Blackface Banjo : Frantz Duchazeau

Cette BD raconte l’histoire d’un homme noir à la jambe de bois qui se retrouve dans le milieu du Music Hall et des « Minstrels shows », des spectacles où les Blancs se travestissent en Noirs pour amuser le public au dépend des Noirs et des spectacles de charlatans vantant des fausses potions. Il suit tout d’abord l’une de ces troupes où il est employé pour se mettre à danser malgré sa jambe de bois grâce au médicament miracle. Mais buvant une des potions (qui est en réalité de l’eau), il se transforme en un merveilleux joueur de banjo!

Plus tard, il se retrouve dans une autre troupe où il va jouer du banjo. Là, il rencontrera un Indien mystérieux (et drôle aussi quand il parle dans sa langue que personne ne comprend et qu’en réalité il insulte son patron!) qui sera une figure importante pour lui et trois étranges triplets cajuns francophones ainsi qu’une jeune femme. Leur vie en communauté est mise à l’épreuve quand les spectacles de minstrels sont attaqués et brûlés sur leur passage…

« Blackface Banjo » devient une star, on suit son ascension  dans le show biz  mais c’est surtout l’occasion de nous faire voyager dans le monde du spectacle de l’Amérique de ce début du 19ème siècle mais surtout dans un monde qui distingue les races -les Blancs étant toujours considérés supérieurs… malheureusement.

Au niveau des dessins, ce sont des petits dessins en noir et blanc avec très peu de texte, parfois même des dialogues avec juste des pictogrammes ou des petits dessins et l’ensemble fait vraiment penser au cinéma muet. C’est original.

Le personnage principal, Blackface Banjo, est attachant et touchant. J’ai aussi beaucoup aimé le personnage de l’Indien. Un bémol peut-être, il manque peut-être quelques informations sur les minstrels shows.

Pour en savoir plus, écoutez Franz Duchazeau (avec des images et des enregistrements musicaux audio d’époques et des images de la BD)  :

  chez Mo

Les douze tribus d’Hattie : Ayana Mathis

Hattie est une jeune fille quand elle quitte sont Sud natal et ségrégationniste au début des années 1920 pour s’installer à Philadelphie avec sa mère et sa sœur après l’assassinat de son père. Dès son arrivée, elle comprend qu’elle ne retournera plus dans le Sud car elle aspire à une liberté qu’elle n’a pas connu jusque là de part sa couleur de peau.

Très jeune, elle fréquente August, un jeune homme qui est loin d’être fiable mais qui a le mérite de rester avec elle quand elle tombe enceinte et qui l’épouse.

Le roman raconte la vie d’Hattie au travers ses douze tribus c’est à dire ses onze enfants et une petite-fille. En 10 chapitres, chacun centré sur un enfant, on apprend des choses sur leurs vies, mais indirectement sur la vie d’Hattie et aussi sur la société américaines des années 30 à 1980.

Ce sont des vies qui sont loin d’être simples, chacun ayant eu son lot de traumatismes, de névroses, de malheurs, de frustrations, de descentes aux enfers. Celle d’Hattie commence d’ailleurs par la mort des ses deux premiers bébés, des jumeaux morts d’une pneumonie qu’elle n’a pas pu soigner par manque de moyens. La toute jeune femme ne se remettra jamais vraiment de cette perte. Puis, la vie de Hattie et de August est très précaire principalement parce qu’Auguste est un flambeur et un coureur et qu’ils ont de nombreux enfants.

Le portrait que les vies de ses enfants font d’Hattie est celui d’une femme assez froide, distante, dure aussi mais on comprend aussi en filigrane ce que sa vie a été faite de renoncements, de sacrifices et de souffrances. Elle n’a pas su montrer à ses enfants qu’elle les aimait…

Je ne vais pas détailler les différentes existences évoquées dans ce roman mais j’ai beaucoup aimé ces tranches de vies, ces histoires sombres et tristes qui racontent des moments personnels difficiles mais aussi le 20ème siècle aux Etats-Unis et la place des Noirs dans le Sud mais aussi la pauvreté.

Je vous recommande vraiment ce roman. Je découvre au moment de préparer ce billet que c’était un premier roman et je suis étonnée car je le trouve très abouti! J’espère pourvoir relire cette auteur un jour (je n’ai pas vu de nouveau titre d’elle pour l’instant.)

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chez Antigone

 ligne générale catégorie « prénom »

Southern Style Collard Greens (Chou cavalier) au jambon braisé (version avec des blettes)

Encore une recette typiquement afro-américaines que j’ai souvent croisée dans des romans! C’est un plat de légumes d’accompagnement (mais qui peut aussi être mangé tel quel avec le jambon ou le bacon. A servir avec du « corn bread » bien sûr! C’est un plat qui est aussi souvent appelé juste « greens ».
Les « collard greens » (chou cavalier en français) ne sont pas forcément faciles à trouver dans toutes les régions de France et il est possible de remplacer par les feuilles de blettes ou de bok choy mais il faut savoir que les blettes cuisent beaucoup plus vite que le chou cavalier et d’après ce que j’ai lu, elles ont un goût un peu moins prononcé.
Ma recette a été faite avec des blettes mais peu importe le légumes : le temps de cuisson sera fait au jugé (quand les feuilles et les branches sont tendres).

Ingrédients :

  • Entre 500 g et 800 g de « collard greens » (chou cavalier en français) / des blettes ou de bok choy (attention ça réduit à la cuisson)
  • 3 ou 4 tranches de bacon ou jambon braisé en tranches épaisses à votre appréciation, selon que c’est un accompagnement ou un plat,
  • 1 petit oignon (ou 1/2 gros) haché
  • 3 gousses d’ail, hachées
  • 1/2 cuillère à café de piment
  • 500 ml de bouillon de poule
  • Sauce piquante (au moment de servir selon ses goûts)
Préparation :
  • Rincer et retirer la partie blanche (branche) couper la partie verte de feuilles en lamelles  et la partie blanche en morceaux.
  • Dans un sauteuse faire revenir l’oignon haché et l’ail écrasé dans de l’huile d’olive
  • Ajouter le bacon / jambon coupé en morceaux dans la poêle jusqu’à ce qu’il soit doré.
  • Saler, poivrer et ajouter le piment
  • Ajouter le bouillon de poule et les feuilles de collard greens (chou cavalier) / blettes  et porter à ébullition.
  • Réduire à feu moyen en remuant de temps en temps, jusqu’à ce que les légumes soient ramollis (20 mn environ pour les blettes, mais sans doute 30-45 mn pour le chou cavalier d’après ce que j’ai lu.)
  • Placer dans un plat de service avec une écumoire pour garder un peu de jus sans que ça baigne dans le bouillon.
  • Ajouter de la sauce piquante dans l’assiette selon ses goûts.

Les gourmandises en cuisine chez Syl

Red Velvet Cake (sans lactose) et Juneteenth

J’ai choisi de faire ce gâteau parce que j’ai lu que c’était une recette traditionnellement faite lors de la fête du 19 juin, appelée « Juneteenth » (contraction de « June » et de « nineteenth ») qui célèbre la véritable fin de l’esclavage au Texas en 1865, 2 ans et demi après la  la signature de la Proclamation d’émancipation en 1863 par Abraham Lincoln. Cette journée est aussi appelée « Independence Day » or « Freedom Day » ou « The African American 4th of July »

Lors de cette journée, il y a des grands repas, des pique-niques et barbecues et la tradition veut que les plats soient le plus rouges possible : sauce rouge pour les barbecues, riz à la tomate, betteraves, pastèque, fraises, même les boissons peuvent être rouges. Et il y a donc aussi ce gâteau : le red velvet cake qui est aujourd’hui fait avec du colorant rouge mais qui autrefois était apparemment rougeâtre naturellement de part ses ingrédients. D’après ce que j’ai lu, le rouge symbolise le sang qui a été versé par les esclaves jusqu’à cette émancipation.

Pour en savoir plus sur Juneteenth, cliquez sur l’image pour aller sur un article en anglais.  J’ai trouvé vraiment très peu de choses intéressantes en français et pour être honnête c’est en me renseignant sur ce gâteau que j’en a entendu parler pour la première fois!

Et voici une vidéo qui vous en parle (en anglais, je n’ai pas réussi à mettre les sous-titres en français)

C’est un gâteau de fête, à étages et avec glaçage comme les américains savent les faire (je l’ai fait pour un dimanche ordinaire, mais disons que comme c’était le dimanche qui suivait la Saint Valentin, ça peut aussi aller 😉

Ingrédients :

Pour le gâteau :

  • 260 g de farine
  • 20 g de cacao en poudre non sucré
  • 2 cuillères à café d’arôme de vanille
  • 1 cuillère à café de bicarbonate de soude
  • 1 pincée de sel
  • 280 g de sucre en poudre
  • 90 g de beurre mou
  • 180 ml d’huile végétale
  • 3 œufs
  • 1 cuillère à soupe de vinaigre blanc
  • Colorant rouge
  • 180 ml de lait fermenté ou lait ribot (pour moi 180 ml de lait de soja mélangé avec 1 cuillère à soupe de citron : laisser reposer 5 à 10 mn et remuer)

Pour le glaçage (version sans lactose) : 

  • 300 g de sucre glace
  • 45 g de margarine vegan ramollie (j’imagine que la même quantité de beurre fera l’affaire?)
  • un jus de citron (5 cl)
  • 1 cuillère à café d’arôme de vanille

Préparation :

  • Préchauffez le four à 180°C.
  • Dans un bol, tamiser ensemble la farine, le cacao, le bicarbonate, le sel.
  • Dans un autre bol, mixer le beurre et le sucre en poudre.
  • Ajouter l’huile et et l’arôme de vanille et mélanger.
  • Séparer les blancs des jaunes et mélanger les jaunes à cette préparation.
  • Ajouter ensuite le vinaigre blanc et le colorant rouge.   (j’ai mis un petit tube de rouge mais ce n’était pas assez ou alors ce colorant n’est pas efficace…)
  • Ajouter la moitié du mélange « sec » (farine etc) et mélanger.
  • Ajouter la moitié du lait fermenté et mélanger.
  • Ajouter le reste du mélange « sec » et mélanger.
  • Ajouter le reste du lait fermenté et mélanger.
  • Battre les blancs en neige et ajouter délicatement à la préparation.
  • Versez la moitié de la préparation dans un moule de 20 cm de diamètre. Enfournez pour environ 30 minutes (vérifier la cuisson avec la lame d’un couteau qui doit ressortir tout juste sèche.)
  • Faire cuire l’autre moitié de la pâte dans les mêmes conditions.
  • Démouler les gâteaux dès la sortie du four en les retournant. Laisser refroidir complètement.

Glaçage :

  • Mélanger ensemble au mixeur le sucre glace, la margarine vegan et l’arôme de vanille et le jus d’un citron. Il faut que le mélange assez épais pour ne pas glisser du gâteau mais pas non plus trop épais (il faut pouvoir l’étaler) Si c’est trop liquide : ajouter du sucre glace, si c’est trop épais : ajouter une ou deux cuillères de lait végétal.
  • Étaler du glaçage sur le haut d’un des deux gâteaux, poser l’autre par dessus et recouvrir l’ensemble (dessus et côtés) du reste du glaçage.

Le résultat était décevant au niveau de la couleur rouge, c’est plus des reflets rouges dans du brun mais je pense que c’est une question de colorant car les images que j’ai vues sur internet sont vraiment plus rouges (si vous tapez « red velvet cake » sur Google images, vous vous en rendrez compte).

Par contre, c’est le gâteau le plus moelleux que j’ai jamais mangé! Et le lendemain, il était tout aussi moelleux!

Concernant le glaçage, il est assez sucré. Dans les recettes américaines que j’ai lues, ils utilisent du « cream cheese » style « philadelphia » alors je chercherai peut-être un équivalent sans laitage pour que ce soit moins sucré mais c’est bon quand même!

Les gourmandises en cuisine chez Syl

Où va le blog cette semaine?

Où va le blog cette semaine?

Bonjour!

Les vacances commencent pour moi! Je vais commencer par une semaine chez ma Best à Lyon et ce sera l’occasion pour moi de rencontrer Lasardine 😉 J’aurai accès à internet évidemment mais je ne serai pas forcément sur le blog alors si vous avez des liens pour l’African American History Month Challenge envoyez-les moi par commentaire, ça sera plus facile. Je mettrai le recap’ à jour au plus tard le vendredi soir!

Aujourd’hui, je vous propose deux recettes : des « Southern styles greens » et un « Black velvet cake » et je vous parlerai aussi d’une fête qui concerne les afro-amércains : « Juneteenth »

Lundi 26 février, je vous parlerai de « Les douze tribus d’Hattie ».

Mercredi 28 février, pour le rendez-vous de la BD de la semaine, je vous parlerai de « Blackface Banjo »

Jeudi 1er mars, vous trouverez le bilan de mes lectures du mois de février.

Vendredi 2 mars, ce sera le rendez-vous Oyez! Oyez! et aussi le rappel J-1 pour la photo du 3/3 à 3h03 et/ou 15h03.

Samedi 3 mars, il y aura le rappel jour J de la photo du 3/3 à 3h03 et/ou 15h03 et dans la journée ma propre photo.

Et enfin, dimanche 4 mars, je vous donnerai mon avis sur le livre audio « Arrête avec tes mensonges ».

Hier soir, j’ai fini de lire la BD « Culottées T1 » de Pénélope Bagieu, aujourd’hui, je vais picorer dans «Les bios (très) interdites» de Vincent Dedienne. Ensuite, pour mon voyage à Lyon je lirai sur ma liseuse « L’if et la rose » de de Mary Westmacott (alias Agatha Christie). Chez ma copine, je devrais sans doute lire quelques BD mais je en sais pas encore lesquelles. Au niveau des lectures audio, je suis en train de lire « Couleurs de l’incendie » de Pierre Lemaitre (lu par l’auteur).

A bientôt! Bonne semaine et bonnes lectures!

Le garçon qui n’était pas noir : Jacqueline Woodson

Frannie est une jeune pré-ado noire qui vit avec ses parents et son frère dans un quartier où il y a une majorité de Noirs. D’ailleurs, même si au début des années 1970 aux Etats-Unis la ségrégation n’est plus d’actualité légalement, à l’école où elle va, tout le monde est noir. C’est d’ailleurs pour cela que l’arrivée d’un nouvel élève -blanc- en cours d’année intrigue et même bouscule les autres enfants.

Ce n’est pas un garçon qui pose problème, il est calme et discret mais pour autant, il ne se laisse pas faire par Trévor, la petite frappe de la classe qui s’en prend à lui parce qu’il est blanc mais sans doute surtout parce que cela met en évidence sa propre clarté de peau… Et l’insulte qu’il va donner au nouveau et que ce dernier va finir par porter comme un surnom est « Jésus »

La meilleure amie de Frannie, Samantha, est très croyante et elle s’interroge sur le fait que ce garçon est peut-être vraiment Jésus revenu sur terre… Il apporte une part de mystère et de bienveillance. La présence de « Jésus » parmi eux va donc les faire s’interroger sur le racisme, sur la religion et sur les relations familiales.

La famille de Frannie est aussi au centre de ce roman puisque son frère aîné est sourd et elle parle couramment la langue des signes. L’évocation de son frère est l’occasion de parler d’autres frustrations que celle de la couleur de la peau, car lui rêve de pouvoir appartenir à deux mondes : celui des gens qui peuvent entendre en plus de celui dans lequel il vit, celui de ceux qui n’entendent pas.

Et puis, toujours dans sa famille il y  aussi la mère qui a eu de nombreux problèmes pour concevoir et qui a perdu plusieurs bébés. Au fil du roman, elle va poursuive une grossesse qui est à la fois inquiétante pour chaque membre de la famille mais aussi pleine d’espoir.

J’ai bien aimé ce roman jeunesse que j’ai trouvé vraiment riche même s’il est peut-être une peu trop fourre-tout au niveau du nombres de thématiques abordées.

Je l’ai lu après avoir lu « Un autre Brooklyn » le premier roman adulte de l’auteur, je trouve qu’on y retrouve une certaine ambiance, certaine thématique et un style. C’est une auteur que j’aurai plaisir à relire je pense!

  avec Blandine : allons voir son avis!

 Thématique jeunesse

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Ma nouvelle voisine : Adrian Fogelin

Cass est une jeune ado blanche d’environ 12 ans qui vit dans le Sud des Etats-Unis. Un jour son père construit une haute palissade entre leur maison et celle de leur ancienne voisine… En effet, la maison a été rachetée par une famille noire et même à notre époque, cet homme blanc du Sud ne peut pas supporter l’idée de partager son quartier avec des Noirs… Il se trouve que la mère de famille noire est elle aussi très remontée contre son voisin à cause de son racisme mais aussi à cause de tout ce qu’elle a supporté jusqu’à ce jour.

La famille de Cass est une famille très modeste, avec une fille aînée assez superficielle qui doit s’occuper du bébé de la famille pendant les vacances d’été et Cass qui est une passionnée de course à pied. Les nouveaux voisins s’installent donc, il y a une mère, infirmière, une grand-mère débonnaire, une ado de 12 ans et un bébé.

Le hasard fait que les jeunes filles découvrent qu’elles sont toutes les deux passionnées de course à pied et elles vont commencer à s’entraîner ensemble pendant le caniculaire été, sans rien dire à personne et elles vont également se mettre à lire ensemble « Jane Eyre » (la lecture de ce roman accompagnera toute l’histoire des deux filles).

Malheureusement, le jour où les parents découvrent cette amitié secrète, elles sont punies et ont l’interdiction de se fréquenter…

Il faudra un drame pour faire en sorte que les adultes finissent par se parler et petit à petit découvrent qu’ils peuvent s’entendre malgré leurs préjugés et le poids d’une Histoire qui a séparé des communautés depuis toujours.

J’ai bien aimé ce roman qui met bien évidemment en avant la tolérance et le fait qu’il faut connaître les gens avant de les juger et ne pas faire de généralités pour éviter le racisme.

Mais il y a aussi la thématique du sport qui est intéressante car cela montre que c’est un élément unificateur.

Enfin, la lecture de « Jane Eyre » aussi est vraiment un plus. Je me dis que ce roman donnera peut-être envie aux jeunes lecteurs d’oser se lancer dans des romans plus « compliqués » car les deux jeunes lectrices sont elles-mêmes tout d’abord désarçonnées par les mots qui leurs sont inconnus mais une fois qu’elles ont dépassé cela en regardant quelques mots dans le dictionnaire (et qu’elles s’obligent à utiliser dans leurs vie de tous les jours après) elles ne peuvent plus se passer de ce roman et en veulent plus!

Petit clin d’oeil au challenge du « mois de l’histoire noire » :

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

 Thématique jeunesse

Cinéma : quelques films pour l’African American History Month Challenge

Je ne suis pas experte en cinéma, je ne vais pas rentrer dans les détails de ces films mais voici une petite sélection de films que j’ai vu ou revu ces derniers mois et qui me paraissent importants à connaître quand on s’intéresse à l’histoire des Afro-Américains.

« Dans la chaleur de la nuit » (« In the heat of the night ») de Norman Jewison :

Résumé de Allociné : « Dans une petite ville du Mississippi, un crime vient d’être commis. L’adjoint du shérif arrête un inconnu assis dans le hall de la gare. Il est directement accusé du meurtre : il est Noir et a beaucoup d’argent sur lui. Après vérification de son identité, il s’avère que cet homme est Virgil Tibbs, un policier, membre de la brigade criminelle de Philadelphie. Il est alors relâché sans un mot d’excuse.
Son supérieur lui ordonne alors de rester à Sparta et de collaborer avec le shérif Gillepsie pour retrouver le meurtrier en question. Tibbs est hostile à cette idée, car il sait que les habitants de la ville se montrent méfiants à son égard. Mais il accepte et commence son enquête. »

Tourné et sorti juste après la fin officielle de la ségrégation, ce film montre très bien qu’on ne change pas les mentalités des gens si facilement. Dans le Sud des Etats-Unis, un Noir est forcément un criminel potentiel même si dans ce cas, c’est un inspecteur de police respecté et reconnu dans le Nord… Les gens sont méfiants et hostiles envers les Noirs.

Ce film est très fort pour montrer ces tensions, ces injustices. Mais au-delà de cela c’est un film qui a dû bousculer les américains à sa sortie car comme je le disais il est sorti à une période charnière de l’histoire des droits civiques et on y montre non seulement un homme noir qui est à égalité, sinon supérieur aux policiers blancs mais aussi le vrai visage de certains blancs, un racisme ordinaire ainsi qu’un passé ségrégationniste. J’ai trouvé aussi qu’avec le personnage du shérif on voyait les frémissements d’un changement de mentalité avec ce personnage qui s’interroge sur la séparation entre les Blancs et les Noirs.

C’est un film que j’ai trouvé vraiment puissant! Je vous le conseille bien évidement en VO et je dois dire que les acteurs sont excellents, particulièrement Sidney Poitier qui joue l’inspecteur Noir et Rod Steiger qui joue le shérif blanc.

« Mississippi burning » de Alan Parker :

Résumé de Allociné : « En 1964, trois militants pour les droits civiques des noirs disparaissent mystérieusement. Ce sont deux agents du FBI qui sont chargés de l’affaire. Très vite, les questionnements et les méthodes d’intimidation d’Alan Ward et de Rupert Anderson dérangent, en particulier le Klu Klux Klan. »

Ce film a pour point de départ un fait divers réel. Trois jeunes militants pour les droits civiques qui encourageaient les Noirs des Etats du Sud à s’enregistrer pour le droit de vote disparaissent. Ils ont été tués par des membres du Klu Klux Klan. Quand le FBI débarque pour résoudre cette disparition l’enquête est menée pour les retrouver.

Alors c’est très « américain », film avec beaucoup de moyens qui en fait des tonnes, c’est sans doute très irréaliste sur la forme (on n’imagine pas qu’il y ait eu des centaines d’agents fédéraux pour retrouver ces trois étudiants par exemple). Après, ce n’est pas un documentaire, mais par contre le film montre bien le climat de haine et de peur dans lequel les gens vivaient dans le Sud des Etats-Unis. La ségrégation mais surtout la violence liée aux différences raciales et ça, c’est flagrant et poignant dans ce film.

« Les figures de l’ombres » (« Hidden figures ») de Theodore Melfi :

Résumé de Allociné : « Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. 
Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran. »

Ce film met en avant non seulement la ségrégation raciale dans le quotidien des Noirs aux Etats-Unis dans les années 1960 mais aussi la double peine des femmes noires : impossibilité d’être reconnues pour leurs qualités intellectuelles à cause de la couleur de leur peau mais encore plus parce qu’elles sont femmes étant donné que même les femmes blanches n’étaient pas nombreuses à être présentes dans leur domaine à cette époque.

Ce film m’a beaucoup touchée et je vous le recommande tant pour son côté militant anti-racisme que féministe!

Et pour en savoir plus sur les vraies femmes qui ont participer à cette avancée technologique : allez donc voir cet article (en cliquant sur la photo)

Another Brooklyn (Un autre Brooklyn) : Jacqueline Woodson

Dans ce roman, une jeune femme revient sur son enfance dans les années 70 à Brooklyn. August est une tout d’abord une petite fille noire élevée avec son petit frère dans une certaine précarité par son père. Ils ont quitté leur Tennessee natal après que sa mère ait commencé à perdre la tête à la suite de la mort de son propre frère au Vietnam. August passe son temps à se rassurer, elle et son frère en se disant que sa mère va revenir le lendemain ou les jours suivants…

En grandissant, elle est pleine d’admiration pour un groupe de jeunes filles noires de son âge qu’elle voit passer dans son quartier et qui avec le temps vont devenir ses amies, sa bande. Sylvia, Gigi, Angela et August viennent d’horizons différents, de familles différentes, de milieux sociaux différents mais elles sont toutes à la recherche de leur identité de jeunes femmes en devenir.

Ce roman parle de l’adolescence et des relations intenses que l’on a à cet âge, de la découverte de l’amour, de la sexualité naissante, d’amitié et de la famille et des non dits. Mais il y a aussi tout un aspect social que ce soit dans l’évolution de Brooklyn -évolution de sa population qui passe de Blancs pauvres à des Noirs pauvres- ou dans les distinctions entre les différents habitants noirs et l’ancrage apporté par la religion musulmane pour son père.

J’ai beaucoup aimé ce roman que j’ai trouvé très profond. J’ai trouvé que c’était une belle introspection dans l’adolescence, cet âge de l’entre-deux, dans les années 70, période de transition pour le pays, avec notamment  les conséquences de la guerre du Vietnam et les conditions sociales dans ce quartier de New York.

J’ai beaucoup aimé le style également. Je l’ai trouvé subtil, empreint d’une certaine poésie. J’ai beaucoup aimé le personnage d’August qui est vraiment complexe et bien traité.

Je suis particulièrement contente parce que j’ai choisi ce roman par hasard quand j’étais à New York cet été à la librairie Strand quand je voulais juste ramener un roman se passant à New York alors que je n’en avais jamais entendu parler… et pour cause : il n’est sorti en France que depuis le tout début janvier 2018!

 chez Antigone

catégorie « lieu » de ma ligne générale

La vérité sort de la bouche de Bastien

 Bastien a 8 ans et 4 mois… Voici ses petites phrases et ses bons mots volontaires ou involontaires!
  • J’ai emprunté une BD par hasard à la médiathèque pour Bastien :
    «Je peux te le passer pour que tu le lises si tu veux : c’est trop rigolo!»
    Plus tard, au moment d’aller se coucher : «C’est toi qui me couche? On a qu’à lire «le pingouin volant» et on fera un billet sur le blog ensuite!»

 

  • Il sent mon parfum : «Tu sens bon, mais tu triches, tu mets du parfum! »

 

  • Il invente un jeu en voiture où il gagne des points selon les panneaux qu’il voit : «C’est comme un jeu vidéo mais tu t’abîmes pas les yeux!»

 

  • Il nous montre un petit magasin : « Je suis déjà allée dans cette petite échoppe avec Granny!« 

 

  • On regarde le clip de «Bad» de Michael Jackson : «C’est qui la fille, là?
    -C’est pas une fille c’est Michael Jackson.
    Pourquoi il a les cheveux plus longs qu’au début?
    -Parce que c’est un mutant, lui répond son père.
    Ah oui? Déjà qu’il est à moitié blanc et noir…

 

  • « Il faut que tu ignores ce garçon qui t’embête en classe…
    Mais maman, c’est pas possible! Il est inignorable!« 

 

  • Vendredi matin au réveil :
    «Bonne nouvelle, demain, c’est samedi et c’est grasse mat’!
    Mais moi, c’est AUJOURD’HUI que je voudrais faire la grasse mat’!»

 

  • Il rentre dans le bain, un peu chaud
    «Savonne toi Bastien…
    Attends, il faut d’abord que je m’habitue à cette chaleur accablante!»

 

  • «Arrête de chouiner!
    Je chouine pas : je gémis, j’ai le blues!»

 

  • «Cette chanson, c’était à l’époque des cornemuses…
    -Mais tu sais, ça existe encore les cornemuses.
    Oui mais avant, il y avait quasiment que ça!»

 

  • «J’ai continué mon livre, j’ai lu un quart et demi! Un quart et la moitié d’un quart. Je ne sais pas si ça existe mais ça devrait!»

 

  • «J’ai trouvé le mot M.E.R.D.E dans le dictionnaire! 
    -Ah oui? Et comment tu es tombé dessus?
    Ben comme ça, je regardais des mots à M et à P…
    -Tiens, tiens… à P aussi?
    Oui, mais je l’ai pas trouvé ce mot là [il savait exactement de quel mot qui commence par P je parlais…], juste M.E.R.D.E!» (il épelle les gros mots 😉