Lac-Mégantic à jamais : Marie-Hélène Rousseau, Marie Eve Lacaset Myriam Roy

« Le 6 juillet 2013, aux petites heures du matin, un train laissé sans surveillance sur une voie ferrée au Québec part à la dérive. Le lourd convoi de 72 wagons de pétrole brut termine sa course folle en plein centre-ville de Lac-Mégantic, faisant 47 victimes. Récit de cette dernière nuit qui a marqué les gens de Lac-Mégantic à jamais.« 

Cette bande dessinée retrace donc un terrible accident qui a eu lieu dans une ville du Québec et qui a fait de nombreux morts. Les auteurs, des journalistes, ont choisi de parler des la nuit d’avant et de prendre le point de vue de la population qui passe en un instant d’une vie ordinaire et insouciante à un drame affreux.

Il y a à la fois beaucoup de douceur dans les dessins et une tension qui monte petit à petit. C’est une BD qui montre à quel point la machine qui s’emballe peut détruire en un instant la vie humaine…

Repérée chez PatiVore, disponible librement sur Ici Radio Canada Première. Pour en savoir plus cliquez ici!

chez Karine:) et  Yueyin

Catégorie  L’amérique pleure – Les cowboys fringants Un roman engagé.

James Joyce, l’homme de Dublin : Alfonso Zapico

Résumé de l’éditeur : « James Joyce est considéré comme l’un des écrivains les plus marquants du XXe siècle. Son œuvre majeure, Ulysse a marqué des générations de lecteurs. Alfonso Zapico, dans ce long récit très documenté, nous propose de découvrir l’homme qui se cache derrière ce monument de la littérature mondiale…« 

J’ai emprunté cet album parce que je voulais lire une BD pour le mois celte et le nom du célèbre écrivain irlandais m’a sauté aux yeux. Je n’ai jamais lu James Joyce et je connais mal l’homme alors je me disais qu’une biographe pourrait être intéressante.

J’ai bien aimé les dessins mais je dois avouer que j’ai trouvé cette biographie un peu trop dense et détaillée et j’ai parfois avancé en passant des pages sans les lire avec beaucoup d’attention car je m’ennuyais un peu. Il y a des passages qui concernent l’histoire de l’Irlande et qui sont intéressants et d’autres beaucoup moins.

Le personnage de James Joyce (je choisis délibérément le mot « personnage » car il était assez fantasque et assez éloigné de l’image « intello » qu’il peut avoir) est aussi présenté de façon très détaillée et parfois trop répétitive. C’était un homme assez égocentrique, très sûr de lui, égoïste, dilapidant l’argent qu’il n’avait pas et buvant plus que de raison…

Alors mon avis est plutôt mitigé et je ne vous recommande cette BD que si vous aimez beaucoup les biographies d’auteurs car à mon avis vous apprendrez des choses sur James Joyce.

chez Cryssilda

Graines de bandits : Yvon Roy

Résumé de l’éditeur : « Après Les Petites victoires, dans lequel l’auteur racontait avec force son quotidien de père d’un enfant autiste, Yvon Roy évoque avec toujours autant de finesse son enfance douloureuse. Touchant. Nous sommes en Amérique et le calendrier affiche 1973. Par ici, la modernité vient tout juste d’arriver. Pourtant, il suffit de s’éloigner de la ville de quelques centaines de kilomètres pour reculer de plusieurs décennies. Tout est contraste, tout est neuf ou inexploré, tout semble possible. C’est dans ce contexte que deux jeunes parents quittent la ville avec leurs deux fils pour s’installer en campagne dans le but avoué de fuir la modernité. Cependant, rien ne se passe comme prévu et le climat familial se détériore rapidement. La seule option pour les deux frères est de fuir. Fuir chaque jour les violences parentales vers les champs et les bois, pour s’inventer une autre existence. Dans ce petit village perdu, à force d’aventures, de mauvais coups et d’amours d’été c’est toute la vie qui leur sera révélée.« 

J’ai emprunté cette BD sur le nom de l’auteur car j’avais beaucoup aimé « Les petites victoires » et que je cherchais une BD québécoise pour le mois de novembre mais je n’avais aucune idée du sujet de celle-ci.

Je ne savais pas par exemple que c’était l’histoire de l’enfance d’Yvon Roy et ce n’est pas forcément une histoire très drôle. L’histoire qui commence comme une famille presque idéale qui se lance dans une nouvelle vie va vite changer de cap quand les parents se tournent vers une religion qui isole, quand les relations entre les parents ne sont pas sereines et que les garçons doivent supporter la colère permanente de leur mère…

Et c’est donc leurs relations de frères qui va les faire tenir, en se créant un univers où le jeu et l’imaginaire leur permettent de rester dans l’enfance et de fuir une réalité qui n’est pas facile à vivre… Ils sont aussi à cet âge d’entre deux, où ils sont encore dans l’enfance mais commence aussi à entrer petit à petit dans l’adolescence.

Cet album est intéressant, mais je ne suis pas entièrement convaincue, je suis un peu restée sur une impression de quelque chose d’un peu survolé, comme si l’auteur n’allait pas au bout de ce qu’il voulait montrer. Maintenant que je sais que c’est son histoire, je me demande s’il ne s’est pas un peu bridé? J’ai aimé les dessins qui vont bien avec l’esprit de l’enfance.

  chez Moka 

 

chez Karine:) et  Yueyin

Catégorie  Tit-Cul – Les cowboys fringants  Un roman ou un album ou une BD jeunesse.

La légèreté : Catherine Meurisse

Résumé de l’éditeur : « Dessinatrice à Charlie Hebdo depuis plus de dix ans, Catherine Meurisse a vécu le 7 janvier 2015 comme une tragédie personnelle, dans laquelle elle a perdu des amis, des mentors, le goût de dessiner, la légèreté. Après la violence des faits, une nécessité lui est apparue : s’extirper du chaos et de l’aridité intellectuelle et esthétique qui ont suivi en cherchant leur opposé – la beauté. Afin de trouver l’apaisement, elle consigne les moments d’émotion vécus après l’attentat sur le chemin de l’océan, du Louvre ou de la Villa Médicis, à Rome, entre autres lieux de renaissance.« 

Pas simple d’en dire plus sur cet album très personnel et très intime mais aussi assez universel puisqu’il s’agit de parler du deuil et de la difficulté à se relever d’un drame inacceptable. C’est aussi toute une réflexion sur la beauté et la place de l’art dans la reconstruction.

J’ai eu un coup de coeur et si je ne rentre pas dans les détails, je peux au moins vous dire que c’est beau, terriblement émouvant et juste. C’est un album plein de délicatesse. J’ai eu les larmes aux yeux en le lisant.

Pour lire un extrait cliquez ici!



chez Noukette

Culottées Tome 2 : Pénélope Bagieu

J’avais beaucoup aimé le premier tome et j’étais très contente de pouvoir emprunter le 2e tome au CDI.

Le sous-titre de cette BD est « Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent » et c’est exactement de cela qu’il s’agit!

Voici ce que dit la quatrième de couverture : « Sonita, rappeuse afghane et exilée militante ; Thérèse, bienfaitrice des mamies parisiennes ; Nellie, journaliste d’investigation au XIXe siècle ; Cheryl, athlète marathonienne ; Phulan, reine des bandits et figure des opprimés en Inde… Les Culottées ont fait voler en éclat les préjugés. Quinze nouveaux portraits drôles et sensibles de femmes contemporaines qui ont inventé leur destin. »

A vrai dire, je n’ai pas grand chose à ajouter à ce que j’avais dit du 1er tome car c’est vraiment une continuité : un album intégral existe d’ailleurs maintenant aussi.

Ces portraits sont vraiment intéressants, instructifs et inspirants et je ne peux que vous recommander ces histoires de vies de femmes, du féminisme de toutes les époques et de tous les horizons qu’il fera du bien à toutes les femmes, jeunes ou moins jeunes!

Le loup : Rochette

Je ne pensais pas que cette BD me plairait autant mais il faut commencer par dire qu’elle est superbe : les couleurs en tons tranchés et en ombres, les dessins de la montagne et des animaux, les gros plans, les plans larges… C’est un magnifique album.

Au niveau du sujet, c’est l’histoire entre un homme de la montagne, un vieux berger qui vit seul la plupart du temps avec ses bêtes, un homme taiseux, âpre qui n’a besoin de personne dans la montagne qu’il connait parfaitement et un loup qui croise sa route alors que ce n’est qu’un louveteau, qu’il ne tue pas tout de suite et avec qui une lutte va s’installer au fil du temps.

J’ai pensé au « Vieil homme et la mer » et c’est un album vraiment fort.

Repéré chez Hélène lors d’un rendez-vous BD.

Pour voir des planches allez faire un tour chez l’éditeur.

 

Un été sans maman : Grégory Panaccione

J’ai pris cette BD quand j’ai vu sur la couverture  « par le dessinateur de « Un océan d’amour » que j’avais adoré! Mais je vais être tout à fait franche avec vous, même si j’ai bien aimé ma lecture, je ne suis vraiment pas sure d’avoir tout compris et je sens que je suis passée à côté du sens profond de cet album (qui, il faut le signaler est un album sans parole).

J’ai du mal à parler de cette histoire… Il y a deux aspects : la vraie vie, terre à terre : Lucie est envoyée en vacances sans sa mère chez des amis de cette dernière sur la côte italienne. Elle est un peu intimidée par ce couple qui essaie de communiquer avec elle malgré la différence de langue. Elle va devenir amie avec le chien de la maison et avec un petit garçon un peu solitaire, Ricardo.

Mais au-delà de ce quotidien entre la maison et la plage, il y a un mystère : Lucie voit des petits poissons portant des chaussures qui sortent de l’eau pour lui demander de les aider à faire revenir sur leur île un de leur amis. Et il se trouve qu’elle a aussi vu un étrange petit bonhomme qui vit dans le mur de la maison où elle vit…

Avec l’aide de Ricardo, elle va vivre une drôle d’aventure dans un monde assez surréaliste qui a aussi un lien avec des événements du passé de l’île…

Je suis donc un peu passée à côté de l’aspect fantastique et lié au passé. J’ai par contre apprécié les relations entre des personnages et les dessins.

  chez Stephie

 chez Martine

La déconfiture (Première partie + Seconde partie) : Pascal Rabaté

J’ai emprunté ces deux albums à la médiathèque uniquement pour le nom de l’auteur car j’ai lu et aimé pas mal de choses de Pascal Rabaté.

Le résumé du tome 1 par l’éditeur dit l’essentiel : « Juin 1940. La débâcle de l’armée française et l’exode pour des millions de civils. Les repères quotidiens ont éclaté. C’est le grand chaos. À travers le destin d’un simple bidasse, Pascal Rabaté raconte cet été de désordres et de bouleversements extraordinaires…« 

Car c’est exactement cela : des gens ordinaires qui se retrouvent dans cette période particulière, sur les routes de France, d’abord soldats d’une guerre sur le point d’être une défaite, parmi les civiles qui fuient. Ils ne sont pas grand chose ces soldats qui savent globalement qu’ils ne servent pas à grand chose. Et c’est un portrait de cette débâcle, de cette campagne où on suit les ordres et où on subit l’absurdité de la guerre le long d’une route de campagne.

Dans le deuxième tome, les soldats deviennent des prisonniers et la vie en communauté sera encore bien différente.

C’est un album qui raconte cette « camaraderie », ces hommes forcés à être ensemble dans une époque incertaine et incompréhensible.

Beaucoup de désenchantement et d’humanité dans ces albums aux traits et aux teintes vraiment agréables. Une belle tranche d’histoire… Peut-être pas la « grande » histoire mais un pan de la vie de vrais gens. J’ai bien aimé cette BD.

Vous pouvez feuilleter la première partie ici et la deuxième partie ici.

Putain de chat / En quarantaine -Journal du confinement : Lapuss’

Alors, soyons clair, ce ne sont pas des chefs-d’oeuvre littéraire mais quand L’Homme est tombé sur ces deux petites BD carrées à la librairie, il n’a pas résisté aux quelques planches qu’il a lues sur place. Je les ai vite lues : ce sont des BD constituées de planches qui sont des vignettes de vie quotidienne dessinées par Lapuss’ que vous avez peut-être déjà croisé sur les réseaux sociaux.

Les deux thèmes de ces petits albums nous raconte des situations qui parleront à beaucoup de personnes : ceux qui ont des chats (ou qui ont le chat du voisin comme chat par procuration comme moi 😉 ) et qui pourront voir comment les chats n’ont qu’un but : dominer les humains en le montrant le plus possible leur mépris et c’est très drôle!

Dans le deuxième album, totalement d’actualité, l’auteur raconte son confinement du printemps 2020 et vraiment, on peut aussi se retrouver dans de nombreuses planches!

catégorie « gros mot »

Martha Jane Cannary Tome 2 -Les années 1870-1876 / Tome 3 -Les années 1877-1903 – La vie aventureuse de celle que l’on nommait Calamity Jane : Matthieu Blanchin et Christian Perrissin

Au mois de mai, j’ai lu le tome 1 « Martha Jane Cannary Tome 1-Les années 1852-1869 » et j’avais beaucoup aimé et comme la suite n’était pas disponible à la médiathèque, j’ai acheté l’intégrale qui regroupe le tome 1 et les tomes 2 et 3. Et j’ai profité du mois américain pour les lire.

Je ne vais pas détailler les deux albums ni rentrer dans les détails car c’est un gros ensemble. Je vous conseille d’avoir les trois tomes sous la main car Martha Jane Cannary -plus connue sous le nom de Calamity Jane est un vrai personnage qu’on a envie de suivre.

Elle a une fille mais elle a du mal à s’impliquer dans la maternité. Elle préfère vivre une vie plus masculine et indépendante. Elle va confier sa fille à une famille aisée qui va l’adopter. Sa vie se poursuit dans l’Ouest américain en plein développement. Elle est sans peur, mais elle boit beaucoup, se met sans cesse dans le pétrin et flirte souvent avec la précarité. Son courage et son caractère fort vont en faire une légende de l’Ouest mais elle n’aura pas eu une vie facile. Elle aura toujours eu le regret de son amour pour Wild Bill Hickok, le père de sa fille.

Calamity Jane est un personnage haut en couleur, fantasque et touchant. Elle traverse et nous fait traverser un époque fascinante de la fondation des Etats-Unis. On voyage dans le temps et dans les mœurs de ce pays en pleine construction!

Une découverte à faire absolument! Avec des dessins vraiment riches, des planches très belles sur les paysages grandioses et dangereux de l’Ouest américain.


chez Noukette

chez Titine