« Le Café de l’Excelsior » de Philippe Claudel

Comme son nom l’indique, cette histoire est celle du Café de l’Excelsior -cocon improbable pour un enfant de 8 ans.

C’est un café de village, « rustique », « brute de décoffrage », réservé aux hommes. Des hommes qui boivent beaucoup, parlent de chasse et de pêche, apportent le produit de leurs braconnages, chantent et racontent leurs histoires graveleuses. Ce café c’est presque une deuxième maison.

C’est surtout la maison principale du petit garçon de 8 ans qui y vit avec son grand-père, le parton du Café. Confié à ce dernier par les Services Sociaux (à contre coeur et en attendant « mieux » ), ce petit garçon -le narrateur- raconte les 3 ans qu’il a vécu avec son grand-père.

« J’aimais Grand-père comme on aime à huit ans : avec ferveur et vénération. » (page 17)

C’est un homme très porté sur l’alcool, bourru mais doux et attaché à son café et ses clients, mais un homme très aimant aussi.

Le petit garçon y vit une vie pas forcément adapté à un enfant de son âge mais il y a tant d’amour entre le petit garçon et le vieil homme… C’est un pan de sa vie qui sera à jamais attaché à cet homme et ce lieu, jusqu’à ce que les Services Sociaux le reprennent :

« J’ai quitté l’Excelsior, mon grand-père et mon enfance, le lendemain de mes onze ans. » (page 69)

Cette histoire est une histoire d’amour très touchante car les souvenirs ne quittent pas l’homme devenu adulte…

« Il me serra contre lui, m’écrasa les joues contre sa grosse chemise de mauvaise laine, et je sentis une dernière fois, en pleurant, comme s’il s’était agi de tous les parfums d’Eden, l’odeur de vieux tabac, de poussière et de vin, l’odeur de cellier dormant et de tiédeur limpide, l’odeur de temps bercé, l’odeur de mon grand-père. » (page 72)

Tout petit livre (environ 80 pages) plein d’émotion!

Mousse au chocolat croutillante à la framboise

Ingrédients (pour 6 ou 7 verrines de la taille d’un verre à eau):
  • 6 oeufs
  • 200g de chocolat noir
  • 2 cuillère à soupe de sucre glace
  • 2 « crêpes dentelle » par verrine (c’est à dire 1 sachet de 2 par verrine)
  • 250 gr de framboises fraîches (ou décongelées)
Préparation :
  • Faire fondre le chocolat
  • Séparer les blancs des jaunes.
  • Bien mélanger les jaunes avec le chocolat.
  • Battre les blancs en neige et ajouter le sucre glace aux blanc battus.
  • Incorporer délicatement le chocolat aux blancs battus.
  • Mixer les framboises (dans un récipient à part)

Présentation :

  • Remplir la moitié de la verrine avec de la mousse au chocolat.
  • Mettre une couche de framboise
  • Mettre à nouveau de la mousse au chocolat.
  • Faire en sorte que les différentes couches dessinent bien une démarcation dans la verrine pour que ce soit joli vu de l’extérieur.
  • Mettre au frigidaire quelques heures (ou du soir pour le lendemain midi par exemple)
  • Au moment de servir, saupoudrer le dessus de crêpes dentelle écrasées.

Vous aurez ainsi 3 textures et 3 saveurs différentes.

Seule Venise : Claudie Gallay

Une femme quittée et obsédée par cet amour perdu fuit sa vie et s’installe à Venise sans vraiment savoir pourquoi ni  pour combien de temps.
 
C’est l’hiver et ce n’est pas la Venise des touristes. C’est une ville humide et froide, mystérieuse et un peu magique qui est un personnage à part entière dans le roman.
 
Cette femme meurtrie se reconstruit petit à petit auprès des habitants de la pension où elle loge. Luigi, le patron qui attend désespérément sa fille ; Carla, la jeune danseuse qui se cherche dans les bras de son amant et surtout le Prince Russe en fauteuil roulant « enfermé » dans la pension et dans ses souvenirs. Chaque jour elle lui rapporte des bribes de ses journées passées dans Venise : lui apportant de la vie et se raccrochant elle-même au monde.
 
Et puis, il y a le libraire qui sans promesses ni déclarations, lui permet à nouveau de ressentir des sentiments envers un homme et de sortir de son enchaînement au passé.
 
L’écriture de Claudie Gallay est très poétique. Des phrases courtes, des impressions, des silences très bien exprimés. Elle transmet très bien la difficulté de revenir vers les autres quand on s’est exilé à l’intérieur de soi. C’est d’ailleurs plus l’histoire d’un retour que celle d’un départ.
 
Très agréable à lire, c’est aussi une belle peinture de Venise.
 
De Claudie Gallay, j’ai aussi lu « Les déferlantes » , dans lequel on retrouve des thèmes (la perte de quelqu’un et le retour des émotions).
Livre lu dans le cadre du Challenge Lire Autour du Monde : une ville de mon continent.

« Un secret » de Philippe Grimbert

Philippe Grimbert raconte son histoire (un peu romancée mais sur une base réélle), l’histoire de sa famille ou plutôt l’histoire d’un secret de famille si étroitement lié à l’Histoire avec un grand H que les protagonistes en portent une grande culpabilité.

Enfant malingre, il cherche sans cesse l’admiration des ses parents beaux et sportifs qui semblent le tenir un peu à distance. Il s’invente un frère aîné, plus beau, plus fort, plus à l’image de ce que son père aimerait. L’inconscient fait son travail

Un jour vers 15 ans, Louise, une amie de la famille lui dévoile le secretLa vie de ses parents avant qu’ils ne soient ses parents… La femme et le fils que son père a eu avantL’identité juive de sa famille, les conséquences de la deuxième guerre mondiale, les déportations, ceux qui disparaissent et ceux qui survivent

Il y a dans ce secret le poids de la culpabilité de deux personnes qui se sont aimées sur un fond d’horreur et qui ont préféré « effacer » cette période d’avant pour continuer à vivre.

C’est très fort… Philippe Grimbert raconte donc son enfance et « l’enquête » qu’il mène à l’adolescence pour apprendre à connaître son identité.

Vous pouvez en savoir plus avec cette interview de Philippe Grimbert dans le « Lire » de janvier 2005

Il a obtenu les Goncourt des Lycéens en 2004 et e Grand Prix des lectrices de ELLE 2005, un film en a été tiré en 2007.

 

Blankets, manteau de neige : Craig Thompson

(Lu il y a quelques temps déjà, cette bande dessinée est une de mes premières rencontres avec le roman graphique.)
 
Très beau « roman graphique » d’environ 600 pages, avec un très beau dessin en noir et blanc à la fois réaliste et quotidien et très poétique. C’est une histoire bien écrite, une autobiographie qui se lit vraiment comme un roman .
 
L’adolescence de Craig, qui vit dans une famille stricte et dans une ville où il se sent toujours différent, n’est pas très facile et il se sent bien quand il dessine. Il tombe amoureux et se plonge dans cet amour pour se libérer.
 
Le Mot de l’éditeur :Drôle d’enfance pour Craig. Il grandit dans un cadre idyllique, celui d’une ferme isolée dans les bois du Wisconsin, où il côtoie biches, renards, ours, blaireaux… En revanche, la petite ville où il va à l’école est emblématique de l’Amérique profonde : repliée sur elle-même, violente, raciste. Une intolérance subie de plein fouet, à laquelle vient s’ajouter une culpabilité omniprésente entretenue par son éducation ultra-catholique. Lassé de l’autoritarisme de son père et des brimades vécues à l’école, Craig se réfugie dans le dessin, “plaisir frivole” dont s’efforcent de le détourner ses éducateurs. Son sentiment de culpabilité atteint son paroxysme lorsqu’il tombe raide amoureux de Raina, rencontrée dans un camp de vacances paroissial. Une passion qu’il parviendra tout de même à vivre jusqu’au bout… et qui lui redonnera goût au dessin, pour notre plus grand bonheur!

Un lien pour vous faire une idée du dessin.

En fait je vous conseille de taper Blankets manteau de neige de Craig Thompson sur « gougeule recherche d’images », je n’ai pas osé mettre des planches en ligne car je ne pense pas qu’elles soient libres de droit, mais il y a de très belles pages à voir!

Le goût du chlore : Bastien Vivès

Cette bande dessinée se passe dans une piscine et comporte très peu de texte mais pourtant elle dit beaucoup de ce qu’on peut attendre d’une rencontre.
 
C’est l’histoire d’une rencontre qui se développe petit à petit entre deux personnes se croisent toutes les semaines au même endroit mais qui ne connaissent pas leurs noms respectifs et qui ne se donne pas de vrais rendez-vous… Des rencontres dues au hasard mais que le jeune homme attend avec de plus en plus d’impatience.
 
C’est l’histoire d’un jeune homme que l’on voit s’épanouir et prendre confiance en lui au contact d’une jeune femme lors de ces rencontres fugaces et de moins en moins impersonnelles entre deux longueurs de piscine.
 
Très bel album, aux couleurs douces. Les scènes d’eau, de nage et de glissement des corps sont très bien dessinées. L’impression de silence « bourdonnant », d’isolement que l’on peut ressentir la tête sous l’eau est très bien rendue.
 
Je vous conseille d’aller faire un tour sur ActuaBD où vous pourrez voir des planches et lire une interview de Bastien Vivès.
 
A noter que « Le goût du chlore » a obtenu le Prix Essentiel Révélation au Festival d’Angoulême 2009

Roaarrr Challenge

« Le pont des soupirs » de Richard Russo

 

Livre lu pour la sélection de mars du Prix des lectrices de Elle, catégorie Roman.

 

« Le pont des soupirs » explore les personnalités de nombreux personnages dont les existences sont profondément entremêlées.

C’est une saga familiale et même de plusieurs familles, une saga d’une petite ville d’Amérique profonde, une saga d’amitiés et d’amours qui commencent dans l’enfance et qui se poursuivent toute une vie. 

C’est un portrait d’abord fait par « Lucy » Lou Lynch, qui donne son point de vue en racontant sa vie, sa ville, ses liens et ses sentiments puis cette évocation est étoffée par des éclairages différents apportés par d’autres personnages ayant traversés sa vie.

On « creuse » pour se rendre compte que les apparences ne sont pas ce qu’elles semblent et que d’un côté « les gens ne changent pas » et de l’autre  on ne se connaît pas vraiment soi-même.

J’ai beaucoup aimé ce roman dont je n’ai « pas vu passer » les 700 pages.

Les personnages, tout en nuances avec leurs failles, leurs qualités et leurs défauts, sont attachants et on peut se reconnaître un peu dans chacun d’entre eux.

C’est l’histoire de personnes ordinaires dans des vies ordinaires qui se cherchent et qui finissent par se trouver un peu…pas si loin d’où ils étaient déjà…

« Sans blessures apparentes » de Jean Paul Mari

 

Livre lu pour la sélection de mars du Prix des lectrices de Elle, catégorie Documentaire.

 

Jean Paul Mari est grand reporter et il nous parle des guerres qu’il a vues (en Irak notamment) mais au-delà il nous parle surtout des traumatismes de ceux qui les vivent, que ce soient les journalistes ou les soldats qui côtoient la mort : celle des autres mais aussi la leur.

Il enquête aux USA sur les conséquences de la guerre sur ceux qui reviennent « sans blessures apparentes » et sur le peu d’intérêt que l’armée porte à ces hommes blessés de l’intérieur.

Ce documentaire est très intéressant et il apporte un éclairage différent sur la guerre –au-delà des zones de danger- sur les conséquences. C’est très humain et fort, un documentaire très utile.

Mais je dois avouer que je n’ai pas pu le lire jusqu’au bout car malgré tout, cela parle de la guerre et des conflits et des traumatismes qui ont été causés par des blessures physiques ou psychologiques et en ce moment je ne peux pas (je ne veux pas) lire les horreurs du monde.

 

« La fille de Carnegie » de Stéphane Michaka

 

Livre lu pour la sélection de mars du Prix des lectrices de Elle, catégorie Polar.

 

« La fille de Carnegie » est un polar au cœur duquel se croisent plusieurs personnages. Bob Tourneur, le chef des inspecteurs aux « Homicides », peu scrupuleux, raciste et un peu alcoolique qui interroge Lagana, ex-policier aux Homicides maintenant détective privé, ambitieux et charismatique suspecté de l’assassinat d’un homme tué dans la loge du Metropolitan de Sondra Carnegie, fille de milliardaire et critique renommée d’opéra disparue depuis le crime.

 

Il faut aussi compter sur Fran Markovitz, figure du passé commune à Lagana et Tourneur avec qui ce dernier discute quand il a un peu bu bien qu’elle soit morte depuis plusieurs années…

 

Je n’ai pas accroché du tout à cette histoire. Avec les chapitres courts et hachés, j’avais l’impression de   « zapper ». Peu m’importait si Tourneur allait trouver le coupable ou de savoir qui avait vraiment tué qui…

 

Je ne me suis pas attachée aux personnages qui sonnaient faux. J’ai trouvé qu’il y avaittrop de clichés (j’avais un peu l’impression de voir une série américaine avec tous ses poncifs…). Je n’y ai pas cru du tout. J’avais aussi parfois l’impression de lire une traduction.

« La nuit des nains de jardin » de Eric Sanvoisin

Pierre Henri, un collegien, habite dans une cité HLM et adore sa « famille » de nains de jardin qu’il a installée sur son balcon et qui lui servent de confidents.

Mais en ce moment dans sa ville, il y a des vols de nains de jardin en série et quelqu’un vole même ses « nains de balcon » de façon mystérieuse. C’est la catastrophe! D’autant plus que la police ne s’y intéresse pas même si une vielle dame meurt pendant un de ces vols…

Heureusement Pierre Henri connaît un homme un peu original, Cygismond de Syracuse, ancien policier et maintenant « détective public », qui va mener l’enquête. Les parents de Pierre Henri participent également à l’aventure. Une amitié naît entre le jeune garçon et l’homme solitaire.

Les chapitre qui racontent l’enquête sont entrecoupés de courts chapitres qui prennent la voix du voleur de nains de jardins…quelqu’un de vraiment étrange qui se dit « le roi de nains » et qui ajoute une touche noire à cette enquête policière.

Petite histoire à suspense plutôt sympathique!

Lu dans le cadre du thème du Club Lecture « Menons l’enquête! »

Âge : 10-12 ans