Où va le blog cette semaine (avec du Festival America dedans)?

Où va le blog cette semaine?

Un peu de repos de course à pied car j’ai eu peur d’être blessée le weekend dernier et j’ai une comme consigne du médecin et de l’ostéopathe de faire une petite pause pour pouvoir reprendre l’entraînement marathon.

Hier, j’étais au Festival America. Au niveau des rencontres, j’ai croisé Aifelle en coup de vent à l’arrivée (mais j’étais vraiment contente de la revoir ;-)) mais j’ai surtout passé la majeure partie de la journée avec mes copines des Bibliomaniacs que j’ai toujours grand plaisir à revoir : Coralie, Léo et Amandine  et j’ai aussi réussi à faire une bise à Eva (la Bibliomaniacs manquantes 😉 ) juste avant de partir (elle avait un programme de ministre 😉  (avec Coralie). Avec Léo et Coralie, sans nous concerter, on avait fait un club « sacs de la librairie newyorkaise « Strand », de circonstances! 

Au niveau littéraire, j’ai assisté à la conférence très intéressante sur les femmes avec Wendy Guerra, Laura Kasischke, Claire Vaye Watkins, Leni Zumas (tellement intéressante, qu’en sortant, j’ai acheté le roman « Les heures rouges » de Leni Zumas, en anglais et le dernier Laura Kasischke.) J’ai trouvé aussi très intéressant d’assister au ballet des interprètes, qui traduisaient toutes en même temps à leurs auteurs puis traduisaient ce que leur auteur avait dit! 

Après le déjeuner, j’ai donc un peu craqué sur le salon du livre en achetant aussi des titres en anglais que je lirai pour l’African American Month Challenge en février et aussi un album québécois pour Bastien et « Manikanetish » de Naomi Fontaine que j’ai fait dédicacer et à qui j’ai dit que j’avais découvert « Kuessipan » dans une version audio et que j’avais adoré et je lui ai donné ma carte de blog si elle voulait lire mon avis. Elle m’a dit qu’elle sortait d’une rencontre intitulée « Premières nations : une histoire douloureuse » et qu’elle avait beaucoup apprécié les échanges. 

Petite anecdote : dans la file pour la dédicace, j’ai discuté un peu avec la personne devant moi et en lisant le compte rendu de Sharon, ou elle dit qu’elle avait aussi fait dédicacer son livre par Naomi Fontaine et j’ai soudain réalisé que la personne devant moi (qui a dit en passant qu’elle avait un blog et qui fait dédicacer son livre sous son vrai prénom… que je connaissais) et Sharon ne faisait qu’une!!! C’était une quasi rencontre de blogueuses 😉

Malheureusement, je n’ai pas pu assister à la table ronde autour de l’esclavage avec Yaa Gyasi, Dany Laferrière, Colson Whitehead car c’était déjà plein avant même l’heure du début (c’est quand même un problème dans le grands festivals… Une dame nous a dit « Certaines personnes sont venues deux heures avant pour y assister et normalement on ne devrait même pas vous dire que c’est déjà plein mais comme il pleut, on préfère vous prévenir… » Résultat, si on attend deux heures avant pour chaque rencontre…  on ne voit pas grand chose… J’ai donc retrouvé mes copines Au café des Libraires et j’ai pu entendre la toute fin de l’intervention de Nathan Hill.  Ensuite nous sommes allées à la crypte (grosse déconvenue sur le lieu : ce n’est pas du tout gothique comme ambiance, plus la salle paroissiale en sous sol 😉 ) pour écouter une table ronde sur le rêve américain avec Tadzio Koelb, Fatima Farheen Mirza, Emiliano Monge. C’état très intéressant mais je dis bien « écouter » et pas voir car il n’y avait pas d’estrade et c’était un peu dommage de ne pas pouvoir voir les auteurs (autant écouter la radio)! 

Alors, j’ai passé un bon moment mais j’ai fait l’aller-retour dans la journée, avec un levé à 5h du matin et j’ai payé 12 euros pour ne pas réussir à voir LA conférence qui me faisait envie et j’ai eu un peu l’impression que le festival était parfois un peu dépassé par les événements. Les conférences sont très proches en temps et les dédicaces aussi, beaucoup de choses se chevauchent…Ou alors il faut être très organisé mais ce n’est pas mon cas…

Alors quel est le programme cette semaine?

Aujourd’hui, dimanche  23 septembre, pour le rendez-vous de cuisine pour le mois américain, je vous proposerai une autre recette de cookies.

Lundi 24 septembre, vous trouverez un billet jeunesse sur une thématique forte : « George ».

Mercredi 26 septembre, pour le rendez-vous BD de la semaine, je vous parlerai de « Gold Star Mothers ».

 

Vendredi 28 septembre, je vous donnerai mon avis sur « Demain est un autre jour » en version audio.

Et enfin, dimanche 30 septembre, mon dernier billet américain pour le mois américain : « Retour à Little Wing ».

En ce moment, je lis un roman jeunesse « Le garçon qui courait plus vite que ses rêves » de Elizabeth Laird  et en audio, je vais terminer d’audiolire (j’adopte donc le nouveau verbe inventé par Bastien) « Les Rêveurs » de Isabelle Carr » (lu par l’auteur) dans le cadre de la pré-sélection du Prix Lire dans le noir. Ensuite, je lirai « Miss Sarajevo » de Ingrid Thobois (reçu dans le cadre des #MRL18 et en audio, je commencerai la lecture de « La Parure » de Guy de Maupassant toujours dans le cadre de la pré-sélection du Prix Lire dans le noir.

A bientôt! Bonne semaine et bonnes lectures!

Rencontre avec Sylvère Denné et Sophie Ladame, auteurs de « Bleu amer »

En mars je vous parlais d’une BD qui m’avait beaucoup plu  (cliquez pour lire mon billet) et quand j’ai appris que mes libraires chouchous de la librairie Le Détour allaient les recevoir, j’étais ravie et impatiente de les rencontrer.

La rencontre a commencé par par des dédicaces dans la barque qui se trouve devant la librairie, une dédicace très jolie, différente pour chacun et avec un moment de discussion avec les auteurs. Je leur ai donné la carte du blog en leur disant que j’avais parlé de leur BD mais ils étaient déjà au courant grâce à Mo qui les avait prévenus. En effet, Mo les a rencontré à Angoulême et ils se souvenaient très bien de cette rencontre 😉 ). J’étais très touchée que Sylvère Denné me remercie de mon billet parce qu’ils étaient contents d’avoir de la visibilité (enfin, pas sûr que mon petit blog donne beaucoup de visibilité mais ça me ferait vraiment plaisir si vous vous laissiez tenter par cette BD grâce à moi!).

Une discussion informelle a commencé avec les lecteurs et les auteurs sur la barque, au soleil. C’était vraiment un joli moment. Alors ce compte rendu ne sera pas du tout exhaustif et linéaire car c’était une discussion à bâtons rompus avec l’un ou l’autre des auteurs et les différents participants. Mais je peux vous dire qu’ils sont vraiment sympathiques et intéressants!

Les auteurs

Sylvère Denné et Sophie Ladame viennent de Saint Malo et sont amis depuis plusieurs années mais cette bande dessinée est non seulement leur premier travail en commun mais également leur première BD. Sophie Ladame a auparavant travaillé sur des carnets de voyages et Sylvère Denné a d’abord travaillé 10 ans dans l’immobilier mais il avait envie de travailler dans le monde de l’édition. Il a trouvé que c’était un milieu difficile à pénétrer et a aussi été libraire avant de déménager à Saint Malo où en plus d’écrire il est aussi serveur et libraire, c’est aussi un grand lecteur. Sophie a 3 enfants (qu’elle a eu dans pendant la période d’écriture de Bleu Amer, « 3 enfants en deux ans et demi, ça n’a pas facilité l’avancé du projet » a plaisanté Sylvère qui lui-même va devenir papa dans quelques mois, une perspective qui semble l’inquiéter un peu 😉 . Ils ont aussi un nouveau projet en cours de route (mais c’est top secret car ils sont à la recherche de l’éditeur 😉 mais ils nous en touché deux mots quand même!

La presse

Ils nous ont dit à quel point c’était important pour des auteurs de BD d’être visibles. Il y avait un bel article dans Ouest France, et ils vont aussi passer dans un reportage sur France 3 Normandie mais il y aura aussi un portrait de Sophie dans l’émission Littoral et dans Echappées Belles (gardez l’oeil ouvert!)

La mer

La mer est importante pour eux. Tout d’abord, ils se sont rencontrés autour de la Route du Rhum (même si c’était dans une fête, pas sur un bateau 😉 et Sophie est une grande navigatrice : elle a traversé l’Atlantique à la voile avec son père (et c’est là qu’elle a commencé à dessiner). Mais elle a aussi évoqué son passage sur le Renard (à Saint Malo) et la discussion a aussi embrayé sur les vieux gréements des environs, comme la Granvillaise, la Cancalaise et le Marité!

Bleu Amer

C’est un projet qui a leur a pris 2 ans et demi. Ils ont pris du temps pour élaborer leur méthode de travail. Sophie vient du carnet de voyage qui est dans l’immédiat mais elle a trouvé agréable de travailler sur une BD qui donnait le temps de s’installer.

Ils ont beaucoup travaillé ensemble sur le projet. Ils voulaient un seul lieu, peu de personnages pour avoir plus de temps pour être plus exigeants sur le reste, la mise en scène, les personnages, leurs caractères. Ils avaient une liste de thématiques qu’ils voulaient traiter comme la trahison, la loyauté, le rapport à l’étranger et sans dialogue.

« Bleu amer » a été tiré à 3000 exemplaires, ce qui est beaucoup pour une BD mais ils n’ont pas vraiment de retour sur les ventes (même si ce jour-là, il y a eu pas mal de ventes et que les jours où ils vont en dédicace ou en festival, ils ont l’impression que cela se vend bien.)

Au départ, l’album devait être édité par quelqu’un d’autre qui a fini par abandonner le projet. Ils sont alors allés au festival  Quai des Bulles, à Saint Malo, avec leur dossier sous le bras pour démarcher des éditeurs et c’est comme cela qu’ils ont pu travailler avec « La boite à bulles ».

Leur livre est dédicacé à des amis auteurs qui les ont épaulés et encouragés mais aussi à l’éditeur qui devait au départ s’occuper de l’album. Sophie précise qu’elle y tenait! Et d’ailleurs, il regrette sans doute maintenant 😉

Une personne a fait remarqué que cette BD qui fait réfléchir à ce que l’on aurait fait pendant la guerre fait aussi un parallèle avec la situation de migrants actuellement.

Chausey

Pour cette BD en huis clos, ils voulaient un lieu sans voiture, au calme (Sylvère plaisante en disant que Sophie venait du dessin de bateaux, ils ne se voyaient pas dans un milieu urbain.) Sylvère connaissait Chausey et c’était un lieu qui faisait envie aussi à Sophie et pour elle c’était important de se sentir bien dans un lieu qu’elle allait dessiner longtemps.

C’était pour eux un vrai choix de faire peu de dialogues car les habitants de Chausey sont des « taiseux ».

L’archipel de Chausey est vraiment un lieu magique (un rêve pour les navigateurs comme le dit Sophie) et ils parlaient de faire une dédicace à Chausey cet été! Et pendant qu’ils étaient là, il a aussi été question de leur retour à Granville pour le festival des Voiles de Travail en août.

 

Une belle rencontre pour une BD très forte et belle! A découvrir!

Merci à Sylvère Denné et Sophie Ladame pour leur gentillesse et leur disponibilité et aussi à Fanny et Raphaël, qui sont vraiment des libraires hors pair!

 

  chez Mo

Rencontre avec Pete Fromm

Jeudi 12 avril j’ai eu la chance d’assister à une rencontre avec Pete Fromm organisée par la librairie Le Détour à Granville, dans le bar juste en face! Je ne connaissais l’auteur que de nom mais l’idée de rencontrer un auteur américain était vraiment intéressante et je n’ai pas regretté c’était passionnant! C’est Raphaël, le libraire, qui a mené l’entretien.

« First, I was born… »

Pour répondre à la question sur l’influence de sa vie sur son oeuvre, Pete Fromm, commence à dire qu’il est né 😉  puis a grandi dans une grande ville du centre des Etats-Unis, il aimait ses parents jusqu’à ce qu’il devienne ado puis il a voulu partir et a choisi une destination à 3000 km pour faire ses études.

« Wildlife biology » sounded like « playing outside »

Il a choisi des études de biologie animale. A la même époque, il lisait beaucoup d’histoires de montagne et il a trouvé un travail où il pouvait vivre dans la nature sauvage pendant 7 mois et cela lui a paru très bien. Puis lorsque les gardes forestiers qui l’ont accompagné sont repartis, il s’est retrouvé seul et s’est alors demandé ce qu’il faisait là! Le roman « Indian Creek » est basé sur son expérience.  « Je ne veux pas gâcher la fin de l’histoire mais … je ne suis pas mort! »

La découverte de l’écriture

Après avoir passé autant de temps seul, il ne supportait plus l’université et le fait de devoir suivre des règles et pour valider son année, il a choisi un cours qui lui paraissait facile : « Creative writing » (écriture littéraire). Cela ne l’intéressait pas du tout mais c’était « créatif ». Le prof était un homme atypique, assez bourru, qui est arrivé en retard au premier cours et a décidé de ne pas faire cours ce jour-là et c’est ainsi qu’il s’est dit qu’il avait vraiment bien choisi!

Pour ce cours, il fallait écrire une nouvelle. Il nous explique que ce qu’il réussissait le mieux à l’école c’était rêvasser (« daydreaming ») et que quand il a écrit sa nouvelle, c’était comme une longue rêverie et après cette histoire, il a trouvé ce qu’il voulait faire. Ce prof était le seul écrivain qu’il ait jamais rencontré et quand ce dernier lui a dit qu’il pouvait vivre de l’écriture, cela ne lui paraissait pas une bonne idée en se basant sur l’image qu’il lui donnait.

Il est donc devenu « park ranger », ce qui consistait à descendre en raft la Snake River pour être prêt à faire des sauvetages mais il ne pouvait pas oublier ce que c’était d’écrire alors il se levait plus tôt le matin pour écrire avant son travail et lors des périodes d’hiver quand il ne travaillait pas et qu’il rejoignait sa petite amie (aujourd’hui sa femme, qui était d’ailleurs présente avec lui ce jour-là), il écrivait 5 heures par jour pendant qu’elle travaillait.

Quand il retournait  travailler, il se levait de plus en plus tôt pour écrire et il écrivait de plus en plus souvent et après 7 ans, il s’est rendu compte que l’écriture prenait toute sa vie alors il a arrêté pour se consacrer à cela. Il avait vendu une nouvelle et il avait été payé par deux exemplaires du magazine et il s’est dit qu’il était donc devenu un auteur professionnel.

« In Montana, nature is not a character that stays in the background. »

« Writing advice : write what you know ». Pour suivre le conseil d’écriture comme quoi il faut écrire des choses que l’on connait, il raconte que ce qu’il connaissait c’était la montagne, la nature et c’était aussi ce qui le rendait heureux depuis toujours. Et il ajoute que dans le Montana, la nature n’est pas un personnage que l’on peut laisser en arrière plan.

« Mon désir le plus ardent »

Il nous a raconté la genèse de son dernier roman qui a commencé sa vie sous forme d’une nouvelle dans laquelle il raconte le mariage et le début de la vie d’un jeune couple. Des années plus tard, il a repensé à ce couple si jeune et innocent en se demandant ce qui leur était arrivé et 8 ans après, il s’est remis à écrire leur histoire mais en leur ajoutant des épreuves pour voir comment ils allaient évoluer car pour lui, une histoire d’amour parfaite, c’est vraiment ennuyeux.

Ils vivaient au bord d’une rivière mais comme dans beaucoup d’endroits, les lieux les plus beaux attirent les gens riches ce qui oblige les gens plus modestes à bouger, donc ils doivent refaire leur vie ailleurs. Après une longue attente, il a fini par leur « accorder » un enfant mais la femme a ensuite été diagnostiquée avec la sclérose en plaque. Et à partir de là, il essayait de voir comment les personnages allaient réagir. Toujours dans l’esprit « So what? » : on continue!

Ecriture

Il ne faut pas l’imaginer comme un intellectuel qui se plonge dans une réflexion profonde pour écrire. Pour lui, écrire c’est comme aller au cinéma. Il se lève tôt et il regarde ce qu’il peut raconter sur les gens qu’il observe. Quand l’écriture se passe bien, ses personnages font des choses auxquelles il ne s’attendait pas. Ils vivent leur vie.

Pour parler de la construction de ce roman, il explique que du fait que l’histoire se déroule sur 30 ans, il n’était pas possible de rester chronologique car cela aurait été trop long. Il explique que quand on raconte des histoires qui se passent dans la nature on parle toujours des choses qui se passent mal, pas des choses ordinaires qui se passent bien. Dans son roman, il  prend le parti d’avancer sans raconter tous les événements car il estime que le lecteur peut remplir les blancs, qu’il est capable d’utiliser son imagination entre les scènes plus fortes.

« Always assume your reader is at least as smart as you are. Trust your reader to follow you. » (Partez toujours du principe que votre lecteur est au moins aussi intelligent que vous. Faites confiance à votre lecteur pour qu’il vous suive)

« Show people what’s happening, don’t tell them. The story must show emotions, not tell the readers what they must fell. » Il préfère faire ressentir les choses à son lecteur plutôt que de lui dire ce qu’il doit ressentir. Il veut mettre le lecteur là où lui se trouve et lui faire ressentir ce que lui ressent. Il estime que s’il dit au lecteur quoi penser, c’est moins fort que de le lui faire ressentir. Le « nature writing » est souvent un genre qui peut donner envie aux  auteurs de dire ce qu’ils pensent mais lui préfère mettre le lecteur dans les lieux et les laisser penser.

Quand quelqu’un lui demande si son expérience à Indian Creek a fait de lui un écrivain, il répond que ça a certainement été un bon entraînement car l’écriture est quelque chose de très solitaire. Il explique que quand on est seul tout le temps, on rêve beaucoup et il n’y a rien qui interrompt l’imagination.

Il raconte aussi qu’il a beaucoup fait d’auto stop et qu’il se réinventait à chaque fois. Si la personne avait l’air sympathique, il disait qu’il allait loin. Quand on lui demandait où il allait et pourquoi il voyageait, au lieu de répondre les vraies raisons sans intérêt, il inventait des réponses et c’était aussi un bon entraînement pour l’écriture.

Lecture

Quand il était petit, son père lisait des histoires à ses trois fils jusqu’à un âge très avancé et cela s’est arrêté quand le lit est devenu trop petit pour qu’ils y soient tous les 4! (Il dit même « up to  an emabrassing age », un âge un peu gênant, vers ses 15 ans.). Il leur lisait des classiques comme Conan Doyle, Kipling, Jules Verne, Stevenson. Pete Fromm raconte qu’il adorait lire et les histoires jusqu’à ce qu’il aille à l’école chez les bonnes soeurs qu’il l’ont dégoûté de la lecture. Quand il est allé à Indian Creek, son père lui a envoyé sa bibliothèque dans des caisses et c’était sa seule distraction. Et il a énormément lu et ne s’est plus jamais arrêté.

« You can’t be a writer if you are not a reader ». Pour lui, être un lecteur est essentiel pour être un écrivain. Il dit que quand il lit, il observe ce que les autres écrivent et peut se dire qu’il veut faire certaines choses ou au contraire qu’il ne veut pas en faire d’autres. Tout ce qu’il lit l’influence. Il évoque en particulier Marc Twain avec lequel il a apprit que l’on pouvait écrire des choses noires avec de l’humour.

Poésie

A la question de la place de la poésie pour lui, il répond qu’il est influencé mais qu’il ne peut pas en écrire. En écoutant des poètes, il a appris beaucoup sur la langue, comment réduire la langue pour exprimer de grandes émotions. Mais la poésie lui donne envie de « regonfler » le texte pour le transformer en romans.

Conclusion

Il nous a remercié de notre présence, s’étonnant de faire une rencontre littéraire dans un bar en face d’une librairie, quelque chose qui lui plait beaucoup! Il a relevé le fait qu’il y ait eu des questionnements autour de l’écriture et de la poésie et il a dit qu’aux Etats-Unis, les rangs se seraient sans doute dépeuplés petit à petit avec ce genre de discussions dans un bar 😉

Mon avis sur cette rencontre

Comme je vous le disais au début, je ne connaissais pas Pete Fromm et j’ai beaucoup apprécié cette rencontre. C’est un homme charmant, souriant, drôle et intéressant. Il sait écouter et se raconter avec simplicité et modestie. C’est un homme qui semble être resté simple. J’ai acheté « Indian Creek » avant la rencontre car quand j’ai dit à Fanny, ma libraire, que le côté « Nature writing » me faisait un peu peur, elle m’a répondu que c’était pareil pour elle et qu’en fait elle avait beaucoup aimé. Après l’avoir entendu lors de cette rencontre, je suis contente d’en savoir plus! Ma copine, Mrs B, avec qui j’ai partagé ce moment, a acheté « Lucy in the sky », on se les prêtera!

Nous avons fait dédicacer nos livres. On lui a dit qu’on n’avait encore rien lu de lui mais qu’on avait beaucoup apprécié cette rencontre et il avait l’air agréablement surpris que l’on vienne voir un auteur qu’on ne connait pas.

Merci encore mille fois à Fanny et Raphaël de la librairie Le Détour qui savent faire vivre la littérature!

Rencontre avec Sjón

Samedi 25 novembre, à l’occasion du festival normand sur les pays nordiques Les Boréales, l’auteur islandais Sjón est venu chez moi, à la librairie Le Détour.

  • L’Islande, la littérature, la poésie

L’intervenant qui présente Sjón nous apprend que l’auteur a commencé à écrire très tôt, d’abord de la poésie et il était influencé par les surréalistes. Il a aussi écrit pour la chanteuse Björk. Il nous explique que l’Islande est un pays où les livres ont une place capitale. A l’époque médiévale, les islandais ont plus écrit que tous les autres pays d’Europe réunis, notamment les « sagas ». Ces grandes histoires qui ont traité de façon très détaillée des grandes histoires du monde ont encore une influence sur les écrivains Islandais qui peuvent se tourner vers elles et que les gens portent en eux comme un héritage. Pendant les années sombres de l’occupation danoise, les islandais ont continué de développer leur littérature. Après l’indépendance, la littérature s’est encore élargie et elle est très vivante dans le monde entier. L’Islande a toujours réussi a réunir deux tendances, la tradition et les nouveautés. Il a aussi évoqué les influences des grands courants littéraires étrangers qui ont beaucoup apporté à la littérature islandaise.

Sjón ajoute que l’Islande était très pauvre et la seule activité qui existait c’était la création littéraire. Il dit que l’Islande n’a pas de cathédrales, pas de peintures, pas grand chose mais ils ont des œuvres littéraires qui prouvent leur existence. Il précise que les islandais croient que le monde est fait de parole, de belles paroles et donc de poèmes.

Quelqu’un lui demande de donner sa définition de la poésie. Il répond qu’à 15 ans il a découvert qu’avec la poésie il pouvait créer des images avec des mots. C’est l’interaction entre le monde réel visible et l’invisible que l’on peut créer avec des mots et pour lui, c’est ça la force de la poésie. Il ajoute qu’il a été séduit très tôt par les surréalistes et pour lui la poésie n’était pas seulement un phénomène esthétique mais aussi une formule magique qui peut sauver le monde.

Il dit aussi qu’en Islande, on apprend que la littérature appartient à tout le monde. La littérature doit être ouverte à tous, à tous ceux qui ont besoin de lire ou besoin d’écrire. Quand il avait 15 ans, il croyait que c’était naturel non seulement d’écrire des poèmes mais aussi de les publier et qu’on les lisent.

Quatre de ses romans ont été publiés en France et son recueil de poèmes « Oursins et moineaux » vient juste de sortir en France. A la fin de la rencontre,  il nous a lu un poème en islandais si vous voulez l’entendre cliquez sur ce lien pour trouver la vidéo sur ma page FB- lu ensuite en français par sa traductrice. Il plaisante sur le fait que la poésie des oursins relie Granville à Reykjavik.

  • Sjón et l’écriture

Fanny, ma libraire, nous a lu le début du roman « Le moindre des mondes » (elle lit très bien!) et elle nous montre que même si c’est un roman, avec une histoire, la mise en page très aérée ressemble à un recueil de poésie et le style est aussi très poétique.

L’intervenant explique que l’une des caractéristiques de l’écriture de Sjón c’est que même s’il traite de personnages ou de sujets terre à terre, c’est dans un style très poétique. Il parle souvent de personnages réprouvés qui sont souvent sauvés par la poésie ou l’art. Sjón précise que ses œuvres reflètent sa foi dans l’art poétique, narratif et c’est ce qu’il peut reporter sur ses personnages et les améliorer et les sauver par cet amour de l’art. Il croit que l’art existe pour que les gens puissent se sauver, quelles que soit leurs vies.

  • « Le garçon qui n’existait pas » : cinéma et homosexualité

Le personnage principal de ce roman est un jeune homme, homosexuel et prostitué à Reykjavik en 1918 qui vit dans des conditions difficiles et qui revit quand il découvre le cinéma. Le cinéma est une source de rêve. Il va être fasciné par le personnage d’Irma Vep et l’actrice Musidora. C’était important pour lui de choisir de parler de films qui ont vraiment été projetés à Reykjavik à cette époque et cela lui a fait particulièrement plaisir de découvrir que « Les vampires » avaient été projeté car c’était un film très apprécié par les surréalistes et cela lui permettait de jeter un pont entre les surréalistes et lui, entre les amateurs de ce film et lui. Le personnage d’Irma Vep représente la modernité, l’esprit révolutionnaire de l’Islande de cette époque.

Quand on lui demande quelle part de réalité il y a dans ses romans, il explique qu’en général tous ses romans sont basés sur des gens qui ont vraiment existé … plus ou moins! Dans ce roman, le seul personnage qui ait vraiment existé c’est Sola, la jeune femme qu’il a basé sur une femme qui avait été une des deux premières femmes à avoir le permis, la première femme à obtenir un diplôme de peintre et qui a 80 ans montait encore en haut d’échelle pour peindre!

Quand à lui et le personnage principal, il raconte qu’il a aussi beaucoup marché dans Reykjavik quand il avait 15 ans et il adorait le cinéma mais il n’est pas homosexuel et a grandi dans une famille aimante mais ils ont quand même assez de points communs.

Une des raisons qui l’ont décidé à écrire sur un garçon homosexuel dans une société qui ne voulait pas admettre qu’il existait c’est qu’il est de la même génération que les premiers garçons  à sortir du placard. Il a eu beaucoup d’amis qui ont été aux prises avec ces difficultés et beaucoup ont dû fuir dans d’autres pays. Beaucoup d’entre eux sont ensuite revenus au pays, certains atteints du sida et beaucoup sont morts. Il estimait que c’était à lui, écrivain, d’honorer leur mémoire en quelque sorte. Le livre est dédié à son oncle qui est mort du sida. Il voulait rendre hommage à leur combat. Son oncle faisait partie de la génération de ceux « qui n’existaient pas ».

A la question sur la place des homosexuels en Islande aujourd’hui, il répond que l’Islande est un des 10 pays où la place des homosexuels est la plus égalitaire au niveau des droits. A la fin des années 80, il y a eu une lutte pour ces droits. C’était une leçon de droits humains pour toute la nation.

  • L’Islande : une île

Quand on lui a demandé si les Islandais souffraient d’une sensation d’enfermement dans une petite île, il a répondu que quand on habite sur une île et qu’on est arrivé sur cette île il y a 1800 ans on sait que l’océan n’est pas un mur mais une voie.  La culture islandaise a toujours été en contact avec le monde.

  •  Sjón et Björk

Quand il avait 19 ans, un ami guitariste lui a présenté sa fiancée de 16 ans : c’était Björk. Ils sont devenus amis et entre les années 1981 et 86 ils faisaient partie d’un groupe de personnes qui voulaient changer le monde au travers de la musique et de la poésie. En 1995 quand Björk était en train d’écrire des chanson, elle lui a demandé de travailler avec elle. il a d’abord refusé en disant qu’elle écrivait très bien et n’avait pas besoin de lui mais le lendemain, elle l’a rappelé et il a accepté parce qu’il était son ami! Il a écrit la chanson « Isobel » et ensuite  ils ont collaboré sur d’autres textes. A chaque fois qu’ils ont travaillé ensemble, ils ont l’impression de retourner à l’époque où ils voulaient changer le monde.

J’avais dit que je n’achèterais pas de livre de Sjón car jusqu’ici je n’ai pas eu beaucoup de chance avec mes lectures islandaises mais bon, je suis faible et j’ai craqué, j’ai acheté « Le moindre des mondes » que j’ai fait dédicacer. 😉

Encore une fois, un grand merci à Fanny et Raphaël de la librairie Le Détour pour cette rencontre très intéressante!

 chez Cryssilda

Rencontre avec Didier Daeninckx

Encore une fois je mesure ma chance d’avoir une chouette librairie car j’ai pu rencontrer un auteur passionnant grâce à la librairie Le Détour. Je connaissais Didier Daeninckx pour ses romans noirs et polars avec un fond historique. Il y a quelques années j’avais participé à des lectures publiques dans le cadre d’un festival très intéressant (mais qui n’existe malheureusement plus) « Les visiteurs du Noir » où il avait une bonne place et pour lequel il était déjà venu à Granville. J’ai déjà lu « La mort n’oublie personne »  et la BD « Le Der des ders » avec Tardi.

La librairie étant toute petite, la rencontre a eu lieu dans la galerie « le Bazar » de Fabien Lefebvre, soudeur-sculpteur et peintre. Didier Daeninckx était présent dans le cadre des Joutes Poétiques Granvillaises.

Fanny, ma libraire, qui lance la discussion

Bastien, très sage en compagnie d’Astérix 😉 (je l’ai récompensé en lui offrant une BD de « Kiki et Alien » 😉

  • La discussion a commencé autour de « Meurtre pour mémoire » duquel Fanny dit qu’il a levé un pan de l’histoire pour un grand nombre de lecteurs même ceux qui ont connu les années 60. Il y a un engagement dans l’histoire. Didier Daeninckx a raconté la genèse de son envie d’écrire ce roman. Il a expliqué que la guerre d’Algérie avait accompagné son adolescence et qu’en 1962, une amie de sa mère, Suzanne Martorel, la mère d’un de ses copains de collège, avait été une des 9 personnes tuées lors de la manifestation de Charonne à Paris en 1962. Après que son premier roman ait été publié en 1977, il a eu le courage d’en écrire un deuxième et il s’est dit que s’il avait une chose à dire c’était qu’il y avait un assassin en liberté et qu’il était au gouvernement : c’était Maurice Papon. Ce livre, il l’a écrit pour fixer la responsabilité de Papon en 1962 et à la même époque le Canard enchaîné sortait des révélations sur sa responsabilité dans la déportation des Juifs en France. Il a fini par être condamné en 1998 pour complicité de crime contre l’humanité, la plus grave condamnation en France, peine incompressible. Pour lui, c’était inadmissible que symboliquement on ait eu un criminel contre l’humanité au gouvernement français.

Quand il a écrit « Meurtre pour mémoire », il voulait aussi dire que la littérature a un poids. Toutes les révolutions ont été accompagnées par des écrivains, la résistance accompagnée de poètes… En France, la littérature a une part différente que dans d’autres pays. L’Histoire et la littérature sont liées.

Pour lui, écrire contre Papon, c’était essentiel, il sentait que s’il n’écrivait pas, il était complice du silence. Quand quelqu’un lui demande si c’était une prise de risque, il répond qu’il y avait une part d’inconscience du danger, une nécessité. Le roman s’est retrouvé sur un bureau de « Série Noire », une collection de Gallimard qui a une forte histoire littéraire et Marcel Duhamel qui dirigeait la collection a choisi de s’engager en le soutenant. A la sortie du roman, il y a eu un silence absolu mais petit à petit, des profs ont mis ce roman dans leurs lectures conseillées et dans leurs cours de lycée et il a été réimprimé de nombreuses fois. Il a fait sa route grâce au bouche à oreille. « Meurtre pour mémoire » est devenu un incontournable pour parler de la guerre d’Algérie. L’auteur a beaucoup été invité dans des lycées mais régulièrement, les proviseurs s’y opposaient et le censuraient. Et puis, il y a eu le procès et la condamnation de Maurice Papon et le livre est devenu un livre recommandé par l’Education Nationale. Ce roman a eu un parcours curieux en très peu de temps.

 

  • Puis l’auteur a parlé d’un autre roman de lui : « Caché dans la maison des fous ». Ce roman a pour origine une rencontre avec un prof avec qui Didier Daeninckx s’est lié d’amitié et qui avait des liens à la maison d’édition « Bruno Doucey » spécialisée dans la poésie mais qui a voulu aussi publier des « romans où le destin d’un poète croise la grande Histoire ». Il explique que pour lui, la poésie c’est le diamant de la littérature, on ne triche pas avec la poésie. Il n’y a pas de masques et les poètes sont souvent les premiers à payer quand des dictatures se mettent en place. Didier Daeninckx nous a raconté toute une série de coïncidences qui le rapprochaient de Paul Eluard et qui ont fait qu’il a eu envie de parler de  lui et il a également parlé de la psychiatrie et des asiles psychiatriques pendant le guerre. C’est pour cela qu’il a eu envie de parler de Paul Eluard et faire le lien avec « Souvenirs de la maison des fous » que le poète avait écrit après avoir été caché l’asile de Saint-Alban et sa rencontre avec Denise Glaser. Didier Daeninckx  nous a aussi parlé de Lucien Bonnafé, un psychiatre résistant et moderne qui en pleine guerre a tenté des approches différentes comme les travaux manuels, le jardinage ou l’art thérapie.

 

  • Ensuite, il nous a parlé de ce qui l’a inspiré pour « La route du Rom ». Il a fait la rencontre d’un prof qui vivait très mal le fait que son lycée soit nommé d’après un homme politique local mais surtout une personne qui au moment de la deuxième guerre mondiale avait été nommée maire par le gouvernement de Vichy et aurait  été responsable de l’installation d’un camps de détention pour des Tziganes, des handicapés et même des « soldats indignes » de la Wehrmacht. Il a également parlé de tous les camps de Tziganes qui ont été construits, parfois après des concours architecturaux.

 

  • Concernant les « romans policiers / romans noirs », Didier Daeninckx raconte qu’au début, il y avait un mépris pour le genre mais que petit à petit, grâce à des éditeurs, des critiques, des libraires, il a été mis en avant et a pu évoluer comme un genre respecté. Il est revenu sur ce qui est considéré comme le premier roman policier  « Double assassinat dans la Rue Morgue » qui avait été traduit par Charles Baudelaire mais aussi « Justice sanglante » de Thomas De Quincey écrit peu près à la même époque. Il raconte que les surréalistes ont participé à mettre en avant les faits divers, à s’interroger sur la folie notamment dans la littérature. Mais il y a aussi eu une période où la littérature policière a perdu sa charge littéraire pendant assez longtemps mais depuis quelques temps, elle l’a retrouvée et a une réelle identité entière dans le paysage littéraire.

 

  • Suite à une question sur les ateliers d’écriture créative, il a expliqué que lui-même n’en faisait pas car pour lui l’écriture n’est pas quelque chose d’anodin, c’est un engagement de soi et ce n’est pas facile de les mener. L’expression artistique a la capacité de libérer la parole de nombreuses personnes qui se sentent enfermées dans des cadres. Il estime que tout le monde peut s’exprimer d’une façon ou d’une autre par l’art et que l’écriture permet de structurer ce que l’on veut exprimer par d’autres arts.

 

J’ai beaucoup aimé cette rencontre autour d’un homme passionné et passionnant qui maîtrise l’histoire et la littérature et qui a su nous parler simplement sans mettre de distance entre nous. Une belle rencontre! J’ai acheté et fait dédicacer « Meurtre pour mémoire » pour L’Homme (mais je le lirai aussi!) et « Caché dans la maison des fous » (pour moi). Si vous avez l’occasion de le rencontrer et de l’écouter : n’hésitez pas!

Merci encore à Raphaël et Fanny de la librairie Le Détour pour leur dynamisme!

Au Québec avec mes copines québécoises et quelques expressions québécoises (avec une vidéo de Karine et moi dedans!!)

Voici mon premier billet pour    chez Karine:) et  Yueyin. C’est un billet plein d’amitié!

Cet été, je suis allée au Québec et ce n’était pas que du tourisme (même si on a vu des choses formidables et je vous prépare quelques billets de photos de mon voyage au fil du mois), c’était surtout l’occasion de rencontrer Jules et Karine deux blogueuses amies que je connais depuis 8 ou 9 ans virtuellement et que j’apprécie beaucoup.

Vous trouverez les billets de photos le 13 novembre et le 25 novembre!

A Québec avec Jules, j’ai fêté mon anniversaire avec nos deux familles réunies (nos garçons ont presque le même âge et se sont super bien entendus!), nous avons fait du tourisme et surtout nous avons passé de bons moments exactement comme si nous nous étions déjà vu avant!

Et puis Karine est venue nous chercher et j’ai eu le privilège de voir mes deux amies ensemble et cela a confirmé mon impression qu’on se connaissait toutes depuis des années!

Avec Karine, nous sommes allés à La Baie dans le Saguenay et nous avons fait du tourisme (on a vu des baleines!) et un jogging mais aussi vécu une aventure « à la Karine » : sa voiture est tombée en panne loin de chez elle et nous avons pu constater que la police québécoise était très serviable et aimable (Bastien et moi avons rejoint le garage dans la voiture de police et le policier a même mis la sirène pour Bastien 😉

 

Et puis comme Karine a une chaîne YouTube,  nous avons profité de la dernière soirée pour faire une petite vidéo sur les expressions québécoises! On s’est beaucoup amusées à faire cette vidéo (et j’ai encore rigolé en la regardant quand Karine me l’a envoyée!) J’espère que ça vous plaira 😉

Voici l’envers du décors,  le making of en quelque sorte 😉

Et j’ai eu l’immense honneur de voir « en vrai » le tableau qui a servi pour faire un des logos de Québec en Novembre (avec les deux romans que j’ai achetés sur place 😉 )

Et pour finir sur les expressions québécoises, voici quelques photos que j’ai prises pendant mon séjour :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rencontre avec Guillaume Nail (auteur jeunesse)

Le samedi 14 octobre, ma librairie préférée organisait une rencontre avec Guillaume Nail, un auteur jeunesse. Ce n’est pas leur habitude de recevoir des auteurs jeunesse alors nous n’étions pas nombreux mais j’ai beaucoup aimé cette rencontre, informelle et inhabituelle puisque nous étions dans une barque dans la rue et que cela a permis quelques échanges aussi avec des gens qui passaient par là! J’étais avec Bastien, mon petit dévoreur de livres!

Guillaume Nail se définit lui-même comme un robot multi-fonction (expression qui a beaucoup plu à Bastien qui l’a même reprise pour raconter la rencontre à son père le soir!) : après avoir été traducteur, puis acteur, puis scénariste il a eu envie d’écrire un roman jeunesse et il a adoré cela! Il dit se sentir vraiment bien dans l’écriture jeunesse. Il aime se reconnecter à l’univers de l’enfance, quand lui était enfant. Il trouve que dans l’écriture jeunesse, il y a du répondant et il se sent au bon endroit, là où il se sent bien.

Dans « Bande de zazous », il raconte l’histoire de Philippe, un garçon de 10 ans qui a un handicap (il boite) mais cela pose surtout problème à ses parents et il interprète ce que ses parents pensent et imagine que ses parents ne veulent plus de lui. A Paris, lors d’une visite, il se croit abandonné et décide de fuguer et c’est là qu’il va rencontrer une « bande de zazous ».

Pour Fanny, ma libraire, ce roman recèle de la magie dans les relations entre les personnages et n’importe qui peut reconnaître sa propre enfance. On peut tous s’y retrouver. Guillaume Nail explique qu’il pense qu’on a tous à un moment de sa vie vécu des moments où on ne s’est pas senti à la hauteur des attentes de quelqu’un de proche, où on a eu des doutes et c’est ce qu’il a voulu montrer. Il y a des liens forts entre Philippe qui a 10 ans et cette bande de personnages hétéroclites qui ne veulent pas le laisser seul un 24 décembre.

L’auteur avait une image très nette de son premier voyage en TGV, enfant, avec cette impression qu’aller à Paris serait plein d’aventures et  il voulait transmettre que Paris c’était certes l’inconnu pour Philippe mais que ces gens, qui sont d’un autre monde, et lui, peuvent malgré tout se trouver et avoir des relations fortes : ils ne sont pas si éloignés que cela. Ces « zazous » ce sont des gens différents qui ont envie de passer du bon temps ensemble.

Dans son premier roman, « Qui veut la peau de Barak et Angela? », le personnage principal est une petite fille qui va passer des vacances dans le Cotentin et qui croit que cela va être horrible mais elle va vivre plein d’aventures. Cette petite fille, c’est un peu l’enfant qu’il aurait aimé être, pleine d’assurance et allant vers les aventures alors que lui était plutôt du genre à tout de suite prévenir ses parents!

Bastien a posé une question à Guillaume Nail : il voulait savoir s’il allait écrire d’autres romans. L’auteur nous a donc annoncé qu’il était en train d’écrire mais que cela prenait du temps. Il prenait des notes et pour l’instant, il savait qu’il allait se situer à Chinon et qu’il y aurait une enquête. Il a aussi dit qu’il connaissait ses personnages. Il a avoué qu’il commençait à parler de ce futur roman pour s’obliger à avancer dessus! Ensuite, il a prévu d’écrire une série plus pour des adolescents. Il a expliqué que plus il écrivait, plus il avait d’idées et moins il avait de temps pour écrire!

Il a aussi expliqué à Bastien qu’entre le moment où on écrit une histoire et le moment où elle devient un livre en librairie il se passe beaucoup de temps. Pour « Bande de zazous » par exemple, il y a eu 4 versions avant d’être publié. Il y a eu un vrai échange entre lui et son éditeur pour arriver à un résultat qui leur plaise à tous les deux. Ensuite, il y a eu le choix de l’illustratrice (Camille Jourdy) puis l’impression. Il nous a raconté que l’éditeur faisait attention au registre de langue adapté aux jeunes lecteurs mais qu’il avait insisté pour garder quelques expressions typiques de la région de Philippe (et la sienne à l’origine) même si l’éditeur pensait que tout le monde ne les comprendrait pas.

Après cet échange, il a dédicacé les livres. J’avais acheté les deux, un pour Bastien et un pour sa cousine et avant de les faire dédicacer j’ai demandé à Bastien de choisir celui qu’il voudrait garder (en sachant qu’il lirait les deux!) et Guillaume Nail nous a raconté qu’étant vraiment mauvais en dessin, c’était une amie à lui qui lui avait fait des tampons encreurs à la main : un mouton et une tour Eiffel! (Bastien n’a eu le droit de lire sa dédicace que le jour de son anniversaire quand il a déballé son cadeau!)

Ce fut une belle rencontre et nous n’avons pas tardé à lire les livres (nous avons commencé « Bande de zazous » à deux samedi soir et Bastien l’a fini tout seul le dimanche matin dans son lit!)

Je remercie encore Guillaume Nail pour sa gentillesse et Fanny de la Librairie Le Détour qui est une librairie formidable!

Bastien et moi avons lu « Bande de zazous » et « Qui veut la peau de Barack et Angela?« 

Rencontre avec Gudmundur Andri Thorsson

Samedi 19 novembre, à l’occasion du Festival Nordique Les Boréales, l’auteur islandais Gudmundur Andri Thorsson est venu chez moi, à la librairie Le Détour et je n’ai pas résisté à l’envie de découvrir cet auteur que je ne connaissais pas du tout !

 

L’homme

Fanny, ma libraire débute la rencontre en demandant à Gudmundur Andri Thorsson de nous parler de lui. Il commence par dire qu’elle a très bien prononcé son nom 😉 puis il confirme que « La valse de Valéyri » n’est pas son premier roman (« J’ai 58 ans. Je crois que j’en ai écrit 8. »). Son premier roman date de 1988 et s’intitule « Ma joyeuse angoisse ». Il nous raconte que sa mère était journaliste à la radio et son père écrivain : « Elle donnait les informations et lui, il les créait. Elle disait toujours la vérité, lui ne la disait jamais et moi je suis un mélange des deux. Je dis quelques fois la vérité mais pas toujours et je ne suis pas sûr de quand c’est le cas ! »

Il explique que l’Islande est un petit pays avec peu d’habitants ce qui « oblige » les habitants à être multiples. Lui-même est ou a été journaliste, critique, rédacteur dans une maison d’édition, créateur d’émissions de radio et écrivain. « Et aussi guitariste et chanteur dans un mauvais groupe. En plus, je suis marié et j’ai deux enfants. J’habite tout près de la résidence présidentielle -ça sonne mieux que ça ne l’est… ça y est… je commence à broder ! »

 

L’auteur

Ses livres n’ont pas beaucoup été traduits -celui-ci est le premier traduit en français. Quelques-uns ont été traduits en allemand. Quand ce roman est sorti, il s’était fait à l’idée que les étrangers ne s’intéressaient pas à ses livres et donc « que les étrangers ne s’intéressaient pas à la littérature ».

Il raconte que son père est mort au moment de l’écriture de ce roman et qu’il a beaucoup pensé à lui en l’écrivant. Il est persuadé que son père a veillé sur lui et qu’où qu’il soit, il y est pour quelque chose si ce livre marche à l’étranger car c’est ce qu’il voulait pour lui. « C’est la seule explication que je vois pour qu’il soit traduit et qu’il ait eu un prix littéraire ! »

Fanny lui a demandé s’il avait toujours vécu à Reykjavik et il a expliqué qu’en Islande, tous les ados et lycéens travaillent quelque part dans le pays pour savoir d’où ils viennent, comment les Islandais vivaient avant et vivent maintenant. « C’est aussi pour nous rendre plus solides, gagner des muscles et gagner un peu d’argent ! »

Lui-même a été dans trois villages différents et a travaillé dans le poisson. Il a fait la connaissance de plein de gens et vu plein de choses, certaines belles, d’autres moins. Il s’est rendu compte que pendant qu’il travaillait, sa tête se remplissaient de gens.

Dans ce roman, il y a des gens qu’il a rencontrés, des choses qu’il a vues et d’autres qu’il a inventées. Il avait envie de raconter l’Islande qui n’existe nulle part ailleurs qu’en Islande. Il explique qu’au moment où il a écrit ce roman, c’était la grande crise économique en Islande et il avait envie de créer quelque chose de beau pour les Islandais pour qu’ils réalisent comme « la vie est belle quand le soleil brille toute la journée et qu’on boit de l’aquavit de pissenlit en écoutant de la musique. »

En tant qu’écrivain, tout d’un coup, il a une histoire dans la tête et ensuite son rôle c’est de dégager cette histoire pour écrire.

 

« La Valse de Valeyri »

L’histoire de « La valse de Valeyri » se passe dans un petit village islandais le 24 juin. Les habitants du village sont liés à une chorale et 16 personnages nous parlent de leurs vies dans le village. Contrairement à ce qu’on imagine de la littérature islandaise, le roman ne montre pas une vie rude et difficile. Ici on est dans la vie, autour du village.

Dans le village, il y a une vieille histoire enterrée qui monte comme une brume qui lui donne une couleur. « C’est toujours comme ça dans tous les villages mais la vérité n’apparaît jamais vraiment. C’est comme une énigme qui n’est jamais résolue car il n’y a pas Erlendur dans tous les villages ! » (Spéciale dédicace à Cryssilda et Aifelle…)

Dans le village qu’il a imaginé, il y a environ 1000 habitants et au début il avait prévu d’écrire sur tout le monde. Ils étaient tous dans sa tête mais ça lui aurait pris 20 ans et il a donc fait des choix.

Pour finir sur le roman, il nous dit que pour lui ce n’est pas un roman ni un recueil de nouvelles mais un peu des deux. Une histoire qui se termine dans une autres, des éléments d’une histoire que l’on retrouve dans une autre. Tout se passe en même temps. « C’est comme quand on tricote ou qu’on brode, c’est un enchevêtrement. La prochaine fois ça sera 32 personnages. J’ai envie de faire une sorte de tapisserie de Bayeux ! »

 

La musique

Dans ce village, il voulait faire ressortir l’harmonie qui est importante en Islande, notamment par la chorale qui est un point commun aux personnages du roman. D’ailleurs en Islande, il y a énormément de chorales et même des chorales de différents corps de métiers comme « la chorale de la police qui chante en uniforme des chansons douces et mièvres. C’est très mignon ! »

Il avait envie de parler de ce qui était harmonieux et agréable mais aussi de ce qui est dans l’ombre. Il raconte des choses tristes aussi mais qui s’inscrivent dans le rythme. La musique colore un peu le récit car il trouve que la musique est l’art le plus important.

 

L’Islande et les Islandais

Il parle de la mélancolie propre aux Islandais. Il donne un mot islandais pour « mélancolie » qui ne peut pas être traduit mais qui se décompose en deux mots : tristesse et douceur/sécurité. « C’est un beau sentiment. Les Islandais ne se sentent jamais aussi bien que quand ils se sentent mal. »

L’auteur explique que le 24 juin a une signification spéciale en Islande. C’est la Saint Jean, la journée la plus longue et il raconte qu’il y a tout un folklore autour de ce jour. « Beaucoup de gens croient qu’il faut se rouler nus dans la rosée et cette nuit, les vaches parlent et elles disent beaucoup de mal des hommes. Les elfes, les trolls et les fantômes se mettent en mouvement. » Il ajoute que personnellement, il ne croit pas aux elfes et aux fantômes mais qu’ils font partie de la réalité islandaise et « les gens peuvent raconter qu’ils ont vu un elfe ou un fantôme sans qu’on les enferme pour autant ! »

 

La langue

Autrefois, l’islandais était une langue du monde. Le suédois, le danois et le norvégien ont subi beaucoup d’influences du français et de l’allemand « parce que ça faisait chic » mais l’islandais a été oublié et les Islandais avec.

Les Islandais sont très conscients de la nécessité de préserver cette langue qui leur a été confiée. Pendant tout le 20ème siècle, ils ont créé des mots islandais pour toutes les inventions technologiques. « Peut-être que c’est le destin de l’islandais de se perdre parce que toutes les langues doivent être utilisées quotidiennement mais si l’islandais disparait, c’est tout un monde qui disparaît. Il faut comprendre que ce serait tout un héritage culturel qui disparaitrait. »

 

 

Je ne connaissais pas l’auteur mais j’ai trouvé que c’était un homme qui sous des dehors timides est en réalité un grand bavard avec beaucoup d’humour pince sans rire – nous avons souvent ri pendant cette rencontre- et j’ai essayé de garder cet esprit en faisant quelques citations. Il avait le sourire et l’œil pétillants!

Merci et bravo à sa traductrice (quel travail !) qui nous a permis de vivre cet échange.

Mais surtout un grand merci à Fanny et Raphaël de la librairie Le Détour qui fêtaient leurs 6 ans ce soir-là ! Bravo à eux pour leur enthousiasme et leurs bons conseils. C’est vraiment agréable d’avoir des libraires si sympathiques et une librairie où on se sent chez soi !

 

Le festival des Boréales a aussi été à mon programme du samedi matin mais indirectement! En effet, grâce à la rencontre avec Arnaldur Indridasson organisée à Caen ce jour là, j’ai eu l’occasion de revoir Aifelle et de rencontrer Cryssilda qui venaient toutes les deux (de deux destinations différentes) pour rencontrer l’auteur islandais! Et nous en avons profiter pour bavarder de tout et de rien pendant toute la matinée! Et ça a été un réel plaisir!!

 

Je précise juste qu’Aifelle est floutée à sa demande 😉 Vous remarquerez d’ailleurs qu’elle sourit sous le floutage 😉

Voyage dans les pays Nordique avec Cryssilda pour  (Cliquez sur le logo)

Rencontre avec Valentine Goby

 

 

J’ai eu la chance de pouvoir écouter Valentine Goby qui est venue dans mon petit coin de la Manche pour parler de son dernier roman « Un paquebot dans les arbres » et c’était une vraie chance car c’était la première fois qu’elle en parlait depuis sa sortie.

Valentine Goby était absolument rayonnante, avec un très beau sourire naturel et communicatif, joyeuse et très agréable à écouter, très généreuse dans cette rencontre. Comme d’habitude, je vais faire de mon mieux pour retranscrire ce beau moment (pas forcément de façon linéaire mais plutôt thématique) même si je n’ai pas pu tout noter car il y avait tant de choses passionnantes à écouter, j’espère lui avoir été fidèle  😉

L’entretien est mené comme d’habitude par Xavier Houssin qui commence par lire un extrait du roman et qui présente l’auteur et ses romans.  Valentine Goby a commencé par parler de l’histoire de « Un paquebot dans les arbres » (pour savoir de quoi parle roman, n’hésitez pas à aller lire mon billet). Elle explique qu’elle fait confiance à la vie qui l’a souvent mise sur des chemins lui ayant permis de rencontrer des gens qui lui racontent leurs histoires. Elle a une passion pour l’Histoire et ces histoires lui donnent envie d’écrire des romans.

 

Mathilde

Par le biais d’une personne rencontrée au moment de l’écriture de « Kinderzimmer », elle a rencontré Elise Bellion (la « vraie » Mathilde du roman), qui au détour d’une conversation lui parle du sanatorium et de la tuberculose de ses parents. Après avoir fait des recherches sur ce sanatorium, le sanatorium d’Aincourt, Valentine Goby propose à Elise Bellion de l’accompagner sur les lieux. D’ailleurs, la scène d’ouverture du roman où Mathilde adulte retourne là-bas, a réellement eu lieu mais en compagnie de l’auteur.

L’histoire de cette femme, c’était une histoire d’amour filial, familial. Pour elle, c’est l’histoire de la résistance à la fatalité. Cette jeune femme qui a admirablement sauté par-dessus l’obstacle.

A travers le rôle que lui donne cette tragédie, elle prend une revanche : elle a le regard du père, qu’elle a toujours cherché. On part d’une situation de manque et d’abandon à une situation d’écrasement. Elle met en balance amour et fidélité à la famille et l’envie et le besoin de devenir quelqu’un.

Elle va porter sur ses épaules le projet que la société ne peut pas encore offrir à ses parents qui ne bénéficient pas de la sécurité sociale en tant que commerçants ni des antibiotiques qui ne sont pas encore répandus en France.

Valentine Goby dit qu’elle aime parler de personnages faillibles. Parler de comment on arrive à surmonter les obstacles pour continuer à vivre. Parler des défis surmontés, des actes de bravoures. C’est facile de baisser les bras et d’arrêter de vivre mais choisir la vie, accepter les difficultés, c’est fascinant.

Cette maladie va ouvrir de nouvelles portes à Mathilde qui va rencontrer des personnes qui vont l’ouvrir sur le monde. Même les parents malades vont « profiter » de leur maladie au sanatorium pour se retrouver à deux et mieux connaître leur fille cadette. Tous apprennent de cette tragédie.

 

L’Histoire

Valentine Goby nous dit qu’elle a le sentiment qu’une mémoire chasse l’autre. Au sanatorium d’Aincourt, il y a une plaque qui explique que ce lieu a été un camp d’internement administratif pendant la deuxième guerre mondiale et qu’il est reconnu comme tel mais que rien n’est fait pour entretenir l’histoire du sanatorium en tant que lieu médical. Il y a coexistence de la douleur mais on a l’impression que ces douleurs ne permettent pas de cohabiter. C’est aussi ce qui fait la richesse de ce lieu. Mais l’histoire de la tuberculose a été oubliée…

Aujourd’hui, la tuberculose revient, la sécurité sociale recule, comme beaucoup de droits sociaux Peut-être que l’histoire de la tuberculose reviendra en avant car on a souvent oublié à quel point cette maladie a été dévastatrice.

Ce qui l‘intéresse quand elle écrit un roman c’est de participer à la vivacité de notre mémoire. Elle aime les gens qui ont une mémoire, elle-même n’en ayant pas beaucoup.

Elle aime beaucoup travailler sur les oubliés de l’histoire. Le roman selon elle peut être le relais de l’Histoire et de la sociologie dans une problématique de transmission.

L’Histoire est un moyen d’être mieux dans le présent, une façon de le mettre en perspective. On devrait regarder plus souvent le passé pour analyser, relativiser le présent.

Sa première passion, avant la littérature, c’est l’histoire. Elle considère que l’amnésie est une maladie mortelle.

 

Kinderzimmer

Valentine Goby a parlé longuement de la genèse du roman « Kinderzimmer » qui parle des enfants nés au camp de concentration de Ravensbrück. Sa passion de l’Histoire et des histoire individuelles ressort vraiment dans tout ce qu’elle raconte sur ce roman, l’avant, le pendant et l’après et je l’ai trouvée passionnante et très émouvante.

 

« D’après une histoire vraie »

Valentine Goby explique que ce n’est pas anodin de prendre l’histoire personnelle de quelqu’un pour écrire. Dans « Kinderzimmer », c’était déjà le cas mais le personnage central était collectif, c’était un chœur qui correspondait à plusieurs femmes rencontrées mais aussi inventées. Dans « L’antilope blanche » elle est partie du témoignage d’une femme qui est décédée avant l’écriture du roman alors elle a dû se « débrouiller » seule.

Dns « Un paquebot dans les arbres », elle est rentrée dans l’intimité de cette famille et elle a travaillé sous le regard d’Elise Bellion.

Quand elle écrit un roman, elle explique qu’elle va ajouter et retirer des choses car l’auteur doit trouver sa place. Elle ne fait pas de biographie.

Elle a le trac quand la personne concernée lit son roman car elle sait que si elle sent que celle-ci n’est pas à l’aise avec l’histoire qu’elle a recrée, elle ne publiera pas. C’est un risque mutuel qui est pris comme dans toute relation humaine.

« Un paquebot dans les arbres » est une histoire « vraie » mais pas « réelle ». C’est une histoire « véridique » et « Kinderzimmer » aussi.

 

Imagination / Ecriture

Elle déclare qu’elle n’a aucune imagination mais qu’elle a le sens de l’observation et l’empathie. Elle rencontre des gens pour s’inspirer. Elle n’invente pas mais elle met ensemble des choses qui existent déjà.

Pour elle, un roman c’est la rencontre de deux personnes et son travail à elle c’est la langue : mettre des mots sur ces histoires.

 

La relation au père

Dans « Baumes », elle a retracé son enfance à travers ses souvenirs liés aux parfums pour parler de ses relations entre elle et son père parfumeur. Elle profite d’ailleurs que son père ne soit pas présent ce jour-là pour admettre que Mathilde ressemble beaucoup à la petite fille qu’elle était.

 

Le corps

Le rapport au monde, pour elle, n’est pas cérébral : ça passe par le corps, par les sensations. La pensée vient ensuite faire la synthèse des sensations.

Le rapport aux autres passe par la peau. C’est le territoire commun. Chacun a son propre corps, unique, mais c’est une expérience commune. Nous sommes avant tout des corps.

Dans son écriture, elle passe par les sensations. Elle n’a pas envie de décréter qu’un personnage est triste ou a peur car elle ne sait pas ce que le lecteur mettra derrière ces mots. Elle préfère décrire ce que ressent ce personnage à ce moment, car elle sait que les lecteurs comprendront, identifieront les sensations. Pour elle, les sensations n’excluent pas alors que les mots peuvent le faire.

 

Dédicace

Après cette belle rencontre, je suis allée faire dédicacer mon exemplaire de son dernier roman. Je lui aussi dit que j’avais eu un coup de cœur pour  « Kinderzimmer » en version audio et que la lectrice était extraordinaire. Elle ne la connaissait pas, m’expliquant que c’était compliqué pour un auteur d’écouter son texte lu par quelqu’un d’autre. (Personnellement, je vous recommande la version audio si vous aimez ce type de lecture !)

Elle était tout à fait charmante, disponible pour chacun et je garderai un excellent souvenir de cette rencontre.

Retrouvailles de blogueuses et enregistrement de l’émission des Bibliomaniacs (avec moi dedans!)

En 2014, je participais au Prix de ELLE et au travers d’une page FB je me suis fait quelques très bonnes copines que j’ai eu grand plaisir à rencontrer lors de la remise du prix mais qui sont aussi ensuite venues me rendre visite chez moi à 5. Et je suis fan de l’émission Les Bibliomaniacs animée par Coralie, Eva, Fleur (et Laure même si elle prend un peu de temps off en ce moment). Je leur dis en rigolant que je suis leur « Number one fan » (les fans de Misery de Stephen King sauront que ça peut faire peur ;-).

Vous imaginez un peu mon émotion quand le 1er mai elles m’ont envoyé un message pour me proposer de participer à l’enregistrement de l’émission de juillet chez moi ! (Si émue que je me revois encore lire le message pendant une balade en famille au soleil pour voir des concerts de rue). J’ai bien entendu tout de suite accepté !

Alors je vais profiter de ce billet pour vous raconter les coulisses de l’émission Les Bibliomaniacs (je sais qu’il y a d’autres fans qui me lisent 😉 Cette émission allait être une « spéciale poches ». Les filles décident entre elles des livres qu’elles vont lire, elles font chacune des propositions (même moi : j’ai proposé « En cas de forte chaleur » de Maggie O’Farrel, que j’avais en anglais dans ma PAL mais qui existait en poche en français). Elles peuvent aussi proposer des livres que certaines ont déjà lus (ce qui m’arrangeait bien, vu mon programme chargé du mois de juin).

Nous avons donc fixé une date, ce serait le dimanche 26 juin, chez moi. Une arrivée vers midi et un départ à 18h45 nous permettant de manger ensemble, d’enregistrer l’émission et de faire une petite balade !

J’étais un peu stressée, j’avoue. J’ai lu les livres proposés : « En cas de fortes chaleur » et « L’histoire de l’amour ». Je me souvenais clairement de ma lecture audio de « Joseph » et j’ai relu en version audio « Ru » que j’avais un peu oublié. J’ai imprimé mes anciens billets pour les relire et écrit et tapé les nouveaux pour avoir mes idées bien au clair.

Je me suis ensuite consacrée au repas, comme une invitation « normale » d’amies ! (Au menu pour ceux que ça intéresse : des feuilletés de chez Boudu, salade de carottes à l’orange, dal aux lentilles corail (et au chou kahl) et une tarte aux prunes (j’ai juste oublié le fromage normand 😉 )

J’étais vraiment heureuse de les retrouver à la gare comme si on se voyait régulièrement, ça me semblait vraiment naturel de nous retrouver comme ça chez moi ! Bastien et L’Homme étaient là pour le repas et Bastien a fait des dessins pour chacune. Il s’est montré naturel et charmant 😉 Pendant l’apéro au champagne (il faut bien ça pour des filles qui se sont connues par le magazine ELLE 😉 nous avons parlé de de tout et de rien mais pas des livres de l’émission pour garder la fraîcheur de nos avis pendant l’enregistrement. J’ai juste demandé si elles étaient d’accord avec mon interprétation de la fin de « L’histoire de l’amour », sachant qu’on ne parlerait pas de cet aspect-là !) et échangé des cadeaux (j’ai été bien trop gâtée les filles !!)  

Après le repas, nous nous sommes « débarrassées » des hommes pour pouvoir enregistrer tranquillement.

 

Et à ce moment-là, j’avoue que j’étais un peu intimidée : les premiers tests de voix m’ont non seulement rappelé que je détestais le son de ma voix et que je riais un peu trop fort mais surtout que c’était LE moment… on allait vraiment enregistrer ! J’avais mes petites notes pour me rassurer (et j’étais contente de voir que Fleur / Amandine aussi prenait ses notes).

Pendant les premières minutes, j’étais un peu tendue, j’avais peur de dire des bêtises et petit à petit j’ai tout simplement oublié qu’on enregistrait et j’écoutais tout simplement les copines qui parlaient ! C’était un moment très agréable.

Et j’ai trouvé que le temps est passé très vite (et pourtant l’émission a bien duré 1 heure !°

Après l’enregistrement, Coralie a sauvegardé l’émission pour ne pas la perdre avant le montage (d’ailleurs, Eva l’avait aussi enregistrée sur son iphone car les filles étaient échaudées d’un précédant problème technique).

Puis nous sommes allées nous balader. Un petit tour à la librairie Le détour (MA librairie) pour déposer des marques-pages de l’émission et ensuite nous avons fait un tour dans la Haute Ville pour voir les petites rues et la mer.

Nous avons pris un dernier verre près de la gare (en face d’un magnifique rond point 😉 et les filles sont reparties.

J’ai passé une excellente journée et l’expérience de l’enregistrement d’une émission et de voir l’envers du décor m’a énormément plu !

Merci encore mille fois les copines ! Vous êtes les bienvenues quand vous voulez ou alors la prochaine fois, je viens vous voir à Paris !

Et pour écouter l’émission, c’est ici : Couverture de l'émission d'été spéciale Poches

Et n’hésitez à leur laisser un petit commentaire : il y avait un petit problème technique et on ne pouvait plus commenter mais maintenant c’est réglé (Merci à Une Ribembelle et Claire de l’avoir signalé!) : il faut mettre son pseudo, son adresse mail et pas la peine de noter un mot de passe, il  suffit de cocher « I’d rather be a guest » et c’est bon 😉