Un thé pour Yumiko : Fumio Obata

Book Face avec mon assistant!

Yumiko est Japonaise mais vit depuis des années à Londres en tant que graphiste. Elle vit avec un anglais et si elle est bien intégrée en Angleterre, elle est toujours tout à fait consciente d’être étrangère dans un autre pays, comme si elle avait du mal à l’accepter elle-même.

A l’annonce de la mort de son père, Yumiko retourne au Japon pour la première fois depuis longtemps et ce retour au source sera l’occasion de s’interroger sur son passé, sur ses origines, sur sa vie de famille. Sa mère qui est une femme indépendante et moderne, lui a tracé la voie.

J’ai bien aimé cette BD car elle fait voyager au Japon dans le quotidien d’une famille et d’une jeune femme et j’ai beaucoup aimé les dessins mais pour être franche, au moment d’écrire ce billet étant donné que j’ai laissé passé un peu de temps avant de m’y mettre, je me rends compte que j’ai oublié beaucoup de détails. Je dirai que c’était une jolie lecture sur le moment, mais pas impérissable.

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Catégorie prénom

Bergères guerrières (Tome 4) L’abîme : Jonathan Garnier et Amélie Fléchais (Billet avec Bastien)

Comme toujours quand on arrive à la fin d’une série, je pense qu’il ne faut pas trop en dire pour ne pas gâcher les premiers tomes. En tout cas, je vous conseille vraiment de lire les 4 tomes car c’est une belle série tant par l’histoire que par les dessins.

Je ne vais donc pas rentrer dans les détails mais ce tome est celui qui clôt la série. Les personnages que l’on a suivi jusqu’ici et tout en cherchant un remède pour les personnages malades, ils vont tout faire pour savoir si les hommes du village partis à la guerre sont encore en vie et essayer de trouver une solution pour stopper la cause de la guerre et protéger les habitants des dangers qui les entourent.

C’est un album à la fois plein d’espoir et triste aussi. Une conclusion réussie car elle garde le cpoté aventureux tout en développant l’émotionnel.

Voici l’avis de Bastien (12 ans) tapé tout seul sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

Le dernier tome de cette super série révèle la fin, peut être un peu rapide, mais bien faite. On découvre le frère de Liam, Adam, le destin du père du Molly, la vraie raison de la guerre et plein d’autres choses. Une bonne aventure finale pour, malheureusement, clore cette super série…

Pour voir des extraits!

Une émission de Popopop sur France Inter avec les deux auteurs.

Nos avis sur le Tome 1 / le Tome 2 / le Tome 3

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La brigade des cauchemars (T5 Léonard) : Franck Thilliez, Yomgui Dumont et Drac

En janvier dernier Bastien et moi avions parlé des tomes 1 à 4 de cette série de BD jeunesse que nous avions bien aimée. Nous avons donc poursuivi avec le tome 5 qui semble être le dernier au moins pour cette partie de l’histoire.

Pas facile de parler d’un tome 5 sans en dire trop alors je vais juste dire que l’équipe de la brigade des cauchemars va essayer de retrouver la mère de Tristan qui a disparu dans les cauchemars de Léonard des années auparavant.

Au même moment, le passé du Professeur Angus, le père de Tristan et du laboratoire est en train de refaire surface au risque de mettre en danger les trois amis en mission. Et eux, doivent faire face aux souvenirs de Léonard qui les mettent également en danger.

Encore une fois un album plein de rebondissements et d’actions et de mystères!

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Serena (d’après le roman de Ron Rash) :  Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg

Je suis dans une phase Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg!  Suite à ma rencontre avec Terkel Risjberg  (dont j’avais lu et aimé « Enferme-moi si tu peux », « Le don de Rachel » et « La lionne ») j’ai lu « Sousbrouillard » la semaine dernière et j’ai aussi eu envie de lire cette adaptation dont l’auteur avait parlé.

George Pemberton est un riche et influent propriétaire d’exploitations forestières dans les Smokey Mountains en Caroline du Nord. Nous sommes dans les années 1930 et il revient un jour de la ville avec une épouse. Mais cette dernière est loin d’être la caricature d’une petite femme au foyer qui va subir son mari comme l’imaginent les partenaires de Pemberton…

En effet, Serena se révèle aussi ambitieuse et sans scrupule que son mari quand il s’agit de développer leur business. Ils exploitent les ouvriers sans états d’âme d’autant qu’en pleine crise économique, la main d’oeuvre est remplaçable sans problème, les gens sont prêts à tout pour travailler, même si chez les Pemberton, le danger est réel car la sécurité est loin d’être la priorité…

L’ambition de Serena prend une dimension inquiétante car rien ni personne ne peut se mettre sur son passage, avec son homme de main sans pitié, elle gère les personnes qui essaient de les freiner et les accidents ressemblent de moins en moins à des accidents…

Au début,  George Pemberton suit les idées de sa femme sans trop se poser de questions, que ce soit l’exploitation à outrance de leurs terres, avant que les partisans de la création de parcs nationaux ne passent, ou dans le rêve de partir au Brésil pour continuer leurs projets à plus grande échelle. Mais quand la froideur et l’intransigeance de Serena se met au service de sa jalousie, notamment contre le fils illégitime de son mari, il ne sait plus trop quoi penser…

J’ai aimé cet album, qui m’a fait penser à un western dans les forêts enneigées. Les conditions de vie sont rudes, il fait souvent nuit, on sent le froid, ce qui participe à l’ambiance générale très noire de ce récit.

Serena est un personnage parfait de roman noir, elle pourrait être transposée dans des histoires de mafia, elle est sans pitié et ne pense qu’à ses intérêts. Esthétiquement, j’ai aimé aussi les dessins qui servent très bien l’histoire et l’ambiance. Terkel Risjberg expliquait lord de la rencontre qu’il avait pris le parti de dessiner une chevelure rousse flamboyante à Serena alors qu’elle est blonde dans le roman pour qu’elle ressorte de façon marquante dans la BD qui est assez sombre par ailleurs et ça marche bien!

Pour voir des planches allez sur le site de l’éditeur!

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 chez Cryssilda

Sousbrouillard :  Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg

J’avais aimé « Enferme-moi si tu peux », « Le don de Rachel » et « La lionne » et quand j’ai rencontré Terkel Risjberg, le dessinateur, j’ai acheté leur dernier album sans hésitation!

Sara est une jeune femme qui a été élevée par sa tante et qui n’a jamais rien su sur ses origines. Quand sa tante meurt, elle lui donne le bracelet qu’elle avait atour du poignet à sa naissance où il n’y a qu’un mot : « Sousbrouillard ».

Alors Sara part pour le village de Sousbrouillard, perdu au milieu de nulle part. Elle arrive un soir de déluge et trouve à se loger chez une vieille dame qui vit dans une grande avec son majordome.

Elle rencontre plusieurs habitants et apprend à les connaître. A l’église, elle fait la connaissance d’une pasteur hors du commun qui prêche par la littérature et qui a réhabilité une vieille église perdue près du lac, « La chapelle aux ronces », où les paroissiens viennent raconter des histoires à la statue de la vierge pour qu’elle s’ennuie moins, le bar s’appelle « l’éternité » et quarante an plus tôt, un accident mystérieux a eu lieu dans le lac…

Les habitants auxquels Sara se mêle ont tous des histoires à raconter sur leur vie, leur passé : insolites, incroyables, touchants, tristes… Très humains…

Des liens se forment, des amitiés se créent, des mystères sont levés, d’autres restent entiers…

Cet album est un jolie histoire comme un conte où chacun raconte des bribes de vies qui vont aider les autres à avancer et c’est une ambiance qui mêle une existence ordinaire de village et de magie poétique. Cette BD est très positive malgré certaines histoires plus sombres et elle garde du mystère jusqu’à la fin.

J’ai beaucoup aimé l’histoire et les dessins avec ses personnages qui correspondent bien au sujet et à l’atmosphère.

Bastien (12 ans) a aussi lu cette BD et il a bien aimé!

Pour voir un extrait allez sur le site de l’éditeur!

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 chez Cryssilda

Rencontre avec Terkel Risbjerg, auteur de BD

Dans le cadre du festival « Les Boréales », un festival sur la culture Nordique, j’ai eu l’occasion de rencontrer Terkel Risbjerg, un auteur, dessinateur de BD d’origine danoise. Pour la petite histoire, j’ai emprunté son dernier album « Le don de Rachel » à la médiathèque car j’avais aimé deux autres BD de lui et de Anne-Caroline Pandolflo (« Enferme-moi si tu peux » et « La lionne« ) et le jour même j’ai vu dans le programme du festival qu’il venait assez près de chez moi!

Originaire du Danemark, auteur de BD et illustrateur, il est arrivé en France pour faire un stage. Il s’intéressait au cinéma et il aimait dessiner et la France est le pays où il y a le plus de bandes dessinées. Il a toujours beaucoup lu des bandes dessinées francophones traduites en danois quand il était jeune.

Finalement, il est allé vers le dessin animé même si ça l’intéressait moins. Il a travaillé dans une entreprise de dessins animés pendant 10 ans car la réalité, c’est que travailler dans le dessin animé ça veut dire être intermittent alors qu’en tant que dessinateur de BD il n’y a rien à part la vente des livres. Mais il remarque que la plupart des gens qui travaillent dans le dessin animé rêvent d’écrire leur propre bande dessinée. En BD, il est auteur alors qu’en dessin animé, il était artisan, il travaillait pour quelqu’un d’autre. C’est plus professionnel  et commercial que la BD.

En 2021, 2 BD de 200 pages sont sorties alors qu’habituellement c’est une par an. « Le don de Rachel » devait sortir en 2020 mais a été repoussé à cause du Covid. À la question sur le temps nécessaire pour créer une BD en entier, il répond que cela dépend et qu’on ne peut pas généraliser. Il est en couple avec Anne Caroline Pandolfo et ils font des albums ensemble, un par an, et des commandes peuvent aussi se greffer.

L’idée vient toujours de Anne-Caroline Pandolfo. Elle écrit et il dessine. Elle écrit en sachant que c’est lui qui va mettre en images et ils en discutent beaucoup. Elle commence et il finit. Quand il termine, elle commence souvent quelque chose de nouveau. Pendant le travail, ils s’adaptent pour pour éviter des redondances. Ils font tout le livre, d’abord au crayon, au stylo bic ou au fusain. Il n’utilise pas d’outils nobles pour commencer pour pouvoir avoir une vision d’ensemble sur le livre et ils le refont après l’avoir soumis aux éditrices. Quand ils font une BD tous les deux, ils font leur livre d’une manière moins cadrée. Ils travaillent ensemble et tout est simple. Il y a toujours beaucoup d’échanges. Ils peuvent toujours revenir sur ce qu’ils sont en train de faire. Anne Caroline ne précise pas trop dans les textes ce qu’il faut dessiner pour qu’il ait plus de liberté et pour lui permettre de faire de vraies propositions.

Dans les commandes, il explique qu’il perd un peu cette liberté. Son dernier album « Les contes de Grimm » est une commande. C’est sa première BD pour enfants. Il a eu son mot à dire car quand on lui a demandé d’adapter 15 contes, il a su que ce n’était pas possible, cela aurait été trop survolé. Le scénariste n’est pas quelqu’un qui écrit pour la BD d’habitude n’avait pas écrit des directions trop précises et par la force des choses Terkel Risjberg a pu intervenir dans le scénario. Ces contes de Grimm ne sont pas une version édulcorée à la Disney. Le but du jeu a été d’essayer d’être le plus fidèle possible mais pour le format BD il fallait adapter, aller plus loin que la fidélité au conte, apporter plus de personnalité aux personnages. Il a rallongé presque tous les contes et a trouvé un rythme entre le texte et les dessins..

Avant cela ils avaient déjà adapté un texte littéraire avec « Perceval ». C’était un choix  d’Anne Caroline Pandolfo et c’est une adaptation du texte de Chrétien de Troyes qui était un texte inachevé. Pour la BD, ils ont apporté une fin pour terminer l’histoire. Ils ont délibérément évité de situer « Perceval » dans une période précise du Moyen-Âge et créé un Moyen-Âge fantasmé. Ils ont fait un jeu sur les enluminures  et ont pris des libertés dans l’adaptation. Par exemple, au lieu de la quête de Dieu, ils ont transformé cela en une quête de soi.
Pour la BD « Serena », c’était très différent de ce qu’ils faisaient d’habitude mais c’était une super expérience de se confronter à un univers qui n’est pas le leur. C’est une adaptation et il fallait mettre une part d’eux dans la BD  tout en étant fidèle au texte.

Chaque bande dessinée est très différente. Ils utilisent des supports différents et travaillent sur des époques différentes. Ca les passionne. Leurs BD ressemblent plus au roman avec des histoires complètes et pas des séries. Le roman graphique avec une histoire complète c’est très différent des BD en série,  ils sont assez sensibles à la psychologie des personnages qu’ils peuvent se permettre de développer.

Il fait remarquer qu’il y a de plus en plus d’autrices, d’éditrices et de lectrices de BD et que cela apporte beaucoup à la bande dessinée. Il essaie toujours de faire en sorte que tous les personnages soient différents, il ne cherche pas à se reposer sur le personnage de la « jolie femme stéréotypée », il veut toujours faire des personnages différents physiquement et psychologiquement.

Il explique que c’est très long de faire les personnages. Anne-Caroline dessine aussi donc ils échangent aussi sur le graphisme. Il commence à crayonner, une fois sur mille  c’est bon tout de suite mais le reste du temps cela nécessite beaucoup d’essais. Anne Caroline, qui « écrit » le personnage, a le dernier mot sur le physique mais souvent cela se fait à 4 mains. Ils font mutuellement des suggestions et souvent s’inspirent de tels ou tels acteurs ou actrices ou de vraies personnes qu’ils connaissent. Parfois, elle dessine par-dessus ses propres dessins.

Il explique que comme c’est très long, il vaut mieux aimer ses personnages et s’ils étaient stéréotypés, il n’aurait pas envie de rester 1 an avec eux et d’ailleurs, souvent, à la fin, il a du mal à les quitter.

Il est incapable de dire lequel de ses personnages il préfère mais il est vrai que le personnage de Rachel dans « le don de Rachel » est particulier pour lui car elle disparaît de l’histoire avant la fin de la bande dessinée et elle lui a manqué car il s’est attaché à ce personnage.

Dans le cas de « Enferme moi si tu peux », leur BD sur des artistes d’art brut, les personnages sont des personnes qui ont réellement existé mais ils les ont inventés en tant que personnages. Il y a une certaine ressemblance physique mais ils les exagèrent pour qu’ils soient reconnaissables. Ils sont partis des biographies pour être fidèles à leurs vraies histoires. Ils ont pris des libertés graphiques pour faire en sorte que l’art des personnages se retrouve dans le style des dessins dans la bande dessinée. L’idée de cette bande dessinée vient Caroline qui lui a fait découvrir l’art brut car elle a fait des études d’art déco et elle s’y connait mieux que lui dans le domaine.

Quand quelqu’un lui a demandé s’il n’était pas frustré de ne pas être à l’origine des BD qu’il fait avec sa femme, il a expliqué qu’il  a essayé d’écrire des BD mais il s’est rendu compte qu’il n’était pas fait pour l’écriture. Il a une grande confiance dans l’écriture d’Anne Caroline Pandolfo qui sait écrire pour lui et ce n’est pas un regret pour lui de ne pas être celui qui écrit les histoires.


Il annonce qu’il y a un projet en cours pour 2023 un album un peu plus long « Copenhague ». Il plaisante en disant qu’il sera peut-être à nouveau invité pour le festival Les Boréales à ce moment-là.

J’ai trouvé cette rencontre très intéressante en particulier sur le fait de travailler à deux sur des albums. J’ai pu échanger un peu avec lui après quand j’ai fait dédicacer la BD que j’ai achetée : je vous en parlerai bientôt!

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 chez Cryssilda

Le don de Rachel : Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Risbjerg

Résumé de l’éditeur : « Paris, 1848. Rachel a un don. Elle peut lire à travers le temps, les lieux, les gens et leurs histoires. Elle rêve de provoquer chez ses semblables une ouverture vers de nouveaux horizons. Sorcière pour les uns, phénomène de foire pour les autres, elle s’épuise et peine à trouver sa place. Un jour, elle disparaît sans laisser de traces…
Bien des années plus tard, Liv, metteure en scène de théâtre, et Virginia, photographe, croisent le chemin de Rachel au cœur de leur démarche artistique. Rachel aurait-elle enfin trouvé sa voie par le biais d’une sororité créative défiant les lois de la raison ?
« 

*

De ce couple d’auteurs, j’ai lu et beaucoup aimé « Enferme-moi si tu peux » et « La lionne » et du dessinateur seul, un livre jeunesse  « Gâteau!« 

Rachel, a un don de voyance extraordinaire, elle peut tout voir mais dans la bonne société du 19e siècle qui s’est entichée d’elle, elle est utilisée comme une attraction, un singe savant, alors qu’elle rêve d’ouvrir les esprits des gens. Elle ne supporte plus d’être enfermée dans ce rôle réducteur et oppressant. Son proche ami écrit son histoire et un daguerréotype a été pris d’elle et ce seront d’ailleurs les seuls résidus de sa vie quand elle disparaîtra un jour sans donner signe de vie…

Plus tard, dans les années 1970, Liv, une chorégraphe danoise, met en scène la vie de Rachel après qu’elle ait lu son histoire dans une petite biographie illustrée d’une photo de cette jeune femme. Liv se débat dans ce qu’elle cherche à transmettre dans ce ballet. Elle s’imprègne de la vie de la jeune voyante et se cherche aussi dans sa propre vie.

Plus tard encore, Virginia, une jeune photographe, découvre par hasard qu’un spectacle a été fait sur une femme dont elle reconnait le portrait car elle l’a chez elle… Elle rencontre la chorégraphe, maintenant âgée et il y a un moment d’échanges et de transmission.

J’ai vraiment aimé cet album, j’ai trouvé l’histoire de ces femmes intéressante et les dessins vraiment très beaux. Je vous recommande cette BD!

Cliquez ici pour voir des planches.

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 chez Cryssilda

L’affaire Madame Paul : Lucie Doucet

Cet album est constitué de planches qui sont initialement parues sous forme de feuilleton dans la presse montréalaise à la fin des années 1990.

Julie, l’autrice et le personnage principal, est étudiante et elle s’installe avec son petit ami André dans un appartement. La concierge, Madame Paul, une femme gentille mais assez envahissante qui aimerait que Julie laisse « Dédé » pour se mettre avec Jacques, son neveu et propriétaire de l’immeuble.

On suit donc les rencontres un peu gênantes entre André, Julie et Madame Paul, les discussions de Julie et son amie à qui elle se confie et les problèmes avec les autres locataires.

Et puis, un jour, Madame Paul disparait, elle a déménagé sans prévenir et l’immeuble a été racheté. Mais son neveu Jacques ne semble pas savoir où est sa tante, ni les deux autres neveux qui contactent Julie…

Mon avis est vraiment mitigé. Tout d’abord, sur la forme : je n’ai pas du tout aimé les dessins que j’ai trouvé grossiers et fouillis. Et puis sur le fond : je me suis tout simplement ennuyée, c’est soit très quotidien et sans intérêt soit on croit entrer dans une aventure mais en fait c’est un pétard qui fait « pffuit »…

La seule chose qui m’a plu (et qui à mon avis peut être une barrière pour ceux qui n’en ont pas l’habitude) c’est le fait que le texte est en québécois et c’est vraiment sympa!

Pour voir des planches, cliquez ici!

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chez Karine:) et  Yueyin 

Les belles personnes : Chloé Cruchaudet

J’avais repéré cette BD lors d’un rendez-vous du mercredi mais je suis aussi très admirative du travail de Chloé Cruchaudet donc je savais que je le lirai un jour et quand ma gentille collègue Coralie m’a prêté des BD pour ma convalescence, j’ai été vraiment contente de découvrir celle-ci!

De Cloé Cruchaudet, j’ai lu et aimé La croisade des innocents, La poudre d’escampetteIdaGroenland Manhattan et Mauvais genre et j’ai aussi aimé le fait que tous ces livres soient différents les uns des autres.

Ici encore elle se renouvelle car ce n’est pas vraiment une histoire qu’elle raconte mais DES histoires. Au début, elle explique qu’elle a demandé à des gens de parler de belles personnes de leur entourage et elle raconte en dessin ce que ces personnes ont perçu, pourquoi ils les considèrent comme de belles personnes. A la fin, il y a un cahier avec le témoignage complet à l’origine des planches et de l’interprétation de Chloé Cruchaudet, accompagné d’un portrait digne d’un tableau.

J’ai aimé! J’ai été très touchée et même émue à en avoir les yeux qui piquent de lire ces témoignages : des personnes qui font des choses grandes ou petites, des gens ordinaires et qui pourtant se révèlent extraordinaires pour d’autres. On a envie d’être une belle personnes quand on lit ce texte et pourtant les belles personnes qui sont décrites ici ne le font pas exprès, elles sont juste elles mêmes!

A découvrir tant pour les histoire que pour les dessins tout en légèreté et en mouvement qui habillent vraiment bien ces vies.

Vu chez Noukette et Le Petit Carré Jaune et pour voir des planches, cliquez ici!

par ma collègue Coralie! Merci!

Chroniques de jeunesse : Guy Delisle

Résumé de l’éditeur : « La Birmanie, Jérusalem et maintenant le passé… Avec la justesse et la finesse qu’on lui connaît, Guy Delisle nous entraîne pour un 3e voyage, dans son Québec natal, au coeur d’une usine à papier où il fut employé. Vous ne le saviez peut-être pas mais avant d’être un célèbre auteur de bandes dessinées, le jeune étudiant Guy Delisle a travaillé trois étés dans une usine à papier. À partir de cette expérience de jeunesse, il dresse un portrait drôle et tendre du monde du travail et questionne les relations qu’il entretient avec son père, lui-même salarié dans l’usine. »

*

De Guy Delisle, j’ai lu et aimé « Pyongyang » (avant le blog), « Chroniques Birmanes« , « Chroniques de Jérusalem », « Le guide du mauvais père T 1 » et « S’enfuir -Récit d’un otage« .

J’ai emprunté cette BD, croisée par hasard à la médiathèque, en espérant retrouver le savant mélange de quotidien et de situations inhabituelles que j’avais découvertes dans « Chroniques Birmanes » et « Chroniques de Jerusalem » mais j’avoue avoir été déçue.

Ces chroniques de jeunesse racontent la jeunesse de Guy Delisle quand il était étudiant avant de devenir dessinateur et qu’il travaillait à l’usine mais je dois dire que j’ai trouvé ça assez creux. En fait, ça m’a fait penser à d’autres BD québécoises : la série « Paul » de Michel Rabagliati mais il manquait toute la poésie que j’avais trouvée dans cette série. Je me suis un peu ennuyée.

Je vous recommande plutôt les autres titres de Guy Delisle que j’ai lus ou ceux de Michel Rabagliati!

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chez Karine:) et  Yueyin