J’avais eu un coup de coeur pour « Les gens dans l’enveloppe » de l’auteure et  Saxaoul m’avait donné envie de lire celui-ci.

Résumé de l’éditeur :

« C’est une histoire intime, deux sœurs grandissent ensemble dans la France provinciale des années 1980  ; et puis l’une meurt.
C’est une histoire politique, on croit qu’on appartient à un tout  ; et puis on ne comprend plus rien.
C’est l’histoire du je et du nous, ces deux-là s’intimident, ils se cherchent, parfois ils se trouvent  ; et puis ils se déchirent.
C’est l’histoire de valeurs, elles disent qui on est  ; et puis elles se laissent bâillonner.
C’est l’histoire d’un chanteur préféré, tendre et rebelle  ; et puis il finit par embrasser les flics.
C’est l’histoire d’un hier, où ne comptait que le futur  ; et puis des aujourd’hui, malades du passé.
C’est l’histoire d’un monde qui se croyait fort et paisible  ; et puis il réapprend la haine.
C’est l’histoire qui nous arrive  ; et puis l’impression de ne plus y arriver.
C’est une nostalgie, sans doute, mais pas seulement  : dans la mémoire de ce qui fut, demeurent peut-être les graines de ce qui renaîtra, après la catastrophe. »

*

C’est une lecture particulière car tout au long de ma lecture je n’étais pas sure si c’était un roman  ou un récit autobiographique mais au fond peu importe car c’est écrit dans un style très intéressant, avec une certaine poésie, un rythme, tout en étant ancré dans la réalité, ce qui lui donne un réel caractère littéraire.

Il y a sans doute de la réalité et de la vie personnelle de l’auteur dans cette histoire de deux sœurs qui grandissent ensemble de façon quasi fusionnelle dans une famille de gauche. Mais il y a aussi un caractère universel que ce soit dans l’époque puisqu’elle raconte la vie dans les années 70-80, les aspects culturels et politiques mais aussi tout simplement la vie quotidienne d’enfants puis de jeunes (la narratrice a mon âge à un ou deux ans près, autant vous dire que je me suis grandement identifiée dans le portrait de cette jeunesse) et puis il y a des aspects qui peuvent parler à un grand nombre quand il s’agit des relations entre les deux sœurs et le deuil.

Ce roman est à la fois réjouissant et frais avec le regard de l’enfant sur son époque, nostalgique avec le regard de l’adultes sur son passé et très émouvant quand elle évoque sa soeur car tout le long du roman on sent qu’il va se passer quelque chose et on se met à sa place quand il faut « vivre avec » ce qui arrive.

Une bonne lecture.

Petit clin d’oeil et joli hasard : quelques jours après avoir fini ce livre, j’étais au Victoria & Albert Museum à Londres et je suis tombée sur cette photographie :

 chez Antigone

catégorie « adjectif »

6 commentaires sur « Mistral perdu ou les événements : Isabelle Monnin »

  1. Oui, ce roman est au moins en grande partie autobiographique (perte de la sœur et ce qui arrive dans la deuxième partie du roman). Je m’y suis retrouvée aussi, il a beaucoup raisonné. Ce que j’ai le plus apprécié, c’est la force de vie qui est bien présente malgré les fracas. Et cette photo, je l’adore !

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  2. J’avais adoré « les gens dans l’enveloppe » et je n’ai pas réussi à terminer celui-ci, je ne me l’explique pas ! Cela dit, c’était intéressant de l’entendre en parler l’année dernière à Rennes.

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