« Chaque soir à 11 heures » de Malika Ferdjoukh

Wilhemina ou Willa, comme elle a choisi de se faire appeler, est une jeune fille assez ordinaire d’apparence mais qui a de la personnalité. Comme elle va dans un lycée privé très huppé, tout son entourage de copains est assez riche et superficiel (mais sympa quand même). Sa meilleure amie, Fran, est une richissime ado. Willa vit avec sa mère qui n’est pas souvent là car elle s’occupe des miss France et son père est un artiste séducteur. Son petit copain est le parfait Iago, richissime frère de sa meilleure amie. Willa est aussi passionnée de saxophone.

Au cours d’une soirée chez Fran, elle rencontre Edern, un jeune homme un peu étrange et décalé qui lui propose de faire de la musique avec sa petite sœur.  A partir de ce moment, elle fait connaissance avec une famille et une maison hors du commun. Les parents d’Edern et Marni sont morts dans des conditions dramatiques il y a quelques années et Willa se retrouve prise dans un mystère qui se révèle plus dangereux pour elle qu’elle ne l’aurait cru.

En parallèle, elle découvre que son petit ami n’est pas aussi parfait  que ça et que ses parents ne savent pas trop ce qu’ils veulent l’un de l’autre.

Il y a de nombreuses facettes à ce roman. C’est une histoire d’adolescence, d’amitié et d’amour et les relations familiales y ont aussi leur place. Mais il y a aussi un côté thriller. C’est rythmé et loufoque par moments.

J’ai beaucoup aimé ce roman et j’y trouvé beaucoup de points communs avec « Quatre sœurs » du même auteur – les prénoms curieux, le langage créatif de Marni (quel joli personnage d’ailleurs : mon préféré du roman !), la configuration de la famille d’Edern.

Une belle découverte ! C’est un roman que je conseille à partir de 13. Je l’avais offert à ma nièce sur les conseils de ma libraire il y a quelques années et je lui ai piqué pour le lire enfin !

 objectif 2016 : -15 (Ce titre remplace celui que j’avais tiré au Book Jar le mois dernier)

 par La belle jeune fille, ma nièce.

« Confidences à Allah » (d’après le roman de Saphia Azzeddine) de Marie Avril et Eddy Simon

Sylire a parlé de cette BD et son enthousiasme m’avait donné envie et comme par hasard, la BD était mise en avant à la médiathèque juste à ce moment là !

Je vais commencer par dire que je ne suis pas super fan du dessin que je trouve un peu trop lisse, un peu trop artificiel ou plat, je ne sais pas comment dire mais par contre j’ai beaucoup aimé les couleurs.

Quant à l’histoire : elle est poignante. La jeune narratrice est née et vit à Tafafilt, un lieu complètement arriéré du Maroc, géographiquement et au niveau de l’épanouissement de la jeune fille également. Il n’y a rien pour elle et pourtant, elle se retrouve enceinte et bannie par sa famille. Elle part alors avec une valise remplie d’affaires d’une jeune  américaine qu’elle a trouvée et un peu d’argent et commence une nouvelle vie.

Une fois dans la grande ville, elle gagne de l’argent le jour en travaillant dans un café et la nuit, une fois qu’elle s’est débarrassée de son bébé,  en se prostituant. Cet aspect de sa vie, elle le prend comme une liberté car elle fait alors ses propres choix et elle gagne de l’argent dont elle peut faire ce qu’elle veut.

Puis elle devient bonne dans une famille marocaine très aisée. Elle se retrouve alors confrontée à une vie à mille lieues de la sienne, où elle est considérée comme quantité négligeable.

Elle finit par retrouver sa liberté par la prostitution puis se tourne vers une vie plus modeste.

Tout au long de son histoire, elle s’adresse à Allah, à qui elle fait ses confidences, ses petits arrangements avec Dieu mais il y a toujours du respect et le l’amour entre elle et ce Dieu qui semble pourtant bien éloigné d’elle. A la fin, elle dit « Apprendre qui on est et le plus court chemin vers toi. Le mien a été sinueux mais je te dis merci. »

C’est un album qui met les femmes marocaines sous un éclairage très intéressant et instructif. Le personnage principal est une femme indépendante et forte qui doit se débrouiller comme elle peut pour se faire une place.

A lire !

 

                 BD de la semaine saumon chez  Yanneck

Pays retrouvé : Jeff Sourdin

Je vous raconte dans mon billet sur « Ripeur » comment j’ai eu vent de cet auteur et le fait que Midola ait aimé aussi ce roman m’a donné envie de le découvrir en même temps que le premier roman de Jeff Sourdin.

Après avoir lu le premier roman de l’auteur, je n’ai pas eu envie d’attendre pour lire son dernier… Et je n’ai pas été déçue.

Ici c’est l’histoire d’un homme qui vient de perdre son père. Il se retrouve seul, sans famille et pour l’enterrement, il retourne sur la ferme de ses parents où il a grandi 48 ans plus tôt.

Il replonge dans son passé à travers des objets et des lieux et cette plongée le rapproche de ses parents mais aussi de lui-même.

C’est une belle incursion dans l’enfance mais aussi un beau portrait du monde paysan d’hier, un beau voyage dans un pays pas si éloigné que cela.

J’ai à nouveau été sous le charme du style entre le factuel du quotidien et un rythme poétique.

Encore un titre de la maison d’édition La part commune, qui fait aussi de beaux objets livres qui contient de belles illustrations de Pierre Jourde.

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Ripeur : Jeff Sourdin

J’ai entendu parler de ce roman il y a longtemps car un collègue m’avait dit que Jeff Sourdin, un jeune collègue stagiaire dans mon collège pendant un an l’avait écrit. Puis c’est Midola qui en avait parlé avec enthousiasme sur son blog et j’avais vraiment envie de le lire mais il a fallu que j’attende ma dernière visite au Festival Rue des Livres à Rennes pour revoir Jeff Sourdin et acheter son roman.

Je n’ai pas attendu pour le lire… Alors forcement quand on a un bon feeling avec un auteur on a toujours un peu peur de ne pas aimer son livre mais j’ai beaucoup aimé ce roman que j’ai trouvé très sensible et juste. Il est très bien écrit et c’est un premier roman !

Il ne se passe pas grand-chose, c’est plus une tranche de vie d’un jeune homme. Dimitri a 27 ans et vit dans une toute petite ville à la campagne où il est ripeur (c’est-à-dire « éboueur »).

Il ne semble pas s’être réellement approprié sa vie. Il y a une sorte de confort dans une vie facile et simple, une routine et pourtant il y a des questionnements et une évolution. On ne peut sans doute pas parler d’un roman d’apprentissage car le personnage n’a pas 17 ans mais 27 mais il y a malgré tout beaucoup de réflexions sur la vie, sa vie.

Il évoque son travail qu’il se prend à aimer tout en étant gêné par celui-ci. Il voudrait aimer mais a du mal à laisser de la place à quelqu’un dans sa vie.

J’ai aimé ce personnage et j’ai aussi beaucoup aimé le style. Il y a beaucoup de beaux passages et une vraie fluidité dans les mots.

Une belle découverte chez La part commune, une maison d’édition qui fait aussi des beaux objets livres, ce qui ne gâche rien.

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La vérité sort de la bouche de Little Boy B

6 ans et 7 mois et je continue à vous faire part de ses petites phrases et ses bons mots volontaires ou involontaires!

 

« Pourquoi vous m’avez  pas adopté ?

-Parce qu’on n’a pas eu besoin, on t’a fabriqué.

Et ça existe un magasin à enfants? On peut les acheter? »

« En classe Europe tu leur apprends la langue de L’Europe ? C’est quoi au fait la langue de L’Europe ? »

Il nous parle d’insectes : 

« C’était peut-être une bagarre ou peut-être un mariage parce que les animaux on ne sait pas toujours. En général l’homme qui va sur le dos de la femme. »

 

« Ça m’arrive systematiquement d’avoir mal au crâne.

-Ça veut dire quoi systématiquement ?

Un petit peu souvent ? »

« Je comprends pas pourquoi y en a à l’école, ils se moquent parce que je joue avec une fille… 

-Pourquoi ils se moquent ?

Parce que je rougis parce que j’ai chaud.

-Et qu’est-ce qu’ils disent ?

Ils disent que je suis amoureux alors que c’est pas vrai! Et ils se moquent de nous deux, de deux personnes à la fois! Et c’est pas n’importe qui cette fille : c’est la copine de la déléguée de la classe! »

« C’est bien d’être copain avec le délégué parce qu’on est sûr de pas faire de bêtises!

-Et toi tu es copain avec le délégué ?

Oui. C’est Benjamin. (il me le montre par la fenêtre de la voiture)

-Il a l’air gentil.

Normal: un délégué c’est forcément gentil! »

 

Bastien met son masque de Dark Vador et prend son sabre laser et me dit avec la voix de Dark Vador: « Je suis ton fils ! Tu es ma mère ! »

« Je l’ai mangé tout entier le boeuf-steak! »

« Toi tu es coquette. Ça veut dire que tu aimes te faire jolie.

«-Et ça te plaît ?

Oui mais ce qui me plaît surtout c’est que j’ai de la chance d’avoir des parents qui avouent.

-C’est à dire?

Ben par exemple, si vous cassez une construction Lego et ben vous avouez que c’est vous!

-On ne ment pas, c’est ça ?

Oui. Mais toi tu avoues plus que papa ! »

« Y a un gros noisetier, non un gros chêne, non un gros « glanier » ! »

 

J’annonce à son père : 

« Prince est mort.

Il est mort de vieillesse ou des terroristes ? »

« Pour Noël je vais demander la paix dans le monde! Je voudrais qu’il n’y ait plus de terroristes. Mais je voudrais pas qu’ils soient morts, je voudrais juste qu’ils deviennent comme tout le monde. »

 

« Si y avait eu des terroristes à l’époque des hommes préhistoriques il y aurait déjà plus d’humains depuis un petit moment ! »

 

Mine de rien les terroristes l’ont marqué…

 

Bastien a découvert la série « Cabane magique » et il adore : « C’est trop bien ce livre! J’en suis qu’au début mais j’adore ! » Et peu de temps après : « Je l’ai fini maman, c’était trop bien!« 

 

Rencontre avec l’homme invisible!

« Les enquêtes d’Hercule Poirot » de Agatha Christie

 

Ceci est un recueil de 9 nouvelles dans lequel Agatha Christie donne la parole à Hastings, l’ami d’Hercule Poirot qui l’accompagne dans la plupart de ses enquêtes. C’est donc comme le titre l’indique une série d’enquêtes menées par Hercule Poirot. Avant de dire quelques mots sur les nouvelles, je dois dire que j’aime beaucoup la manière dont Agatha Christie se moque de son personnage mythique. En préparant une biographie d’Agatha Christie pour mes élèves j’ai appris qu’en fait elle ne supportait plus son personnage et se maudissait presque de l’avoir créé comme si la personnalité de celui-ci  la dépassait… Je comprends donc mieux les petites piques qu’elle fait sur lui 😉

Une histoire de bijoux. Une mort qui semble naturelle mais l’est-elle vraiment ? Un appartement trop peu cher pour être honnête. Un oncle qui meurt à la campagne. Des archéologues qui meurent à a suite d’une malédiction. Un premier ministre enlevé. Un appel au secours et un mort. Un testament très bien caché.

Je ne vais pas en dire plus car chaque nouvelle est assez courte et ce serait dommage d’en dire trop. Hercule Poirot est toujours aussi content de lui et de ses petites cellules grises. Je n’ai pas aimé la 3ème nouvelle « L’aventure de l’appartement bon marché » et la 7ème « L’enlèvement du Premier Ministre » qui sont plus dans la veine de l’espionnage et aux quelles je n’ai pas accroché du tout. Sinon, le reste est bien dans l’ambiance d’Agatha Christie. Mais je dois dire que je préfère quand même ses romans que je trouve plus aboutis.

 

  : 42

 catégorie « prénom » pour ma ligne « Agatha Christie »

 chez Titine

Que faisions nous le jeudi 5 mai à 05h05 ET/OU à 17h05??

 

Le   5/05   nous avons été 14 à prendre 16 photos -au même moment ou presque- de ce que nous étions en train de faire  (sur une idée de Cstef du blog « Une Photo, une bidouille »!!) 

J’ai transmis ces photos à  Steff  qui en a fait cette mosaïque! Merci à elle et merci à tous les participants!

 

 

 

A  05h05 2 photos

Personnellement, je dormais 😉

Steff  dormait aussi 😉

Céline   était en train de changer sa fille avant la tétée (habituellement sa fille se réveille à 6h mais elle a dû penser à la photo!! 😉

Vive les bêtises  mettait un commentaire sur mon blog

 

A  17h05 : 14 photos

Personnellementj’étais en train de lire dans un beau jardin des plantes, au soleil, pendant que Bastien jouait aux jeux et avant d’aller écouter de la musique Rom

Steff  était en train de jouer avec snapchat à se transformer en lapin 

Wakanda  débutait son entraînement du jour de 45min de course en vue des 20km de Bruxelles dans 2 semaines

Vive les bêtises  lisait sur la terrasse

Céline donnait le goûter aux enfants : un biberon pour Valentine et des p’tits gâteaux pour Jingle son labrador.

Edyta était sur son canapé avec son livre (Beignets de tomates vertes qu’elle doit rendre à la bibliothèque demain) et une tasse de café

Antigone lisait une BD dehors

Aifelle visitait l’Abbaye de Jumièges, en Seine-Maritime, enfin ce qu’il en reste, et prenait sa photo un tout petit peu en avance 😉

Nath  passait son premier après midi à la plage de l’année et c’était sa première baignade, pas grand monde sur la plage ni dans l’eau en dehors d’eux et des kyte surfeurs

L’irrégulière profitait du soleil et du jour férié sur le balcon, avec un livre et une boisson fraîche après avoir réinstallé sa table et ses chaises!

Manika  était en ballade autour du lac de l’Escourroux

Sandrion  était  dans son jardin à profiter du soleil pour désherber

Mare tea ne était sur l’autoroute Caen Le Havre avec ses petits fils : ils venaient t d’apprendre la naissance de Marceau, ils sont ravis d’avoir un nouveau cousin et elle un nouveau petit fils = un grand moment de bonheur 

Rachel était rentrée du boulot…et elle jouait avec ses chats

 

 

Merci à tous les participants!   

Le prochain rendez-vous sera  : le lundi 6/06 à 6h06 (ça va commencer à être faisable 😉 et/ou à 18h06 : Parlez en autour de vous 😉

Un rappel une semaine avant et la veille au soir et le jour même pour éviter d’oublier 😉 

J’espère que nous serons nombreux à jouer!

Souvenirs, souvenirs :Voici ce qu’on faisait  le 3/03 à 3h03 et  le 4/04 à 4h04  et le 5/05 à 5h05 et le 6/06 à 6h06  et le 7/7 à 7h07  et le 9/9 à 9h09  et le 10/10 à 10h10  et le 11 / 11 à 11h11 et  le 12/12 à 12h12 et le 1/01 à 1h1 ou 13h01 et le 2/2 à 14h02 et le 3/3 à 15h03 et le 4/4 à 16h04 et le 5/5 à 17h05 et le 6/6 à 18h06 et le 7/7 à 19h07 et le 9/9  et le 10/10  et le 11/11 et le 12/12  et le 1/1  et le 2/2  et le 3/3  et le 4/4 et le 5/5 et le 6/6 et le 7/7 et le 9/9 et le 10/10 et le 11/11 et le 12/12 et le 1/1 et le 2/2 et le 3/3 et le 4/4

Qu’est ce que je faisais le jeudi 5 mai à 05h05 ET/OU à 17h05?

Le 5/05 à 05h05   : Je dormais!

 

Le 5/05  à 17h05 : J’étais en train de lire dans un beau jardin des plantes, au soleil, pendant que Bastien jouait aux jeux et avant d’aller écouter de la musique Rom

 

Si vous avez joué, envoyez moi votre photo dès que possible : ennalit@gmail.com en racontant ce que vous faisiez (pensez aussi à me donner votre pseudo et si vous avez un blog pour le recap’, précisez aussi à quel moment de la journée c’était, matin ou soir)

On se donne au plus tard le 9   pour qu’on puisse mettre la mosaïque en ligne le 11?

A bientôt!

« La Bredoute » de Fabcaro

 

Après avoir lu « Zaï Zaï Zaï Zaï », j’ai ressorti cet album de ma bibliothèque. Ma Best me l’avait offert il y a plusieurs années et je ne l’avais pas chroniqué sur le blog.

Il n’est pas facile d’en parler car il n’y a pas vraiment d’histoire. C’est une parodie du fameux catalogue de La Redoute, qui a bercé mon enfance et mon adolescence.

Avec beaucoup d’humour absurde, La Bredoute nous tend un miroir de notre société de consommation. C’est une critique drôle, décalée et grinçante !

A feuilleter plus qu’à lire, j’ai encore plus apprécié cette relecture après avoir lu le dernier album de Fabcaro car on voit bien que ce thème l’intéresse.

      

« Zaï Zaï Zaï Zaï  » de Fabcaro

Cette BD a pour sujet une histoire apriori complètement absurde : un dessinateur de BD a oublié sa carte de fidélité de supermarché en allant faire ses courses et se retrouve en cavale, ennemi public numéro 1, poursuivi par la police et la presse, analysé par des experts et sujet de conversation de la population. C’est vraiment drôle

Mais c’est aussi surtout une critique très bien tournée de notre société. Celle des médias 24h/24 avec sa surenchère de scoops, celle où les avis du café du commerce sont mis en avant, cette société de consommation…

Dans les conversations évoquées dans cet album, on pourrait remplacer « dessinateur de BD » par « étranger » ou « réfugié » et on serait en plein dans un sujet d’actualité.

J’ai souri et même ri mais j’ai surtout aimé ce côté critique sociale. Bravo pour cette BD qui est un savant mélange des genres.

 

 

       

Roaarrr Challenge