Pause…I’m off to London!

A l’heure où vous lirez ces lignes je serai déjà en route pour l’Angleterre (point de rendez-vous à 5h… du matin!) avec 3 gentils collègues et 52 terribles gentils (espérons-le) élèves de 4ème et 3ème.

Comme je le dis à chaque fois, je ne suis pas en vacances, même si j’apprécie beaucoup les relations que l’ont a avec les élèves à cette occasion, que j’aime beaucoup les collègues qui viennent avec moi (dont Mrs B ma twin!) et que j’adore Londres, ça va aussi être fatiguant et stressant (et particulièrement fatigant car je me remets tout juste de la grippe.)

Je pars avec une petite liste de shopping (hum hum… j’ai une « petite » LAL en anglais… comptez sur moi pour vous en parler au retour!… Ma PAL va prendre un coup comme à chaque fois… 🙂

Je mets le blog en pause, même (si j’ai vérifié) on a le wifi dans la famille d’accueil et on aura aussi un ordinateur mais je ne compte pas traîner sur internet (trop de choses à faire!!)

A bientôt!

Je vous laisse avec un billet « Carnets de blog » et quelques poèmes pour le printemps des poètes.

Je reviens le 16 mars avec un bilet audio « Soie » et une Ecoute Commune de « On ne voyait que le bonheur » avec Sophie/ Vicim.

A bientôt : bonnes lectures (de mon côté, pas sure que je lise beaucoup!)

L’homme au manteau noir de Diane Setterfield

 

J’ai choisi ce roman parce que j’avais beaucoup aimé « Le treizième conte » du même auteur. Mais pour tout dire, je suis assez déçue.

 Je ne l’ai pas abandonné, j’ai été jusqu’au bout (les vacances et la grippe aidant…) je ne l’ai pas lu avec déplaisir mais sans grand plaisir et avec une pointe d’ennui quand même… Et pour finir j’ai trouvé des maladresses de traduction qui m’ont gênées, une certaine lourdeur. Surtout, je me suis dit qu’avec moitié moins de détails l’histoire aurait été plus rythmée et m’aurait beaucoup plus plu mais que là, le sujet qui était intéressant en soi était trop délayé…

Alors l’histoire est celle de la vie entière de William Bellman que l’on rencontre à 10 ans avec ses copains dans la campagne anglaise alors qu’il tué un freux par défi et par hasard  avec son lance pierre (Un freux? Pourquoi ne pas parler de corbeaux? Tout le long du roman, l’auteur/la traductrice parle de freux mais je n’avais jamais entendu ce mot avant et sur internet, je vois qu’on parle de « corbeaux freux »… Bref c’est un détail mais il revient souvent….Vous saviez ce qu’était un freux, vous?) Je reviens à mes moutons, ou plutôt mon freux… C’est un événement de l’enfance qui est sensé marquer le jeune garçon d’une empreinte noire (et c’est sans doute le plus gros défaut du roman à mon avis, vouloir faire quelque chose d’un peu « ésotérique » alors que les faits suffisaient largement.)

Le jeune William vit seul avec sa mère, son père ayant disparu un beau jour. Ce dernier venait d’une famille aisée, propriétaire d’une filature (nous sommes au 19ème siècle en Angleterre) mais a été rejeté par son père pour ce mariage. L’oncle de William, le prend sous son aile et on assiste à l’ascension de William dans l’entreprise à force de travail, de curiosité, d’intelligence et de gentillesse (n’ayons pas peur des mots, il est PARFAIT). Il fait prospérer l’entreprise, il prend soin des employés qu’il respecte et il fait vivre la région tout en gagnant beaucoup d’argent mais n’est pas « intéressé » vu qu’il n’hérite pas de la filature. Il a une famille aimante et heureuse. Jusqu’à ce qu’une épidémie de fièvre tue tout le monde… 

Sa fille Dora survie de justesse après qu’il ait passé la nuit dans le cimetière avec un mystérieux homme au manteau noir.

 Après cette rencontre, il change et met en place une autre vie professionnelle et lance une entreprise monumentale de pompes funèbres et de tout ce qui concerne le deuil. Il le fait avec application et il réussit parfaitement mais tout en étant complètement froid et coupé des autres. Il est persuadé qu’il a une dette envers cet homme au manteau noir qu’il appelle Black.

Bref… Je m’ennuie un peu à vous raconter tout cela (et les restes de ma grippe ne m’aident pas à être très cohérente) mais j’ai trouvé que la base de l’histoire  -la vie d’un homme plein d’idées, entrepreneur à une époque où tout était possible, qui commence dans l’industrie et qui ensuite développe les grands magasins du deuil-  aurait pu être très intéressante : se contenter de l’aspect sociologique et historique et traiter son changement de personnalité en chemin aurait été très bien. Mais j’ai eu l’impression que l’auteur voulait en dire trop, tout dire sur les domaines abordés et en faire un roman gothique qui n’a pas pris forme pour moi.

Ce n’est pas un mauvais roman mais je ne suis pas emballée!

Pour découvrir les grands magasins en France, je vous conseille « Au bonheur des dames » et pour découvrir des choses que le deuil à l’époque victorienne, je vous conseille le roman jeunesse « Waterloo Necropolis »

 

 

Merci à  et aux Editions 

 

Catégorie « couleur » du

 

 objectif 2015 : -6

Printemps des poètes

Sophie Vicim nous propose de fêter le printemps des poètes entre le 8 et le 27 mars pritenpsdespoètes2014

Je vous laisse avec quelques poèmes qui ont marqué mon adolescence. Au lycée j’ai beaucoup lu de poésie (et beaucoup écrit aussi, il faudrait un jour que je ressorte une petite sélection de mes propres écrits… Au printemps prochain? 😉 ) et Rimbaud, Apollinaire et Prévert sont encore dans ma bibliothèque!

 Apollinaire « Alcools »

Apollinaire « Alcools »

Apollinaire « Alcools »

Prévert « Paroles »

Prévert « Paroles »

Prévert « Paroles »

Rimbaud

Rimbaud

Rimbaud

Rue des Boutiques Obscures de Patrick Modiano

 

J’avais beaucoup aimé « Dora Bruder » de Patrick Modiano, que j’avais lu car Galéa avait piqué ma curiosité (cette « modianette » sait donner envie!) Alors quand Sylire a annoncé que la lecture du blogoclub du 1er mars (oui, je suis en avance… jours paires et tout ça…) serait autour de l’auteur, j’ai eu envie de tenter une nouvelle lecture.

J’ai beaucoup aimé cette lecture. Si je devais résumer je dirai que c’est une sorte de polar introspectif et de quête personnelle avec retour dans le passé et déambulations dans les rues du présent…

Guy Roland travaillait comme détective privé pour Hutte depuis 10 ans quand ce dernier prend sa retraite. Guy Roland va alors mener une enquête très personnelle : celle sur son passé car s’il est « Guy Roland » ce n’est que parce qu’Hutte lui a fourni cette identité. En effet, il est amnésique et n’a aucune idée de qui il est.

L’enquête commence par la rencontre avec deux personnes qui pensent le reconnaître… A partir de cette identité potentielle, il rencontre d’autres personnes qui lui font tisser des liens virtuels et ténus entre cette première identité et d’autres personnes. Il découvre qu’il ne peut pas être untel ou untel mais il finit par être sûr de qui il était et tout en fouillant de plus en plus, il commence à se souvenir de bribes de sa vie passée. Mais il est en perpétuelle quête d’un témoin de celle-ci, de quelqu’un qui puisse le reconnaitre vraiment.

J’ai aimé ce voyage dans l’inconnu pour un homme qui cherche à se raccrocher à la moindre parcelle du passé qui pourrait le rapprocher de lui-même. C’est angoissant cette idée de perdre entièrement la mémoire et n’être plus personne. Ne plus trouver de personne pour partager ce passé, particulièrement quand il appartient à la période trouble de la 2ème guerre mondiale… Car si des souvenirs lui reviennent, il ne sait pas vraiment qui il était réellement et pourquoi il a fait telle ou telle chose.

J’ai aimé les promenades de rue en rue (même si je ne connais pas la plupart des lieux) je trouve que cela apporte une sorte de poésie urbaine au roman.

Il y a une certaine lenteur dans ce roman, un rythme qui pourrait en rebuter certain mais personnellement, je l’ai dévoré en deux jours et je me suis vraiment immergée dans cette ambiance particulière.

Mon billet est peut-être un peu confus car je l’ai écrit dans les brumes de la grippe mais je vous le conseille!

 

Denis m’a parlé d’un super site qui concerne Modiano et son amour de Paris!

 

 autour de l’auteur avec Sylire et le  (En cliquant sur le logo vous trouverez le billet de Sylire et les liens vers les autres lectures ; Allons voir ce que les autres ont lu et s’ils ont aimé!)

Rencontre avec Olivier Adam

Quand un journaliste littéraire et auteur habite une petite ville du bord de mer de 800 habitants, il y a parfois de belles rencontres littéraires qui sont rendues possibles! Xavier Houssin (qui écrit dans le Monde des livres) et Amélie Dor-Houssin organisent donc régulièrement des rencontres avec des auteurs. C’est ma twin Mrs B qui m’a informée qu’elle avait vu dans la presse locale que Olivier Adam venait le samedi suivant et mon homme m’avait découpé le même article le midi et l’avait laissé l’air de rien sur la table pour que je le trouve en rentrant du travail (pour moi c’est un acte vraiment romantique de la part de mon ours !)

C’est donc avec Mrs B que je suis allée dans cette toute petite station balnéaire pour assister à la rencontre avec un de mes auteurs chouchous dont j’ai lu tous les romans (il me reste à découvrir son recueil de nouvelles et sa littérature jeunesse… Mais je peux aussi vous dire qu’il a dit qu’il était en pleine écriture de son prochain roman !)

Après une longue présentation d’Olivier Adam et la lecture d’un extrait des « lisières » par  Xavier Houssin, la discussion entre les deux hommes a commencé et c’était passionnant. Je vais essayer de retranscrire des passages, pas forcément chronologiquement, pas forcément mot pour mot, mais j’ai pris beaucoup de notes très vite et très mal alors je vais faire de mon mieux pour retranscrire l’esprit de ce qu’il a partagé avec nous.

Peine perdue

Concernant « Peine Perdue », il a dit que le choix du titre était un pied de nez à tous ceux qui lui disent qu’il est un auteur triste qui écrit des choses sinistres et lui demandent quand il va écrire quelque chose de drôle et à qui il a envie de répondre que c’est peine perdue !

Il a parlé de son écriture : « J’essaie de réunir l’intime et le collectif. Même quand je fais semblant d’écrire des autobiographies, le « je » tend le plus possible vers un « nous », quelque chose de collectif. J’essaie de faire cohabiter l’intime, le psychologique avec des choses qui sont de l’ordre du social, du sociologique. Cette volonté du collectif est apparemment contradictoire au travers du « je » alors pour parler du collectif, j’ai voulu tenter un livre où le personnage principal n’existerait pas et je suis donc parti sur l’idée d’un livre qui serait une ronde dont l’intrigue concernerait tous les personnages. »

Quant au choix du lieu, quand il écrit, il a expliqué que ce sont les lieux qui s’imposent à lui mais que ce n’est seulement la photogénie du lieu, son atmosphère ou la topographie mais aussi les gens. Cela faisait longtemps qu’il avait envie d’écrire sur le Sud qu’il fréquente depuis 20 ans. Il évoque le fait que cette région connait une fracture entre la haute saison avec son côté bling bling et tourisme argenté et la basse saison avec les gens ordinaires qui ne peuvent pas vivre cette vie. Dans « Peine Perdue » c’est aussi le Var et son côté « trouble », les opérations immobilières louches, les pots de vin, la mafia locale… Il a raconté que le lieu qu’il a recréé dans son roman était basé sur Saint Raphaël et cette zone… trouble. C’est là qu’il a eu l’idée d’en faire un roman noir avec les paysages qui ont une certaine violence avec sa sécheresse et l’ambiance politco-sportive véreuse. Quand il a rencontré des libraires et des journalistes du Sud Est, tout le monde disait reconnaître le personnage de l’homme d’affaire véreux, chacun y allant de son idée !

L’enjeu de « Peine perdue » était que chaque personnage devait faire progresser l’intrigue collective, qu’il soit un maillon d’un ensemble mais qu’il vive comme un personnage individuel. Il a conçu chaque chapitre presque indépendant des autres mais pour servir l’ensemble.

Ses thèmes

Quand il bâtit un personnage, il veut qu’il soit psychologique, qu’il fonctionne dans son intériorité mais aussi qu’il soit un être social. Il a expliqué qu’il a découvert qu’il était un romancier social dans la presse. Il écrivait sur le monde qu’il connaissait mais il a découvert que sa façon de parler du plus grand nombre, que parler de la société française, c’était bizarre et après, il délibérément radicalisé cela.

S’il écrit sur certains sujets, c’est pare qu’il estime qu’on en parle mal, pour rectifier la place que l’on donne à ces thèmes dans le discours politique et médiatique. Il précise qu’il ne faut pas écrire en se posant en juge, jamais en se plaçant au-dessus et en se sentant supérieur ou en-dessous et en se sentant paternaliste. Le regard doit être dans la fraternité, avec de l’empathie, sans condescendance et sans compromis, avec les qualités et les défauts.

Dans « Peine perdue » il a voulu parler aussi de la question du déterminisme social qui est souvent sous-évalué dans l’écriture des personnages. C’est aussi un roman sur ce qu’on fait de la douleur des autres. Qu’est-ce qu’on devient les uns pour les autres ? Il a une tendresse particulière pour les personnages mal armés, qui ne s’en sortent pas, qui doutent car ils le touchent. Il pose la question de ce qu’on fait pour les jeunes « borderline ».

Il a parlé de la famille, du fait que les parents se sentent toujours coupables des fragilités de leurs enfants et qu’il traite de thématiques qui le travaillent en tant que fils et en tant que père. « Je passe ma vie à écrire sur ce que je redoute. Parfois il faut faire le deuil de la tendresse inconditionnelle de ses enfants pour passer à d’autres types de relations. » Il écrit sur des sujets qui sont souvent minorés dans la vie car il trouve que la fragilité psychologique est trop taboue et qu’on n’en parle pas assez.

Son écriture

Dans « Les lisières » il a écrit une fausse autobiographie où il a beaucoup emprunté à sa propre vie mais où tout est tordu pour servir son propos, il a réinventé son propre parcours. Dans « Peine perdue », il a laissé ce « je » qui tend vers le « nous » pour passer à un « nous » qui tend à un « je ». Sur certains sujets, il estime pouvoir être plus personnel en se cachant derrière certains personnages. D’ailleurs quand Xavier Houssin a évoqué le personnage de Anouk qui est écrivain dans le roman, Olivier Adam a dit que même s’il s’était maquillé en femme, plus âgée et lesbienne on pouvait bien le reconnaître. Et au départ, le chapitre était beaucoup plus long car il avait rendu son personnage très critique vis-à-vis du milieu littéraire et son éditrice lui a conseillé de couper car il était en train de régler des comptes personnels et que ça ne servait pas le roman (il dit que c’était très utile d’avoir un éditeur pour éviter de tomber dans ce genre de travers 😉 ) Il a aussi parlé de la dichotomie de l’auteur : « D’un côté, je rejette ce milieu et à côté de ça je pleurniche quand on ne m’y fait pas une place. J’ai vécu 9 ans à Saint Malo et maintenant je vis à Montmartre et je croise des gens du monde littéraire tous les matins. A l’école de mes enfants, il y a plusieurs écrivains et le jour de la rentrée quelqu’un a dit « Ce n’est pas la rentrée des classe, c’est la rentrée littéraire ! » 😉

Il estime que la fiction ne doit pas être désincarnée de son auteur. L’idée c’est de tordre la réalité pour aller chercher autre chose. Il y a des autobiographies où on ment tout le temps et des fictions où on dit la vérité. Il aime le roman car d’un livre à l’autre il peut avoir des mélanges entre la fiction et la non-fiction.

Pour lui ce qui est le plus important c’est le son de la phrase. Pour savoir si un roman est fini, pour lui c’est quand chaque phrase sonne juste, qu’il y a de l’harmonie dans l’ensemble du texte. Il accorde énormément d’importance à la justesse de la phrase. C’est la musique de la phrase qui est importante.

L’envie d’écrire lui est venu à l’adolescence « comme une envie de crier, de m’exprimer parce que j’avais l’impression d’étouffer. » Il a expliqué qu’il a toujours eu du mal à être présent dans le monde et que l’écriture lui permet d’être présent au monde et aux autres. Il a l’impression qu’il ne peut penser et ressentir qu’en passant par l’écriture.

Littérature jeunesse

Il a commencé à écrire pour la jeunesse un peu par hasard et en gardant des thèmes lourds persuadé qu’il ne serait pas publié mais très vite il a trouvé qu’écrire pour les jeunes lui permettait de se libérer d’un certain carcan en se laissant plus facilement aller à un certain sentimentalisme. Il a l’impression aussi de se recréer une enfance et une jeunesse car il ne se souvient pas de ses 11 premières années et qu’il était « absent » des suivantes.

Ensuite, il s’est mis à écrire pour ses enfants, s’aventurant dans des genres qu’il n’aurait jamais abordés sans eux. C’est pour lui l’expérience d’une écriture joyeuse, plus légère. Et il apprécie qu’en littérature jeunesse « il n’y ait pas de « milieu littéraire », d’articles assassins dans le Figaro et que c’est très libérateur !»

Karine Reysset

Il a parlé de façon touchante et drôle de sa première rencontre avec sa femme au collège et puis de leurs vies d’auteurs. Ils sont leurs deux premiers lecteurs et c’est même parfois compliqué pour leur éditrice qui a parfois du mal à trouver sa place.

Désolée pour les photos floues… Mon téléphone portable n’a pas de zoom…

Après la discussion, nous sommes allés faire dédicacer nos romans. Je me suis transformée en oie, j’ai bredouillé que je l’avais déjà rencontré et que j’étais fan de ses romans que j’avais tous lus et que j’aimais beaucoup. Je crois même avoir dit « je vous aime beaucoup » mais je préfère essayer d’oublier ce moment bafouillant… 😉 je lui ai donné une petite carte où j’avais écrit l’adresse de mon blog en lui disant qu’il pouvait aller lire ce que j’avais écrit sur ses romans (à mon avis, la carte est à la poubelle maintenant mais j’aurai osé lui donné 😉

En tout cas c’est un homme charmant et pas que pour ses beaux yeux !) Il est très abordable et parle très facilement et pourtant on sent en lui une certaine maladresse, je pense qu’il n’est pas forcément super à l’aise en publique.

Bref, j’ai passé un excellent moment littéraire !

Petit séjour à Paris en famille

Nous avons profité des vacances de février pour aller jouer aux touristes à Paris, ce que je n’avais pas fait depuis très longtemps. C’était le premier vrai séjour à Paris pour Bastien (même si nous étions passé en coup de vent en allant au Maroc avec lui et qu’il avait visité L’Arc de Triomphe quand j’ai couru le marathon de Paris en 2012.)

Nous avons choisi de mettre Bastien au centre de notre séjour. Alors forcément, un incontournable pour lui était le Muséum d’Histoire Naturelle (ou  le « Musée d’Homme d’Histoire Naturelle » pour lui!) avec ses squelettes impressionnants et les dinosaures qu’il adore!

 

Un petit tour à la Grande Mosquée de Paris pour nous rappeler des souvenirs marocains (mais il fait moins chaud!!)

 

 

Le soir nous avons assisté à l’enregistrement de émission « Partons en Live » sur France Inter et c’était une super expérience (et Bastien a été un parfait spectateur!) Vous pouvez écouter l’émission en podcast ici.

 

Nous avons visité la Tour Eiffel : jusqu’au dernier étage et ça vaut vraiment le coup!

 

Nous sommes aussi allé à Beaubourg pour voir l’expo Jeff Koons. Bastien avait un petit carnet et se mettait par terre pour dessiner toutes les sculptures qui lui plaisaient. C’était très mignon!

 

 

Et il a continué à faire l’artiste dans le reste du musée en dessinant ou en me demandant de prendre des photos d’oeuvres qui lui plaisaient!

 

Et puis voici quelques clichés moins « touristiques » de Paris : 

Nous avons beaucoup pris le métro et le RER et j’ai pu constater que les parisiens lisaient beaucoup!

D’ailleurs moi aussi j’ai pas mal lu!

 

 

Les oliviers du Négus : Laurent Gaudé (Lu par l’auteur)

Ce titre est un recueil de nouvelles écrites et lues (très bien d’ailleurs!) par Laurent Gaudé. Si j’ai choisi de parler ce ces nouvelles le même jour que « Le soleil des Scorta » du même auteur c’est que la première nouvelle se passe dans la même région d’Italie et que j’avais l’impression de retourner dans un lieu familier même si les époques étaient différentes.

La première nouvelle, « Les oliviers du Négus » est l’histoire de la vie d’un homme qui vient de mourir et qui va être enterré dans le cimetière  de son village. Le narrateur est l’un des rares à se déplacer car le vieil homme qui avait combattu en Ethiopie dans l’armée du Duce en était revenu blessé dans son âme, amer et partait régulièrement dans son monde, peuplé de l’armée de Frederic II. Récit très touchant qui pourrait être celui d’un personnage secondaire du Soleil des Scorta.

Dans « Le bâtard du bout du monde », on retourne en arrière à l’époque de l’empire romain mais dans bien loin de l’Italie chaude et sèche car Lucius, un centurion dur et combattant, bâtard qui s’est construit dans la défense de l’Empire, se retrouve dans la boue et perd complètement pied mentalement et physiquement. Il est pris par les Barbares qui le font marcher, quasi mourant jusqu’à Rome pour annoncer la fin… J’ai trouvé qu’il y avait quelque chose de la force épique et intemporelle de « La mort du Roi Tsongor » dans ce texte.

« Je finirai à terre » se situe dans la campagne française (mais cela pourrait être n’importe où) pendant la guerre de 14-18. La terre qui ne supporte plus d’être meurtrie et détruite par les bombes crée une force vengeresse et meurtrière en boue et glaise : un golem qui prend forme humaine et tue les hommes pour se venger des mauvais traitements qu’on lui fait subir. Cette nouvelle  fantastique est aussi un texte presque réaliste qui fait réfléchir aux actions des hommes envers la terre…guerre, exploitation intensive, écologie.

Dans « Tombeau pour Palerme », on revient en Italie mais une Italie contemporaine car c’est un récit poignant d’un juge anti-mafia qui raconte ses derniers jours et qui raconte son combat en rendant hommage à celui qu’il appelle son frère, juge qui a été exécuté dans un attentat (le Juge Falcon), il raconte son combat pour une Sicile libérée de la Mafia mais aussi sa vie entre parenthèse dans l’attente de la mort. J’ai trouvé ce texte intense et très fort.

Je suis contente d’avoir découvert ces nouvelles qui donnent à mon avis un bel aperçu du style de Laurent Gaudé dans ses différentes facettes. Je dois dire que j’ai aimé tout ce que j’ai lu de lui jusqu’ici!

     par Sylire (Son avis en cliquant sur son nom)

 Chez Sylire

Le soleil des Scorta : Laurent Gaudé (Lu par Pierre-François Garel)

« Le soleil des Scorta » est le premier roman que j’ai lu de Laurent Gaudé (il y a longtemps…avant le blog 😉 et j’avais adoré. Puis, à l’occasion d’ateliers de lectures théâtralisées, j’ai lu des extraits de ce même roman et j’avais vécu une expérience de théâtre formidable avec ce texte et c’est avec énormément de plaisir que j’ai relu ce roman en version audio avec la voix de Pierre-François Garel (mon chouchou) qui semble fait pour lire du Gaudé tant il le fait merveilleusement! D’ailleurs, les textes de Laurent Gaudé se prêtent parfaitement à la lecture audio!

Alors, maintenant que je vous ai dit à quel point j’ai aimé ce roman, ce qui va être plus dur c’est vous expliquer pourquoi… Et à vrai dire, je n’ai pas envie de rentrer dans les détails à part que c’est l’histoire d’une famille -les Scorta Mascalzone- issue d’une lignée de brigands qui doivent faire leur place dans le village de Montepucio, où les habitants peuvent haïr autant qu’ils peuvent respecter… Ce village est un personnage à lui seul.

C’est un roman qui raconte des vies -rudes et tortueuses, pleines d’amour et de loyauté et aussi de malhonnêteté. La famille est au coeur de cette histoire avec ses secrets et ses alliances.

C’est aussi un roman italien, même si Laurent Gaudé est français : on y sent la chaleur du soleil, la sécheresse de la terre, la poussière, la dureté des routes rocailleuses,  le caractère des  habitants et les odeurs de nourriture. C’est un roman qui fait voyager dans le temps et dans les paysages.

Voilà, je ne dirai rien d’autre que « Lisez-le »! Et si vous aimez la lecture audio, n’hésitez pas à le lire sous ce format !

     par Vive les Bêtises (Son avis en cliquant sur son nom)

 Chez Sylire

Ma mère à l’Ouest de Eva Kavian

Ce roman pour grands ados est l’histoire  très forte et touchante d’une jeune fille qui raconte son enfance hors normes. Née d’une mère handicapée mentale, elle vit d’abord avec elle jusqu’à ce qu’elle soit scolarisée et que sa mère soit un peu dépassée. Elle est placée dans diverses familles d’accueil et elle raconte ces étapes de sa vie entre attachements et « détachements », entre confiance et déceptions en passant par la maltraitance…

Très jeune, elle décide de s’émanciper et son parcours là-aussi n’est pas simple et elle tombe enceinte avant ses 18 ans, se posant alors beaucoup de questions sur la maternité. Elle retrouve sa mère et découvre la vie de cette dernière en institution.

C’est vraiment une belle histoire sur l’amour maternel, sincère et sur la tolérance vis à vis du handicap mental. C’est aussi un roman qui fait se poser des questions sur le système de placements des enfants et le suivi de ces derniers.

Personnellement, j’ai beaucoup aimé ce roman avec sa construction intéressante avec des retours vers le passé et le moment présent. De nombreux sujets d’actualité sont abordés : les enfants placés, le handicap, des vies de familles différentes, grossesse adolescente…

Je me pose juste la question de savoir si les collégiens ne passeront pas à côté de certains aspects mais j’attends d’avoir plus de retours d’élèves. Par contre je le recommande aux lycéens et à tous les adultes un peu curieux! Mais je sais déjà qu’un garçon de 3ème m’a dit avoir beaucoup aimé! 

D’Eva Kavian j’avais déjà lu et aimé « Premier chagrin »

 3ème-secondes 2014-2015

ligne jeunesse catégorie « lieu »

 avec Anne (dans le cadre d’un roman jeunesse pour Mois belge Logo Folon Redstar 38 gras blanc ombre orange 1 sans bord)

 

« Soie » de Alessandro Baricco (Lu par Jacques Bonnaffé)

C’est une relecture audio pour moi et je ne me rappelais presque rien à part que j’avais beaucoup aimé à ma première lecture.

J’ai beaucoup aimé « Soie » en version audio aussi. Le roman raconte la vie de Hervé Joncourt, qui, en 1860 va jusqu’au Japon pour le commerce des vers à soie. C’est une vraie expédition car à l’époque, le Japon est un pays complètement fermé aux étrangers.

Il rencontre une personnalité, une sorte de seigneur japonais qui va l’aider à obtenir ses oeufs de vers à soie. Cet homme est accompagné d’une jeune femme non japonaise sous le charme de laquelle Hervé Joncourt tombe.

Leur relation passe par les regards et les sensations. Ils ne peuvent pas communiquer et il y a beaucoup de mystères entre eux.

Hervé Joncourt revient en France pour retrouver sa vie ordinaire auprès de sa femme qu’il aime et c’est comme s’il avait deux vies distinctes. Les allers et retours le changent et lorsqu’il revient pour la dernière fois du Japon, il reste poursuivi par le souvenir de cette femme qui est comme un songe, comme un fantasme.

J’ai aimé le style -avec ses répétitions musicales et sa poésie. Il y a une certaine lenteur qui sert vraiment le récit et qui fait oublier que c’est un texte très court. Il y a beaucoup de douceur et de sensualité.

La lecture audio est très réussie, accompagnée de musique qui donne vie au texte.

     par Eva 

 Chez Sylire (et je suis dans le thème sans avoir fait exprès car c’est « une histoire où on trouve une histoire d’amour »