Un putain de salopard -Isabel- T1 : Loisel et Pont

Résumé de l’éditeur : « Max, qui vient d’enterrer sa mère, se retrouve avec pour héritage deux photos d’elle et lui enfant quand ils vivaient au Brésil. Sur chacune d’elles, un homme différent. L’un d’eux serait-il son père ? Il plonge sur les traces de son passé, vers un camp forestier en Amazonie. Mais ses rêves d’aventure et d’exotisme buteront vite sur la réalité de cette jungle des années 70.  Il découvre un territoire gangrené par la violence, les réseaux de prostitutions, et la loi du plus fort. Il s’appuiera sur un joyeux trio déluré dont deux infirmières françaises, et surtout sur une jeune brésilienne muette, Baïa, indispensable guide. Dans la moiteur tropicale de cet environnement hostile, chacun poursuit ses buts et tente de survivre.« 

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J’ai attendu un peu avant décrire mon billet et je dois avouer que mon souvenir est quelque peu confus… Je ne me souviens plus très bien des détails. Le résumé de l’éditeur est très complet, je ne vais donc pas en dire plus sur l’histoire.

Mon impression est ambivalente. Au début, je trouvais l’histoire un peu banale et sans grand intérêt : un jeune homme un peu innocent qui se retrouve dans un pays à la nature hostile où il rencontre des filles très ouvertes et qui part à la recherche de son père à l’aveuglette… Et puis d’un seul coup, tout bascule et cela se transforme en aventure palpitante avec des poursuites et des rebondissements et la recherche de l’identité du père qui pourrait sembler passer au second plan n’est peut-être pas totalement étrangère à ces histoires de malfrats…

Ce premier tome donne l’ambiance et présente les personnages mais je regrette de ne pas avoir attendu le tome 2 car ce premier tome m’a quand même laissé sur ma faim étant donné que j’ai mis un peu de temps à entrer dedans. Je lirai sans doute la suite mais j’espère que le rythme sera plus soutenu dès le début.

catégorie « Gros mot » de ma ligen BD

Peau de mille bêtes : Stéphane Fert

 

L’histoire commence par l’arrivée dans une forêt d’un adolescent qui se fait violemment attaqué par des êtres mystérieux. Il est sauvé par un corbeau qui se révèle être une fée (qui ressemble beaucoup à une sorcière)… L’ambiance de conte avec ses mystères et ses maléfices est posée. Elle sera vite accompagnée d’une quête car ce que le jeune homme recherche, c’est une princesse qu’il a croisé un jour dans cette même forêt.

La « fée » va alors faire en sorte que le jeune garçon puisse voir le passé de cette princesse et ce flash-back va alors raconter l’histoire des parents de cette dernière… La mère était une jeune fille très belle qui ne voulait pas subir les garçons et les hommes de son entourage mais qui s’est retrouvée envoûtée par le roi Lucane qui est un magicien et qui va lui fabriquer une robe magique qui l’attachera à lui…

Ensemble, ils ont une fille, Ronce mais la vie de cette dernière ne sera pas rose… Le père est un tyran maléfique et quand sa femme adorée meurt, il va jeter un sort à sa fille qu’il veut épouser… Dotée d’une robe en peau de mille bêtes, elle est transformée en ogresse obligée de vivre isolée du monde…

Lou le jeune homme amoureux va essayer de la retrouver pour lui déclarer son amour…

Cet album est vraiment magnifique au niveau des dessins et des couleurs et il nous plonge dans un univers à la fois sombre et flamboyant des contes et légendes. C’est fascinant, beau et un peu terrifiant…

En tout cas, c’est un auteur que j’ai envie de retrouver!

Dans cet article vous pourrez voir des planches.

catégorie « animal » de ma ligne BD

La guerre de Catherine : Julia Billet et Claire Fauvel

Résumé de l’éditeur : « 1941. Rachel étudie à l’internat de la maison de Sèvres, où ses parents l’ont placée par sécurité. Elle y noue de belles amitiés mais y découvre surtout sa passion, la photographie. Bientôt, les lois contre les Juifs s’intensifient, il n’y a plus de sécurité nulle part en zone occupée. Un réseau de résistants organise la fuite des enfants juifs. Du jour au lendemain, ils quittent tout et doivent oublier, le temps de la guerre, tout de leur vie d’avant, à commencer par leurs prénoms. Rachel devient Catherine. Raconte, lui intiment ses professeurs en l’envoyant sur les routes de la zone libre, un appareil photo à la main. C’est ainsi que nous découvrons le quotidien d’une adolescente juive dans la guerre, ses rencontres, ses peurs mais aussi les quelques moments de répit et de grâce que lui offrira son art. »

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Cette bande dessinée revient sur le temps de la guerre en abordant des sujets très sérieux comme l’occupation pendant la 2e guerre mondiale, la place des Juifs dans la France occupée, la séparation des familles, la fuite et les secrets liés à la vie cachée pour survivre mais avec le point de vue d’une enfant.

On suit Catherine, qui grandit et devient une adolescente. Il y a donc cet aspect en plus de la Grande Histoire : le regard à la fois innocent et mature de la jeune fille qui traverse la guerre en étant à la fois fragile et aussi forte quand elle doit prendre sous son aile une autre petite fille mais aussi la jeune amoureuse et la photographe qui aiguise son regard pour témoigner de ce qu’elle voit.

Un très bon album pour les 12 ans et plus je pense.

Repéré chez Saxaoul.

catégorie « prénom » de ma ligne BD

La vierge froide et autres racontars : Jørn Riel, Gwen de Bonneval et Hervé Tanquerelle

Résumé de l’éditeur : « Dans la première partie du XXe siècle, sur le vaste territoire du nord-est du Groenland, des trappeurs vivaient de la chasse et de la vente de peaux d’ours polaires, renards, phoques et autres gibiers… De son séjour dans les années 50 auprès de ces trappeurs, Jørn Riel a rapporté ses désormais célèbres Racontars. Selon lui, un racontar, « c’est une histoire vraie qui pourrait passer pour un mensonge. À moins que ce ne soit l’inverse ».

Une oeuvre d’une grande humanité où le burlesque et l’absurde se mêlent à la poésie et l’aventure !

Les fabuleux récits de Riel enfin adaptés en bande dessinée ! »

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Le choix des mots « Burlesque et absurde » dans le résumé de l’éditeur ainsi que la citation de Jørn Riel sont très appropriés à cet album. C’est un univers complètement improbable d’hommes qui vivent dans des conditions géographiques et climatiques qu’on ne peut même pas imaginer et qui ont constitué une micro société pour traverser l’hiver dans la nuit où ils connaissent de grands moments de solitude et d’isolement mais qu’ils aiment malgré tout.

Leurs histoires, qu’elles soient absolument véridiques ou quelque peu imaginaires relèvent souvent du conte et des légendes et elles sont vraiment cocasses! Les dessins participent totalement au récit et les personnages assez caricaturaux sont pourtant aussi très réalistes!

J’ai passé un bon moment de lecture avec le sourire aux lèvres et j’ai eu l’impression de voyager dans un univers où je n’aurais jamais envie d’aller dans la vraie vie 😉

Vous pouvez voir quelques planches ici!

  chez Stephie

 chez Cryssilda (Danemark)

Le dernier des étés : Alfonso Casas

Dani est photographe et pour un projet d’expo, il va retourner sur les traces de son passé pour reprendre en photos les lieux qu’il a pris en photo quand, enfant il a commencé à s’intéresser à la photo. Il est sur le point de se marier et la personne qu’il va épouser lui rappelle qu’il ne doit pas rater le jour du mariage qui s’approche à grand pas. Mais pour l’instant, ce qui compte l e plus pour Dani c’est ce retour en arrière de 20 ans dans la station balnéaire où il a connu son meilleur ami qu’il a entre temps perdu de vue.

C’est une histoire très douce, très touchante sur le passé, sur les amitiés que l’on perd en court de route mais aussi sans doute sur des rendez-vous manqués car on ne peut pas s’empêcher de se dire que cette amitié d’enfance aurait pu mener à autre chose.

Les couleurs sont très douces et chaleureuses et il ya des pages qui jouent avec la transparence : une page du passé superposée à une page du présent.

avec Lasardine : allons voir son avis!

L’âge d’or : Roxanne Moreil et Cyril Pedrosa

J’adore Cyril Pedrosa : j’ai eu des coups de coeur pour plusieurs de ses BD comme « Trois ombres« , « Portugal » et « Les equinoxes« . J’aime son trait et son traitement des couleurs. Je savais que je lirai cet album sans même savoir de quoi il parlait et je n’ai pas été déçue!

Cet album est tout d’abord sublime au niveau des couleurs et des dessins. J’aurais voulu prendre des photos de toutes les pages mais vous pourrez voir plusieurs planches ici par exemple.

J’ai tout aimé dans cette BD -sauf la dernière page où il est écrit « A suivre » et évidemment… la suite n’est pas encore disponible ! (mais heureusement, le tome 2 est prévu pour la fin 2020). D’un autre côté cela expliquait pourquoi je ne comprenais pas la fin : ce n’était pas réellement fini! 😉

L’histoire se situe dans une époque ancienne, sans doute médiévale. Tilda, la fille aînée du roi qui vient de mourir aurait dû reprendre le trône mais se trouve mise à l’écart au profit de son jeune frère suite à des manigances de certains chevaliers et de sa mère.

Avec l’aide de Tankred et Bertil, deux fidèles, Tilda fuit le château pour essayer de rallier d’autres chevaliers à sa cause et ils vont vivre des aventures qui vont lui faire découvrir une communauté de femmes qui vivent en harmonie, cachées du monde extérieur, mais aussi assister à la montée d’une révolte de la population contre les maîtres et les puissants.

La nature est très présente dans cet album, avec des dessins sublimes, il y a plein de recherches dans la manière de mettre les scènes en place comme des avancées des personnages qui cheminent sur la même page dans le même paysage.

La place des femmes -ou son absence de place- est au centre de la BD, en particulier avec le personnage de Tilda, une jeune femme forte et attachante.

L’histoire mêle subtilement des aspects historiques, des aventures, une quête, et des aspects fantastiques, magiques, tout cela prenant la forme du conte et de la légende, mais aussi ancré dans la réalité avec les luttes sociales.

C’est donc un album extrêmement riche!

J’ai vraiment hâte de lire la suite!

Vidéo passionnante sur les dessins par Cyril Pedrosa :

  chez Moka 

Repéré chez Noukette

La petite patrie : Julie Rocheleau et Normand Grégoire

Résumé de l’éditeur « La Pastèque » : « Publié en 1972, La Petite Patrie de Claude Jasmin est un roman autobiographique qui a connu un vif succès. Chronique d’un quartier populaire de Montréal, il nous offre le regard d’un enfant de huit ans sur le monde qui l’entoure à l’aube des années 40 : la guerre, la religion, les jeux de ruelles, l’amour et la mort…

Julie Rocheleau et Normand Grégoire nous offre une adaption du populaire roman de Claude Jasmin, un livre qui nous rappelle notre enfance et l’insouciance qui s’y rattache. »

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Cette bande dessinée raconte la vie dans un quartier populaire de Montréal où les enfants jouent à la guerre alors que les mères les appellent pour venir manger et que les pères discutent de la vraie guerre. Il y a donc principalement des histoires de la vie quotidienne racontées à hauteur d’enfants et c’est très vivant!

Mais c’est aussi l’occasion de montrer la vie des montréalais, la famille catholique nombreuse, le regard choqué sur une mère célibataire par exemple. Mais j’ai aussi aimé les arrière-plans qui nous montrent la réalité de l’époque et qui ne sont pas perçus par les enfants : les départs à la guerre et l’annonce de la mort du soldat.

Les dessins et les couleurs sont très dynamiques et agréables. J’ai aimé cette BD qui fait voyager au Québec et dans le temps. à découvrir!

chez Karine:) et  Yueyin

Les Nombrils -Tome 1- Pour qui tu te prends? : Delaf et Dubuc

Je dois avouer que cette BD ne me tentait pas du tout et pourtant, je l’ai achetée car je l’ai trouvée chez Noz (un soldeur) à 3€ et que je savais que les auteurs étaient québécois alors je la gardais pour ce mois de novembre 🙂

Dans son billet, Karine prévenait qu’il fallait attendre le 3e tome pour apprécier mais je ne crois pas que j’ai envie de poursuivre au-delà de ce premier tome. Pour commencer, les dessins ne sont pas trop mon style et j’ai eu beaucoup de mal avec les personnages.

Jenny et Vicky sont ce que j’appelleraient deux « pétasses », elles s’habillent le plus court et le plus moulant possible, ne pensent qu’à leur physique et aux garçons et sont assez bêtes. Leur amie, Karine (ou plutôt leur faire-valoir), est une grande bringue qui manque de confiance en elle, qui est considérée comme moche par ses amies et qui est surtout très gentille… Trop gentille…

Jenny et Vicky font tout pour être sans arrêt au centre de l’attention de tous, des garçons en particulier, elles sont très superficielles et ne supportent pas que quelqu’un s’intéresse à leur amie Karine. Alors, elles font tout pour empêcher Dan de voir Karine et préfèrent voir leur amie malheureuse.

Je sais que c’est un album d’installation et apparemment ça devient plus subtil plus tard dans la série mais j’ai trouvé les ficelles un peu grosses et je n’ai pas envie de retrouver les personnages. Je n’ai pas m’empêcher de me dire que cette BD sous couvert d’humour et de second degré faisait quand même l’apologie d’une forme de harcèlement à l’école et ne donnait pas une très bonne image des filles.

 chez Antigone

avec Maelly et Adely : allons voir leurs avis (notamment un avis de jeune lectrice!)!

  chez Moka 

 

  chez Karine:) et  Yueyin

catégorie partie du corps

Paul à la campagne : Michel Rabagliati

J’avais déjà lu et aimé trois titres de la série « Paul » : Paul à Québec, Paul à la pêche et Paul au parc alors quand j’ai trouvé ce titre à la médiathèque, je me suis dit que c’était parfait pour le mois québécois! Cet album était particulièrement grand, j’imagine que sa taille hors du commun est due au fait que c’est une édition spéciale pour l’anniversaire des 15 ans. Par contre, je ne sais pas si la présentation de cet album est spécifique à cette édition spéciale.

En effet, l’album est en fait constitué de deux courtes histoires, introduites par l’auteur dans un texte rédigé sans images. Puis il nous raconte deux histoires de sa jeunesse  « Paul à la campagne » et « Paul apprenti typographe ».

Le première histoire raconte les souvenirs de Paul qui repense aux vacances qu’il passait à la campagne avec ses parents quand il était enfant et son rapport à la nature. Une fois adulte, il revit ces moments en observant sa propre fille Alice les vivre à son tour.

La deuxième histoire, raconte une journée où Paul accompagne son père à son travail de typographe. C’est l’occasion de raconter un moment de relation privilégiée entre le père et le fils.

J’ai été un peu déçue par cet album car j’avais préféré les histoires plus longues. Là, pour moi, c’était vraiment trop court. Quant au contenu, on trouve déjà le côté nostalgique que Michel Rabagliati traite dans ses autres BD.

  chez Moka 

 

  chez Karine:) et  Yueyin

 

Les grands espaces : Catherine Meurisse

Dans cet album, Catherine Meurisse raconte son enfance à la campagne. Ses parents, cultivés et passionnés de nature rénovent une vieille ferme et pour Catherine et sa soeur, c’est un véritable terrain de jeux.

Elles rêvent de trouver des trésors, des antiquités déterrées sous les pierres de leur maison en rénovation et se créent un musée à la Pierre Loti (mais avec quelques crottes desséchées car elles n’ont pas beaucoup d’antiquités 😉

Mais il y a aussi la littérature et les grands auteurs y sont très présents et liés à la nature.

La nature est quant à elle le centre de l’album : une nature abîmée par l’homme, reconstruite par les parents de Catherine Meurisse qui sont des magiciens qui bouturent toutes les plantes qu’ils aiment et qui redessinent leurs grands espaces. C’est l’occasion d’en apprendre plus sur les saisons, sur les plantes et sur la culture… pas littéraire cette fois.

J’ai lu cette BD en parallèle de ma lecture de « Dans la forêt » et j’ai trouvé qu’il y avait des liens intéressant entre les deux lectures (en retirant les aspects dramatiques du roman, bien sûr) quant à la connaissance de notre environnement naturel. Et à l’époque où je lisais cette BD j’ai aussi vu un documentaire sur la permaculture (ce n’était pas celui que j’ai mis en lien mais cette vidéo est assez courte) ce qui se complétait bien.

Cet album est surtout un joli moment de poésie et un voyage dans une enfance baignée dans la création et c’est très agréable! Et il ne faut pas oublier qu’il y a aussi beaucoup d’humour enfantin sur tous ces aspects plus culturels et sociétaux.

Par exemple, j’ai beaucoup aimé ce passage où la mère de Catherine Meurisse démontre que Zola racontait n’importe quoi du point de vue de la nature :

Et voici un article de France Inter très intéressant !

  chez Noukette