J’avais eu un coup de coeur pour « Et les hommes sont venus » de Chris Cleave et quand je suis tombée sur ce titre dans un « Charity shop » anglais en Bretagne, je n’ai pas hésité.

Ce roman prend la forme d’une longue lettre écrite par une jeune femme à un certain « Oussama »… Le destinataire de la lettre est Oussama Ben Laden car cette londonienne a perdu son mari et son fils de 4 ans lors d’un attentat terroriste orchestré par Ben Laden et qui a fait 1000 victimes lors d’une attentat à la bombe pendant un match de foot à Londres et elle lui écrit un peu comme une thérapie pour lui montrer le mal qu’il a fait..

Dans ce roman, dans cette lettre, la femme raconte sa vie d’avant, sa vie simple avec son petit garçon et son mari, sa culpabilité, car elle trompait son mari, et sa vie d’après : le désespoir, l’incompréhension et la difficulté à se reconstruire.

Le ton est assez particulier et intéressant car il y a évidemment des passages poignants et émouvants mais aussi un côté très décalé dans les relations que la femme va nouer avec l’homme avec qui elle a trompé son mari et la compagne de celui-ci avec des passages presque surréalistes et même des passages qui font sourire par le côté pince-sans-rire du personnage principal. A noter que je l’ai lu en anglais alors je ne sais pas si tout cela passe autant à la traduction.

C’est aussi un roman assez social puisqu’il montre les deux facettes de Londres : le quartier dans lequel elle vit est coupé en deux : très populaire avec ses HLM d’un côté (le monde auquel elle appartient) et des gens plus aisés qui s’y installent aussi, avec des revenus et des modes de vies plus élevés.

Ce qui est assez fascinant aussi, c’est que l’auteur a non seulement écrit ce roman AVANT l’attentat de 2005 à Londres mais qu’en plus, le roman devait sortir le 7 juillet 2005… le jour où l’attentat à la bombe a eu lieu dans des transports publics à Londres…

Dans le roman, l’auteur imagine une société de protection contre d’autres potentiels attentats, avec des privations de liberté, couvre-feu et interdiction pour les musulmans de travailler dans des emplois « sensibles »… cela fait froid dans le dos.

J’ai aimé ce roman qui montre la difficulté de surmonter la mort de son enfant, qui parle de la culpabilité et qui évoque une part très politique de la gestion des crises liés aux attentats. Et je dois dire que j’ai trouvé que l’auteur rentrait vraiment bien dans la peau son personnage féminin, au point d’oublier que ce n’était pas une femme qui avait écrit.

chez Cryssilda, Lou et Titine

Un commentaire sur « Incendiaire (Incendiary) : Chris Cleave »

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