The End : Zep

Résumé de l’éditeur : « Un thriller écologique. Dans le cadre d’un stage, Théodore Atem intègre une équipe de chercheurs basée en Suède qui travaille sur la communication des arbres entre eux et avec nous. Ce groupe de travail dirigé par le professeur Frawley et son assistante Moon, tente de démontrer que les arbres détiennent les secrets de la Terre à travers leur ADN, leur codex. C’est en recoupant ces génomes avec la mort mystérieuse de promeneurs en forêt espagnole, le comportement inhabituel des animaux sauvages et la présence de champignons toxiques que le professeur comprendra, hélas trop tard, que ces événements sonnent l’alerte d’un drame planétaire ? »

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Je n’ai pas grand chose à ajouter au résumé! Cet album raconte une histoire écologique où la science essaie de comprendre les arbres mais où ces derniers n’ont pas l’intention de se laisser faire mais au contraire déjouer toutes les certitudes de la science à leur sujet…

C’est une BD sur l’écologie et sur le fait que l’humain est le pire destructeur de la nature et qui remet l’homme à sa place…

J’ai bien aimé cette histoire et les dessins. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à « L’arbre-Monde » de Richard Powers et « La vie secrète des arbres » de Peter Wohlleben qui montrent aussi la relation des arbres au monde (dans un roman et dans un documentaire) et ces trois livres se complètent bien à mon avis.

Pour voir un extrait de la BD, cliquez ici!

L’île des oubliés (d’après Victoria Hislop) : Frédéric Vervisch et Roger Seiter  

J’avais lu le roman « L’île des oubliés » il y a très longtemps (en 2013) et comme ma mère m’a offert « Cette nuit-là » de Victoria Hislop qui reprend les personnages de ce roman, je voulais me rafraîchir la mémoire avant de le lire alors quand j’ai vu cette adaptation en BD, je l’ai tout de suite empruntée.

L’histoire est celle d’une famille dans un village en Crète, situé juste en face de l’île de Spinalonga où est installée une colonie pour malades de la lèpre. La mère y est envoyée, laissant le père avec ses deux filles. L’une d’entre elles se marie à un riche héritier et l’autre, qui devait épouser le cousin de son beau-frère, apprend qu’elle a attrapé la lèpre et doit quitter le village pour aller sur l’île.

Pendant ce temps, sa soeur trompe son mari avec le cousin et elle a une fille mais cela se finit par un drame. Grace aux progrès de la médecine, les malades de Spinalonga guérissent de la lèpre et peuvent reprendre le cours de leur vie.

Je ne rentre pas plus dans les détails, vous pouvez aller voir mon billet sur le roman.

Je n’ai relu mon billet de 2013 qu’après avoir fini la BD, et même si cela m’a moins gênée dans la lecture de la BD parce qu’étant plus court, c’est plus concis, je suis toujours d’accord avec mon premier avis. Les personnages des sœurs sont très manichéens : il y a la gentille soeur parfaite et la soeur égoïste par qui le malheur arrive…

Et au niveau des dessins, ils sont agréables mais je reprocherai le fait qu’il y a trois personnages féminins de générations différentes (la fille, qui de nos jours revient en Grèce pour découvrir l’histoire de sa famille, la mère qui était enfant et la femme qui était adulte dans les années 1950) et franchement, leurs traits ne sont pas très différents les uns des autres.

Pour résumer, j’ai préféré la BD au roman et je pense que la BD fait ressortir le meilleur de l’histoire en ne faisant ressortir que l’essentiel.

Faut pas prendre les cons pour des gens : Emmanuel Reuzé et Nicolas Roubaud

C’est L’Homme qui a emprunté cette BD pour le titre et je l’ai lue aussi et c’est vraiment très bien! C’est tout à fait dans l’esprit de Fabcaro mais peut-être un peu plus réaliste, tant dans le dessin que dans le récit.

Ces planches, parfois une seule parfois quelques pages sur le même thème, montrent toutes les absurdités de la société. Abordant toutes les thématiques avec du poil à gratter, de façon cynique et humoristique mais c’est vraiment très grinçant et cela permet de pointer du doigt les dysfonctionnements de notre société.

J’ai été particulièrement touchée par les pages sur l’éducation (les diplômes sont dorénavant disponibles dans des distributeurs moyennant finances et les enseignants doivent être reconvertis en policiers… Ou quand les patients des hôpitaux doivent soigner les autres malades fautes de médecins…)

Pour voir des planches, cliquez ici!

Catégorie Gros mot de ma ligne BD

Vivian Maier A la surface d’un miroir : Paulina Spucches 

Résumé de l’éditeur : « New York, 1953. Joanna et Lawrence Ward engagent une nouvelle nourrice pour leur fille Gwen. Très secrète, un peu étrange et parfois sévère, Vivian Maier trouve pourtant les faveurs de la petite fille qui la suit dans ses pérégrinations urbaines et l’observe capturer le monde qui l’entoure à travers l’objectif de son Rolleiflex. À mi-chemin entre fiction et biographie, Paulina Spucches nous entraîne de Brooklyn au Champsaur, imaginant le contexte que pourrait renfermer chaque cliché de Vivian Maier, génie de la photographie de rue. »

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Cette BD était dans les nouveautés de la médiathèque et j’ai été attirée par les couleurs et les traits de la couverture. Et le hasard a bien fait les choses car j’ai tout aimé dans cet album!

Tout d’abord, ce qui saute aux yeux : les dessins et les couleurs flamboyantes!

Et puis, l’histoire qui raconte la vie (plus ou moins réelle car il y a des aspects qui sont certainement inventés) d’une femme, dans son enfance ou à l’âge adulte. Une femme assez austère mais passionnée par la photographie et transporte son appareil photo partout et prend des photos sur le vif sans pour autant avoir été considérée comme une vraie photographe de son vivant. C’est par un grand hasard que celle qui aura toujours été nounou dans des familles, sera reconnue comme une artiste à part entière après sa mort.

Enfin, ce que j’ai beaucoup aimé c’est le fait que les dessins racontent une histoire autour de vrais clichés pris par Vivian Maier, comme un contexte avant ou après une photographie reproduite en dessin.

Le seul regret que j’ai c’est qu’il n’y ait pas de photographies reproduites dans un cahier à la fin par exemple.

Je vous conseille le billet d’Aproposdelivre dans lequel elle a mis en parallèle les images de la BD et les photos de l’artiste.

Catégorie Objet pour ma ligne BD

La petite dernière : Susie Morgenstern et Johann G. Louis

En septembre l’an dernier, j’avais lu le roman/témoignage « La petite dernière » de Susie Morgenstern qui raconte son enfance. Je n’avais pas été particulièrement emballée et je pensais à l’époque que j’aurais plus apprécié la bande dessinée qui en avait été l’adaptation à l’époque. Alors quand je l’ai vu au rayon jeunesse de la médiathèque je me suis laissée tenter.

Je vais commencer par dire que j’ai aimé les dessins que j’ai trouvés très adaptés à cette histoire d’enfance pleine d’insouciance.

Et pourtant, je ressors de ma lecture encore moins convaincue que du roman car le format BD, forcément raccourci, a rendu l’ensemble un peu confus à mon avis et très survolé. Mais je me souviens que c’était déjà quelque chose qui m’avait un peu gênée lors de ma première lecture, ce côté un peu confus et pas toujours passionnant.

Alors je conseille cette BD à ceux qui aiment déjà beaucoup Susie Morgenstern et qui veulent mieux la connaître et ceux qui aiment les histoires d’enfance.

Pour vous faire une idée des dessins, cliquez ici!

Fagin le Juif (Fagin the Jew) : Will Eisner

Dans cet album, Will Eisner veut donner un autre point de vue sur un personnage qui a été crée par Charles Dickens dans Oliver Twist. Il s’agit de Fagin, un homme qui a sous sa coupe un groupe d’enfants qui volent pour qu’il puisse revendre leur butin. Will Eisner regrette que Charles Dickens ait choisi de caractériser Fagin en l’appelant Fagin le Juif et en lui attribuant des caractéristiques antisémites et celles-ci se retrouvent aussi dans les illustrations de l’époque.

Dans cet album, l’auteur remonte dans la jeunesse de Fagin et montre sa vie de Juif en Angleterre, sa pauvreté, sa malchance dans la vie et le fait que s’il a mal tourné et effectivement mené un groupe d’enfants voleurs, il n’était pas mené par ses origines religieuses mais plus par sa situation sociale, sa pauvreté et les injustices qu’il a subit.

Je n’ai pas lu « Oliver Twist » mais cette BD est vraiment intéressante : d’une part pour la période historique du 19e siècle et aussi pour la façon dont il réécrit une partie d’une histoire.

Cette BD m’a donné envie de lire « Oliver Twist » et aussi de lire d’autres BD de Will Eisner dont j’ai aimé le ton et les dessins!

Etats-Unis

Ellis Island T1 Bienvenue en Amérique! : Philippe Charlot et Miras

J’ai emprunté cette BD au CDI avant les vacances parce que je pensais que le sujet sur Ellis Island serait parfait pour mon challenge Amérique du Nord Anglophone. Je ne ressors pas de ma lecture emballée mais je dois aussi préciser que c’est un tome 1 / 2 et que ce premier album installe les personnages et nous laisse vraiment sur notre faim alors peut-être que mon avis serait plus enthousiaste si j’avais lu l’ensemble.

Le début de la BD, montre les immigrants sur un bateau sur le point d’arriver à New York. On y découvre le mépris des premières classes et les rêves des troisièmes classes qui sont là pour vivre une meilleure vie et qui portent souvent les espoirs de tout un village.

L’arrivée à Ellis Island est pleine de désillusion : les malades, les handicapés, les faibles, les vieux et les gens perdus sont rejetés et voient leurs espoirs brisés.

Tonio qui a failli se faire renvoyer en Italie en raison d’un handicap physique est protégé par un avocat mafieux qui le prend sous son aile mais pour mieux l’exploiter pour faire ses basses besognes.

On survole le sujet de l’histoire principale (on se doute que l’arrivée de Tonio en Amérique n’est pas totalement un hasard, on se demande si Nadia, le jeune femme qui lui a appris l’anglais en Italie et dont il est amoureux va être impliquée dans le 2e tome ainsi que Guiseppe, le passager qui était avec lui mais qui a été refoulé et on s’interroge sur le lien qu’il aura avec le jeune garçon rencontré sur les quais d’Ellis Island… Bref, le 2e tome doit vraiment être très riche et c’est sans doute dommage de ne pas en avoir donné un peu plus dans le premier tome.

Le bon côté de ce premier tome (et à vrai dire le seul pour moi) c’est le passage entre le bateau et Ellis Island et comment la sélection est faite ainsi que la corruption des agents. Et aussi le cahier historique avec des photos à la fin.

Je vous conseille donc d’avoir les deux tomes sous la main avant de commencer cette lecture!

USA

11 septembre 2001, le jour où le monde a basculé : Baptiste Bouthier et Héloise Chochois

Exceptionnellement, je déroge à ma règle des billets de lecture les jours paires car symboliquement, cela me paraissait important de parler de cette BD le jour dont elle parle.

On pourrait penser que tout le monde sait ce qu’évoque « le 11 septembre » mais en fait, le 11 septembre 2001, c’était déjà il y a 21 ans et la jeune génération ne sait pas vraiment de quoi il s’agit alors je trouve que cette BD est vraiment utile car elle reprend l’histoire à l’origine.

Présentée avec deux points de vue : le regard de la narratrice enfant qui a vécu les attentats sur les tours jumelles de New York depuis la France, par la télévision et les conversations d’adultes qu’elle ne comprenait pas forcement et celui de la narratrice adulte qui apporte un regard plus mature et informé.

J’ai aimé ces deux points de vue et le fait de remettre en mémoire ce qui s’est passé à l’époque et les conséquences que cela a pu avoir.

Personnellement, je me souviens parfaitement de ce que je faisais le 11 septembre 2001 (et ce n’est pas glorieux… je vous préviens!). C’était un mardi et je ne travaillais pas l’après-midi et j’étais en train de regarder « Les feux de l’amour » (je vous avais prévenu que ce n’était pas glorieux ;-)) et la chaîne a coupé pour montrer des images en direct. J’ai cru qu’il y avait une erreur de magnéto et qu’ils passaient un film catastrophe à la place de la série… Puis quand j’ai compris de quoi il s’agissait, je suis restée scotchée tout l’après-midi… Ensuite, le soir, j’ai appris qu’il y avait des histoires de famille chez moi et ces deux évènements seront toujours gravés ensemble dans ma mémoire.

Et puis quand je suis allée à New York en 2017, j’ai été très émue en allant à Ground Zéro.

Coming in : Elodie Font et Carole Maurel

Cette BD est une adaptation du podcast « Coming in » sur Arte Radio (que j’ai écoutée juste après avoir fini la BD!) où Elodie Font, l’autrice, raconte sa propre découverte de son homosexualité.

En effet, cet album raconte l’avant « coming out » où une personne annonce à son entourage qu’il ou elle est homosexuel(lle), ce qu’elle appelle le « coming in » c’est à dire le moment où la personne s’avoue à elle-même, reconnait, accepte son homosexualité. Cela peut être très jeune ou comme pour Elodie Font, plutôt tard.

Elle revient sur ses expériences sexuelles avec des hommes, toujours dans la douleur et dans le malaise -situation qu’elle s’imposait pour coller à ce qu’elle croyait être normal. Elle se croit frigide et fautive plutôt que de remettre en question ce schéma relationnel.

Puis elle tombe amoureuse d’une fille et découvre enfin, le bonheur d’une sexualité et des sentiments amoureux libérés… Tout en se répétant -à elle et aux autres- qu’elle n’est pas homosexuelle, que ce n’est pas « toutes les filles » mais juste celle-ci…

Sa première rupture va la perturber terriblement car elle était persuadée qu’elle reviendrait simplement dans l’hétérosexualité mais c’est un poids immense qui lui pèse sur les épaules…

J’ai été très émue par cette BD et cette page en particulier. Personnellement, dès que j’ai été enceinte, j’ai su avec certitude que si mon enfant était homosexuel cela ne me poserait aucun problème à part le fait que cela puisse être un problème pour lui et cette BD montre très bien ce qui m’inquièterait si cela devait être le cas : la solitude et la peur que la prise de conscience de ce ressenti. On retrouve aussi très bien cela dans « Heartstopper » (la BD et la série) et c’est vraiment un sujet important à aborder avec les jeunes.

J’ai vraiment beaucoup aimé cet album : pour le sujet comme vous l’aurez compris mais aussi pour les dessins qui sont à la fois pleins de douceur et de noirceur selon les périodes et qui servent vraiment bien le propos du fond.

A découvrir et sans doute à mettre dans les CDI (de lycée peut-être?).

Repérée chez Stephie

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Miss Charity T 1 L’enfance de l’art (d’après Marie-Aude Murail) : Loïc Clément et Anne Montel

En 2010 j’avais eu un coup de coeur pour le roman de Marie-Aude Murail « Miss Charity », alors quand j’ai eu vent d’une adaptation BD j’ai tout de suite été intéressée. Et encore plus quand j’ai su que les auteurs étaient Loïc Clément et Anne Montel car j’ai adoré tout ce que j’ai lu d’eux : Shä et Salomé Jours de pluie,  Le temps des mitaines (T1), Coeur de renard (T2), La Nuit des croque-souris (T3), Chaussette et Les jours sucrés!

Ce premier tome, comme son sous-titre l’indique, raconte l’enfance de Miss Charity. Pour vous raconter l’histoire, je vais reprendre ce que j’en avais dit dans mon billet à l’époque car c’est très fidèle au roman!

Miss Charity est une petite fille qui grandit dans une famille de la bonne société Victorienne en Angleterre. Comme la plupart des enfants de cette époque, elle est reléguée à la nursery avec sa bonne (un personnage haut en couleur!). Miss Charity s’ennuie au 3ème étage de la maison familiale jusqu’à ce qu’elle commence à adopter et apprivoiser lapins, souris, crapauds et autres canards et corbeaux… Elle les étudie, ainsi que les champignons et la nature en général et les peint à l’aquarelle. Elle fréquente aussi ses cousines qui, elles, suivent de plus près la vie des jeunes filles de la bonne société.

J’ai aimé l’histoire comme je l’avais aimé lors de ma première lecture mais je dois dire que l’adaptation est excellente! Les dessins et l’univers de Loïc Clément et Anne Montel se prêtent parfaitement à l’ambiance et aux aventures de Miss Charity. C’est vraie réussite et j’ai bien hâte de découvrir la suite!

Pour voir des images, allez sur le site de l’éditeur.

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