!»

 

  • «Oh… mercredi tu vas encore dire «Je suis occupée, j’ai du travail! Et du coup, tu abandonnes ton fils et tu le laisses sombrer dans l’ennui!» (vis ma vie de fils de prof un peu cabotin!)

 

  • Nous sommes allés voir une pièce de théâtre («Encyclopédie de mon père» de Bruno Léandri joué par Jean-Charles Lenoël). Dans ce texte le personnage, Bruno Léandri, raconte son enfance. A la fin de la pièce, la première réaction de Bastien a été : «Comment il a fait pour retenir tout ce texte?!!!» Puis «C’est lui qui a écrit l’histoire?» Mais pour être honnête ce qui lui a le plus plu, c’étaient tous les gros mots, il a même dit à Jean-Charles : «J’ai appris plein de gros mots!»

 

Bakhita : Véronique Olmi (+ mon avis sur sur la version audio lue par l’auteur)

J’ai pris tout mon temps pour lire ce roman, il n’est pas si long et pourtant j’ai mis presque 2 semaines à le lire car je voulais le savourer et le lire dans des bonnes conditions pour déguster la langue et me plonger dans cet univers. J’ai trouvé le style magnifique, poétique sans fioritures, très visuel et pourtant plein de pudeur, pour parler d’un sujet dur, douloureux, et aussi très beau.

L’histoire est celle de Bakhita, tout d’abord petite fille au Soudan dans sa famille en 1865, avec des parents, des frères et sœurs et même une jumelle, mais à 7 ans elle est kidnappée et devient une esclave qui va être traînée sans ménagement sur les chemins. Elle va y perdre littéralement son identité, sa langue et même ses souvenirs. Elle va créer des amitiés même si elles sont dérisoires dans les conditions de vie qu’elle mène.

Elle sera achetée, vendue, maltraitée, torturée et puis elle sera sauvée quand elle sera achetée par le consul d’Italie et qu’il l’emmènera avec lui en Italie. Là, même si elle appartient encore à quelqu’un elle découvrira qu’elle peut être un individu à part entière. Une fois affranchie et donc libre, elle deviendra alors extrêmement croyante et entrera dans les ordres et deviendra même une sainte!

Ce roman est d’une grande puissance, il y a tant de domaines abordés, il y a de l’introspection, des questionnements sur ce qu’est la liberté, sur l’amour et le partage. Et puis, c’est aussi une fresque historique de l’Afrique et de l’Europe car on traverse l’histoire su 20ème siècle avec Batikha qui mourut en 1947 après avoir traversé deux guerres mondiales.

J’avais vu ce roman circuler sur Internet, notamment parce qu’il a gagné le Grand Prix des Blogueurs Littéraires 2017 et j’avais un peu peur de le lire car parfois quand un roman est « sur-vendu » on peut être déçu mais je suis tombée littéralement sous le charme de cette histoire pour le sujet et pour le style. J’ai souvent été très émue, que ce soit dans la première partie, très dure, sur l’esclavage ou dans la partie européenne où Batikha est dans la recherche d’elle-même et d’amour. Je vous le recommande vraiment même si je me rends compte que j’en parle sans doute très mal car c’est souvent comme ça pour les gros coups de coeur!

Et voici mon avis sur la version audio :

Il faut d’abord que je vous dise que j’ai commencé ma lecture de ce roman par sa version audio et que je l’ai abandonné au bout d’une heure d’écoute mais comme ce que j’en avais entendu me faisait penser que j’aimerais le texte je l’ai ensuite repris sur ma liseuse.

Donc cette partie du billet n’est pas pour parler du contenu dont vous avez pu lire tout le bien que j’en pensais au-dessus mais pour parler de la lecture audio par l’auteur elle-même… Je ne vais pas y aller par quatre chemins : j’ai détesté!

Je ne comprends vraiment pas pourquoi les auteurs sont choisis pour lire leurs livres car à quelques exceptions près (Pierre Lemaitre par exemple) c’est rarement positif! Ça fait longtemps que je veux demander à Audiolib comment ils choisissent les lecteurs? Il y a tant d’acteurs formidables qui lisent merveilleusement bien, qui font vivre le roman car c’est leur métier… Ici, pour moi, la lecture de Véronique Olmi a massacré le texte qui est pourtant vraiment beau et fort, poétique et réaliste… Elle en fait une récitation d’enfant mal posée, mal rythmée avec des intonations artificielles et ajoute aussi une sorte de pseudo lyrisme poétique. Pour tout dire, parfois, je l’imitais en écoutant sa lecture, pour voir comment on faisait pour si mal lire une si belle phrase.

Bref, Véronique Olmi devrait continuer à écrire car elle le fait très bien mais surtout laisser la lecture de ses romans en version audio à des lecteurs professionnels!

Les avis de mes co-jurés : Aproposdelivres,  Meuraïe, SandrineSylire

 Chez Sylire

catégorie « mot unique » de ma ligne audio