Les petites distances : Camille Benyamina et Véro Cazot

Dans la rue, personne ne voit Max, il se fait bousculer par la foule, on ne le remarque pas et quand il arrive chez lui, non seulement sa petite amie est en train de coucher avec quelqu’un d’autre mais quand elle le voit arriver, elle semble avoir du mal à se souvenir qu’ils vivent ensemble…

Il prend une colocation dans un immeuble et son nouveau colocataire l’oublie aussi vite qu’il l’a accepté, sa psy ne semble pas s’apercevoir qu’il est là…

Il a vraiment le sentiment qu’il disparaît aux yeux de tous et puis petit à petit il réalise qu’il est en fait en train de disparaître réellement, tout en ayant conscience de toute ce qui se passe autour de lui…

En parallèle, nous suivons aussi la vie de Léo, une jeune femme qui vit dans le même immeuble que Max. Elle couche avec un garçon sans ressentir quoi que ce soit car ce qu’elle veut, c’est dormir avec quelqu’un parce qu’elle ressent la présence d’esprits néfastes qui l’empêchent de dormir quand elle est seule.

Quand Max disparaît aux yeux du monde il commence à vivre dans l’appartement de Léo et même si elle ne le voit pas, sa présence lui permet de se sentir mieux et Max commence à avoir des sentiments pour elle… Entre les deux personnages il y aura des choses qui passent dans les sensations et il y a beaucoup de sensualité dans cet album.

Cette BD mêle des aspects fantastiques à des aspects psychologiques sur la solitude,  l’amour et les traumatismes que l’on porte et que l’on garde même en étant entourés. J’ai beaucoup aimé cet univers que j’ai trouvé très touchant.

J’ai aussi beaucoup aimé les dessins.

Je vous conseille cette BD.

Repéré chez Nath Sci. Pour voir des planches cliquez ici.

C’est aujourd’hui que je vous aime : François Morel et Pascal Rabaté

Cet album raconte un récit d’une adolescence des années 70. Que ce soit l’histoire de François Morel ou pas, peu importe car chacun pourra se retrouver dans ce portrait d’un tout jeune homme en plein émois amoureux, en pleine découverte du désir et de la frustration, des sentiments et du corps.

Le jeune homme, alter égo de François Morel, âgé de 12 ans, est amoureux d’Isabelle Samain, une fille qu’il aime de loin car il n’ose pas lui parler et pourtant il ne pense qu’à elle et il pense à elle tout le temps.

Cette BD raconte donc cette période où les adolescents rêvent d’amour mais n’ose pas sauter le pas et aussi cette période entre l’enfance (où on fait des blagues au téléphone) et l’âge adulte (où on rêve de pouvoir connaître la sexualité fantasmée).

Le fait que le récit se déroule dans les années 70, donc sans les moyens modernes de communication, rend les choses peut-être encore plus compliquées et donne un charme retro à cette histoire… Mais en réalité, c’est une histoire assez universelle dans laquelle chacun se retrouvera.

C’est à la fois drôle et touchant!

J’ai beaucoup aimé les dessins qui accompagnent parfaitement le texte. Cela faisait un moment que je n’avais pas lu de BD de Pascal Rabaté et j’aime bien ses personnages et son univers qui se marient vraiment bien à l’univers « poético-comique » de François Morel.

Je vous conseille vivement cette BD que j’avais repérée chez Sablors d’une rendez-vous du mercredi.

Des planches à voir ici!

avec Lasardine : Allons voir son avis!

Les beaux étés 5. La fugue : Zidrou et Jordi Lafebre

A la fin de l’année 1979 la famille Faldérault ne respire pas la joie de vivre… Madeleine, la mère, travaille dans un magasin de chaussures et elle ne supporte ni sa patronne peu aimable, ni les clients peu agréables… De son côté, Pierre, le père, se laisse persuader par son patron Delmotte qui se retrouve sur un lit d’hôpital, de dessiner à nouveau la série « Zagor » dont il était pourtant content de s’être libéré…

Sur un coup de tête, ils décident de fêter Noël au soleil ! Julie ne les accompagnera pas car elle doit réviser. Louis, lui ne voit pas d’un bon oeil ces vacances car il avait prévu depuis longtemps d’aller en Angleterre pour le concert des Pink Floyd… Il vit d’ailleurs très mal qu’on le force à partir en famille sans tenir compte des envies et ses choix… Il accompagne la famille à contre coeur, le walkman vissé aux oreilles… Jusqu’à ce qu’il leur fasse faux bond en faisant une fugue dans un camion avec une conductrice hollandaise.

Les vacances au soleil vont alors se transformer en « chasse à Louis »… Mais malgré tout cela sera une belle histoire familiale qui les rapprochera plus qu’autre chose.

Il est est vraiment toujours agréable de retrouver cette famille  à la fois extraordinaire et tellement normale!

Une famille qu’on est toujours content de retrouver : Tome 1 / Tome 2 / Tome 3 / Tome 4

Cassandra Darke : Posy Simmonds

Cassandra Darke est une vieille femme pas très sympathique qui ne semble pas aimer grand monde. Elle vit dans un quartier très chic de Londres et s’occupe de la galerie d’art de son ex-mari, étant elle-même experte dans certaines domaines artistiques. Elle est très contente de sa vie auprès de son petit chien, les êtres humains qui l’entourent ne l’intéressant guère…

Mais sa vie change radicalement quand elle se fait prendre par la justice pour une fraude qu’elle a mis en place en vendant des faux par le bisais de la galerie.

On retrouve ensuite Cassandra un an après ses ennuis judiciaires. Elle assiste à une cérémonie d’hommage à son ex-mari mais à contre coeur car ce dernier s’était remarié avec sa sœur et les deux femmes s’étaient éloignées. Elle ne veut pas non plus se mêler aux gens du milieu artistiques qu’elle fréquentait avant sa déchéance sociale.

Cassandra revoit sa nièce, Nicki qu’elle n’avait pas vu depuis qu’elle l’avait hébergée dans son appartement au sous sol de sa maison londonienne avant ses problèmes… Un jour, la vieille femme trouve une arme et des objets féminins dans la poubelle de son appartement dans lequel personne n’avait vécu depuis Nicki…

Nous faisons un retour en arrière sur ce qui s’est passé du point de vue de Nicki, avec son petit ami qui va être celui qui la relie au pistolet… Une histoire glauque à laquelle elle se retrouve mêlée malgré elle. Cassandra aussi s’y trouve mêlée, tout d’abord pour essayer de se débarrasser de ces histoires qui l’encombrent mais petit à petit, elle va gagner en empathie envers sa nièce.

J’avais lu plusieurs fois que le personnage de cette BD était basé sur Scrooge de Dickens, mais franchement, à part le fait que Cassandra est un peu acariâtre et misanthrope et qu’elle finisse par s’adoucir, je n’ai pas vraiment vu de liens avec « Un conte de Noël »…

Cette histoire est donc des portraits de deux femmes très différentes même si elles sont toutes les deux assez exaspérantes par de nombreux aspects mais en faisant un bout de chemin ensemble elles évoluent au contact l’une de l’autre. C’est aussi une chronique sociétale et une histoire digne d’un roman noir.

J’aime beaucoup les romans graphiques de Posy Simmonds car elle prend le temps d’installer des personnages et les ambiances. J’aime ses dessins et j’ai particulièrement aimé dans celui-ci de me retrouver dans Londres!

Repéré chez Jérôme

  chez Noukette

chez Lou et Titine

Courtes distances : Joff Winterhart

Sam est un jeune homme de 27 ans qui se sort à peine d’une dépression et qui semble avoir gardé une langueur nonchalante, une absence d’envies qui le tient à distance des autres. Il est retourné vivre chez sa mère qui le met en contact avec une vague relation familiale.

Keith Nutt est le patron de KLN Ltd une obscure entreprise spécialisée dans « la distribution et le transport » et il prend Sam avec lui pour « le former » mais dans les faits, le travail et la formation consiste à passer tout leur temps dans la voiture de Keith, qui va d’entreprise en entreprise avec des dossiers. Keith estime qu’il faut que Sam apprenne progressivement et au début, il n’a même pas le droit de l’accompagner dans les bureaux. Par contre, il lui confie la surveillance de sa chienne qui est très importante pour lui.

Les relations entre les deux hommes sont particulières, Sam parle très peu, il est comme extérieur au monde et Keith parle beaucoup mais en radotant des histoires le concernant. Mais ce duo quasiment enfermé dans une voiture nous montre deux solitudes.

En effet, j’ai trouvé qu’il y avait finalement beaucoup de points commun entre les deux hommes : ils sont un peu à part, seuls et coupés des autres même si cela ne se manifeste pas de la même manière.

Sam aurait pu devenir un Keith et Keith s’est peut-être vu dans Sam.

L’auteur est un vrai observateur des personnes qui entourent ses personnages principaux et c’est dans les détails qu’il brosse le portrait d’une petite ville où tout le monde se connaît mais où des grandes solitudes passent inaperçues.

Ce n’est pas un album très joyeux mais intéressant.

  chez Noukette

chez Lou et Titine

Hilda (tome 1-5) : Luke Pearson

1-Hilda et le troll

Hilda est une petite fille aux cheveux bleus qui vit avec sa mère dans une petite maison au milieu de la nature. Hilda adore faire de grandes promenades dans la montagne avec son animal de compagnie « Brindille », une sorte de mélange de petit daim et de renard bleuté adorable. Il faut savoir que dans cette série, il y a des êtres étranges, appartenant à une mythologie inventée, qui côtoient les humains que sont Hilda et sa mère.

Dans cet épisode, Hilda croise un Troll de pierre qu’elle dessine dans son carnet mais elle n’a pas repéré une information essentielle dans son guide sur les êtres mystérieux qui l’entourent ce qui entraîne quelques soucis avec ce Troll… Heureusement, un curieux petit bonhomme de bois est là pour aider la petite fille.

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2-Hilda et le géant de minuit (également paru sous le titre Hilda et le géant de la nuit)

Les Elfes invisibles qui vivent autour de la maison d’Hilda et sa mère exigent qu’elles quittent les lieux et ils passent même aux menaces physiques et détruisant leur salon. Alfur, l’un de ces êtres minuscules, se lie d’amitié avec Hilda et fait en sorte qu’elle puisse les voir et c’est là qu’elle réalise qu’ils vivent littéralement à leurs pieds… Hilda va alors essayer persuader le premier ministre des elfes de les laisser vivre dans leur maison comme avant.

Par ailleurs, Hilda a repéré un géant aussi grand qu’une montagne qui apparaît tous les soirs à minuit à qui elle finit par parler. Ce géant qui vivait dans cette région des siècles auparavant attend une personne avec qui il avait rendez-vous… Hilda va donc être confrontée au minuscule et au géant…

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3-Hilda et la parade des oiseaux

Hilda, sa maman et Brindille viennent de s’installer à Trollburg, la grande ville au pied des montagnes où elles vivaient auparavant. La mère d’Hilda est très angoissée à l’idée de laisser sa fille se promener seule en ville qu’elle perçoit comme pleine de dangers. Elle ne peut pas lui refuser une sortie avec une bande de camarades de sa nouvelle école. Mais Hilda est complètement perturbée de voir comment ces enfants se comportent, notamment vis à vis des oiseaux qu’ils attaquent à coups de pierres.

Choquée, Hilda sauve un oiseau noir qui parle et qui a perdu la mémoire. Il ne sait même plus voler mais il sent qu’il doit faire quelque chose d’important. En essayant de rentrer, Hilda et l’oiseau noir se perdent complètement dans la ville qu’elle ne connait pas encore. Elle fait plein de découvertes malgré elle mais elle ne laisse pas son nouvel ami à l’abandon.

Quand il retrouve la mémoire, l’oiseau s’avère être un être magique très important et il remerciera Hilda en réunissant la mère et la fille toutes les deux inquiètes de s’être perdues au cours de la soirée.

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catégorie « animal » pour ma ligne BD

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4-Hilda et le chien noir
Hilda qui s’ennuie un peu dans sa nouvelle vie en ville est persuadée par sa mère de s’inscrire chez les scouts. La mère d’Hilda garde un excellent souvenir de son passages chez les « Moineaux » où elle avait à l’époque gagné beaucoup de badges. Hilda a un peu la pression pour faire aussi bien mais c’est aussi l’occasion pour elle de se faire de nouveaux amis.
Hilda, toujours l’esprit ouvert aux êtres étranges, découvre les Nisses, des esprits domestiques qui vivent dans tous les espaces perdus des maisons et qui partagent la vie des habitants en toute discretion puisque les espaces qu’ils habitent deviennent des pièces magiques auxquelles la petite fille va pouvoir accéder avec un nouvel ami, Tontu, qui lui fait découvrir les passages entre les différents espaces qui permettent de passer d’une maison à une autre.
A la même époque, un mystérieux chien noir semble attaquer la ville…

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5-Hilda et la forêt de pierres

Les relations entre Hilda et sa mère son tendues. En effet, la petite fille passe plus de temps à écumer la ville avec ses amis et Tontu et elles ne passent plus de temps ensemble. Un jour, alors qu’Hilda est sur le point de traverser un espace magique avec Tontu -son ami Nisse-, sa mère l’empêche de partir et elles se retrouvent toutes les deux projetées dans la forêt de pierre où vivent les Trolls qui sont loin d’être sympathiques…

La fin est assez terrible … on veut la suite!!!

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J’ai beaucoup aimé cette série à l’univers un peu fantastique, fraîche, drôle et vraiment charmante. Les dessins sont agréables avec des couleurs chaudes un peu rétro. J’ai découvert cette série en faisant une recherche sur des BD anglaises pour le mois anglais et c’est une très agréable surprise. J’ai commencé par le premier tome « juste pour voir » mais après l’avoir lu avec plaisir avec Bastien, j’ai fini par emprunter tous les tomes! J’ai vu que le tome 6 est sorti en anglais alors j’ai bon espoir qu’il soit traduit en France bientôt (mais je n’en ai pas trouvé de traces sur internet).
Je vous conseille vraiment cette série et Bastien aussi!

 chez Lou et Titine

Appelez-moi Nathan : Catherine Castro et Quentin Zuttion

L’histoire commence avec Lila, une petite fille puis une adolescente… Mais en fait, depuis toujours, Lila sait qu’elle n’est pas une fille et elle n’est pas Lila… Son nom choisi est Nathan et il veut que tout le monde arrive à le considérer comme ce qu’il sait qu’il est : un garçon… Pas une fille « garçon manqué », pas une lesbienne, non, il ne veut pas « devenir un garçon » car il « est » un garçon, c’est quelque chose que Nathan sait…

Evidemment, ce n’est pas une situation facile à exprimer et faire comprendre à son entourage. Quand Nathan est encore Lila, il commence par porter des vêtements masculins et une coupe « garçonne » mais au bout d’un moment cela ne suffit pas… Les seins et les règles deviennent des tortures permanentes.

Ses amis acceptent la situation très bien, les parents ont besoin de plus de temps… (ce qui est compréhensible) mais une fois que chacun a accepté qui était réellement Nathan, tout est mis en oeuvre pour lui permettre de devenir lui-même aux yeux de tous et notamment de la loi.

J’ai trouvé cet album très touchant, poignant même car on ne sait pas forcément ce qui traverse les personnes transgenres et cet album permet par le biais graphique de transmettre la souffrance ressentie. L’environnement adolescent de la vie de Lila/Nathan est aussi très intéressant car cet album montre à la fois des vies d’adolescents ordinaires et les tourments de Nathan et c’est un vrai appel à la tolérance et à la compréhension d’un sujet sérieux auprès des jeunes lecteurs.

The Autist Reading en a parlé il y a peu de temps. Et je vous conseille aussi le roman jeunesse « George » sur une tranche d’âge plus jeune.

catégorie « lecture » (nom de l’éditeur) pour ma ligne BD

Les croques -Tome 1-Tuer le temps : Léa Mazé (Billet avec Bastien)

J’avais repéré cette BD lors d’un rendez-vous de la BD du mercredi et je me souviens avoir demandé à la personne qui en avait parlé si ça pourrait plaire à Bastien mais j’ai oublié qui c’était, désolée. Quand j’ai vu que Masse Critique proposait ce titre, je l’ai coché pour moi et Bastien!

Céline et Colin sont des jumeaux qui vivent avec leurs parents au pied d’un cimetière car leurs parents s’occupent d’une entreprise de pompes funèbres. Ils vivent très mal leur metier car au collège tout le monde se moquent d’eux et leur donnent des surnoms en rapport avec les croques-morts… Ils ne sont pas très sérieux au collège et finissent par être exclus plusieurs jours et doivent rester à la maison.

Leurs relations familiales sont très tendues les adultes semblent sur les nerfs et les enfants les dérangent toujours… Céline et Colin doivent s’acquitter de leur punition qui est de nettoyer le cimetière et se réfugient auprès de Poussin, le graveur de pierres tombales qui travaille pour leurs parents, avec qui ils s’entendent très bien.

En traînant entre les tombes, ils remarquent des signes étranges gravés sur les pierres tombales et ils se décident à mener l’enquête pour résoudre cette énigme et tuer le temps…

Ce premier tome se termine par un grand suspense et ma réaction a immédiatement été : « Ah non! » et j’ai ensuite été chercher la date de sortie du tome 2 (car je sais que je le lirai!) et c’est prévu pour la fin septembre 2019!

J’ai aimé les dessins et j’ai particulièrement aimé les couleurs.

Voici l’avis de Bastien (9 ans et demi) pris sous la dictée sans que je ne change un mot (et sans qu’il ait eu connaissance de mon avis) :

« C’est l’histoire de deux enfants qui habitent dans un cimetière et qui doivent subir les railleries de leurs camarades. Mais leur vie va être changée par une marque trouvée sur une tombe. Ils vont alors se lancer dans une enquête dans le cimetière mais à la fin… Je n’en dis pas plus pour laisser du suspense…

J’ai bien aimé ce livre car il y a de l’aventure et du suspense … mais beaucoup trop de suspense à la fin et je veux le tome 2!

Je n’ai rien de particulier à dire sur les dessins, c’est comme n’importe quelle BD. »

Merci à   et Les Editions de la Gouttière

La petite peste philosophe -Anatomie d’une débâcle : Vanna Vinci

Quatrième de couverture : « Elle est nihiliste, parle comme une jeune femme de trente ans, passe son temps sur Internet, demande un lifting pour son anniversaire, est spécialiste du sotto voce et lit Kant en cas d’insomnie. Heureusement, la petite peste philosophe a un interlocuteur à sa mesure, une peluche, Lillo, son confesseur qu’elle adore parce qu’il l’écoute sans poser de questions et surtout accepte toutes ses fantaisies. Bref, cette petite fille, vous allez adorer la détester ! »

J’ai choisi cette bande dessinée uniquement parce que son auteur est italienne et je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. L’histoire commence par un chapitre intitulé « Genèse » et avec la naissance de l’héroïne, le jour de l’accouchement, ou plus exactement, son refus de naître. Le dialogue entre le bébé et le gynécologue est assez surréaliste car non seulement  l’enfant à naître parle très bien mais elle a des idées bien arrêtées sur le monde dans lequel elle ne veut pas entrer…

Tout le reste est à l’avenant : la petite fille est cynique à souhait et réagit non pas comme une jeune femme de trente ans comme le dit la 4eme de couverture, mais plutôt comme un vieux grincheux… Bien qu’elle dépasse pas l’enfance dans cet album.

Les relations avec sa mère, son doudou, ses camarades de classe et … un cochon qui parle, intellectuel et distingué qui danse très bien le tango… sont l’occasion de faire ressortir son nihilisme et son cynisme…

Au départ, j’ai trouvé des points communs avec « Mortelle Adèle » (je me demande vraiment d’ailleurs si les auteurs de cette série jeunesse ne se sont pas largement inspirés de « La petite philosophe », c’est tellement frappant) mais plus adaptée aux adultes qu’aux enfants, plus « intellectuel », qui se prend un peu trop au sérieux… Personnellement, si j’ai souri par moments, je me suis assez vite lassée. C’est un peu trop répétitif et cela sonne faux. Je ne suis pas entrée dans l’univers de cette petite fille car la personnalité est vraiment trop décalée de l’âge supposé du personnage. J’aurais peut-être plus adhéré si elle avait eu 13 ans, cela aurait été plus réaliste…

Je vous recommande plutôt Mortelle Adèle (Tome 1 / Tome 3) 😉

Chez Martine

catégorie « partie du corps » pour ma ligne BD

La Croisade des Innocents : Chloé Cruchaudet

Au 13e siècle, Colas fuit sa famille car sa soeur vient d’avoir un accident par sa faute et il a peur de son père. Il se retrouve parmi d’autres enfants errants, vivant dans la fatigue, exploités qu’ils sont par le patron de la brasserie où ils travaillent. Le seul moment de répit est la messe et le spectacle de marionnettes sur Jésus que leur montrent les prêtres.

Un jour, Colas voit un corps pris dans un plan d’eau gelé et commence alors la légende de celui qui a vu Jésus… Avec son copain Camille, ils racontent que Jésus leur a demandé d’aller à Jerusalem. Les autres enfants, purs et croyants, décident de suivre cette croisade.

Ils partent sans adultes et décident de n’accepter que des enfants purs comme eux. Au fil du chemin, des plus grands, moins purs, les rejoindront et pour survivre ils organisent des spectacles de marionnettes pour raconter leur croisade et le message de Jésus.

Ils croient à leur histoire, même Colas et Camille veulent y croire. Mais vivre seuls dans ces conditions n’est pas simple pour une grande bande d’enfants sans défense. Et des coeurs purs ne suffisent pas.

C’est une jolie histoire illustrées de façons très agréable dans des tons sombres qui retracent bien le texte. J’ai trouvé la fin vraiment touchante. Je vous recommande cet album, comme tous ceux de Chloé Cruchaudet (dont j’ai aimé tout ce que j’ai lu, qui est, c’est important de le noter, toujours très différents d’un album à l’autre!) : La poudre d’escampette, Ida, Groenland Manhattan et Mauvais genre.

J’avais repéré chez Mo!