Pause…I’m off to London!

A l’heure où vous lirez ces lignes je serai déjà en route pour l’Angleterre (point de rendez-vous à 5h… du matin!) avec 3 gentils collègues et 52 terribles gentils (espérons-le) élèves de 4ème et 3ème.

Comme je le dis à chaque fois, je ne suis pas en vacances, même si j’apprécie beaucoup les relations que l’ont a avec les élèves à cette occasion, que j’aime beaucoup les collègues qui viennent avec moi (dont Mrs B ma twin!) et que j’adore Londres, ça va aussi être fatiguant et stressant (et particulièrement fatigant car je me remets tout juste de la grippe.)

Je pars avec une petite liste de shopping (hum hum… j’ai une « petite » LAL en anglais… comptez sur moi pour vous en parler au retour!… Ma PAL va prendre un coup comme à chaque fois… 🙂

Je mets le blog en pause, même (si j’ai vérifié) on a le wifi dans la famille d’accueil et on aura aussi un ordinateur mais je ne compte pas traîner sur internet (trop de choses à faire!!)

A bientôt!

Je vous laisse avec un billet « Carnets de blog » et quelques poèmes pour le printemps des poètes.

Je reviens le 16 mars avec un bilet audio « Soie » et une Ecoute Commune de « On ne voyait que le bonheur » avec Sophie/ Vicim.

A bientôt : bonnes lectures (de mon côté, pas sure que je lise beaucoup!)

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L’homme au manteau noir de Diane Setterfield

 

J’ai choisi ce roman parce que j’avais beaucoup aimé « Le treizième conte » du même auteur. Mais pour tout dire, je suis assez déçue.

 Je ne l’ai pas abandonné, j’ai été jusqu’au bout (les vacances et la grippe aidant…) je ne l’ai pas lu avec déplaisir mais sans grand plaisir et avec une pointe d’ennui quand même… Et pour finir j’ai trouvé des maladresses de traduction qui m’ont gênées, une certaine lourdeur. Surtout, je me suis dit qu’avec moitié moins de détails l’histoire aurait été plus rythmée et m’aurait beaucoup plus plu mais que là, le sujet qui était intéressant en soi était trop délayé…

Alors l’histoire est celle de la vie entière de William Bellman que l’on rencontre à 10 ans avec ses copains dans la campagne anglaise alors qu’il tué un freux par défi et par hasard  avec son lance pierre (Un freux? Pourquoi ne pas parler de corbeaux? Tout le long du roman, l’auteur/la traductrice parle de freux mais je n’avais jamais entendu ce mot avant et sur internet, je vois qu’on parle de « corbeaux freux »… Bref c’est un détail mais il revient souvent….Vous saviez ce qu’était un freux, vous?) Je reviens à mes moutons, ou plutôt mon freux… C’est un événement de l’enfance qui est sensé marquer le jeune garçon d’une empreinte noire (et c’est sans doute le plus gros défaut du roman à mon avis, vouloir faire quelque chose d’un peu « ésotérique » alors que les faits suffisaient largement.)

Le jeune William vit seul avec sa mère, son père ayant disparu un beau jour. Ce dernier venait d’une famille aisée, propriétaire d’une filature (nous sommes au 19ème siècle en Angleterre) mais a été rejeté par son père pour ce mariage. L’oncle de William, le prend sous son aile et on assiste à l’ascension de William dans l’entreprise à force de travail, de curiosité, d’intelligence et de gentillesse (n’ayons pas peur des mots, il est PARFAIT). Il fait prospérer l’entreprise, il prend soin des employés qu’il respecte et il fait vivre la région tout en gagnant beaucoup d’argent mais n’est pas « intéressé » vu qu’il n’hérite pas de la filature. Il a une famille aimante et heureuse. Jusqu’à ce qu’une épidémie de fièvre tue tout le monde… 

Sa fille Dora survie de justesse après qu’il ait passé la nuit dans le cimetière avec un mystérieux homme au manteau noir.

 Après cette rencontre, il change et met en place une autre vie professionnelle et lance une entreprise monumentale de pompes funèbres et de tout ce qui concerne le deuil. Il le fait avec application et il réussit parfaitement mais tout en étant complètement froid et coupé des autres. Il est persuadé qu’il a une dette envers cet homme au manteau noir qu’il appelle Black.

Bref… Je m’ennuie un peu à vous raconter tout cela (et les restes de ma grippe ne m’aident pas à être très cohérente) mais j’ai trouvé que la base de l’histoire  -la vie d’un homme plein d’idées, entrepreneur à une époque où tout était possible, qui commence dans l’industrie et qui ensuite développe les grands magasins du deuil-  aurait pu être très intéressante : se contenter de l’aspect sociologique et historique et traiter son changement de personnalité en chemin aurait été très bien. Mais j’ai eu l’impression que l’auteur voulait en dire trop, tout dire sur les domaines abordés et en faire un roman gothique qui n’a pas pris forme pour moi.

Ce n’est pas un mauvais roman mais je ne suis pas emballée!

Pour découvrir les grands magasins en France, je vous conseille « Au bonheur des dames » et pour découvrir des choses que le deuil à l’époque victorienne, je vous conseille le roman jeunesse « Waterloo Necropolis »

 

 

Merci à  et aux Editions 

 

Catégorie « couleur » du

 

 objectif 2015 : -6

Printemps des poètes

Sophie Vicim nous propose de fêter le printemps des poètes entre le 8 et le 27 mars pritenpsdespoètes2014

Je vous laisse avec quelques poèmes qui ont marqué mon adolescence. Au lycée j’ai beaucoup lu de poésie (et beaucoup écrit aussi, il faudrait un jour que je ressorte une petite sélection de mes propres écrits… Au printemps prochain? 😉 ) et Rimbaud, Apollinaire et Prévert sont encore dans ma bibliothèque!

 Apollinaire « Alcools »

Apollinaire « Alcools »

Apollinaire « Alcools »

Prévert « Paroles »

Prévert « Paroles »

Prévert « Paroles »

Rimbaud

Rimbaud

Rimbaud

Rue des Boutiques Obscures de Patrick Modiano

 

J’avais beaucoup aimé « Dora Bruder » de Patrick Modiano, que j’avais lu car Galéa avait piqué ma curiosité (cette « modianette » sait donner envie!) Alors quand Sylire a annoncé que la lecture du blogoclub du 1er mars (oui, je suis en avance… jours paires et tout ça…) serait autour de l’auteur, j’ai eu envie de tenter une nouvelle lecture.

J’ai beaucoup aimé cette lecture. Si je devais résumer je dirai que c’est une sorte de polar introspectif et de quête personnelle avec retour dans le passé et déambulations dans les rues du présent…

Guy Roland travaillait comme détective privé pour Hutte depuis 10 ans quand ce dernier prend sa retraite. Guy Roland va alors mener une enquête très personnelle : celle sur son passé car s’il est « Guy Roland » ce n’est que parce qu’Hutte lui a fourni cette identité. En effet, il est amnésique et n’a aucune idée de qui il est.

L’enquête commence par la rencontre avec deux personnes qui pensent le reconnaître… A partir de cette identité potentielle, il rencontre d’autres personnes qui lui font tisser des liens virtuels et ténus entre cette première identité et d’autres personnes. Il découvre qu’il ne peut pas être untel ou untel mais il finit par être sûr de qui il était et tout en fouillant de plus en plus, il commence à se souvenir de bribes de sa vie passée. Mais il est en perpétuelle quête d’un témoin de celle-ci, de quelqu’un qui puisse le reconnaitre vraiment.

J’ai aimé ce voyage dans l’inconnu pour un homme qui cherche à se raccrocher à la moindre parcelle du passé qui pourrait le rapprocher de lui-même. C’est angoissant cette idée de perdre entièrement la mémoire et n’être plus personne. Ne plus trouver de personne pour partager ce passé, particulièrement quand il appartient à la période trouble de la 2ème guerre mondiale… Car si des souvenirs lui reviennent, il ne sait pas vraiment qui il était réellement et pourquoi il a fait telle ou telle chose.

J’ai aimé les promenades de rue en rue (même si je ne connais pas la plupart des lieux) je trouve que cela apporte une sorte de poésie urbaine au roman.

Il y a une certaine lenteur dans ce roman, un rythme qui pourrait en rebuter certain mais personnellement, je l’ai dévoré en deux jours et je me suis vraiment immergée dans cette ambiance particulière.

Mon billet est peut-être un peu confus car je l’ai écrit dans les brumes de la grippe mais je vous le conseille!

 

Denis m’a parlé d’un super site qui concerne Modiano et son amour de Paris!

 

 autour de l’auteur avec Sylire et le  (En cliquant sur le logo vous trouverez le billet de Sylire et les liens vers les autres lectures ; Allons voir ce que les autres ont lu et s’ils ont aimé!)

Petit séjour à Paris en famille

Nous avons profité des vacances de février pour aller jouer aux touristes à Paris, ce que je n’avais pas fait depuis très longtemps. C’était le premier vrai séjour à Paris pour Bastien (même si nous étions passé en coup de vent en allant au Maroc avec lui et qu’il avait visité L’Arc de Triomphe quand j’ai couru le marathon de Paris en 2012.)

Nous avons choisi de mettre Bastien au centre de notre séjour. Alors forcément, un incontournable pour lui était le Muséum d’Histoire Naturelle (ou  le « Musée d’Homme d’Histoire Naturelle » pour lui!) avec ses squelettes impressionnants et les dinosaures qu’il adore!

 

Un petit tour à la Grande Mosquée de Paris pour nous rappeler des souvenirs marocains (mais il fait moins chaud!!)

 

 

Le soir nous avons assisté à l’enregistrement de émission « Partons en Live » sur France Inter et c’était une super expérience (et Bastien a été un parfait spectateur!) Vous pouvez écouter l’émission en podcast ici.

 

Nous avons visité la Tour Eiffel : jusqu’au dernier étage et ça vaut vraiment le coup!

 

Nous sommes aussi allé à Beaubourg pour voir l’expo Jeff Koons. Bastien avait un petit carnet et se mettait par terre pour dessiner toutes les sculptures qui lui plaisaient. C’était très mignon!

 

 

Et il a continué à faire l’artiste dans le reste du musée en dessinant ou en me demandant de prendre des photos d’oeuvres qui lui plaisaient!

 

Et puis voici quelques clichés moins « touristiques » de Paris : 

Nous avons beaucoup pris le métro et le RER et j’ai pu constater que les parisiens lisaient beaucoup!

D’ailleurs moi aussi j’ai pas mal lu!

 

 

Ma mère à l’Ouest de Eva Kavian

Ce roman pour grands ados est l’histoire  très forte et touchante d’une jeune fille qui raconte son enfance hors normes. Née d’une mère handicapée mentale, elle vit d’abord avec elle jusqu’à ce qu’elle soit scolarisée et que sa mère soit un peu dépassée. Elle est placée dans diverses familles d’accueil et elle raconte ces étapes de sa vie entre attachements et « détachements », entre confiance et déceptions en passant par la maltraitance…

Très jeune, elle décide de s’émanciper et son parcours là-aussi n’est pas simple et elle tombe enceinte avant ses 18 ans, se posant alors beaucoup de questions sur la maternité. Elle retrouve sa mère et découvre la vie de cette dernière en institution.

C’est vraiment une belle histoire sur l’amour maternel, sincère et sur la tolérance vis à vis du handicap mental. C’est aussi un roman qui fait se poser des questions sur le système de placements des enfants et le suivi de ces derniers.

Personnellement, j’ai beaucoup aimé ce roman avec sa construction intéressante avec des retours vers le passé et le moment présent. De nombreux sujets d’actualité sont abordés : les enfants placés, le handicap, des vies de familles différentes, grossesse adolescente…

Je me pose juste la question de savoir si les collégiens ne passeront pas à côté de certains aspects mais j’attends d’avoir plus de retours d’élèves. Par contre je le recommande aux lycéens et à tous les adultes un peu curieux! Mais je sais déjà qu’un garçon de 3ème m’a dit avoir beaucoup aimé! 

D’Eva Kavian j’avais déjà lu et aimé « Premier chagrin »

 3ème-secondes 2014-2015

ligne jeunesse catégorie « lieu »

 avec Anne (dans le cadre d’un roman jeunesse pour Mois belge Logo Folon Redstar 38 gras blanc ombre orange 1 sans bord)

 

« Soie » de Alessandro Baricco (Lu par Jacques Bonnaffé)

C’est une relecture audio pour moi et je ne me rappelais presque rien à part que j’avais beaucoup aimé à ma première lecture.

J’ai beaucoup aimé « Soie » en version audio aussi. Le roman raconte la vie de Hervé Joncourt, qui, en 1860 va jusqu’au Japon pour le commerce des vers à soie. C’est une vraie expédition car à l’époque, le Japon est un pays complètement fermé aux étrangers.

Il rencontre une personnalité, une sorte de seigneur japonais qui va l’aider à obtenir ses oeufs de vers à soie. Cet homme est accompagné d’une jeune femme non japonaise sous le charme de laquelle Hervé Joncourt tombe.

Leur relation passe par les regards et les sensations. Ils ne peuvent pas communiquer et il y a beaucoup de mystères entre eux.

Hervé Joncourt revient en France pour retrouver sa vie ordinaire auprès de sa femme qu’il aime et c’est comme s’il avait deux vies distinctes. Les allers et retours le changent et lorsqu’il revient pour la dernière fois du Japon, il reste poursuivi par le souvenir de cette femme qui est comme un songe, comme un fantasme.

J’ai aimé le style -avec ses répétitions musicales et sa poésie. Il y a une certaine lenteur qui sert vraiment le récit et qui fait oublier que c’est un texte très court. Il y a beaucoup de douceur et de sensualité.

La lecture audio est très réussie, accompagnée de musique qui donne vie au texte.

     par Eva 

 Chez Sylire (et je suis dans le thème sans avoir fait exprès car c’est « une histoire où on trouve une histoire d’amour »  

Doomboy de Tony Sandoval

 J’ai emprunté cette BD à la médiathèque par hasard car j’avais bien aimé « Les échos invisibles » de Sandoval et La Padula et que j’étais persuadée que le dessinateur en était Sandoval (mais en fait, c’était La Padula et entre temps je suis allée corriger mon billet 😉

Non seulement je n’ai pas été déçue mais j’ai même eu un coup de coeur pour cet album que j’ai dévoré. Même si les visages des personnages sont assez laids, j’ai tout de même beaucoup aimé les planches dans lesquelles il y a des gros plans, des détails, des moments lents et introspectifs mais surtout de superbes dessins de paysages et des passages grandioses et oniriques.

Doomboy, c’est D, un adolescent pas très bien dans sa peau depuis qu’Anny sa petite amie est morte. Il est musicien et se retrouve mêlé à une « guerre » de clans, d’autres jeunes, musiciens eux-aussi, le rejetant en disant qu’il manque de talent. Son meilleur ami Sep et lui se retrouve sur la plage pour chercher à écouter des messages radio depuis un vieil émetteur récepteur bricolé et D entend alors un son venu de nulle part qui le bouleverse. Il essaie alors de retranscrire ce son avec sa guitare et sans le savoir, ce morceau est diffusé sur les ondes.

Il transporte tout le monde par sa qualité et il ignore alors que ses sorties à la plage le vendredi à 17h sont attendues par de nombreuses personnes. Il devient mythique alors qu’il ne fait qu’un hommage à Anny par sa musique.

C’est une belle tranche d’adolescence, une réflexion sur le deuil et le pouvoir de la musique. J’ai été très touchée par cet album que j’ai trouvé très fort.

           

La propriété de Rutu Modan

J’ai emprunté cette BD parce qu’il me semblait bien en avoir entendu parler sur des blogs mais sans avoir la moindre idée d’où je l’avais vue et comme j’avais bien aimé « Exit wounds » du même auteur, je me suis laissé tenter.

J’ai beaucoup aimé cet album qui raconte une histoire de famille étroitement liée à l’Histoire.

Mica Segal et sa grand-mère Regina viennent en Pologne depuis Israël où elles vivent toutes les deux. Regina a quitté la Pologne avant la 2ème guerre mondiale et elles viennent pour retrouver l’appartement des parents de Regina dont elle aurait hérité, d’après ce que lui indique un document envoyé par un notaire des années auparavant.

Une fois arrivée à Varsovie, après avoir repéré un nom dans l’annuaire, Regina ne veut plus du tout s’occuper de la propriété et ne s’explique pas auprès de sa petite fille. Mica de son côté commence les recherches sans en parler à sa grand-mère. Elle est suivie par Avram, un ami de la famille qui était dans l’avion avec elles. En se promenant dans la ville, Mica rencontre Tomasz, un guide du ghetto juif sous le charme duquel elle tombe.

Il y a une sorte d’enquête pour retrouver la propriété mais surtout un retour sur le passé familial.

Cette histoire aborde plusieurs sujets que j’ai trouvés très intéressants : les secrets de famille (la raison pour laquelle Regina a quitté la Pologne avant la guerre et la raison pour laquelle elle ne veut plus s’occuper de la propriété), l’importance de la religion dans les relations, le poids de l’histoire entre la Pologne et les israéliens -on découvre une association pour la mémoire des juifs qui cherche à reconstituer les rues de l’ancien ghetto juif telles qu’elles étaient à l’époque et des groupes de jeunes israéliens qui viennent vivre -physiquement- l’expérience des juifs pendant la guerre (personnellement, j’ai été choquée par la scène d’une reconstitution de rafle avec des jeunes portant l’étoile jaune embarqués par des soldats SS… Est-ce que ce genre de choses existe vraiment??)

Et puis la partie la plus touchante à mon avis, c’est le retour de cette vieille femme dans la ville de sa jeunesse, entre nostalgie et perte de repères, entre l’envie de renouer avec le passé et la peur d’y replonger.

J’ai aimé les dessins de Rutu Modan (à part la bouche de Mica!) et les couleurs acidulées et colorées. J’imagine très bien un film tiré de cet album.

           

 

Roaarrr Challenge

avec Mo’ : Allons voir son avis!

« Les oliviers du Négus » de Laurent Gaudé (Lu par l’auteur)

 

Ce titre est un recueil de nouvelles écrites et lues (très bien d’ailleurs!) par Laurent Gaudé. Si j’ai choisi de parler ce ces nouvelles le même jour que « Le soleil des Scorta » du même auteur c’est que la première nouvelle se passe dans la même région d’Italie et que j’avais l’impression de retourner dans un lieu familier même si les époques étaient différentes. 

La première nouvelle, « Les oliviers du Négus » est l’histoire de la vie d’un homme qui vient de mourir et qui va être enterré dans le cimetière  de son village. Le narrateur est l’un des rares à se déplacer car le vieil homme qui avait combattu en Ethiopie dans l’armée du Duce en était revenu blessé dans son âme, amer et partait régulièrement dans son monde, peuplé de l’armée de Frederic II. Récit très touchant qui pourrait être celui d’un personnage secondaire du Soleil des Scorta.

Dans « Le bâtard du bout du monde », on retourne en arrière à l’époque de l’empire romain mais dans bien loin de l’Italie chaude et sèche car Lucius, un centurion dur et combattant, bâtard qui s’est construit dans la défense de l’Empire, se retrouve dans la boue et perd complètement pied mentalement et physiquement. Il est pris par les Barbares qui le font marcher, quasi mourant jusqu’à Rome pour annoncer la fin… J’ai trouvé qu’il y avait quelque chose de la force épique et intemporelle de « La mort du Roi Tsongor » dans ce texte.

« Je finirai à terre » se situe dans la campagne française (mais cela pourrait être n’importe où) pendant la guerre de 14-18. La terre qui ne supporte plus d’être meurtrie et détruite par les bombes crée une force vengeresse et meurtrière en boue et glaise : un golem qui prend forme humaine et tue les hommes pour se venger des mauvais traitements qu’on lui fait subir. Cette nouvelle  fantastique est aussi un texte presque réaliste qui fait réfléchir aux actions des hommes envers la terre…guerre, exploitation intensive, écologie.

Dans « Tombeau pour Palerme », on revient en Italie mais une Italie contemporaine car c’est un récit poignant d’un juge anti-mafia qui raconte ses derniers jours et qui raconte son combat en rendant hommage à celui qu’il appelle son frère, juge qui a été exécuté dans un attentat (le Juge Falcon), il raconte son combat pour une Sicile libérée de la Mafia mais aussi sa vie entre parenthèse dans l’attente de la mort. J’ai trouvé ce texte intense et très fort.

Je suis contente d’avoir découvert ces nouvelles qui donnent à mon avis un bel aperçu du style de Laurent Gaudé dans ses différentes facettes. Je dois dire que j’ai aimé tout ce que j’ai lu de lui jusqu’ici!

 

     par Sylire (Son avis en cliquant sur son nom)

 Chez Sylire