Idéal standard : Aude Picault

Claire est une jeune femme d’une petite trentaine d’années, infirmière en néonatalogie et célibataire. Elle traverse sa vie en enchaînant les histoires en rêvant de rencontrer le grand amour… en vain…

Quand elle rencontre Frank et qu’ils emménagent ensemble, elle pense avoir enfin accompli sa vie et avoir atteint le but dont elle rêvait.

Mais au fur et à mesure, elle ne se sent pas si bien dans son quotidien. La réalité ne correspond pas forcément à son rêve et elle fini par se rendre compte qu’elle fait beaucoup de concessions pour effacer les choses qui la gênent dans cette relation, certes « standard » mais loin d’être « idéale ». Frank n’est pas un prince charmant (loin de là) et elle ne s’y retrouve pas non plus…

Cette bande dessinée, avec son héroïne fraiche et réaliste montre bien que l’on peut être prêtes à accepter beaucoup de choses qui nous déplaisent pour rentrer dans un moule que l’on a soi-même conçu, pour rester dans une vie qui ressemble à une réalité idéale alors qu’elle ne nous correspond pas vraiment.

J’ai envie de dire que ça sent le vécu et personnellement, je me suis reconnue dans certains aspects à différentes époques de ma vie! (je ne dirai pas lesquels 😉

Je vous conseille cet album, qui n’est pas une BD « girly » même si elle traite de la vision du couple pour une jeune femme, mais plus par sa prise de conscience de ce qu’on veut et ce qu’on ne veut pas.

A découvrir (attention, ça peut aussi faire ouvrir les yeux sur son couple 😉

  chez Noukette

catégorie « Mot positif » pour ma ligne  BD

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Le jardin de minuit : Edith

Cette BD est « librement adapté(e) du roman de Philippa Pearce », c’est à dire une adaptation du roman jeunesse anglais « Tom et le jardin de minuit » de Philippa Pearce publié en 1958 qui est devenu un classique adapté sous diverses formes mais que je ne connaissais pas du tout!

En Angleterre, Tom est obligé de passer ses vacances chez son oncle et sa tante, à contre coeur, car son frère a la rougeole et il ne peut pas rester avec lui. Ils habitent un rez de chaussée dans un immeuble en ville et comme Tom est en quarantaine à cause de la rougeole de son frère Peter, n’a pas le droit de sortir et il s’ennuie… Son oncle et sa tante sont gentils mais ce sont les années 50 et il n’y  a pas grand chose à faire dans cette maison.

La seule chose qui sort de l’ordinaire (et qui agace beaucoup son oncle), c’est l’horloge de la vieille dame du premier étage, la propriétaire, qui sonne une 13ème heure après minuit…

Une nuit, justement, Tom n’arrivait pas à dormir et en voulant prendre l’air dans la cour de l’immeuble, il découvre un immense jardin, verdoyant et ensoleillé… Il le visite et pourtant le lendemain, il se rend compte que sa tante et son oncle n’ont aucune idée de l’existence de ce jardin…

Chaque soir, Tom va dans ce jardin. Il y croise des gens qui ne le voient pas, il est devenu invisible et presque immatériel. Tom n’est pas invisible pour tout le monde. Une petite fille, Hatty, qui semble vivre à l’époque victorienne, elle, le voit. Ils s’entendent bien et pourtant, à chaque fois que Tom va dans le jardin, Hatty semble ne pas suivre le même déroulement du temps que lui…

Cette BD est vraiment charmante pour une histoire mystérieuse qui m’a un peu fait penser à « Le temps n’est rien » de Audrey Niffenegger et aussi « Ces jours qui disparaissent » de Timothé Le Boucher car il y est question de mondes parallèles avec un temps qui s’écoule différemment selon les personnes et les lieux. Une belle histoire d’amitié entre rêve et réalité. C’est aussi un portait de l’Angleterre des années 50 et l’Angleterre du 19ème siècle.

J’ai aimé les dessins qui donnent vraiment vie aux émotions ressenties par les personnages. Une très bonne découverte.

 chez Lou et Cryssilda

Opération Copperhead : Jean Harambat

La bande dessinée commence quand les comédiens David Niven et Peter Ustinov se retrouvent sur le tournage de « Mort sur le Nil » en 1977 (excellent film d’ailleurs 😉 )  et qu’ils se remémorent leurs souvenirs de guerre.

En effet, en 1943, les deux hommes étaient tous les deux dans l’armée anglaise. Ils travaillaient tous les deux au service cinématographique de l’armé et Niven était la star d’un film de propagande pour valoriser l’armée Britannique. Ils sont approchés par Winston Churchill pour participer à une opération de contre-espionnage. Il s’agit de trouver un sosie du général Montgomery, le général des forces alliées, afin de le montrer dans des situations qui permettraient de faire croire à Hitler que le débarquement aurait lieu dans le Sud de la France.

Ils découvrent un soldat appelé Meyrick Edward Clifton James qui ressemble beaucoup à Montgomery et qui s’amuse déjà à l’imiter et ils vont le façonner et faire en sorte qu’il devienne son double.

Pendant cette opération, David Niven tombe sous le charme d’une belle et mystérieuse femme fatale qui chante dans un cabaret et ils doivent également passer leur temps à cadrer la doublure de Monty car il tombe régulièrement dans l’alcool.

Cette BD est vraiment loufoque et amusante tout en montrant bien Londres pendant la guerre, avec le flegme Britannique qui fait que la vie continue pour les anglais malgré la guerre. Et au-delà de la guerre c’est aussi le portrait d’une époque et du monde du cinéma.

En avant propos, l’auteur annonce que « tout n’est pas entièrement vrai, mais tout n’est pas entièrement faux. » Mais l’opération « Copperhead » avec ce sosie de Montgomery elle a bien existé!

Les dessins rendent très bien l’époque avec un petit côté retro qui est parfait!

Voici un article très intéressant sur la BD.

  chez Lou et Cryssilda

  chez Stephie

Basil & Victoria (Tome 1 : Sâti – Tome 2 : Jack) : Yann et Édith

Résumé de l’éditeur (qui concerne la série plus qu’un tome en particulier) :

« Dans un Londres à la Dickens, deux orphelins dépenaillés maraudent à la recherche du bon coup qui va leur permettre de survivre un jour de plus. Il y a tout d’abord Basil, qui chasse le rat en compagnie de son fidèle Cromwell. Rêveur patenté, c’est un grand amateur de pintes de bigorneaux. Et puis il y a Victoria, grande raconteuse d’histoires qui jure qu’enfant, elle fut volée à la cour par un odieux gitan. Si Basil et Victoria ont de multiples sujets de dispute, à commencer par les autres filles qui tournent dans le secteur, leur amitié les conduira surtout à vivre des aventures qui les mèneront jusqu’au bout du monde. La série a été récompensée à Angoulême, avec l’Alph-Art du meilleur album décerné à  » Jack » en 1993. »

Tome 1 : Sâti

Dans ce tome, on découvre Basil et Victoria (et Cromwell, le chien de Victoria). Ceux sont deux enfants des rues de Londres de la fin du 19ème siècle. Livrés à eux-mêmes, ils dorment dehors, ils vivent de la chasse aux rats (une activité que évoquée également dans « Le jardin des secrets » de Kate Morton quand elle situe certains passages de son roman en 1900), ils fréquentent des malfrats et toute une faune plus ou moins liée à la pègre locale… Ils font partie des bas-fonds de Londres et c’est très bien dépeint, sans concessions, avec prostituées, voleurs, receleurs, et même Sherlock Holmes (ou plutôt Docteur Watson car Sherlock Holmes est occupé à une autre affaire) …

Les enfants entendent parler de la disparition d’une petite indienne de bonne famille dans les rues de Londres et quand ils la découvrent par hasard, ils s’en occupent mais plus par intérêt pour l’argent qu’elle pourrait leur rapporter que par bonté d’âme.

Basil serait prêt à tomber sous le charme de la petite fille mais Victoria qui est très jalouse et pas vraiment gentille (et loin d’être politiquement correcte), elle, s’imagine même tuer la petite indienne!

Tome 2 : Jack

J’ai beaucoup moins aimé ce deuxième tome et je n’ai pas voulu le lire jusqu’au bout avec Bastien car j’ai trouvé qu’il y avait trop de thématiques lourdes sous entendues : la pédophilie, la prostitution et l’histoire de Jack L’éventreur qui était au coeur de cette histoire… C’est certain que ce sont des sujets qui appartiennent totalement à cette époque mais qui à mon avis nécessitent d’être un peu plus informé pour les comprendre juste en lisant des choses qui sont dans le sous-entendu. Et à 8 ans et demi, j’ai trouvé ça trop rude d’avoir à lui parler de certains sujets autour d’une bande dessinée censée être un moment de détente basée sur des aventures. Je le déconseille personnellement aux jeunes lecteurs. Peut-être que ça plairait plus aux ados (et aux adultes sans problèmes).

Voici deux passages qui m’ont gênés vis à vis d’un jeune public :

Je me suis aussi lassée du langage retranscrivant le cockney de Londres du 19ème qui rend la lecture plus compliquée. J’ai abandonné ce deuxième tome d’ailleurs.

Petit clin d’oeil amusant : on croise Charles Dickens qui vient faire des repérages dans les bas fonds de Londres!

Je vous recommande donc le premier pour l’ambiance et le portrait de Londres de cette époque mais personnellement je n’ai pas eu envie de poursuivre.

Les dessins sont agréables et représentent bien le propos.

    chez Lou et Cryssilda

 autour de la littérature jeunesse pour le Mois Anglais

Les filles au chocolat Tome 1 Coeur Cerise (BD d’après le roman de Cathy Cassidy) : Raymond Sébastien et Anna Merli

Résumé de l’éditeur : « Cherry et son père Paddy s’installent en Angleterre chez Charlotte, sa nouvelle compagne qui a quatre enfants. Cherry est ravie de faire partie d’une famille nombreuse. Mais à peine arrivée, elle va craquer bien malgré elle pour Shay, le petit copain de Honey. Voilà qui ne va pas arranger la cohabitation déjà difficile avec Honey, la seule à ne pas accepter son nouveau beau-père ! Alors que tous participent à la création d’une fabrique artisanale de chocolats, Cherry se retrouve partagée entre l’affection pour ses nouvelles soeurs et le charme irrésistible de Shay. »

Cette BD est l’adaptation du roman jeunesse très apprécié par les lectrices ados (au collège, la série a un succès fou!) et j’avais envie de la découvrir alors quand je l’ai croisée à la médiathèque, je me suis laissée tenter.

Bon, je vais être franche et rapide, je ne suis pas du tout emballée… Je n’ai pas aimé les dessins que j’ai trouvé lisses et caricaturaux.

Et puis l’histoire va très vite, trop vite. Je pense que le roman était plus approfondi au niveau des relations entre ados et dans une famille recomposée.

Je ne continuerai pas la série en BD mais pourquoi pas un jour lire un roman si l’occasion se présente. Je pense par contre que cela pourrait plaire aux fans de la série car l’univers est assez girly mais elles pourraient être déçues en ayant imaginé d’autres personnages…

    chez Lou et Cryssilda

 autour de la littérature jeunesse pour le Mois Anglais

Une trilogie anglaise : Floc’h et Rivière

Alors je dois commencer par vous dire que j’ai choisi cet album par hasard pour son titre pour le mois anglais et je n’aurais pas pu mieux choisir! Il était PARFAIT pour le mois anglais : cela se passe en Angleterre avec tout le charme désuet des années 50, avec des chauffeurs et des « butlers » … so British! Et en plus dans une ambiance littéraire! Je vous la conseille!

Francis Albany est un critique littéraire célèbre et Olivia Sturgess est une auteur de romans policiers réputée. Ils fréquentent le monde littéraire de leur époque (ils sont notamment amis avec Agatha Christie!).

Cet album est la compilation de trois bandes-dessinées par Floc’h et Rivière : « Le rendez-vous de Sevenoaks », « Le dossier Harding » et « A la recherche de Sir Malcom », dans lesquels on retrouve des amis proches, Francis Albany et Olivia Sturgess. Ces trois histoires sont précédées d’une introduction censée être une lettre biographique-nécrologique écrite par Olivia pour son ami Francis et qui permet de résumer leurs vies et leur histoire commune avant de raconter les trois aventures qu’ils vivent ensemble.

« Le rendez-vous de Sevenoaks »

George Croft, journaliste et écrivain anglais, spécialisé dans la littérature mystérieuse tombe par hasard sur un roman écrit par un auteur inconnu de lui : Basil Sedbuk. En lisant ce livre, il réalise que ce sont les mêmes intrigues et personnages qu’un livre qu’il a lui-même écrit et pourtant ce roman de Basil Sedbuk a été écrit bien avant le sien.
Il part donc à la recherche de cet auteur avec l’aide de Francis Albany et Olivia Sturgess mais il va plonger dans un intrigue où la fiction se mêle à la réalité…

« Le dossier Harding »

L’éditeur de Olivia Sturgess est retrouvé assassiné dans un taxi et l’écrivaine de romans policiers se rend dans la demeure familiale de ce dernier avec son ami  Francis Albany. Au contact de la famille, ils vont se rendre compte qu’il y a des secrets qui sont sans doute liés à la mort de l’éditeur…

Dans cette BD, il y a une apparition de Agatha Christie (j’ai adoré la croiser comme ça!) :

« A la recherche de Sir Malcom »

Dans cette BD, Francis Albany revient sur ses souvenirs quand, enfant,  il a navigué avec ses parents, la petite Olivia Sturgess et la bonne sur le Titanic. Avant le naufrage, les enfants, déjà curieux de nature, menaient des enquêtes à bord pour essayer de débusquer des espions… Ambiance Titanic!

  chez Lou et Cryssilda

  chez Moka 

J’inscris ce texte au Défi Livres de Argali  

La guerre des Lulus (Tomes 1-5 : 1914-1918) : Régis Hautière et Hardoc (Billet avec Bastien)

Je ne vais pas rentrer trop dans les détails de cette série pour ne pas gâcher la découverte de chaque tome.

Tome 1 : 1914 « La maison des enfants trouvés »

La première guerre mondiale vient de commencer et à l’orphelinat, les « Lulus » sont quatre copains qui font les 400 coups : Lucien, Luigi, Ludwig et Lucas. Le jour où tous les garçons de l’orphelinat sont évacués avec les deux curés ainsi que tout le village, les garçons étaient partis jouer dans la forêt dans leur cabane. A partir de là, ils se retrouvent seuls au monde et vont devoir apprendre à se débrouiller pour survivre malgré le manque de nourriture et les soldats allemands.

Dans ce premier tome, ils font la connaissance de Luce, une jeune Belge qui a perdu ses parents sur la route de la fuite de la guerre. Une « Lulu » de plus pour vivre des aventures.

Tome 2 : 1915 « Hans »

Dans ce tome, les Lulus font la rencontre de Hans, un soldat allemand qui a déserté et qui va s’occuper d’eux pour les aider à traverser l’hiver. Les enfants réalisent que la nationalité ne fait pas tout et que derrière un soldat peut se cacher une personne réellement bonne. Grâce à Hans ils apprennent beaucoup.

 avec Blandine : allons voir son avis

Tome 3 : 1916 « Le tas de briques »

Les Lulus prennent la route pour s’éloigner de leur forêt et ils rencontrent un vieil homme qui leur conseille de rejoindre la ville pour passer inaperçus. Là, ils vont passer du temps dans le « familistère » ou « tas de brique », un grand bâtiment communautaire où ils sont protégés pendant un moment par les habitants malgré la présence des allemands.

Mais ils doivent à nouveau partir pour ne pas se mettre en danger ou mettre en danger les personnes qui les ont aidé.

Tome 4 : 1917 « La déchirure »

Après une aventure malheureuse à cause d’une erreur de train (aventure qui sera racontée dans une autre série d’après ce que j’ai compris), les Lulus se retrouvent en Belgique. Les jeunes font la connaissance d’un photographe ambulant qui va les prendre sous son aile pour les aider à rejoindre le village de Luce.

Une fois que la jeune fille a retrouvé sa grand-mère, la route des Lulus va se séparer -à contre coeur- car les garçons estiment qu’ils doivent éviter de mettre Luce et sa grand-mère en danger par leur présence.

Mais les aventures sont loin d’être finies et semblent même prendre une tournure bien noire.

Tome 5 : 1918 « La Der des  ders »

Dans ce tome, les Lulus se retrouvent dans un groupe de résistants et doivent faire certains sacrifices pour tenter d’infiltrer les troupes allemandes et donner des informations à leurs protecteurs. Ils découvrent de plus près les horreurs du front.

L’album se termine sur un des Lulus adulte et évidemment, on a envie d’en savoir plus…

Pour conclure :

Cette série est vraiment réussie. Cette bande de jeunes d’âges différents et de caractères différents qui se disputent souvent mais qui savent aussi  se serrer les coudes dans les moments dramatiques est assez réaliste. On les voit évoluer, grandir (Luce a ses premières règles sans savoir ce qui lui arrive dans le deuxième tome… ce que j’ai dû aussi expliquer à Bastien 😉 ), les garçons tombent tous plus ou moins amoureux de la jeune fille, les aînés font les coqs pour savoir qui est le chef…

Ils traversent la guerre sans trop savoir ce qui se passe mais découvrent très vite qu’il faut savoir se cacher, chercher à manger et faire confiance -ou pas- aux gens qu’ils rencontrent…

C’est une histoire de la première guerre mondiale mais aussi une histoire d’amitié très forte.

A découvrir en famille! Bastien a dévoré les 5 tomes!

Et la bonne nouvelle c’est qu’il y a une suite (ou une plutôt un complément) puisque à la fin du dernier tome, les auteurs annoncent « La guerre des Lulus : La perspective Luigi »! (qui sort début juin!)

Voici l’avis de Bastien (8 ans et demi-CE2) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« C’est quatre enfants qui vivent la guerre et s’appellent les Lulus. Un jour, ils vont rencontrer un cinquième enfant et vont devoir se débrouiller seuls en pleine guerre. Ils vivent des aventures mais dans le dernier tome, ils devront se séparer.

J’ai bien aimé la série! Parce que ça raconte la guerre et on se rend compte que c’était compliqué de vivre en pleine guerre. C’était amusant parce qu’ils vivent des aventures, mais il y a des passages qui sont tristes et les personnages ont peur durant la traversée de la guerre.

Les illustrations du livre sont bien faites. Et à la fin de chaque tome, il y a des petites illustrations dessinées bizarrement (note de la maman : ce sont des croquis).

La suite a l’air bien!

Je le conseille à ceux qui aime lire! »

  chez Noukette

 3ème ligne « prénom »

Ar-Men L’enfer des enfers : Emmanuel Lepage

J’ai acheté cette BD pour mon père après l’avoir beaucoup vue sur les blogs et je n’ai jamais caché que j’avais l’intention de la lui emprunter plus tard 😉

Quel album magnifique! Chaque page est digne d’être encadrée et j’avais du mal à ne pas tout prendre en photo! Comme Emmanuel Lepage sait dessiner la mer et sa force, sa puissance, sa poésie! C’est vraiment extraordinaire!

Au niveau de l’histoire, plusieurs époques et univers s’alternent. Il y a d’abord, les années 1960 avec la vraie vie des gardiens du phare Ar-Men, phare mythique au large de l’île de Sein.

L’un des gardiens raconte la légende d’Ys, avec un univers pictural différent et tout aussi superbe dans un autre genre, moins réaliste, aux couleurs chaudes qui raconte un récit épique et sensuel.

Et puis, il y a aussi le récit de la construction du phare d’Ar-Men depuis sa conception jusqu’à sa construction au travers l’histoire de Moïzez, jeune homme de l’île de Sein, aux couleurs sépia et aux teintes brunes.

Chacun à ses démons et ses secrets cachés et la mer est à la fois meurtrière et salvatrice. La mer détruit mais aide à se reconstruire. Et cela, peu importe les époques.

J’ai trouvé cet album magnifique tant pour les illustrations que pour l’humain qui se dégage de ces histoires entrecroisées.

A découvrir!

 

 par mon père à qui je l’avais offert 😉

deuxième ligne « lieu »

Alexandrin ou L’art de faire des vers à pied : Pascal Rabaté et Alain Kokor

J’ai vu passer cette BD plusieurs fois dans le rendez-vous de la BD du mercredi et je n’arrivais vraiment pas à me dire si elle me tentait ou pas malgré les avis très positifs (et si je me souvenais chez qui je l’avais vu, je pense qu’on verrait des commentaires très fluctuants de ma part 😉 Alors, quand j’ai vu qu’elle était à la médiathèque, je me suis dit que la meilleure chose à faire c’était de la lire pour me faire ma propre idée… Et j’ai eu un coup de coeur!

Alors, ce qui me faisait un peu peur c’était le fait que le texte soit composé d’alexandrins, mais si jamais cela vous inquiète aussi, ne vous arrêtez pas à cela car c’est totalement naturel dans le récit!

Alors, comment vous transmettre mon coup de coeur, à part vous conseiller de le lire?

J’ai adoré l’histoire, poétique au-delà des mots utilisés par les personnages. Alexandrin de Vanneville est un vagabond, un clochard diraient certains, un homme qui erre dans les rues, en faisant du porte à porte pour vendre ses poèmes à qui veut bien lui donner quelques pièces. Il ne mendie pas, il transmet, il donne du beau…

Il rencontre un petit garçon lui aussi vagabond mais fugueur et le prend sous son aile pour le protéger et lui apprendre l’amour des mots et des rencontres même si elles ne sont pas toutes positives.

Mais des rencontres il y en a aussi des belles, des fortes, des intenses, à commencer par celle d’Alexandrin et du jeune Kévin, grâce à laquelle, le poète se sent un peu père. Mais aussi, des rencontres où l’amour se glisse dans des beaux moments. C’est vraiment touchant.

Il y a aussi des moments drôles, car le personnage d’Alexandrin est un homme haut en couleur, décalé et surtout libre.

Et pourtant, c’est aussi une histoire triste. On a envie de prendre Alexandrin dans nos bras, on a envie de lui acheter des poèmes, on a envie qu’il nous parle, qu’il nous fasse une leçon de vie et qu’il nous fasse sourire… On n’a pas envie qu’il finisse seul…

Et puis, c’est une très belle bande dessinée. Les dessins sont très agréables, légers, poétiques. Les couleurs sont d’une grande douceur et il y a parfois des détails très délicats. J’ai adoré!

« Alexandrin de Vanneville, poète des campagnes et des villes, arpentant les chemins et les villes, de terre ou de bitume, par vent et par la pluie, sans me taire et sans amertume, je survis en proposant ma poésie. »

pour la deuxième ligne de ma catégorie « déplacement »

Tourne disque : Zidrou et Raphaël Beuchot

Résumé de l’éditeur : « Je m’appelle Eugène Ysaÿe. Je suis violoniste. Le Gouverneur m’avait invité au Congo pour donner un concert. Je comptais passer ensuite trois semaines chez mon neveu au bord du magnifique lac Maï Ndombé. C’est ainsi que je fis sa rencontre. Ne me demandez pas son nom: tout le monde ici l’appelle « Tourne-Disque ». Il pourrait être mon fils… s’il n’était plus noir qu’un café serré. La musique permet des rencontres étonnantes. Celle-là devait me marquer pour toujours. Après tout, je n’avais que 70 ans et encore tant de choses à apprendre! »

J’ai lu cette BD il y a quelques temps et au moment d’écrire le billet je n’en ai pas un souvenir très détaillé mais je me souviens avoir plutôt aimé cette histoire.

Le violoniste Eugène Ysaÿe, un violoniste sûr de sa valeur, part en Afrique et rejoint son neveu. Là-bas, il se délecte d’une vie de colon mais au contact de « Tourne Disque »  un serviteur de la famille qui a pour rôle de passer des disques, il va découvrir un autre aspect de l’Afrique : il va aller au contact des gens et échanger avec des personnes qu’il n’aurait sans doute jamais vraiment vu avant. Et ce qui permet ce contact c’est la musique, que ce soit par les disques de musique classique que les hommes vont partager, ou le violon et les percussions.

Une belle histoire d’une amitié hors du commun.

Les dessins apportent bien l’ambiance chaude de l’Afrique mais je ne suis pas vraiment une grande fan des dessins fait à la tablette car je les trouve souvent un peu trop lisses.

pour la deuxième ligne de ma catégorie « art »